Pour faire un point un peu clair sur ma présente recherche sur les cousinages cibouro-luziens de Maurice Ravel

— Ecrit le mercredi 29 mai 2019 dans la rubriqueHistoire, Musiques”.
C’est la lecture de la passionnante Correspondance de Maurice Ravel
_ homme éminemment discret et pudique, au delà du génial compositeur qu’il est d’abord pour nous, par la présence intense, sobre et noble de sa musique _
telle que vient de la publier, superbement, Manuel Cornejo,
qui m’a fait entreprendre des recherches sur les cousinages de Maurice Ravel à Ciboure ;
mais aussi à Saint-Jean-de-Luz,
une fois que j’ai pris conscience du cousinage _ au troisième degré _ de Maurice Ravel (Ciboure, 7 mars 1875 – Paris, 28 décembre 1937)
avec la luzienne Magdeleine Hiriart-Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 11 mars 1875 – Saint-Jean-de-Luz, 15 juin 1968) ;
et cela à partir des qualifificatifs de « cousine » et « cousin »
que j’ai découvert employés dans leurs lettres respectives
de 1910 _ à propos de condoléances de Maurice Ravel à Magdeleine Hiriart-Gaudin pour le décès de son mari Charles Gaudin, disparu le 13 septembre 1910 sur le fleuve Congo _
et 1914 _ à propos de l’annonce par Magdeleine à Maurice du double décès (au front) de ses deux beaux-frères, frères de son mari Charles : Pierre (Saint-Jean-de-Luz, 7 février 1878 – Oulches-Hurtebise, 12 novembre 1914) et Pascal Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 31 mars 1883 – Oulches-Hurtebise, 12 novembre 1914).

J’ai désiré comprendre sur quoi ces qualificatifs _ que j’ai pris au sérieux _ pouvaient bien se fonder….
D’autant que j’avais commencé à établir la généalogie
_ complexe, du fait de ses ombres et « trous«  ; et bien méconnue, même depuis les travaux pionniers de Jean-Noël Darrobers _
de la famille cibourienne des Delouart,
depuis Gratien Delouart (1748 – 1798) jusqu’à aujourd’hui.
Inutile de préciser que bien des données continuent de me manquer…
Mais j’ai compris qu’avaient existé, né(e)s à Ciboure, trois Marie _ ou Marie-Baptiste, au moins pour les deux premières d’entre elles _ Delouart (plus un frère : Jean Delouart)
issu(e)s du mariage (le 28 janvier 1778, à Ciboure) de Gratien Delouart (Ciboure, 1er mai 1748 – Ciboure, 21 août 1798) et son épouse Sabine Laxague (c. 1758 – après 1823 _ sans plus de précision _) :
les racines communes à ces divers cousins.
La première de ces trois Marie Delouart (Ciboure, 29 juin 1782 – Ciboure, 28 août 1855), 
est l’arrière-grand-mère de Maurice Ravel 
et la mère, aussi, de Gachucha Billac (15 mai 1824 – avant 1916 _  sans plus de précision ; et j’ignore à ce jour la date de son décès _), la chère grand-tante (et marraine) du compositeur ;
la seconde de ces trois Marie Delouart (Ciboure, 17 juin 1784 – Saint-Jean-de-Luz, 3 janvier 1842), 
est la mère des deux _ sœurs _ Marie Etcheverry :
la première Marie Etcheverry (Saint- Jean-de-Luz, 21 juin 1817 – Saint-Jean-de-Luz, 27 décembre 1850), couturière, épouse (à Saint-Jean-de-Luz le 10 novembre 1846) de Jean-Baptiste Hiriart (Saint-Jean-de-Luz, 10 avril 1816 – Saint-Jean-de-Luz, 24 septembre 1859), tonnelier ; 
et la seconde Marie Etcheverry (Saint-Jean-de-Luz, 20 novembre 1824 – Saint-Jean-de-Luz, 30 novembre 1900), modiste, épouse (à Saint-Jean-de-Luz, le 27 août 1851) de Bernard Dargaignaratz (Saint-Jean-de-Luz, 17 juin 1815 – Le Hâvre, 29 janvier 1862), maître au cabotage ;
