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Pour aller un peu plus loin dans le magique répertoire du luth : revenir aussi au merveilleux CD d’Eduardo Egüez «  »L’Infidèle » _ Lute works by Sylvius Leopold Weiss » (en 2009), avec le magistral « Tombeau sur la mort de M. Comte de Logy arrivée 1721″

03mai

En complément _ ultra-nécessaire ! _ à mon article du 30 avril dernier « « , qui se tournait vers l’œuvre de luth de Sylvius-Leopold Weiss (et à l’interprétation qu’en donne, en particulier, Jakob Lindberg,

je me suis mis à repenser aux CDs de ma discothèque comportant des œuvres de ce génialissime Weiss,

pour constater, et avec un étonnement rétrospectif qui me surprend _ et même me révolte _ moi-même, que je n’ai pas consacré jusqu’ici d’article au sublimissime CD d’Eduardo Egüez publié en 2009 par le label MA Recordings _ le CD M087A _ et enregistré en juin 2005 en l’église San Bernardino da Siena, à Piano Audi, commune de Corio, dans le Piémont, intitulé « « L’Infidèle » _ Lute works by Sylvius Leopold Weiss« …

Un CD qui, lui aussi, comporte le merveilleux, somptueux, magique « Tombeau sur la mort de Mr Comte de Logy arrivée 1721 » (d’après l’intitulé du manuscrit de Londres Add 30387).

Et voici le commentaire bien éloquent que, en la notice de ce très précieux CD de 2009, en donnait Edward Martin :

« Le « Tombeau sur la mort de Mr Comte de Logy arrivée 1721 » est aussi présent dans le manuscrit londonien _ qui comporte, en effet, la Suite « L’Infidèle«  qui a donné son titre à ce CD… Cette poignante pièce est la composition la plus profonde jamais composée pour le luth _ pas moins ! Comme son titre l’indique, le dédicataire est le comte Johann Anton Losy von Losimthal (1650 – 1721) ; sa position était légendaire, autant par sa noblesse que pour son inspiration musicale. Le Tombeau est composé en Si bémol mineur, une des clés les plus sombres pour le luth baroque. Les moyens artistiques mis en œuvre ici par Weiss sont profondément empreints de tristesse et de regrets, avec des basses lourdes, des dissonances, des accords descendants, des structures par gammes diminuées, des basses gémissantes, et des notes lentes et vibrantes évoquant le glas funèbre d’une procession. Vers la fin de la pièce, une phrase lente, chromatique et ascendante laisse entendre l’ascension au paradis. Il est certain que l’influence de Losy sur Weiss était profonde si l’on en juge par le caractère si émouvant et évocateur de ce Tombeau« .

Un CD admirable !

En complément aussi, par conséquent, à mes articles des 3 février et 14 avril 202o :

« « 

et « « …

Ce mardi 3 mai 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Le luth de Bach : deux nouveautés ou ré-éditions discographiques…

30avr

Ici encore,

c’est surtout la curiosité qui m’a conduit à me procurer deux nouvelles parutions discographiques concernant cette fois l’œuvre de luth de Johann-Sebastian Bach :

deux albums doubles,

le premier une nouveauté d’Evangelina Moscardi  _ « Complete Lute Works«  (Arcana A 529), avec des enregistrements de février 2020 à septembre 2021 _ ;

et le second, des rééditions d’Hopkinson Smith _ « Bach Cello Suites » (Naïve E 7385), avec des enregistrements de juin 1980, octobre 1992 et octobre 2012.

