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Comparer diverses interprétations profondément émouvantes de chefs d’oeuvre _ bouleversants _ de Mieczyslaw Weinberg, à partir du tout récent CD de l’Ensemble Les Métamorphoses, sous la direction de Raphaël Feye, avec le violoncelle intensément « tragique et pudique » de Pieter Wispelwey…

15mai

En quelque sorte en complément de mon article du mercredi 4 mai dernier, « « ,

voici que ce  dimanche 15 mai ResMusica publie, sous la plume de Jean-Christophe Le Toquin, un très intéressant article consacré lui aussi au tout récent superbe CD Evil Penguin Classic 2022 EPRC0045

consacré à 3 chefs d’œuvre de ce compositeur tout à fait essentiel du XXe siècle, qu’est le si émouvant Mieczyslaw Weinberg :

le Concertino pour violoncelle Op. 43bis (de 1948),

la Fantaisie pour Violoncelle et Orchestre Op. 52 (de 1951-53),

et la Symphonie de chambre n°4 Op. 153 (de 1992) ;

en un article intitulé, lui, « Pieter Wispelwey et Les Métamorphoses investissent Weinberg« …

Un CD dans lequel _ je suis en train de le ré-écouter avec un très vif plaisir : j’adore ce compositeur et sa musique si déchirante… _, je dois souligner que je remarque, à nouveau, à cette ré-écoute, la splendide clarinette klezmérisante de Jean-Michel Charlier…

Le voici donc _ avec, en forme de dialogue avec, mes farcissures en vert… _, cet article paru ce dimanche :

Pieter Wispelwey et les Métamorphoses investissent Weinberg

Pieter Wispelwey et l’ensemble Les Métamorphoses signent un album Weinberg remarquable de couleurs et d’investissement dans la profondeur du son _ oui, et c’est fort juste de bien le souligner ainsi. 

Les trois œuvres de Mieczysław Weinberg réunies dans cet album ne doivent rien au hasard, puisqu’elles avaient constitué le couronnement d’un grand week-end consacré fin 2019 à Bruxelles par la biennale Chamber Music for Europe à l’occasion du centenaire de la naissance du compositeur _ né à Varsovie le 8 décembre 1919. Si l’interprétation en concert avait reçu tous les éloges de notre collègue, la captation en studio réalisée _ à Gand _ à l’été 2021 _ du 28 juin au 1er juillet _ et proposée dans cet album combine la vitalité et l’unité que donne l’expérience de l’interprétation en public, avec le soin intense apporté à chaque note et inflexion que permet le temps long de l’enregistrement_ en effet.

Le Concertino pour violoncelle op. 43 bis, composé en 1948 (_ soit une toute première approche du futurConcerto pour violoncelle op. 43, qui fut créé par Rostropovitch en 1957) avait été oublié de tous, et ne fut découvert qu’en 2016, 20 ans après la disparition du compositeur. Il fut alors enregistré rapidement _ en 2018 _ par la violoncelliste Marina Tarasova, qui a connu Weinberg, et publié dès 2018 par le courageux label de Saint-Pétersbourg Northern Flowers _ je possède aussi ce CD NF/PMA 99131, enregistré à Moscou en 2018. La comparaison des deux enregistrements est éclairante : là où les musiciens russes – à l’instar d’un Rostropovitch – tiennent l’émotion et les accents klezmer à distance _ mais oui _ pour mieux faire ressortir le classicisme de cette musique et la rattacher à toute la musique russe, Pieter Wispelwey et les musiciens des Métamorphoses vont plus profondément dans l’exploration psychologique _ de l’idiosyncrasie de Weinberg _ et travaillent à restituer – sans sentimentalisme – le substrat tragique _ voilà _ de la vie du compositeur (la fuite du nazisme _ en 1939 _, mais pour subir ensuite l’antisémitisme de l’État soviétique). Le résultat de ce choix interprétatif est un impact émotionnel plus fort, bien que pudique _ oui, sans le moindre pathos parasite. C’est comme si on rendait à la musique de Weinberg une identité plus riche, plus complexe _ oui : la sienne ! _, on oserait dire plus présente dans le double sens de présence et d’actualité. De quelques années plus tardives _ 1951-53 _, la Fantaisie pour violoncelle et orchestre op. 52 est moins lyrique et moins immédiatement prenante que le Concertino _ de 1948 _mais elle garde ses accents polonais et populaires  _ oui, et c’est très important… _ et cette finesse d’écriture _ tout à fait _ qui retiennent _ et marquent _ l’attention.

