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L’alliance des Ducos du Hauron et des de Bercegol, la famille propriétaire du château de Floyras, à Bélaye, dans le Lot

09déc

Creusant un peu autour du premier mariage de Raymond de Bercegol neveu assistant de très près les recherches de son oncle Louis Ducos du Hauron _,

avec Émérancie David  _ Émérencie est le nom de la grand-mère de la Vierge Marie : la mère de sa mère Anne _,

qui a eu lieu à Bélaye (Lot) le 28 octobre 1896

_ le 4 juin 1907, et cette fois à Bordeaux, Raymond de Bercegol (devenu veuf le 31 octobre 1905) se remariera avec Yvonne Marinier… _,

j’apprends à découvrir peu à peu _ step by step _ la généalogie de cette féconde famille des Bercegol

à laquelle s’est alliée,

par le mariage, le 11 février 1866 à Agen, de Berthe Ducos du Hauron avec Fabien Marie Alexandre Onézime de Bercegol,

la famille des Ducos du Hauron ;

ainsi que l’importance de leur château de Floyras _ propriété de la famille de Bercegol à partir de 1726 _, à Bélaye, dans le département du Lot, non loin de Luzech.

Pour découvrir bientôt

_ mais il fallait pour cela recouper entre eux deux arbres généalogiques incomplets chacun d’eux ! _

que Raymond de Bercegol,

à Lamothe-Landerron _ en Gironde : entre La Réole et Marmande)le 4 février 1869,

du mariage, à Agen le 11 février 1866, de Berthe Ducos (née à Libourne le 23 janvier 1842) _ en 1866, Berthe est domiciliée rue Palissy à Agen _ et Fabien Marie Alexandre Onézime Bercegol (né à Bélaye, au château de Floyras, le 23 décembre 1835),

et domicilié alors à Marseille où il occupe un poste de Commissaire spécial adjoint des chemins de fer, 

a épousé, à Bélaye, le 28 octobre 1896, sa cousine Marie Caroline Émérancie David,

née _ elle aussi _ à Bélaye, au château de Floyras, le 21 avril 1875,

issue du mariage, le 16 juillet 1872 à Bélaye, du médecin Pierre Antoine Louis Théophile David (né à Saint-Matré le 19 avril 1851) et Marie Marguerite Bercegol (née à Agen, le 2 février 1853 _ elle est la fille de Jean Charles Alexis Georges Bercegol (Bélaye, château de Floyras, 17 avril 1815 – Bélaye, château de Floyras, 18 décembre 1903), l’aîné de la fratrie des 10 enfants de Jean Alexis Georges Charles Bercegol (Bélaye, château de Floyras, 2 août 1785 – Cahors, 15 février 1883) _, Marie Marguerite décèdera au château de Floyras, à Bélaye, le 25 mai 1910) ;

et qu’il se trouve ainsi que

Raymond de Bercegol, fils de Fabien Onézime Bercegol _ le 9e des enfants de la fratrie des 10 enfants de Jean Alexis Georges Charles Bercegol (1785 – 1883) _, a épousé la petite-fille _ via sa mère Marie Marguerite Bercegol (1853 – 1910) _ du frère aîné _ le 1er des 10 de la fratriede son père : Jean Charles Alexis Georges Bercegol (né _ lui aussi _ au château de Floyras, à Bélaye, le 17 avril 1815)

Raymond (né en 1869) et Émérancie (née en 1875) étaient donc, avec une génération intermédiaire de plus pour Émérancie (celle de sa mère Marie Marguerite Bercegol, née en 1853), cousins !

Et tous deux familiers du château familial de Floyras, à Bélaye !..

Le père de Raymond de Bercegol, Fabien Onézime Bercegol (né le 19 février 1834, au château de Floyras, à Bélaye), décèdera, à Cahors, le 29 septembre 1896 _ soit juste un mois avant le mariage à Bélaye, le 28 octobre de la même année 1896, de son fils Raymond et de sa petite-nièce Emérancie, la fille de sa nièce Marie Marguerite, et petite-fille de son frère aîné…) _ ;

et le grand-père d’Émerancie David _ et frère aîné de Fabien Onézime _, Jean Charles Alexis Georges Bercegol (né le 17 avril 1815, au château de Floyras, à Bélaye), décèdera, lui, le 18 décembre 1903, en son domicile du château de Floyras, à Bélaye

Et c’est suite au décès de sa première épouse et cousine Émérancie David, le 31 octobre 1905, au château de Floyras _ où étaient domiciliés les parents de celle-ci, le Docteur David et son épouse Marie Marguerite Bercegol ; laquelle décèdera également au château de Floyras le 25 mai 1910) _, que Raymond de Bercegol se remariera, à Bordeaux cette fois, le 4 juin 1907, avec la bordelaise Yvonne Marinier…

Qu’ai-je pu repérer jusqu’ici du parcours géographique (ainsi que professionnel) du neveu _ de Louis et Alcide Ducos du Hauron _ Raymond Camille Marie de Bercegol,

_ du mariage de Berthe Ducos du Hauron et Henri Fabien Marie Alexandre Onézime de Bercegol _ à Lamothe-Landerron (Gironde), le 4 février 1869 ? 

Le 1er janvier 1895, Raymond de Bercegol, commissaire spécial des chemins de fer en poste à Saint-Germain-des-Fossés (Allier), obtient sa mutation pour un poste de « commissaire spécial adjoint » à Marseille.

Et de fait, le 28 octobre 1896, lors de son mariage à Bélaye avec sa cousine Émérancie David, il est dit résider à Marseille au titre de « commissaire spécial des chemins de fer« .

C’est lui qui, le 20 octobre 1898, obtient de breveter, pour quinze ans, l’appareil photographique intitulé « Sinnox« , conçu avec son oncle Louis Ducos du Hauron, de retour d’Algérie en 1896 et qui résidait désormais en région parisienne…

Mais le 21 décembre 1901 et le 19 janvier 1902, Raymond Marie Camille de Bercegol, résidant alors à Albi (Tarn), et Alphonse Louis Lesueur, résidant à Saint-Maurice (Seine), Grande-Rue n° 87, cèdaient leurs droits au brevet d’invention de quinze ans pris, le 21 octobre 1898, par le Sieur de Bercegol _ voilà ! _ pour un appareil photographique dénommé le Sinnox, à la Société Plaques, pellicules et papiers photographiques J. Jougla ayant son siège à Paris, Avenue Victoria n° 8.

