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Jouir de la sublime tendresse des Messes de Johann Caspar Kerll (1627 – 1693)

25mar

Johann Caspar Kerll (Adorf, 9 avril 1627 – Munich, 13 février 1693) est un des grands compositeurs du Baroque germanique,

formé à Rome, vers 1640, auprès du merveilleux Giacomo Carissimi (1605 – 1674) _ et accessoirement, pour l’orgue, Girolamo Frescobaldi (1583 – 1643)… _qui fut aussi le maître romain de Johann-Jakob Froberger (1616 – 1667), mais aussi de Marc-Antoine Charpentier (1643 – 1704), ces génies musicaux de la sublime douceur…

Les messes de Kerll déploient ainsi une sublime infinie tendresse, qui nous console toujours aujourd’hui de presque tout.

Parmi les CDs de ma discothèque sont présentes les Messes suivantes de Kerll :

_ la « Missa Non sine quare« , dans le CD Symphonie SY 99171, par La Risonanza dirigée par Fabio Bonizzoni, en 1999 ;

_ la « Missa Nigra« , dans le CD Œhms OC 358, par la Neue Hofkapelle München dirigée par Gerd Guglhör, en 2004 ;

_ et la « Missa pro defunctis« , dans le CD Ricercar RIC 368, par Vox Luminis sous la direction de Lionel Meunier, en 2016.

En revanche, y font pour le moment défaut les Messes suivantes :

_ la « Missa Superba« , par l’Ensemble Balthasar Neumann sous la direction de Thomas Engelbrock, en le CD Hänssler 93.039, en 2001 ;

_ la « Missa Cujus toni« , par l’Ensemble Kitaredium, en le CD Euphonica EU 02, en 2006 ;

_ la « Missa Renovationi« , par le Knabenchor de Dresde, sous la direction de Matthias Jung, en le CD Cantate 58031, en 2009 ; 

_ et la « Missa In fletu solatium obsidionum Viennensis« , par le Cantus Köln et le Concerto Palatino sous la direction de Konrad Junghänel, en le CD Accent ACC 24286, en 2013.

Johann-Caspar Kerll : un compositeur majeur à redécouvrir bien attentivement…

Ce vendredi 25 mars 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

En l’honneur du 500 ème anniversaire de la mort _ le 27 août 1521 _ de l’immense Josquin Desprez, la délectation suprême d’un sublime CD de ses Chansons, par l’Ensemble Clément Janequin

15oct

Afin d’honorer comme il se doit Josquin Desprez,

un des plus sublimes compositeurs de notre musique occidentale _ et peut-être même le plus grand de tous !!! _,

décédé à Condé sur l’Escaut le 27 août 1521,

et en plus de l’indispensable intégrale de ses sublimissimes Messes, par les Tallis Scholars sous la direction de Peter Phillips _ cf mon article du 12 octobre 2020 : _,

voici que le magnifique Ensemble Clément Janequin nous a offert un extraordinaire CD _ Ricercar RIC 423 _ de ses merveilleuses Chansons à 5 et 6 parties...

Un excellent article de Resmusica du 23 février 2021,

sous la plume de Charlotte Saulneron,

en a fait un très juste compte-rendu, que voici :

L’ensemble Clément Janequin au rendez-vous pour Josquin Desprez

Quoi de plus naturel pour Dominique Visse et l’ensemble vocal Clément Janequin, grands interprètes spécialistes de la musique de la Renaissance, de consacrer en 2021 un nouvel enregistrement autour de l’œuvre vocale de Josquin Desprez _ Beaurevoir, vers 1440 – Condé-sur-l’Escaut, 27 août 1521 _, un des compositeurs les plus en vue _ et c’est même là un euphémisme… _ de la musique polyphonique française à son apogée sous François Ier, décédé il y a 500 ans.

Les commémorations sont toujours l’occasion _ félicitons-nous en pour les mélomanes _ pour les artistes de remettre en lumière les œuvres phares et des redécouvertes. Les dix-neuf _ merveilleuses ! _ propositions de ce disque ne font pas figure d’exception, toutes sélectionnées au sein du Septiesme livre de chansons du maître, recueil paru _ en 1545, à Anvers, par les soins de Tylman Susato (vers 1510 – 1570) _ plus de vingt après la mort du musicien, attestant s’il le fallait encore de sa notoriété.

