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La reconnaissance du triomphe du génie de Stéphane Degout dans « Les Nuits d’Eté » d’Hector Berlioz et Théophile Gautier : quand l’incarnation et l’imageance d’une interprétation atteignent, elles aussi, au sublime de l’oeuvre portée, soient, et la mélodie et le poème…

22fév

Les lauriers s’abattent

ces jours derniers

sur le merveilleux baryton Stéphane Degout !

Cf mon article enchanté du 19 janvier dernier :

Ce jour,

le miracle de sa performance dans les si merveilleuses Nuits d’été de Berlioz

se voit célébré _ comme il convient _ par l’excellent Jean-Charles Hoffelé,

en sa chronique Discophilia

sur le site Artamag,

par un article justement intitulé Nuits obscures :


NUITS OBSCURES

Ce n’est pas faire injure à François-Xavier Roth et à ses Siècles, moins encore à Tabea Zimmermann, que d’avouer que j’ai sauté à pieds joints _ mais moi aussi ! _ par-dessus leur Harold en Italie aussi surprenant que déconcertant : cet orchestre éruptif _ oui _, cet alto magique, vrai personnage _ sans doute _, ont leurs atouts, vous y viendrez ou pas, mais je crois bien que comme moi vous fondrez _ absolument ! _ dans la mélancolie _ somptueusement jouissive, mais sans pathos du tout ! du fait de son parfait naturel… _ de ces Nuits d’été inattendues où Stéphane Degout vole tranquillement la vedette _ parfaitement ! mais oui !!! _ à deux siècles de mezzo-sopranos _ et pas des moindres : Régine Crespin, Janet Baker, pour commencer ; somptueusement géniales déjà, elles aussi…

Affaire de timbre _ mais oui ! _ – ce creusement, ce sfumato du medium _ voilà ! _ qui – paradoxe ! – précise pourtant _ sans rien gâcher, mais dans la plénitude, au contraire, de l’élan porteur de chaque phrase, qui nous transporte et emporte sereinement par son art du naturel jusqu’au sublime !!! _ les mots, ce legato où les syllabes viennent vous étreindre _ oui _ comme un chant de violoncelle _ mais oui ! _, ah, Gautier n’aurait pas osé les imaginer, mais Berlioz en serait lui aussi _ peut-être _ surpris _ et là se situe bien le génie de l’interprétation (et d’un interprète), un jour de grâce (divinement béni) de la plus parfaite invention et justesse d’inspiration. L’imageance de l’interprète est elle aussi sublime, en sa plus que parfaite incarnation de ces poèmes !

C’est l’art qui cache l’art _ parfaitement, encore : pas un seul grain de voix qui soit là forcé _, cet enveloppement visionnaire _ oui, oui ! _ qui transporte _ parfaitement ! _ vers un horizon chimérique _ nimbé _, cette voix où le poème s’incarne _ oui _ dans une telle noblesse _ oui _ et avec tant d’émotion _ nous en tremblons de jubilation et reconnaissance. Qui chantait la mélodie ainsi ? Plus personne en tous cas depuis Charles Panzéra dont Stéphane Degout ressuscite ici les mânes. Venez vous y étourdir _ oui _, et rêver dans cette nuit sans lune _ absolument fidèle à l’univers du poème de Théophile Gautier, compris et donné, ici, comme probablement jamais auparavant ! _, infini sépulcre _ oui _, venez danser avec le fantôme _ de la rose disparue.


LE DISQUE DU JOUR












Hector Berlioz (1803-1869)


Les Nuits d’été, H. 81B
Harold en Italie, H. 68

Stéphane Degout, piano
Tabea Zimmermann, alto
Les Siècles
François-Xavier Roth, direction

Un album du label harmonia mundi HMM 02634

Photo à la une : le baryton français Stéphane Degout – Photo : © Julien Benhamou

L’intelligence du critique (Jean-Charles Hoffelé)

sait donc ici rejoindre

celle

_ exceptionnelle, à un tel degré d’intuition et d’imageance, il faut aussi le souligner :

disons véritablement géniale ! _

de l’interprète (Stéphane Dégout),

qui sait _ si merveilleusement : chapeau bien bas l’artiste ! _

se mettre à la parfaite _ sublime ! _hauteur

et du poème (de Théophile Gautier) 

et de la mélodie (d’Hector Berlioz) :

sublimes

_ déjà….

Jamais nous n’avons si bien perçus et compris

et la mélodie (de Berlioz)

et le poème même (de Gautier) ! Aussi !

Quel art sublime de la diction…

C’est dire le génie tout à fait exceptionnel de Stéphane Degout,

et de l’apport très fructueux à sa réalisation musicale

de François-Xavier Roth

et des Siècles.