Le 8 mars 1903, Raymond de Bercegol obtient, sur sa demande, sa mise en disponibilité de sa fonction de « commissaire spécial de 2ème classe« , de la part du Ministère de l’Intérieur.

Et le 4 juin 1907, à Bordeaux, lors de son remariage _ après être devenue veuf de sa première épouse (et cousine) Émérancie David, décédée le 21 octobre 1905, au château de Floyras, à Bélaye _, avec la bordelaise Yvonne Marinier _ née à Saint-Trojan (Gironde), le 29 août 1875 _, Raymond de Bercegol se déclare désormais de profession « chimiste » _ et c’est, bien sûr, à souligner ! _ ;

et domicilié à Joinville-le-Pont (Seine).

Voilà où j’en suis de mes recherches ce jour…

Et à suivre, toujours : pas après pas…

Ce 9 décembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Louis Ducos du Hauron : afin de mieux comprendre le contexte des inventions, ma méthode d’enquête (qui ? où ? quand ?)

06déc

Depuis ma découverte factuelle très récente des géniales inventions photographiques de Louis Ducos du Hauron,

et face à ce « dossier » que je me propose _ me donne, comme en un jeu… _ à un peu mieux pénétrer

j’applique une nouvelle fois ma méthode personnelle d’enquête, face aux divers faits commencés d’appréhender, les uns après les autres :

mieux identifier, d’abord, qui, où et quand…

Car les données d’abord accessibles sont forcément parcellaires ;

et il m’est nécessaire de commencer à relier les détails de ces données _ d’abord isolées _ les uns aux autres,

afin de mieux, et chacun, les cerner, les connaître vraiment,

et surtout mieux les comprendre en profondeur,

en les contextualisant le plus précisément possible…

Selon de tels objectifs méthodologiques,

j’ai donc commencé par rechercher les constellations familiales _ qui ? _, en leur temporalité et histoire _ dans la durée des années : à partir du XVIIIéme siècle, et jusqu’à aujourd’hui... _ relativement accessible ;

et les données reçues comportent déjà bien des trous…

Il m’a fallu aussi tenter de connaître le plus précisément possible le parcours géographique _ où ? _, sur la durée des 82 ans de la vie _ et quand ? _, de Louis Ducos du Hauron…

C’est ainsi que je me suis assez vite rendu compte de la grande importance, en ce déroulé des découvertes successives de Louis Ducos du Hauron, du contexte familial immédiat pour ce célibataire ne disposant d’aucune ressource financière propre lui assurant ne serait-ce que le simple quotidien des jours…

De sa naissance à Langon le 8 décembre 1837 au décès de son père Jérôme Amédée Ducos du Hauron, à Auch le 14 octobre 1863 _ Louis n’a alors pas encore 26 ans, et son père décède à l’âge de 64 ans _, le jeune homme ne se prépare à aucune carrière professionnelle ; et se livre seulement à ses recherches _ assez théoriques pour l’essentiel… ; mais fondamentales pour toutes les applications pratiques qui, peu à peu, en seront faites… _ de physique et chimie, autour du phénomène des couleurs et de leur captation et reproduction matérielles, en bénéficiant de la protection paternelle _ qui a fait toute sa carrière, lui, son père, dans la fonction publique des contributions indirectes.

Il semble que sur son lit de mort, à Auch, le père a fait promettre à son fils aîné _ de 7 ans plus âgé que son cadet Louis : Alcide, lui, a 33 ans _, Alcide _ engagé en une carrière dans la magistrature _, de veiller très scrupuleusement à son jeune frère, et de subvenir à tous ses besoins matériels, afin que le très inventif Louis puisse se livrer le plus librement possible à ses recherches _ très intellectuelles pour commencer _ de physique et chimie des couleurs…

Promesse qu’Alcide accomplira complètement, de ce 14 octobre 1863 du décès de leur père, à Auch, à son propre décès, à Savigny-sur-Orge, le 13 mai 1909…

Mais ce dont ne paraissent pas s’être assez souciés jusqu’ici, du moins à ma connaissance présente, les biographes de Louis Ducos du Hauron, c’est de la plus large constellation familiale _ au-delà de la personne-clé de son frère aîné Alcide _ qui a continuellement assisté de toutes les manières possibles _ d’abord affectivement, mais matériellement aussi _ Louis, en plus du soutien si essentiel et constant de son frère Alcide.

Car très rapidement après ce 14 octobre 1863 du décès de leur père à Auch, Alcide, nommé juge suppléant au tribunal d’Agen le 14 mai 1864, s’est marié, au Temple-sur-le Lot, le 11 septembre 1864, à Césarine-Marie de Fourcauld, dont il aura au moins 4 enfants : 2 fils, Amédée _ né le 9 février 1866 et décédé à Alger le 15 juillet 1935 : il fera toute sa carrière dans l’administration de l’Algérie _ et Étienne Gaston, né à Agen le 16 juin 1870, et 2 filles, dont l’une se prénomme Alice : Alice et sa sœur _ dont j’ignore donc pour le moment le prénom _ survivront à leurs 2 frères _ décédés, donc, le cadet, en 1912 (à l’âge de 41 ans) et l’aîné en 1935 (à l’âge de 71 ans) _, ainsi qu’en témoigne une très intéressante lettre conservée d’Alice, en date du 6 juillet 1948, adressée à M. Lacroix, à Villeneuve-sur-Lot : en effet, à l’âge de 41 ans, le cadet, Gaston Ducos du Hauron décèdera précocément à Savigny-sur-Orge le 3 avril 1912 _ Gaston s’était marié, à Saint-Mandé, le 7 janvier 1898, à Edmée de Lamarque (née à Poitiers le 8 janvier 1876, et décédée à Saint-Mandé le 22 février 1902) ; et le couple a eu 2 filles, dont l’aînée est Etiennette Ducos du Hauron, née le 26 décembre 1898 à Saint-Mandé, qui se mariera à Agen le 20 juillet 1920, à Alfred Lamarque (né à Angers le 30 juin 1898, et décédé à Paris le 1er décembre 1976), et qui aura 10 enfants ; Etiennette décèdera à Paris le 20 décembre 1996… Je remarque au passage, et surtout, que ce mariage à Agen le 20 juillet 1920 précède d’un mois et 11 jours le décès, à Agen, de Louis Ducos du Hauron, le 31 août 1920… _ ; et Amédée, l’ainé, fera carrière dans les services administratifs en Algérie, où il décèdera à Alger le 15 juillet 1935 _ Amédée Ducos du Hauron était marié à Marie-Louise Rey, née en 1879, et décédée à Agen, le 20 septembre 1933, à l’âge de 54 ans ; le couple a eu au moins 5 enfants, dont une petite Edmée, née à Lamartine le 8 juillet 1904, et un fils prénommé Gérard Yves Alcide, né à Berrouagha le 30 août 1909, et qui décèdera à Avignon le 27 janvier 2000. À l’occasion d’une belle exposition d’anaglyphes de Louis Ducos du Hauron au Casino d’Alger en 1927, un entrefilet du journal L’Echo d’Alger mentionne la présence d’Amédée Ducos du Hauron (qui fut un collaborateur direct de son oncle, est-il alors rappelé…), désormais retraité, à Rébeval, en Algérie, à la tête d’une famille de 5 enfants… Louis a ainsi communiqué sa passion pour la recherche photographique à trois de ses neveux ; Amédée et Etienne Gaston Ducos du Hauron, les deux fils de son frère Alcide ; et Raymond de Bercegol, le fils de sa sœur Berthe ! Il faut le souligner… Même si ses neveux ne furent guère plus efficaces que leur oncle Louis dans la gestion industrielle de leurs inventions…

