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Un compositeur à découvrir : Josef Myslivecek (1737 – 1781)

02juil

Parmi les compositeurs contemporainsde la génération précédente, et ami personnel _ de Mozart (1756 – 1791) à Vienne,

le compositeur bohème Josef Myslivecek (1737 – 1781)

est particulièrement intéressant.

Et c’est en Italie, à Bologne et Milan _ ainsi, aussi, qu’une dernière fois à Munich _, que Myslivecek et Mozart se rencontrèrent

et développèrent une fidèle et musicale amitié.


Or voici que paraît un double album _ Passacaille 1053 _

consacré à un oratorio (de 1771) de Myslivecek

_ donné à Florence en présence du Grand  Duc de Toscane, le futur empereur Leopold II : la création eut lieu le 24 mars 1771 _

Adamo e Eva :

par Il Gardellino,

dirigé par Peter van Heygen,

avec Roberta Mameli (l’Ange de Justice), Alice Rossi (l’Ange de Miséricorde), Luciana Mancini (Eve) et Valerio Contaldo (Adam).

Un charme très prenant

est ici présent

au rendez-vous de notre écoute.

Un très précieux gain de la discographie !

Et qui donne assurément envie d’en connaître bien davantage

de l’œuvre de ce compositeur tchèque (dit « Il Boemo« ).

Notamment pour son œuvre d’oratorio et d’opéra.


Ce mardi 2 juillet, Titus Curiosus – Francis Lippa

L’enchantement d’un merveilleux CD, avec cornet, d’Adrien Mabire et La Guilde des Mercenaires

20mai

Dans un répertoire très proche _ du moins pour le lieu, l’époque et les compositeurs _

des deux CDS que je viens de chroniquer

hier et avant-hier,

voici,

et cette fois avec une mise en valeur _ superbe _ du cornet,

dont joue Adrien Mabire,

qui dirige aussi son ensemble de La Guilde des Mercenaires,

un magnifique CD _ Encelade ECL 1703 _

pour des œuvres d’autour, à nouveau 1600, et en Italie,

des compositeurs :

Ippolito Tartaglino,

Orlando di Lasso,

Giovanni Battista Fontana,

Giovanni Valentini,

Giovanni Paolo Cima,

Giovanni Pierluigi da Palestrina,

Dario Castello,

Cypriano de Rore,

Biagio Marini,

Giovanni Antonio Bertoli

et Giovanni Antonio Ricci.

Il se trouve que ce jour ce CD reçoit une chronique extrêmement élogieuse

_ et merveilleusement méritée _

de Stéphane Reecht, sur le site Res Musica

intitulée La Guilde des Mercenaires, l’ampleur du geste


Mottetti et Canzoni virtuose

Œuvres d’Ippolito Tartaglino (c. 1539-c. 1582),

Roland de Lassus (1532-1594),

Giovanni Battista Fontana (c. 1571-1630),

Giovanni Valentini (c. 1582-1649),

Giovanni Paolo Cima (c. 1570-1622),

Giovanni Pierluigi da Palestrina (c. 1525-c. 1617),

Dario Castello (c. 1590-c. 1630),

Cypriano de Rore (c. 1515-1565),

Biagio Marini (1595-1663),

Giovanni Antonio Bertoli (1605-1669)

et Giovanni Antonio Riccio (c. 1600- après 1621).

La Guilde des Mercenaires ;

Adrien Mabire, cornet, flûte et direction.

1 CD Encelade.

Enregistré en juillet et août 2017

en l’abbaye de Saint-Amant-de-Boixe.

Durée : 66:44

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Après un premier disque _ déjà très réussi ! _ consacré à la musique instrumentale de Bassano, le jeune ensemble La Guilde des mercenaires continue à creuser le sillon de la musique italienne des XVIe et XVIIe siècles, avec une très grande réussite.

