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Nature et culture, ou une tension de tropismes : le côté de La Meynie, en Périgord, et le côté de L’Esparrou, en Roussillon _ le choix d’un lieu où venir exister…

02juin

En recherchant à remplir les quelques blancs qui demeuraient en ma recollection des données généalogiques des branches de Swarte _ cf la généalogie réalisée par Thibault de Swarte_ et Sauvy _ cf la généalogie réalisée par Philippe de Brancion…  _ de la famille de Swarte,

je viens de tomber sur une troisième généalogie, celle des Rendu _ réalisée par Thibault Bourillon _, qui vient confirmer une de mes intuitions,

née du point de vue apparu à travers le témoignage d’Eymeric de Swarte, dans le très intéressant article de Sud-Ouest du 18 septembre 2013, intitulé « La Mémoire d’Alain de Swarte«  ;

témoignage complété et notablement enrichi par le passionnant et très éclairant article de Pierre Villot, du 26 décembre 2009, intitulé « Alain de Swarte, 40 ans de combats pour la nature« …

Je veux dire l’existence d’une tension entre deux puissants tropismes :

le tropisme périgourdin du Domaine de La Meynie, à Trélissac,

et le tropisme roussillonnais du château de L’Esparrou, à Canet-en-Roussillon.

Non seulement, cette troisième généalogie (des Rendu) réalisée par Thibault Bourillon m’a effectivement permis de combler pas mal de blancs laissés par les deux précédentes généalogies (celle de Thibault de Swarte, et celle de Philippe de Brancion),

et m’a révélé une nouvelle alliance, à une génération de différence, entre des de Swarte et des Sartre ;

mais elle est aussi, et surtout, venue confirmer mon intuition _ née de l’article La Mémoire d’Alain de Swarte _ d’une tension de tropismes entre d’une part le Domaine de La Meynie en Périgord _ à Trélissac (Dordogne) _, et d’autre part le château de L’Esparrou, en Roussillon _ à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) _, quant au choix d’un lieu où préférer venir et demeurer vivre… ;

qui est aussi une tension entre un tropisme vers la nature (l’environnement, les paysage, la flore et la faune sauvages : à sauvegarder)

et un tropisme vers la culture (la musique, les concerts : où s’accomplir et s’exalter)…

Choisir où venir exister…

Une tension riche de contrastes et de diversité d’intensités…


Ce mercredi 2 juin 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

L’édition 2018 du Festival Philosophia de Saint-Emilion : la vérité

27mai

Le thème de l’édition 2018 du Festival Philosophia de Saint-Emilion était

« la vérité » _ peut-être sous l’incitation de l’inflation proliférante et inquiétante ces derniers temps des fake-news

Moins séduit que d’autres années _ un peu trop de people comme invités, à mon goût ; et pas assez de renouvellement de têtes-de-gondole _,

je tenais beaucoup cependant à venir écouter, ce dimanche après-midi, Pascal Chabot

que j’avais rencontré à Saint-Emilion le 28 mai 2016 : le thème était cette année-là « la culture«  ; et le sujet de Pascal Chabot : « la pédagogie intéresse-t-elle les philosophes ?« 

Après un magnifique et très marquant Global burn-out,

Pascal Chabot nous a proposés l’année dernière un passionnant Exister, Résister _ ce qui dépend de nous ;

à l’occasion de la parution duquel

a été filmée une percutante vidéo Mollat (de 6′ 40) ;

et dont voici un résumé _ avec mes farcissures, en vert ;

pour les lecteurs que ces farcissures indisposent, il est aisé de les shunter ! _ :

A partir des exemples du verre, des chaises et des écrans

_ trois objets-clés cruciaux de la présente modernité technologique ;

de Pascal Chabot, lire aussi La Philosophie de SimondonGilbert Simondon (1924-1989) est l’auteur du visionnaire Du mode d’existence des objets techniques, paru en 1958 _,

le philosophe propose une réflexion _ ouverte et, bien sûr, à poursuivre… _ sur le système et les ultraforces

face auxquels _ car telle est la situation de fait que nous ne pouvons pas ne pas rencontrer et à laquelle, forcément, nous nous heurtons _

l’être humain doit _ oui, et cela pour sa liberté et la justice… _ se construire _ voilà _ de façon authentique _ voilà ! _

sans être déterminé _ et aliéné, étouffé, paralysé, ruiné _ par ce qui l’entoure.