ainsi qu’elle est _ cette seconde Marie Delouart-là _ l’arrière-grand-mère de la grand-mère paternelle de Maylen Gaudin-Lenoir : Magdeleine Hiriart-Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 11 mars 1875 – Saint-Jean-de-Luz, 15 juin 1968) ;
et aussi la grand-mère maternelle de la « tante Clotilde » Dargaignaratz-Zozaya (Saint-Jean-de-Luz, 6 mars 1860 – Urrugne, 26 février 1943) _ l’amatrice de piano et collectionneuse de pianos ; qui, à sa mort, prit soin de léguer l’un de ses pianos au petit-fils de son cousin Dominique Hiriart, Edmond Gaudin et son épouse Angela _,
qui était, elle, la cousine germaine de l’arrière-grand-père de Maylen Gaudin-Lenoir : Dominique Hiriart (Saint-Jean-de-Luz, 28 janvier 1849 – entre 1926 et 1929
_ j’ignore jusqu’ici la date de son décès : entre avril 1925 (une médaille lui est alors décernée) et juillet 1932 (il est décédé lors du décès de son épouse-veuve, Marianne Imatz-Hiriart, le 9 juillet 1932, ou plus probablement, juillet 1929… ;
je note aussi que lors de son mariage avec Marianne Imatz, le 3 juin 1874, à Saint-Jean-de-Luz, Dominique Hiriart est indiqué comme de profession « menuisier«  ;
alors qu’au mariage, à Ciboure le 20 août 1890, de ses cousins Paul et Nicolasse Goyenague, pour lequel fait partie des quatre témoins, l’acte d’état civil le mentionne cette fois comme « commerçant« , à Saint-Jean-de-Luz ;
plus tard, en 1925, quand lui est décernée une médaille d’or pour services rendus aux œuvres de prévoyance sociale, le Journal officiel de la République du 9 avril 1925 (page 3605), le mentionne comme « administrateur«  de la succursale à Saint-Jean-de-Luz de la Caisse d’Épargne de Bayonne ; et quatre ans auparavant (Journal officiel du 26 juillet 1921), lui avait été décernée une médaille de bronze pour services rendus à la mutualité, au titre de vice-président de la société de secours mutuel Saint-Jean, à Saint-Jean-de-Luz ;
je note cependant qu’au mois de juillet 1929, aux cérémonies d’un mariage un peu mondain à Saint-Jean-de-Luz (celui de Mayi Elissague et Louis Lebrun), une « Madame Hiriart«  est citée par la Gazette locale comme figurant parmi l’assistance, sans un « Monsieur Hiriart«  qui l’aurait accompagnée : Marianne Imatz-Hiriart était-elle alors déjà veuve  ?.. Probablement… ;
je me permets de mettre ici l’accent sur la personne de Dominique Hiriart, car c’est bien lui qui, par son ascendance (les Delouart, via le mariage de sa mère la seconde Marie Delouart avec son père Jean Etcheverry) et sa descendance (les Gaudin, via le mariage de sa fille Magdeleine Hiriart avec Charles Gaudin), nous offre le maillon décisif (et non reconnu jusqu’ici par les rares auteurs qui se sont un peu intéressés aux liens familiaux de Maurice Ravel) permettant de justifier la parenté effective des actuels descendants Gaudin et Lenoir à Saint-Jean-de-Luz avec les ancêtres Delouart de Ciboure, dont descend aussi, et là c’est très clairement connu, Maurice Ravel... _) ;
et la troisième de ces trois Marie Delouart (Ciboure, 17 août 1786 – ? _ elle vivait encore en 1856 ; et est peut-être décédée en 1872 _), 
est la mère de Simon Goyenague (Ciboure, 22 novembre 1821 – Ciboure, 18 novembre 1890), marin ;