L’album se conclut par la dernière œuvre _ voilà ! en quelque sorte testamentaire _ de Weinberg, la Symphonie de chambre n°4 op. 153 _ composée, elle, en 1992. Comme toutes les pièces de maturité, l’heure n’est plus – et depuis longtemps – à l’immédiateté et à la facilité _ de l’expressivité du compositeur. Mais placée ainsi _ sur ce CD _ après le Concertino et la Fantaisie, il n’y a pas de rupture, simplement une évolution _ oui. Cette continuité s’explique aussi par le fait que ces quatre symphonies de chambre sont elles-mêmes _ oui _ des retours en arrière, reprenant _ et enrichissant, un peu testamentairement : pour l’éternité de sa singularité de créateur _ des compositions de jeunesse. Elles ont fait l’objet d’un enregistrement intégral _ des Concertos de chambre n°1 à 4 _ par Gidon Kremer et la Kremerata Baltica (ECM, 2017) _ soit le double CD ECM 2538/39  4814604, paru en 2017 ; un double album que je possède et admire _, et par Rostislav Krimer et l’East-West Chamber Orchestra (_ soit le CD Naxos 8.574063, paru en 2019, pour les Concertos de chambre n° 1 et 3 ; je le possède aussi _, et _ le CD Naxos 8.574210, paru, lui, en 2021 _ pour les n° 2 et 4) ; le second _ Rostislav Krimer _ défendant une approche plus raffinée et poétique. Face à ces concurrents letton _ Gidon Kremer _ et biélorusse _ Rostislav Krimer _ qui ont pour eux l’avantage de l’ancrage culturel originel _ en effet, de Weinberg _, les musiciens des Métamorphoses _ dirigés ici par Raphaël Feye _ investissent la musique de Weinberg avec une approche d’Europe de l’Ouest qui se nourrit d’un travail _ de fond _ sur la mémoire et sur l’histoire _ voilà. Là où les versions occidentales de la musique de Chostakovitch dans les années 1950 à 80 pouvaient paraitre moins habitées que celles de l’autre côté du rideau de fer, cette caractéristique ne se retrouve pas avec Weinberg, pourtant si proche. Weinberg est un musicien polonais, slave, juif, et d’Europe centrale _ oui ! et c’est là un trait tout à fait essentiel et fondamental pour l’idiosyncrasie de sa musique… _, et s’il a passé sa vie d’adulte _ depuis 1939, et ses vingt ans… _ en URSS _ à Moscou, puis Tachkent, Moscou, etc. _, il n’a jamais oublié ses origines _ juives, d’Europe centrale et orientale ; et c’est probablement aussi pour cela que sa musique me touche, personnellement, si profondément autant ! Dès lors, un violoncelliste néerlandais, un chef et un ensemble belges développant une approche sensible (l’orchestre _ les Métamorphoses _ avait enregistré le beau disque Destins juifs dirigé par Amaury de Closel en 2018, KMI) peuvent apporter une vision différente et au moins aussi pertinente _ oui ! _ de ce répertoire _ de Weinberg.

Espérons que cette réussite – doublée d’une édition luxueuse _ oui _ façon livre, avec couverture rigide et épais livret richement illustré – donnera à ces interprètes l’envie de continuer à s’approprier la musique de Weinberg, car ils lui apportent un relief et une attraction particulières _ en effet, particulièrement idoines…

Mieczysław Weinberg (1919-1996) :

Concertino pour violoncelle op. 43bis ;

Fantaisie pour violoncelle et orchestre op. 52 ;

Symphonie de chambre n° 4 op. 153.

Pieter Wispelwey, violoncelle ;

Jean-Michel Charlier, clarinette ;

Les Métamorphoses, direction : Raphaël Feye.

1 CD Evil Penguin Classic.

Album couverture cartonnée rigide, livret quadrilingue richement illustré de photographies des séances d’enregistrement et d’illustration poétique de Peter de Bruyne.

Contenu numérique supplémentaire (vidéo d’enregistrement) accessible par QR code.

Enregistré du 28 juin au 1er juillet 2021 au MC De Bijloke, Gand (Belgique).

Durée : 68:27

Un CD tout à fait remarquable, donc,

pour des chefs d’œuvre déchirants et pudiques de cet immense compositeur qu’est Mieczyslaw Weinberg…

Ce dimanche 15 mai 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Un nouveau CD Weinberg avec le violoncelle de Marina Tarasova

11juil

L’œuvre de Mieczyslaw Weinberg (Varsovie, 8 décembre 1919 – Moscou, 26 février 1996)

constitue un superbe et très émouvant sommet de la musique du XXe siècle.