Ce programme vénitien qui va de Cipriano de Rore (mort en 1565) à Giovanni Antonio Bertoli (mort en 1669) et qui mêle voix et instruments, sacré et profane, est l’occasion pour le cornettiste Adrien Mabire _ excellent ! _ d’affirmer un ensemble d’idées fortes et tout à fait pertinentes : jouer la musique de cette époque dans une église, avec un orgue de tribune et une variété d’instruments au son ouvert, permet de lui redonner tout son lustre et son ampleur originels. Le projet d’enregistrer avec un orgue d’époque en Italie n’ayant pas pu être concrétisé, les musiciens se sont tournés vers l’abbatiale de Saint-Amant-de-Boixe en Charente et son orgue Renaissance de 2012 dû à Quentin Blumenroeder, bien connu du claveciniste et organiste Jean-Luc Ho et promu par le violoniste Guillaume Rebinguet-Sudre depuis le projet de sa construction. Le basson de Jérémie Papasergio, la bombardine d’Elsa Franck et la voix de Violaine Le Chenadec complètent _ parfaitement ! _ le dispositif, sachant que les trois instrumentistes à vent passent aussi à l’occasion à la flûte à bec renaissance.

Le résultat est absolument enthousiasmant _ mais oui ! Même une oreille habituée à la musique italienne de cette époque est immédiatement séduite par la variété et l’ampleur des sonorités et du jeu, la netteté des intentions et la force du discours. Le programme fait la part belle à des pièces pour soliste et orgue volontiers virtuoses, comme la Sonate pour cornet à bouquin et orgue de Biagio Marini, la Sonata prima de Bertoli prise au basson, ou encore des diminutions de Francesco Rognoni pour flûte soprano sur Ancor che col partire de Cipriano de Rore où Elsa Franck est époustouflante. Mais les ensembles, rutilants et flamboyants, impressionnent encore plus, comme dans la Canzon supra Susanna d’Ippolito Tartaglino avec cornet et deux bassons qui ouvre le disque, ou la Sonata sestadecima a tre de Giovanni Battista Fontana, la seule pièce du programme avec violon. Et quand ils intègrent la voix bien projetée de Violaine Le Chenadec et emplissent l’espace, ils produisent un effet tout aussi saisissant, notamment dans le motet Iubilent omnes de Giovanni Antonio Riccio. Les pièces vocales plus intimistes, religieuses comme Pulchra es amica mea de Palestrina avec trois flûtes à bec, ou profanes comme Susanne un jour dans un accompagnement pour orgue seul de Roland de Lassus, constituent quant à eux des moments de plénitude bienvenus.

Touchant un orgue muni pour l’heure de « seulement » une douzaine de jeux, Jean-Luc Ho quant à lui est à la base de la réussite de l’entreprise. Présent à chaque pièce, il sait trouver les bonnes combinaisons de registres au service à la fois de l’ampleur de la musique et de la variété des sonorités. La Sonata seconda de Dario Castello avec Adrien Mabire au cornet en est un excellent exemple, qui alterne les nuances et permet d’admirer des registres peu communs comme le nasard ou le tremblant.

En plus de donner une vision plus juste de ce qu’était la musique italienne de l’époque, sans distinction nette entre profane et sacré, cet enregistrement est un enchantement constant _ voilà ! _ pour l’auditeur et ne peut que donner envie de vivre l’expérience du concert en église.



Ce lundi 20 mai 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Admirable « Regina Bastarda : The virtuoso viola da gamba in Italy around 1600″, par Paolo Pandolfo et La Pedrina

19mai

Comme pour poursuivre l’enchantement du CD que j’ai célébré hier même

_  _,

voici ce jour la grâce du CD

de Paolo Pandolfo, à la viola bastarda, et de La Pedrina,

soient les chanteurs Gabriel Jubin, Paolo Borgonovo, Matthias Deger, Raitis Grigalis et Matteo Bellotto,

sous la direction de Francesco Saverio Pedrini,

Regina Bastarda _ The virtuoso viola di gamba in Italy around 1600

_ soit le CD Glossa GCD 922519 _,

qui nous offre un florilège de variations virtuoses _ avec diminutions _ sur la viola bastarda

de divers compositeurs

_ Oratio Bassani, Francesco Rognoni, Riccardo Rognoni, Diego Ortiz, Aurelio Virgiliano et Vincenzo Bonizzi _

de chansons et madrigaux

d’autres compositeurs leurs contemporains

_ Giovanni Pierluigi da Palestrina, Cipriano de Rore, Girolamo dalla Casa, Thomas Crecquillon, Pierre Sandrin, Orlando di Lasso et Adrian Willaert _

en Italie,

au tournant de la Renaissance et du pré-Baroque.

