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La passionnante comparaison-confrontation des 99 premières pages du « Pain perdu » (2020) et des 81 premières pages de « Qui t’aime ainsi » (1959) d’Edith Bruck…

06fév

La comparaison-confrontation des débuts _ je vais, en effet, commencer mon regard comparatif par ce tout premier important « chapitre de vie« , regroupant ce que, en sa passionnante et très éclairante « Notice historique » (aux pages 137 à 156 de la ré-édition 2022 du « Qui t’aime ainsi«  d’Edith Bruck) l’historien Jean-François Forges énumère comme l’expression de trois premiers « thèmes historiques » de ce récit autobiographique rétrospectif d’Edith Bruck : soient, d’une part et d’abord, « la vie dans un village hongrois _ Tiszabercel _ avant et pendant la guerre« , et immédiatement ensuite « la déportation à Auschwitz et dans d’autres camps et Kommandos du Reich«  ; et enfin « l’impossible retour » _ en un chez soi dévasté, en Hongrie _ ; réservant pour d’autres articles, à suivre, ce que Jean-François Forges qualifie excellemment de « la destruction des familles et des individus » ; soient les himalayesques difficultés, et en divers pays (essentiellement la Tchécoslovaquie, d’abord, puis Israël, ensuite, du moins pour ce premier récit de 1959), à tenter de (et d’abord échouer à) se reconstruire : cette reconstruction ne venant, in fine, pour Edith Bruck, que lors de son installation, en 1952, en Italie, à Rome ; et avec (et par) la rédaction, en italien, de ce qui sera, en 1959, son « Chi ti ama cosi«  ; puis sa décisive rencontre (cf le poème « Rencontre 1957« , à la page 104 de « Pourquoi aurais-je survécu ?« ), le 9 décembre 1957, avec celui qui sera son seul véritable amour, Nelo Risi (Milan, 1920 – Rome, 2015) ; mais de cela, et de lui, en son récit de 1959, Edith Bruck n’en dit encore rien... _ des deux bouleversants récits autobiographiques d’Edith Bruck, le récent « Il Pane perduto » (publié en 2021) _ jusqu’à la page 99 _ et le premier « Chi ti ama cosi » (publié en 1959) _ jusqu’à la page 81 _ est passionnante ;

le second de ces récits, « Le Pain perdu« , rédigé en 2020, constituant une forme de reprise, avec poursuite, ensuite, des événements racontés une première fois dans le « Qui t’aime ainsi« , de 1959, du début du parcours de vie d’Edith Bruck, de sa naissance, le 3 mai 1931 à Tiszabercel, à son arrivée en Italie, d’abord à Naples, en mai 1952, puis, et surtout, à Rome, « le nombril du monde« , où Edith a « commencé à écrire en italien : « Sono nata in un piccolo villagio ungherese » » (lit-on à la page 146 du « Pain perdu« ), ce qui sera son premier récit autobiographique, publié 1959 : « Ce n’est qu’à Rome, entre 1958 et 1959, que j’ai réussi à l’écrire intégralement dans une langue qui n’est pas la mienne » : soient les mots de conclusion, à la page 136 du « Qui t’aime ainsi » de 1959…

Le 13 janvier dernier, je me suis déjà posé cette question de la comparaison-confrontation des récits de 1958 -1959 et 2020 – 2021, en mon article « « …

Mais, à cette date, je ne disposais pas encore de la traduction intégrale en français du « Chi ti ama ama cosi »  de 1959 ; je disposais seulement de son chapitre 7, en italien, dans lequel apparaissait le « cugino Tibi« , absent du récit de 2021 ; et le premier amant d’Edith, à Podmokly, en Bohème, à l’été 1946…

Maintenant, j’ai lu en entier ce témoignage encore frais, en 1959,

d’une part des événements de la déportation, entre le 8 avril 1944 (la rafle des Juifs de Tiszabercel par les gendarmes hongrois) et le 15 avril 1945 (la libération des Survivants du lager de Bergen-Belsen par les Américains) ;

mais aussi, d’autre part, du terrible retour, aussi, en Hongrie d’Edith et sa sœur Adel Steinschreiber (Eliz, dans le « Qui t’aime ainsi » de 1959 ; ou Judit, dans « Le Pain perdu » de 2020), après Bergen-Beslsen, et juste avant le départ d’Edith pour la Slovaquie, où elle arrive, non loin de Kosice, très peu avant le 1er janvier 1946…

Puisque c’est sur cette période-là que je choisis de porter une particulière attention « comparative » ici, aujourd’hui…

Ensuite, je m’intéresserai à la confrontation des deux récits, dans les deux mêmes ouvrages, notamment de la « période israélienne » d’Edith Steinschreiber, entre son arrivée à Haïfa, le 3 septembre 1948, et son départ d’Israël, encore d’Haïfa, en 1951…

Si je compare le nombre de pages de chacun des deux récits (celui de 1959 et celui de 2021) accordées successivement :