Vient de paraître un nouveau CD de l’œuvre de Weinberg pour le violoncelle,

avec l’interprétation de Marina Tarasova,

comme m’en informe cet article de ResMusica hier :

Œuvres pour violoncelle et piano de Weinberg par Marina Tarasova et Ivan Sokolov

Ce dimanche 11 juillet 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

Les deux versions (de 1948 et 1956) du bouleversant Concerto pour violoncelle et orchestre op. 43 et op. 43 bis, de Mieczyslaw Weinberg

05juil

Ce jour,

l’excellent site Discophilia de l’excellent Jean-Charles Hoffelé

consacre son article intitulé Élégies

au CD CPO 555234-2 comportant

d’une part, ce qui peut être considéré comme la version originelle (de 1948) du Concerto pour violoncelle et orchestre en ut mineur (de 1956) de Mieczyslaw Weinberg (Varsovie, 8 décembe 1919 – Moscou, 26 février 1996),

intitulée Concertino, et repertoriée comme opus 43 bis ;

et d’autre part, la version définitive (de 1956) de ce Concerto pour violoncelle et orchestre, répertoriée comme opus 43.

Avec, entre les deux,

la Fantaisie pour violoncelle et orchestre, opus 52 (de 1953).

ELÉGIES

Mstislav Rostropovitch avait demandé un grand concerto à Mieczysław Weinberg, se souvenant du geste lyrique et des éclats de celui qu’il avait écrit pour le violon de Leonid Kogan, il reçut un requiem, deux lamentos entourant deux mouvements emplis de musiques klezmer, une œuvre si juive qu’elle était une déclaration de guerre au régime soviétique. Il ne barguigna pas, la créa, essaya de l’imposer contre les autorités, et surtout malgré le public, n’y parvint pas. L’œuvre est trop intime, trop émouvante pour le concert. Weinberg le savait bien : il l’avait tirée d’une partition plus radicale encore, un Concertino pour les seules cordes, deux lamentos et une célébration de la vie juive nostalgique.

Marina Tarassova s’est emparée de la première mouture, longtemps demeurée oubliée. Raphael Wallfisch dans ce nouveau volume de son cycle « Voices in the Wilderness », consacré aux concertos pour violoncelle de compositeurs juifs en exil (intérieur ou extérieur), confronte les deux, laissant à Łukasz Borowicz le soin de lui offrir des écrins _ orchestraux _ radicalement différents. On respire encore dans l’Opus 43 ; dans l’Opus 43bis le goût âcre des cendres pollue tout _ des expressions magnifiques d’une très grande justesse…

Au centre de ce disque terrible et exemplaire _ c’est dit ! _, une œuvre plus rare encore _ et formidablement émouvante _, la Fantaisie que Daniil Shafran créa avec le seul accompagnement d’un piano en 1953, suite libre de chants juifs et d’anciennes danses polonaises évoquées comme les souvenirs d’un monde disparu, œuvre bouleversante _ oui ! _ où Łukasz Borowicz créé un univers nostalgique avec le bel orchestre de Kristiansand, Raphael Wallfisch chantant et dansant d’un archet aux crins de moire.

LE DISQUE DU JOUR

Mieczysław Weinberg (1919-1996)
Concerto pour violoncelle et orchestre en ut mineur, Op. 43
Fantaisie pour violoncelle et orchestre, Op. 52
Concertino, Op. 43 bis

Raphael Wallfisch, violoncelle
Kristiansand Symphony Orchestra
Łukasz Borowicz, direction


Un album du label CPO 555234-2

Photo à la une : © DR _ 

Dans ma discothèque personnelle, je retiens surtout de l’interprétation de ces œuvres,

_ le CD Melodya MEL CD 10 02315,

comportant  

l’interprétation du Concerto pour violoncelle op. 43

de Mstislav Rostropovitch avec l’Orchestre symphonique d’Etat de l’URSS sous la direction de Guennadi Rojdestvenki,

enregistré dans la Grande salle du Conservatoire de Moscou en 1964 ;

_ le CD Channel Classics CCS 38116

comportant l’interprétation de ce même Concerto op. 43

par Nicolas Altstaedt avec le Deutsche Symphonie-Orchestre Berlin sous la direction de Michal Nesterowicz,

enregistré à la Jesus Christus Kirche, à Berlin, en 2016 ;

et le CD Northern Flowers St Petersburg Musical Archive NF/PMA 99131

comportant l’interprétation du Concertino pour violoncelle et orchestre à cordes op. 43 bis,

par Marina Tarasova et l’Orchestre de chambre Musica Viva sous la direction d’Alexander Rudin,

enregistré à Moscou en 2017.

