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Et puis la relecture-révision développée de l’article du 2 janvier 2021 : « Hypothèses sur les identités et filiations de Marie-Louise Rey, l’épouse d’Amédée Ducos du Hauron, et Aimée-Laurence Rey, l’épouse (puis veuve) de Victor-Nicolas-Benjamin Gadel ; ou la question des chaînons manquants dans la constellation des Ducos du Hauron, Gadel, Gentet et Rey… »…

01déc

Toujours en continuant mes relectures-révisions, avec corrections et ajouts,

de ma série de début de recherches (entre le 2 décembre 2020 et le 3 janvier 2021) à propos de l’environnement familial de Louis Ducos du Hauron,

j’en viens maintenant à mon article du 2 janvier 2021 : 

Ce qui donnne ceci :

Quelles leçons tirer de ma découverte d’hier (1er janvier 2021) du contenu du faire-part de décès de « Madame Veuve Laurent Gentet« , paru dans Le Progrès d’Orléansville le 8 décembre 1904 ?

Cf mon article d’hier : « « …

Moi qui m’intéresse aux liens qui ont pu se nouer, en Algérie, entre les familles Ducos du Hauron, Gadel, Gentet, etc.

_ ainsi que Rey : un nom, toutefois, bien moins présent dans les faire-part de décès accessibles sur le web… _ (cf mon article du 30 décembre 2020 : « « ),

je ne pouvais bien sûr pas demeurer indifférent et insensible à l’antériorité _ de 3 mois : décembre 1904 – mars 1905 _ de la manifestation du lien des Ducos du Hauron (d’Algérie) aux Gentet et aux Rey, sur la manifestation du lien apparu de ces mêmes Ducos du Hauron (d’Algérie) aux Gadel,

telle que la révèle à l’attention, cette antériorité, le détail du faire-part de décès _ un décès survenu à Orléansville le 4 décembre 1904 _ d’Anne-Marie Schwartz, la veuve de Laurent Gentet _ un faire-part d’où est absente (pour l’heure) la mention de la famille Gadel : il s’en faut donc à peine de trois mois… _,

sur ce que donnait à percevoir du lien d’apparentement des Ducos du Hauron (d’Algérie) avec les Gadel, l’annonce _ sans faire-part des familles, cette fois ; du moins un faire-part qui nous soit aisément accessible sur le web : seulement une brève annonce (minimale !) de la publication de ce mariage Gadel-Rey dans le journal local d’Orléansville, Le Progrès… _ du mariage, et toujours à Orléansville _ décidément la ville décisive de cette constellation familiale des Rey-Gentet-Ducos du Hauron-Gadel _, et le 9 mars 1905 _ soit à peine trois mois après le décès le 4 décembre 1904 d’Anne-Marie Schwartz, la veuve de Laurent Gentet le fondateur de la lignée (né à Satolas, en 1821), et qui selon une note de Tocqueville, que Laurent Gentet a croisé, à Bône, le 18 décembre 1846, serait présent en Algérie depuis 1837, soit dès l’âge de 16 ans… ; Tocqueville le qualifiant de « colon«  _, de Victor-Nicolas-Benjamin Gadel, avec Aimée-Laurence Rey…

Ce sont les Rey _ du Grand-Serre (tout au nord du département de la Drôme) _ qui en se liant _ par le mariage (et probablement, eux aussi, à Orléansville, et autour de 1875…) d’Anatole Rey et Adélaïde Gentet _ aux Gentet d’Algérie _ ces Gentet qui venaient, dès 1837, de Satolas (dans l’extrême nord-ouest du département de l’Isère) ; Le Grand Serre et Satolas étant des villages proches géographiquement, et tous deux situés en Dauphiné : les Gentet et les Rey étaient abonnés au Bulletin de l’Union des Dauphinois et des Savoisiens du département d’Oran, en 1895… _,

ont ainsi constitué le maillon qui a pu commencer de réunir aussi,

via le double mariage de Marie-Louise Rey avec Amédée Ducos du Hauron _ mariage qui a très probablement eu lieu à Orléansville, et assez antérieurement à ce décès de « Madame Veuve Laurent Gentet«  en décembre 1904 : c’est en effet le 4 juillet 1904, à Lamartine, qu’est née la petite Edmée, fille du couple Amédée Ducos du Hauron – Marie-Louise Rey ; Edmée qui n’est probablement pas le premier enfant de ce couple ; ce doit être plutôt la petite Eveline, dont j’ignore pour le moment la date et le lieu de naissance… _et d’Aimée-Laurence Rey avec Victor-Nicolas-Benjamin Gadel _ à Orléansville, le 9 mars 1905 _,

les Ducos du Hauron (d’Algérie) _ soit la famille d’Amédée Ducos du Hauron et son épouse Marie-Louise Rey _ et les Gadel (d’Algérie) _ soit la famille de Victor-Nicolas-Benjamin Gadel et son épouse Aimée-Laurence Rey…

Une alliance désormais manifeste dans nombre de faire-part (de décès, de mariage, et même parfois de naissance) _ ou de simples avis dans les presses locales d’Alger (L’Écho d’Alger) ou d’Orléansville (Le Progrès) _, des Ducos du Hauron et des Gadel, ainsi que de quelques familles alliées,

telle la nombreuse famille des Bure _ ainsi le jeune Robert-Victor-Eugène Gadel (né en 1906 ; et fils de Victor-Nicolas-Benjamin Gadel et son épouse Aimée-Laurence Rey) a-t-il épousé la jeune Irène Bure le 22 décembre 1927 à Alger…

J’ai remarqué aussi la quasi permanente association des noms de Gentet et Gadel dans les faire-part de décès, mariage et naissance de cette constellation familiale des Ducos du Hauron – Gentet – Gadel, par rapport à la quasi absence du nom de Rey :

probablement parce que _ à la possible exception de la famille de Denis Rey, installée à Malakoff _, les divers Rey présents à Orléansville et sa région, n’ont pas de lien de parenté avec cette famille Rey originaire du Grand-Serre, du nord du département de la Drôme…

Et je me demande même, et surtout !, si Marie-Louise _ âgée de 54 ans lors de son décès le 20 septembre 1933, elle est donc née en 1879 _ et Aimée-Laurence _ quel âge pouvait-elle bien avoir lors de son mariage le 11 mars 1905 ? Peut-être juste 18 ans, si il s’avérait que celle que je suppose être sa mère, était décédée en lui donnant le jour : le 5 juillet 1886, à Oran… Victor-Nicolas-Benjamin, le mari

(né le 8 juillet 1872, au Grand-Serre, le berceau de cette famille Rey : c’est au Grand-Serre qu’était venue accoucher de lui sa mère Marie-Eugénie-Hortense Rey, la sœur cadette de Jean-Anatole-Firmin Rey…)

d’Aimée-Laurence ; et lui, a 32 ans ce 11 mars 1905… _,

toutes deux Rey,

ne sont pas tout simplement _ voilà ! _ sœurs ;

et les filles, tôt orphelines de leurs parents _ ainsi auraient-elles pu être recueillies par leur oncle orléansvillais Louis Gentet, un des deux frères aînés (l’autre est Frédéric) d’Adélaïde Gentet _, lesquels parents pourraient être Adélaïde Gentet _ que je suppose donc être leur mère (Adélaïde Gentet est décédée à Oran le 5 juillet 1886) _ et son époux Jean-Anatole-Firmin Rey _ que je suppose être leur père (Anatole Rey est décédé à Oran le 28 janvier 1890)…

Marie-Louise serait ainsi devenue orpheline de son père à l’âge de 10 ans ;

et Aimée-Laurence, à l’âge de 3 ans et demi…

Leur oncle maternel et éventuel tuteur, Louis Gentet (Orléansville, 1853 – Orléansville, 9 août 1906) était marié

et a eu des enfants.

Et je peux ajouter un fait tout à fait important qui vient magnifiquement à l’appui de ces diverses hypothèses « orléansvillaises » autour des années 1896 – 1905 ;

un fait tel qu’il est sobrement _ c’est-à-dire administrativement _ rapporté par le journal La Politique coloniale dans son numéro du 31 janvier 1901 :

« M. Ducos du Hauron, rédacteur à la sous-préfecture d’Orléansville _ voilà ! Amédée a, lui aussi, et durablement, séjourné, ces années-là, à Orléansville ! Par exemple, et selon son livret militaire, à la date du 18 avril 1895 ! Une autre date possible pour son éventuel mariage, à Orléansville, avec Marie-Louise Rey ; en concurrence avec la date du 21 janvier 1897 attestant de la présence en ce même Orléansville de son frère Gaston Ducos du Hauron, mentionnée sur le livret militaire de ce dernier… À creuser…  _, est nommé adjoint à l’Ouarsenis, en remplacement de M. Dupuis« …

Information à comparer avec le libellé du faire-part de décès d’Amédée Ducos du Hauron, tel qu’il est paru dans le numéro du 13 août 1935 de L’Écho d’Alger, dans lequel est indiqué ceci :

« Les familles Ducos du Hauron, Ducros, Gadel et leurs parents vous font part du décès de leur regretté M. Amédée Ducos du Hauron, rédacteur principal de préfecture _ tel est donc son titre final officiel _ en retraite. Les obsèques ont eu lieu le 15 juillet 1935″…

Et à ces divers minces éléments attestant la présence en ces années 1895 – 1901 d’Amédée Ducos du Hauron à Orléansville,

vient s’ajouter aussi la mention, en un numéro en date du 15 mai 1898 de la Revue du Touring-Club de France, d’un envoi, d’Algérie, de « 3 vues de la mosquée d’Orléansville : Don de M. Ducos du Hauron« .

1895 – 1901 : voilà de quoi fixer un premier cadre spatio-temporel à la rencontre d’Amédée Ducos du Hauron (né à Agen en 1867) et de Marie-Louise Rey (née en 1879, et probablement à Orléansville _ Orléansville, ville dont son père présumé, Jean-Anatole-Firmin Rey, a été nommé maire _ voilà ! _ en 1880, avant de quitter Orléansville, ville sous-préfecture, fin 1882 ou début 1883, pour Oran, ville préfecture, où Anatole Rey devient alors le 20ème maire d’Oran _ voilà ! _ ; cf l’information qu’en donne le 13 décembre 1882 le journal Le Midi : « le conseil municipal d’Oran a élu maire M. Rey, propriétaire« . Et Anatole deviendra, en 1886, le 2éme adjoint du maire suivant, Floréal Mathieu, par lequel nouveau maire Anatole, devenu alors 2e adjoint, a été « spécialement chargé de la direction des services de l’assistance publique et de la police municipale« . Et le 16 juillet 1889, un bulletin de la République française fera mention de l’attribution à Anatole Rey d’une Médaille d’Or de 2e classe : pour avoir « montré le plus grand dévouement pendant l’épidémie variolique qui a sévi en 1888 à Oran« . Cette épidémie oranaise dont on a pu dire qu’elle avait servi de référence à La Peste d’Albert Camus, dont le cadre est Oran…

