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L’inespérée fécondité de la multiplicité des connexions des pistes entrecroisées d’une enquête à partir et à propos de presque rien…

09mar

À force de lancer, et puis multiplier, jour après jour, les pistes dynamiques d’enquête,

et surtout de tisser un réseau de plus en plus fin d’interconnexions entre ces multiples et très variées pistes ouvertes,

des éventualités de solutions commencent de s’esquisser à des questions qui, ainsi, viennent d’elles-mêmes se former, peu à peu prendre consistance, et même s’imposer, prendre chair ;

en ce de plus en plus dense lacis qui ainsi se tisse.

En y réfléchissant,

je m’aperçois que les figures les plus difficiles à identifier, à partir des données rencontrées, et peu à peu juxtaposées,

et connectées,

concernent des identités féminines ;

quand les faire-part _ de décès, principalement _ choisissent le plus souvent _ heureusement pas toujours… _ de donner seulement des noms et des prénoms d’hommes,

ne présentant les femmes _ le plus souvent sans prénom, elles… _ que comme les épouses (« Mme et M. Léopold Untel« ), voire les veuves (« Mme Vve Achille Untel« ), de leurs maris…

D’où les questions que continuent de me poser les identités, par exemple, de « Mme Vve Paul Bonopéra« , ou « Mme Vve Louis Gentet, née Wachter« , à Orléansville, vers 1920,

afin de parvenir à faire une plus complète lumière sur la constellation familiale _ chaleureuse _ qui s’est tissée autour des trois neveux _ Amédée et Gaston Ducos du Hauron, ainsi que Raymond de Bercegol _ de Louis Ducos du Hauron,

le créateur de « la photographie de couleurs »

_ puisque c’est une un peu plus précise connaissance de son vital entourage familial qu’il m’intéressait d’approcher un peu,

et de faire revivre…

Et c’est tout un monde « d’avant » qui vient ainsi re-surgir : le monde d’avant la seconde guerre mondiale ;

et plus particulièrement, pour ce qui concerne l’Algérie d’entre 1830 et 1940,

le monde de cette France bien spécifique qu’était la France de l’Algérie ;

et plus spécialement, comme cela ressort, à travers le prisme éminemment sensible de la petite ville d’Orléansville,

et sa proche région…

Car c’est aussi, depuis que je m’y focalise plus particulièrement, ce « monde » de la petite ville d’Orléansville,

qu’ont imperceptiblement marqué d’une impalpable empreinte,

les Gentet, les Rey, les Gadel, les Wachter, les Confex,

de même que les Bonopéra et les Morand de la Genevraye, ou les Girot, qui y ont vécu, séjourné, travaillé ;

liés qu’ils sont, familialement, à la « branche algérienne » des agenais Ducos du Hauron,

via Amédée Ducos du Hauron (Agen, 1866 – Alger, 1935)…

Et je suis tout spécialement ému que cette bien modeste évocation-là trouve _ presque miraculeusement _ à rencontrer un peu, aussi, l’attention sensible de quelques lecteurs,

qui _ par quel prodige ? _ y croisent les ombres chères de maintenant lointains parents proches de s’effacer des mémoires ;

éclairées de l’énigmatique mais perceptible aura de quelques secrets assez bien enfouis, et presque complètement oubliés…

Ce mardi 9 mars 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. D’abord le pourquoi du choix de la couleur plutôt que du noir et blanc…

06nov

Hier, je me suis résolu à un choix de 13 images, parmi les 80 du récent admirable « Tirages Fresson » de Bernard Plossu,

paru chez Textuel :

Il va donc me falloir mettre quelques mots et phrases sur ces prédilections singulières…

Mais à l’instant,

peut-être pour me rassurer un peu avant d’affronter cette singularité de chacune de ces 13 images,

et aussi commencer à me mettre en jambes sur les raisons de cette option plossuïenne de la couleur,

je viens de relire le chapitre terminal (pages 195 à 202) de l’excellent entretien de Bernard Plossu avec Christophe Berthoud, « L’Abstraction invisible« ,

paru en septembre 2013,

le chapitre intitulé, justement, « Couleur & noir et blanc« .

Le choix de la couleur _ plutôt que du noir et blanc _ est pour Bernard Plossu essentiellement une affaire d' »ambiance » _ absolument spécifique, chaque fois _

et de « raisons poétiques » _ propres _ (page 95).

« Parce que je recherche avant tout _ par la photo, l’obtention de la restitution finale d’ _ une ambiance _ celle de ce réel surprenant à l’instant si puissamment ressenti : exactement, d’ailleurs, comme avec le noir et blanc ! _,

je ne vois _ tout d’abord pas _ pas la différence avec la manière dont le cerveau _ photographique _ fonctionne en noir et blanc« , commence Bernard par répondre à la question _ en effet basique _ de Christophe Berthoud : « Qu’est-ce qui t’incite à opter pour la couleur ou pour le noir en blanc ?« .