1) à la vie au village de Tiszabercel jusqu’à la rafle des familles juives de ce village de Tiszabercel par les gendarmes hongrois au matin du 15 avril 1944 (soient d’une part 15 pages _ de la page 13 à la page 28 _ et d’autre part 16 pages _ de la page 9 à la page 35 _)

2) au départ, en train, déjà en wagons à bestiaux, pour le ghetto du chef-lieu de la région,  Satoraljaujhaly, l’enfermement en ce ghetto, du 15 avril au 23 mai 1944, puis le voyage, à nouveau en wagons de bestiaux, en quatre jours et nuits, de ces Juifs retenus à Satoraljaujhaly, jusqu’au débarquement du train de ce convoi à Auschwitz (soient d’une part 7 pages _ de la page 28 à la page 35 _ et d’autre part 14 pages de la page 35 à la page 49 _)

3) aux séjours et déplacements d’Edith et sa sœur Adel dans (et entre) les divers lager d’Allemagne : Auschwitz, Kaufering, Landsberg, Dachau, Christianstadt, la marche de la mort, Bergen-Belsen, entre le 27 mai 1944 et le 15 avril 1945 (soient d’une part 26 pages _ de la page 35 à la page 61 _ et d’autre part 24 pages _ de la page 51 à la page 75 _)

4) à la libération du lager de Bergen-Belsen le 15 avril 1944, puis le retour des deux sœurs en Hongrie, et leur arrivée à Budapest, vers le 5 septembre 1945 (soient d’une part 7 pages _ de la page 61 à la page 68 _ et d’autre part 6 pages _ de la page 75 à la page 81 _

5) au retour à Hongrie (Budapest, Debrecen ou Miskolc, Tiszabercel, Debrecen ou Miskolc, Olaszliszka), de la mi-septembre 1945 à la fin décembre 1945 (soient d’une part 13 pages _ de la page 68 à la page 81_ et d’autre part 18 pages _ de la page 81 à la page 99 _),

je peux remarquer une sorte d’équivalence du nombre de pages consacrées à ces épisodes successifs, à part peut-être pour l’épisode de la rafle du 15 avril 1944, et le séjour au ghetto du chef-lieu, Satoraljaujhaly, un peu plus détaillés et développés : 7 pages dans Qui t’aime ainsi ; et 14 pages dans « Le Pain perdu« .

Ce sera pour les épisodes suivants que je noterai des attentions bien différentes portées aux personnes rencontrées entre l’arrivée d’Edith en Tchécoslovaquie, puis son séjour chez sa sœur Magda (ou Margo, ou Mirjam), à Podmokly, en Bohème, et ses rencontres avec son premier _ brutal : « Pourquoi l’avais-choisi, lui, qui m’avait dépucelée d’un seul coup, ce qui m’avait rappelé l’abattage kasher. (…) Pourquoi cette violence sans la moindre caresse ? Etais-ce moi qui voulais jeter aux orties ma vie inutile, ma jeunesse dans un monde devenu bestial, mes seize ans _ en 1947, donc _ défendus de toutes mes forces, et qui me méprisais? « , page 101 du « Pain perdu«  _ amant, son cousin Tibi ; ainsi que son premier mari, Milan Grün, épousé à Podmokly, en 1947 _ Edith avait « à peine seize ans« , a-t-elle écrit à la page 93 de « Qui t’aime ainsi« …

Ainsi, dans le récit du « Pain perdu« , en 2021, si ce premier amant d’Edith est très rapidement évoqué en un bref passage situé aux pages 100-101, ni le nom, « Tibi« , ni sa situation au sein de la constellation familiale d’Edith _ un cousin _, qui lui été donnés dans le récit de 1959, ne sont cette fois mentionnés, à la différence des longs détails donnés dans le récit développé de « Qui t’aime ainsi« …

Et là je remarquai de très grandes différences de focalisations, ainsi que du nombre de pages significativement accordées _ ou refusées _ aux récits des divers épisodes de cette période, entre le 1er janvier 1946, l’arrivée d’Edith en Tchécoslovaquie, non loin de Kosice, et le 3 septembre 1948, le débarquement d’Edith à Haïfa, en Israël, entre le récit mémoriel de 1959 et celui de 2021…

C’est que ces deux très puissants récits répondent à des urgences d’écriture, ainsi que de volonté de partage de lecture, de la part de leur autrice, bien différentes, entre 1959 et 2021…

La situation de l’auteur, de même que le contexte socio-historique européen, ont connu pas mal de changements ;

ainsi qu’une constante, aussi, et bien pénible, de ce contre quoi continue de lutter Edith Bruck…

Ce dimanche 6 février 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

La question de la coordination des noms des personnes-personnages dans les divers récits autobiographiques d’Edith Bruck : par exemple, entre « Chi ti ama cosi » de 1959 et « Il Pane perduto » de 2020…

13jan

Lecteur éminemment curieux et actif,

je recherche, par delà la spécificité singulière _ absolument légitime _ de chaque opus,

la cohérence autobiographique présente en creux dans les divers récits successifs, de 1959 à 2020, d’Edith Bruck.