C’est à nouveau une splendeur

d’un ravissement _ d’une très grande intimité _ rare.

La nuit en est illuminée.

Ce dimanche 19 mai 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Une splendide redécouverte de Marco Horvat (et Faenza) : Charles Coypeau Dassoucy (1605 – 1677)

13mar

Les Éditions Hortus nous font un splendide cadeau musical

avec le merveilleux CD Hortus 169 des Airs à 4 Parties du Sieur Dassoucy,

de l’Ensemble Faenza

et son directeur Marco Horvat.

Airs à quatre parties du Sieur Dassoucy

 

Jusqu’ici,

Charles Coypeau Dassoucy (Paris, 16 octobre 1605 – Paris, 29 octobre 1677)

demeurait un nom

 à peine entr’aperçu en quelques textes

_ divers,

y compris autobiographiques ! : Les Aventures, Les Aventures d’Italie, Les Pensées, La Prison de Dassoucy… ;

ou de recueils poétiques siens : L’Ovide en belle humeur, Les Rimes redoublées…  _

du XVIIe siècle ;

ou l’image d’un musicien itinérant, accompagnant quelque temps _ en Languedoc _,

« un luth sur l’épaule et un sourire aux lèvres« , la troupe de L’Illustre Théâtre

dans le _ marquant ! _ film Molière (en 1978) d’Ariane Mnouchkine

Et voici que,

grâce à Marco Horvat,

la musique Dassoucy nous parvient enfin !

Ce qui me rappelle, très personnellement,

ma propre joie _ alors que je ne suis même pas musicien ! _ d’avoir participé _ par mon travail de recherche, en 1994-95, pour La Simphonie du Marais _ à donner à entendre _ au CD, en 1996 _

l’unique œuvre parvenue jusqu’ici _ un hapax donc ! _ d’un musicien contemporain de Dassoucy,

et mieux encore, et surtout, ami de lui :

 

le luthiste et chanteur Pierre de Nyert !

Et ayant accompli, comme Dassoucy, le voyage d’Italie !

Et pour des raisons totalement musicales :

y parfaire son art…

Pierre de Nyert fut aussi le maître de chant du grand Michel Lambert (1610 – 1696) le futur beau-père de Lully…

Ainsi que de la plupart des chanteurs de la cour…

Du bayonnais Pierre de Nyert

(Bayonne, 1597 – Paris, 1682, premier valet de chambre des rois Louis XIII et Louis XIV,

et choisi à ce poste par Louis XIII pour ses talents de luthiste et chanteur ! dont celui-ci désirait jouir en permanence auprès de lui),

il s’agissait

de l’air Si vous voulez que je cache ma flamme,

interprété par Bernard Deletré et La Simphonie du Marais, direction Hugo Reyne,

en le CD EMI Virgin Un Portrait musical de Jean de La Fontaine, en 1996

_ dont je suis pour une très large part, par mes recherches, l’auteur du programme…



« Une redécouverte » :

ainsi intitule son texte de présentation dans le livret du CD Dassoucy

Marco Horvat :

« Si nous avons bien vocation _ oui ! _, en tant qu’interprètes de musique ancienne, à redonner vie _ voilà ! _ à des musiques oubliées, il est bien rare que nous ayons le plaisir d’accéder à des corpus jamais étudiés ni interprétés. (… Et)

la découverte d’œuvres non répertoriées est devenue rarissime. Quand cette découverte répond, de surcroît, à une attente de plusieurs décennies, l’émotion est alors à son comble.

