Lire, écrire, se comprendre : allers et retours de « bouteilles à la mer » : la vie d’un blog…

— Ecrit le samedi 23 mai 2009 dans la rubriqueBlogs, Histoire, Littératures, Philo”.

Pour qui écrit-on ? Qui nous lira ? Se comprend-on si peu que ce soit d’un bout à l’autre de la chaîne des paroles et des écritures ? Entre « auteurs » et « lecteurs » ?..

Vivons-nous même seulement dans un « monde » vraiment « commun« , nous qui semblons, en « cohabitant » pourtant (un peu), en nous croisant pourtant (presque), en un espace (et un temps) plus ou moins « partagé(s) » ?..

Nos « bouteilles à la mer » rencontrent-elles jamais un de leurs destinataires

_ qu’il s’agisse d’un livre, sorti d’une « maison d’édition » et (un moment au moins) en vente sur l’étal d’une librairie ;

ou d’un article, donné à lire sur l’océan (encore plus volatil, probablement : si peu « matérialisé« …) de l’Internet ?..

A titre d’exemples,

ceci, en forme d’échanges de courriels…

Voici le mot de « réponse » de Jean-Yves Tadié, ce jour, à mon article (du 10 mars) sur son livre « Le Songe musical _ Claude Debussy«  :

« la poétique musicale du rêve des “Jardins sous la pluie”, voire “La Mer”, de Claude Debussy, sous le regard aigu de Jean-Yves Tadié »

à relier

_ et pas seulement parce que leurs livres appartiennent à la même très belle collection « L’Un et l’autre« , que dirige Jean-Bertrand Pontalis aux Éditions Gallimard : aux livres si délicats et si soignés, où un « auteur » s’interroge sur la personne d’un « autre« , en son « étrangeté » d' »altérité » admirable ; et admirée… _

à la « réponse » de Jean Clair (c’était le 23 avril) à propos de mon article (du 27 mars) sur son « La Tourterelle et le chat-huant« … :

« Rebander les ressorts de l’esprit (= ressourcer l’@-tention) à l’heure d’une avancée de la mélancolie : Jean Clair »

De :  Jean-Yves Tadié

Objet : Rép : Article sur « Le songe musical _ Claude Debussy »
Date : 23 mai 2009 16:24:17 HAEC
À :   Titus Curiosus


Cher Monsieur
Merci de votre bel article, qui est même un commentaire exhaustif ! Il m’a beaucoup touché par sa précision et son tact si rare.
Bien à vous
JY Tadié

 Et le « mot de réponse » de Jean Clair :

De :   Jean Clair

Objet : Rép : Article sur « Le Chat-huant et la tourterelle » sur le site de la librairie Mollat
Date : 23 avril 2009 10:25:35 HAEC
À :   Titus Curiosus

Cher Monsieur,
Je vous ai lu avec le plus vif intérêt _ et même un peu de confusion, car je ne pensais pas que mes petits écrits de fortune puissent être l’objet de pareilles exégèses !
Permettez-moi de vous remercier, du fond du cœur. Une telle assonance est rare.

Dans l’attente du plaisir de faire votre connaissance, peut-être .
Jean Clair

Tous les deux s’étonnent, semble-t-il, de la « rareté » de la « précision » et de l' »exhaustivité »
de telles lectures de leurs livres…


L’un parle de « tact » ; l’autre d' »assonance« …

A relier avec un mot d’esprit, a contrario, à propos des producteurs de films

aujourd’hui et autrefois,
lu sur le site du Nouvel Observateur (en ce moment même du Festival de Cannes) :

« Spécial Cannes : le navet en librairie, la courge à l’écran

Autrefois, les producteurs de cinéma dévoraient des livres.
Aujourd’hui, comme les lapins attirés par la lumière des phares, ils se jettent sur les listes des meilleures ventes…
 »

C’est effrayant !!!

Parfois, je me demande à qui je cherche donc à m’adresser

_ tant dans ce blog,
que dans la vie (et aussi mon métier)…


A de tels interlocuteurs (tels que Jean-Yves Tadié et Jean Clair), sans doute : plus (= mieux !) « humains » que les autres !..
Je dois être un incurable optimiste…

D’autant que de mon métier,

j’initie ceux qui deviennent maintenant _ hic et nunc : « Hic Rhodus, hic saltus !« … _ adultes

_ en ce passage (crucial !) de « mineur » à « majeur« , ainsi que le dit Kant en son indispensable « Qu’est-ce que les Lumières ? » _

au « philosopher« …

Cf ici mon récent article du 14 mai : « Crétinisation versus “apprendre à vivre” : comment former, à l’école et ailleurs, à l’essentiel ?« …

Ce sont certes là des messages « personnels« , mais

savoir

_ et peut-être rendre (si peu que ce soit) « public » _

qu’on est un peu lu et un peu compris (des « auteurs« ) comprenant, en ses « articles«  (plus longs, certes, que des « billets« ), les auteurs mêmes,

fait du bien : à partager aussi…

Titus Curiosus, ce 23 mai 200

Post-scriptum :

Et encore cette (si belle) réponse d’Élie During, le 22 avril dernier, à mon article du 17 avril « Elégance et probité d’Elie During _ penseur du rythme _ en son questionnement “A quoi pense l’art contemporain ?” au CAPC de Bordeaux » à propos de sa belle conférence au CAPC de Bordeaux :

De :   Elie During

Objet : Rép : Article sur ta conférence au CAPC du 7 avril
Date : 22 avril 2009 22:13:28 HAEC
À :   Titus Curiosus

cher Titus,
avant de m’envoler vers les Amériques pour _ une affaire personnelle _, je voulais te remercier chaleureusement pour la manière dont tu as rendu compte de cette soirée-conférence, en y joignant le texte de Bing (quel titre étrange, quand on y songe !). J’ignore quelles œuvres de Tatiana Trouvé ont été montrées à Miami (j’aurais bien aimé y être…).

