Art et tourisme à Aix _ la « mise en tourisme » des sites cézanniens (1)

— Ecrit le dimanche 31 août 2008 dans la rubriqueArts plastiques, Cinéma, Histoire, photographie, Rencontres, Villes et paysages”.

Sur la « mise en tourisme« 
_ une expression sous la plume de Michel Fraisset, en 2002
(in « Aujourd’hui l’Atelier Cézanne…« ,
dans la partie intitulée « Témoignages » de l’album « Atelier Cézanne« , édité par Actes-Sud et la Société Paul Cézanne,
à la page 176) _
des sites cézanniens d’Aix (et du pays d’Aix)…

Ou,
à partir de mon séjour _ riche de rencontres et découvertes ! _ à Aix-en-Provence du 19 au 23 juillet dernier,
un commentaire des formules de Michel Fraisset _ « Directeur de l’Atelier Cézanne, Adjoint de Direction, Responsable de la Communication » de l’Office de Tourisme d’Aix-en Provence _
précédant immédiatement l’intitulé (en cet article, sien) « La mise en tourisme de l’Atelier de Cézanne » ;
formules que voici :

« En 1969, l’Université cède à la Ville l’Atelier _ de Cézanne sur le chemin des Lauves _, qui devient « Musée Municipal Contrôlé » en 1979.
En 1997, une nouvelle étape est franchie. Par délibération du Conseil Municipal en date du 30 septembre 1997, la Municipalité confie la gestion de l’Atelier Cézanne à l’Office de Tourisme.
Crainte pour les uns, défi pour les autres… Tourisme et Culture allaient-ils faire bon ménage ?
 »

D’abord,
et en « avant-propos », en quelque sorte _ le lecteur un peu patient ne devrait pas trop, je l’espère, en pâtir ! _,
le cadre et le contexte de mon séjour de « découverte » d’Aix, en ce mois de juillet.

Je venais à Aix « rencontrer » (et « faire la connaissance » de visu de) Michèle Cohen, la directrice de la Galerie La NonMaison
_ NonMaison sise 22 rue Pavillon à Aix-en-Provence,
au sud-est de la cité intra muros _ si je puis dire, maintenant que ces « murs » sont « tombés » _, non loin de l’église Saint-Jean-de-Malte et du Musée Granet
(au quartier Mazarin ;
le bâtiment du Musée est contigu à l’église, dont il constituait une « dépendance » conventuelle) _ ;

Michèle que je ne « connaissais » jusqu’ici que par l’écrit (d’échanges de courriels)
et par la voix (de coups de téléphone)…

et par l’intermédiaire de (= grâce à) notre ami commun, Bernard Plossu
auquel j’envoie régulièrement ce que j’écris _ et qu’il peut lire entre deux « voyages », expéditions, marches, photographiques ;

et lequel a d’enthousiasmants projets (d’expositions photographiques : forcément !..)
avec Michèle,
en plus de l’expo « Bernard Plossu – Patrick Sainton : Ateliers parallèles »
qui s’est tenue du 12 janvier au 29 mars 2008 à la NonMaison… ;

Michèle m’ayant proposé d’intervenir en son cycle de conférences « voir ou entendre »
sur le sujet de la « rencontre »
,
sur lequel, « sujet », j’ai écrit un _ long _ essai, qu’elle a lu : « Cinéma de la rencontre : à la ferraraise« ,
ayant pour sous-titre « Ou un jeu de halo et focales sur fond de brouillard(s) : à la Antonioni » ;

je devais venir « donner cette conférence » _ « le NonArt du rencontrer » _ à Aix le 22 juillet ; mais Michèle a préféré reporter la rencontre _ avec les fidèles passionnés de La NonMaison _ à l’automne ;

et j’ai souhaité venir à Aix en juillet,
avançant même mon voyage (du 21) au 19 juillet, de façon à pouvoir _ aussi _ accompagner Michèle à la cérémonie de commémoration du dimanche 20 juillet au Camp des Milles ;

afin de « rencontrer » Michèle _ avec sa très rare qualité d’attention (« artistique ») _ autrement (et « mieux »)
que par courriel et coups de fil téléphoniques
, donc.