Juste avant d’ajouter :

« Ceci dit,

c’est vrai qu’il y a un « réflexe _ une impulsion immédiate _ couleur » _ je vais contredire ce que je viens d’énoncer _ où tout à coup tu vois _ ce qui s’appelle voir !!!  _ une tâche jaune _ qui rencontre et accroche ton regard _ où c’est effectivement la couleur _ plus que la forme, ici _ qui t’attire _ voilà : et c’est la spécificité de cette « ambiance«  colorée-ci, en son étrange singularité, qu’il s’agit, maintenant, de saisir et servir : le mieux possible, photographiquement ; telle une réponse immédiate, ici et sur le champ, à un défi iconique ! ; agir photographiquement sur le champ le plus adéquatement possible, en vue de ce qui sera le rendu le plus juste, le plus vrai, de cette émotion (et « ambiance » propre et unique), en l’image photographique qui va en résulter… _, et tu fais _ alors _ une image que tu n’aurais pas forcément faite en noir et blanc. (…)

Je crois que les deux cas se rencontrent. Parfois tu es vraiment dans la similitude _ du cas du noir et blanc et du cas de la couleur _, parfois tu es dans le détail _ archi-singulier _ de couleur _ même. (…)

Quand c’est une question d’ambiance, il m’arrive _ même, parfois _ de faire les deux, comme un jeu _ juste pour voir ludiquement, puis comparer, ce qui pourra sortir chaque fois en fait de justesse du « rendu«  photographique final, à venir, de cette émotion originelle éprouvée ici au plus vif de l’archi brève bourrasque kinesthésique déclencheuse, éprouvée, sur ce vif, telle l’opportunissime alerte formidablement bienveillante d’une piqûre de guêpe, fonctionnant comme l’éclair fulgurant d’un formidablement judicieux avertissement du geste photographique à avoir, ici et maintenant (et pas ailleurs ni plus tard : trop tard !), en vue de la plus parfaite charge intensive possible de « vérité poétique«  de l’image photographique qui viendra en résulter. L’épreuve d’un tel formidable jeu (à plus ou moins long terme éreintant, aussi…), sous les auspices follement généreux du diaboliquement malin et terriblement cruel Kairos (sans rattrapage possible de ce qui n’aura pas été, sur le champ même, saisi !), étant, bien sûr, on ne peut plus décisif dans la pratique photographique, face à l’inépuisable trésor offert et disponible du réel si merveilleusement sensible, hyper-kinesthésique, de Bernard Plossu : par la qualité singulière rare de sa vigilance supérieurement attentive. Quel œil il a !

Mais je produis _ quantitativement, à la différence d’un Saul Leiter, par exemple _ plus de noir et blanc que de couleur. » (pages 197-198).

Et page 201, à la question « Comment archives-tu tes images ?« ,

Bernard Plossu répond : « Il n’y a que moi qui m’y retrouve.

En général, je classe par année,

parfois non, dans le cas de commandes par exemple, comme les vêtements Woolrich ou les commandes d’architecture : il existe un dossier Ricciotti, un dossier Fuksas, un dossier Hondelatte…

Sinon oui,

j’archive par année, par pays _ c’est tout ce que je supporte comme légende de toute façon _ voilà qui rejoint parfaitement mes remarques d’hier, au seul souvenir de commentaires d’accrochages d’expos de Bernard…

J’essaye aussi de constituer des dossiers par thèmes _ en vue de futurs petits livres cohérents, par exemple _ : les chats, les arbres, les natures mortes. (…)

J’ai également des dossiers de choses plus abstraites, comme l’amour, la lune, la mort… des énormes dossiers. »  

Ainsi, pour ce qui me concerne,

ne m’attaquerai-je que demain à affronter la passablement difficile haute question de la passionnante singularité _ fascinante _ des images choisies ici en ma prédilection…

Ce vendredi 6 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Mort de Jean-Louis Chrétien

07juil

Ce dimanche main,

apprenant la disparition de Joao Gilberto,

et recherchant des précisions sur lui,

voici que je tombe sur la nouvelle _ qui m’avait échappée _ du décès le 28 juin dernier de Jean-Louis-Chrétien, philosophe,

dont j’avais beaucoup apprécié bien des livres.

Cf par exemple mon article du 15 mai 2009 : 

Et je ne mentionnerai pas ici mes références si nombreuses en mes articles à ce maître-livre qu’est La Joie spacieuse _ essai sur la dilatation

Je ne le connaissais pas personnellement,

mais j’étais très attentif à ses travaux, si précis et si éclairants.

Mort du philosophe et poète Jean-Louis Chrétien

Par Camille Riquier, vice-recteur à la recherche de l’Institut catholique de Paris et professeur 1 juillet 2019 à 16:22

Jean-Louis Chrétien en 1987.


Jean-Louis Chrétien en 1987.
Archive personnelle

Adepte de Vladimir Jankélévitch, ce fut un Socrate des temps modernes pour ses étudiants et les anciennes humanités ont été son champ de prédilection.