En tout cas tu as vraiment inventé un nouveau style du billet :

c’est une écriture pleine de petites bifurcations, pleine de bricoles

(j’apprends de Lévi-Strauss que ce mot désignait autrefois les embardées ou les changements de direction brusques de l’animal en mouvement) ;

une écriture qui s’offre comme une annotation continue d’elle-même, ou plutôt un contrepoint (voilà, nous revenons à la musique) à d’autres voix : la mienne, mais aussi celles de tous les auteurs dont tu fais entendre l’écho au fil de ta plume…

amicalement,
e

C’est magnifique !

Même si nous avons eu loisir de bavarder à loisir « à bâtons rompus » lors du repas convivial qui a suivi la conférence au CAPC…

Commentaires récents

Posté par Cédric MICHEL
Le 26 mai 2009

«  »Je dois être un incurable optimiste…

D’autant que de mon métier,

j’initie ceux qui deviennent maintenant _ hic et nunc : “Hic Rhodus, hic saltus !“… _ adultes

_ en ce passage (crucial !) de “mineur” à “majeur“, ainsi que le dit Kant en son indispensable “Qu’est-ce que les Lumières ?” _

au “philosopher“… » »

C’est marrant tout de même.

Vous avez été l’un de mes maîtres (au sens apprentissage du terme) et je tiens en référence, ce texte de Kant que vous nous aviez donné en commentaire… Sur la responsabilité personnelle à ne pas remettre à autrui ou à l’état. Non pas l’apologie d’un état sans état, l’anarchie, mais au contraire, une société parfaitement responsable, née d’une union d’individus eux-mêmes responsables.

Je crois que je dois être trop responsable, peut-être, à tout contester (rire) ou râler, non pas inutilement, cherchant tout le temps à comprendre pourquoi? J’en exaspère plus d’un, notamment l’administration.

Bref, nous savons où nous sommes et nous savons ce que nous faisons.

Le 7 juin 2009

[…] en l’occurrence celui-ci du 23 mai 2009 : “Lire, écrire, se comprendre : allers et retours de “bouteilles à la mer” : la vie d’un blog

Le 18 juin 2009

[…] le mot qu’utilisa Elie During à propos de mon propre style ; cf mon article du 23 mai “Lire, écrire, se comprendre : allers et retours de “bouteilles à la mer” : la vie d’un blog

Posté par MICHEL Cédric
Le 6 août 2009

Mais vous êtes un optimiste, mais je suis intrigué par vos questionnements.

Vous dites pour qui écrivez-vous ? ou écrivons-nous? « Une bouteille à la mer »

Je me questionne (sur vos questions) comme si être optimiste n’était pas tout à fait en phase avec … la question.

Comment dire ? J’ai l’impression que malgré votre INCURABLE optimisme il pourrait quand même y avoir le doute.

Dans ma petite tête, je n’arrive pas à concilier les deux.

Comment peut-on douter et être optimiste ? Je ne sais pas je souhaiterais une explication sur cet état.

Personnellement, j’ai du mal, car je n’appréhende pas ces notions comme cumulables.

Soit l’on est d’un naturel optimiste, et parfois on est dans un état de doute, un état transitoire, mais je ne comprends pas comment on peut être les deux à la fois.

A vrai dire, cela fait deux mois que je me torture l’esprit à ce sujet, (bon j’ai fait des pauses aussi) que je me suis résigné à solliciter de votre part une explication sur ce sujet, mais surtout sur ces traits de caractères qui sont les vôtres.

Ceci étant. Rien n’est jamais inutile. Enfin, je pense. Tout du moins, si l’on s’attache à de vraies actions (je laisse de côté jouer aux jeux vidéos par exemple..) Disons, que si l’on n’enferme pas ses pensées dans un tiroir ou dans un placard, cela est toujours utile de les partager, et même dans toutes les situations (choc, débat, crise, guerre).

L’on écrirait pour soi. Pourquoi pas, l’imagination, la réflexion contribue à notre épanouissement. Mais, partager c’est tellement mieux. On a l’impression de toujours grandir si l’on essaie de comprendre ce que dit notre interlocuteur.

En commentant des articles des uns et des autres, en discutant et débattant, l’on ne dénature pas, l’on ne dépeint pas, l’on édulcolore pas, on avance, on cherche, on s’approche, petit à petit… (bon je vous le dis d’avance, on arrivera jamais au bout, et après nous d’autres chercherons encore) mais faire le choix de rester à sa place, ou d’avoir conscience et envie de comprendre, nous avons choisi et fait le bon choix !

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