Bref,
séjournant à Aix
(avec passages aussi par Marseille, La Ciotat (ainsi que les Milles),
« à côté de » ce qu’avait _ déjà copieusement : et ce sera fastueux… _ prévu Michèle
_ à la Non-Maison,

à Marseille (merveilleux déjeuner aux Goudes, avec François Cervantès

_ lui-même merveilleux pilote d’une découverte panoramique de Marseille, depuis l’Estaque
jusqu’à l’île « des Singes » (l’île Maire, au cap Croisette),

en passant par le Vieux-Port, le Quai des Belges, la Criée,
un court (et remarquablement « parlant » :
tout, ou, en tout cas, beaucoup
est là !!!)
arrêt panoramique sur la baie _ somptueuse :
on comprend les Phéaciens d’avoir élu ce site d' »installation »-là !!! _
pour jeter un coup d’oeil au
_ remarquable : sur les « villages » dont se compose en fait Marseille _
Vallon des Auffes ;

Endoumes _ la villa de Roland Petit devant le Château d’If et les îles du Frioul _,
Le Prado, Bonneveine, La Pointe-Rouge, La Madrague-de-Monredon
_ tous noms qui ne vont pas tarder à me parler
(à partir de Granet,
par exemple celui de Jean-Antoine Constantin, son maître si décisif pour (toute) « une vie pour la peinture« , selon la si juste expression choisie par Denis Coutagne pour titre de son si beau livre ;
puis Cézanne lui-même) _ ;

Bref,
séjournant à Aix (avec passages aussi par Marseille, La Ciotat (ainsi que les Milles),
à côté de ce qu’avait prévu Michèle
_ à la Non-Maison,
à Marseille,

à La Ciotat,
au quai de gare à proximité immédiate _ deux cent mètres à peine, à pied, du camp (de transit vers Drancy, puis Auschwitz) _
au village des Milles,

je n’avais _ n’ayant nulle personne de ma famille
ou de mes connaissances
à « rencontrer » à Aix ou dans la région _
nulle contrainte d’obligation ;
et disposais donc, « royalement »,
de l’entière plénitude et souveraineté de mon temps
_ un temps de disponibilité à l’altérité


des choses, des lieux :
la ville d’Aix, d’abord et principalement
_ comme si j’avais rendez-vous, aussi (en plus de Michèle), avec elle : la ville !

afin d’en saisir, un peu, « quelque chose » : de son « génie »
singulier,
de ses « humeurs »,
de son idiosyncrasie,
de sa lumière
sur la couleur de ses crépis, de ses ombres dans les rues, ruelles,
ou sur l’ample esplanade de promenade _ à platanes _ du beau cours Mirabeau ;
ou sur les nombreuses et diverses et variées places et placettes de la cité des Comtes de Provence

_ et du « bon roi » René (1409-1480, fils de Louis II, duc d’Anjou, devenu éphémère roi de Naples, de 1435 à 1442, mais qui se préférait, Comte de Provence

_ à la mort de son frère aîné, le duc Louis III d’Anjou, en 1434 _,

dans sa bonne ville d’Aix, où « le bon roi » René mourut, le 10 juillet 1480) ;

ainsi que,
en matière de « disponibilité à l’altérité »,
une « disponibilité » à l' »altérité » de « rencontres avec »
des personnes

_ une ville étant aussi, et sans doute d’abord, « faite » _ « tissée » _ des « humeurs, aspects, allures, démarches _ en marchant, déambulant _ de ses habitants ;

et je vais en faire, de ces « rencontres » de « personnes » :
Madame Dominique Johner _ professeur d’Histoire de l’Art _, à la NonMaison, dès mon arrivée, le vendredi soir à 19h
(qui va nous parler _ Michèle est là _ de l’oeuvre de Jean Amado _ exposée en divers lieux d’Aix ;