Deux prismes du compositeur sont ainsi approchés par les interprètes : la mélancolie bien caractéristique de Josquin Desprez, à l’image de Regretz sans fin il me fault endurer (piste 1), Cueur Langoreulx (piste 5), Parfons regretz et lamentable joye (piste 17) notamment ; et l’humour coquin du musicien avec, par exemple, Allegez moy doulce plaisant brunette (piste 2), Petite camusette à la mort mavez mis (piste 8), Faulte d’argent (piste 12), Baises moy ma doulce amye (piste 13).

Grâce à cela, les atmosphères varient, agréablement agencées, tout en maintenant une cohérence globale matérialisée _ oui ! _ par une texture polyphonique et contrapuntique dense de cinq ou six voix avec un contre-ténor, deux ténors, deux barytons et une basse. Le renouvellement de l’écoute est également assuré par les interventions du luthiste Éric Bellocq et de l’organiste Yoann Moulin _ excellents eux aussi, tous deux _, les chansons de Josquin pouvant s’adapter à diverses formations instrumentales. Voici ainsi une agréable alliance entre les voix et les instruments qui permet de mettre en exergue toute l’élaboration de l’écriture du maître sous son apparente simplicité _ oui. La prise de son bien équilibrée et sans respirations intempestives bénéficie de la belle acoustique du Théâtre élisabéthain du château d’Hardelot.

L’originalité de cette programmation est dans l’hommage musical de Nicolas Gombert (1495-1560) avec Musae Jovis dont la polyphonie à six voix est écrite sur la mélodie de Circumdederunt me utilisée par Josquin, ainsi que le « lamentatio super morte Josquin de pres » de Hieronymus Vinders _ actif vers 1525 – 1526.

Dominique Visse et l’ensemble Clément Janequin sont une valeur sûre _ certes _ dans ce répertoire. La maîtrise stylistique de l’ensemble français, sans artifice d’affect, fait jaillir un _ merveilleux ! _ climat soyeux et intime où les lignes claires déploient dans une technique irréprochable un contrepoint au firmament _ oui. Le tempo choisi permet une approche analytique de chaque pièce sans en oublier l’expression. Ces choix interprétatifs donnent toute l’aura nécessaire _ oui : splendide ! _ à la musique d’un pilier de la musique française _ et universelle !!!

Josquin Desprez (vers 1450-1521) : Septiesme livre de chansons.

Luis de Narváez (1490-1547) : Mille Regretz.

Nicolas Gombert (1495-1560) : Musae jovis.

Hieronymus Vinders (actif vers 1525-1526) : O mors inevitabilis.

Hans Newsidler (1508-1563) : Mille regretz.

Eric Bellocq, luth ;

Ensemble Clément Janequin, direction : Dominique Visse.

1 CD Ricercar.

Enregistré au Théâtre élisabéthain du Château d’Hardelot en février 2020.

Notice en français, anglais et allemand.

Durée : 61:14

Une délectation à ne surtout pas laisser passer…

Ce vendredi 15 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

 

L’achèvement de l’intégrale des Messes de Josquin des Prez par les Tallis Scholars de Peter Phillips, avec les Messses « Hercules Dux Ferrarie », « D’ung aultre amer et « Faysant regretz » : nous voici comblés !

12oct

En mon article du 20 janvier 2020 ,

j’exprimais mon vif désir de voir achever _ en triomphe, par trois des plus belles Messes du compositeur _ l’intégrale discographique des Messes de Josquin des Prez (1440 – 1521) par les magnifiques Tallis Scholars sous la direction de Peter Phillips,

pour le label Gimmell ;

une entreprise de 34 années, depuis 1986, avec le CD Gimmell GCGIM 009, des Missae Pange lingua & La sol fa re mi… 

L’année dernière, 2019, était paru leur 8éme (et avant-dernier) CD, le CD Gimmel CDGIM 052, avec les Missae Mater Patris & Da pacem

Et, entretemps, étaient parus

en 1989, le CD Gimmel CCDGIM 019, avec les deux Missae L’homme armé, Super voces musicales & Sexti toni,

en 2008, le CD Gimmel CDGIM 039, avec les Missae Sine domine & Ad fugam,

en 2009, leCD Gimmell CDGIM 042, avec les Missae Malheur me bat & Fortuna desperata

en 2011, le CD Gimmell CDGIM 044, avec les Missae De beata virgine & Ave Maris stella,

en 2016, le CD Gimmell CDGIM 048, avec les Missae Di dadi & Une mousse de Biscaye

en 2018, le CD Gimmell CDGIM 050, avec les Missae Gaudeamus & L’ami Baudichon.