Laquelle témoigne magnifiquement, en son œuvre entier d’écrivain, œuvre de poésie comprise, de ce qu’il a fallu, à sa personne, en toute la substantialité la plus à vif et intime de sa chair, surmonter d’épreuves terribles, en sa survie _ entre le 8 avril 1944, la rafle des Juifs par les gendarmes à Tiszabercel, et le 15 avril 1945, la libération par les Américains du lager de Bergen-Belsen, où Edith Steinschreiber et sa sœur Adel étaient encore (après Auschwitz, Dachau, Kaufering, Landsberg, une première fois Bergen-Belsen, Christianstadt, et après la marche de la mort, leur retour, épuisées, à Bergen-Belsen), internées _, puis vie _ et encore survie, d’une autre façon _, à partir de son retour chez elle, au village hongrois de Tiszabercel, à l’automne 1945, à l’âge de 14 ans _ Edith Steinschreiner est, en effet, née à Tiszabercel, au nord-est de la Hongrie, le 3 mai 1931 _,

en tenant compte aussi de données biographiques disponibles, recherchées complémentairement ailleurs qu’en sa seule œuvre publiée :

ainsi, par exemple, dans la très utile très récente « Brève chronologie » que, avec l’aide même de l’autrice, René de Ceccatty vient de donner _ et à la suite de sa lumineuse et lucidissime préface, très justement intitulée « La poésie, plutôt que la prière« , en introduction splendide (aux pages 5 à 26) à l’anthologie de poèmes choisis et traduits par lui-même, intitulée « Pourquoi aurais-je survécu ?«  _, aux pages 27 à 30 de cet indispensable recueil « Pourquoi aurais-je survécu ?« .

Afin de surmonter, en lecteur curieux donc et tenace que je suis, quelques blancs, ainsi que _ et peut-être surtout _ quelques variations de nominations de personnages cruciaux de ses divers témoignages, 

à commencer par les prénoms des frères et sœurs, mais aussi les noms des divers compagnons et époux de celle qui a, faute de recevoir une écoute vraiment réceptive à sa parole, a appris à « parler au papier » qui, lui, sait l’écouter fidèlement, ainsi que, en intense et profond exigeant, voire implacable, dialogue de vérité, lui « répondre vraiment » ;

les uns et les autres de ces _ et ses _ « proches » étant, je le remarque, nommés diversement dans ces récits successifs ;

et tout particulièrement le récent, en 2020, et sublime, « Le Pain perdu« , 

mais aussi dans diverses ressources biographiques annexes, glanées de-ci, de-là, au fil de recherches documentaires complémentaires de ma part de lecteur actif cf mon article du 11 janvier dernier :

Ainsi

Lili (née à Tiszabercel, le 24 décembre 1920),

Magda (née à Tiszabercel, le 22 septembre 1922),

Ôdön (né à Gava, le 13 janvier 1925),

Adel (née à Tiszabercel, le 12 mas 1927),

Laszlo (né à Tiszabercel, le 16 août 1929), 

les deux frères et les trois sœurs d’Edith Steinschreiber, née, elle, le 3 mai 1931 _ et non pas 1932, comme mentionné dans son « Qui t’aime ainsi« , de 1959 : pour quelles raisons donc ?.. _,  à Tiszabercel,

apparaissent-ils, dans le récit de « Chi ti ama cosi » de 1959, sous les prénoms de :

Leila, pour Lili,

Margo, pour Magda,

Peter, pour Ôdön,

Eliz, pour Adel,

et Laci, pour Laszlo ;

et, dans le récit du « Pain perdu » de 2020, sous les prénoms, cette fois, de

Mirjam, pour Lili (la Leila de Qui t’aime ainsi),

Sara, pour Magda (la Margo de Qui t’aime ainsi),

David, pour Ôdön (le Peter de Qui t’aime ainsi),

Judit, pour Adel (l’Eliz de Qui t’aime ainsi),

et Jonas, pour Laszlo (le Laci de Qui t’aime ainsi)

En attendant impatiemment la (re-)parution prochaine, le 21 janvier prochain, de la traduction française _ « Qui t’aime ainsi« , en Points _ du « Chi ti ama cosi« , paru le 1er janvier 1959 aux Éditions Lerici _ actives de 1927 à 1967, et à l’impressionnant catalogue... _,

j’ai très attentivement lu _ et cherché à en décrypter le plus méthodiquement possible les noms… _ une sélection de pages de ce texte en italien accessibles sur le net