Alain Paire _ qui est l’inspirateur et l’organisateur de ce « Parcours » de découverte de l’œuvre de Jean Amado _ 1922-1995) _ en sa librairie-galerie de la rue du Puits-Neuf ;

Christiane, la guide-conférencière « animant »,
de sa culture vivante et de ses photos d’œuvres de Cézanne,
la visite du « Jas de Bouffan »
_ principalement le « bassin » au lion et au dauphin
et l' »allée aux marronniers » de derrière le « Jas » _ ; et qui m’indique et la brasserie du Roi René : et le brasserie Léopold (qui me donneront pleine satisfaction) ;

Michel Fraisset,
quand j’allais rencontrer au sous-sol du remarquable Office de Tourisme,
2 Place du Général de Gaulle,
autrement dit, sur la très belle Place de la Rotonde, et sa vaste fontaine chantante,
au débouché spectaculaire du Cours Mirabeau ;

quand j’allais rencontrer,
grâce à l’amabilité-serviabilité des hôtesses de l’Office,
la responsable de la communication, Madame Bernadette Marchand :
je désirais indiquer (en mon futur article sur ma visite à Aix)
les auteurs de la très réussie animation vidéo (= diaporama) du Grand-Salon du « Jas de Bouffan » :
Gianfranco Ianuzzi, en l’occurrence, vais-je apprendre ; mais je n’avais pas eu le temps de le « saisir », au générique final du diaporama… ;

je reprends l’élan de ma phrase :

bref, je disposais « royalement »
de l’entière plénitude et souveraineté de l’organisation de mon temps de séjour à Aix
;

mon unique « projet », avais-je signalé à Michèle,
concernait une visite à l’expo Granet _ le Musée Granet ayant son jour de fermeture le lundi,
et ouvrant ses portes à 11 heures :
nous avions donc décidé d’aller en parcourir ensemble les galeries,
Michèle, moi-même
ainsi que Bernard Plossu si, toutefois, Bernard était rentré à temps de Spilimbergo (dans le Frioul, près d’Udine)
où il recevait un prestigieux prix de photographie italien
_ ce qui ne se fera pas ; à cause d’un retard de train quelque part sur le trajet de retour de cette Vénétie Julienne,
entre Trieste et Venise, au pied des Dolomites :

ma (longue) passion (et début de « connaissance » « un peu approfondie »…) de Rome _ ainsi que je l’annonçais en mon article d’ouverture de ce blog _ « le carnet d’un curieux » _, ainsi que ma lecture (rapidissime, elle, alors _ la veille de venir à Aix ! _, du « François-Marius Granet 1775-1849_ Une Vie pour la peinture » de Denis Coutagne, avec, notamment le brillant et, plus encore que brillant, très judicieux « avant-propos » _ ou plutôt « Préface » _ de Marc Fumaroli, m’offrant comme une un peu pertinente « introduction » à une visite « attentive intensive » de cette très riche _ sur trois niveaux de galeries _ exposition rétrospective de celui qui s’est accompli, en « artiste » (de paysages), à Rome, les vingt-sept années qu’il l’a, en long et en large _ comme seulement il convient ! _, « arpentée », ses carnets à croquis en permanence à disposition _ ainsi que le magnifique portrait de 1809, par Ingres _ nous le donne à regarder (ou « imaginer« ) : « Sous son bras, Granet tient un portfolio à son nom« , souligne Philip Conisbee, page 124 du  livre, « et l’on peut ici imaginer qu’il transporte quelques uns de ses croquis romains » _ ;

les ving-sept années que Granet, donc, l’a « arpentée », cette « belle Rome« , ainsi qu’il la nomme encore en 1830 dans une lettre à Ingres : « Il est bien vrai que je suis dans cette belle Rome où nous avons passé les plus beaux jours de notre vie » _ toujours page 124 de ce même, irremplaçable, livre de Denis Coutagne ;

(cf mon article « François-Marius Granet, admirable tremblement du temps, Aix, Paris, Rome« )…

Donc,
je disposais de mon lundi à Aix.