Il se pourrait ainsi que la raison, autre que professionnelle _ matrimoniale ? _, du choix d’Amédée Ducos du Hauron de demeurer en Algérie, quand tous les autres membres de sa famille, son oncle Louis, ses parents Alcide et Césarine-Marie, et son frère Gaston Ducos du Hauron, regagnaient la France _ en 1896  pour Louis, qui s’installe au 27 de la rue des Batignolles, à Paris, dans le 17e arrondissement, au mois d’octobre 1896 ; probablement un peu plus tard pour Alcide, son épouse Cézarine-Marie de Fourcauld, leur autre fils Gaston (qui se marie à Saint-Mandé le 8 janvier 1898 ; mais que le livret militaire mentionne résidant à Alger, rue de l’Echelle, le 7 mars 1898) ; ainsi que leurs deux filles Marguerite et Alice ; tout cela méritant d’être exploré de bien plus près… _, concerne cette relation matrimoniale à Marie-Louise Rey… _ aussi, suis-je impatient de découvrir la date et le lieu du mariage d’Amédée et Marie-Louise ;

de même que les lieux et dates des naissances de chacun de leurs enfants, au cours de leur périple administratif dans diverses communes de l’Algérie de cette époque de la colonisation ;

et je dois dire aussi, au passage, que me manque une carte géographique un peu précise pour mieux me repérer (un besoin qui m’est fondamental !) sur les emplacements de ces villes et villages, qui, (outre la sous-préfecture d’Orléansville, en 1901, au départ de ce périple, et la préfecture d’Alger, en 1919, à l’arrivée) avaient alors les noms, et pour les occurrences auxquelles j’ai réussi à accéder sur le web, de L’Ouarsenis (1901), Le Cheliff (1901), Lamartine (1904), Berrouaghia (1909), Sidi-Aïssa (1912), Mizrana (1913), Rébeval (1913), Tablat (1914), L’Arba (1914), Cassaigne (1919), avant l’affectation, en 1919 (selon ce qu’en rapporte le numéro du 22 février 1919 de L’Écho d’Alger), à la préfecture d’Alger : « par permutation«  « dans l’intérêt du service«  avec « M. Renaud Paul, rédacteur principal de 1e classe à la Préfecture d’Alger » ;

je rapporte in extenso ici ce précieux document : « en date du 20 février 1919, M. Ducos du Hauron, administrateur-adjoint de 1e classe en disponibilité, est réintégré dans le service des communes mixtes, et désigné pour la commune mixte de Cassaigne, en remplacement de M. Croizier, précédemment nommé à Trezel. M. Renaud Paul, rédacteur principal de 1e classe à la Préfecture d’Alger, est nommé, dans l’intérêt du service, administrateur-adjoint de 1e classe à Cassaigne, par permutation avec M. Ducos du Hauron« 

Me repérer dans l’espace (et secondairement dans le temps : tant celui des trajectoires individuelles et familiales des personnes, que celui de l’Histoire générale et universelle) constitue une base primordiale et même indispensable _ voilà _ à ma représentation du réel : tout petit, c’est avec passion que j’adorais déchiffrer, en compagnie de mon cher grand-père, les cartes des atlas de géographie… Un goût-passion (de l’orientation) qui ne m’a plus quitté.

C’est donc bien là, à Orléansville, et alors, plus ou moins autour de 1896 _ et même avant, puisqu’à la date du 18 avril 1895, est mentionnée, déjà, la présence d’Amédée à Orléansville, inscrite sur son livret militaire... _ – 1901 _ au moment de sa première nomination comme administrateur-adjoint : à l’Ouarsenis ; cf aussi mon important article du 5 janvier 2021 :  … _, qu’Amédée Ducos du Hauron a pu faire la connaissance de Marie-Louise Rey, qu’il allait bientôt épouser _ j’en ignore à ce jour la date _et qui sera la mère d’au moins les 5 enfants que son épouse et lui avaient à charge, en 1927, à Rébeval, au moment de la retraite de la fonction publique d’Amédée _ cf l’article d’un journal parisien reproduit dans L’Écho d’Alger du 4 mars 1927, que j’ai donné dans mon article du 15 décembre dernier : _deux garçons :  Gérard _ né à Berrouaghia le 30 août 1909 ; et qui décèdera à Avignon le 27 janvier 2000 _ et Roger _ j’ignore son lieu et sa date de naissance _et trois filles : Eveline _ j’ignore son lieu et sa date de naissance _, Edmée _ née à Lamartine le 9 juillet 1904 ; soit cinq mois avant le décès, le 4 décembre 1904, d’Anne-Marie Schwartz à Orléansville et une troisième _ dont j’ignore encore même le prénom…

Et on comprend bien ainsi la présence, juste après la mention des « familles Gentet et Rey« , et juste avant la mention de la « famille Yungmann » soit le nom de famille de la mère d’Anne-Marie Schwartz : Anne-Marie Jungmann, épouse de Pierre Schwartz : les deux parents d’Anne-Marie  Schwartz (veuve de Laurent Gentet) ; « Yungmann«  étant le nom le nom légèrement francisé des frères et neveux et nièces de la défunte de ce 4 décembre 1909 à Orléansville, Anne-Marie Schwartz _de la mention, et justement à cette place, de la « famille Ducos du Hauron« 

(soit, très précisément, la famille formée par Amédée Ducos du Hauron, son épouse Marie-Louise, née Rey, ainsi que leur(s) premier(s) enfant(s) : probablement Eveline, et, en tout cas et au moins, Edmée_ née donc, à Lamartine, le 9 juillet 1904 _ ; mais pas encore Gérard, qui naîtra à Berrouaghia le 30 août 1909 ; ni Roger, dont j’ignore la date et le lieu de naissance…),

sur le faire-part de décès de « Madame Veuve Laurent Gentet, née Anne-Marie Schwartz » :

les Ducos du Hauron faisant désormais bien partie (et probablement depuis plusieurs années déjà…) de la famille _ orléansvillaise _ des Rey et des Gentet…

Quant à la « Mme Vve Gadel« , suivie de ses enfants,

présente (et présents) sur le faire-part de décès de « Madame Henri Ducros, née Eveline Ducos du Hauron » que publie le numéro de l’Écho d’Alger du 2 janvier 1939,

juste après « M. Henri Ducros, administrateur-adjoint à Dupleix et ses enfants, MM. Ducos du Hauron Gérard et Roger, Mme Jacquet« 

et juste avant « les familles Ducros, Ducos du Hauron, Gadel, Gentet, Charavel, Ferrand, Bure » 

qui tous « font part du décès de leur chère et regrettée Madame Henri Ducros, née Eveline Ducos du Hauron » _ dont les obsèques ont eu lieu dans l’intimité le 1er janvier 1939, et probablement à Alger… _,

sa place en ce faire-part du 2 janvier 1939 se justifie pleinement parce que, elle qui est née _ possiblement à Oran, et avant le 5 juillet 1886, quand décède sa mère… _ Aimée-Laurence Rey, se trouve être la tante maternelle de la défunte Eveline Ducos du Hauron, c’est-à-dire la sœur de la mère de celle-ci, la déjà défunte _ à Agen, le 20 septembre 1933 _ Marie-Louise Rey, elle-même épouse du défunt _ à Alger, le 15 juillet 1935 _ Amédée Ducos du Hauron, le père d’Eveline…

Eveline était donc la nièce directe d’Aimée-Laurence Rey ;

et la cousine germaine des enfants _ et petits-enfants _ Gadel de celle-ci….

Telle est ainsi mon hypothèse à propos de Marie-Louise et Aimée-Laurence Rey

à ce jour…

Bien entendu, cette enquête est à suivre…

Et les pièces du puzzle viennent peu à peu s’abouter les unes aux autres.

Ce samedi 2 janvier 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

Soit une mise au point et à jour nécessaire et assez importante…

Ce mercredi 1er décembre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

Hypothèses sur les identités et filiations de Marie-Louise Rey, l’épouse d’Amédée Ducos du Hauron, et Aimée-Laurence Rey, l’épouse (puis veuve) de Victor-Nicolas-Benjamin Gadel ; ou la question des chaînons manquants dans la constellation des Ducos du Hauron, Gadel, Gentet et Rey…

02jan

Quelles leçons tirer de ma découverte d’hier du contenu du faire-part de décès de « Madame Veuve Laurent Gentet« , paru dans Le Progrès d’Orléansville le 8 décembre 1904 ?

Cf mon article d’hier : « « …

Moi qui m’intéresse aux liens qui ont pu se nouer, en Algérie, entre les familles Ducos du Hauron, Gadel, Gentet, etc

_ ainsi que Rey : un nom, toutefois, bien moins présent dans les faire-part de décès accessibles sur le web… _ (cf mon article « « ),

je ne pouvais bien sûr pas demeurer indifférent et insensible à l’antériorité _ de 3 mois : décembre 1904 – mars 1905 _ de la manifestation du lien des Ducos du Hauron (d’Algérie) aux Gentet et aux Rey, sur la manifestation du lien de ces mêmes Ducos du Hauron (d’Algérie) aux Gadel,

telle que la révèle à l’attention, cette antériorité, le détail du faire-part de décès _ un décès survenu à Orléansville le 4 décembre 1904 _ d’Anne-Marie Schwartz, la veuve de Laurent Gentet _ un faire-part d’où est absente (pour l’heure) la mention de la famille Gadel : il s’en faut donc à peine de trois mois… _,

sur ce que donnait à percevoir du lien d’apparentement des Ducos du Hauron (d’Algérie) avec les Gadel, l’annonce _ sans faire-part des familles, cette fois ; du moins un faire-part qui nous soit aisément accessible sur le web : seulement une brève annonce (minimale !) de la publication de ce mariage Gadel-Rey dans le journal local d’Orléansville, Le Progrès… _ du mariage, et toujours à Orléansville _ décidément la ville décisive de cette constellation familiale des Rey-Gentet-Ducos du Hauron-Gadel _, et le 9 mars 1905 _ soit à peine trois mois après le décès le 4 décembre 1904 d’Anne-Marie Schwartz, la veuve de Laurent Gentet _, de Victor-Nicolas-Benjamin Gadel, avec Aimée-Laurence Rey…

Ce sont les Rey _ du Grand-Serre (dans le département de la Drôme) _ qui en se liant _ par le mariage, et probablement, eux aussi, à Orléansville (et autour de 1875…), d’Anatole Rey et Adélaïde Gentet _ aux Gentet d’Algérie _ ces Gentet qui venaient, dès 1837, de Satolas (dans le département de l’Isère) ; Le Grand Serre et Satolas étant des villages relativement proches géographiquement, et toux deux situés en Dauphiné _,

ont ainsi constitué le maillon qui a pu commencer de réunir aussi,

via le double mariage de Marie-Louise Rey avec Amédée Ducos du Hauron _ mariage qui a très probablement eu lieu à Orléansville, et assez antérieurement à ce décès de « Madame Veuve Laurent Gentet«  en décembre 1904 : c’est en effet le 4 juillet 1904, à Lamartine, qu’est née la petite Edmée, fille du couple Amédée Ducos du Hauron – Marie-Louise Rey ; Edmée qui n’est probablement pas le premier enfant de ce couple ; ce doit être plutôt la petite Eveline, dont j’ignore pour le moment la date et le lieu de naissance… _et d’Aimée-Laurence Rey avec Victor-Nicolas-Benjamin Gadel _ à Orléansville, le 9 mars 1905 _,

les Ducos du Hauron (d’Algérie) et les Gadel…

Une alliance désormais manifeste dans nombre de faire-part (de décès, de mariage, et même parfois de naissance) des Ducos du Hauron et des Gadel, ainsi que de quelques familles alliées,

telle la nombreuse famille des Bure _ ainsi le jeune Robert-Victor-Eugène Gadel (né en 1906) a-t-il épousé la jeune Irène Bure le 22 décembre 1927 à Alger…

J’ai remarqué aussi la quasi permanente association des noms de Gentet et Gadel dans les faire-part de décès, mariage et naissance de cette constellation familiale des Ducos du Hauron – Gentet – Gadel, par rapport à la quasi absence du nom de Rey :

probablement parce que _ à la possible exception de la famille de Denis Rey, installée à Malakoff _, les divers Rey présents à Orléansville et sa région, n’ont pas de lien de parenté avec cette famille Rey originaire du Grand Serre, du nord du département de la Drôme…

Et je me demande même, et surtout !, si Marie-Louise _ âgée de 54 ans lors de son décès le 20 septembre 1933, elle est donc née en 1879 _ et Aimée-Laurence _ quel âge pouvait-elle bien avoir lors de son mariage le 11 mars 1905 ? Peut-être juste 18 ans, si il s’avérait que celle que je suppose être sa mère, était décédée en lui donnant le jour : le 5 juillet 1886, à Oran… Victor, le mari (né le 8 juillet 1872, au Grand Serre, le berceau de cette famille Rey : c’est au Grand Serre qu’était venue accoucher de lui sa mère Marie-Eugénie-Hortense Rey, la sœur cadette d’Anatole…) d’Aimée-Laurence, lui, a 32 ans ce 11 mars 1905… _,

toutes deux Rey,

ne sont pas tout simplement sœurs ;

et les filles, tôt orphelines de leurs parents _ ainsi auraient-elles pu être recueillies par leur oncle orléansvillais Louis Gentet, un des frères d’Adélaïde Gentet _, lesquels parents pourraient être Adélaïde Gentet _ que je suppose donc être leur mère (Adélaïde Gentet est décédée à Oran le 5 juillet 1886) _ et son époux Anatole Rey _ que je suppose être leur père (Anatole Rey est décédé à Oran le 28 janvier 1890)…

Marie-Louise serait ainsi devenue orpheline de son père à l’âge de 10 ans ;

et Aimée-Laurence, à l’âge de 3 ans et demi…

Leur oncle maternel et éventuel tuteur, Louis Gentet (Orléansville, 1853 – Orléansville, 9 août 1906) était marié

et a eu des enfants.