Jean-Louis Chrétien est mort vendredi, à 9h28 du matin, à l’âge de 66 ans. Encore peu connu du grand public, il a préféré l’ombre à la lumière. Fuyant sa propre image, quoiqu’il n’eut rien à cacher, il se refusait _ bravo ! _ par principe à revêtir une de ces renommées factices qui se bâtissent à coups de bonnes fortunes médiatiques. Philosophe et poète, il voulut l’être sans se soucier de le paraître _ excellent ! Et trop rare. Maintenant que son corps a péri et que peut éclater dans son ordre la grandeur de l’esprit qui l’habitait, il faudra bien se rendre à l’évidence : il fut l’un des plus grands de sa génération _ sans en parler avec quiconque, et rien qu’en le lisant, je m’en étais aperçu.

Jean-Louis Chrétien est né à Paris le 24 juillet 1952. Après des études au lycée Charlemagne, il fit ses classes préparatoires à Henri IV. Reçu premier à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm (1972) ainsi qu’à l’agrégation de philosophie (1974), il partit quelques années en province enseigner dans le secondaire, à Mâcon puis à Vire. De retour à Paris, il fut pensionnaire de la fondation Thiers de 1977 à 1980, quand elle possédait encore son bâtiment Porte Dauphine, sur la place du Chancelier-Adenauer. Il obtint ensuite un poste à l’université de Créteil, enfin à la Sorbonne où, nommé professeur de la chaire d’histoire de la philosophie de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge, il devait enseigner jusqu’à sa retraite, l’an dernier.

L’humaine parole

Si Heidegger lui a ouvert les yeux pour le jeter au plus près de la source grecque, c’est néanmoins sa rencontre avec le philosophe Henri Maldiney _ un auteur majeur à mes yeux ! _ qui décida de sa vocation. Elle eut lieu très tôt ; dans les hauts alpages le chalet des Chrétien côtoyait celui des Maldiney. Et jeune adolescent, il se plaisait à le suivre dans les montagnes, du bon pas des randonneurs. Il s’est noué entre eux un lien d’autant plus fort qu’il fut intellectuel et profondément humain. Il y eut plus tard, alors qu’il était étudiant, la rencontre avec Vladimir Jankélévitch, qui espérait le voir écrire le livre sur Plotin que lui-même n’avait eu le temps d’écrire. Il ne réalisa pas son souhait. Mais le néoplatonisme garda chez lui son attrait et devait le conduire jusqu’à l’antiquité tardive et les débuts du christianisme. La conversion est un mystère qui s’opère dans le secret des cœurs. Mais c’est un fait que Jean-Louis Chrétien n’a pas toujours été chrétien et que son père, médecin de profession et communiste engagé, fut hostile à l’idée qu’il le devînt. Baptisé à l’âge où beaucoup perdent la foi, entre ses 25 et ses 28 ans, il entra dans l’Eglise et lui demeura fidèle jusqu’à sa mort. Tout son chemin de pensée et d’existence en conserve l’empreinte et lui doit probablement son unité. S’il a pu investir une diversité de champs d’écriture (philosophie, littérature et poésie, théologie), la Parole divine a été l’orient qui ne cessa de guider sa compréhension de l’humaine parole _ la parole, la voix, l’échange.

Jean-Louis Chrétien laisse ainsi derrière lui plus d’une trentaine d’ouvrages dont voici quelques titres: l’Effroi du beau, l’Appel et la Réponse, la Voix nue, Corps à corps, De la fatigue, la Joie spacieuse… Nombreux sont ceux qui trouvèrent une place dans les colonnes de Libération. Et la plus digne et la plus noble vocation d’un média nous semble de mettre dans la lumière, au moment venu, qu’il faut souhaiter le plus tard possible, la grandeur d’une pensée qui s’est construite sans son appui, qui ne lui doit rien et à qui secrètement il doit beaucoup. A l’œuvre qu’il portait en lui et pour l’écriture de laquelle la solitude _ du méditer avec des voix : oui _ était requise, le silence de l’écoute était en effet l’essentiel _ oui, du fait de la nécessaire très haute qualité de l’attention requise _, après quoi seulement une parole selon lui pouvait _ vraiment _ dire quelque chose _ qui ne soit plus de l’ordre du psittacisme du bavardage…

Quelques auteurs furent certes décisifs dans l’itinéraire de sa pensée : Heidegger, Platon, saint Augustin. Mais lecteur infatigable, ce sont toutes les anciennes humanités qu’il a fait remonter _ comme tout authentique penseur : en perpétuel dialogue… _ du fond de notre mémoire oublieuse. Sa voix, elle, était l’hospitalité même. Elle a vécu d’accueillir _ pour dialoguer avec _ d’innombrables voix _ voilà ! _ que les nôtres avaient recouvertes, que sans lui nous aurions peut-être cessé d’entendre _ oui _ et qui pourtant, seules, continuent de donner du sens et de la gravité à notre propre parole _ oui. C’est dire que l’œuvre de Jean-Louis Chrétien fut aussi bien un dévouement à l’œuvre commune et qu’il est difficile de dissocier le métier d’écrivain et celui d’enseignant qu’il exerça toujours en parallèle _ c’est très juste.

