Posts Tagged ‘jeunesse

Le Mozart merveilleusement vivant, ressuscité en sa bondissante et fluide jeunesse, par le jeu clair et lumineux comme jamais de Julien Chauvin et son décidément excellent Concert de la Loge…

22oct

Ce sont deux écoutes successives, la première sur France-Musique (et mon auto-radio) le 30 septembre dernier en route vers Saint-Jean-de-Luz, tôt le matin, et qui fit découvrir le Mozart si véloce, si clair et si parfaitement juste _ comme jamais entendu ainsi aussi bien servi par une interprétation au disque… _, de Julien Chauvin et son Concert de la Loge dans la Symphonie n°40 en sol mineur K. 550 (joliement baptisée ici « La Dodécaphonique«  _ j’avais retenu ce détail _),

puis une autre fois, toujours sur mon auto-radio (et sur France-Musique), en un autre extrait de ce CD « Simply Mozart » Alpha 875,

qui m’ont fait me précipiter, à sa sortie, sur ce CD Alpha 875,

qui comporte aussi l’Ouverture de Don Giovanni K. 527 ;

ainsi qu’un magnifique Concerto pour piano et orchestre n° 23, en la majeur, K. 488, idéalement servi, aussi, au pianoforte, par un plus que jamais splendide Andreas Staier…

Grand merci ! et Bravo !!! à ces interprètes

si magnifiquement inspirés…

Ce samedi 22 octobre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Enfin un enregistrement libéré (ardent ! ) de la « Betulia liberata » K. 118/74c du jeune Wolfgang Amadeus Mozart, à Padoue, en 1771, sous la direction ici de Christophe Rousset

09oct

La « Betulia liberata« ,

un oratorio pour Padoue composé en 1771, lors de son premier voyage en Italie, par un jeune Wolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791) de 15 ans,

sur un livret de Pietro Metastasio (Rome, 3 janvier 1698 – Vienne, 12 avril 1782),

ne comportait jusqu’ici que des enregistrements discographiques assez anciens ;

parmi lesquels

un sous la direction de Mario Rossi, en 1952 (pour le label Cantus Line),

et un autre sous la direction de Vittorio Gui, en 1977, pour Philips.

Hier, 9 octobre, sous le titre « Conversion« ,

Jean-Charles Hoffelé nous propose

sur son excellent site Discophilia,

une recension d’une version davantage théâtralisée de cette mozartienne Betulia liberata de 1771,

sous la direction de Christophe Rousset,

pour le label Aparté : AP 235 (en 2 CDs) ;

que voici :

CONVERSION

Vittorio Negri en savait les beautés, et l’enregistra _ en 1977 _ pour Philips, ayant trouvé sa Judith, Birgit Finnilä, mais il retenait la verve dramatique de l’ouvrage dans le carcan de l’oratorio _ voilà _, ce à quoi en restèrent ses successeurs ; alors qu’à la RAI, Mario Rossi s’y montrait dès les années cinquante _ en 1952, pour le label Cantus Line _ bien plus enflammé, ayant Schwarzkopf _ serait-elle donc un facteur assuré de « flammes » ?.. _ dans ses chanteurs.

Enfin, Christophe Rousset rend à cette Betulie libérée son théâtre, celui qu’un Mozart gamin _ de 15 ans, en 1771 _ voulait à toute fin ; d’ailleurs à Padoue comme dans toute l’Italie, les oratorios n’étaient rien d’autre que des opéras sur des sujets bibliques écrits _ détour oblige… _ pour le temps du Carême.

Les deux « actes » fusent d’ardeur et de virtuosité ; même la discussion théologique sur le Dieu unique entre Achior et Ozia n’en apaise pas la tension.

Magnifique, Teresa Iervolino, le Rinaldo _ de Haendel _ du moment _ au Festival de la Vallée d’Itria, en 2018 _, fait oublier que Judith n’est pas le personnage principal de cette parabole sur la conversion : son grand air lorsqu’elle s’apprête à partir, parée de ses bijoux, au camp d’Holopherne, son retour devant les portes de la ville une fois la décollation accomplie, sacrent une chanteuse de première grandeur _ voilà ! _ qu’entourent une distribution exemplaire, de l’Amital virtuose de Sandrine Piau à l’Achior de Nahuel Di Pierro _ un chanteur que j’apprécie beaucoup, personnellement _, mais il faut saluer d’abord l’Ozia de Pablo Bemsch, ténor assuré, vocaliste brillant, dont l’air de révolte stupéfie _ voilà.

Chœur et orchestre ardents, décidément Christophe Rousset est dans les secrets du jeune Mozart.