Ce vendredi 22 février 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

La tâche bien ardue de parvenir à rendre le génie (et le charme absolu) de Purcell en son interprétation

12jan

Depuis pas mal d’années déjà,

bien trop rares à mon goût sont les enregistrements discographiques _ même anglais ! _

qui sachent nous restituer vraiment et pleinement _ en toute plénitude _ le génie musical de Purcell,

Henry Purcell (1659 – 1695) ;

et son charme secret

si profond ;

en même temps que si évidemment sensible

_ et reconnaissable une fois qu’on y a goûté…

Or, un peu par hasard ce jour,

voici que je tombe

_ bien en vue sur le rayon des nouveautés de CDs de ma chère librairie Mollat _

sur une réédition _ par Outhere, fin 2018 _

d’un enregistrement Linn Records

datant de 2011 :

Twelve Sonatas in Three Parts ;

soit le CD Linn Records CKR 374,

par l’ensemble Retrospect _ que dirige l’excellent Matthew Halls _ ;

constitué de

Sophie Gent, violon,

Matthew Truscott, violon,

et, pour la basse continue, Jonathan Mansion, basse de violon,

et Matthew Halls, clavecin et orgue.

Ces Twelve Sonatas in Three Parts ont été publiées,

et avec le plus grand soin,

par le compositeur lui-même, en 1683.

Eb bien ! c’est là une réussite absolue !

Peut-être supérieure même

à l’enregistrement purcellien de Jordi Savall des Fantaisies pour les violes,

chez Astrée, en 1995 :

un chef d’œuvre

de l’interprétation de la musique de chambre de Purcell…

Mais je prendrai bien soin de rappeler la bien belle version, aussi, de ces Sonatas of III Parts

donnée en 1990 _ en Belgique _ par le Ricercar Consort,

composé de ces très remarquables musiciens que sont

François Fernandez, violon,

Enrico Gatti, violon,

Philippe Pierlot, basse de viole

et Bernard Foccroulle, à l’orgue _ de l’église Saint-Apollinaire de Bolland.

Soit le CD RIC 080088.

Et je soulignerai aussi la très grande qualité de la notice de ce  livret,

en 1990,

sous la plume du maître d’œuvre de Ricercar :

Jérôme Lejeune.

Cependant,

une écoute comparée de ces deux interprétations

_ de 1990 (par le Ricercar Consort) et 2011 (par l’ensemble Retrospect) _,

me fait me prononcer en faveur de la plus récente :

plus vive, plus tonique, plus joyeuse

_ puisque c’est à la joie que me porte ma complexion,

plutôt qu’au dolorisme (à la Dowland, « semper dolens« , pour aller un peu vite)…

Existe aussi,

par ce magnifique ensemble Retrospect (de Matthew Halls)

un second _ ou plutôt premier, puisque paru deux ans auparavant, en 2009 _ enregistrement de la musique de chambre de Henry Purcell,

d’égal esprit :

celui des Ten Sonatas in Four Parts

_ publiées, elles, après le décès de Purcell (le 21 novembre 1695), par sa veuve, Frances, en 1697 ;

mais qui, comme le précisait, en 1994, Jérôme Lejeune, en la notice du CD Ricercar RIC 127140,

semblent de composition antérieure à celles des Twelve Sonatas In Three Parts, publiées par Henry Purcell lui-même en 1683 ;

et Jérôme Lejeune d’indiquer encore ceci :

« Faut-il encore signaler que

l’édition réalisée _ en 1697, donc _ par Madame veuve Purcell

avait, afin d’éviter de s’exposer à trop de frais, préféré un système d’imprimerie à caractères mobiles, plus économique,

aux belles gravures réalisées pour la première collection » en 1683… _,

toujours chez Linn Records, en 2009, cette fois.

Mon souhait : disposer aussi de ce premier CD de Retrospect…

Comme il est difficile _ aux interprètes _ de réussir à attraper vraiment ce miraculeux charme fou-là,

celui de la géniale idiosyncrasie purcellienne, veux-je dire ;

et comme il est jouissif _ aux mélomanes _ de l’écouter ainsi

si jubilatoirement ressuscité…

Ce samedi 12 janvier 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

P. s. : parmi les réussites discographiques les plus miraculeusement idoines à la si merveilleuse idiosyncrasie purcellienne,

je n’aurais bien sûr garde d’oublier le splendide CD que Hugo Reyne et La Simphonie du Marais ont consacré, en novembre 1995, à ce compositeur, pour le tricentenaire de sa disparition, advenue le 21 novembre 1695 : le CD A Collection of Ayres for recorderssoit le CD Virgin Veritas 5451822.

Via les diverses flûtes Bressan qu’animent les souffles des flûtistes, c’est Purcell lui-même qu’on entend jubilatoirement chanter !

C’est magique : je viens de réécouter ce prodigieux CD enregistré les 21-22-23 mai 1995 à la chapelle de la Charité, à Bourg-en-Bresse.

