Ecouter mieux les silencieux, avec Laurent Vilarem

— Ecrit le samedi 29 juin 2019 dans la rubriqueLittératures, Musiques”.

Samedi dernier matin, à la toujours intéressante émission Sous la couverture de Philippe Venturini sur France Musique,

je découvrais le livre Les Silencieux _ sous-titré Les Compositeurs à l’épreuve du silence _ de Laurent Vilarem ;

qui a vivement intéressé l’amoureux de la Musica callada de Federico Monpou (1893 – 1987) que je suis.

Et voilà que sur le site de Res Musica,

et sous la plume de Vincent Guillemin,

je découvre un article consacré à ce travail…


Le voici.

LES SILENCIEUX, DE LAURENT VILAREM

Les Silencieux. Les compositeurs à l’épreuve du silence. Laurent Vilarem. Éditions Aedam Musicae. 99 p.

12,90€. Avril 2019

Les-silencieux-Les-compositeurs-a-l-epreuve-du-silenceAxé sur le silence, choisi ou forcé, le premier livre de Laurent Vilarem soulève de nombreuses questions sur des personnalités musicales de tous temps, principalement de la musique classique, mais aussi du XXe siècle dans la variété et le rock, pour tenter de comprendre pourquoi ou comment un compositeur peut devenir muet _ pas seulement, et même loin, très loin de là ! ; car une telle interprétation du sens du propos de Laurent Vilarem serait terriblement réductrice de ce que l’auteur veut signifier là ! Car il est des œuvres, et parmi les plus belles, qui nous donnent à percevoir le silence (non vide, loin de là !) lui-même… au point que l’on peut même se demander si la musique (et plus largement toute vraie œuvre d’art) n’a pas pour but de rompre avec le discours et le bavardage afin de nous donner à accéder à la qualité de parole et de vie de ce qui pourtant ne dit rien et se tait…

Quatre-vingt-dix-neuf pages, quarante-six sous-parties, douze chapitres ouverts par un prologue et clôturés par un épilogue, une brève et luxueuse introduction de Philippe Jaroussk. C’est avec cette matière et un style d’écriture extrêmement fluide et rapide _ le même qu’à l’oral dans l’émission de Philippe Venturini : alerte et très vivant _ que notre ancien collaborateur _ dont acte _, Laurent Vilarem, tente _ mais c’est presque péjoratif… _ de traiter une question rarement abordée d’une manière globale _ vraiment ? _  : celle du silence chez les compositeurs _ cette formulation manque terriblement de précision.


Jamais trop vulgarisateur, ni en même temps jamais trop pointu ou limité à une partie de la musique ou du répertoire, le propos passe en quelques instants de Brel à Wolf, de Schumann à Gorecki. L’ouvrage ne se veut pas exhaustif et surtout, il ne tombe pas dans la facilité d’une psychanalyse de bon aloi, tellement habituelle aujourd’hui pour expliquer avec des concepts actuels des actes ou sentiments d’une autre époque et d’autres mœurs. Évidemment, l’auteur ne peut en si peu de mots couvrir intégralement le sujet, et ne chercher à établir aucune démonstration scientifique. Il pose des questions plus qu’il n’y répond, et tente par l’accumulation de thèmes et d’histoires _ c’est vague ; un thème, c’est un cliché ; et une histoire, c’est une anecdote : rien que du superficiel ! _ de faire ressortir de nombreux cas particuliers, parfois relativement similaires _ et confus. L’article ne nous fait pas entrer dans le détail du livre…

Ainsi se plonge-t-on dans un univers de névroses, de faiblesses ou de problèmes, jusqu’à la mort, cause la plus évidente _ certes… _ de silence _ mais ce sont bien davantage les silences des musiques elles-mêmes que les péripéties de vie des compositeurs qui sont porteuses de sens… C’est l’histoire de la Symphonie n° 8 de Jean Sibelius, de l’album Les Marquises de Jacques Brel, de Charles Ives qui arrête d’écrire lorsqu’il quitte son métier d’assureur pour la retraite, de Gioachino Rossini et son boursicotage des dernières années. L’histoire des femmes aussi, trop longtemps bloquées par la société, ou par leurs maris, à l’image d’Alma Mahler. Toutes ces tranches de vies sont énoncées succinctement, sans interruption, d’une main parfois lapidaire, mais toujours haletante _ ou passionnante ? _, à même de capter l’attention _ dans quel but ? Nous proposer d’y penser ? _ à chaque ligne, pour un parcours centré sur le vide _ mais les vides ne sont pas nécessairement déserts, bien au contraire _, celui du silence.


J’ai commandé le livre de Laurent Vilarem il y a une semaine.

Et j’attends avec une certaine impatience d’en découvrir et me pencher sur son détail…


Ce samedi 29 juin 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

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