Manquaient encore les célèbres Missae Hercules Dux Ferrarie, D’ung aultre amer & Faysant regretz

que vient, pour nous combler, nous donner le neuvième CD Gimmell de la série, le CDGIM 051.

Voici ici le très beau texte de présentation de ce CD par Peter Phillips :

Ce neuvième et dernier enregistrement de notre cycle de messes de Josquin est consacré à trois de ses plus grandes œuvres. Même s’il composa ces trois messes lorsqu’il avait à peu près la cinquantaine, elles offrent ensemble un parfait reflet de ce génie _ oui _ qui s’obligeait à concevoir chaque messe de manière différente _ voilà ! Hercules Dux Ferrarie comme Faysant regretz reposent sur la répétition d’une très courte formule mélodique (huit et quatre notes respectivement), mais avec des résultats très différents ; alors que D’ung aultre amer est un hommage à son «bon père» et professeur, Johannes Ockeghem, très sincère surtout dans le merveilleux motet du Benedictus, Tu solus qui facis mirabilia.

L’œuvre qui fit les gros titres est sans aucun doute la Missa Hercules Dux Ferrarie, écrite pour Ercole Ier d’Este, de Ferrare, peut-être lorsque Josquin travaillait à sa cour en 1503/04. Pour comprendre comment cette messe est construite, il suffit de se rappeler que le duc Ercole aimait entendre son nom chanté de manière évidente et souvent. Dans ce but, Josquin prit son nom et son titre, HERCULES DUX FERRARIE, et transforma les voyelles en musique au moyen des syllabes de solmisation de l’hexacorde guidonien _ de Guido d’Arezzo _, donnant une petite mélodie très bien tournée.

Hercules Dux Ferrarie

Il écrit ensuite ces huit notes pour qu’elles soient chantées 47 fois, en grande majorité (43) par les ténors, la partie la plus facile à entendre. Ces citations sont rendues encore plus évidentes pour l’auditeur notamment parce qu’elles sont chantées sur les mots du titre ; et qu’elles sont souvent exposées successivement dans trois différentes tessitures, à chaque fois plus élevées, ce qui crée un crescendo sonore—cette triple exposition devient ce que l’on pourrait appeler le thème «complet». Parfois, comme dans l’Hosanna, la longueur des notes est peu à peu réduite de moitié, et en même temps leur tessiture monte, si bien qu’il y a un autre crescendo d’excitation à la fin du mouvement.

La fin de l’Hosanna résume tout ce que Josquin a cherché à réaliser dans cette messe, et on imagine facilement qu’Ercole l’apprécia, étant donnée la nature joyeuse du texte à cet endroit. Il se peut également que le désir d’autoglorification d’Ercole ait poussé Josquin à exposer le thème «complet» d’«Ercole» à douze reprises au cours des cinq mouvements, reflétant les douze travaux d’Hercule, le dieu romain.

Toutefois, ce n’est peut-être pas tant pour le thème d’Ercole que cette messe est restée dans les mémoires que pour les contrepoints inventés par Josquin pour l’habiller. En effet, il a fait ce que Bach réalisera si souvent plus de deux siècles plus tard dans ses préludes de choral : mettre en marche les voix environnantes avant d’exposer la mélodie principale simplement et clairement au milieu de toute l’activité. Bien sûr, les expositions d’Hercule restent très strictes, et donc faciles à entendre. En outre, comme elles sont toujours exposées au ténor, on sait où les trouver.