Et cela, en partie afin de rechercher, tout spécialement, quel est ce « cugino » d’Edith _ côté Bieber, la famille de sa mère ? ou bien côté Steinschreiber, la famille de son père ? Côté Bieber, je le découvrirai un peu plus tard… _, qui nous est présenté là sous le nom du « mio cugino Tibi » _ qui a aussi une sœur, prénommée, en ce récit de 1959, Magda ; et c’est bien là son prénom effectif : Gerson Deutsch et sa soeur Magda Deutsch, étant en effet les enfants d’Helen Bieber (Tiszakarad, 7 août 1880 – Auschwitz, mai 1944) et de son époux David Deutsch (Tolcsva, 17 septembre 1884 – Auschwitz, mai 19944) ; Helen Bieber, une des sœurs Bieber de la mère d’Edith, née Berta Bieber (Tiszakarad, 1er février 1895 – Auschwitz, mai 1944)… _, son _ très beau, mais assez brutal : « lui qui m’avait dépucelée d’un seul coup, ce qui m’avait rappelé l’abattage kasher, où l’on égorgeait la poule d’un seul geste et on la jetait encore sanglante dans la cour de la synagogue ! Est-ce que le sang le dégoûtait ? Pourquoi cette violence sans la moindre caresse ? Était-ce lui qui voulait punir en moi toutes les femmes, ou était-ce moi qui voulais me punir moi-même ? Pourquoi l’ai-je laissé faire ? Était-ce moi qui voulais jeter aux orties ma vie inutile, ma jeunesse dans un monde devenu bestial, mes seize ans _ « quindici« , lit-on dans le « Chi ti ama cosi«  de 1959 _ défendus de toutes mes forces, et qui me méprisais ? À moins que je l’aie aimé ? Étais-je malade ? Ou assoiffée d’amour, parce qu’il y avait un être pour lequel j’existais, qui me désirait, même s’il avait d’autres maîtresses, et qui jouissait de son plaisir en ignorant le mien. Pourquoi ? Pourquoi ?« , lisons-nous à la page 101 de l’admirable « Le Pain perdu » de 2020… _ tout premier amant, à Podmokly _ un village de Bohème situé non loin  de Pilsen _, en Tchécoslovaquie, quand Edith avait 15 ans, et Tibi, 23 : en 1946…

Se pourrait-il _ oui ! _ qu’il s’agisse là, pour ce « molto bello, alto e biondo« _ mais « poco intelligente« « cugino Tibi« ,

du cousin _ côté Bieber _ Gershon Deutsch (Krompachy, Slovaquie, 16 février 1922 – Brooklyn, 20 septembre 2009),

un des fils de la tante Helen Bieber (Tiszakarad, 27 juin 1892 -Auschwitz, mai 1944) _ et son époux David Desider Deutsch (Tolcsva, 17 septembre 1884 – Auschwitz, mai 1944) : Tolcsva, dans la vallée de la rivière Bodrog (un affluent de la Tisza), est le village voisin d’Olaszliszka _ :

Helen Bieber, une des sœurs de Berta _ nommée « Frida, Friduska (en hébreu Deborah)« , à la page 14 du « Pain perdu« ... _ Bieber (Tiszakarad, 1er février 1895 – Auschwitz, mai 1944),

elle-même l’épouse de Sandor Sulem Shalom _ « nommé Adam, Shalom en hébreu« , à la page 18 du « Pain perdu _ Steinschreiber (Tiszakarad, 1895 – Dachau, 1945), et la mère d’Edith, ses trois sœurs et ses deux frères Steinschreiber…

De même que je me demandais si le tout premier éphèmère mari d’Edith, Milan Grün _ cf cette biographie-ci d’Edith Bruck _est bien présent, ou pas, dans le récit de 2020, « Le Pain perdu » _ et après recherche attentive, il me semble bien que non : je ne l’y trouve décidément pas… _ ;

 

quand son second éphémère mari, Dany Roth _ ibidem _, nous est présenté, lui, à la page 104 du « Pain perdu«  _, sous le nom _ à la hongroise : le nom avant le prénom _ de « Braun Gabi » ;

et le troisième encore plus éphémère mariibidem  : « un dénommé Bruck » : ce très bref mariage sur le papier avait eu pour seule fin, en effet, de permettre à Edith, redevenue, par son second divorce, célibataire, d’échapper à l’obligation à un retour à une résidence collective en un camp, en Israël… _, et dont Edith a conservé le nom pour sa signature d’auteur, Edith Bruck, 

apparaît alors avec le diminutif de Tomi : « Tomi Bruck« , lit-on à la page 128 du « Pain perdu« … 

Quant à l’amour vrai de la vie d’Edith, Nelo Risi _ homme généreux et particulièrement désintéressé : ce qui est plutôt rare… _,

dans « Le Pain perdu« , il apparaît furtivement et merveilleusement, tout à la fin, aux pages 152 à 155,

sous son seul prénom de « Nelo » :