A mon goût de profane encore de ce répertoire,

et pour le dire d’entrée carrément et un peu brutalement,

ce n’est pas ce qui sort ici de la plume _ un peu maladroite pour cet instrument qu’il ne pratiquait pas… _ de Bach

que je préfère,

mais bien plutôt les joyaux de souplesse raffinée de la tradition française de luth, comme par exemple les deux Gaultier, Gallot, Dufault, Mouton, etc. _ cf par exemple le CD « A Lute by Sixtus Rauwolf French and German Baroque Music« , de l’excellent Jakob Lindberg, soit le CD BIS-2265, de 2017…

ou bien les mille merveilles flamboyantes de Léopold-Silvius Weiss _ cf par exemple les CDs « Weiss _ Lute Music » et « Silvius Leopold Weiss _ Lute Music II« , toujours par le parfait Jakob Lindberg, soient les CDs BIS-1524 et BIS-1534, de 2006 et 2009… _ ;

ou aussi M. de Losy _ cf par exemple le CD « Jan Antonin Losy _ Note d’oro« , toujours par ce magicien du luth qu’est Jakob Lindberg, soit le CD BIS-2462, de 2019…

Voilà qui d’entrée est dit.

Bien sûr, à suivre…

Ce samedi 30 avril 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Ecouter divers sublimes « Tombeaux de Monsieur Blancrocher », par Johann-Jakob Froberger, Louis Couperin, Denis Gaultier, François Dufaut, interprétés par Pierre Gallon…

14mai

Un passionnant CD _ L’Encelade ECL 1901, enregistré en janvier 2019 _,

intitulé « Blancrocher – L’Offrande« ,

interprété, au clavecin, par Pierre Gallon

_ avec une ultime pièce, l’allemande « L’Offrande« , de Charles Fleury de Blancrocher, interprétée au luth par Diego Salamanca : la seule oeuvre qui nous demeure de Monsieur de Blancrocher… _,

vient nous proposer un superbe programme d’hommage aux musiciens _ Johann-Jakob Froberger, Louis Couperin, François Dufaut et Denis Gaultier _ amis de ce luthiste, décédé d’une malencontreuse chute dans l’escalier de son domicile, à Paris, en 1652,

qui ont célébré si magnifiquement leur ami luthiste…

Ce vendredi 14 mai 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

Un éblouissement musical « purcellien » : le CD « The Mad Lover », de Théotime Langlois de Swarte et Thomas Dunford

12mai

Ce jour,

découverte d’un CD _ publié au mois de novembre 2020 _ qui m’enchante : 

le purcellien « The Mad Lover«  _ le CD Harmonia Mundi HMM 902305 _,

par un duo constitué du violoniste Théotime Langlois de Swarte et du luthiste Thomas Dunford ;

interprétant des musiques _ « Sonatas, Suites, Grounds, Fantasias & various bizzarie » _ du dernier tiers du XVIIème siècle anglais _ Stuart _,

autour de « The Mad Lover » de John Eccles,

avec des œuvres de Henry Eccles, Henry Purcell _ présent ici par un Prélude de 1′ 44 »… _, Daniel Purcell, Nicola Matteis et Nicola Matteis-le-jeune…

Mais presque tout le programme est purcellien d’esprit…

Ce concert _ aussi superbement composé par les deux jeunes instrumentistes, qu’interprété par eux _, est un pur enchantement des sens !!!

Tout respire et vit…

Ce mercredi 12 mai 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

Musiques de joie : la joie oxymorique de l’hommage très admiratif au défunt et à son oeuvre : la sublime méditation du « Tombeau sur la mort de M. le Comte de Losy arrivée en 1721″ de Silvius Leopold Weiss, par Jakob Lindberg

14avr

Pour fêter,

au sein du superbe CD Bis CD1534 de l’extraordinaire luthiste suédois Jakob Lindberg,  intitulé Silvius Leopold Weiss Lute Music II,

un CD paru en 2009,

une bouleversante _ et pourvoyeuse d’une intense très profonde joie _ sublime interprétation du sublime lui-même Tombeau sur la mort de M. le Comte de Losy arrivée en 1721

même si la joie de quelque Tombeau que ce soit semble a priori plutôt oxymorique…

Et pourtant l’espèce encore humaine _ pas tout à fait déshumanisée, veux-je dire _ se fait un devoir de donner à ses morts une vraie sépulture,

sous quelque forme tant soit peu méritoire, même humble, que ce soit…

Et un Tombeau de musique, ce peut être vraiment très beau ;

et même sublime.