Ces contrepoints sont surtout captivants dans le troisième Agnus, où l’ensemble passe de quatre à six voix. Les sopranos (qui finissent par chanter une partie du thème) sont en simple canon avec les ténors (qui l’ont «complet» pour la dernière fois), mais c’est vraiment ce qui se passe autour aux autres voix qui en fait l’une des plus grandes conceptions de Josquin, montrant qu’une fois encore il voulait que le dernier mouvement d’une messe récapitule et couronne _ voilà _ tout ce qui s’était passé auparavant.

La Missa Faysant regretz est identique à certains égards à la Missa Hercules Dux Ferrarie. C’est un rondeau à trois voix de Walter Frye ou de Gilles Binchois qui lui servit de modèle. Josquin en tira trois éléments : un motif de quatre notes fa ré mi ré ; et deux autres utilisés seulement dans le troisième Agnus. Mais, avant d’en arriver là, nous découvrons dans les mouvements précédents l’une des polyphonies les plus densément argumentées du répertoire, une sorte de pré-écho renaissance du Quatuor à cordes nº 3 de Bartók, où aucune note n’est inutile. On entend plus de deux cents fois le motif de quatre notes de Josquin et, contrairement à la méthode utilisée dans Hercules, il apparaît presque tout le temps à l’ensemble des voix, à différentes tessitures et sous différentes formes rythmiques. Il ne reste pas la moindre notion de structure audible : ici, on est projeté dans un univers profondément intellectualisé de références et de répétitions changeantes et tourbillonnantes, le sommet _ voilà _ de l’un des aspects de l’art de Josquin.

Deux moments méritent une attention particulière. Le troisième Agnus utilise non seulement le motif fa ré mi ré (chanté vingt-cinq fois dans ce seul mouvement), mais aussi un nouveau motif de quatre notes—ré ré mi ré—emprunté au ténor du rondeau et chanté ici par les altos, constamment transposé, vingt-quatre fois. Pour couronner le tout, pour la première fois, les sopranos chantent la mélodie complète du superius du rondeau—ce qui rend ce mouvement relativement long—, le travail des motifs continuant inexorablement au-dessous. Les subtilités liées au travail avec deux motifs—fa ré mi ré et ré ré mi ré—demandent un certain discernement, car ils se ressemblent tellement et sont si courts que la plupart des compositeurs trouveraient superflu de voir en eux des éléments distincts, tous conçus sous une mélodie donnée.

Mais si le fait de travailler avec une telle intensité sur si peu de notes semble obsessionnel, il faut entendre l’«Amen» du Credo. C’est sans doute mon passage préféré dans ces dix-huit messes. En vieillissant, Josquin eut de plus en plus tendance à revenir à maintes reprises sur la même note dans ses mélodies et, ici, ce souci d’une seule hauteur de son produit une phrase difficile à oublier. La note en question est ré ; et si les autres parties s’y réfèrent, ce sont les sopranos qui ne peuvent l’abandonner. Une conception étonnante et un grand plaisir à exécuter.

La Missa D’ung aultre amer est une autre excentrique dans le corpus de messes de Josquin. Elle est sans doute légèrement antérieure aux deux autres enregistrées ici, mais montre tout autant un côté unique de la technique de Josquin. Ici, il est non seulement compact, mais bref. Cette concision vient d’un style syllabique, en particulier dans le Gloria et le Credo où il condense les textes en les faisant se chevaucher. Le Kyrie, le Sanctus et l’Agnus font preuve d’une plus grande liberté, mais les phrases sont courtes : chose très inhabituelle, le Kyrie est plus long que le Gloria. Ce style vient probablement de la lauda polyphonique pratiquée dans le rite ambrosien de Milan lorsque Josquin y travaillait au cours des années 1480 et qui avait aussi la caractéristique de substituer un motet au Benedictus et au deuxième Hosanna, manquant ici et que remplace Tu solus qui facis.