Ici commence le récit de ma découverte de quelques sites cézanniens
et du sujet de mon article : « Art et tourisme à Aix _ la « mise en tourisme » des sites cézanniens » ;
ce qui précède jusqu’ici

n’en constituant que le « pré-ambule » ;

« pré-ambule » à cette « ambulation », _ pedibus _
entre l’Office de tourisme,

le « Jas de Bouffan » _ la visite commentée (par Christiane) débutait à 11 heures _,

l’atelier (dit « Atelier de Cézanne » ; ou « Atelier Cézanne« ) du chemin des Lauves (visite à 13h30) ;

et quelques regards rapides sur quelques autres lieux cézanniens,

tel, par exemple son dernier domicile (à partir de l’automne 1999, après la vente du « Jas de Bouffan ») _ et lieu de son dernier souffle, le 23 octobre 1906, officiellement constaté à 7 heures du matin _ de la rue Boulegon, au numéro 23 de cette rue (dans laquelle se trouve aussi la banque qu’avait créée son père, transférée là en 1856 : au numéro 13…

L’excellent fascicule « Sur les pas de Cézanne » conçu, mis au point et diffusé par l’Office de Tourisme d’Aix-en-Provence, dénombre 34 lieux cézanniens à Aix _ avec plan détaillé (et commentaires efficaces de quelques lignes pour chacun de ces lieux)… Connaître le chiffre de diffusion quotidien, de ce fascicule serait à coup sûr, édifiant ; et selon les diverses langues de cette diffusion : ainsi ai-je remarqué, lors de mes divers passages à l’Office _ le premier des deux hôtels où j’ai logé (excellemment, les deux fois) étant, s’agissant de l’Hôtel de France, situé rue Espariat, tout proche ; l’autre était l’Hôtel Cardinal, à portée de voix, lui, et du Musée Granet, et de Saint-Jean de Malte, rue Cardinal… ;

ainsi ai-je remarqué _ ainsi que dans ces deux hôtels _, la proportion importante de visiteurs japonais ; n’hésitant pas à poursuivre plus avant _ par exemple, en remontant au pic du soleil _ vers les 14h 30 _ le chemin des Lauves (et le chemin de la Marguerite), vers la colline d’Entremont, à rechercher _ de leur regard, à leur tour _ les perspectives qui furent celles de Cézanne « peignant » son motif  _ « sacré » _ de la Sainte-Victoire…


Pour la visite des carrières de Bibémus, je m’y étais pris trop tard : si le départ (en bus : du parking des « 3 Bons Dieux« , assez éloigné lui-même du centre-ville d’Aix) avait bien lieu à 9h 45, il aurait fallu venir chercher la « réservation » bien plus tôt qu’aux alentours de 9h 15, 9h 30 à l’Office de Tourisme de la Rotonde ; et surtout se rendre pour cette heure-là à ces « 3 Bons Dieux« -là… : ce sera donc pour une autre fois…

Alors maintenant, mes « observations » sur ces deux visites _ et leur « organisation » par l’Office de Tourisme d’Aix-en-Provence _ au « Jas de Bouffan » _ route de Galice _ et à l' »Atelier Cézanne » _ du chemin des Lauves (désormais « Avenue Paul Cézanne« , au numéro 9)…

Je prends donc une réservation pour le « Jas de Bouffan » à 11 heures ; et une pour l' »Atelier Cézanne »  à 13 heures 30 ; et me mets en route vers la route de Galice, d’un bon pas…

Si le « Jas de Bouffan » se trouvait aux temps des Cézanne père et fils en rase campagne,
le lieu, avec sa ferme et de ses vergers, sur la route de Galice,
s’est trouvé bientôt « rattrapé »
par l’urbanisation galopante

depuis les 1899 de la vente de la propriété par Paul Cézanne et ses sœurs,
après le décès de leur mère (le 25 octobre 1897, à son domicile du 30 Cours Mirabeau),
après celui de leur banquier de père, mort à son domicile du « Jas de Bouffan », le 23 octobre 1886, lui…