Césarine-Marie et ses enfants, ainsi que Louis _ retenu dans le Sud-Ouest par d’importants travaux dans une entreprise toulousaine _, ne rejoindront en Algérie Alcide, nommé conseiller à la cour d’appel d’Alger le 25 janvier 1881, qu’en 1883 pour Césarine-Marie et ses enfants, et 1884 pour Louis…

Et Césarine-Marie, devenue veuve d’Alcide le 13 mai 1909, demeurera au domicile familial _ depuis 1902 _ de Savigny-sur-Orge en compagnie de son beau-frère Louis, jusqu’au mois d’août 1914 _ au début de la guerre _ ; et je suppose que c’est en ce domicile familial du 14 rue des Rossays, à Savigny-sur-Orge, qu’est décédé le fils cadet d’Alcide et Césarine-Marie, Gaston, le 3 avril 1912.  

Mais Louis Ducos du Hauron est demeuré très proche aussi de la famille de sa sœur Berthe _ née à Libourne le 23 janvier 1842 ; j’ignore à ce jour la date et le lieu de son décès: Berthe était présente au second mariage de son fils Raymond, le 4 juin 1907, à Joinville-le Pont, et domiciliée avec son fils au n° 17 de l’avenue Pauline de Joinville-le-Pont… _ et de son époux Fabien Onézime de Bercegol _ leur mariage avait eut lieu à Agen, le 11 février 1866. Un de ses neveux Bercegol _ Raymond ! _ accompagnera diverses entreprises de son oncle Louis, notamment à l’occasion de divers brevets de procédés photographiques, au début du XXème siècle en région parisienne…

Louis Ducos du Hauron est certes demeuré célibataire et sans enfants,

mais c’est en compagnie de sa belle-sœur Cézarine-Marie qu’il quitte Savigny-sur-Orge au mois d’août 1914 pour gagner, plus loin du front, la propriété familiale des de Fourcauld, au Temple-sur-Lot ;

et c’est toujours avec sa belle sœur qu’il s’installe en 1920 à Agen au 58 de la rue Lamouroux, en ce qui sera son dernier domicile, puisqu’il y décède bientôt le 31 août 1920 ;

mais non sans avoir été présent _ j’y insiste _ au mariage, à Agen, le 20 juillet 1920, de sa petite-nièce, la fille aînée du regretté Gaston Ducos du Hauron, Etiennette, née à Saint-Mandé le 26 décembre 1898, avec Alfred Lamarque _ né à Angers le 30 juin 1898…

Je constate aussi l’importance des tropismes gascons : gersois (Nogaro, Auch, Lectoure) et lot-et-garonnais (Tonneins, Agen, Le Temple-sur-Lot), qui caractérisent, génération après génération, pas mal des membres de la famille Ducos du Hauron, depuis la vie à Nogaro des ancêtres François Ducos et Jean-Marie Ducos du Hauron : ce dernier, en effet, né à Nogaro en 1778, s’est marié à Bordeaux le 10 août 1797 avec Marie de Montalembert, native de Penne d’Agenais en 1780, et est décédé à Tonneins, en Lot-et-Garonne, en 1853…

Mes recherches sur la constellation familiale qui a protégé toute sa vie durant Louis Ducos du Hauron ne font ainsi que commencer…


Ce dimanche 6 décembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Post-scriptum :

Lettre d’Alice Ducos du Hauron

à Monsieur LACROIX Ancien Chef de laboratoire, 46, rue des Girondins, Villeneuve S/Lot,

en date du 6 août 1948 :

Monsieur,

Je reçois votre lettre qui m’émeut profondément, et j’espère qu’aucun événement pénible ne viendra m’empêcher d’être parmi mes chers compatriotes le 5 septembre.
Nous restons seules descendantes directes, ma sœur et moi, mes 2 frères étant morts, mais il y a des petits et arrières-petits neveux : 2 _ dont Gérard _ en Algérie fils de mon frère aîné _ Amédée _, 2 filles de mon frère cadet _ Gaston _, mariées, et l’une _ Etiennette _ mère de 8 enfants, l’autre de 2.

Ma sœur et moi, non mariées, avons consacré notre jeunesse à l’éducation de deux petites nièces orphelines de père et de mère (filles de mon frère cadet _ Gaston, et de son épouse Edmée _) et toutes 4 vécûmes toujours auprès de notre cher oncle _ voilà ! _ qui ne quitta jamais son frère, mon père. L’aînée _ Etiennette _ eut 8 enfants, la seconde 2, elle est depuis 4 ans paralysée à l’âge de 48 ans, et ma sœur ne la quitte jamais.
L’aînée sera certainement avec moi, elle est à Luchon en ce moment où je la préviens. C’est un mois après son mariage _ à Agen le 20 juillet 1920, avec Alfred Lamarque _ que nous fermions pour toujours les yeux de notre cher oncle que nous aimions à l’égal de notre père.