ainsi que la quatrième de couverture :

Exister, résister : « Exister dans le système socio-économique _, c’est souvent _ pour quelqu’un, un individu, une personne _ être assis (1) derrière des vitres (2), face à un écran (3). »

Des forces nouvelles, mixtes de technique, d’économique et de numérique _ oui _, ont fait _ victorieusement _ irruption _ et disruption _ au sein du technocapitalisme mondial dominant et régnant.

Nous assistons aux premiers effets _ peu à peu effectivement ressentis et « conscientisés » _ de ce qu’il faut bien appeler des « ultraforces » _ parce que non immédiatement ni directement visibles, non plus que clairement sensibles, elles, mais bien réelles, en tant que causes, et terriblement efficientes en leurs d’abord imparables effets subis _ qui, en créant un nouveau monde _ dans lequel vivre, ou tenter de vivre et survivre, sans vraiment « vivre«  vraiment… _, déstabilisent les systèmes _un peu installés, certes, mais qui bougent pas mal, et qui sont appelés, aussi, à assez vite passer-trépasser _ et fragilisent _ terriblement : cf Global burn-out ! _ les existences _ des personnes encore à peu près humaines que nous sommes.

Dans ce contexte _ à forcément affronter ; car il est là, très prégnant, et commence nécessairement par s’imposer à nous, dès la prime enfance _,

nous devenons _ davantage que jamais, même si, historiquement, les métamorphoses, même si ce fut à des rythmes et à des degrès fort divers, ont toujours eu lieu dans l’Histoire (du moins celle des sociétés que Lévi-Strauss a qualifiées de « chaudes« ) pour les sujets humains _ multiples _ et pas simplement uns, ni figés _,

éclatés _ en divers morceaux, avec des blancs, des béances, des failles, des ravins et abîmes interstitiels… _,

parfois écartelés _ et en souffrance : voilà ce qui nous tombe dessus et affecte durement ; par exemple dans le burn-out.

En nous

coexistent _ ainsi _ trois visages _ pouvant s’appréhender _ :

un moi cherchant sa place dans un système _ installé et puissant _ constitué de vitres protectrices et d’écrans _ ainsi que de places (ou de sièges) attribué(e)s ou conquis(es) _ ;

un sujet clivé par les ultraforces d’une mondialisation _ ambivalente en sa complexité : tout dépendant du sens des intentions de ceux qui s’en servent ou qui donnent les ordres (d’orientation de ces forces) _ qui crée autant qu’elle détruit ;

et enfin un soi précieux _ intime _marqué par la saveur _ voilà : qualitative, elle ; non quantitative et non numérisable _ d’exister, la recherche _ permanente _ d’équilibre _ sur la corde tendue entre les précipices _ et le goût _ a contrario du dégoût, de la haine et de l’indifférence (et de l’anesthésie : défensive comme offensive) _ des autres.

Comment inventer une convergence _ vivable et heureuse _ entre ces trois facettes _ oui _ de nous-même ?

Comment sortir du dualisme appauvrissant _ mutilant par simplisme réducteur et destructeur _

qui résulte de la surenchère _ agressive et violente _ entre systèmes fragilisés _ et irrités _ et ultraforces décomplexées _ cyniques _ ?