LE DISQUE DU JOUR

Wolfgang Amadeus Mozart(1756-1791)
La Betulia liberata, K. 118/74c

Sandrine Piau, soprano (Amital)
Amanda Forsythe, soprano (Cabri, Carmi)
Teresa Iervolino, mezzo-soprano (Giuditta)
Pablo Bemsch, ténor (Ozia)
Nahuel Di Pierro, ténor (Achior)

Accentus


Les Talens Lyriques


Christophe Rousset, direction

Un album de 2 CD du label Aparté AP235

Photo à la une : le claveciniste et chef d’orchestre Christophe Rousset – Photo : © DR

Une œuvre (pour l’Italie de 1771) ici en quelque sorte rajeunie…

Ce vendredi 9 octobre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Impressions de souvenirs à la lecture d’un portrait de sa grand-mère par sa petite-fille

04juil

Ce jour,

sans être, je l’espère, trop intrusif dans les vies de personnes amies,

j’aimerais narrer quelques impressions de souvenirs personnels pas très précis,

suite à ma lecture d’un très beau texte, assez singulier et fort,

d’un portrait d’une grand-mère (1882 – 1988) par sa petite-fille.

C’est un bien beau texte, et singulier, que ce portrait de votre grand-mère alsacienne, A., née S..

Elle avait un sacré tempérament ; que le récit, par C., d’une partie de sa vie semble éclairer au moins partiellement,
par les péripéties un peu dures de son parcours (au moins tel que vécu par elle) de jeunesse.

 
Il me semble me souvenir _ mais peut-être est une reconstruction de mon imagination (?) _ d’avoir croisé votre grand-mère A. en son très grand âge
au 20 avenue G. C., au cours d’une ou deux visites à votre mère,
quand j’ai enseigné au Lycée A. K., tout à côté, dans les années 80…
 
De toutes façons, votre mère se souciait assez de sa vieille mère, tenace, et à la forte personnalité ; et elle en parlait un peu ;
mais jamais pour s’en plaindre ou s’en lamenter, non. Et l’image que je gardais d’elle n’avait rien de négatif, au contraire…
D’où ma légère surprise en lisant ce portrait « vécu » par vous, C..
Il est vrai que S. n’était jamais négative.
Et quand elle faisait preuve d’une douce ironie (jamais appuyée), c’était toujours avec un beau sourire, pacifié.
Et d’ailleurs le terme d’ironie est inapproprié ; c’était de l’humour, avec tendresse. Du moins tel que je l’ai vécu.
 
Votre récit, C., a quelque chose du merveilleux et dur (sinon cruel) des contes (germaniques ?) tels que les a analysés Bruno Bettelheim…
 
Je me souviens aussi que l’étage où votre grand-mère habitait, rue du T. P., donnait aussi rue C.-de-S.,
au-dessus d’une boutique qu’il me semble avoir été une crémerie.
J’ai toujours été très sensible à la disposition des lieux : j’aime me repérer.
Mon oncle (décédé en 1982 et qui a habité rue P. jusqu’en 1979, au décès de ma tante) habitait tout près de là, rue P. ;
et de ses fenêtres on pouvait apercevoir l’immeuble de cette crémerie, qui faisait face à la rue P.…
Tout cela (qui remonte à assez loin) est demeuré tel quel dans ma mémoire.
 
Et longtemps j’ai pensé, aussi, que la longévité de S. (1914 – 2014) approcherait probablement celle de sa mère (1882 – 1988)…
Des femmes tenant bien debout, solides, tenaces.
 
Je me souviens aussi que S. m’avait parlé de N. S.
_ lointainement apparentée _,
que j’avais entendue chanter à Bordeaux ; S. peut-être aussi : elle allait aux concerts…
 
J’ai aussi retrouvé quelque chose du sourire de S. dans le sourire de P.-Y. ; une semblable forme d’humour.
 
Rien n’est passé. Tout demeure.
Même quand la Cerisaie est proche d’être abattue…
Et S. aimait aussi beaucoup le théâtre. Pour sa profonde capacité poétique de vérité.

Ce samedi 4 juillet 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Musiques de joie : l’allégresse bondissante des Symphonies pour cordes de jeunesse de Felix Mendelssohn, dans la filiation, via son maître Carl Friedrich Zelter, de Carl Philipp Emanuel Bach

24mai

De Felix Mendelssohn (Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 4 novembre, 1847),

je vénère _ je l’ai maintes fois dit _ les ultra-vives et éblouissantes œuvres de jeunesse de celui qui fut l’élève, à Berlin, de Carl Friedrich Zelter (Berlin, 11 décembre 1758 – Berlin, 15 mai 1832) :

ainsi, par exemple, le vertigineux Concerto pour violon et piano _ tout spécialement dans l’interprétation diabolique de virtuosité de Gidon Kremer et Martha Argerich _, composé, lui aussi, en 1823 ;

ou le plus qu’enthousiasmant : absolument merveilleux _ un chef d’œuvre absolu ! _, Octuor op. 20, composé, lui, en 1825 _ Mendelssohn avait seize ans.

Mais j’aime tout spécialement le bouquet magique et merveilleux de ses treize Symphonies pour cordes _ Felix avait entre 12 et 14 ans !

C’est entre 1821 et 1823, en effet, que le jeune Mendelssohn, né le 3 février 1809, composa ses treize Symphonies pour cordesLes sept premières, en 1821 _ Mendelssohn avait treize ans _ ; la huitième, l’année suivante _ la partition est datée du 27 novembre 1822 _ ; et les neuvième, dixième, onzième et douzième, respectivement en mars, mai, juillet et septembre 1823. Une treizième, commencée en décembre de cette année 1823, devint, avec une orchestration enrichie, la Première Symphonie, en Do Majeur, Opus 11, du compositeur.