Edith le rencontra _ cf son récit, à la page 152 _ au restaurant Otello de la via della Croce, à Rome _ ce fut le 9 décembre 1957 ; cf le beau poème intitulé « Rencontre 1957« , à la page 104 de l’anthologie « Pourquoi aurais-je survécu ?« , qui se clôt par ce vers libre : « le 9 décembre«  _ ;

mais, suite aux difficultés de Nelo pour obtenir la légalisation officielle de son divorce d’avec celle, artiste peintre australienne, qu’il a nommée « Mitty » _ mais est-ce seulement là son vrai prénom ? Un certain flou semble ici étonnamment demeurer : Edith Bruck en a-t-elle elle-même connaissance ? Peut-être, probablement, tout de même… _,

le mariage officiel d’Edith et de Nelo ne put avoir lieu, au Capitole de Rome, que neuf années plus tard, seulement : le 17 mars 1966 _ cf la très brève remarque, et dépourvue de commentaire, de la page 154 ; et la date même de ce mariage romain n’est pas alors donnée _, célébré par Francesco Fausto Nitti _ « (1899-1974), une des grandes figures de l’antifascisme », indique la note de bas-de-page du traducteur, René de Ceccatty ; les témoins du marié étant son frère, Dino Risi (1916-2008), et son ami l’écrivain, scénariste, et plus tard réalisateur, Fabio Carpi (1925 – 2018) ; mais le récit du « Pain perdu » ne les mentionne pas ; quant aux témoins de la mariée, eux non plus non mentionnés, quels ils furent, je l’ignore à ce jour…

À son seul amour vrai, Nelo,

Edith Bruck consacrera deux très beaux livres,

pas encore traduits en français :

« La Rondine sul termosifone« , en 2017 ;  et « Ti lascio dormire« , en 2018.

Nelo Risi, né à Milan le 20 avril 1920, est décédé à Rome le 17 septembre 2015.

Et même si, bien sûr, le principal _ poétique et existentiel _ est loin d’être là,

ce fond d’autobiographie historique très présent dans l’œuvre singulière et si marquante d’Edith Bruck,

passionne aussi le lecteur actif et curieux du réel que je suis…

Ce jeudi 13 janvier 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Sources-ressources pour des précisions biographiques concernant Edith Bruck, sa famille, ses proches, et quelques autres personnes, rencontrées en 90 années de vie (1931 – 2021), en son exigeant parcours de survie et d’écriture

11jan

Par commodité,

et dans l’ordre chronologique commode des références répertoriées, 

voici un petit compendium _ forcément partiel et surtout provisoire _ de 20 sources-ressources

au sein desquelles pouvoir dénicher-puiser quelques éventuelles _ à contrôler et vérifier, bien sûr, pour chacune d’entre elles ! tant d’approximations et erreurs s’y glissent… _ précisions biographiques concernant la famille, les proches, et d’autres personnes croisées, à un peu mieux identifier,

afin d’élargir un peu l’intelligence, par le lecteur un peu curieux, de quelques situations évoquées, notamment dans « Le Pain perdu« , par Edith Bruck,

en son admirable et indispensable récit mémoriel et testimonial :

1) un article, de Lorenza Trucchi, intitulé « Mitty Risi inaugura la stagione romana« , dont voici aussi un très intéressant lien au fac-similé, paru dans le journal romain Giovedi du 1er octobre 1953 

2) le livre « Filippo di Roma _ genialità in via dei Condotti« , de Toni Cosenza paru en 2005, à propos de l’institut de beauté, le « Salone Filippo« , que dirigea un moment, vers les débuts de son installation à Rome, en 1954, Edith Bruck, recrutée par la Signora G. _ probablement Giancarla Mandelli (1937 – 3 avril 2010)… _, quelque temps après son arrivée à Rome, et jusqu’en 1959, au moment de la découverte _ détonnante _ de la publication de son tout premier livre, Che ti ama cosiet, en conséquence, du fait qu’Edith avait survécu à la Shoah…

3) des extraits du livre « Magyar, Stars and Stripes : a journey from Hungary through the Holocaust and to New-York« , de Michael Lipiner, en 2005, à propos du parcours de la Judit de cet admirable « Pain perdu » _ prénommée ici Zahava, et à sa naissance, Adele _, la sœur d’Edith, et sa très fidèle et protectrice compagne dans les camps de concentration, d’Auschwitz à Bergen-Belsen, du 28 mai 1944 au 15 avril 1945

4) l’article important « Memorial Candles« de Deborah Taub Damascelli, la bien-aimée nièce d’Edith _ et fille d’Adele : Deborah Taub est née en 1957 _, et désormais romaine _ épouse de Lucio Damascelli _, paru dans le volume « Trauma and Memory« , vol. 2, n°2, en 2014, où Deborah Taub raconte l’extraordinaire parcours de survie de sa mère, prénommée ici Zahava, et de sa très chère tante Edith…

5) quelques très précieux avis de condoléances de plusieurs membres de sa famille, adressés à Edith, pour le décès _ le 17 septembre 2015, à Rome _ de son époux Nelo Risi, parus dans le numéro de La Repubblica du 19 septembre 2015

6) l’intéressante notice biographique détaillée consacrée à Nelo Risi _ rédigée par Riccardo D’Anna _ dans le Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 87, en 2016

7) un tout à fait détaillé résumé d’un très riche entretien avec Edith Bruck, de Fava Francesca et Giacobbe Borelli Maia _ d’une durée de 1 h 53′ ; je n’ai hélas pas réussi à accéder à l’écoute de ce podcast… _, réalisé le 2 avril 2016 : un document passionnant !