Le chagrin est une ivresse, et il faut pardonner à ceux qui, brassant leurs souvenirs dans les larmes, m’ont aidé à retracer son parcours non sans un certain désordre, puisqu’ils ont perdu pour certains celui qui fut le garant de leur existence. Car il était, le mot est faible, extraordinaire, littéralement hors du commun. Lui qu’un éloge trop soutenu aurait contrarié de son vivant, il nous faut le faire à présent qu’il n’est plus. Ce n’est pas assez de dire qu’il évitait les mondanités _ bravo _ ; elles lui étaient parfaitement étrangères. Les fois qu’il s’est attablé à une terrasse de café ou rendu dans un cinéma peuvent se compter sur les doigts des deux mains. Il n’appréciait que les conversations en tête-à-tête _ voilà : un entretien réciproque _, et n’était pas loin de penser qu’à trois dans une pièce, une personne était déjà de trop. Jusqu’à une date récente, il n’eut ni poste de télévision ni téléphone portable et, quand il ne recevait pas un ami chez lui, il lisait le soir des romans qui le reposaient des essais plus âpres qu’il avait lus le jour. Hormis un séjour en Angleterre, un autre en Pologne et un dernier en Tunisie, il ne voyagea pas. C’est qu’il ne voyageait que trop à travers ses lectures _ certes : là est la force puissante de la très grande attention. Il s’aperçut d’ailleurs que beaucoup partaient voir ailleurs ce qu’avec de bons yeux il était possible de voir sans quitter son lieu _ oui. Invité partout, à chaque fois il déclina poliment. Sa vie devait se tenir entre Paris et Dieppe, où il avait sa résidence secondaire. Enfin, il n’eut jamais d’ordinateur et se servait de cahiers d’écolier à la couverture rigide dont, de son écriture fine et serrée, il remplissait entièrement la page de droite, en laissant blanche celle de gauche en vue d’éventuels compléments. Une fois le manuscrit achevé, il sortait une vieille machine à écrire et en faisait un tapuscrit qu’il envoyait sous cette forme à l’éditeur.

Il était toujours habillé de semblable façon _ sans perdre de temps _, avec pour unique coquetterie de porter un chapeau quand il sortait. Et assurément il était d’un premier abord étrange. C’est que je n’ai jamais vu un homme qui était aussi indifférent à ce qui ne relevait pas du spirituel, ne voyant le corps lui-même que tout plein d’esprit. Il pouvait paraître négligé et j’en ai hélas surpris certains qui souriaient ; il suffisait pourtant qu’ils s’approchassent un peu de lui pour s’arrêter devant son élégance. Timide, il pouvait intimider ; sévère parfois, il l’était surtout avec lui-même ; drôle et espiègle le plus souvent, il l’était sans qu’il le fût aux dépens d’un autre. Philosophe, il l’était sans discussion ; et devant lui, même les méchants se taisaient _ bigre.

Invulnérable aux sirènes du dehors

Jean-Louis Chrétien ressemblait lui aussi au satyre Marsyas dont parlait Platon et dont l’intérieur était rempli de divines figures. Sa voix, qu’il trouvait balbutiante, heurtait peut-être l’auditeur la première fois ; mais en l’écoutant, il découvrait vite, enveloppée dans l’écrin des mots, une parole qu’il n’avait jamais entendue auparavant _ pour ma part, je n’ai eu accès à sa voix que via la lecture de l’écriture de ses livres ; mais elle s’y ressentait fort clairement. Ses étudiants ne s’y sont pas trompés. Il avait beau avoir des lunettes et un chapeau, ils savaient qu’il était vieux de 2 500 ans, qu’il y avait face à eux, vivant, en chair et en os, un Socrate des temps modernes. Sa vie et son œuvre semblent n’avoir fait qu’un. Et il n’est rien de plus saisissant que d’entendre les résonances _ voilà ce qu’est une vraie culture vivante et authentique _ entre elles. Le dernier livre qu’il publia s’intitule Fragilité (Minuit, 2017). Invulnérable _ oui _ aux sirènes du dehors – argent ou réputation –, robuste et bon marcheur, sa fragilité était en lui. Quand il l’écrivait, il ignorait que la maladie le rongeait déjà. Il l’ignorait encore quand il s’attelait à son dernier livre, qu’il était sur le point de finir et auquel ne manquera que la conclusion : l’Absence. Absent, il ne savait pas qu’il le serait quand le livre paraîtra aux éditions de Minuit. Dans la mémoire de ses proches et par son œuvre qui s’achève ainsi, qu’il puisse être assuré comme nous le sommes de sa présence _ voilà : la voix demeure _, la seule qui compte et sur laquelle le temps ne peut mordre, celle de l’esprit.


Camille Riquier vice-recteur à la recherche de l’Institut catholique de Paris et professeur

Je lirai Fragilité,
même si cet accent mis sur la finitude n’est pas ce qui me plaît le plus…
Je préfère la dynamique de la joie. 


