Un superbe Requiem de Mozart, interprété par the Dunedin Consort tel qu’il le fut la première fois, le 10 décembre 1791

— Ecrit le jeudi 19 avril 2018 dans la rubriqueMusiques”.

Ce qui m’amène à la recension, ici, de ce sublime CD Mozart Requiem (le CD Linn Records CKR 449),

 

c’est moins la performance du musicologue David Black ayant identifié la date et le lieu _ le 10 décembre 1791, soit cinq jours après le décès de Mozart, et en l’église Saint-Michel, à Vienne, et en grande partie à l’initiative de son ami Emanuel Schikaneder _ de la toute première interprétation du Requiem en ré mineur (K. 626) de Mozart,

que la magistrale interprétation qu’en donnent le Dunedin Consort sous la direction de son chef, John Butt,

avec les parfaits solistes que sont Joanne Lunn, soprano, Rowan Hellier, alto, Thomas Hobbs, tenor, et Matthew Brook, basse.

Quelle œuvre !

Et quelle magnifique interprétation ici…

Ce jeudi 19 avril 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa


04 April 2014
Le Parnasse Musical
4 Stars

Le Dunedin Consort est connu pour ses exécutions d’œuvres musicales à leur état d’origine. L’ensemble écossais a enregistré, entre autres, le Messie de Handel selon la première exécution publique de 1742. Ils ont tenté, avec le Requiem de Mozart, de respecter les premières intentions du compositeur, et surtout celles de Frans Xavier Süssmayr (1766-1803) son assistant de la dernière heure.

On est à peu près certain que Süssmayr a composé en entier le Sanctus et l’Agnus Dei. Suivant les indications de Mozart, il a orchestré plusieurs parties manquantes, dont le très beau Lacrimosa. Plus d’un an après la mort de Mozart, on organisa un concert-bénéfice pour sa veuve, Constance Weber. C’est le manuscrit complété par Süssmayr qui fut utilisé le 2 janvier 1793 et qui est considéré comme la « first public performance » du Requiem.

Les musicologues ont toujours vu dans le travail de Süssmayr des erreurs et quelques maladresses d’orchestrations dans l’ultime œuvre de Mozart. C’est pourquoi, il y a eu depuis plusieurs éditions « nouvelles » qui tentent de corriger ces irrégularités. L’édition de David Black tente un retour aux sources, en respectant tel quel le travail de Süssmayr et en tenant compte des pratiques courantes des exécutions de cette époque.

En premier lieu, l’effectif du chœur est réduit à 16 voix. Les solistes vocaux sont placés à même le chœur. Ils chantent à la fois les parties chorales et leurs solos, ce qui donne une belle lisibilité à l’ensemble. On est loin des grandes masses chorales souvent entendues dans le passé. Bien entendu, l’utilisation des instruments anciens est plus qu’approprié. Ils offrent une palette de couleurs et de timbres sonores beaucoup plus séduisants. Notons enfin, l’utilisation du pianoforte dans le continuo, car les dernières recherches ont prouvé qu’il n’y avait pas d’orgue dans la salle viennoise de 1793!

Toutes ces considérations demeurent plutôt sans intérêt pour le commun des mortels. Mais pour le directeur John Butt et ses musiciens, il semble que le retour à la genèse de cette œuvre mythique les a grandement inspirés! En effet, le chœur est vibrant et pleinement convaincant. Les solistes sont particulièrement beaux, tant dans leur esthétique que dans leur expression fervente et émouvante. L’orchestre est riche de musicalité et d’élan dynamique, parfois dramatique, parfois tendre et prenant. (merveilleux cors de basset!)

Nous avons ici une réussite exemplaire, et la musique de Mozart nous touche à nouveau. Véritable chant du cygne d’un génie, cet adieu au monde est bouleversant et unique. Prise de son extraordinaire, l’une des meilleures de tout le catalogue discographique.

 

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