8) un article sociologiquement significatif _ seulement… _, intitulé « Sergio Valente, l’hair-stylist delle attrici internazionali« , paru dans La Gazzetta dello spettacolo du 9 juin 2016, consacré au coiffeur des stars Sergio Valente, qui a débuté sa carrière au fameux « Salone Filippo » de la via dei Condotti, et qui évoque cet institut de beauté dont Edith Bruck a été un moment la directrice, avant de se fâcher, au moment de la parution de son premier livre, Chi te ama cosi, à Rome, en 1959, avec la mal commode patronne, la Signora G. _ Giancarla Mandelli…

9) et 10) deux très riches articles _ avec des précision biographiques que j’ai seulement découvertes ici, à propos du parcours d’Edith entre son retour à Tiszabercel et son débarquement en Israël, à Haifa, le 3 septembre 1948 : extraites du « Qui t’aime ainsi«  de 1959…  _ d’Olivier Ypsilantis, intitulés « En lisant « Qui t’aime ainsi » 1 et 2″, en date des 18 et 20 avril 2017, publiés sur le site Zakhor-Online.com

11) l’entretien très émouvant d’Edith Bruck avec Antonio Gnoli intitulé « Scrivevo mentre Nelo dormiva » paru le 30 avril 2017 dans La Repubblica, à l’occasion de la publication du livre d’Edith consacré à la maladie terminale de son époux disparu le 17 septembre 2015, Nelo : « Le Rondine sul termosifone« 

12) une notice, qui bien que très mal traduite, comporte cependant quelques détails assez intéressants, intitulée « Les Écrivains hongrois« , et consacrée à Edith Bruck, sur le site bookwiki.info

13) un très intéressant entretien avec Edith Bruck mené par Patricia Amardeil à Rome le 18 février 2019, intitulé « A bâtons rompus« , à propos des très belles singularités de l’écriture de celle-ci

14) et 15) deux entretiens détaillés _ et consécutifs _ d’Edith Bruck avec Patricia Amardeil,

le second en date de l’automne 2019

et le premier (« Retour sur l’Italie« ) du 5 mars 2020

16 ) le podcast (de 11′ 07) d’un entretien d’Edith Bruck avec Ora Daria, intitulé « Edith Bruck, testimone della Shoah« , en date du 27 janvier 2021

17 ) la vidéo (de 16′) d’un entretien intitulé « Edith Bruck Scrittice e testimone della Shoah« , à la Rai, le 25 avril 2021, lors de la marquante Festa della Liberazione

18) l’entretien sur « Le Pain perdu » d’Edith Bruck avec Pupa Garriba et Fiorella Leone le 14 mai 2021, au domicile romain de l’écrivain, Via del Babuino, 72

19) un article assez développé de Sandra Petrignani, intitulé « La Storia di Edith« , paru le 30 juin 2021

20) un entretien d’Ilaria Romano avec Edith Bruck intitulé « Edith Bruck : Testimoniere per il futuro« , en date du 1er octobre 2021

Que je complète

par un lien _ à faire défiler, de parent à parent… _ à un site de généalogie, à propos de sa famille Steinschreiber (et familles apparentées) de Tiszabercel, en Hongrie :

à partir, ici, de la fiche concernant le père d’Edith, Sandor Sulem Shalom Steinschreiber…

et par un lien à quelques cartes _ à faire défiler aussi… _ de la région de Tiszabercel,

et de villes et villages mentionnés dans les environs…

Soient un trésor de ressources documentaires véritablement passionnantes

pour qui désire en apprendre un peu plus sur le parcours de vie (et d’écriture) d’Edith Steinschreiber – Bruck – Risi…

Ce mardi 11 janvier 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

Admirer la puissance de vérité du « Pain perdu » de toute une vie, d’Edith Bruck

07jan

Achevant à l’instant _ à 21 h 17 ce vendredi 7 janvier _ de lire « Le Pain perdu« , récit d’Edith Bruck,

je ne puis qu’exprimer ma très profonde admiration pour cet absolu témoignage de toute une vie, et des pouvoirs si profonds d’une écriture aussi directe _ et si juste.

