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Musiques de joie : les enivrantes Danses populaires roumaines de Béla Bartok, par Il Giardino Armonico et le chalumeau virtuose de Giovanni Antonini

21mai

J’aime tout particulièrement

l’interprétation tout à fait enivrante

des Danses populaires roumaines SZ.68, BB 76,
de Béla Bartok (1881 – 1945),
éclaboussant de sa merveilleuse jubilation
le CD n° 8 _ un peu orientalisant _ de la série Haydn 2032 intitulé « La Roxolana »
que le Giardino Armonico,
emmené par le chalumeau fantasque de Giovanni Antonini,
vient de consacrer à trois symphonies,
les n° 63, La Roxolana, n° 43, Mercure, et n° 28,
de Joseph Haydn
_ né lui-même à la frontière de la Cisleithanie et de la Transleithanie, en 1732 _ ;
avec, pour un autre très judicieux contrepoint, la Sonata Jucunda
anonyme _ mais possiblement de Paul Josef Vejvanovsky, entre 1677 et 1680 _
présente en une partition de la très riche bibliothèque de Kromeriz…
De quoi fêter, pour certains, par cette vertigineuse danse _ sur un volcan _
d’Europe orientale,
l’allègement du confinement…
Ce dimanche 10 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Musiques de joie (suite) : Pavel Josef Vejvanovsky, compositeur et trompettiste à Kromeriz, en Moravie

31mar

Dans la suite immédiate de mes deux articles précédents

et ,

prend parfaitement place

parmi les jubilatoires musiques de joie,

l’œuvre de celui qui fait le lien effectif

entre l’autrichien Johann Heinrich Schmelzer (Scheibbs, 1623 – Prague, 20 mars 1680)

et le tchèque Heinrich Ignaz Franz Biber (Wartenberg – Stráž pod Ralskem, 12 août 1644 – Salzbourg, 3 mai 1704) :

le compositeur et trompettiste morave Pavel Josef Vejvanovsky (Hukvaldy, 1623 – Kroměříž, 24 septembre 1693).

Vejvanovsky était en effet compositeur

et trompettiste

à la brillantissime cour de Kroměříž du Prince-Evêque d’Olmütz,

Karl Liechtenstein-Castelcorno (1624 – 1695) ;

et cela s’entend fort bien dans les compositions de Vejvanovsky,

qui sonnent tout l’éclat de la jubilation

_ tel un ancêtre morave

des si belles musiques d’harmonie de Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791)…

Je collectionne depuis longtemps les CDs d’œuvres de Vejvanovsky

_ j’en ai trouvés à Prague, et même à Rome, en cherchant bien dans les bacs des disquaires :

tel le CD des Vesperae Sancti Venceslaipar les Solistes de Boni Pueri et Musica Florea, sous la direction de Marek Stryncl,

le CD Supraphon SU 3535-2 231, paru en 2002 _ ;

mais aujourd’hui j’opte pour le CD Pavel Josej Vejvanovsky, Music for Trumpets and Strings,

de l’Ensemble Ars Antiqua Austria, dirigé par Gunar Letzbor,

soit le CD Symphonia SY 96151, paru en 1997.

J’y ajoute

la très brillante Sonata Tribus Quadrantibus

pour violon, trompette, trombone alto et basse continue,

soit dans la version du CD Musik der Hofkapelle zu Kremsier, de l’Ensemble Anima Mea, de Ute Hartwich, en 2001

_ le CD Marc Aurel Edition MA 20017 _

soit dans la version du CD Musik im barocken Wien, de la Wiener Akademie, de Martin Haselböck, en 1995

_ le CD Novalis 150124-2.

Ce mardi 31 mars 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Musiques de joie : le triomphant Heinrich Ignaz Franz Biber, et son très fécond passage à la cour de Kremsier-Kromeriz

30mar

Dans l’étroite brillante descendance musicale

de l’autrichien Johann Heinrich Schmelzer

(Scheibbs, 1623 – Prague, 20 mars 1680),

et de son disciple morave Pavel Josef Vejvanovsky

(Hukvaldy, 1623 – Kromeriz, 24 septembre 1693),

le brillantissime tchèque Heinrich Ignaz Franz Biber 

(Wartenberg, 12 août 1644 – Salzbourg, 3 mai 1704) :

Biber est passé par la brillante cour de Karl Liechtenstein-Castelcorno,

prince-évêque d’Olmütz-Olomouc,

en sa résidence festive de Kremsier-Kromeriz

_ quittée pour Salzbourg en 1670_ ;

et le fécond modèle du compositeur-trompettiste Vejvanosky…

Outre ce chef d’œuvre absolu que sont ses Sonates sur les Mystères du Rosaire (en 1678)