Si Paul Cézanne a accepté de se défaire de ce lieu où il disposait d’un grand et bel atelier
:
avec une haute verrière, dépassant sur le toit ; bien que supprimée par les nouveaux propriétaires :
son aménagement sous les combles rompait l’ordonnancement tout classique du bâtiment
_ sur la gauche, quand on se trouve face à la (grande et belle) bâtisse XVIIIème, par l’allée (récente) plantée de peupliers ;

néanmoins, disposant de trois quart d’heure de patience,
après avoir eu tout le loisir de contempler de près les trois œuvres monumentales de Jean Amado disposées ici,
en une étape d’un « Parcours d’art Jean Amado » (qui s’achève ce dimanche 31 août même, je m’en avise…) :
« Le Doute et la pierre« , au milieu de l’étendue de gazon  que bordent les peupliers ;
et, juste devant l’entrée de la bastide :
« Les Degrés vertigineux »
et « Le Passage » _,

j’avais bien perçu une « anomalie » dans la frise (élégante) bordant le toit ;
« anomalie » qu’une photo ancienne
donnant à contempler l’état de la haute verrière (débordant sur le toit, donc…) de l’atelier de l’artiste,
m’a, plus tard, confirmée ;

si Paul Cézanne a accepté, en 1899, de se défaire de ce lieu où il disposait d’un si grand et bel atelier,
ce fut sans doute un peu plus que pour complaire à sa plus jeune sœur, Rose, et à son beau-frère, Maxime Conil _ qui avait besoin de « liquidités »…

Sans doute, Paul Cézanne a-t-il eu, aussi, des « raisons » de peinture _ et de choix de « motif », nous « souffle » Christiane : il avait peut-être « épuisé » les « vues » depuis le « Jas de Bouffan »,
et depuis Bellevue et Montbriand _ propriétés présentes ou anciennes (revendues) de sa sœur Rose et de son beau-frère Conil _
de (ou « sur ») la Sainte-Victoire,
qu’il cherche à peindre désormais « de plus près »
;

c’est probablement là une des raisons de l’achat par Paul Cézanne
d’une propriété sur le chemin des Lauves
,
puis de la construction sur ce lieu-là d’un atelier _ à immense verrière ! et à l’horizontale aussi, cette fois, et pas seulement en hauteur ! _,
proche de collines _ au-dessus d’Aix _ avec un angle de vue plus large et plus rapproché, à la fois, de (ou « sur ») la Sainte-Victoire ;

comme de ses « installations » à « Chateau-Noir » _ qu’il ne parviendra pas, toutefois, en dépit de son insistance, à se faire céder (par ses propriétaires : il n’en sera jamais qu’un partiel locataire…) _ ,
et dans les carrières de Bibémus,
auprès, parmi, dedans, au sein
des veines géologiques
d’où surgit le très imposant motif auquel l’artiste a décidé de « donner »

_ s’y glissant dedans (« dans les plis« , dirait un Henri Michaux) _

toutes ses dernières forces
afin de « s’y confronter » ; « l’affronter »
; « titanesquement », avec sa palette ; avec son chevalet ; et avec ses toiles _ comme nous l’a confié la passionnante guide-conférencière Christiane, peu après.

A 11 heures, les visiteurs, trois couples ainsi que moi-même,
sommes introduits dans le grand salon _ désaffecté du temps même des Cézanne, déjà… _,
que le père avait accepté de « laisser » à son fils (qui s’obstinait à la peinture !) comme un « premier atelier » ici ;
et que Paul Cézanne avait « décoré » de diverses peintures au mur,
depuis dispersées par les propriétaires, une à une, depuis 1899…

Nous sommes alors conviés à regarder un spendide diaporama (d’à peu près vingt minutes _ de Gianfranco Iannuzzi, selon le renseignement fourni par Bernadette Marchand en son bureau de l’Office de Tourisme ; bureau dans lequel je rencontrerai aussi Michel Fraisset…) ;

diaporama qui projette sur les murs _ et en musique (qui leur convient !) _
non seulement les images colorées des œuvres qui y furent déposées, en leur temps, par le jeune Cézanne ; mais d’autres, ensuite, avec toute l’évolution de sa palette, et de ses styles…