C’est pourquoi le jour où Frédéric Michel _ claveciniste, pédagogue et chercheur infatigable _ m’envoya une copie numérique du dessus manquant des Airs à 4 Parties du Sieur Dassoucy _ partie de dessus offerte en 2015 à la Bibliothèque de l’Arsenal par Jean-Robert Henry ; ce livre d’Airs était paru chez l’imprimeur Ballard, en 1653 _, mon sang ne fit qu’un tour et je sus immédiatement qu’à moins d’une mauvaise surprise sur la qualité de cette musique, je me devais, avec Faenza, d’en réaliser l’enregistrement.

Le personnage de Dassoucy a _ en effet _marqué mon imaginaire d’adolescent, lorsque je l’ai « croisé » pour la première fois _ en 1978 _ dans le film Molière  d’Ariane Mnouchkine où on le voit accompagner quelque temps _ en 1655 _ la troupe de L’Illustre Théâtre, un luth sur l’épaule et un sourire aux lèvres« . (…)

Il est bien difficile _ faute de documents autobiographiques _ de se faire une idée _ un peu précise et riche de détails _ du vécu d’un musicien de l’Ancien Régime. (…) Les données biographiques sont rarement suffisantes _ en effet _ pour nous ouvrir une fenêtre sur leur intimité _ voilà. S’il n’est pas indispensable de connaître la vie d’un compositeur pour comprendre sa musique, il n’est pas indifférent de savoir qui il était, comme c’est le cas pour Dassoucy, bon vivant, joueur, colérique, moqueur, froussard ou fidèle à ses amis.

Il est _ ainsi _ plaisant de voyager avec lui _ en Languedoc, en Savoie, en Italie (Turin, Mantoue), à Rome _ d’auberges en demeures aristocratiques, passionnant de connaître _ aussi _ son avis sur d’autres compositeurs, ou son goût _ affirmé _ pour la musique populaire. (…)

Dans de nombreux extraits de son autobiographie, en plus de nous amuser par des descriptions cocasses, Dassoucy nous renseigne sur les conditions d’interprétation _ voilà _ de la musique de son époque. Mais là où son apport littéraire devient particulièrement touchant, c’est lorsque, tel un compositeur romantique avant la lettre _ en effet _, il entrouvre _ aussi _ pour nous les arcanes de la création artistique et nous en révèle les affres. (…)

Travailler sur les airs de Dassoucy tout en relisant ses mémoires m’a donné pendant quelques semaines l’illusion d’être plus proche de lui et a constitué un antidote au doute que je ressens bien souvent quant à la légitimité de nos interprétations, à nous musiciens du XXIe siècle qui ne pouvons (…) faire aux compositeurs du XVIIe siècle « l’honneur de les venir voir » » _ pour nous entretenir très pragmatiquement avec eux.

Les 7 pages _ pages 7 à 13 du livret _ du texte « Charles Coypeau Dassoucy » de Nathalie Berton-Blivet

sont bien sûr passionnantes

par leur irremplaçables précisions musicales !

On y découvre comment l’œuvre de Charles Coypeau Dassoucy (1605 – 1677)