Cela ressemble à la fin d’une ère _ c’est-à-dire à une transition vers une autre ère à laquelle tenter, pour sa plus ou moins modeste part, de participer à plus ou moins former ; mais y existe toujours une si petite soit-elle (mais vitale ! pour soi…) marge de manœuvre… Cf aussi, de Pascal Chabot : L’Âge des transitions

Peut-être le moment _ voilà : un moment de bascule… _ est-il venu de préparer _ pour une plus ou moins modeste part… _ la transition vers un monde _ commun, avec ses enjeux (et répartitions de pouvoirs) sociaux, politiques et économiques, bien sûr _

où la culture de soi _ magnifique expression montanienne ; cf le sublime ultime essai (Livre III, chapitre 13 : De l’expérience) des Essais de Montaigne ! et cf mes deux articles des 24 février et 13 mars 2013 sur L’Ecole, question philosophique, de Denis Kambouchner :  et  ; ainsi que le podcast (de 58′) de mon entretien sur ce livre essentiel, avec Denis Kambouchner chez Mollat, le 18 septembre 2013 _

et le sens _ et le goût _ des autres _ et c’est fondamental : nul n’est une île ; et encore moins un château-fort !!! C’est dans ce qui est donné dans l’amitié et dans l’amour que nous nous épanouissons avec, et ensemble… _

deviendraient centraux _ soit un renversement des priorités sociétales dominantes, mutilantes pour le sujet et le soi…

Voilà donc un superbe programme d’action qu’il nous incombe, à tous et à chacun,

où que nous soyons et quoi que nous fassions,

de participer _ et personnellement, et avec d’autres _ à inventer-créer !

Une philosophie humaniste et réaliste,

réaliste et humaniste,

en acte !!!

Voici, aussi, ce qu’étaient le titre

et la présentation

de la conférence saint-émilionnaise de ce dimanche 27 mai, à 16 heures :

Le système, les ultraforces et le soi

Où chercher la vérité _ c’est-à-dire la justesse _ dans notre époque en mutation _ accélérée _ ?

Dans le système qui enserre et détermine _ et pressure et aliène _ les existences ?

Dans les ultraforces (numérisation, robotisation, financiarisation _ oui, voilà les principales _), qui créent de nouveaux régimes de vie et de pensée _ les deux, en effet ! et ces deux concepts, de « régime de vie » et de « régime de pensée« , méritent assurément qu’on s’y penche dessus et à fond très attentivement ! _ ?

Ou en soi-même, dans un souci de fidélité _ voilà ; et cohérence profonde de la personne _ à ses paysages intérieurs _ « le paysage intérieur » se trouve être le titre que René de Ceccatty voulait donner à son merveilleux Enfance, dernier chapitre ; cf mon article du 12 décembre 2017 : ; et cf aussi le podcast (de 82′) de notre entretien sur ce livre (ainsi que sur la traduction de la Divine Comédie de Dante, par René de Ceccatty) le 27 octobre 2017 au Studio Ausone _ ?

Comment cette vie tendue _ oui, tiraillée à hue et à dia… _ entre trois pôles peu conciliables _ du moins a priori et au premier abord (subi, et souvent violemment…) _ peut-elle chercher _ et cet objectif est vraiment fondamental ! pour le sujet humain _ à être juste ?

Et quelle serait sa vérité _ profonde : la vérité de notre vie unique (mortelle) et (potentiellement) singulière… _ ?

Merci, cher Pascal Chabot !

Ce dimanche 27 mai 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

les humbles progrès en amour lents de Mathieu Lindon : l’admirable délicatesse de sa conférence-entretien avec Xavier Rosan

12fév

Mardi 8 février 2011, les salons Albert-Mollat ont été le théâtre d’une des plus belles _ par son intensité dans la délicatesse ! _ conférences auxquelles il m’a été donné d’assister _ je me souviens en particulier de celle très impressionnante par le poids du moindre mot et du moindre silence de Aharon Appelfeld… _ : la conférence-entretien _ d’une durée de 65′ pour le podcast _ de Mathieu Lindon, avec Xavier Rosan _ parfait de clarté chaleureuse en la relance toute simple et sobre de ses questions justes _ à propos du récit si vibrant de justesse de Mathieu Lindon, aux Editions P.O.L. : Ce qu’aimer veut dire.