Et je peux ajouter un fait tout à fait important qui vient magnifiquement à l’appui de ces diverses hypothèses « orléansvillaises » autour des années 1896 – 1905 ;

un fait tel qu’il est sobrement _ c’est-à-dire administrativement _ rapporté par le journal La Politique coloniale dans son numéro du 31 janvier 1901 :

« M. Ducos du Hauron, rédacteur à la sous-préfecture d’Orléansville _ voilà ! Amédée a, lui aussi, et durablement, séjourné, ces années-là, à Orléansville !_, est nommé adjoint à l’Ouarsenis, en remplacement de M. Dupuis« …

Information à comparer avec le libellé du faire-part de décès d’Amédée Ducos du Hauron, tel qu’il est paru dans le numéro du 13 août 1935 de L’Écho d’Alger, dans lequel est indiqué ceci :

« Les familles Ducos du Hauron, Ducros, Gadel et leurs parents vous font part du décès de leur regretté M. Amédée Ducos du Hauron, rédacteur principal de préfecture _ tel est donc son titre final officiel _ en retraite. Les obsèques ont eu lieu le 15 juillet 1935″…

Et à ces divers minces éléments attestant la présence en ces années 1896 – 1901 d’Amédée Ducos du Hauron à Orléansville,

vient s’ajouter aussi la mention, en un numéro en date du 15 mai 1898 de la Revue du Touring-Club de France, d’un envoi, d’Algérie, de « 3 vues de la mosquée d’Orléansville : Don de M. Ducos du Hauron« .

1898 – 1901 : voilà de quoi fixer un premier cadre spatio-temporel à la rencontre d’Amédée Ducos du Hauron (né à Agen en 1866) et de Marie-Louise Rey (née en 1879, et probablement à Orléansville _ Orléansville, ville dont son père présumé, Anatole Rey, a été nommé maire en 1880, avant de quitter Orléansville, ville sous-préfecture, fin 1882 ou début 1883, pour Oran, ville préfecture, où Anatole Rey devient alors le 20ème maire d’Oran ; cf l’information qu’en donne le 13 décembre 1882 le journal Le Midi : « le conseil municipal d’Oran a élu maire M. Rey, propriétaire« . Et Anatole deviendra, en 1886, le 2éme adjoint du maire suivant, Floréal Mathieu, par lequel Anatole a été « spécialement chargé de la direction des services de l’assistance publique et de la police municipale« . Et le 16 juillet 1889, un bulletin de la République française fera mention de l’attribution à Anatole Rey d’une Médaille d’Or de 2e classe : pour avoir « montré le plus grand dévouement pendant l’épidémie variolique qui a sévi en 1888 à Oran« 

Il se pourrait ainsi que la raison, autre que professionnelle _ matrimoniale ? _, du choix d’Amédée Ducos du Hauron de demeurer en Algérie, quand tous les autres membres de sa famille, son oncle Louis, ses parents Alcide et Césarine-Marie, et son frère Gaston Ducos du Hauron, regagnaient tous la France, concerne cette relation matrimoniale à Marie-Louise Rey… _ aussi, suis-je impatient de découvrir la date et le lieu du mariage d’Amédée et Marie-Louise ;

de même que les lieux et dates des naissances de chacun de leurs enfants, au cours de leur périple administratif dans diverses communes de l’Algérie de cette époque de la colonisation ;

et je dois dire aussi, au passage, que me manque une carte géographique un peu précise pour mieux me repérer sur les emplacements de ces villes et villages, qui, (outre la sous-préfecture d’Orléansville, en 1901, au départ de ce périple, et la préfecture d’Alger, en 1919, à l’arrivée) avaient alors noms, et pour les occurrences auxquelles j’ai réussi à accéder sur le web, de L’Ouarsenis (1901), Le Cheliff (1901), Lamartine (1904), Berrouaghia (1909), Sidi-Aïssa (1912), Mizrana (1913), Rébeval (1913), Tablat (1914), L’Arba (1914), Cassaigne (1919), avant l’affectation, en 1919 (selon ce qu’en rapporte le numéro du 22 février 1919 de L’Écho d’Alger), à la préfecture d’Alger : « par permutation«  « dans l’intérêt du service«  avec « M. Renaud Paul, rédacteur principal de 1e classe à la Préfecture d’Alger » ;

je rapporte in extenso ici ce précieux document : « en date du 20 février 1919, M. Ducos du Hauron, administrateur-adjoint de 1e classe en disponibilité, est réintégré dans le service des communes mixtes, et désigné pour la commune mixte de Cassaigne, en remplacement de M. Croizier, précédemment nommé à Trezel. M. Renaud Paul, rédacteur principal de 1e classe à la Préfecture d’Alger, est nommé, dans l’intérêt du service, administrateur-adjoint de 1e classe à Cassaigne, par permutation avec M. Ducos du Hauron« 

Me repérer dans l’espace (et secondairement dans le temps : tant celui des trajectoires individuelles et familiales des personnes, que celui de l’Histoire générale et universelle) constitue une base primordiale et même indispensable à ma représentation du réel : tout petit, c’est avec passion que j’adorais déchiffrer, en compagnie de mon cher grand-père, les cartes des atlas de géographie…

C’est donc bien là, à Orléansville, et alors, plus ou moins autour de 1896 – 1901 _ au moment de sa première nomination comme administrateur-adjoint : à l’Ouarsenis _, qu’Amédée Ducos du Hauron a pu faire la connaissance de Marie-Louise Rey, qu’il allait bientôt épouser _ j’en ignore à ce jour la date _et qui sera la mère d’au moins les 5 enfants que son épouse et lui avaient à charge, en 1927, à Rébeval, au moment de la retraite de la fonction publique d’Amédée _ cf l’article d’un journal parisien reproduit dans L’Écho d’Alger du 4 mars 1927, que j’ai donné dans mon article du 15 décembre dernier : _deux garçons :  Gérard _ né à Berrouaghia le 30 août 1909 _ et Roger _ j’ignore son lieu et sa date de naissance _et trois filles : Eveline _ j’ignore son lieu et sa date de naissance _, Edmée _ née à Lamartine le 9 juillet 1904 ; soit cinq mois avant le décès d’Anne-Marie Schwartz à Orléansville et une troisième _ dont j’ignore encore même le prénom…

Et on comprend bien ainsi la présence, juste après la mention des « familles Gentet et Rey« , et juste avant la mention de la « famille Yungmann » soit le nom de famille de la mère d’Anne-Marie Schwartz : Anne-Marie Jungmann, épouse de Pierre Schwartz : les deux parents d’Anne-Marie  Schwartz (veuve de Laurent Gentet) ; « Yungmann«  étant le nom le nom légèrement francisé des frères et neveux et nièces de la défunte de ce 4 décembre 1909 à Orléansville, Anne-Marie Schwartz _de la mention, et justement à cette place, de la « famille Ducos du Hauron » (soit, très précisément, la famille formée par Amédée Ducos du Hauron, son épouse Marie-Louise, née Rey, ainsi que leur(s) premier(s) enfant(s) : probablement Eveline, et, en tout cas et au moins, Edmée_ née donc, à Lamartine, le 9 juillet 1904 _), sur le faire-part de décès de « Madame Veuve Laurent Gentet, née Anne-Marie Schwartz » :

les Ducos du Hauron faisant désormais bien partie (et probablement depuis plusieurs années déjà…) de la famille _ orléansvillaise _ des Rey et des Gentet…

Quant à la « Mme Vve Gadel« , suivie de ses enfants,

présente (et présents) sur le faire-part de décès de « Madame Henri Ducros, née Eveline Ducos du Hauron » que publie le numéro de l’Écho d’Alger du 2 janvier 1939,

juste après « M. Henri Ducros, administrateur-adjoint à Dupleix et ses enfants, MM. Ducos du Hauron Gérard et Roger, Mme Jacquet » et juste avant « les familles Ducros, Ducos du Hauron, Gadel, Gentet, Charavel, Ferrand, Bure » qui « font part du décès de leur chère et regrettée Madame Henri Ducros, née Eveline Ducos du Hauron » _ dont les obsèques ont eu lieu dans l’intimité le 1er janvier 1939 _,

sa place en ce faire-part du 2 janvier 1939 se justifie pleinement parce que, elle qui est née _ possiblement à Oran, et en 1888 _ Aimée-Laurence Rey, se trouve être la tante maternelle de la défunte Eveline Ducos du Hauron, c’est-à-dire la sœur de la mère de celle-ci, la défunte _ à Agen, le 20 septembre 1933 _ Marie-Louise Rey, elle-même épouse du défunt _ à Alger, le 15 juillet 1935 _ Amédée Ducos du Hauron, le père d’Eveline…

Eveline était donc la nièce directe d’Aimée-Laurence Rey ;

et la cousine germaine des enfants _ et petits-enfants _ Gadel de celle-ci….

Telle est ainsi mon hypothèse à propos de Marie-Louise et Aimée-Laurence Rey

à ce jour…

Bien entendu, cette enquête est à suivre…

Et les pièces du puzzle viennent peu à peu s’abouter les unes aux autres.

Ce samedi 2 janvier 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

Nouvel aperçu récapitulatif sur la poursuite de mes recherches sur les cousinages cibouro-luziens de Maurice Ravel (du 6 septembre 2020 au 11 octobre 2020)

14oct

En prolongement de mon déjà exhaustif  du 2 septembre dernier,

voici, ce jour, mercredi 14 octobre 2020,

un bref nouvel ajout récapitulatif de mes recherches ravéliennes cibouro-luziennes,

comportant 5 nouveaux articles,

à partir du 6 septembre, et jusqu’au 11 octobre compris :

_ le 6 septembre :  ;

 _ le 4 octobre :  ;

_ le 5 octobre :  ;

_ le 6 octobre :  ;

_ le 11 octobre :  .

Rechercher des faits à découvrir, établir et valider,

implique

en plus d’une certaine culture, déjà _ mais cela se forge peu à peu, avec la constance d’un peu de patience _, du domaine à investiguer,

et d’une relativement solide mémoire _ potentiellement infinie en ses capacités de se repérer à (voire retrouver) des éléments faisant maintenant fonction d’indices… _ grâce à laquelle se trouver en mesure de puiser et se connecter avec efficacité et si possible justesse

une capacité, fondamentale _ très au-delà de la paresse des simples compilations de travaux antérieurs ! _, de forger _ par audace (voire génie : en toute humilité !) d’imageance (cf ici les travaux de mon amie Marie-José Mondzain)… _ des hypothèses _ si peu que ce soit vraisemblables en leur très essentielle visée de justesse… _ de recherche

accompagnées, bien sûr, aussi, de processus pragmatiques afin de, le plus (et le mieux) possible, valider-confirmer ces hypothèses _ Montaigne, lui, parlait d’« essais«  ; un mot que lui a repris, avec la fortune que l’on sait, Francis Bacon, en son Novum organum, en 1620… _,

c’est-à-dire prouver _ avec rigueur _ leur validité de vérité !