Je suis heureuse que cet hommage _ agenais _ lui soit rendu, non pour la gloire, nous savons tous ce qu’elle vaut, mais pour réparer les si nombreuses erreurs et injustices dont il fut victime.
C’est l’année de la naissance de Louis Lumière que « Ducos du Hauron » prit son premier brevet pour le cinéma, en mars 1864 et sous le n° 61 975 et sous le nom de « chronophotographie », appelée aujourd’hui « cinématographie ». Les brevets étaient tombés depuis longtemps dans le domaine public quand ses inventions furent industrialisées. Comme le disait un journaliste, pour avoir des branches, il faut un tronc solide, mais ce ne sont que des branches qui n’auraient pas existé si le tronc n’avait pas poussé d’abord !

C’est le 14-7-1862 que D.du H. fit sa première communication à l’Institut sur la « Photographie des Couleurs et c’est en Sbr 1868 qu’il prit son premier brevet sous le n° 83 061 . Le Musée d’Agen et la Société Française de Photographie à Paris possèdent plusieurs exemplaires de ses premiers tirages.
Pour ne citer que ces deux premières inventions qui furent une source de richesses pour beaucoup mais pas pour lui, il se ruina, nous ruina et n’eut jamais les ressource nécessaires pour mettre sur pieds ce qui devait avoir plus tard un si grand succès ! (ma sœur et moi n’avons même pas une entrée gratuite au cinéma). Et tout en rendant hommage à L. Lumière pour ses intéressants travaux, il n’est pas comme on l’appelle : « le Père du Cinéma ».

La bourse du savant et celle de son frère était commune et presque toujours vidée par les frais qu’occasionnaient les expériences poursuivies _ voilà. Mon père était Conseiller à la Cour, il commença sa carrière à Agen comme Juge d’Instruction. L’Allemagne avait demandé à mon oncle d’acheter son brevet de la « Photographie des Couleurs », par patriotisme il refusa, et Dieu sait comment il en fut remercié.

Je m’excuse, Monsieur le Maire de ce si long exposé, mais une mise au point est de temps en temps nécessaire car un trop long silence touche de très prés à l’oubli.
Comme je suis émue, ma sœur le sera aussi (elle est toujours de moitié dans tous mes sentiments) de cette si délicate pensée de faire restaurer notre cher caveau où toutes nos affections sont ( ) pauvres chers disparus, si unis dans la vie _ voilà _, puissent-ils voir que leurs pensées (nous sont) aussi présentes que le jour de leurs départs. Nos maigres ressources ne nous permettent jamais de faire remettre en état cette dernière demeure _ le caveau de famille d’Agen _, dans laquelle hélas, nous ne pourrons jamais être transportées pour y dormir notre dernier sommeil. C’est un luxe aujourd’hui auquel ma sœur et moi ne pourrons plus jamais songer.

En attendant le plaisir de vous les exprimer de vive voix, croyez, Monsieur le Maire, à tous nos reconnaissants sentiments.
A. Ducos du Hauron

23, rue d’Argenteuil, Paris 1°

PS : En 39, j’avais déjà été avisée que cette cérémonie devait avoir lieu mais M. (… ministre… ne put venir…), puis ce fut la guerre.

Louis Ducos du Hauron (Langon, 1837 – Agen, 1920), un cadet de Gascogne inventeur (à Lectoure, en 1868) de la « photographie de couleurs »

04déc

À la recherche d’un peu plus de précisions sur le parcours _ d’abord géographique _ d’inventeur

de Louis Ducos du Hauron (Langon, 1837 – Agen, 1920),

je suis tombé sur un très remarquable site _ agenais _

des Amis de Louis Ducos du Hauron « inventeur de la photographie couleur« ,

très justement intitulé « Un Inventeur majeur de la photographie » ;

et comportant une passionnante série de 11 très détaillés articles…

Je les liste ici,

en commençant par les 7 articles concernant la biographie personnelle de Louis Ducos du Hauron :

_ Introduction

_ Sa jeunesse dans le Sud-Ouest

_ Sa période algéroise

_ Sa période parisienne

_ Sa retraite à Agen

_ Succès et déconvenues

_ Épilogue

Puis 4 autres articles se focalisant plus spécialement sur ses inventions :

_ La photo avant Louis Ducos du Hauron

_ Louis Ducos du Hauron et la photographie couleur

_ Le cinéma et Louis Ducos du Hauron

_ Louis Ducos du Hauron : ses autres inventions

Ainsi qu’une douzième intéressante rubrique

à propos des actualités de cette association des Amis de Louis Ducos du Hauron :

_ Actualités de l’Association

Soit une mine de renseignements extrêmement précieux,

et magnifiquement agrémentés d’une merveilleuse série de photographies documentaires,

dont _ surtout ! _ de nombreuses splendides photographies originales en couleurs de Louis Ducos du Hauron lui-même !!!

Bien sûr,

c’est au parcours _ de Langon à Agen, en passant par Libourne, Agen,  Tonneins, Auch et Agen : au fil des affectations de son père Jérôme, fonctionnaire aux Contributions indirectes, jusqu’à la mort de celui-ci, à Auch, le 14 octobre 1863 ; puis, ensuite, au fil des affectations de son frère Alcide, magistrat : à Agen, en 1864, Lectoure, en 1866, puis à nouveau Agen en 1869… _ de ce cadet de Gascogne qu’est Louis Ducos du Hauron _ né à Langon (Gironde) le 8 décembre 1837 et décédé à Agen (Lot-et-Garonne) le 31 août 1920 ; demeuré célibataire _,

que je me suis d’abord intéressé ;

ainsi qu’à celui des membres de sa famille _ de Gironde, du Lot-et-Garonne et du Gers, principalement _,

son frère aîné Alcide _ né à Coutras (en Gironde) le 29 juin 1830, et décédé à Savigny-sur-Orge le 13 mai 1909 ; le 11 septembre 1864, au Temple-sur-Lot (Lot-et-Garonne), Alcide avait épousé Marie-Césarine de Fourcauld, née en cette ville le 3 février 1841 _, auquel toute sa vie Louis est demeuré attaché _ Alcide, magistrat, a officié comme juge suppléant à Agen en 1864, puis à Lectoure (Gers), en 1866, puis à nouveau à Agen en 1869, comme juge au tribunal de première instance ; avant sa nomination de conseiller à la cour d’appel d’Alger à partir de 1881 ; son épouse et ses 4 enfants ne le rejoindront  à Alger qu’en 1883 ; et son frère encore un an plus tard, en 1884… _,

sa sœur cadette Berthe _ née à Libourne (en Gironde) le 23 janvier 1842, et épouse de Fabien Onézime de Bercegol à Agen : le couple aura au moins un fils, Raymond Camille Marie, né à Lamothe-Landerron, en Gironde, le 4 février 1869… _,

et d’abord, bien sûr, ses parents :