Ce dimanche 7 juillet 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

 

L’humour « ouragant » d’Hélène Cixous : de Siegfried Katzmann lecteur de Freud et Walter Benjamin, en 1937-38, à Fred Katzmann, « petit homme gallinacé » et « le deuxième ultramoche parmi les prétendants » d’Eve, après 1985-86

07fév

Hier, au terme de mon second article à propos de 1938, nuits, d’Hélène Cixous

_ soit d’abord, en prologue,  le 4 février,

puis  hier 6 février _,

j’en suis venu à désirer placer maintenant le focus de mon regard-lecture-analyse

sur un élément à mes yeux capital de l’œuvre d’Hélène Cixous :

son formidable et merveilleux humour

_ et c’est un élément tout spécialement actif, en contrepoint (permanent ; et c’est un trait de famille : son père, Georges Cixous, sa mère, bien sûr, Ève Klein-Cixous, ses deux enfants, sa fille et son fils, sa tante Erika Klein-Barme, etc.) de l’horreur narrée, en cet opus nouveau-ci, 1938, nuits,

et cela tout particulièrement à propos du personnage-pivot de cet opus qu’est Fred Katzmann,

qu’Hélène, elle, à la différence de son fils et de sa fille (chez laquelle Fred a, avec Ève, au moins résidé quelques jours, « à Ithaca New-York« , « en 1988« , comme indiqué, au passage (page 86) de la conversation d’Hélène avec sa fille et son fils, conversation développée aux pages 84 à 88) ;

Fred Katzmann, donc,

qu’Hélène, donc, n’a peut-être jamais (dans le récit, la chose demeure dans le flou) rencontré de son vivant (Fred Katzmann étant décédé à Des Moines, Iowa, le 18 septembre 1998 ;

cependant, page 10, Hélène dit ceci, à propos de sa mère Ève :

« Bien des fois, j’ai cru la perdre _ pour un homme, qu’Ève aurait donc suivi ? _, je l’ai perdue _ en vrai ? du vivant d’Ève ? qui serait de fait partie rejoindre un homme ? ou bien s’agirait-il bien plutôt, voilà !, d’une perte (par intermittences) de rêve, ou dans les rêves ?.. Ève se mettant à déserter les rêves de sa fille, Hélène ? Á ce stade du tout début de l’opus, page 10, le lecteur est incapable de savoir sur quel pied il va bien pouvoir danser, en ce récit sans guère de repères sur lesquels pouvoir un peu compter pour se fixer tant soit peu en une relative stabilité de l’ordre du discours : la narratrice jouant à s’amuser un peu de nous, ses lecteurs un peu désorientés… Tout flotte encore un peu, avec légèreté, dans de l’indécidable ; et c’est une forme d’humour de l’auteur vis-à-vis des lecteurs entamant ici avec confiance leur lecture… _, elle est revenue.

Cela me fait penser _ nous y voilà donc _ au voyage _ lequel ? Fred et Ève en firent plusieurs, dans des pays lointains, pour des vacances (nous l’apprendrons plus loin, aux pages 85, 86, 88, par exemple : Hawaï, New-York, Istanbul, Buenos Aires, Majorque…) ; qu’a pu donc avoir de particulier ce voyage (de « road movie« , évoqué page 10 : qu’est-ce à dire ?) auquel Hélène fait allusion ici ?.. _ qu’elle _ Ève _ a  fait avec Fred _ nous y voilà ! Et telle est la première apparition (onirique ? et de quand daterait un tel rêve ?..) de Fred Katzmann dans cet opus, 1938, nuits _

j’étais occupée _ en réalité bien effective ? ou seulement en pensée ou imagination, voire en un rêve ?à Des Moines, en Iowa, en 2000 _ mais à cette date, Fred, lui, est déjà mort (le 18 octobre 1998) ! S’agirait-il ainsi, là, d’un rêve ?.. C’est bien possible : Hélène sait aussi en jouer… _,

Fred avec sa Cadillac blanche, c’est lui qui conduisait _ où, dans l’Iowa, à partir de Des Moines ? et quand donc ? En un rêve rêvé par Hélène en 2000 ? Ou bien un rêve censé se dérouler, lui, en 2000 ? Et pourquoi alors une telle date ?.. Du fait du nombre rond ?.. _, il est un peu plus jeune qu’elle _ de deux ans _, il n’a pas tout à fait 90 ans _ en effet, en 2000 : né en 1912, et décédé en 1998, Fred ne les atteindra pas vraiment ; il aura seulement 86 ans… ; mais en 2000, il serait bien né il y aurait 88 ans… _, elle dit : il fait plus vieux que moi.

Je les ai regardés prendre la grande route, pour leur road movie _ comment l’interpréter ? s’agit-il là d’un pur cliché onirique ? Hélène s’amuse avec nous, ses lecteurs… _ Fred s’était fait une élégance de fiancé américaine, américaine l’élégance, une rose blanche à la boutonnière, Ève comme d’habitude, pantalon, bons souliers _ de marche ou de randonnée _, prête, ready, the readiness is all _ Shakespeare, Hamlet, V, 2 _, tu connais ça ? _ serait-ce à Fred que s’adresserait ici Ève ? Probablement oui, même en ce rêve d’Hélène… Selon Ève, c’est du Heine, Fred démarre deux secondes trop tard, ils entrent dans l’immense route américaine.