Mais ce nouveau CD CPO 555 234-2 de Raphaël Wallfisch avec le Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Łukasz Borowicz, est sans conteste à marquer d’une pierre blanche…

Des chefs d’œuvre profondément bouleversants,

d’un immense génie de la musique du XXe siècle : Mieczysław Weinberg (1919 – 1996) …

Ce lundi 6 juillet 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Le bouleversant Concerto pour violoncelle de Mieczyslaw Weinberg, en 1948 : un requiem pour l’âme juive

05déc

La violoncelliste Marina Tarasova

nous offre une bouleversante interprétation

de la version originale, en 1948,

du Concerto pour violoncelle,

ou Concertino, opus 43,

de Mieczyslaw Weinberg

(1919-1996),

avec le Musica Viva Chamber Orchestra,

dirigé par Alexander Rudin :

soit le CD Northern Flowers NF/PMA 99131.

Voici l’excellent article de présentation,

intitulé Crépuscule,

qu’en a fait récemment,

le 5 novembre dernier,

sur son très riche et pertinent blog Artalinna

Jean-Charles Hoffelé :

CRÉPUSCULE

Mstislav Rostropovitch avait défendu de son archet somptueux le méditatif Concerto pour violoncelle de Mieczyslaw Weinberg sans pourtant parvenir à l’imposer au répertoire. Alors que les violoncellistes de la jeune génération se l’approprient enfin (Claes Gunnarsson et Nicolas Altstaedt l’ont enregistré coup sur coup), voici que ressurgit sa première mouture _ voilà ! _ qui correspond bien mieux au projet initial du compositeur : un concerto juif écrit pour un ensemble modeste limité aux seules cordes _ information capitale, en effet ! Je viens de ré-écouter la version du Concerto de Nicolas Alstaedt, un musicien que j’apprécie pourtant beaucoup. L’esprit dans lequel celui-ci interprète la version modifiée du Concertino opus 43 de Weinberg est en effet bien moins émouvante, moins klezmer ; moins Requiem juif… L’œuvre, plus brillante (voire luxueuse) ainsi, y perd pas mal en émotion simple, prenante, taraudante : bouleversante…


La poésie crépusculaire de cet ouvrage encadré par deux Adagios et dont le centre se compose de deux danses klezmer _ voilà _ est bien plus émouvante _ oui _ dans cette nudité première _ oui ! _ d’autant que Marina Tarasova chante ici _ oui _ avec un archet expressionniste saisissant _ c’est bien cela ! Ecrit en 1948, comment ne pas y entendre un petit requiem instrumental _ mais oui ! _ pour l’âme juive.


Quel contraste avec les brefs gestes des Vingt-quatre Préludes pour violoncelle seul composés spécialement pour Rostropovitch, en 1960, qui ne les joua jamais ! Ouvrage majeur qui joue des formes, pratique la citation (Mozart, Chostakovitch, Schumann et quelques chants folklores juifs ou slaves), et explore toutes les possibilités de l’instrument avec une poésie désarmante : écoutez seulement le 3e Prélude.

Finalement, Weinberg porta en 1979 le cahier à Marina Tarasova en lui dédiant le cycle. Elle en est devenue depuis l’apôtre. Son enregistrement est plus qu’historique, bouleversant _ voilà. Ce disque constitue un témoignage majeur de l’art de la plus grande violoncelliste russe de la fin du XXe siècle _ rien moins ! _, à égalité avec Marina Chaykovskaya et Natalia Gutman.

LE DISQUE DU JOUR

Mieczyslaw Weinberg (1919-1996)

 

Concertino pour violoncelle et cordes en ut mineur
24 Préludes pour violoncelle seul, Op. 100

Marina Tarasova, violoncelle
Musica Viva Chamber Orchestra
Alexander Rudin, direction

Un album du label Northern Flowers F/PMA99131

Photo à la une : © International Mieczysław Weinberg Society

Un CD rien moins qu’essentiel, par conséquent !!!


Ce mercredi 5 décembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

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