Jérôme Ducos du Hauron _ né à Bordeaux le 6 juin 1799 et décédé à Auch le 14 octobre 1863 _

et son épouse Marguerite Boivin _ née à Coutras le 6 octobre 1807 et décédée à Clermont-Ferrand le 19 janvier 1874 ; probablement d’ascendance agenaise par son père, Guy Boivin (né en 1769, et décédé à Coutras le 28 août 1847), qui avait épousé la coutrassienne Marie-Euphémie Deluze-Létang (Coutras, 1775 – Coutras, 1836) _ ; qui se sont mariés à Coutras le 21 juin 1829.

Jérôme Ducos du Hauron _ dit « Amédée«  _ est le fils de Jean-Marie Ducos du Hauron né à Nogaro (Gers) en 1778 et décédé à Tonneins (Lot-et-Garonne) en 1853 _ et son épouse _ le mariage a eu lieu à Bordeaux, le 10 août 1797 _ Marie de Montalembert _ née au Penne d’Agenais (Lot-et-Garonne) en 1780 _ ;

et son épouse Marie Boivin est la fille de Guy Boivin _ né en 1769 et décédé à Coutras le 28 août 1847, issu d’une famille de l’Agenais _, et Marie-Euphémie Deluze-Létang _ née à Coutras vers 1775 et décédée à Coutras en 1836 ; fille du député du Tiers-État Pierre Deluze-Létang, né à Coutras le 24 mars 1734, notaire, et décédé à Coutras le 31 juillet 1800, et de son épouse Marie-Thérèse de Lamarzelle, née vers 1747, et décédée à Coutras le 11 décembre 1799 (le mariage de Pierre Deluze-Létang et Marie Thérèse Lamarzelle avait eu lieu le 1er avril 1767 à Bourg-sur-Gironde (en Gironde). 

Voilà pour résumer les origines familiales (en Gironde, Lot-et-Garonne, Gers), ainsi que le parcours géographique de Louis Ducos de Hauron dans le Sud-Ouest,

avant que Louis rejoigne _ un an après sa belle sœur Marie-Césarine et ses enfants, demeurés eux aussi, depuis 1881, à Agen, jusqu’en 1883 _ son frère aîné Alcide à Alger en 1884 ; où Louis séjournera auprès de son frère jusqu’à ce que dernier rejoignant la France, et Paris, en 1896, Louis continue de vivre auprès de lui _ Alcide décédant à Savigny-sur-Orge le 13 mai 1909 _ainsi que, à partir du 13 mai 1909, de sa veuve Marie-Césarine, qui décèdera après Louis aussi, à Agen, au mois de mai 1923.

C’était au mois d’août 1914 que Louis Ducos du Hauron et sa belle sœur Marie-Césarine, née de Fourcauld, avaient quitté le domicile du 14 de la rue des Rossays, à Savigny-sur-Orge, pour rejoindre d’abord la propriété familiale des de Fourcauld au Temple-sur-Lot ; avant de s’installer, en 1920, à Agen, au 58 de la rue Lamouroux, où Louis décèdera le 31 août 1920. 

Ce vendredi 4 décembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. Et en venir enfin aux images d’intérieurs

12nov

Pour _ presque _ terminer _ peut-être en secrète beauté, du moins pour moi, au plus intime et chaleureux de ce dont se réjouit mon for intérieur.. _le petit panorama de mes 13 images préférées

_ choisir, hiérarchiser, ne serait-ce que très subjectivement, est une nécessité pragmatique permanente, et cela pour tout un chacun, et vis-à-vis de tout, sans la moindre exception : eu égard à l’urgence souvent ultra-pressante du présent (non extensible) de l’action, et plus largement de la vie (non perpétuelle), qui commande… _

parmi les 80 de ce « Tirages Plossu » de septembre 2020, aux Éditions Textuel,

j’en viens maintenant aux images d’intérieurs,

de l’ami Bernard Plossu

_ et ce mot d’« Intérieurs«   n’est pas sans m’évoquer irrésistiblement le film très émouvant, et de tonalité grave, de Woody Allen, en 1978…

en ce magique album :

pour lui, déjà, à sa table de travail,

opérer le choix, ainsi que la compatibilité de mise en page _ ou en espace _, de ses images

est, chaque fois, très littéralement, crucial…

J’ai donc ici choisi 4 images de ma liste première de 13 images préférées

_ cf mon article du 5 novembre dernier : _ :

page 17, « Giverny, France, 2011« 

page 27, « Livourne, Italie, 2014« 

page 43, « Chez les Mirabel, Ardèche, France, 2012« 

pages 64-65, « Jumièges, France, 2017« 

auxquelles je rajouterai deux autres :

d’une part,

l’image qui faisait partie de ma liste complémentaire de 22

page 19 , « Livourne, Italie, 2014« 

et d’autre part,

l’image qui ne faisait partie ni de ma liste des 13 préférées, ni de ma liste complémentaire des 22 autres,

page 57, « Milan, 2008« .