Cinq jours passent, ont passé _ sans recevoir de nouvelle d’eux deux et de leur Cadillac… _, à la fin je n’ai plus retenu mon angoisse ou ma colère, après cinq jours s’ils étaient morts sur la route, j’en mourrais, s’ils n’étaient pas morts une énorme colère me transporterait _ de n’avoir pas reçu de nouvelles _, et le sixième jour j’ai éclaté. Ève n’avait pas vu le temps passer _ ni pensé seulement  à passer quelque petit signe, un petit coup de fil à Hélène, pour la prévenir que tout allait bien... Pour Fred non plus le temps ne passe pas _ d’abord depuis (et du fait) qu’il est décédé ; nous savons, à ce stade du récit, page 190, si peu de choses de lui ; il n’est guère davantage qu’une mince silhouette, de quelques rares traits. Vous auriez pu m’appeler ! criai-je. Assassins !

Ils changent de temps selon la langue de leur échange. En 2000 _ Fred est mort depuis le 18 septembre 1998  _ ils voyageaient en anglais, mais pour se disputer venait l’allemand. Avec moi, le français. Je criais en français » _ dans ce rêve, rêvé en 2000 par Hélène, ou bien se déroulant en 2000 pour Hélène ? Mais qu’est-ce qui donc, à ce moment-là du passé, aurait pu lui faire penser-rêver à ce Fred ? Hélène est donc encore bien loin d’avoir découvert le Bericht qui va lui faire regarder d’un tout autre œil celui qui était demeuré pour elle un simple « M. Katzmann«  !..

On ne sait pas non plus ce qui dans les faits advenus permet au fils d’Hélène de parler, lui aussi, comme sa sœur, assez précisément, et avec humour, de Fred Katzmann, aux pages 85 à 88 (« C’était le deuxième ultramoche parmi les prétendants _ des vieux jours d’Ève : en 1986, Ève (née le 14 octobre 1910) a atteint les 76 ans _, dit mon fils, mais le contraire du premier ultramoche _ sans plus de précision ! _ que je haïssais, je le trouvais _ lui, Fred _ sympathique _ le fils d’Hélène a donc connu au moins ces deux prétendants-là, « ultramoches«  _, l’œil vif, le pas petit saccadé comme d’une poule. D’une marionnette « , page 86) ; il se peut ainsi que lui aussi l’ait très effectivement rencontré, et observé ; et possiblement, comme sa sœur, aux États-Unis… ;

et, d’autre part, Hélène, quant à elle, pourrait, aussi, c’est une autre éventualité-hypothèse, ne s’être rendue (mais était-ce en réalité vraie ? ou seulement en rêve ?.. Se pose la question !) à Des Moines, Iowa, qu’en 2000, soit postérieurement au décès de Fred Katzmann (survenu le 18 septembre 1998) : qu’y serait-elle venu y faire, ou y chercher ? et pour quelles obscures raisons ? Elle ignorait tout alors de ce petit « trésor«  (page 9) qu’allait devenir pour elle le Bericht de Fred ! Au cas où ce ne serait pas en rêve qu’elle s’y serait rendue, à Des Moines, Iowa… ;

en se souvenant de cette remarque de la page 10 (à propos d’un voyage de road movie, en Cadillac blanche, de Fred et Ève), à saisir (ou manquer) au vol de la lecture qui débute, mais trop elliptique pour ne pas demeurer au lecteur, et encore ! si il y fait attention, plutôt énigmatique, à la seconde page, page 10, donc, de 1938, nuits : le lecteur, surtout rapide, ne prend guère garde alors, à ce moment, à pareille allusion pour lui bien vague (et très anecdotique) au point de lui sembler carrément gratuite !), faute de référentiel factuel un peu solide auquel pouvoir, dès ici de son début de lecture, se raccrocher… : « j’étais occupée _ à quoi donc faire de beau ou d’utile ? _ à Des Moines, en Iowa, en 2000« , déclare ainsi ici, à la volée, et quasi clandestinement, Hélène, la narratrice ; à moins que ce séjour d’Hélène à Des Moines Iowa, soit sans le moindre rapport avec la personne de Fred Katzmann, vague compagnon de voyage occasionnel de sa mère…

Et c’est là un des traits assez marquants, à mes yeux du moins, des récits parlés (telle une conversation devant un amical lecteur un peu attentif…) d’Hélène Cixous ; soit une façon aussi d’allumer-attiser un peu, sur le vif, la curiosité du diligent (et bienveillant) lecteur complice, comme le dirait un Montaigne :

Siegfried-Fred Katzmann (Burgsteinfurt, 15 août 1912 – Des Moines, 18 septembre 1998), donc :

il est un personnage éminemment tragique en son présent, puis passé, de Siegfried Katzmann en Allemagne, lors de l’épouvantable effroi des nuits d’Enfer de 1938 (et peut-être 39), à Osnabrück, puis Buchenwald ;

puis, il est devenu un personnage un peu comique, du moins à partir de 1985 et ses retrouvailles, le 20 avril de cette année-là, à Osnabrück, avec sa coréligionnaire et concitoyenne de jeunesse, à Osnabrük, avant 1929, Ève Klein, (devenue en 1936, par son mariage à Oran avec Georges Cixous, né, lui, à Oran le 9 mai 1908 et décédé à Alger le 12 février 1948, Ève Cixous),

du moins aux yeux d’Ève (« on le reconnaît à coup sûr à son petit format cagneux, voix sonore, petit homme », dit-elle, page 14), mais aussi des enfants d’Hélène, sa fille et son fils, qui l’ont semble-t-il un peu rencontré, notamment à New-York, en 1988 (et quid, ici du « restaurant de la rue de Trévie«  (à New-York ?..) dans lequel Fred « s’est fait voler son portefeuille«  resté dans une poche de sa veste accrochée à un portemanteau du restaurant ?, ainsi que l’évoque la fille d’Hélène, à la page 86.