_ cf ici le Popper bien connu de La Logique de la découverte scientifique ;

et aussi les si fins travaux, pour ce qui concerne plus spécifiquement les démarches des historiens, de Carlo Ginzburg :

Le Fil et les traces, Mythes, emblèmes, traces, Rapports de force : histoire, rhétorique, preuve, A distance, Le juge et l’historien, etc.

Un minimum de culture épistémologique ne fait jamais de mal en pareilles entreprises

pour mieux asseoir qualitativement l’effort de découvrir de l’insu (ou même du caché)…

Ce mercredi 14 octobre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Hypothèses sur deux noms de parents cibouriens de Marie Delouart (Sabadin Quinior et Eslonta Maicourné) dans une lettre de Maurice Ravel à Marie Gaudin du 22 juin 1911

05oct

En suivant mon article d’hier ,

revient me solliciter, gardée bien au frais en un coin de ma mémoire, l’énigme toujours à vif des noms de « parents cibouriens » (sic) retranscrits phonétiquement par Maurice Ravel des paroles prononcées par sa mère _ qui « a la flemme d’écrire » (sic) ; de fait, celle-ci n’écrivait jamais… _, la cibourienne Marie Delouart (Ciboure, 24 mars 1840 – Paris, 5 janvier 1917),

dans une lettre du compositeur à son amie luzienne Marie Gaudin du 22 juin 1911, quand celui-ci lui faisait part des souhaits assez urgents de sa mère pour « nous trouver un logement à Ciboure (…) à partir du 15 juillet, et resterions 3 mois« …

« Il faut 2 chambres, dont l’une puisse contenir 2 lits. Bien entendu, pension comprise : je ne veux pas que maman fasse autre chose que se reposer. Nous préférerions que ce soient chez des parents (sic !). Les repas pris en commun seraient moins embêtants que chez des étrangers. Cherchez donc pour commencer chez Sabadin Quinior, si elle vit encore _ en juin 1911 _ ; chez Eslonta Maicourné (c’est comme ça que ça s’écrit ?), chez Marie-Dominique Anchochoury ; chez les Goyenague _ qui sont bien des cousins très effectifs !.. A partir du mariage à Ciboure le 28 février 1821 de la Marie Delouart n°3 (Ciboure, 17 août 1786 – Ciboure, 15 décembre 1872) et Michel Goyenague (Ciboure, 11 janvier 1790 – Ciboure, 20 novembre 1849). Ou bien autre part.« 

Soit la lettre 401 de la Correspondance de Maurice Ravel rassemblée par Manuel Cornejo, à la page 266

de ce magnifique et si précieux recueil.

Pour ce qui concerne « Marie-Dominique Anchochoury » et « les Goyenague« , nous sommes moins perdus que pour ces hapax que sont ces noms retranscrits de « Sabadin Quinior » et « Eslonta Maicourné« …

Quelles parentes de Marie Delouart peuvent-elles donc bien être ?

Et ici vient me solliciter l’hypothèse que Sabadin (= Sabine) Quinior et Eslonta (= Etiennette) Maicourné désigneraient peut-être, mais sous leurs noms d’épouses (? si tant est qu’elles se sont mariées…), deux sœurs Delouart, cibouriennes, filles de Jean Delouart (Ciboure, 1833 – Ciboure, 16-11-1888) et Dominique Etchepare (Ciboure, 1831 – Ciboure, 16-4-1897) :

de fait, Sabine (= Sabadin) Delouart, née à Ciboure le 5 septembre 1866, est décédée à Ciboure le 25 février 1952 _ mais j’ignore à ce jour si elle s’est mariée ! _ ;

quant à Etiennette (= Eslonta), ce pourrait être _ mais c’est bien sûr à confirmer ! il ne s’agit ici que d’une hypothèse… _ une sœur Delouart de la précédente, dont, justement, une sœur aînée, mais décédée à l’âge de 4 ans, portait ce prénom d’Etiennette : celle-ci était née à Ciboure le 5 septembre 1866, et décédée à Ciboure le 8 novembre 1870…

Je me raccroche à ces deux prénoms basques, Sabadin et Eslonta, données par la bascophone Marie Delouart, la mère de Maurice Ravel…

Mais jusqu’ici, ces transcriptions phonétiques, de l’aveu même de Maurice Ravel, des noms de Quinior (?) et Maicourné (?), n’ont pas donné lieu _ confinement post-Covid empéchant… _ à découvertes de ma part à Ciboure :

ni dans les pages des archives municipales de Ciboure _ mais il faudrait en entreprendre une lecture exhaustive ! _,

ni, non plus, dans la lecture de quelques annuaires téléphoniques _ il est vrai bien trop récents : à la recherche d’éventuels descendants de ces familles…

À suivre…

Ce lundi 5 octobre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

de l’hypothèse au fait : la charge de la preuve _ un passionnant article de Florent Brayard à propos du « Heydrich et la solution finale » d’Edouard Husson, quant à la datation de la « solution finale », avant la conférence de Wannsee

13fév

Comme très fréquemment _ voire le plus souvent !.. _, voici, ce matin

sur le site de laviedesidees.fr

un passionnant article de l’historien Florent Brayard

(auteur de « La « solution finale de la question juive » _ La technique, le temps et les catégories de la décision« , paru aux Éditions Fayard le 3 novembre 2004)

« Shoah : l’intuition et la preuve _ retour sur le processus décisionnel«  _ intitulé parfaitement explicite _

à propos de l’ouvrage récent de son confrère historien Edouard Husson : « Heydrich et la solution finale« , paru aux Éditions Perrin le 4 septembre 2008,

faisant _ historiographiquement _ le point sur le questionnement de

la datation de

la prise de décision formelle (par Hitler) de mise en œuvre de l’extermination systématique et totale des Juifs,

dite « solution finale » :

juste (= plus ou moins peu de temps) avant la conférence de Wannsee, le 20 janvier 1942…

Et cet article est passionnant parce que,

au-delà de l' »établissement » (ou pas ; du moins de ses « efforts » pour le « réaliser » avec légitimité) des faits (historiques) particuliers qu’il analyse,

cet article de Florent Brayard éclaire, et tout à fait excellemment, le statut _ essentiel, capital et crucial _ du passage de l’hypothèse

au fait ;

en l’occurrence, ici, en histoire ;

mais cela vaut pour toute science :

cf l’affaire Galilée

avec mésaventures _ personnelles, dont le procès de l’Inquisition, et son verdict, le 22 juin 1633 _ de Galilée (Galileo Galilei : 15 février 1564 – 8 janvier 1642) ;

cf « L’Affaire Galilée » d’Emile Namer, paru dans la collection Archives aux Editions Fayard, en mars 1975 ;

ainsi que l’affaire Darwin,

toujours d’actualité (!!!) en ce bi-centenaire _ hier _ de la naissance du naturaliste Charles Darwin (12 février 1809 – 19 avril 1882) ; avec les offensives des « créationnistes », aux États-Unis, mais pas seulement… ;

et sur ces « affaires »,

on aura toujours profit à (re-)lire le bref et vigoureux article « Une difficulté de la psychanalyse » de Freud, in « Essais de psychanalyse appliquée« , republiés désormais sous le titre « L’inquiétante étrangeté et autres essais« ),

à propos des rejets (et dénégations diverses) de (tout) ce

_ égocentrisme, anthropocentrisme, géocentrisme, ethnocentrisme, etc… _

qui vient blesser le narcissisme humain…

Avec les conséquences et répercussions (éminemment pratiques !) que cela doit (ou devrait) avoir, en aval, sur les usages idéologiques de cette connaissance, ou ignorance, et, pire encore, brouillage intentionnel, à des fins diverses d’instrumentalisation, de la part de divers intérêts et pouvoirs

dont, au premier chef, ceux des usagers du « négationnisme« 

cf la très étonnante affaire, en ce moment

_ cf, et parmi bien d’autres, cette « brève » de l’AFP in le Figaro du 23 janvier dernier _,

du pseudo évêque (lefébvriste…) Williamson…

Voici donc

_ avec mise en gras et commentaires de ma part identifiables _

ce très intéressant article de Florent Brayard

sur le site de laviedesidees.fr

à propos du livre d’Edouard Husson « Heydrich et la solution finale«  :

Shoah : l’intuition et la preuve

Retour sur le processus décisionnel

par Florent Brayard [12-02-2009]

Quand la Shoah a-t-elle été décidée ? Technique, cette question est néanmoins fondamentale pour comprendre comment le génocide des Juifs a été possible. Dans un livre récent, Édouard Husson met en avant le rôle du nazi Heydrich : Florent Brayard démonte point par point une argumentation qu’il juge erronée et revient sur le statut _ épistémologique : décisif et passionnant ! _ de la preuve en histoire.

<!–

Recensé : Édouard Husson, « Heydrich et la solution finale« , Paris, Perrin, 2008

Le soixantième anniversaire de la libération du camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz, en janvier 2005, a vu une offensive éditoriale inédite par son ampleur. Le plus souvent, il s’agissait cependant de productions médiocres : tel livre avait été publié dix ans auparavant, pour le cinquantième anniversaire, même si sa quatrième de couverture s’abstenait opportunément de le signaler, au prétexte peut-être qu’on en avait changé l’illustration ; un autre, rassemblant des articles de magazines, n’hésitait pas à pérorer : « Le devoir de mémoire est une coquille vide s’il ne s’accompagne pas du devoir de connaître » ; on rafraîchissait des DVD en ajoutant un bonus ou deux ; même Christian Bernadac, post mortem, apporta son écot. Ces pratiques témoignaient indubitablement de ce que la mémoire elle aussi était devenue, soixante ans après, un marché.

À l’automne 2005, avec quelques mois de retard donc sur cette cohorte, Édouard Husson publia un court volume, « « Nous pouvons vivre sans les Juifs ». Novembre 1941. Quand et comment ils décidèrent de la solution finale«  (Perrin, 2005). L’incipit montrait l’ambition de l’historien : « Il y a un “mystère Wannsee” » que l’auteur ambitionnait de percer. Ce faisant, il intervenait dans un débat éminemment complexe concernant le processus décisionnel ayant conduit à l’extermination totale des Juifs. Spécialiste de l’historiographie du nazisme, l’auteur a à son actif plusieurs ouvrages, en particulier « Comprendre Hitler et la Shoah. Les historiens de la République Fédérale d’Allemagne et l’identité allemande depuis 1949 » [1], tiré d’une thèse soutenue à Paris IV-Sorbonne (où il a été élu maître de conférences et où il a également soutenu son habilitation). On sait l’auteur prolifique et réactif : en péchant peut-être par excès, il a vertement critiqué l’incursion du romancier Jonathan Littell dans l’histoire du nazisme [2] ; et il a publié plusieurs ouvrages de nature plus politique [3]. On s’étonne cependant _ nonobstant les amicales pressions de son éditeur (p. 481) _ qu’il ait mis tant de précipitation à cette publication inaboutie sur le « quand et comment » de la « solution finale ». Car, dans le même temps, l’historien disait préparer un ouvrage plus conséquent sur Heydrich où il promettait de publier l’appareil critique qu’il avait supprimé par « souci de clarté« , mais qui faisait néanmoins dramatiquement défaut à sa première ébauche. Sans note donc, c’est-à-dire sans démonstration, l’ouvrage n’a pas marqué, sans qu’on doive d’ailleurs s’en étonner : on ne peut prétendre inverser les tendances les plus lourdes de l’historiographie internationale en ce domaine en s’abstenant de situer ses thèses par rapport à celles de ses prédécesseurs, en utilisant ce qui, dans la discipline historique comme ailleurs, sert à trancher les conflits d’interprétation : des preuves.