Ces merveilleusement rafraîchissantes Symphonies pour cordes de Felix Mendelssohn datent ainsi de l’époque durant laquelle le jeune Felix suivait les leçons de son maître le compositeur berlinois Carl Friedrich Zelter ;

et révèlent ce que, via Zelter, lui-même élève à Berlin de Carl Friedrich Fasch (Zerbst, 18 novembre 1836 – Berlin, 3 août 1800), le jeune Felix Mendelssohn a recueilli et s’est nourri de la splendide tradition contrapuntique de Jean-Sébastien Bach, et plus encore, l’aperçoit-on, de la magique fougue enflammée du fils de celui-ci, Carl Philipp Emanuel Bach (Weimar, 8 mars 1714 – Hambourg, 14 décembre 1788).

Surtout quand on sait que Carl Philipp Emanuel fut lui-même le maître, à Berlin, de Carl Friedrich Fasch, qui fut le maître de Zelter. Une tradition toujours vivace en ce début de XIXe siècle…

Ainsi un épisode de la guerre de Trente Ans nous apprend-il qu’en septembre 1758 la gravissime menace de troupes russes sur Berlin, la capitale du roi Frédéric II de Prusse _ le Roi envisagea même alors de se suicider... _, amenèrent Carl Philipp Emanuel Bach et son élève et ami Carl Friedrich Fasch _ qui étaient premier et deuxième clavecinistes du Roi à la cour de Potsdam _ à se réfugier, avec leurs familles, à Zerbst, auprès du père de Carl Friedrich, le compositeur Johann Friedrich Fasch (Büttelstadt, 15 avril 1688 – Zerbst, 5 décembre 1758) _ l’auteur de merveilleuses Ouvertures pour orchestre ! _ ; et c’est au cours de son séjour de trois mois à Zerbst, avant de pouvoir regagner Berlin, que CPE Bach y composa ses 6 Sonates pour clavier Wq. 50.


Bref, les treize Symphonies pour cordes de jeunesse de Felix Mendelssohn offrent à l’auditeur mélomane cette enthousiasmante allégresse qui exalte aussi son Octuor Op. 20 (composé en 1824) et son Concerto pour violon et orchestre.(composé en 1823)…

Et, pour ces Symphonies pour cordes, si bondissantes et réjouissantes, j’adore l’interprétation, magnifiquement vivante, du Concerto Köln, en ses 3 CDs, publiés par Teldec en 1994, 1996 et 1997.

Ecoutez ici, par exemple, leur Symphonie n° 1.

Ce dimanche 24 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Musiques de joie (suite) : le Concerto pour Violon, Piano et Orchestre à cordes de Felix Mendelssohn, par Gidon Kremer, Martha Argerich et l’Orpheus Chamber Orchestra

19mar

Un CD dont je m’évertue à répéter qu’il devrait être de toute urgence remboursé par la Sécurité Sociale

est le CD Mendelssohn comportant le Concerto pour Violon, Piano et Orchestre à cordes en ré mineur

_ la partition autographe du jeune Mendelssohn (Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 4 novembre 1847) est datée du 6 mai 1823 ! Le compositeur venait d’avoir 14 ans ; et sur la précocité de Mendelssohn, cf de précédents articles, dont celui du 17 octobre 2009 :  ; ou celui du 17 mai 2018 : _,

par Gidon Kremer, Martha Argerich et l’Orpheus Chamber Orchestra,

publié par Deutsche Grammophon en 1989 _ le CD DG 427 338-2 _ :

un enchantement absolu !


Et aucune des versions ultérieures de ce magique double Concerto de Mendelssohn

_ par exemple le CD Harmonia Mundi, en 2011, de Gottfried von der Getz, Kristian Bezuidenhout et le Freiburger Barockorchester, ou le CD Teldec, en 2015, de Rainer Kussmaul, Andreas Staier et le Concerto Köln ; à l’exception, cependant, du CD CPO 555 197-2, en 2019, par Lena Neudauer, violon, Matthias Kirschnereit, piano, et le Südwestdeutsches Kammerorchester Pforzheim, dirigé par Timo Handschuh ; cf mon article du 17 mai 2018 : _

  _

ne m’a jusqu’à présent donné le bonheur ultra-euphorisant

de cette interprétation-ci

par Gidon Kremer et Martha Argerich !

La musique du jeune Mendelssohn,

directement héritier, via ses professeurs, à Berlin, de Carl Philipp Emanuel Bach et de l’Empfidsamkeit,

est d’une allégresse _ et jeunesse éternelle ! _ confondante !

Cette joie hyper-exaltante _ partageuse, contagieuse _,

Gidon Kremer et Martha Argerich  savent à la perfection nous la restituer

au présent de leur enregistrement !

Pour l’éternité de ce CD.

Ce jeudi 19 mars 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

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