Existerait-il donc une « rue de Trévie » à New-York ??? :

métamorphosé qu’il s’est, ce Siegfried allemand d’Osnabrück, en traversant l’Atlantique en mars 1939 sur un bateau néerlandais, le « Nieuw Amsterdam« ,

en Fred Katzmann américain de Des Moines, médecin orthopédiste pour enfants, porteur, à l’occasion, de « chemises hawaïennes et de colliers de fleurs« , voyageant en vacances de par le vaste monde, avec Ève, retrouvée par lui à Osnabrück le 20 avril 1985, pour une cérémonie d’hommage aux Juifs d’Osnabrück :

« Il avait envie de jouir de la vie, on parlait restaurant _ c’est ici la fille d’Hélène qui raconte, page 85 _, ils _ Fred et Ève _ vont à Hawaï ; je vois les photos de Fred avec la chemise hawaïenne et le collier de fleurs, une des raisons pour lesquelles on _ un référentiel collectif, qui semble réunir ici Hélène et ses deux enfants _ n’a jamais tenté d’accéder _ vraiment _ à lui

_ vraiment, et vraiment sérieusement ; avant de découvrir son Bericht (rédigé en 1941), laissé sur une étagère de son couloir par Ève, et qui dormait là, sans avoir été lu par quiconque (pas même Ève, fort peu soucieuse du passé : « Ma mère laisse traîner le rapport de Fred, sur une étagère depuis l’année 1986, elle ne le lit pas. Ça ne sert à rien, elle est contre le couteau dans la plaie« , page 79), avant qu’Hélène ne le découvre, ce Bericht (« c’est de l’or« , « ce trésor« , page 9), en 2018… _,

c’est quelqu’un qui ne faisait pas d’histoires » ; et qui a cependant été « le « personnage familier » pendant plusieurs années _ une dizaine d’années tout au plus, à partir de 1986, énonce ici la fille d’Hélène, toujours page 85, pour de banals voyages de tourisme de par le monde, en compagnie de sa grand-mère, Ève…

Une pièce rapportée par Ève, qu’aurait-il _ donc bien _ pu dire _ d’un peu original et vraiment intéressant, autre que des clichés _ à la famille d’Ève ? » ;

mais aussi, et c’est l’expression immédiatement suivante, probablement encore dans la bouche de la fille d’Hélène ; mais ce pourrait être aussi dans celle de son frère : car ils sont bien d’accord sur leur image de Fred, l’un deux laissant échapper un « On en a vu défiler des hommes à côté d’Ève«  (toujours page 85) ; une remarque apparemment anodine, mais factuellement assez intéressante : Ève, toujours active et en chemin, souliers de marche ou randonnées aux pieds, était éminemment pragmatique, et restée jeune, et pas seulement d’esprit, longtemps ; et quasiment jusqu’au bout… ; cela, nous l’apprenons ici, au détour de ces remarques plutôt anodines… ;

et avec lequel Fred,

je reviens ici sur la focalisation du discours-conversation sur lui spécialement entre Hélène et ses deux enfants,

il semble bien qu’Ève a effectivement fait pas mal de voyages (de tourisme) à travers le monde : « Pour Ève, Fred servait (sic : Ève est fondamentalement une pragmatique !) à voyager. Istanbul. Buenos-Aires. Majorque« , page 88 ; le narrateur demeurant ici indistinct au lecteur ;

lui, Fred, avait peut-être vis-à-vis d’Ève, quelque arrière visée matrimoniale (Fred était en effet devenu veuf, à Des Moines, en 1983) ;

mais, outre qu’il était « ultramoche«  (page 86 ; et le criterium esthétique est rédhibitoire pour Ève ! elle le proclame bien fort, à propos des hommes : « J’ai pas rencontré tellement d’hommes intéressants. J’ai vu pas mal de médecins _ Ève Cixous, devenue veuve le 12 février 1948, avait créé à Alger une clinique d’accouchements ; elle était sage-femme. Ils étaient mariés. René, c’était un bon camarade. Un garçon bien, intelligent, honnête, on a fait des voyages, c’était pas la grande générosité mais il était gentil.