La « solution finale » à l’époque de Heydrich

Trois ans plus tard, à l’automne 2008, paraît finalement le livre annoncé : « Heydrich et la solution finale« , encadré par une préface de Ian Kershaw et une postface de Jean-Paul Bled. Édouard Husson y développe les intuitions exposées dans l’ouvrage précédent, en procédant cette fois à une véritable démonstration, ce dont on lui saura gré, tandis que l’on soulignera son mérite : celui d’avoir voulu sortir résolument du cadre franco-français où l’historiographie de la Shoah s’est trop longtemps complu et d’avoir intégré à sa réflexion un ensemble documentaire important en langue originale.

Sans doute aurait-il été judicieux de donner au livre un titre reflétant plus exactement son contenu : « La “solution finale” à l’époque de Heydrich« , par exemple. En effet, le projet qu’esquisse Édouard Husson en optant pour _ le titre de _ « Heydrich et la solution finale » est irréalisable. L’écueil tient en grande partie au secret qui entourait ce programme et à la situation de disette documentaire : la destruction systématique des archives policières a été voulue et organisée par le régime ; et l’historien doit donc composer avec d’énormes lacunes. Un seul _ et c’est déjà énorme ! _ des trente exemplaires du compte rendu de la conférence de Wannsee a par exemple survécu, miraculeusement retrouvé dans les archives du ministère des Affaires étrangères, moins pointilleux que d’autres instances en matière d’effacement des traces du crime _ un point de ce dossier fort important… Ces béances documentaires ne permettent donc pas de reconstituer _ bel et bien _ ce qui revient à chacun dans ce trio sanguinaire qui, au sommet, gérait la « solution finale » : Hitler, Himmler, Heydrich.

Heydrich avait depuis 1939 la responsabilité effective, officiellement renouvelée en juillet 1941 via Göring, de ce programme. Il travaillait pourtant sous les ordres immédiats de Himmler, dont on voit bien  _ en effet ! _ qu’il joua un rôle prépondérant dans la conception et la mise en œuvre de la « solution finale« . En avril 1940, ainsi, le Reichsführer _ Himmler _ rédigea un mémorandum sur les politiques de transferts de population, dans lequel il proposait d’expédier les Juifs vers une destination lointaine, où des antisémites, durant le demi-siècle précédent, avaient déjà imaginé les confiner : en Afrique (p. 101). Unique destinataire de ce programme délirant, Hitler le trouva à sa convenance et ordonna de le diffuser assez largement. Quelques semaines plus tard, les équipes du « Service central de sécurité du Reich » (RSHA) que Heydrich dirigeait et du ministère des Affaires étrangères travaillaient de conserve à la mise au point d’un gigantesque plan de transplantation des Juifs à Madagascar.

Himmler avait-il consulté Heydrich, en charge de la question, avant de présenter ses vues à Hitler ? Il est impossible de le savoir ; de la même manière que l’on ignore si, de 1939 à juin 1942, au moment où, avec la mort de Heydrich, se clôt le livre de Husson, des débats _ des discussions _, voire des oppositions _ des dissensions _ se sont fait jour entre les trois hommes sur la « question juive« . Quelques archives rescapées montrent que Hitler, à tel ou tel moment, avait refusé _ ou à tout le moins repoussé _ les plans proposés par ses subordonnés : en août 1941, il rejeta ainsi le plan du RSHA visant à procéder à une déportation immédiate des Juifs allemands, obligeant l’Office central à travailler sur d’autres schémas (p. 214) ; on sait également que la position de Hitler vis-à-vis des métis était moins radicale que celle de ses services. De manière générale, quoi qu’il en soit, le trio forme un ensemble impénétrable à l’historien, lequel se trouve donc réduit à conjecturer, en fonction de sa compréhension globale du phénomène, la répartition probable des rôles _ un point fort intéressant à éclaircir pour le chercheur-historien… On sera néanmoins reconnaissant à Husson d’avoir essayé _ avec plus de constance que Mario Dederichs [4], le précédent biographe de Heydrich, auquel l’auteur rend d’ailleurs un hommage appuyé _ de débrouiller ce point obscur ; même si, archives obligent, on ne pouvait malheureusement pas s’attendre à des éclaircissements décisifs.

De 1918 à 1941

Concernant le processus décisionnel de la « solution finale« , on pourrait résumer la thèse d’Édouard Husson en deux propositions : Hitler a donné l’ordre en novembre 1941 d’exterminer tous les Juifs d’Europe ; cet ordre était conforme aux plans que, dès janvier 1941, Heydrich lui avait soumis. Je passerai plus rapidement sur le premier axiome. Il s’inscrit en effet peu ou prou dans les bornes du débat scientifique sur cette question depuis plusieurs années. Avec la publication presque simultanées des monumentales _ indispensables ! _ synthèses de Christopher Browning [5] _ avec la collaboration de Jürgen Matthäus, « Les Origines de la solution finale. L’évolution de la politique antijuive des nazis. Septembre 1939-mars 1942«  _ et de Saul Friedländer [6] _ « Les Années d’extermination. L’Allemagne nazie et les Juifs. 1939-1945«  _, en se reportant aux ouvrages déjà anciens de Philippe Burrin [7] _ « Hitler et les Juifs. Genèse d’un génocide«  _ ou de l’auteur de la présente recension [8] _ « La « solution finale de la question juive » _ La technique, le temps et les catégories de la décision«  _, le lecteur français est à présent à même de constater par lui-même ce consensus : pour la très grande majorité des historiens, c’est au cours de l’automne 1941 que Hitler a ordonné le basculement vers une nouvelle phase de la « solution finale« , une phase meurtrière à laquelle aucun Juif ne devait survivre.

Selon Husson, la décision fut prise par Hitler le 9 novembre 1941 et communiquée sans délai à Himmler. Cette datation au jour près repose entièrement= exclusivement _ sur un témoignage d’après-guerre d’un témoin privilégié mais secondaire, le docteur Felix Kersten, masseur du Reichsführer _ Himmler _, selon lequel, le 11 novembre, Himmler lui aurait confié que l’on « projetait l’anéantissement des juifs«  (p. 277). Ces « Mémoires« , publiés dès 1947 [9], sont bien connus des historiens qui, il est vrai, en ont fait un usage prudent _ la nuance important, forcément, en ce travail d’« établissement des faits«  L’auteur va jusqu’à dire que « souvent, [ils] ne le prennent pas assez au sérieux« , ce qui, à mon sens, revient à évacuer un peu vite une difficulté majeure _ pour l’épistémologie de l’Histoire. En effet, la prudence des historiens se fonde _ avec toute la dimension de « légitimité«  qui s’attache, en effet, à ce concept (décisif !) _ en particulier sur les approximations chronologiques de Kersten, qui propose pour certains faits des dates que les archives ne confirment pas ou démentent [10] _ cf Peter Longerich qui fait un usage plus que circonspect de cette source : il ne reprend en particulier pas le passage sur lequel Husson fonde toute sa démonstration dans sa récente « Heinrich Himmler. Biographie« , parue à Munich, aux Éditions Siedler, le 3 septembre 2008 : une traduction en française sera urgemment bienvenue…

Ainsi, nous savons que le 10 novembre 1941, Himmler s’est fait couper les cheveux, puisque cela figure dans son Dienstkalender, son agenda professionnel, retrouvé après la chute du Mur de Berlin dans les archives soviétiques et dont une équipe d’historiens allemands a fait une publication admirable [11] _ »Der Dienstkalender Heinrich Himmlers 1941/42« , paru à Hambourg, aux Éditions Christians, en 1999 ; avec un même commentaire sur l’urgence bienvenue de la publication d’une traduction en français… Mais la même source n’indique pas que Kersten ait massé Himmler le 11 novembre [12], alors que quarante-six visites du masseur à son patient sont consignées pour l’année 1941, soixante-dix pour l’année 1942, et qu’il est loisible de constater que Himmler était sujet à des crises régulières au cours desquelles il avait recours à son masseur plusieurs fois par semaine. Peut-être l’exaltation consécutive au lancement de l’Opération Barbarossa avait-elle eu des effets analgésiques sur le chef de la Waffen-SS. En huit mois, dans tous les cas, du début du mois de juillet 1941 à la fin du mois de février 1942, Himmler rencontra son masseur à une seule reprise, le 1er décembre (encore était-ce pour un dîner intime avec Madame [13]). Le silence de l’agenda de Himmler sur une hypothétique visite de Kersten le 11 novembre 1941 ne constitue pas en soi une preuve _ certes ! _ que cette visite n’a pas eu lieu, mais elle aurait dû pousser l’historien, incapable d’apporter une preuve annexe, à jauger la source dans son ensemble _ avec souci d’évaluer son degré de fiabilité, surlignerai-je : qu’on me pardonne la redondance _, comme on le fait pour tous les documents problématiques _ un B-A, BA du travail de l’historien (et de tout scientifique : cf Karl Popper à propos du décisif critère de falsiabilité, in « Logique de la découverte scientique« )…

Cette datation permet à Édouard Husson de mettre en place une grille explicative sur les raisons pour lesquelles Hitler avait décidé à cette date d’exterminer les Juifs. Car on l’a bien compris : aucun historien ne s’ »agite » pour son seul plaisir à « dater » la décision de Hitler, comme certains feignent parfois de le croire. Si tant de spécialistes au cours des dernières décennies ont cherché à situer ce moment crucial, constituant au fil du temps un champ de recherche de plus en plus technique, c’est qu’ils ont supposé qu’une datation précise permettrait de mieux comprendre la logique de ce basculement _ voilà l’objectif DE FOND !!! _ : en relisant par exemple avec plus d’attention _ toujours améliorer la focalisation ! _ les discours publics ou privés tenus par les plus hauts responsables de l’État nazi au même moment ; en essayant de mettre au jour la logique des décisions prises dans la même période ; en contextualisant, en un mot, la prise de décision. Cette méthode, qui est la seule qui garantisse _ et encore (c’est re-dire l’importance des nuances de ce travail !) _ de ne pas trop divaguer, a été mise en œuvre de manière habile par Husson, qui constate une reviviscence, en cette période cruciale _ de novembre 1941 _, des attaques de Hitler contre les Juifs. Il analyse en particulier très longuement un de ses discours, le 9 novembre 1941, où il croit entrevoir des éléments rhétoriques impliquant implicitement un passage au meurtre. Entre un 9 novembre et l’autre, entre la défaite allemande de 1918 et l’ordre d’exterminer les Juifs, il existerait plus qu’une coïncidence : une relation de causalité _ hypothèse importante _ qui expliquerait le pourquoi _ dans la décision _ du génocide ; et que Hitler aurait symboliquement tenu à souligner en choisissant cette date anniversaire. En clair, c’est avant tout pour venger l’affront de 1918, dont _ dans sa folie paranoïaque _ il les jugeait responsables, qu’il aurait décidé de tuer les Juifs.

La thèse n’est pas nouvelle : Philippe Burrin l’avait déjà exposée dans son « Hitler et les Juifs. Genèse d’un génocide« , comme le rappelle l’auteur qui ne revendique sur ce point « aucune originalité » (p. 272). Il a tort. Son analyse, pour poursuivre celle de l’historien suisse, s’appuie sur un corpus plus vaste _ que celui sur lequel s’appuyait Philippe Burrin. Et elle comporte des éléments nouveaux (que l’on pourrait sans doute retrouver chez d’autres historiens), par exemple, sur la manière dont Hitler avait l’habitude de penser la problématique d’une possible défaite : il englobait alors systématiquement les Juifs dans la catégorie plus large des « ennemis de l’intérieur » _ comprenant,  par exemple, les internés des camps de concentration _ dont il prévoyait l’extermination en cas de danger immédiat (p. 112, p. 190, p. 219, p. 267). Pourtant, cette thèse me paraît écraser la pluralité de signification de cette décision : il s’agissait certes de venger 1918, mais il s’agissait aussi et surtout de ne pas perdre la guerre en mettant hors d’état de nuire ceux qui étaient susceptibles, une fois de plus, par leurs supposés comportements séditieux, de « voler la victoire » de l’Allemagne. Mais c’est là, après tout, une question d’interprétation, pas de faits, et c’est pourquoi elle doit rester ouverte _ pour ma part, j’ai « constaté«  ces 2 mêmes éléments liés (le traumatisme violentissime de la défaite de novembre 1918 ; et le souci de « tout«  faire pour ne pas subir en cette guerre-en-cours pareille catastrophique issue) dans les discours d’Himmler de Poznan les 4 et 6 octobre 1943, encadrant une rencontre des hauts-dirigeants SS avec Hitler, le 5, à la « tanière-du-loup« 

Wannsee avant Wannsee ?