_ par exemple dans le double CD Arcana A901 (en 1997) de Gunar Letzbor, violon,

avec Lorentz Duftschmid, basse de viole, Wolfgang Zerer, orgue, Wolgang Glüxam, clavecin et Axel Wolf, luth et archiluth _,

j’opterai,

comme éminemment représentatives de musiques de profonde joie

de la plume de Biber,

pour ses 12 Sonatae tam aris qual allis servientes (de 1676) ;

par exemple dans l’interprétation jubilatoire

que dirige Manfredo Kraemer, à la tête de son Ensemble The Rare Fruit Council,

dans le CD Astrée-Auvidis E 8630 (de 1998)…

Biber est un compositeur extrêmement marquant

de l’apogée du Baroque catholique autrichien,

triomphant.


Ce lundi 30 mars 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Pour découvrir des compositeurs très discrets, 3 merveilles discographiques de derrière les fagots

31mai

Parmi les CDs qui ne quittent pas mes platines,

3 CDs absolument merveilleux,

tant par les œuvres si magnifiques qu’ils donnent à découvrir,

que par des interprétations si parfaites

que ce serait une faute de ne pas donner à en partager si peu que ce soit de l’enthousiasme de leur écoute…

Dans l’ordre chronologique des siècles de composition des œuvres ainsi mises à notre portée aujourd’hui,

voici d’abord le CD Minoritenkonvent _ Manuscript XIV 726 / Vienna Praha Kromeriz, 1700 (CD MUSO mu-008),

par Aliquando, constitué ici de la violoniste Stéphanie Paulet et de l’organiste Elisabeth Geiger,

pour des Sonatas anonymes (elles sont au nombre de 5)

et de Heinrich Ignaz Franz Biber (2), Giovanni Buonaventura Viviani (1), Jan Ignac Frantisek Volta (1), Nikolaus Faber (1) et Johann Caspar Teubner (1),

toutes issues d’un même manuscrit (important) du Couvent des Minorites de Vienne ;

recueil que commente ainsi Stéphanie Paulet au début de sa présentation à la page 4 du livret, « du choix de l’Orgue Silberman des Sœurs grises de Haguenau comme unique instrument de continuo » dans cette réalisation pour ce superbe, et même sublime, disque :

« Le manuscrit du Couvent des Minorites de Vienne (Autriche), connu depuis de nombreuses années par les musicologues, se révèle aujourd’hui encore peu exploré par les instrumentistes ; à le lire tout entier, il surprend, par sa beauté, et atteste d’une activité florissante autour du violon dans la période de Biber (1644-1704).

Rien n’est précisé sur le caractère religieux de ces sonates, et bien que certaines le suggèrent, le libre choix de l’instrumentation pour la ligne du continuo était laissé ouvert.

Nées dans un contexte fortement religieux, encourageant les Arts, les sonates de ce recueil témoignent de multiples influences, et la musique apparaît tour à tour méditative, illustrative, ou de danse, appelant un continuo varié en timbres et en nuances. (…)

Ainsi, l’orgue riche de toutes ces possibilités (soient, par exemple, la capacité d’expression du caractère de l’intime, comme une prière, comme du caractère majestueux d’une passacaille ; la capacité de tenir un bourdon invitant à l’improvisation de longs mélismes méditatifs pour le violon ; la capacité d’évoquer par le jeu d’anches typé du Cromorne les danses de la Renaissance ; etc.), pouvait s’imposer comme un partenaire à part entière du violon, le faisant même apparaître parfois comme un registre supplémentaire du jeu de cordes.

Alliant la richesse d’un instrument de tribune et la douceur d’un instrument de continuo, l’orgue baroque d’André Silbermann  de l’église Sainte-Madeleine à Strasbourg (où se trouve maintenant déposé l’Orgue Silberman des Sœurs grises de Haguenau), par la beauté de ses timbres du passé, s’est imposé comme une évidence pour le choix de notre continuo, et a nourri en retour l’univers suggestif de ces sonates« .

