Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. Et maintenant, les images de villes

— Ecrit le mardi 10 novembre 2020 dans la rubriquephotographie”.

Aujourd’hui,

c’est aux images de villes, de grandes cités, parmi mes « Tirages Fresson » préférés (au nombre de 13 pour la liste principale, et de 22 pour la liste complémentaire),

que l’amateur de villes que je suis, moi aussi, va consacrer son attention.

Bernard Plossu, en effet, n’est pas seulement

un infatigable marcheur de montagnes, déserts et campagnes les plus diverses _ cf mon article d’avant hier :  _

et un amoureux passionné de découvertes de sublimes villages un peu perdus _ cf mon article d’hier :  _,

il est aussi un magnifique arpenteur _ inépuisable : si intenses sont l’appétit et l’ouverture photographiques permanente de son insatiable curiosité iconique _ de villes,

de grandes villes, de par le monde _ et en Europe tout particulièrement ; et cela, qu’il s’agisse de commandes qui lui ont été passées, ou pour le pur plaisir d’images à saisir et puis réaliser.

Ainsi qu’en témoignent,

et parmi bien d’autres qui, à coup sûr, m’échappent

_ étant encore loin de connaître la totalité des albums de Plossu ; même si, assez souvent, il prend soin de me faire part de certaines de ses nouvelles sorties… _,

les superbes albums d’images consacrés spécifiquement aux villes suivantes :

Marseille (« Marseille Plossu au tournant du siècle 1991 – 2011« , en 2012),

Paris (« Paris« , en 2018),

Rome (« Roma _ 1979 – 2009« , en 2019),

Milan (« Attraverso Milano« , en 2008),

Bari (« Bari/Porto« , en 2012),

Valence (« Ciudades y paisajes« , avec Marcelo Fuentes, en 2006 ; « En Valencia« , avec Luis Baylon, en 2008 ; « Valencia in colour, live« , en 2010 cf un tout à fait excellent article de fond, de Jacques Terrasa, en 2019 : « Madrid et Valence Deux villes au cœur de l’œuvre espagnole de Bernard Plossu«  _,

Barcelone (« Barcelona, 1974« , en 2012),

Almería (« Almería« , en 2018),

Lisbonne (« Lisbonne Portugal : ceci n’est pas une carte, mais un voyage photographique« , en 2017),

Le Havre (« Le Havre en noir et blanc« , en 2015),

Hyères (« L’Étrange beauté de la ville d’Hyères« , en 2007 _ cf aussi « L’Improbable destin de la villa Noailles« , en 2010 ; « La Villa Noailles : une aventure moderne« , en 2001 ; « La Villa Noailles« , en 2003 _),

etc. :

la production éditoriale de Bernard Plossu est si riche, profuse, généreuse,

ainsi que si merveilleusement variée _ et sous de très multiples formats, qui plus est… _,

que bien d’autres ouvrages consacrés à des villes ont échappé _ et échappent _ à mon attention…

Du regard urbain _ sur lequel je désire ici me pencher _ de Bernard Plossu,

je retiens ici, parmi mes 13 images préférées de ce sublime « Tirages Fresson« ,

deux fascinantes images d’Italie :

d’abord, à la page 18,

l’image référencée « Palerme, Italie, 2008« ,

déjà montrée, au sein d’un chapitre intitulé « Still life 19665 – 2013″, à la page 117 du très riche « Couleurs Plossu _ séquences photographiques 1956 – 2013 » de 2013, aux Éditions Hazan ;

et déjà référencée « Palerme, Italie, 2008 » _ le référencement n’étant rien de plus que celui de Bernard Plossu à destination de lui-même…

 et ensuite, à la page 26, l’image référencée « Milan, Italie, 2009« ,

une image peut-être cette fois inédite _ datée de 2009, cette image ne peut bien sûr pas avoir déjà paru, en 2008, en l’album « Attraverso Milano » (que je possède), paru chez Mondadori Electa, et pour la couverture duquel, le 4 juillet 2008, j’avais publié sur mon blog En cherchant bien, qui naissait tout juste à peine alors (la veille, le 3 juillet !), l’article  ; et de fait l’album milanais de 2008, exclusivement en noir et blanc, ne comportait pas, et pour cause, cette admirable image couleur, en tirage Fresson !.. Plossu était donc retourné arpenter les rues de Milan l’année suivante…