se situe entre celles de ses prédécesseurs

que sont Pierre Guédron (1570 – 1620) et Antoine Boesset (1587 – 1643),

ou contemporains, tel Étienne Moulinié (1599 – 1676),

et la musique qui va naître sous le règne de Louis XIV… 

« L’enregistrement des Airs à quatre parties de Dassoucy que propose l’ensemble Faenza permet _ enfin _ de redécouvrir les talents d’un compositeur dont toutes les autres œuvres musicales sont aujourd’hui _ pour le moment _ perdues. Les Airs de 1653 virent le jour à une époque charnière _ voilà ! _, au cours de laquelle se généralisa la pratique de la basse continue _ c’est très important. Héritiers _ oui _ de la longue tradition de l’air de cour polyphonique, illustrée par des compositeurs tels que Pierre Guédron ou Antoine Boësset, certains airs comme Doux objets de mes sens ou le magnifique C’est trop délibérer, se caractérisent encore par une pensée contrapuntique. D’autres airs révèlent une pensée déjà plus harmonique, comme Vous m’ordonnez, belle Sylvie, une composition où les différentes voix évoluent de manière homophonique. Dassoucy, en musicien attentif au texte qu’il mettait en musique, veillait à ménager certains effets et savait particulièrement bien tirer parti de ces deux types d’écriture qui ne s’excluaient nullement. En témoigne l’air Il s’en va, l’amant infidèle, où la fuite est évoquée systématiquemùent dans la première partie par une écriture fortement contrapuntique, où les voix sont en décalage (Il s’en va, l’amant infidèle / Il fuit et sa rigueur cruelle), en fort contraste avec les affirmations Et vainement je suis ses pas / Refuse de voir mon trépas, lesquelles reposent sur une écriture plus harmonique. »

Cela s’entend fort bien.

Et nous avons bien dans l’oreille diverses interprétations de ces compositeurs du premier dix-septième siècle ;

ainsi, bien sûr, que de celles qui apparaissent en ce milieu du siècle en France,

notamment à la Cour du jeune Louis XIV… 

Un CD magnifique à tous égards

que ce CD Dassoucy !

Ce mercredi 13 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Un compositeur baroque italo-français de grande qualité à découvrir : Michele Mascitti (1664 – 1760)

28sept

Arcana nous offre un très beau CD

des Sonate a violino solo e basso, opera ottava, de Michele Mascitti (1664 – 1760),

par Gian Andrea Guerra, violon solo,

Nicola Brovelli, violoncelle,

Matteo Cicchitti, violone,

et Luigi Accardo, clavecin, pour le continuo de la basse :


le CD Arcana A 111.


Depuis que j’ai goûté à une œuvre de Michele Mascitti,

il y a pas mal de temps déjà,

je suis très attentif à toute oeuvre de lui que je découvre interprétée au concert ou au disque :

et chaque fois avec beaucoup de plaisir.

Pour la superbe musique

de cet introducteur du baroque italien

en France,

à l’orée du XVIIIème siècle,

à partir de 1704…

Voici deux notices

précisant les circonstances de la création des oeuvres de Mascitti :


d’abord,

cette notice biographique en une encyclopédie musicale italienne,

sous la plume de Guido Olivieri,

parue en 2008 :


MASCITTI, Michele

di Guido Olivieri – Dizionario Biografico degli Italiani – Volume 71 (2008)

MASCITTIMichele. – Nacque a Villa Santa Maria, presso Chieti, nel 1664 circa. Trasferitosi a Napoli, iniziò lo studio del violino probabilmente con lo zio Pietro Marchitelli, primo violino (dal 1683) della Cappella Reale di palazzo.

Sui primi anni di attività del M. esistono soltanto due documenti, risalenti rispettivamente al 26 genn. 1695 e al 5 marzo 169 : in essi il M. viene menzionato come violinista, ingaggiato insieme con Marchitelli, sotto la direzione di Francesco Provenzale (Fabris). Forse anche grazie all’appoggio dello zio ottenne un impiego come violino «soprannumerario» nella Cappella Reale (Prota-Giurleo).

Circa un presunto discepolato del M. presso Arcangelo Corelli, non esiste alcuna testimonianza documentaria; tuttavia, con ogni probabilità, i due ebbero modo di conoscersi durante la visita di Corelli a Napoli nel maggio del 1702.

Una procura in favore dello zio Marchitelli, redatta nel dicembre 1702, lascia presumere che di lì a poco il M. si sia allontanato definitivamente da Napoli. Secondo Fétis, il M. si stabilì a Parigi dopo un viaggio in cui aveva attraversato l’Italia, la Germania e l’Olanda.