Le second axiome de Husson est beaucoup plus problématique. Il heurte de plein fouet les tendances massives de l’historiographie depuis le début des années 1980. Qu’on le comprenne bien : ces évolutions ne sont pas le résultat de modes plus ou moins superficielles ; elles témoignent au contraire de ce que, la connaissance progressant avec l’apport de nouvelles sources _ et de progrès des analyses ! le savoir n’a rien de « simplement mécanique«  ; et nécessite tout un travail (complexe et sagace) de « jugement«  (cf Kant…) _, il a semblé impossible à la très grande majorité des historiens de reconstruire le passé _ puisque c’est en cela que consiste l’effort d’analyse et compréhension des historiens (de même qu’il s’agit de « construire«  une « explication« , pour tout scientifique) _ d’une autre manière qu’ils ne le font, en accord avec leur documentation. L’évolution la plus marquante concerne le moment où la question de la mise à mort systématique des Juifs a été planifiée. Pendant longtemps, et pour des raisons qui s’expliquent historiquement, on a pensé que Hitler avait décidé l’extermination totale des Juifs à une date précoce. Était-ce seulement en son for intérieur ? ou bien en avait-il parlé à ses subordonnés ? Était-ce avant la guerre ? ou au début de 1941 ? Les réponses apportées à ces questions cruciales différaient suivant les auteurs, qualifiés après coup d’ »intentionnalistes«  [14] . Au cours des années 1980, cependant, un consensus s’est dégagé parmi les historiens, duquel peu s’éloignent : aucun ordre d’extermination totale n’a été donné avant le lancement de l’Opération Barbarossa ; les Einsatzgruppen ont agi dans un premier temps sur la base d’instructions étroitement délimitées, puis ont étendu leur action meurtrière suivant une logique et en fonction d’ordres qui n’ont pas fait l’objet, jusqu’à présent, d’une narration détaillée susceptible de provoquer l’adhésion de la communauté historique ; ce n’est qu’à l’automne 1941 que Hitler décida l’extermination des Juifs soviétiques, puis celle de l’ensemble des Juifs d’Europe.

Pour Édouard Husson, au contraire, Heydrich, en accord avec Hitler et Himmler, avait planifié cette extermination dès janvier 1941. La démonstration est parfois _ en effet, je l’ai moi aussi constaté en suivant le détail de ce livre _ passablement embrouillée et difficile à suivre. Cela tient en partie au mode d’exposition strictement chronologique choisi par l’auteur. Il me semble qu’il aurait eu meilleur compte de partir de son intuition, pour la déployer ensuite avec toutes les conséquences qu’elle entraîne pour la compréhension du phénomène dans son ensemble. C’est cette logique d’exposition que je vais reprendre ici : je crois en effet qu’elle rend mieux compte de l’effort de l’auteur, de ses présupposés et des obstacles auxquels il s’est trouvé confronté, et qu’il a essayé de franchir de manière plus ou moins satisfaisante suivant les cas.

L’intuition _ d’Édouard Husson _ tient en quelques mots : l’exposé de Heydrich lors de la conférence de Wannsee, le 20 janvier 1942, dont nous connaissons le contenu grâce au seul exemplaire restant du compte rendu, reflète de manière fidèle les planifications élaborées un an plus tôt, en janvier 1941, par Heydrich à l’attention de Hitler. L’auteur pense avoir retrouvé un maillon intermédiaire entre ces deux phases dans un document non daté connu depuis la fin de la guerre, les « directives pour le traitement de la question juive à l’Est » (p. 198-207) ; il le date du printemps 1941. L’homologie est, selon Édouard Husson, tellement parfaite qu’il n’hésite pas, à plusieurs reprises, à citer le compte rendu de Wannsee avant que la réunion ne se soit tenue, pour rendre compte d’états antérieurs de la politique nazie (p. 122-123). Tout se passe ainsi comme si, au lieu d’étudier les esquisses qui ont permis d’arriver _ ainsi « significativement«  ! _ au tableau final, on plaquait _ illégitimement _ celui-ci sur celles-là pour s’étonner de la coïncidence. Cette thèse _ qui implique que, dès janvier 1941, Hitler avait pris une décision qu’il ferait connaître en novembre suivant, celle d’exterminer tous les Juifs _ constitue le cœur du livre et, à coup sûr, sa partie la plus ambitieuse. Le problème est qu’elle est fausse.

Prodromes 1 : Pologne 1939

Avant de justifier cette assertion, je vais m’attarder sur les conséquences que cette erreur a eues dans la compréhension globale de l’évolution de la « solution finale » entre 1940 et 1941 chez l’historien français. Si Husson se distingue de ses pairs sur un point à vrai dire crucial, il les suit en revanche sur quelques autres : ainsi, il n’arrive pas à se départir de l’idée _ iconoclaste hier, consensuelle aujourd’hui _ selon laquelle le basculement vers le meurtre a été très progressif. Hitler n’a pas décidé de tuer les Juifs en se levant un matin, alors que la veille encore il n’imaginait pas le meurtre possible. Cette radicalisation, Édouard Husson l’observe dès les débuts de l’occupation de la Pologne en septembre 1939, à la suite du pacte germano-soviétique. Il s’appuie en particulier sur des recherches récentes [15] sur cette période longtemps négligée, à tort, par les historiens. Dès l’automne 1939, les nazis ont mis en œuvre un asservissement de la population polonaise qui passait par un programme systématique d’extermination des élites : prêtres, nobles, fonctionnaires, universitaires _ et Juifs. Sans doute l’auteur est-il trop tenté de lire cette politique criminelle à rebours, en traçant des parallèles avec ce qui adviendrait deux ans plus tard en URSS, suivant une lecture rétrospective qui ne fait pas assez la place à d’autres évolutions possibles (ces « compossibles non-réalisés » dont parlait Paul Veyne). Mais c’est son mérite d’avoir intégré à son récit les apports les plus récents de l’historiographie.

Prodromes 2 : des chambres à gaz à Madagascar ?

Le deuxième moment fort de cette montée en radicalité est situé par l’auteur durant l’été 1940, au moment où le RSHA _ que dirigeait Heydrich _ travaillait au plan Madagascar. L’auteur, suivant les mots du préfacier, « réussit à montrer l’existence d’une pensée intrinsèquement génocidaire depuis l’été 1940 chez le chef de la Police de sécurité » (p. 11). Examinons les éléments qu’Édouard Husson rassemble pour établir la dimension criminelle de ce plan de transplantation. De ce plan, il nous dit ici qu’il « aurait abouti à la mort de nombreux déportés, sinon de la majorité d’entre eux«  (p. 103) etqu’ »une majorité, vraisemblablement écrasante, des victimes d’une telle déportation auraient trépassé durant le trajet ou peu après leur arrivée«  (p. 111). La progression entre les deux passages vient à mon sens de ce qu’Édouard Husson, après la seconde citation, esquisse un projet plus radical encore : celui d’une « extinction » de la population juive déportée à Madagascar (p. 112).

Sans doute, le transfert d’environ quatre millions de personnes et leur installation dans un environnement hostile, sans véritables préparatifs, auraient entraîné la mort de dizaines de milliers de personnes, mais il ne semble pas douteux que, dans le même temps, le projet Madagascar supposait la survie à long terme de cette communauté. Les Juifs vivoteraient, ils seraient dans le pire des cas coupés du monde, sous la férule directe du RSHA (Hitler parlait lui d’un « État juif » p. 104). Mais ils survivraient. Si insensés qu’ils nous apparaissent, les plans du RSHA et du ministère des Affaires étrangères étaient en effet soucieux de cette survie : interrogations sur les ressources nourricières de l’île, esquisse d’une économie dirigée autarcique, programmes de grands travaux d’aménagement, etc…

Ces très longs et très détaillés plans élaborés par les deux institutions n’ont ainsi pas pu permettre à l’historien de construire la dimension criminelle du programme. Il arrive à ces conclusions par d’autres voies _ moins légitimes _, en calquant _ sans assez de preuves pour le justifier _ Wannsee sur le plan Madagascar. Dans les deux cas, après tout, on prévoit de faire travailler les Juifs, lesquels seraient bien sûr forcés, dans la colonie française, de construire les infrastructures dont leur survie même dépendrait ; la finalité pourrait ainsi avoir été la même. On remarquera ici que, s’il est difficile de dater avec précision le moment où le travail lui-même _ « Arbeit macht frei«  fut considéré comme une manière comme une autre _ (!) _ de tuer le maximum de Juifs, une telle politique fut revendiquée officiellement pour la première fois seulement à Wannsee, par Heydrich ; et que l’expression qui la résume et la symbolise le mieux, « l’extermination par le travail« , n’a été employée que dans deux documents nazis, à la fin de l’été 1942. Il est donc pour le moins hasardeux _ faute d’une chronologie mieux « probante«  _ de plaquer une conception sur l’autre.

Mais cela a moins de sens encore de supposer que, suivant le schéma explicité dix-huit mois plus tard à Wannsee, on imaginait dès l’été 1940 envoyer des « Einsatzgruppen » à Madagascar, dans le but éventuel de tuer les Juifs qui survivraient à ce travail forcé (p. 112). Des « Einsatzgruppen » à Madagascar, vraiment ? Non, car si l’on revient une page en arrière, on s’aperçoit avec soulagement qu’il s’agissait seulement d’un « Vorkommando de la Sicherheitspolizei«  dans lequel l’auteur voyait, à la différence de tous ses prédécesseurs, un premier jalon  « de la création d’un Einsatzgruppe«  (p. 111), c’est-à-dire d’une de ces troupes mobiles d’exécution qui s’illustreraient en URSS un an plus tard. Dès lors, tout s’explique, et de manière moins dramatique : la Police de sécurité imaginait expédier des millions de Juifs à Madagascar à brève échéance ; il était donc nécessaire qu’un commando de l’institution en charge du programme fût envoyé en éclaireur pour vérifier que les données collectées depuis l’Allemagne étaient fidèles à la réalité du terrain ; et préparer l’arrivée massive de cette population, au cours des quatre années suivantes. D’ailleurs, selon le Langenscheidts Grosswörtebuch Französisch, un Vorkommando est « un détachement précurseur (chargé de préparer le campement)« . Sic. Rien, vraiment, de criminel à cela.

Mais comment, dès lors, interpréter le fait que Himmler participait dans le même temps à deux réunions d’élaboration concernant la mise à mort des handicapés juifs d’Allemagne (p. 55), dans le cadre de l’Opération T4 d’extermination des malades mentaux, allemands et juifs ? Et était-ce seulement une coïncidence si, au même moment, la Chancellerie du Führer avait proposé ses services pour le transport des Juifs (p. 113), alors même qu’elle pilotait cette opération de meurtre des handicapés en utilisant une méthode, les chambres à gaz, qui serait reprise à une échelle incomparable dans les camps d’extermination ? Dans le premier cas, la réponse est simple. On sait qu’à l’été 1940, Himmler a eu deux réunions avec les responsables du ministère de l’Intérieur : l’historien américain Richard Breitman, sur lequel se fonde Édouard Husson et dont les travaux, souvent pionniers, ne témoignent pas toujours d’un excès de prudence dans le maniement des sources, a indiqué dans « Himmler, architecte du génocide » _ paru en 1991 chez l’éditeur « The Bodley Head Ltd« , non traduit en français et actuellement indisponible _, qu’il était « possible » que ces deux réunions _ sur lesquelles on ne sait donc rien si ce n’est qu’elles ont eu lieu _ aient eu un rapport avec ces questions [16] _ on appréciera le poids de ce conditionnel… La possibilité, déjà très hypothétique de Breitman, est devenue chez Husson une certitude que je ne partagerai pas.

