Pour le centenaire Debussy (1918-2018), de superbes fragments symphoniques du Martyre de saint Sébastien, transcrits pour le piano et interprétés par l’excellent Vincent Larderet

— Ecrit le jeudi 26 avril 2018 dans la rubriqueMusiques”.

Du pianiste Vincent Larderet, nous avions beaucoup apprécié ses deux précédents CDs Ravel, chez Ars Produktion,

le CD Ravel Orchestral & Virtuoso Piano (ARS 38 146)

et le CD Ravel / Schmitt Piano Concertos (ARS 38 178).

Et voici que paraît, à l’occasion du centième anniversaire de la mort de Claude Debussy,

un passionnant CD Debussy Centenary 1918 – 2018,

comportant, outre la 1ére série des Images (de 1905)

et les 12 Préludes de son livre II (1911 _ 1912),

une série de (6) Fragments Symphoniques extraits du Martyre de saint Sébastien (de 1911),

transcrits pour le piano par André Caplet,

et dans une révision et des compléments réalisés par Vincent Larderet lui-même.

Eh bien, cette interprétation de Vincent Larderet est tout simplement magnifique !!!

et justifie à elle seule l’acquisition de ce CD.

Et c’est aussi l’avis de Jean-Charles Hoffelé, en sa chronique du 10 avril dernier,

sur son site Discophilia,

intitulée Mystère et Martyre :

C’est le secret de Debussy : abolir le temps et l’espace. Si sa musique doit à toute force être un paysage, c’est d’abord un horizon, une de ces toiles dont le ciel occupe les deux tiers. Car au-delà de la figuration, une spiritualité s’impose, panthéisme qu’il faut savoir transmuer dans un clavier versicolore.

Vincent Larderet, sur son Steinway si plein, si ample, a certainement saisi la spiritualité : remettant sa plume dans celle de Caplet, il orne la parabole sensualiste du Martyre de saint Sébastien de ce sombre oriflamme que seul l’orchestre portait. Le voici dans le piano, écoutez seulement l’inquiétude de la Danse extatique où l’hymne du Finale du Premier Acte, proclamation qui transforme le piano en trompette, avant que le mystère trouble de La Chambre magique paraisse. Et soudain, je perçois dans ce Martyre comme des échos de La Tragédie de Salomé de Florent Schmitt, dont Vincent Larderet avait gravé une pénétrante version pianistique.

Mais la spiritualité est tout aussi omniprésente dans le reste de l’album. L’Hommage à Rameau fait un premier tombeau auquel le mystère recueilli, un peu angoissé, de Canope, fera écho. Ouvrir le disque avec le Premier Livre des Images, c’est signifier qu’ici commence, en 1905, le langage de maturité de Debussy, y enchaîner ensuite le Deuxième Livre des Préludes souligne cette logique d’un album consacré à la grammaire si singulière du Debussy de la pleine maturité.

Tout le Deuxième Livre est joué avec une attention aux indications de Debussy, à ses mouvements, à ses notations, à ses suggestions, qui révèlent le texte dans toute son opulence harmonique. Jeux à dix doigts, éloquent, qui prend tout le temps nécessaire pour explorer les nombreuses strates de ces œuvres qu’on joue souvent trop caressées. Arrau faisait ainsi, Vincent Larderet, avec son propre style, s’en souvient-il ?

Ce piano profond, inspiré, saisit l’atmosphère glacée de Feuilles mortes, voit dans Ondine un caprice noir, et creuse l’espace de Feux d’artifice pour en tirer non une description mais une abstraction : le piano moderne s’y élève tel un manifeste.

Maintenant, je serais bien curieux du Premier Livre des Préludes, des Images oubliées et du Second Livre ou encore d’Estampes.

Ce jeudi 26 avril 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

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