Finalement Fred, le seul Allemand, un médecin, et pas marié _ en fait veuf depuis 1983. Un homme très intelligent. Mais, qu’est-ce que tu veux, la limite, c’est mon sens de l’esthétique« , page 15 : Fred était « ultramoche« , page 86…),

« Ève avait _ aussi _ dit qu’il était impuissant » (page 85) ;

en conséquence de quoi « Ève ne pouvait _ décidément _ pas être amoureuse de lui c’était un intellectuel discret » (énonce encore l’un des deux enfants d’Ève, pour justifier leur absence de vraie curiosité à son égard, toujours page 85)… _

j’en suis donc venu à penser à placer maintenant le focus de mon regard-lecture

sur un élément à mes yeux capital de l’œuvre d’Hélène Cixous :

je veux dire son formidable et merveilleux _ toujours présent _ sens de l’humour.

Un humour tout à la fois extrêmement léger,

mais aussi proprement « ouragant«  _ au participe présent ! cette forme verbale de l’action étant utilisée par l’auteure à la page 24 de 1938, nuits ;

et en voici l’occurrence :

l' »Événement » (et il s’agit, en cette occurrence-là, de celui de la « Kristallnacht » !« advient partout, imprévisible, ouragant, déchaînant des éléments encore inconnus, émissaire de la fin du monde«  ; c’est dire là toute la démesurée puissance de ce qui vient ouraganer…

Ouragant au passage aussi le lecteur ! qui en est bouleversé…

Et cet humour, Hélène,

qui le partageait tellement

_ et même, et peut-être surtout, au cours de leurs épiques disputes _

avec sa mère Ève,

continue de le partager aussi _ mais sans se disputer ! _ avec ses deux enfants,

avec leur regard à la fois terriblement amusé _ et amusant _,

en même temps que terriblement lucide

sur les traits _ défauts comme qualités _,

les travers,

des personnes croisées et rencontrées,

tel ici ce pauvre Fred, le médecin orthopédiste pour enfants de Des Moines, Iowa,

et compagnon de quelques uns des voyages tardifs d’Ève, de par le monde, à partir des années 1986-87-88,

_ et suite à leur(s) rencontre-retrouvailles (depuis 1929) à Osnabrück le 20 avril 1985,

pour le colloque en hommage aux Juifs d’Osnabrück, organisé par Peter Junk et Martina Sellmayer _

et qui a eu de plus en plus de mal à marcher

au fur et à mesure de son vieillissement…

Cet humour ouragant, donc,

que Hélène Cixous partage avec les plus grands,

tels Montaigne, Shakespeare, Proust,

ou Kafka.

Je parlerai de Freud et de l’illusion

dans mon prochain chapitre

à propos de ce très riche récit _ « une banque de graines« , « des graines de vérité« , des expressions cruciales : à prendre très à la lettre ! (page 11) ;

ou encore « un trésor » (page 9) _,

nous avait averti l’auteure,

en ouverture de ce récit sien,

et à partir de sa lecture comme « hypnotisée » du Bericht de Siegfried-Fred Katzmann,

rédigé par ce rescapé de Buchenwald

en une semaine « hallucinée » de mars 1941, à Des Moines, Iowa,

à la page 11, de 1938, nuits


Ce jeudi 7 février 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Comparer les interprétations au disque des Pièces de clavecin de François Couperin : au plaisir de la Tribune des Critiques de disques de France-Musique…

08oct

François Couperin (1668 – 1733) est un des compositeurs _ si subtils _ parmi les plus difficiles qui soient.

Aussi attendais-je avec un plaisir amusé

la souvent très intéressante Tribune des Critiques de Disques, de France-Musique,

de ce dimanche, 

consacrée aux Pièces de clavecin de François Couperin,

même si je n’apprécie pas nécessairement

ni le choix des interprétations,

ni le choix des critiques invités,

de son présent producteur-animateur _ souvent partial, et pas du côté qui me sied… _,

Jérémie Rousseau.


Celui-ci avait choisi trois de ces brèves Pièces de clavecin,

et des plus justement parmi les plus célèbres :

Les Barricades mystérieuses,

Le Tic-toc-choc, ou les Maillotins,

et le Dodo, ou l’amour au berceau,

chaque fois sous les doigts de six clavecinistes différents :

Scott Ross, Blandine Verlet, Christophe Rousset, Frédérick Haas, Skip Sempé et Noëlle Spieth ;

Noëlle Spieth, Christophe Rousset, Olivier Fortin, Blandine Rannou, Olivier Beaumont et Blandine Verlet ;

Frédérick Haas, Noëlle Spieth, Skip Sempé, Gustav Leonhardt, Scott Ross et Christophe Rousset.

Épreuve redoutable

pour tous les auditeurs _ et d’abord pour les critiques-journalistes invités _

ayant à affiner la tension qualitative de leur écoute,

en vue d’un jugement circonstancié,

c’est-à dire le mieux argumenté _ et justifié ! _ possible,

à propos d’un compositeur

au goût si exigeant et complexe,

en son étourdissant _ et éblouissant d’enchantement ! _ naturel de simplicité…

Et ce fut la braise sous la glace torride

de Gustav Leonhardt

qui l’emporta.

Bonne écoute,

à votre tour !

Vous allez assurément vous régaler !!!

Ce lundi 8 octobre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

 

 

 

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