Le bouleversant Concerto pour violoncelle de Mieczyslaw Weinberg, en 1948 : un requiem pour l’âme juive

— Ecrit le mercredi 5 décembre 2018 dans la rubriqueHistoire, Musiques”.

La violoncelliste Marina Tarasova

nous offre une bouleversante interprétation

de la version originale, en 1948,

du Concerto pour violoncelle,

ou Concertino, opus 43,

de Mieczyslaw Weinberg

(1919-1996),

avec le Musica Viva Chamber Orchestra,

dirigé par Alexander Rudin :

soit le CD Northern Flowers NF/PMA 99131.

Voici l’excellent article de présentation,

intitulé Crépuscule,

qu’en a fait récemment,

le 5 novembre dernier,

sur son très riche et pertinent blog Artalinna

Jean-Charles Hoffelé :

CRÉPUSCULE

Mstislav Rostropovitch avait défendu de son archet somptueux le méditatif Concerto pour violoncelle de Mieczyslaw Weinberg sans pourtant parvenir à l’imposer au répertoire. Alors que les violoncellistes de la jeune génération se l’approprient enfin (Claes Gunnarsson et Nicolas Altstaedt l’ont enregistré coup sur coup), voici que ressurgit sa première mouture _ voilà ! _ qui correspond bien mieux au projet initial du compositeur : un concerto juif écrit pour un ensemble modeste limité aux seules cordes _ information capitale, en effet ! Je viens de ré-écouter la version du Concerto de Nicolas Alstaedt, un musicien que j’apprécie pourtant beaucoup. L’esprit dans lequel celui-ci interprète la version modifiée du Concertino opus 43 de Weinberg est en effet bien moins émouvante, moins klezmer ; moins Requiem juif… L’œuvre, plus brillante (voire luxueuse) ainsi, y perd pas mal en émotion simple, prenante, taraudante : bouleversante…


La poésie crépusculaire de cet ouvrage encadré par deux Adagios et dont le centre se compose de deux danses klezmer _ voilà _ est bien plus émouvante _ oui _ dans cette nudité première _ oui ! _ d’autant que Marina Tarasova chante ici _ oui _ avec un archet expressionniste saisissant _ c’est bien cela ! Ecrit en 1948, comment ne pas y entendre un petit requiem instrumental _ mais oui ! _ pour l’âme juive.


Quel contraste avec les brefs gestes des Vingt-quatre Préludes pour violoncelle seul composés spécialement pour Rostropovitch, en 1960, qui ne les joua jamais ! Ouvrage majeur qui joue des formes, pratique la citation (Mozart, Chostakovitch, Schumann et quelques chants folklores juifs ou slaves), et explore toutes les possibilités de l’instrument avec une poésie désarmante : écoutez seulement le 3e Prélude.

Finalement, Weinberg porta en 1979 le cahier à Marina Tarasova en lui dédiant le cycle. Elle en est devenue depuis l’apôtre. Son enregistrement est plus qu’historique, bouleversant _ voilà. Ce disque constitue un témoignage majeur de l’art de la plus grande violoncelliste russe de la fin du XXe siècle _ rien moins ! _, à égalité avec Marina Chaykovskaya et Natalia Gutman.

LE DISQUE DU JOUR

Mieczyslaw Weinberg (1919-1996)

 

Concertino pour violoncelle et cordes en ut mineur
24 Préludes pour violoncelle seul, Op. 100

Marina Tarasova, violoncelle
Musica Viva Chamber Orchestra
Alexander Rudin, direction

Un album du label Northern Flowers F/PMA99131

Photo à la une : © International Mieczysław Weinberg Society

Un CD rien moins qu’essentiel, par conséquent !!!


Ce mercredi 5 décembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

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