Déjà, je suis saisi par l’extrême congruence de ce qui s’exprime ici, dans le récit de prose _ de 2021 _ de ce « Pain perdu« , de la mémoire très précise _ Edith Bruck, la petite Ditke Steinschreiber, est née le 3 mai 1931 _ d’une myriade de détails extrêmement pointus et infiniment sensibles de tant de scènes vécues depuis la toute petite enfance, au village natal de Tiszabercel, en Hongrie, jusqu’à cette Rome où Ditke a éprouvé le sentiment de retrouver la lumière aimable, accueillante et protectrice d’un nouveau chez elle _ après passages, en 1944-45, à Auschwitz, Dachau, Kaufering, Landsberg, Christianstadt, Bergen-Belsen _,

avec la puissance de ce qui s’est exprimé aussi dans les brèves _ et puissantes, en leur impact implacable de très douce instantanéité _ vignettes des poèmes de la poésie de son « Pourquoi aurais-je survécu ? » _ les deux, les poèmes et le récit, traduits de l’italien par René de Ceccatty _ :

le profond désir de témoigner _ voilà, et sans se dérober, jusqu’au bout _ de la vérité de ce qui _ vies ainsi qu’assassinats _ a été vécu par elle-même et les siens ;

et dont elle se souvient et parle…

À suivre…

Ce vendredi 7 janvier 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Un article éclairant sur un parcours politique intéressant d’un homme sincère, juste et courageux dans ses convictions

20juil

En prolongation-commentaire de mon article  d’hier lundi,

ce petit article-portrait assez éclairant de Libération, publié le 8 février 2021, intitulé Clément Beaune, chouchou de Bruxelles :

Le portrait

Clément Beaune, chouchou de Bruxelles

Le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes est un passionné de l’histoire communautaire.
par Alain Auffray
publié le 8 février 2021 à 20h00

Le ministre est à l’heure. Dans la cour du lycée d’Enghien-les-Bains, sa voiture s’immobilise devant la petite troupe mobilisée pour célébrer, ce 22 janvier, l’anniversaire du traité d’amitié franco-allemand. Clément Beaune sort. On lui donne du «Monsieur le ministre» , et cela semble lourd à porter pour cet homme jeune au regard doux, presque craintif. Nous l’avions croisé, ces dernières années, dans un tout autre rôle : en coulisse, dans l’ombre de son patron Emmanuel Macron, qu’il a conseillé pendant six ans _ depuis 2014 _, à Bercy puis à l’Elysée. Aujourd’hui, le patron, c’est lui. «Merci d’être là», «comment allez-vous ?» D’un ton aussi enjoué que possible, il reprend les mots que le chef de l’Etat répète machinalement en pareille circonstance. Clément Beaune fait le job. De l’avis quasi général, il le fait même excellemment. A l’entendre, la crise sanitaire ferait faire à l’UE des progrès inespérés. Il défend avec enthousiasme le cadre européen d’achat commun de vaccins, martelant que «sans ce cadre, chaque gouvernement serait en train d’appeler les laboratoires pour se faire livrer des doses sur le dos du voisin».

Depuis le 21 juillet _ 2020 _, il est secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes. Le quatrième titulaire de ce portefeuille depuis 2017 _ après Marielle de Sarnez (17 mai 2017 – 21  juin 2017) et Nathalie Loiseau (21 juin 2017 – 27 mar 2019), ministres ; et Amélie de Montchalin (31 mars 2019 – 6 juillet 2020), secrétaire d’Etat. Le seizième depuis 2002. Pour la plupart, ce poste n’aura été, au mieux, qu’un fragile marchepied. Comment exister dès lors que les questions européennes sont arbitrées à l’Elysée, puis traitées à Matignon par le secrétaire général des affaires européennes ? Beaune est mieux armé _ voilà ! _ que la plupart de ses prédécesseurs pour résoudre ce dilemme : il porte une politique qu’il a largement contribué à définir dès 2016, au «sommet des européens réformistes». Macron, pas encore candidat, proclama alors son ambition de ne plus «laisser aux ennemis de l’Europe» la défense de la «souveraineté». Un an plus tard, Beaune sera le principal rédacteur du discours de la Sorbonne. Le mot «souveraineté» y sera prononcé 19 fois.

A l’Elysée, il était le seul conseiller à parler à la presse. Exaspérés par les circonvolutions des communicants officiels, les journalistes raffolaient des analyses de ce conseiller archi disponible. En marge des conseils européens, il prenait le temps d’expliquer clairement, et avec le sourire _ voilà ! _, ce qui se jouait entre les dirigeants de l’UE. Il aura dû beaucoup insister pour que Macron le laisse _ enfin… _ voler de ses propres ailes. Il a voulu être candidat aux européennes _ du 26 mai 2019 _, c’est un autre conseiller du président, Stéphane Séjourné, qui lui a été préféré. Il a espéré remplacer Nathalie Loiseau quand elle a quitté le gouvernement, c’est Amélie de Montchalin qui a été promue. Il se serait bien vu commissaire européen, il a dû s’effacer devant Thierry Breton. Enfin ministre, Beaune s’est juré de rendre politique _ voilà ! _ un portefeuille réputé très technique. Sur les réseaux sociaux, dans les médias de tous les pays de l’Union, pas un jour sans qu’il prenne la parole. A peine nommé, il s’invite au grand entretien de France Inter. «Tu m’as scotché», lui dit le chef de file des députés LREM, Christophe Castaner, quand il sort du studio. Pour son baptême du feu à l’Assemblée nationale, lors de la séance de questions aux gouvernements, exercice souvent cruel pour les nouveaux venus, Beaune fait mieux que rassurer son camp. Interpellé par l’élu RN Sébastien Chenu fustigeant le plan de relance et le «fantasme du fédéralisme», il a répliqué sans hésitation et sans un regard sur les notes qu’il avait en main : «La vérité, c’est que vous n’aimez pas l’Europe quand elle réussit ! Vous n’aimez pas que la France soit forte en Europe !» s’est-il emporté sous les applaudissements ravis de la majorité.