Je préfère un Haendel plus exubérant (et italien)…

14déc

Pour une fois,

je ne partage pas trop l’avis

de Jean-Charles Hoffelé ;

à propos de sa chronique de ce jour

Cecilia

sur son blog d’Artalinna

à propos de l’interprétation

que donnent John Butt et son Dunedin Cosort

_ soit le CD Linn Records CKD 578  _

de l’Ode à Sainte-Cécile de Haendel :

pas assez exubérante _ ou italienne, jubilatoire ! _ à mon goût !

Voici donc cette chronique :

Cecilia

CECILIA

La discographie de l’Ode à Sainte-CécileHaendel rend un hommage à peine masqué _ en effet _ au génie de Purcell ; avait-elle besoin d’une nouvelle version ? Même si John Butt ne dispose pas d’une soprano aussi radieuse que Teresa Stich-Randall, Felicity Lott ou Lucy CroweCarolyn Sampson y récidive ici, en petite voix hélas (hélas oui ! ) – la réponse est oui _ mais pas pour moi..


L’élégance un peu inquiète de l’Ouverture introduit une atmosphère différente, ce sera une vraie ode, lyrique, poétique, et non la célébration solaire _ voilà ! _ que Pinnock _ très heureusement, à mon goût _ proclamait. Le pari était osé, mais comment ne pas entendre que John Butt retrouve les lumières ambigües qu’y peignait Nikolaus Harnoncourt ? _ tiens donc…


Même fatigué, Ian Bostridge _ que j’adore _ atteint à une vraie émotion, mais pour l’entendre, il faut oublier les perfections d’Anthony Rolfe Johnson et de Richard Croft, ce ne sera pas en vain.

Un chœur ardent et nombreux serait-il l’autre atout de cette lecture plus tendre que festive ? Peut-être, et prenant d’ailleurs à rebours les habitudes du temps. De plage en plage, il y aura beaucoup à glaner dans cette version qui s’éloigne du théâtre _ ce théâtre qu’aime tant Haendel ! _ et à mesure gagne en spiritualité _ mais Haendel n’est pas Bach… L’ajout du Concerto grosso Op. 6 No. 4 lui fait un postlude teinté d’une certaine mélancolie.

LE DISQUE DU JOUR

Georg Friedrich Haendel(1685-1759)
Ode for St. Cecilia’s Day, HWV 76
Concerto grosso, Op. 6 No. 4

Carolyn Sampson, soprano
Ian Bostridge, ténor
Chœur de la Radio Polonaise
Dunedin Consort


John Butt, direction

Un album du label Linn Records CKD 578

Photo à la une : Le claviériste et chef d’orchestre John Butt – Photo : © DR

Comparer des interprétations est toujours riche de découvertes !

Ce vendredi 14 décembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

Deux CDs de violoncellistes (Haydn par Alisa Weilerstein, CPE Bach par Jean-Guihen Queyras) : un réussi, un raté !

29août

Le CD Cello Concertos de Carl Philipp Emanuel Bach

_ un CD Harmonia Mundi HMM 902331 _,

par Jean-Guihen Queyras et l’Ensemble Resonanz que dirige Riccardo Minasi

est incroyablement manqué

et sur toute la ligne !

Rien ne marche…

A l’inverse,

le CD Transfigured Night

_ un CD Pentatone  PTC 5186 717 _,

avec les deux concertos pour violoncelle de Joseph Haydn

(et La Nuit transfigurée d’Arnold Schoenberg),

par Alisa Weilerstein et les Trondheim Soloists conduits par Geir Inge Lotsberg,

est une étourdissante réussite !

Quelle merveille d’interprétation : jubilante !!!

Et cela dans des univers stylistiques tout à fait comparables !

Avis aux amateurs d’enthousiasme !

Ce mercredi 29 août 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

La musique d’harmonie de Haydn et des fils Bach, aussi jubilatoire que celle de Mozart

29juil

La musique d’harmonie de Mozart est _ toute entière ! _ enthousiasmante.

Celle des fils Bach _ ici Wilhelm Friedemann et Carl Philipp Emanuel _ 

et celle de Joseph Haydn, aussi.

Tout particulièrement quand elles sont interprétées,

comme en ce double CD Trios for Oboe, Bassoon and Piano,

le double CD  Sony 19075820812,

par Maurice Bourgue, hautbois, Sergio Azzolini, basson, & Kimiko Imani, piano.

Les instruments ne sont certes pas des instruments anciens,

mais la rythmicité très entraînante du jeu des trois instrumentistes _ et tout spécialement celui de la pianiste _

emporte très juyeusement notre pleine adhésion…

A nouveau un disque épatant,

de rafraîchissante et allègre fête d’été…

Ce dimanche 29 juillet 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

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