Quant à la proposition de la Chancellerie du Führer, il n’est pas imaginable que, dans le cas où elle aurait équivalu à une offre de service non pas pour le transport, mais pour le gazage des Juifs, elle eût été adressée au ministère des Affaires étrangères, et non, en toute logique, à Himmler ou à Heydrich. L’ambition de la Chancellerie était simplement de faire profiter _ très pragmatiquement (pour des raisons d’efficacité technique et d’économie !) : c’est aussi une composante forte des pratiques nazies _ l’État nazi des capacités d’organisation de transport qu’elle avait acquise avec les malades mentaux, dans ce futur plus ou moins proche où l’Opération T4 serait achevée. Elle se comportait en cela comme toute administration : elle cherchait à préserver son périmètre (voire à l’agrandir) et essayait dans le même temps de mettre un pied dans une opération considérée comme centrale par Hitler, espérant en tirer des bénéfices ultérieurs.

Des chambres à gaz à Madagascar, comme l’implique le récit de Husson, personne dans l’appareil d’État nazi n’a jamais, jusqu’à plus ample informé, imaginé en installer. Il ne semble pas non plus qu’avec de tels arguments la présence d’une « pensée intrinsèquement génocidaire » dans le « Plan Madagascar » puisse être considérée comme prouvée.

Prodromes 3 : les Einsatzgruppen en URSS occupée

Car les preuves deviennent indispensables quand, ayant quitté le domaine malléable par nature de l’interprétation, on prétend établir des faits _ et voilà bien l’enjeu de fond, ici ! _, à l’opposé de ce que disent explicitement les archives et en rupture avec la tradition scientifique de lecture de ces documents. Une démonstration similaire, plus technique encore, serait souhaitable pour le chapitre consacré aux massacres de juifs par les Einsatzgruppen à l’été 1941. Dans la reconstruction _ que conteste ici Florent Brayard _ de l’auteur, en effet, à partir du moment où l’intention d’extermination des Juifs est présente dès janvier 1941, il est nécessaire qu’elle ait trouvé une première mise en application sur le terrain dès les mois suivants. À l’inverse, donc, de la presque totalité des historiens travaillant depuis trente ans cet objet, Édouard Husson estime que des ordres d’extermination générale des Juifs soviétiques avaient été délivrés par Heydrich avant l’invasion de l’URSS. Je ne vais pas me livrer ici à cette démonstration, pour une raison simple : on ne prétend pas inverser en dix-huit pages (p. 153-171) une tendance de l’historiographie si marquée qu’elle en paraît irréversible. Sans doute, dans l’évolution chaotique des massacres de Juifs sur les territoires soviétiques occupés, bien des choses nous échappent, et l’on trouve parfois des indications incohérentes. Mais, si ces incohérences rendent insatisfaisantes les récits disponibles en ce qu’ils n’arrivent pas à les intégrer harmonieusement, les objections qu’on pourra faire à l’interprétation hétérodoxe d’Édouard Husson sont encore plus massives, si massives même qu’elles dispensent le spécialiste de la prendre sérieusement en considération. La question qui se trouve en jeu ici est classique : c’est celle  _ déterminante, en effet, et cruciale !!! _ de la charge de la preuve.

Un disciple d’Edgar Poe

Reste donc l’intuition centrale, dont on vient de voir quelques unes des acrobaties auxquelles elle a contraint l’auteur. Elle concerne le compte rendu de la conférence de Wannsee du 20 janvier 1942, rédigé par Eichmann après-coup, qui constitue, à n’en pas douter, le document maître des études concernant l’extermination des Juifs, et sur lequel une énorme bibliographie s’est concentrée [17]. Ce texte est tristement fameux. Après avoir dressé un rapide historique de la « solution finale », Heydrich, qui présidait cette réunion interministérielle au plus haut échelon de la hiérarchie administrative, exposa le contenu d’un programme que, depuis des mois, en accord avec Himmler et Hitler, il était chargé d’élaborer. Il disait :

« L’émigration doit maintenant être remplacée, avec l’aval du Führer, par l’évacuation des Juifs vers l’Est. […] Dans le cadre de la solution finale, les Juifs devront être utilisés comme force de travail à l’Est avec l’encadrement voulu et dans des conditions adéquates. Les Juifs aptes au travail seront regroupés dans de grandes compagnies séparées selon les sexes, puis déportés vers l’Est en construisant des routes, la plupart d’entre eux étant ainsi probablement éliminés par voie naturelle. Le stock restant à l’arrivée, composé sans aucun doute des éléments les plus résistants, devra être traité de manière appropriée. Au terme de cette sélection naturelle, une libération reviendrait à préserver un noyau fertile à partir duquel un renouveau juif pourrait se développer (voir les exemples fournis par l’Histoire) » [18].

Comme on peut l’imaginer, cette présentation a fait l’objet de nombreuses interprétations, souvent contradictoires. Cela tient principalement à ce qu’elle ne coïncide pas avec la manière dont finalement le génocide des Juifs a été réalisé : dans les chambres à gaz d’Auschwitz, de Sobibor, Treblinka ou Belzec, de Chelmno, dans des camions à gaz itinérants, ou sous les balles des unités de sécurité, avec une effroyable rapidité, particulièrement après la fin du printemps 1942. On a estimé parfois qu’il s’agissait là d’un exemple frappant de camouflage, grâce aux ressources de la langue administrative, d’un objectif beaucoup plus brutal et sans doute plus franchement exposé. Dans le silence concernant les femmes et les enfants juifs, on a pu voir une allusion en creux aux camps d’extermination où, après sélection, ils étaient directement exterminés. Une fois encore, l’analyse de ce document complexe, et parfois abscons, a varié au cours du temps, mais on estime généralement à l’heure actuelle que Heydrich avait présenté à Wannsee la politique qu’il imaginait, à ce moment, mettre en place, avec un recours plus ou moins important au travail forcé, conçu comme une méthode parmi d’autres de mise à mort, et parallèlement un programme d’assassinat à grande échelle. Mais l’on ne s’accorde pas sur l’ampleur de cette mise au travail, la période pendant laquelle elle serait appliquée, ni le moment où il faudrait recourir au meurtre.

À cette complexité intrinsèque, Édouard Husson ajoute un élément _ extrinsèque _ de confusion. À l’instar du héros de « La Lettre volée » d’Edgar Poe, il croit avoir découvert le document que tous les historiens cherchaient sans se rendre compte qu’ils l’avaient sous leurs yeux. Dès la fin de l’année 1940 ou au début de 1941, en effet, Heydrich avait rédigé et présenté à Hitler et Göring une première planification de la « solution finale« , que nous connaissons seulement par des références indirectes. Ce document fondamental, dont la découverte nous permettrait de mieux comprendre la genèse de ce programme, aurait, à en croire Husson, toujours été là, à portée de vue : il se serait tout simplement agi de l’exposé de Heydrich à Wannsee dont j’ai cité ci-dessus le passage le plus important.

Ma citation diffère en un point important avec la sienne. Selon Husson, ce ne seraient pas « les Juifs » « à l’Est » (c’est-à-dire les Juifs déportés à l’Est) mais les « Juifs de l’Est«  (p. 122) qui seraient soumis au travail forcé avant extermination ultime. Pourtant le texte allemand ne laisse pas d’ambiguïté : « Unter entsprechender Leitung sollen nun im Zuge der Endlösung die Juden in geeigneter Weise im Osten zum Arbeitseinsatz kommen« . Mot à mot, on traduirait cette phrase de la manière suivante : « Avec l’encadrement voulu, les Juifs devront dans le cadre de la solution finale être utilisés dans des conditions adéquates à l’Est comme force de travail. » Elle interdit donc l’interprétation de Husson, lequel sait très bien qu’il n’y a qu’une expression allemande pour désigner les « Juifs de l’Est« , Ostjuden : il l’emploie deux pages plus loin, et ailleurs encore.

Paradoxalement, c’est cette erreur qui explique tout le livre dense qu’a écrit l’historien français, dans la mesure où elle a suscité une intuition subtile, mais aussi erronée qu’était inexacte sa traduction. Dans sa logique, il est incohérent que Heydrich ait décrit de manière aussi précise, en janvier 1942, le sort à venir des Juifs soviétiques, alors même que, depuis six mois, des centaines de milliers d’entre eux avaient été assassinés dans des fosses communes, sous les balles des unités de sécurité. Pour résoudre cette contradiction, il a imaginé que ce passage renvoyait à un état antérieur de la planification, un an plus tôt. De contradiction, à vrai dire, il n’y en a pas, tant il est frappant de constater que Heydrich au cours de la réunion a évité d’aborder le sort des Ostjuden. Ils ne firent leur entrée dans la discussion que quelques minutes avant la fin de la réunion, par une question du responsable du Gouvernement général _ dans l’ancienne Pologne, occupée et « charcutée«  par les nazis _ qui, s’impatientant de ne rien entendre concernant les Juifs polonais, proposa « que la solution finale soit tout d’abord appliquée sur son territoire« . Elle le fut, certes, mais pas sous la forme que Heydrich avait décrite : dans les chambres à gaz de Belzec, deux mois plus tard.

L’intuition et la preuve

De fait, et d’autres l’avaient remarqué avant lui, les documents administratifs nazis n’étaient pas différents de ceux que produisent toutes les administrations du monde : quand on rédige une nouvelle présentation d’un programme sur lequel on travaille depuis des mois, on ne fait pas table rase de tout ce que l’on a écrit, on reprend des passages de textes antérieurs, qu’on amende le cas échéant. Une chose, cependant, est de constater la migration, pour reprendre l’expression de Jean-Pierre Faye, de cellules discursives entre un texte et l’autre [19]. Mais c’est une autre chose, partant d’un document, d’estimer du bout levé du doigt que telle partie a été rédigée à telle époque, qu’un ajout a été fait à telle autre, que cette précision est venue en dernier lieu. On aimerait certes pouvoir procéder à une telle génétique textuelle, qui approfondirait considérablement notre connaissance. Mais il faudrait pour ce faire disposer d’un ensemble de versions d’un même document. Or, en l’occurrence, on n’en dispose pas. La dextérité avec laquelle Édouard Husson date telle ou telle phrase du compte rendu de la conférence de Wannsee (par exemple p. 321), ou de la lettre de Göring réaffirmant la responsabilité de Heydrich dans la conception de la « solution finale« , le 31 juillet 1941 (p. 191-198), ne doit pas impressionner : tant qu’il n’aura pas trouvé d’autres sources confirmant son analyse, on ne pourra la considérer que comme une simple fantaisie _ c’est-à-dire hypothèse non recevable.

Ce qu’il faudrait, encore une fois, ce sont des preuves _ attestées, avérées. Édouard Husson croit en avoir trouvée une avec les « directives pour le traitement de la question juive à l’Est« , un document rédigé par le RSHA _ le service que dirigeait Heydrich _, disponible depuis l’après-guerre dans les archives du procès de Nuremberg, mais peu souvent exploité par les historiens, sans doute parce qu’il n’est pas daté. Ce « document clé pour [la] démonstration » évoque la manière dont, sur les territoires soviétiques occupés, devait être mise en œuvre la politique antijuive. Plus encore, il dessinerait « le tableau complexe d’un projet génocidaire global, qui rendait possible, par des formules codées, la mise à mort rapide d’un certain nombre d’individus [juifs] et qui priverait les autres de leurs repères identitaires et communautaires pour les transformer en main d’œuvre d’immenses camps de concentration«  (p. 205-206). Il n’est pas lieu ici d’exposer longuement l’analyse serrée qui permet à l’historien d’arriver à ce résultat. Prenons les choses autrement : Édouard Husson découvre, dans ces « directives« , de multiples correspondances avec des questions qui seraient abordées à Wannsee ou des formulations qui y seraient employées. Dans la mesure où il date _ c’est l’action  opératoire _ ce « document clé » de mars 1941, ces correspondances doivent être considérées comme des préfigurations _ voilà le concept _ des formules et des idées formulées ultérieurement à Wannsee : c’est d’ailleurs tout le sens de sa démonstration.