Et quant à la nature de cet important « Manuscrit XIV 726 du Couvent des Minorites« ,

voici ce qu’en indique le Dr Greta Haenen aux pages 8 à 10 du livret de ce CD :

« Le Manuscrit XIV 726 du Couvent des Minorites à Vienne, dont sont extraites les sonates du disque, est considéré comme le recueil le plus important de la musique pour violon soliste du Saint Empire Romain Germanique. Pour l’essentiel, il s’agit de pièces de la fin du 17e siècle. (…) La copie du Manuscrit qui nous intéresse dans cet enregistrement n’est pas datée, mais tout laisse à penser qu’elle a été réalisée dans la dernière décennie du 17e siècle. (…) Les pièces qui y sont recopiées sont toutes parues avant 1690. (…) Ce Manuscrit fut en son temps une source d’une importance considérable pour l’œuvre instrumentale soliste de Biber. (…) Hormis ces récollections rassemblées, le recueil présente aussi des œuvres soit anonymes, ou de compositeurs ayant tous un lien direct avec l’environnement esthétique de la cour de Vienne _ ainsi Schmelzer, Teubner, Viviani ou Bertali _, de Prague _ avec le médecin et violoniste Ian Ignac Frantisek Vojta (ca.1660 -ca.1725) _, ou de Kromeriz : Heinrich Ignaz Franz Biber y travailla plus longtemps qu’à Vienne, où l’on ne peut attester qu’un court « concert-invité » en 1677 ; Faber, lui, était probablement en lien avec un des musiciens de cette cour de Kromeriz. (…) Les œuvres anonymes, comme c’est le cas pour d’autres recueils, sont très probablement nées dans ce large environnement habsbourgeois (Vienne, Kromeriz ou Prague) de compositeurs de l’entourage amical des copistes. (…) Quelques sonates restées anonymes figurent exclusivement dans ce Manuscrit, sans concordance avec d’autres _ ce sont donc des hapax _, comme les sonates n°4 (piste 3), n°77 (piste 1), et n°87 (piste 2). Elles affichent clairement un contexte viennois : éléments de style italien, technique de violon locale, évocation certaine de musique de « violoneux » qui subsiste dans le répertoire du sud-est de l’Empire plus longtemps qu’en Italie ou en Allemagne du nord, et ceci sûrement pour des raisons socio-culturelles. En effet, la culture dans le nord est urbaine, la musique n’y a pas les mêmes fonctions qu’à la cour » ;

puis le CD « Farewell to the homeland » Polish Romantic Music (CD NIF CCD 104),

par le pianofortiste Tobias Koch,

pour des Polonaises (6), Nocturnes (2), Valses (1), Etudes (1), Rondos (1) et Mazurkas (9) de Frédéric Chopin (2), Michal Kleophas Oginski (1), Karol Kurpinski (5), Maria Szymanovska (6), Jozef Elsner (1), Ignacy Feliks Dobrzynski (1), Jozef Krogulski (1), Karol Mikuli (1), Karol Zaluski (1) et Ignacy Friedman (1).

Ces pièces, toutes brèves, sont en majorité antérieures _ c’est le cas des treize premières (n° 1 à 11 et n° 13-14) _ à la période de composition de Frédéric Chopin _ dont sont présentes ici 2 Mazurkas (la pièce n° 12, d’avant 1832, et la pièce n° 20, de 1849) _.

Seules deux Mazurkas (la pièce n° 15, de 1840, d’Ignacy Feliks Dobrzynski, et la pièce n° 16, de 1836, de Jozef Krogulski) sont contemporaines de la période de création de Frédéric Chopin.

Et trois dernières Mazurkas (la n° 17, de 1860, de Karol Mikuli, la n° 18, après 1849, de Karol Zaluski et la n°19, de 1912, d’Ignacy Friedman) sont postérieures à l’œuvre de Frédéric Chopin.

Merveilleusement interprétées par le pianofortiste Tobias Koch _ dont j’ignorais bien à tort l’existence jusqu’à ce jour : il faut vite réparer cette injustice ! _,

sur quatre magnifiques instruments anciens (un Erard de 1838, un Pleyel de 1848, un Erard de 1849 et un Pleyel de 1854) si judicieusement mis à profit par la formidable collection de CDs du Narodowy Institut Fryderyka Chopina _ cf mon article du 30-6-2012 Le sublime Chopin « en vérité » de Tatiana Shebanova _ in memoriamde Titus Curiosus _,

cette succession de pièces spécifiquement polonaises nous donne à très finement percevoir le très riche terreau polonais de l’œuvre si singulière de Frédéric Chopin…

Et c’est à l’infini que l’écoute de ce CD nous offre son enchantement…

;

et le CD « Complete piano works » de Gustave Samazeuilh (Grand Piano GP 669),

par le pianiste Olivier Chauzu.

 

Titus Curiosus, ce dimanche 31 mai 2015

 

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