Mathieu Lindon est d’une magnifique humilité : toute sa vie, il sera celui qui, fondamentalement, apprend _ voilà ! _ d’abord _ et cela en matière de sentiment et d’« intimité«  (il s’agit là d’un « rapport« , et « vectoriel« , vibrant ; ainsi que l’analyse admirablement l’ami Michaël Foessel en son très important La Privation de l’intime, aux Éditions du Seuil) _ des autres ;

aujourd’hui, en sa vie comme en ce livre (qui s’essaie humblement à y réfléchir _ en un merveilleux « tremblé«  de la phrase qui s’y livre : tel l’admirable « tremblement du temps«  que naguère Gaëtan Picon repéra dans les Mémoires d’Outre-tombe du dernier Chateaubriand ; le livre de Gaëtan Picon, admirable Admirable tremblement du temps, paru aux Éditions Albert-Skira, dans la collection si belle Les Sentiers de la création, mérite, et urgemment, une ré-édition ! _),

ces « autres » _ qu’il aime et qui l’aiment _  sont Rachid et Corentin ; comme hier, ce furent et Jérôme Lindon et Michel Foucault sur les liens affectifs avec lesquels ce Ce qu’aimer veut dire se penche admirablement humblement tout spécialement !

Toute vie est faite de rencontres,

et infiniment diverses en leur multiplicité, intensité, poids, conséquences.

Mais certaines aident considérablement à la formation-déformation _ déflagration jusqu’à la désintégration parfois même _ de notre identité de personne,

toujours, toujours en chantier.


C’est ce chantier-là de la formation de soi

que le discret et très humble (et magnifique d’humanité « vraie » !) Mathieu Lindon s’essaie ici,

en ce livre infiniment délicatement sensible _ la braise y chante en permanence sous la cendre _,

de cerner, tracer, retracer ;

et qui peut servir _ et Mathieu Lindon d’évoquer au passage une remarque à ce propos de Christine Angot : sur cet enjeu-ci pour le lecteur… _ d’amer (de repérage) à tout un chacun :

puisqu’il nous arrive à tous de croiser en nos vies

et un père,

et un ami un peu plus âgé,

et des amis plus jeunes,

et un ou quelques amours aussi :

encore faut-il, et chaque fois, en réussir _ c’est toujours à divers degrés ; et selon une gradation de nuances très complexe ! _ l’occurrence

_ j’avais d’abord écrit : « l’expérience«  : mais celle-ci n’a rien d’expérimental ; et c’est toujours, vulnérablement, et chacun, « à son corps défendant«  face à (et avec ! consubstantiellement ! les deux !) l’autre : c’est en cela qu’aimer « vraiment«  est absolument admirable…

J’entends, d’ailleurs, toujours ici, personnellement, le mot que Gilles Deleuze, dans Logique du sens, relève dans La Fêlure, de Francis Scott Fitzgerald :

« Toute vie est bien entendu un processus _ éperdument généreux ! _ de démolition« …

Bref :

le livre Ce qu’aimer veut dire

comme la conférence-entretien de Mathieu Lindon, avec Xavier Rosan, le 8 février dernier dans les salons Albert-Mollat,

sont une expérience

et de lecture

_ cf mon article du 14 janvier dernier : Les apprentissages d’amour versus les filiations, ou la lumière des rencontres heureuses d’une vie de Mathieu Lindon _

et d’écoute attentive

d’une intensité, délicatesse, humilité

et justesse d’intelligence de l’exister (et « aimer » !

_ mais qu’est-ce qu’« exister«  sans aimer « vraiment » ?..

Cela ne se faisant certes pas « sur commande«  ! L’« épreuve«  (lire ici la sublime pièce éponyme de Marivaux !) a toujours aussi quelque chose de terriblement « éprouvant«  ; ce que la joie (à ne pas confondre avec le plaisir ! qui la contrefait…) compense, récompense, si l’on veut, et à l’infini ! : sans le moindre calcul, cela va sans dire ! il n’y a de joie que passionnément et généreusement, ce sont des synonymes, éperdue ! _)

proprement admirables !

Titus Curiosus, ce 12 février 2011

 

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