La prima notizia certa della presenza del M. a Parigi risale all’agosto 1704, quando gli fu concesso un privilegio di stampa della durata di otto anni. Nel novembre dello stesso anno un articolo del Mercure de France sottolineava come il M. avesse acquistato una notevole reputazione sin dal suo arrivo a Parigi, avendo avuto l’onore di esibirsi con successo alla presenza del re, del delfino e di tutta la corte (Dean, p. 97). Lo stesso articolo annunciava la pubblicazione della prima raccolta di sonate, che aveva avuto un eccezionale successo di vendite, tanto che l’intera prima tiratura era ormai quasi esaurita (ibid.).

Nella dedica dell’opera, il M. afferma che le sue sonate erano già state apprezzate dal duca Filippo d’Orléans, mecenate noto per la sua inclinazione verso la musica italiana, al cui servizio il M. fu occasionalmente attivo. Il gran numero di copie sopravvissute e le numerose ristampe, molte delle quali non autorizzate, realizzate da Étienne Roger ad Amsterdam e da John Walsh a Londra, confermano il successo dell’op. I.

Fra il 1706 e il 1738, il M. diede alle stampe altre 8 collezioni di musica strumentale. Probabilmente il favore incontrato dalla sua musica presso il pubblico parigino permise al M. di vivere dei soli proventi ricavati dalle sue opere. La circostanza può spiegare l’assenza di dedica nelle due successive raccolte. Soltanto, infatti, con la pubblicazione delle 14 sonate op. IV (1711), il M. scrisse nuovamente una dedica, indirizzata all’elettore di Baviera, Massimiliano II, allora in esilio a Parigi. La dedica afferma che la raccolta – composta da 8 sonate per violino solo e 6 trio-sonate – era stata commissionata dallo stesso principe.

Il 7 apr. 1714, il M. ottenne un rinnovo del privilegio di stampa per altri quindici anni (Brenet, p. 424). Nello stesso anno, diede alle stampe la raccolta di sonate op. V, dedicata al cardinale Pietro Ottoboni.

È possibile che con questa opera, il M. provasse a ingraziarsi il famoso mecenate e, forse, aspirasse a occupare il posto lasciato libero da Corelli, scomparso nel 1713, già al servizio dello stesso cardinale. Tuttavia non va dimenticato che all’epoca Ottoboni rivestiva anche il titolo di cardinale protettore del Regno di Francia.

Ben otto anni separano la pubblicazione dell’op. V dalla successiva. Sebbene non vi siano tracce della sua attività in questo periodo, si può supporre che il M. partecipasse come virtuoso di violino alla vivace vita concertistica della capitale francese. Alcune sue composizioni furono forse eseguite nella celebre serie del Concert spirituel o in quella del Concert des Mélophilètes. Una traccia indiretta di tale attività si trova nella raccolta dell’op. VII (1727), la cui seconda parte contiene quattro concerti grossi, ai quali si deve, almeno in parte, la fama del M., essendo questi i primi del genere pubblicati in Francia.

In questi anni, il M. entrò in contatto anche con i fratelli Pierre e Antoine Crozat, membri di una ricca e influente famiglia di finanzieri. Secondo Titon du Tillet, il M. fu ospitato nella ricca dimora dei Crozat, in rue Richelieu, e dunque è facile supporre che fosse attivo, sia come violinista sia come compositore, nei concerti organizzati da Pierre Crozat (Le Parnasse françois, 1743, suppl. 1, p. 756).

Il 26 genn. 1731, il M. ottenne la proroga del privilegio di stampa per altri otto anni (Brenet, p. 433). Nello stesso anno, pubblicò la raccolta op. VIII, nella cui dedica tesse le lodi di una «Madame Crozat» (probabilmente Marie-Marguerite Crozat moglie di Antoine). L’ultima raccolta di sonate del M., apparsa nel 1738, è dedicata a Louis-François Crozat, marchese du Châtel, figlio maggiore di Antoine ed erede di tutti i suoi beni. Nella dedica il M. accenna al suo ruolo di insegnante di musica della giovane figlia del dedicatario, Antoinette-Eustachie, a conferma del fatto che i Crozat erano ormai diventati i suoi principali mecenati.