Et c’est le cas ici,

de l’œuvre de Silvius Leopold Weiss

comme de l’interprétation de Jakob Lindberg.

Parmi les joies ayant donné lieu à de belles, voire sublimes, « musiques de joie« ,

existent ainsi des joies au premier abord oxymoriques,

telles celles, forcément, des « Tombeaux«  …

« Tombeaux » de musique donc, donnés initialement et en tout premier lieu

_ et je commencerai, ici, par cette donnée historique-là _

par quelques luthistes, en France, un peu avant le mitan du XVIIe siècle,

tels Denis Gaultier (1603 – 1672), dit Gaultier le jeune,

pour un Tombeau de Lenclos, soit le luthiste Henri de L’Enclos (1592 – 1631) _ le père de la célèbre Ninon… _,

pour un Tombeau de M. de Blancrocher, soit le luthiste Charles Fleury (1605 – 1652), 

ainsi que pour un Tombeau de Raquetteprobablement Charles Racquet (1598 – 1664), qui fut organiste de Notre-Dame de 1618 à 1643 ; à moins qu’il ne s’agisse du père de celui-ci, Balthazar Racquet (ca. 1575 – 1630),

et Ennemond Gaultier (1575 – 1651), dit le vieux,

pour un Tombeau de Mézangeausoit le luthiste René Mézangeau (1568 – janvier 1638),

Parmi les luthistes français auteurs _ et initiateurs _ de tels Tombeaux

il faut aussi relever les noms de :

François Dufaut (1604 – 1672),

Jacques de Saint-Luc (1616 – 1708) _ bruxellois, mais qui séjourna un moment à Paris _,

Charles Mouton (1617 – 1710),

Jacques Gallot (1625 – 1696),

Jean de Sainte-Colombe (1640 – 1700),

Laurent Dupré, dit Dupré d’Angleterre (1642 – 1709),

Robert de Visée (1650 – 1725)…

Le genre du Tombeau

est très vite repris, des luthistes, par leurs amis clavecinistes

tels

le grand Johann-Jakob Froberger (1616 – 1667) _ présent à Paris en 1652 _,

auteur d’un célébrissime et merveilleux Tombeau de M. de Blancrocher ;

de même que, tout aussi beau, son ami Louis Couperin (1626 – 1661) ;

ainsi que Jean-Henri d’Anglebert (1629 – 1691),

et Jean-Nicolas Geoffroy (1633 – 1694)

Puis, ce sont les violistes qui s’emparent à leur tour du Tombeau, tels

Marin Marais (1656 – 1728),

Sainte-Colombe le fils (1660 – 1720),

Charles Dollé (1710 – 1755).

L’immense luthiste silésien Silvius Leopold Weiss

(Breslau, 12 octobre 1687 – Dresde, 15 octobre 1750)

a composé un bouleversant

et sublimissime

Tombeau sur la mort de M. le Comte de Losy arrivée en 1721

_ Johann Anton Losy von Losinthal (Steken, 1650 – Prague, 3 septembre 1721) _

qu’interprète idéalement le luthiste suédois Jakob Lindberg

en un admirable CD Bis 1534 _ enregistré et publié en 2009.

Jakob Lindberg vient de publier, en 2019 cette fois, toujours chez Bis,

un magnifique CD _ Bis 2462 _ intitulé Jan Antonin Losy note d’oro

qui nous donne à savourer la merveilleuse délicatesse de l’art du Comte Losy,

en 6 Suites, un Menuet et une Chaconne.

L’oxymore consiste en l’intensité _ sublime ! _ de joie intensément profonde

que donne un tel Tombeau,

ainsi interprété, aussi.

Voilà.



Ce mardi 14 avril 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

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