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Ecouter la Fantaisie en Fa mineur D 940 de Schubert par Paul Badura-Skoda et Jörg Demus

07sept

Pour bien entamer la soirée de ce lundi

de début septembre,

écouter la Fantaisie pour piano à 4 mains, en Fa mineur, D 940, de Franz Schubert,

par exemple par Paul Badura-Skoda et Jörg Demus,

enregistrée en concert salle Gaveau, à Paris, le 6 octobre 2007,

en un double CD Gramola 99175, paru en 2018.

Avec quelque chose d’un peu vert,

qui intrigue…

Ce lundi 7 septembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Musiques de joie : l’envolée extatique de Margaret Price dans le séraphique Pâtre sur le rocher, de Franz Schubert, en 1828

26juin

Parmi mes souvenirs les plus marquants de concert,

un récital _ extatique _ de la merveilleuse Margaret Price,

au Château Pontet-Canet, le 22 mai 1991

_  lors d’un de ces plus fabuleux « Mais Musicaux de Bordeaux » durant la luxueuse (ou luxurieuse ?) ère d’Alain Lombard _

interprétant le séraphique Der Hirt auf dem Felser D. 965, op. 129, de Franz Schubert, 

avec la clarinette du bordelais Richard Rimbert

_ je ne me souviens hélas plus quel en était le pianiste ; je ne l’avais pas noté sur mon agenda…

Au disque, il existe bien de belles versions de ce chef d’œuvre

de lied avec piano et clarinette ;

mais peu qui atteignent le degré d’extase auquel parviennent la voix et l’art _ sans fioritures _ de la divine _ si pure ! _ Margaret Price.

Margaret Price : Blackwood, 13 avril 1941 – Cardigan, 28 janvier 2011.

Et, nous Bordelais, venions d’avoir goûté l’extraordinaire Desdémone qu’avait été, au Palais des Sports de Bordeaux _ le Grand-Théâtre était en travaux de réfection _ Margaret Price

le 15 mars précédent, auprès de l’Otello de Giuseppe Giacomini et du Iago de Matteo Manuguerra,

et sous la direction d’Alain Lombard…

Sur le web, j’ai trouvé ce superbe podcast-ci du Pâtre sur le rocher,

extrait d’un CD enregistré par Margaret Price en 1971

avec le pianiste James Lockhart et le clarinettiste Jack Brymer.


Le Pâtre sur le rocher

est l’avant-dernière œuvre de Franz Schubert

(Lichtental, 31 janvier 1797 – Vienne, 19 novembre 1828).

Et un sublime hommage au pouvoir de chant

de la voix humaine…

Ce vendredi 26 juin 2020, Tituss Curiosus – Francis Lippa

Musiques de joie : la rageuse Mélodie hongroise pour piano D. 817 de Schubert, par Alfred Brendel ; et le Divertissement à la hongroise D. 818, par Andreas Staier et Alexei Lubimov

26avr

L’œuvre de Franz Schubert

(Lichtental, 31 janvier 1797 – Vienne, 19 novembre 1828)

ne se signale pas spécialement par l’expression de la joie…

Cependant vient parfois me trotter dans la tête

la paradoxale joie du piétinement obstiné _ presque rageur _

de sa Mélodie hongroise pour piano, en si mineur, D. 817

composée le 2 septembre 1824

à Szeliz _ aujourd’hui Zeliezovce, en Slovaquie _ au château du Comte Johann Esterhazy de Galantha,

pour la jeune Caroline Esterhazy

_ elle était née le 6 septembre 1805 à Presbourg (aujourd’hui’hui Bratislava).

Une anecdote rapporte que cette Mélodie hongroise pour piano

aurait été inspirée à Schubert par le chant d’une servante

qu’il venait d’entendre dans la cuisine du château des Esterhazy…

Cette mélodie hongroise _ Schubert dixit _ a aussi donné lieu

au 3éme mouvement du Divertissement à la hongroise pour piano à 4 mains, D. 818,

composé peu après,

toujours à Szeliz – Zeliezovce, début septembre 1824

Pour la Mélodie hongroise pour piano seul D. 817

j’opte ici pour la version _ la plus enlevée (et joyeuse !!!) _ d’Alfred Brendel,

accessible ici sur youtube

_ Alfred Brendel ayant enregistré cette Mélodie hongroise à diverses reprises… _ ;

et pour le Divertissement à la hongroise pour piano à quatre mains D. 818

j’opte ici pour la version d’Alexei Lubimov et Andreas Staier,

du CD Teldec 0630-17113-2, parue en 1998 ;

et dont voici un podcast accessible lui aussi sur youtube… :

le motif hongrois,

présent au début du 3e mouvement noté Allegretto

débute à 16′ 21 de l’enregistrement…

La joie schubertienne a quelque chose de joliment obsessionnel et rageur…



Ce dimanche 26 avril 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Musiques de joie, avec Mendelssohn (suite) : la merveille absolument jubilatoire de l’Octuor, Op. 20

20mar

Le nom de Felix Mendelssohn

(Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 4 novembre 1847)

m’évoque, tout ausssi immédiatement

_ cf mon article d’hier :  _,

son admirable _ à ressusciter les défunts ! qui ont encore un peu d’oreille… _ Octuor, Op. 20,

composé en 1825 pour l’anniversaire de son ami _ il n’avait même pas 7 ans de plus que lui... _ et professeur de violon Eduard Ritz (Berlin, 17 octobre 1802 – Berlin, 22 janvier 1832 _ on mourait bien jeune à ces époques… _) :


Mendelssohn avait juste 16 ans !