lequel est le presque parrain _ le 13 mars 1875, à l’église Saint-Vincent, de Ciboure _ de Maurice Ravel ;
ainsi que la grand-mère paternelle de Paul Goyenague (Ciboure, le 19 août 1859 – Ciboure, le 8 mars 1929), capitaine au long cours, qui fut _ durablement : au moins du 10 mai 1908 au 17 mai 1925 _ conseiller municipal de Ciboure ; et qui fut aussi capitaine de port de Saint-Jean-de-Luz-Ciboure _ poste pour lequel il put faire valoir ses droits à la retraite le 1er décembre 1925 _ : une personnalité cibourienne _ que Maurice Ravel a pu rencontrer à Ciboure…
D’ailleurs, dans sa lettre _ un document singulièrement important pour nous ! _ à son amie Marie Gaudin, du 22 juin 1911 (à la page 266 de la Correspondance), Maurice Ravel songe, parmi les divers propriétaires de logements possibles, à Ciboure, c’est spécifié (et pas à Saint-Jean-de-Luz !), pour sa mère, son frère Edouard et lui-même, les trois mois d’été qui viennent, à choisir plutôt divers parents cibouriens siens, dont, précisément « les Goyenague«  (au pluriel) ;
et cela pour des raisons de commodité, surtout pour sa cibourienne de mère… :
« Nous préférerions _ voilà ! _ que ce soit chez des parents. Les repas pris en commun seraient moins embêtants que chez des étrangers.
Cherchez donc pour commencer chez Sabadin _ Sabine _ Quinior, si elle vit encore ; chez Eslonta _ Etiennette _ Maicourné (c’est comme ça que ça s’écrit ?) _ qui peuvent-elles donc être ?.. Le mystère résiste pour le moment…  _, chez Marie-Dominique Anchochoury ; chez les Goyenague… _ voilà ! _ ou bien autre part« .
Marie Delouart-Ravel n’oublie certes pas ses parents-cousins cibouriens…
Au final, ce sera chez les Anchochoury, sur le Quai.
Quant au dernier né de Gratien Delouart et son épouse Sabine Laxague, 
Jean Delouart (Ciboure, le 27 août 1788 – Ciboure, 1872), marin lui aussi,
il eut de son épouse Marguerite Larrea (Ciboure, le 18 décembre 1798 – Ciboure, le 30 septembre 1844) au moins trois enfants :
Sabine Delouart (née à Ciboure le 24 juin 1825), épouse (à Ciboure, le 12 août 1852) de Bernard Cerciat (Ciboure, le 18 octobre 1824 – Ciboure, le 9 mars 1868) ;
Marie Delouart (née à Ciboure, le 30 juin 1827), épouse (à Ciboure, le 21 décembre 1853) de Guilhen Etchepare (né à Ciboure le 8 juillet 1826)à ce jour j’ignore s’ils eurent une descendance, et, si oui, quelle elle est _  ;
et Jean Delouart (né à Ciboure en 1833), époux (à Ciboure, le 13 novembre 1861) de Dominique Etchepare (née à Ciboure en 1831), et marin, lui encore _ à ce jour j’ignore également si ce couple eut une descendance, et, si oui, quelle elle est.
Bien sûr, il est délicat de venir jeter ainsi un œil sur la généalogie d’une famille qui n’est pas la sienne.
Mon but est simplement de connaître et éclairer un peu mieux les cousinages (basques) de Maurice Ravel, 
lui qui aimait tant les paysages de sa terre natale ; et dont j’aime tant la musique.
Découvrir un peu mieux l’ancrage familial
_ même un peu lointain, pour lui, qui consacrait le plus clair de son temps, ici, à la musique (mais aussi à la baignade et à des promenades) _,
d’un génie aussi singulier que Maurice Ravel,
me paraît passionnant…

Voilà.
Ce mercredi 29 mai 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa
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