Il 30 dic. 1739, il M. ottenne la cittadinanza francese, adottando il nome Michel con il quale già da tempo era noto a Parigi. Pochi mesi dopo, sposò Marie-Anne Labattue (circa 1693-1769) ed ebbe come testimoni di nozze numerosi membri della famiglia Crozat. Sebbene il 12 luglio 1740 gli fosse stato rinnovato il privilegio di stampa per altri dodici anni (Brenet, p. 441), il M. trascorse gli ultimi vent’anni della sua lunga esistenza lontano da ogni attività musicale.

Il M. morì a Parigi il 19 apr. 1760, nella dimora dei Crozat, all’età di novantasei anni.

Il M. occupa un ruolo di fondamentale importanza _ voilà ! _ nella diffusione della musica italiana in Francia all’inizio del Settecento. Lo straordinario successo di pubblico ottenuto soprattutto dalle prime raccolte si basò sull’imitazione dell’op. V di Corelli _ oui _ che il M. prese a modello fino quasi alla esplicita citazione. La semplicità e il modesto contenuto tecnico delle sonate date alle stampe non riflettono le straordinarie qualità di virtuoso per le quali egli venne ammirato dal pubblico parigino, dal momento che esse furono destinate a un pubblico amatoriale. In qualche caso, tuttavia, le sonate mostrano un livello tecnico senza dubbio più avanzato rispetto al modello corelliano, come si vede, per esempio, nel Largo della sonata op. III n. 8, interamente condotto sulle doppie corde. Sebbene nella premessa dell’op. II, il M. dichiari esplicitamente di aver tentato la riconciliazione del gusto francese con quello italiano _ voilà ! _, pochi sono in realtà i tratti riconducibili allo stile francese. L’unica chiara concessione alla musica a programma, tanto in voga in Francia, si trova nell’ultima sonata dell’op. V : un divertissement intitolato Psyché diviso in dieci movimenti, ciascuno con un titolo descrittivo.

Nei primi decenni del XVIII secolo, le composizioni del M. entrarono a far parte stabilmente del repertorio musicale in Francia : virtuosi, quali i violisti Antoine e Jean-Baptiste Forqueray, il celebre violinista Jean-Pierre Guignon e il flautista Michel Blavet, eseguirono spesso le sonate del Mascitti _ voilà. Nel 1713, un articolo apparso nel Mercure galant considerava le sonate di Corelli, T. Albinoni e del M. _ mais oui _ fra gli esempi più sublimi del genere. Una ciaccona del M. venne inserita nell’intermezzo Serpilla e Baiocco di Giuseppe Maria Orlandini, rappresentato a Parigi nel giugno 1729. La fama del M. era ancora viva nel 1802 quando Jean-Baptiste Cartier incluse ne L’art du violon il Larghetto della sonata op. VIII n. 2.

Opere (tutte pubbl. a Parigi) : Sonate a violino solo e a due violini, op. I (1704) ; Sonate da camera a violino solo, op. II (1706) ; Sonate a violino solo e a due violini, op. III (1707) ; Sonate a violino solo e a due violini e basso, op. IV (1711) ; Sonate a violino solo e basso, op. V (1714) ; Sonate a violino solo e basso, op. VI (1722) ; Sonate a violino e basso e quattro concerti a sei, op. VII (1727) ; Sonate a violino solo e basso, op. VIII (1731) ; Sonate a violino solo e basso, op. IX (1738). Per un elenco dettagliato delle opere e del loro contenuto, si veda il Catalogue des éditions françaises des sonates de M. M., a cura di Barbara Nestola, consultabile alla pagina web http: //philidor.cmbv.fr/catalogue/recueil-mascitti-1. Delle opere del M. si conoscono, inoltre, numerose ristampe apparse a Londra e ad Amsterdam. Un Air-Presto in fa maggiore per violino solo fu pubblicato in P. Prelleur, The modern musick-master, London 1731, pt. V, p. 18.