Bientôt quadragénaire _ Clément Beaune est né à Paris le 14 août 1981 _, il a grandi avec l’Europe de Maastricht. Après la chute du mur de Berlin, ses parents ont embarqué leurs trois jeunes enfants dans un road trip en Europe de l’Est. «A 9 ans, je comprenais qu’il se passait quelque chose, je rêvais d’être un petit bout de cela.» Ses parents ? Mère infirmière issue d’une famille juive _ les Naroditzky _ qui a fui la Russie _ Odessa, en 1910, pour s’installer à Marseille ; Israël Naroditzky est né à Odessa, le 18 janvier 1876, et décédé, gazé, à Auschwitz, le 8 février 1944  Père _ Philippe Beaune _ soixante-huitard, enseignant chercheur, passé du PSU au PS. Clément, lui, n’a été que quelques mois adhérent au PS, après la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle. Ce 21 avril 2002, il était en Irlande, en échange Erasmus : «La plus belle année de ma vie.» Son amie italienne, Caterina, séjournait avec lui dans une colocation, genre d’auberge espagnole à Dublin : «Pour protester contre Le Pen, Clément avait eu l’idée de faire une manif. Il avait écrit un discours… mais il m’a demandé de le lire parce qu’il était trop timide.»

Deux ans plus tard, Beaune fait partie de la trentaine d’étudiants admis à rejoindre à Bruges le collège d’Europe, sorte d’ENA de l’UE où sont formés chaque année les hauts fonctionnaires européens. L’un de ses camarades se souvient d’un garçon «éclectique», admirateur du philosophe George Steiner _ oui… _, le penseur de «l’Europe des cafés et des paysages». Le même camarade se souvient que Beaune, ne reculant devant aucun sacrifice pour parfaire sa culture européenne, était capable de passer une soirée scotché devant la finale de l’Eurovision.

Incollable sur l’Union et son histoire, l’eurodéputé Bernard Guetta a trouvé plus savant que lui : «Il connaît comme personne la scène politique en Europe. Il ne la ramène pas, mais chacun voit bien qu’il sait de quoi il parle.» Avis partagé par les élus du parlement de Strasbourg. Y compris dans l’opposition. La députée écolo Karima Delli, salue un ministre «très proche des élus» et qui «connaît parfaitement les rapports de force au Parlement européen».

«Beaune ? Le problème, c’est qu’il ne parle qu’aux convaincus, à ses copains de Bruges qui agitent des petits drapeaux bleus : l’Europe c’est super, Le Pen dit des bêtises… Ce n’est pas avec ça qu’on va élargir notre socle !» s’énerve un conseiller ministériel, agacé _ tiens, tiens !.. _par l’activisme du secrétaire d’Etat. Sur Twitter, Beaune ne rate pas une occasion de tacler les oppositions. Après le Brexit, il s’est même permis de pointer «les mensonges» de Boris Johnson. Londres a officiellement protesté. Mais Beaune a récidivé en s’en prenant, cette fois, au gouvernement polonais qui tolère que des villes se proclament «LGBT free». Il y est revenu cet été dans le magazine Têtu où il réclame «un mécanisme de sanctions financières» contre Varsovie. «Je suis gay et je l’assume», a-t-il ajouté au détour d’une question. Pour justifier cette confidence, le pudique _ oui _ ministre dit sa conviction que «même en 2021, en France», sa parole peut en aider certains. Parce qu’il reste difficile de parler de son homosexualité. «Aujourd’hui encore, cela se passe mal dans certaines familles», ajoute-t-il. Il l’a vécu dans son «entourage proche». Pour le reste, il confirme qu’il vit en couple et précise qu’il n’a «absolument pas l’intention de le mettre en scène».

1981 Naissance

2014 Conseille Macron

2020 Secrétaire d’Etat aux affaires européennes

Un portrait assurément intéressant d’un homme sincère _ pudique aussi _ et bien sympathique ;

ce qui ne court guère les rues dans ce marigot-là…

Ce mardi 20 juillet 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

 

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