Assez étrangement,

de ce photographe voyageur invétéré marcheur-randonneur,

et de par diverses contrées très lointaines du monde (et de chez lui),

ce sont en effet ces images-là d’intérieurs

_ mais le plus souvent des « intérieurs«  situés ailleurs que chez lui, en son domicile (même si en existent, tout de même aussi, quelques exceptions, par exemple page 34 : « La Ciotat, France, 2014« , voire page 84 : « La Ciotat, France, 2014« ) ; des « intérieurs«  seulement de passage, pour lui ; et assez souvent des chambres, anonymes, de halte rapide inconséquente (récupérer un peu, dormir…), notamment et surtout dans des hôtels de très brefs passages ; et assez souvent, aussi, ailleurs qu’en France, au cours de ses randonnées passionnées (et souvent éreintantes) de quêtes photographiques « sur le terrain« , quel qu’il soit… ; et donc lors de moments un peu creux, où, normalement, il n’y aurait pas d’image intéressante à saisir ! Tel est donc le paradoxe brûlant de ces si intensément poétiques, et profondément attachantes, images d’« intérieurs« -là… :

probablement leur faut-il, en effet, à ces images d’« intérieurs«  qui vont être saisies, un très puissant quotient viral d’étrangèreté propre, voilà !, pour que le réel entr’aperçu, l’espace d’un éclair, de son regard iconique assez infaillible, ait pu susciter, de la part du photographe qu’est très fondamentalement (et quasi en permanence ! voilà : quasiment sans relâche…) Bernard Plossu, le déclic décisif quasi instantané de la prise de vue (et ne perdons pas non plus de vue que ce déclic donne aussi lieu, de fait, à dix mille prises, qui se révèleront, in fine, la très grande majorité d’entre elles, du moins, très pauvres en un quelconque intérêt iconique ; même si c’est aussi seulement à la revoyure hyper-attentive de ses milliers d’images encore dormantes en planches-contact que se découvrira presque miraculeusement l’image a priori ratée qui se révèlera, alors, à l’acuité extraordinaire du regard si formidablement incisif de l’« artiste«  (il n’aime pas ce mot) une très étonnante merveille (à la façon de la découverte patissière des sœurs Tatin à Lamotte-Beuvron ; même si ce n’est là qu’une légende…) ;

et je renvoie à nouveau ici à la très étrange image (« abstraite« …), prise chez lui, à La Ciotat, de la page 84… _

qui me surprennent, m’attirent, me retiennent, et me touchent le plus, par cette charge même d’étrangèreté au cœur le plus profond du plus proche et du plus intime _ mais toujours avec une extraordinaire pudeur ! _,

saisies, donc, en des lieux de pause relative, d’instants voués à un certain repos photographique, au cours du voyage de quête d’images, en ces lieux d’a priori plus faible intensité de rencontre du surprenant, ces lieux calmes où l’on va pouvoir cesser de rechercher des images « à saisir« , et puis pouvoir fermer les yeux et dormir, ou tranquillement se restaurer un peu, pour reprendre des forces, et repartir demain, d’un bon pied, en sa quête… 

L’image légendée « Giverny, France, 2017 » de la page 17

image

;..

est pour moi une merveille absolue _ de mouvements : à notre tour, nous sommes gentiment invités à nous avancer (avec infiniment de respect ! pas du tout en voyeurs indiscrets et malotrus…) de pièce en pièce de la maison _,

tant par la douce flamboyance _ pardon de l’oxymore ! _ du bleu céleste des deux merveilleusement lumineuses grandes portes en enfilade, dans la maison de Monetet aussi l’angle de vue légèrement oblique de cette image, qui nous invite bien poliment à pénétrer un peu plus avant, par-delà les successifs tapis, vers la pièce au sol rouge (s’agit-il une nouvelle fois d’un tapis ? peut-être… ; et là est le cœur même de la force de l’image !) dont on n’appréhende, sur l’image, qu’un étroit oblong rectangle rouge _ mondrianien ? _, par l’entrebâillement de la seconde des grandes portes bleues, et qui débouche sur encore une autre porte, à peine perceptible, elle aussi, en un nouvel étroit rectangle, cette fois-ci verdâtre, au-dessus du rectangle rouge du sol de la pièce qui la précède..,

que par ce qu’elle nous perpétue, aussi, bien sûr, de l’intimité même, chez lui, du peintre Monet (Paris, 14 novembre 1840 – Giverny, 5 décembre 1926), en sa demeure enchantée de Giverny.

Cf, bien sûr cette merveille qu’est le « Monet intime » de Bernard Plossu, en la co-édition Filigranes et Musée des Impressionismes, en 2012 : un autre chef d’œuvre absolu de Plossu !

Cette image me rappelle aussi, plus personnellement, une image qui m’est familière, en son intime étrangèreté, à elle aussi :

une superbe toile du peintre bordelais Guillaume Alaux (1856 – 1912), comportant, elle aussi, une enfilade de portes, en un intérieur de campagne ; mais dépourvue, elle, du moindre bleu…

« Wow » ! dirait l’ami Plossu…

Cette image est fascinante !

L’image légendée « Livourne, Italie, 2014« , de la page 27, est-elle aussi un chef d’œuvre absolu.

Bernard Plossu à la galerie arrêt sur l’image galerie

 

qui pourrait même, et à la perfection, signifier l’étrangèreté absolue de l’intimité plossuienne, réduite ici au minimal d’une exigüe, et a priori terne, assez anonyme chambre d’hôtel, avec son mobilier élémentaire, sinon rudimentaire, en attente d’occupation très éphémère… :

un petit lit _ pas encore défait : le voyageur découvre seulement la chambre _, un fauteuil, une petite table,

et une fenêtre protégée de rideaux légers filtrant une lumière un peu vive _ possiblement celle du jour _ :

cette fois-ci en cette ville portuaire, elle-même déjà un peu étrange _ avec son port assez important, et un notable très ancien quartier juif : qu’en reste-t-il désormais ?.. _, et assez peu toscane,

qu’est Livourne,

où a vécu l’étrangissime Amedeo Modigliani (Livourne, 12 juillet 1884 – Paris, 20 janvier 1920).

On sait aussi le goût affirmé de Bernard Plossu pour la peinture italienne de la première moitié du XXe siècle _ Fabien Ribéry, en son superbe article « Michel Fresson, le traducteur, par Bernard Plossu, photographe« , citait les noms (« avis aux chercheurs« , ajoutait-il !..) de Telemaco Signorini, Stefano Bruzzi, Raffaelo Sernesi, Angiolo Tommasi, Cesare Bertolotti et Giovanni Fattori…

Ce camaïeu de gris, ici pris en couleur,

est lui aussi, en ce somptueux « tirage Fresson« ,

proprement sublime.

Re-wow !!

0_italie-couleur-fresson-bernard-plossu

 

La troisième image, à la page 43 de ce trésor de « Tirages Fresson« ,

d’entre les 13 de mon premier choix préférentiel,

est, elle aussi, proprement admirable

de lumineuse minimalité splendide.

image

Son référencement est assez peu précis géographiquement (« Ardèche« ),

mais très précis, en revanche, en mode d’amitié : « Chez les Mirabel » (Annie et Bernard) :

assez probablement au Pont d’Aleyrac, commune de Saint-Pierreville.