Or tout montre que ces prétendues préfigurations sont des réminiscences. En réalité, ces « directives pour le traitement de la question juive à l’Est » ont été rédigées après Wannsee. Et c’est là, non pas une simple déduction, mais un fait, que les archives documentent et que Cornelia Essner a magnifiquement étudié dans un livre important [20] : « Die « Nürnberger Gesetze » oder Die Verwaltung des Rassenwahns. 1933-1945« , paru en juillet 2002, aux Éditions Schöningh. En réalité, ces « directives » constituent une réponse aux instructions sur le « traitement de la question juive« , émises au début de septembre 1941 par le ministère des Territoires occupés de l’Est (Reichsministerium für die besetzten Ostgebiete, abrégé RMO) [21]. Elles en reprennent le caractère détaillé, la structuration par sujets, dont l’intitulé peut d’ailleurs varier entre les différentes versions. Plus encore, on retrouve dans les « directives » du RSHA des phrases entières qui viennent directement des instructions du RMO _ et c’est là un exemple frappant et avéré de migration de discours. Un tel état de fait invalide déjà la datation d’Édouard Husson, lequel, sauf erreur de ma part, ne cite pas le document du RMO. Mais il y a plus. Ces instructions reprennent la définition du « Juif« , tel qu’elle figure dans un projet discuté et approuvé le 29 janvier 1942, une semaine après la conférence de Wannsee, lors d’une très importante réunion [22]. Qui plus est, le rédacteur reprend ici ou là des formulations assez proches de celles employées à Wannsee par Heydrich, par exemple sur la séparation des sexes [23]. Enfin, les « directives » _ rédigées donc après Wannsee et, pour une part au moins, après le 29 janvier 1942 _ furent adressées le 4 février 1942 seulement par le RSHA au ministère de l’Est [24], un an presque après la date à laquelle, selon Édouard Husson, contre toute logique, avait choisi de situer leur rédaction. Les « directives » constituent bien un maillon dans l’histoire de la conception du génocide, mais l’historien a placé ce maillon au mauvais endroit de la chaîne _ voilà l’argument décisif de Florent Brayard contre ,la « re-construction«  d’Édouard Husson _ privant ainsi une démonstration peu concluante d’un argument supposé décisif.

De l’erreur

J’arrêterai ici ma démonstration. J’ai relevé un certain nombre d’autres erreurs, mais elles sont moins déterminantes ; et on aura bien compris que le livre de Husson m’intéressait essentiellement en tant qu’indicateur ou même en tant que symptôme. En traduisant, nous faisons tous des contresens ; et souvent, comme par un fait exprès, ils s’accordent à la ligne générale de notre démonstration. Des erreurs, chacun aussi en commet : je tiens régulièrement à jour la liste des miennes _ car l’esprit de recherche (scientifique ; et, donc, y compris, historique) procède principalement par expérimentation par « résistance aux essais de falsification«  (cf Popper) ; sinon « vérification«  (comme le disait Claude Bernard en son « Introduction à l’étude de la médecine expérimentale« ) ; ou « confirmation«  ; et doit demeurer, le premier, le plus possible auto-critique de lui-même ; y compris de ses erreurs d’inadvertance, bien sûr ! _, mais je renonce de noter celles que je rencontre à la lecture de tous mes prédécesseurs ou collègues, de Hilberg à Friedländer, de Browning à Burrin, parce qu’elles n’attentent pas à l’essentiel. L’erreur fait partie de la science _ cf Gaston Bachelard : « La Formation de l’esprit scientifique« , Karl Popper, François Dagognet : « Anatomie d’un épistémologue«  (aux Éditions Vrin, en 1992), etc…  ; de même qu’Alain, en ses « Propos«  : « Penser, c’est dire non »_, on doit la regretter et la corriger aussi souvent qu’il est possible, sans s’illusionner toutefois en rêvant au livre parfait. Le livre parfait est celui qu’on n’écrit pas : au sens propre le livre à venir, qui ne verra jamais le jour. S’il existe ainsi une tolérance scientifique en matière d’erreurs, il ne convient pas non plus de les multiplier, ni d’en faire les piliers d’une analyse si radicalement fausse.

Peut-on lire « Heydrich et la solution finale«  comme un indicateur ? On pourrait dire, à tout le moins, qu’il témoigne du niveau de technicité auquel est parvenu le débat sur le processus décisionnel ayant conduit à l’extermination des Juifs. Il suppose en effet d’avoir non seulement une vision généalogique de l’ensemble de l’historiographie, mais également un spectre très large de connaissances, d’autant plus difficile à constituer que les études se sont multipliées au cours des dernières années à un rythme si soutenu qu’il n’est plus possible de les lire toutes. Le coût d’entrée dans le débat est ainsi particulièrement lourd. On pourra supposer, par ailleurs, que l’échec de la démonstration d’Édouard Husson est aussi _ paradoxalement _ le contrecoup paradoxal de la maturité de l’historiographie de la Shoah. On l’a vu, cette dernière a été traversée, au cours de ces dernières années, par des évolutions profondes qui tenaient à la fois à un affinement des connaissances et à la nouvelle situation documentaire liée à l’exploitation des archives nazies tenues secrètes par le régime soviétique jusqu’à sa chute _ un apport important ! A défricher, analyser, exploiter pour de nouvelles perspectives… Ces convergences rendent d’autant plus difficile l’éclosion d’hypothèses vraiment neuves dans un domaine aussi souvent arpenté. Sauf exception, l’erreur pourrait, en un sens, constituer désormais la condition nécessaire à l’élaboration de théories se posant en rupture avec la tradition historiographique. Et c’est en ceci, je crois, que le livre d’Édouard Husson pourrait être également vu comme un symptôme _ seulement éditorial ? ou de positionnement universitaire ? La position de Florent Brayard peut alors être qualifiée de « sévère«  À ce tournant de l’historiographie où tout semble avoir été écrit, comment faire, en effet, sans répéter indéfiniment ses prédécesseurs, pour continuer à écrire _ ou renouveler les analyses, et améliorer la compréhension ? je ne partage pas cette sévérité ; du moins théorique générale ; sans me prononcer sur l’occurrence du livre d’Édouard Husson… L’Histoire se ré-écrit ; et progresse… _ l’histoire de ce gigantesque drame ?

par Florent Brayard [12-02-2009]

Aller plus loin

Sur La Vie des Idées  :

- la recension du livre Saul Friedländer « Les Années d’extermination. L’Allemagne nazie et les Juifs. 1939-1945« , par Ivan Jablonka : « 1939-1945 : les Allemands exterminent les Juifs« .

- l’entretien « Langue des bourreaux, langue des victimes« , avec Saul Friedländer et Pierre-Emmanuel Dauzat.

Notes

[1] Paris, PUF, 2000. Voir également : « Une culpabilité ordinaire ? Hitler, les Allemands et la Shoah. Les enjeux de la controverse Goldhagen« , Paris, François-Xavier de Guibert, 1997.

[2] Avec Michel Terestchenko, « Les Complaisantes. Jonathan Littell et l’écriture du mal« , Paris, François-Xavier de Guibert, 2007.

[3] « L’Europe contre l’amitié franco-allemande. Des malentendus à la discorde« , Paris, François-Xavier de Guibert, 1998 ; « Pie XII, le point de vue de l’historien« , Paris, François-Xavier De Guibert, s.d. ; « Une autre Allemagne« , Paris, Gallimard, 2005.

[4] Mario R. Dederichs, « Heydrich« , Paris, Tallandier, 2007.

[5] Christopher Browning, avec la collaboration de Jürgen Matthäus, « Les Origines de la solution finale. L’évolution de la politique antijuive des nazis. Septembre 1939-mars 1942« , Paris, Les Belles Lettres, 2007.

[6] Saul Friedländer, « Les Années d’extermination. L’Allemagne nazie et les Juifs. 1939-1945« , Paris, Seuil, 2008. Voir la recension de ce livre par Ivan Jablonka sur La Vie des Idées, 29 février 2008 : « 1939-1945 : les Allemands exterminent les Juifs » ; et l’entretien d’Ivan Jablonka avec Saul Friedländer : « Langue des bourreaux, langue des victimes« .

[7] Philippe Burrin, « Hitler et les Juifs. Genèse d’un génocide« , Paris, Seuil, 1989.

[8] Florent Brayard, « La « solution finale de la question juive ». La technique, le temps et les catégories de la décision« , Paris, Fayard, 2004.

[9] Herma Briffault (dir.), « The Memoirs of Doctor Felix Kersten« , Garden City, New York, Doubleday, 1947.

[10] Dans sa nouvelle biographie de Himmler, Peter Longerich fait un usage plus que circonspect de cette source ; il ne reprend en particulier pas le passage sur lequel Husson fonde toute sa démonstration (« Heinrich Himmler. Biographie« , Munich, Siedler, 2008, voir en particulier p. 394 et 972).

[11] Peter Witte, Michael Wildt, Marina Voigt, Dieter Pohl, Peter Klein, Christian Gerlach, Christoph Dieckmann, Andrej Angrick, « Der Dienstkalender Heinrich Himmlers 1941/42« , Hamburg, Christians, 1999.

[12] Ibid., p. 259. Sauf erreur de ma part, l’auteur oublie de rappeler ce fait.

[13] Ibid., p. 281.

[14] La dichotomie entre « intentionnalisme » et « fonctionnalisme » a servi, un temps, à classer les intervenants dans le débat. Elle est aujourd’hui pratiquement tombée en désuétude, dans la mesure où elle ne permet plus de rendre compte les fractures qui traversent ce domaine d’étude.

[15] Michael Mallmann, Bogdan Musial (dir.), « Genesis des Genozids. Polen 1939-1941« , Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 2004 ; Alexander B. Rossino, « Hitler Strikes Poland. Blitzkrieg, Ideology, and Atrocity« , Lawrence, University Press of Kansas, 2003.

[16] Je me fonde ici sur la traduction allemande du livre de Richard Breitman, « Der Architekt der « Endlösung ». Himmler und die Vernichtung der europäischen Juden« , Paderborn, Schöningh, 1996, p. 185, note 121.

[17] Pour ne citer que les plus importants : Christian Gerlach, « Sur la conférence de Wannsee« , Paris, Liana Levi, 1999 ; Kurt Pätzold et Erika Schwarz, « Tagesordnung : Judenmord. Die Wannsee-Konferenz am 20. Januar 1942« , Berlin, Metropol, 1998 ; Mark Roseman, « Ordre du jour Génocide le 20 janvier 1942. La conférence de Wannsee et la Solution finale« , Paris, Louis Audibert, 2002 ; Peter Longerich, « Die Wannsee-Konferenz Vom 20. Januar 1942 : Planung Und Beginn Des Genozids an Den Europaischen Juden« , Berlin, Hentrich, 1998.

[18] Je reprends ici la traduction du mémorial de la Maison de la Conférence de Wannsee (http://www.ghwk.de/franz/frproto.htm->http://www.ghwk.de/franz/frproto.htm).

[19] Ainsi, on trouve dans différents documents l’idée, exprimée à Wannsee, que l’Europe devait être « peignée d’Ouest en Est« , même si ce dispositif ne sera jamais mis en place (p. 123, p. 221).

[20] Cornelia Essner, »Die « Nürnberger Gesetze » oder Die Verwaltung des Rassenwahns. 1933-1945« , Paderborn, Schöningh, 2002 (voir également Florent Brayard, »La « solution finale de la question juive »« , op. cit., p. 404 et suivante).

[21] Ibid., p. 372.

[22] Ibid., p. 372-373.

[23] Ibid., p. 373-374.

[24] Ibid., p. 372.

Titus Curiosus, ce 13 février 2009

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