Par manque d’espace, cette œuvre ne peut donner lieu à une élaboration polyphonique ou au déploiement sonore. Il n’y a ni duos (les trois Agnus, par exemple, sont à la fois très brefs et bien remplis), ni canons, ni voix ajoutées. Pour une fois, l’intérêt est centré sur des accords simples, surtout dans le motet Tu solus qui facis. Les accords simples doivent être plus faciles à écrire que la polyphonie complexe et pourtant, au fil des ans, beaucoup de compositeurs (notamment à l’époque victorienne) ont montré avec quelle facilité ce genre de musique devient prévisible et ennuyeuse. Toutefois, Tu solus qui facis se compose d’accords parfaitement disposés, solennels et sonores. Derrière eux, et en fait derrière une grande partie des détails figurant dans le reste de cette œuvre, il y a la chanson D’ung aultre amer d’Ockeghem. C’était important pour Josquin, qui vénérait Ockeghem plus que quiconque. Il voulait lui rendre un hommage qui, même lorsque la liturgie demandait une certaine retenue, montre son aptitude à dominer tous les enjeux.

Cet album marque la fin du cycle des messes de Josquin par The Tallis Scholars _ voilà _, entrepris en janvier 1986. Il y a bien des années, j’ai décidé que nous devions éviter de longues séries d’enregistrement car, le temps et les ressources étant limités, je voulais que chaque album publié soit en lui-même _ voilà _ un événement marquant, ce que ne pouvaient garantir des projets qui devaient, par définition, être complets—ce qui s’applique autant aux messes de Palestrina qu’aux symphonies de Haydn. Au lieu de cela et des années durant, nous avons tracé les limites de la polyphonie de la Renaissance, essentiellement en nous attachant à chaque figure majeure et en lui dédiant une anthologie.

Lorsque nous avons commencé à enregistrer Josquin en 1986, nous n’avions pas l’intention d’entreprendre une série ; mais, peu à peu, j’ai commencé à comprendre qu’avec ses dix-huit messes—un nombre à peu près gérable pour un même projet d’enregistrement—mon principe serait encore respecté, simplement parce que Josquin refusait de faire deux fois la même chose _ voilà. Comme Beethoven dans ses symphonies, Josquin utilisait essentiellement le même groupe d’interprètes pour créer des univers sonores vraiment spécifiques _ voilà _ chaque fois qu’il écrivait pour eux. Je me suis rendu compte que chaque album pouvait en fait constituer un événement et que la série complète—si jamais nous parvenions à la terminer—serait un événement majeur _ oui ! Comme l’exploration des symphonies de Beethoven, les différents univers sonores propres au maniement par Josquin du moyen d’expression choisi par lui étaient là pour s’en servir : il nous revenait de les trouver _ voilà. Cette recherche s’est parfois avérée très difficile, surtout à cause de l’étendue absolument incroyable des tessitures vocales de Josquin. Mais elle a déterminé la carrière des Tallis Scholars.

Peter Phillips © 2020
Français: Marie-Stella Pâris

Durant le cycle de mes Musiques de joie pour la période de confinement

_ cf mon récapitulatif du 29 juin dernier : _,

je n’avais pas manqué de citer, le vendredi 17 avril, ,

avec le sublime Motet Planxit autem David,

du CD Miserere mei Deus, de la Capella Amsterdam, dirigée par Daniel Reuss

(le CD Harmonia Mundi HMM 602620)… 

Josquin nous comble !

Et sa splendide incarnation musicale par les Tallis Scholars

nous fait grimper au ciel !


Ce lundi 12 octobre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Musiques de joie : le trésor fabuleux des slendeurs extatiques de la musique religieuse de Zelenka. Par exemple, le Miserere ZWV 57, par Il Fondamento de Paul Dombrecht ; et les Lamentationes Jeremiae Prophetae SWV 53, par le Collegium Marianum de Jana Semeradova…

16avr

Voici mon deuxième jour à explorer _ et surtout à l’oreille ! _ le copieux fonds

de ma discothèque de CDs de musique religieuse de Jan-Dismas Zelenka

_ une quarantaine de CDs à Zelenka seul consacrés… _

à la recherche comparative,

et bien difficile, tant s’y bousculent les splendeurs !,

des meilleurs exemples à pouvoir donner à partager ici

de musiques de joie

de ce très généreux compositeur vraiment génialissime

_ si absurdement ignoré, inconnu, de tant de mélomanes, encore :

une abominable étrangeté, totalement inexplicable à mes oreilles !..