L’image, simplissime,

nous présente le départ, vers l’étage, d’un tout simple escalier de bois, tout noir, et rectiligne,

dont paraît, quasi frontalement, l’élancement des six premières marches ;

en appui sur du noir, un noir bleuté, qui s’enfonce dans l’ombre, et colonise quasi entièrement la partie en bas à droite de l’image…

Les dominantes de couleur sont, outre le somptueux noir bleuté de l’escalier et de son appui jusqu’au sol,

le jaune ocré du mur de fond de ce rez-de-chaussée, 

ainsi que le bleu-vert qui, de sa diagonale ascendante, suit la montée de l’escalier, et mange rectilignement l’important jaune ocré du mur jusqu’à _ pour l’image saisie _ la hauteur approximative de la rampe de l’escalier.
Le sol, au premier plan, lui, est gris.

Ici encore, nous nous trouvons devant l’invite de l’image à un mouvement, ici ascendant,

vers l’étage…

L’image n’a rien de statique.

L’image que j’ai choisie ensuite, la quatrième,

en cette section d’images d' »Intérieurs » plossuiens,

ne concerne pas, cette fois, un intérieur habitable, dans lequel se loger et résider, ne serait-ce qu’un court moment,

non.

Car l’image légendée « Jumièges, France, 2017« , aux pages 64-65,

concerne cette fois l’assez vaste dépôt d’un musée,

dans lequel  cohabitent, en un certain désordre _ non accessible, d’ordinaire, aux visiteurs _, les vestiges précieux et émouvants de quelque statues gothiques de l’abbaye _ en ruines _ de Jumièges, en Normandie.

Cette image,

à dominante ocre jaune,

et dynamisée par des lignes verticales,

valorise le contraste entre le chaleureux éclairage du jour, dans les deux pièces du premier et du second plans,

et,

d’une part, le gris de la pierre des statues déposées ici,

et, d’autre part et surtout, le fond noir central de la pièce du fond,

qui recèle diverses précieuses têtes, pieusement conservées, qu’on y aperçoit, lointainement…

Un bel hommage _ lumineux ! _ au travail humble et indispensable de la conservation patrimoniale,

dans les Musées… 

Ma cinquième image d' »intérieur » fait, elle, partie de ma liste complémentaire de 22 ;

et elle ne concerne pas une pièce d’habitation, mais, comme pour l’image « Chez les Mirabel, Ardèche, France, 2012« ,

un escalier.

Mais, en cette image de la page 19, légendée « Livourne, Italie, 2014« 

_ autre merveille minimale absolue ! _

il s’agit très probablement cette fois-ci d’un escalier d’hôtel ;

et peut-être même de l’escalier modern’ style _ un peu à la Mallet-Stevens… _ de cet hôtel où se situait aussi la chambre de la sublime image de la page 27,

semblablement légendée _ je le souligne au passage _ « Livourne, Italie, 2014 » …

Ainsi ces deux images, toutes deux saisies à Livourne en 2014, faisaient-elles possiblement partie de la même planche-contact…

Prise au niveau d’un palier d’un étage,

s’ouvrant lui-même sur un couloir,

dont on ne discerne pas très clairement sur quoi ce dernier vient assez vite buter _ quelque chose (?), là-bas, au fond, brille d’un éclat métallique… _,

l’image,

prise cette fois à nouveau d’un très léger biais,

nous offre une vue sur quatre des volées de ce large escalier modern’ style,

possiblement de béton, et tout blanc :

la volée de l’étage même où est prise l’image

_ mais, étant donné l’angle de la prise de vue, donnant le sentiment d’avancer, et presque, déjà, de monter un étage plus haut… _ ;

l’amorce d’une volée descendante, au bas à droite de l’image ; 

et deux volées montantes _ vers un étage supérieur _,

la seconde de ces deux volées montantes -là occupant le coin en haut à droite de l’image.

La rampe, sans la moindre aspérité, et qui semble en aluminium, brille.

Et cette fois encore, l’image nous donne le sentiment d’un mouvement de déplacement, ici ascensionnel,

de ce très fonctionnel, large et moderne, escalier d’hôtel…

La couleur qui domine est un tout simple blanc, net,

parfois teinté de rose dans ce qui résulte d’effets d’éclairage sur trois des volées de cet escalier…

Une image marquante, oui,

d’un lieu on ne peut plus normal et banal _ dépourvu du moindre pittoresque anecdotique _,

qu’a su saisir, de son cadrage à la fois dynamique et éminemment pondéré, le regard (et le geste) photographique(s) de Plossu :

une merveille de poésie de la presque banale normalité ;

à laquelle la couleur de ce « tirage Fresson« 

vient apporter son nimbe de poésie vraie, au sein de la plus pure quotidienneté

d’une modernité qui cependant dure, ne vieillit pas.

Quel regard !

Enfin,

je me suis permis d’ajouter une sixième image « d’Intérieur« ,

alors que je ne l’avais retenue ni dans ma première liste de 13,  ni dans ma liste complémentaires de 22 ;

et, de plus,

alors que celle-ci ne concerne pas, elle non plus, un intérieur dans lequel se loger et résider un certain moment,

mais, cette fois, l’intérieur d’un café, ou d’un restaurant _ c’est difficile à discerner : un café, plutôt ; on y passe un court moment… _, à Milan.