Soit une très belle instructive initiation au génie artistique, en un de ses ateliers, même, du maître aixois…

Puis, Christiane, la guide-conférencière, nous conduit à ce qui demeure accessible encore de la propriété du « Jas de Bouffan »

_ les anciens propriétaires, depuis, ayant conservé, sans la céder à la Ville, la propriété des bâtiments annexes (dits « la ferme« ) ; et une autoroute péri-urbaine
a « rogné » une partie des vergers ; et manifeste son incessant « bourdonnement » (de moteurs), là où ne régnaient, naguère, que les cigales et les oiseaux…

Mais nos déplacements autour du « Bassin » (rectangulaire), orné d’un lion et d’un dauphin,
puis dans ce qui demeure _ après tempêtes et vieillissement (et mort) des arbres de « l’allée des Marronniers » _ cézannienne, elle _ à la différence de l’allée, à l’entrée, des peupliers _ ;
sont éclairés par les images des œuvres éblouissantes de Cézanne que Christiane
nous montre
, en les recherchant, manuellement, artisanalement, l’une après l’autre, en tournant les pages, dans son recueil-classeur de photos des œuvres de Cézanne,
à la fois en les commentant, ainsi que leur histoire ;
et en nous invitant à les comparer avec ce que l’état de la végétation
_ et celui des constructions à l’alentour _
nous laisse(ent) apercevoir aujourd’hui…

C’est vivant, et passionnant ! Nous sommes comme conviés sur « les sentiers » mêmes « de la création » _ selon ce beau (et combien justifié !) titre que Gaëtan Picon avait donné à la collection qu’il avait créée aux Éditions Skira _ ;

d’autant que la guide-conférencière se fait une joie d’éclairer en un détail compétent les questions qui naissent alors en nos esprits…

La visite du « Jas de Bouffan » cézannien,
tel qu’il est nous est accessible _ sans meubles ; passablement délabré ;
nous fait ainsi nous ap-procher _ par le travail de l’esprit _ du travail cézannien
tel qu’il put être à l’œuvre ici…

Et la conjoncture qui fait que nous ne sommes, ce matin du 21 juillet à 11 heures, que sept visiteurs au « Jas de Bouffan »

ajoute aussi à l’impression d’être un « invité »
autorisé (par le maître
_ qui en était peu prodigue ; même à l’égard de ses nièces…) à contempler _ en silence _ quelque chose du travail se faisant _ something like « a work in progress » _ de l’artiste…

Un moment intense (et privilégié), donc…

La visite-conférence achevée,

et conversant un moment avec la conférencière, aux alentours de midi,

celle-ci me donne le nom de deux brasseries aixoises, qu’elle estime « recommandables » :
j’ai l’intention de déjeuner rapidement, si possible d’une agréable salade,
avant de gagner pour 13 h 30, à pied, l' »atelier » du chemin des Lauves…

J’ai la chance de prendre un autobus au vol, qui me dépose à la fontaine de la Rotonde,
d’où je gagne, rapidement, à l’autre bout du cours Mirabeau, l’excellente brasserie du « Roi René » _ et une excellente salade, en effet, et servie très rapidement ;

si bien que je « remonte » bientôt _ « plein nord » _ vers le haut de la ville _ la place de l’Hôtel-de-Ville, puis la cathédrale Saint-Sauveur,
pour gravir, passé sur la gauche l’ancien hôpital _ qui existait déjà du temps de Cézanne _, le chemin des Lauves _ l' »Avenue Paul Cézanne » _ sous le soleil ;

et me trouver à 13 heures 20 sur le seuil du « dernier atelier » de Paul Cézanne…

La suite _ la visite de l' »Atelier Cézanne » ; et une réflexion de synthèse sur « Art et tourisme _ à Aix, et ailleurs » :

à venir en un second volet…

Titus Curiosus, ce 31 août 2008

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