Copie manoscritte delle op. II e III si conservano a Toulouse, Bibliothèque municipale, Mss., Mf.1744 ; inoltre 8 sonate per clavicembalo, a Berlino, Staatsbibliothek Preussischer Kulturbesitz (The New Grove Dict…., pp.26s.).

Fonti e Bibl. : M. Brenet, La librairie musicale en France de 1653 à 1790, d’après les Registres de privilèges, in Sammelbände der internationalen Musikgesellschaft, VIII (1907), pp. 401-466; L. de La Laurencie, L’école française de violon, de Lully à Viotti : études d’histoire et d’esthétique, Paris 1922, pp. 132-143 ; U. Prota-Giurleo, Il teatro di corte del palazzo reale di Napoli, Napoli 1952, pp. 67-69 ; R.H. Dean, The music of M. M., diss., University of Iowa, Iowa City, IO, 1970 ; W.S. Newman, The sonata in the Baroque era, New York 1983, ad ind. ; P. Allsop, Arcangelo Corelli, new Orpheus of our times, Oxford 1999, pp. 183-185 ; D. Fader, Musical thought and royal patronage of the Italian style at the court of Philippe II, duc d’Orléans (1674-1723), diss., Stanford University, Palo Alto, CA, 2000, ad ind. ; G. Olivieri, The «fiery genius». The contribution of Neapolitan virtuosi to the spread of the string sonata (1684-1736), diss., University of California at Santa Barbara, Santa Barbara, CA, 2005, pp. 145-176 ; D. Fabris, Music in seventeenth-century Naples: Francesco Provenzale (1624-1704), Aldershot 2007, p. 209 ; F.-J. Fétis, Biogr. univ. des musiciens, VI, p. 16 ; Diz. encicl. univ. della musica e dei musicistiLe biografie, IV, p. 703 ; The New Grove Dict. of music and musicians, XVI, pp. 26 s. ; Die Musik in Geschichte und GegenwartPersonenteil (2004), XI, col. 1256.

G. Olivieri

 

La seconde notice

récapitule les œuvres musicales publiées par Michele Mascitti :

Michele Mascitti (1664 in Villa Santa Maria (from Chieti) ; 24 April 1760 in Paris) was an Italian violinist and Baroque composer.

He was educated by a relative, Pietro Marchitelli (1643-1729), a violinist in the royal court orchestra in Naples, and at the « Teatro San Bartolomeo », possibly by Corelli. Mascitti found a temporary position in the royal orchestra, but he soon left. First, he traveled through Italy, and later throughout Europe, spending time in Germany and the Netherlands. He was under the protectorate of Cardinal Ottoboni and the reigning Duke of Bavaria.
In 1704, he settled in Paris and took the Frenchified given name of Michel. He became a French citizen in 1739. Philippe d’Orléans was a patron, allowing Mascitti early appearances at the court of Versailles.
Mascitti published all nine of his sonata collections in Paris. The four concertos from Op. 7 follow the concerto grosso style of Corelli. During his lifetime, Mascitti enjoyed similar fame to Albinoni and Corelli. His compositions were mainly in the Italian, and sometimes French, style. They contained an abundance of novel harmonies for the period.

  • 6 violin sonatas, and 6 trio sonatas Op. 1 (Sonata in three parts) (1704)
  • 15 chamber sonatas with violin and cello Op. 2 (1706)
  • 12 chamber sonatas with violin solo with the violone or harpsichord Op. 3 (1707)
  • 8 violin sonatas and 6 trio sonatas Op. 4 (1711)
  • 12 Sonatas Op. 5 (No. 12 « Psyche ») (1714)
  • 15 Sonatas for Violin and basso continuo Op. 6 (1722)
  • 8 chamber sonatas for solo violin and bass, and 4 « concerts in six » Op. 7 (1727)
  • 12 Sonatas for solo violin and bass Op. 8 (1731)
  • 12 Sonatas for solo violin and bass Op. 9 (1738)

Ce vendredi 28 septembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

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