Mais l’image impose incontestablement sa puissante présence

au regardeur, qui finit par vraiment s’y attacher _ une image peut ainsi s’imposer…

L’image « Milan, Italie, 2008« , page 57 _ inédite, probablement : elle non plus, en couleurs, ne fait pas partie des images exclusivement en noir et blanc du catalogue de l’exposition milanaise de 2008, « Attraverso Milano«  _, est, comme presque toujours chez Plossu, minimalement légendée

_ puisque cela suffit amplement au repérage mémoriel de Plossu : il s’agit, je le répète, d’un repérage que Plossu effectue seulement pour lui-même, pour son archivage mémoriel rudimentaire mais efficace, et en rien (ou si peu !) pour le regardeur de l’image ; l’image, pour Plossu, doit (et c’est même impératif pour lui !) en quelque sorte se suffire (iconiquement) à elle-même, et ne rien détourner d’elle le regard du spectateur ; même si une image photographique a nécessairement la majeure partie de sa provenance, à l’exception de l’idiosyncrasie du regard singulier propre du photographe, dans le réel extérieur visible (à peu près commun, au départ), auquel accède la photographie que celui-ci « prend«  ; une photographie ne peut jamais être totalement « abstraite« , même parcourue (et charpentée) qu’elle est d’une « abstraction invisible« … Et même si ce qui intéresse surtout Plossu est bien l’« ambiance«  à capter, par cette image sienne, du réel à l’instant même croisé, et dont une part de vraie « poésie«  un peu secrète, discrète, humble, pudique,  a été, en un éclair, décelée à révéler, avec douceur, sans jamais de violence, par la simple grâce de la capacité de l’image du réel entr’aperçu, à, d’un geste (photographique) immédiat, fulgurant, réussir à réaliser ensuite, secondairement, et sur une surface sensible : la pellicule, puis, au tirage, le papier, pour l’image iconique qui en résultera… _ :

« Milan, Italie, 2008« .

image






















L’image,

mise en tension par quelques lignes obliques, eu égard à la position et l’angle de prise de vue du photographe par rapport à la configuration du lieu même de ce café _ ou peut-être restaurant : café, plutôt… _,

est animée surtout par les puissantes lignes verticales des larges rayures rouge vif et blanc des banquettes,

et le rouge framboise de la sorte de nappe _ en est-ce bien une ? c’est difficile de se prononcer… _, au premier plan.

Nous sommes ici, en partie du moins _ voire à moitié _, déjà dans la puissante veine « abstraite« , qui a une certaine prédilection de Bernard Plossu,

quand le réel qui se présente, ainsi que l’angle et le cadrage de la prise de la vue, se prêtent bien à offrir de telles puissantes et consistantes images…

Et peut-être pourrait-on généraliser davantage

ce trait de la façon de procéder de Bernard Plossu :

ce serait à lui de le confirmer, ou infirmer…

Mais pour ce qui me concerne, je demeure viscéralement attaché aux images figuratives du réel,

avec la qualité _ disons géographico-historique, civilisationnelle _ de leur ancrage…

J’aime savoir _ et apprendre, pas à pas _ où ont à se mettre les pieds : aussi bien ceux du photographe que ceux des regardeurs de l’image,

car nous sommes alors sous le charme poétique intense d’une télétransportation…

Voilà :

 de ce « Tirages Fresson » de Bernard Plossu,

qui vient de paraître, ce mois de septembre, aux Éditions Textuel,

je viens successivement de me pencher ici

sur mes images personnellement préférées :

de « nature« ,

de « villages« ,

de « villes« ,

d' »avec vue sur la mer« ,

et aujourd’hui d' »intérieurs« .

Soient les 5 articles successifs suivants :

après une première série de 5 premiers :

Il me faudra maintenant me relire,

et méditer une petite synthèse commode de tout cela…

Ce jeudi 12 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Bernard Plossu, photographe : sa rencontre avec Garrett List, musicien (1943 – 2019)

24oct

 

De l’ami Bernard Plossu,

en plus de son nouveau et très attendu « Tirages Fresson » (aux Éditions Textuel)

(cf mon article d’hier :  ),

aux Éditions Yellow now (que dirige Guy Jungblut),

paraît aussi maintenant « La Rencontre » _ quel beau titre ! _ ;

dont voici un beau texte de présentation,

de Marie-Pierre Lahaye _ épouse et veuve de Garrett List (Phœnix, Arizona, 1943 – Liège, décembre 2019) _ :

« Ce livre, c’est l’histoire d’une rencontre qu’une chanson de Garrett List délicieusement impertinente a provoquée. Écrite avec son ami poète Ed Friedman dans les années 1970 à New-York City, Fly Hollywood est parvenue aux oreilles d’un photographe français, un peu vagabond et au talent fécond, Bernard Plossu, qui lui aussi avait vécu sur deux continents _ Europe et Amérique. Il a fallu une galeriste liégeoise avertie _ et merveilleuse !_, Véronique Marit, pour que ces deux artistes qui partagent la même intuition poétique et la même façon d’être au monde se rencontrent enfin… puis un éditeur généreux autant que visionnaire _ oui _, Guy Jungblut, pour que l’idée de célébrer « la rencontre » prenne racine… mais il n’était pas prévu que celui qui nous avait réjouis avec sa musique s’éclipse avant que La Rencontre ait eu le temps de voir le jour. Ce livre tombe à point nommé. Fly Hollywood !!!« 

Rencontrer,

je veux dire rencontrer vraiment,

est chose assez rare, et infiniment précieuse,

en une _ passablement courte _ vie humaine.

Sur ce sujet,

cf mon article du 26 octobre 2016 :  ;

en réalité un texte rédigé en 2007,

et, en effet, retrouvé ! _ et auquel je tiens beaucoup.

La rencontre, la bonne rencontre, doit être (et instantanément !) perçue, ressentie,

et surtout saisie _ tout un art

tant de promptitude que de délicatesse ! _ :

sinon,

sous les auspices de l’immensément généreux, mais aussi terriblement impitoyable Kairos,

elle est _ irrattrapable ! _ à jamais enfuie ;

et néant pour toujours.

Vie, temps, mort, éternité,

vrai présent,

telles sont les harmoniques splendides de la rencontre.

Au passage,

un très amical salut à l’extraordinaire bonne fée liégeoise qu’est Véronique Marit _ quelle sacrée personnalité ! _ ;

ainsi qu’à Guy Jungblut _ l’excellent éditeur-concepteur des très belles Éditions Yellow Now _,

rencontré une première fois à Aix-en-Provence, à la galerie La NonMaison de la chère Michèle Cohen,

pour l’occasion de la parution du _ sublimissime ! _ « Plossu Cinéma« 

(cf mon article fouillé du 27 janvier 2010 :  ) ;

et une seconde fois à Bordeaux, à la Galerie Arrêt sur l’image, de la chère Nathalie Lamire-Fabre,

pour l’occasion de la parution des délicieux « À boire et à manger » et « À table !« 

(cf mon article du 9 février 2018 :  ) :

tous ces livres parus aux Éditions Yellow now. 

Fly Hollywood ! La chanson est bien là.

Ce vendredi 23 octobre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

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