La sublime image palermitaine _ une merveille absolue ! _, en 2008,

peut-être prise _ comme parfois c’est le cas ; et, ici, légèrement en oblique par rapport au tracé de la rue qui traverse l’image de ses pointillésde la fenêtre de quelque chambre d’hôtel qui aurait surplombé la scène nocturne _ Bernard m’a offert un tirage d’une sublime vue nocturne de Rome, prise d’une chambre d’hôtel situé tout à côté de Sant’Eustachio (et non loin du Panthéon)… _

à dominante ocre,

donne à contempler le vaste _ large, ouvert _ espace béant d’une rue _ marquée par des pointillés blancs sur le sol _, que vient manger, sur toute la partie gauche de l’image, l’obscurité envahissante de la nuit ; alors qu’est, éclairée, d’une lumière blafarde, au premier plan, sur plus du quart de l’image, en bas et à droite, une zone totalement vide, jeaunâtre d’aspect.

Au plein centre de la photo, se tient la toute petite silhouette dressée d’un homme, bien campé sur ses jambes, et possiblement les bras derrière le dos ;

alors que tout en bas de l’image, sur la droite, mais presque totalement mangée par le bord inférieur de l’image, qui la coupe, se distingue à peine _ on ne l’aperçoit pas tout de suite _ la tache minuscule du haut de la silhouette d’un autre homme, dont ne se perçoivent que la tête et les épaules.

Qui sont-ils ? Que font-ils là, à cette heure de la nuit ?

La partie supérieure droite de l’image, et de l’autre côté de la rue présentement déserte d’autres personnes que ces deux silhouettes-là, présente _ toujours en léger oblique par rapport au cadrage de l’image _ deux grilles d’entrée, en continuité l’une de l’autre, mais légèrement dissemblables _ une clôture ajourée sépare les deux propriétés _, avec, juste posée sur le pilier qui leur sert de séparation, la tache lumineuse d’un éclairage.

Cette scène muette m’évoque étrangement quelque chose de la poésie assez énigmatique du sublime cinéma d’Antonioni,

du temps de « L’Avventura » (tourné en Sicile), « L’Eclisse » (tourné à Rome) et « La Notte » (tourné à Milan)…

Voilà, en tout cas, un pur chef d’œuvre de Plossu, en 2008, à Palerme.

L’image milanaise de 2009,

est d’une tout autre veine,

peut-être, disons, moderniste _ avec des lignes géométriques bien marquées _ ;

et elle est dépourvue, elle, de personnages, ne serait-ce que sous forme de silhouettes pressées…


Il s’agit d’une vue de rue _ où ont lieu des travaux _, centrée sur un immeuble qui occupe _ jusqu’au haut de cette image _ plus de la moitié gauche de l’image ; et s’ouvre sur deux vastes bâtiments industriels _ le premier bas et long, recouvert d’un toit de tuiles ; et l’autre plus haut, et cubique, en béton _ qu’on aperçoit, par dessus un mur bas, sur la partie droite de cette image, laissant entrevoir aussi un peu d’un ciel d’un bleu passablement brumeux…

Milan est une cité du Nord, et assez industrielle. 

Bien sûr, cette image me rappelle l’article que j’avais consacré, le 4 juillet 2008, au magnifique carton d’invitation à la mostra « Attraverso Milano« ,

dont voici un lien :

Et je sais bien que pour ces images de ville,

Bernard Plossu a plus que l’embarras du choix…

Que d’images de lui, dans le trésor de son immense réserve, attendent la chance d’une publication en album !

Ce mardi 10 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

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