Il en existe de bien belles versions en CD…

M’est tombée la première sous la main,

celle du Wiener Oktett

_ ici Willi Boskovky, violon, Günther Breitenbach, alto, Nikolaus Hübner, violoncelle, Johann Krupp, contrebasse, Alfred Boskovsky, clarinette, Joseph Veleba, cor, et Rudolf Hanzel, basson _,

enregistrée en 1972 à la Sofiensaal à Vienne,

et en un CD Decca paru en 1988.

Existent, bien sûr, d’autres Octuors,

tel celui de Schubert,

mais nul ne possède la jubilation extraordinaire de cet Opus 20, en 1825, du jeune Mendelssohn !

Je dois dire cependant que, parmi les Octuors, je vénère aussi

_ cf mon article du 19 septembre 2018 : _

l’Octuor pour cordes op. 7 de George Enescu (Liveni, 19 août 1881 – Paris, 4 mai 1955),

composé en 1900 _ Enescu avait 19 ans _ ;

mais je ne le rangerais peut-être pas, lui _ lui aussi un chef d’œuvre ! _,

parmi les musiques de joie….


Ce vendredi 20 mars 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Une apothéose d’Adam Laloum ? La douceur naturelle renversante de ses Schubert D. 894 et 958…

22fév

Il y a déjà bien longtemps que j’aime _ tout simplement _ le piano _ naturel, sans la moindre affèterie ! _ d’Adam Laloum

_ cf mon article du 21 janvier 2019 :

Alors que je ne suis pas sans réticence

devant les sonates pour piano de Schubert _ et leurs redoutables infinies longueurs…

Eh bien ! Adam Laloum nous livre semble-t-il ici la clé

_ renversante ! _

de l’intimité de Schubert lui-même à son piano

en son interprétation d’une douceur absolue

des Sonates

en Sol majeur « Fantaisie » D.894

et en Ut mineur D. 958

en un admirable CD Harmonia Mundi HMM 902660.


Voici ce qu’en a dit le 18 février dernier Jean-Charles Hoffelé

en son blog Discophilia,

sous le titre Schubert enfin.

SCHUBERT ENFIN

Adam Laloum se sera beaucoup cherché d’un éditeur l’autre, un talent pareil devait trouver bon port, sa venue chez harmonia mundi, les micros si attentifs d’Hugues Deschaux dans l’Eglise du Bon Secours et un Steinway réglé au cordeau lui font mieux qu’un cadre idéal : ils lui donnent la liberté de réaliser à plein ce qu’il promettait _ et avait donné, à l’occasion ! Je trouve ici Jean-Charles Hoffelé bien sévère !

Le défi n’était pas aisé : pas de Sonate plus difficile (chez Schubert et ailleurs) que la « Fantasie ». Vladimir Ashkenazy l’aura adorée, et le premier aura su y respirer ce chant qui hésite, ne se configure pas, s’arrête, se répète, dévie. Une sonate ? Quatre poèmes _ distincts _ qui ne peuvent s’incarner sans un autre “compositeur” qui saura les respirer _ à la Radu Lupu, aussi….

Et ici, Adam Laloum est simplement saisi par le génie si particulier de cette musique qui n’a jamais eu d’équivalent en termes de poésie pure. Alors il ne m’en voudra pas trop tôt de rappeler que peu ont su trouver les notes justes, et qu’il me semble qu’il s’y souviendrait peut-être d’Ashkenazy et de Kempff. Il est surtout lui-même, timbrant, respirant, ombrant, chantant pour lui _ oui : Adam Laloum chante pour lui, et avec quelques partenaires chambristes, aussi… _  dans cette éloquence secrète qui est le cœur de Schubert. Avec une palette de timbres composée par un peintre.

Cette sol majeur est impérissable, jouée ainsi pour soi-même, et portée dans un son qui veut aussi parler à d’autres. La pondération relative qu’il met aux escarpements de la Sonate en ut mineur le montre non pas plus prudent, mais comme saisi par une conscience de ce qui s’y joue.

Richter l’emportait dans un combat digne d’un Roi des aulnes, Laloum _ lui _ la construit avec ce qui serait un sentiment tragique, quelque chose d’irrémédiable que l’on veut éviter et qui surviendra quand même. Tout cela fait dans un clavier qui évoque _ oui _ plutôt qu’il ne proclame _ jamais rien de péremptoire chez Laloum, en effet. À mesure, l’œuvre étend son aile, les paysages se dévoilent, tout cela se construit, implacable et pourtant secret _ oui, à partager ainsi. Adam Laloum serait-il devenu cet aigle du piano _ est-ce le symbole qui convient ? Par ce qu’il peut surplomber ?.. _ que j’espérais ? Ce disque est grand _ absolument.

LE DISQUE DU JOUR

Franz Schubert (1797-1828)


Sonate pour piano No. 18 en sol majeur, D. 894
Sonate pour piano No. 19 en ut mineur, D. 958

Adam Laloum, piano

Un album du label harmonia mundi HMM 902660

Photo à la une : le pianiste Adam Laloum – Photo : © Harald Hoffmann/Sony Music Entertainment

Ce samedi 22 février 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

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