J’ai découvert la musique religieuse de Zelenka

_ à commencer par ces splendides nombreuses Messes pour la cour royale de Dresde

 les Messes répertoriées ZWV 1 (Missa Sanctae Ceciliae) à 21 (Missa Omnium Sanctorum, ou Ultimarum Sexta) ;

 

ainsi que la ZWV 22 (Missa Sancti Blasii) et la ZWV 23 (Missa…) ;

plus d’autres ajoutées plus tard, et numérotées ZWV 200, 213, 214, 215 ;

puis, plus tard encore, les Messes ZWV 240 (Missa Sanctae Conservationis), ZWV 241 (Missa Theophorica a 2 Cori) et ZWV 242 (Missa Tranquilli animi)… ;

mais existent encore bien d’autres (splendides !!!) pièces religieuses,

numérotées ZWV 26 (Kyrie, Sanctus, Agnus Dei) à ZWV 175 (l’oratorio Sub olea pacis     _,

au CD _ année après année, je guette leur parution ! _,

après m’être délecté au concert

de sa sublimissime musique instrumentale…

Les chefs dont je possède des CDs _ au nombre de 15 _ de ces Messes, sont :

Hans-Christoph Rademan

pour la Missa Dei Filii ZWV 20 ; soit le CD Raum Klang RK 9702, paru en 1997 ;

Frieder Bernius

pour la Missa Dei Filii ZWV 20 ; soit le CD Deutsche Harmonia Mundi RD 77922, paru en 1990 ;

pour la Missa Dei Patri ZWV 19 ; soit le CD Carus 83.209, paru en 2000 ;

pour la Missa Omnia Sanctorum ZWV 21 ; soit le CD Sony Classics 5081182, paru en 2002)

pour la Missa Votiva ZWV 18 ; soit le CD Carus 83.223, paru en 2010 ;

et pour la Missa Sancti Josephi ZWV 14 ; soit le CD Carus 83.279, paru en 2018 ;

Adam Viktora

pour la Missa Purificationis ZWV 16 ; soit le CD Niribu 0147-2211, paru en 2007 ;

et pour la Missa Paschalis ZWV 7 ; soit le CD Niribu 0158-2231, paru en 2013 ;

Vaclav Luks

pour la Missa Votiva ZWV 18 ; soit le CD ZZT 0080801, paru en 2007 ;

et pour la Missa Divi Xaverii ZWV 12 ; soit le CD Accent AC 24301, paru en 2015 ;

Nikolo Sokoli

pour la Missa Nativitatis Domini ZWV 8 ; soit le CD Genuin GEN 11213, paru en 2011 ;

Marek Stryncl

pour la Missa Nativitatis Domini ZWV 8 ; soit le CD Supraphon SU 4111-2, paru en 2012 ;

et pour la Missa Sanctissimae Trinitatis ZWV 17 ; soit le CD Matous 0017-2 231, paru en 1994 ;

Raimund Ruegge

pour la Missa Circumcisionis ZWV 11 ; soit le CD Swiss Pan 510013, paru en 1982 ;

et Ruben Jais

pour la Missa Omnia Sanctorum ZWV 21 ; soit le CD Glossa GCD 924103, paru en 2019.

Et je me garderai bien de passer complètement ici sous silence

les autres compositions de musique religieuse,

le plus souvent sublimes,

interprétées par les chefs déjà mentionnés ci-dessus :

Hans-Christoph Rademann :

pour le Te Deum ZWV 146, in le CD Carus 83.148, paru en 2000 ;

Vaclav Luks :

pour l’oratorio I Penitenti al Sepolcro del Redentore ZWV 63, soit le CD ZZT 090803, paru en 2009 ;

pour le Requiem ZWV 46 et l’Officium defunctorum ZWV 47, soit le double CD Accent ACC 24244, paru en 2011 ;

pour les Lamentationes Ieremiae Prophetae ZWV 53 et les Responsoria pro hedmomada sancta ZWV 55, soit le double CD Accent ACC 24259, paru en 2012 ;

et pour les motets Sub tuum praesidium ZWV 157 / 1, 2 et 3 ; et les Sanctus et Agnus Dei ZWV 34 et 36, in le CD Supraphon SU 4160-2, paru en 2013 ;

Adam Viktora :

pour l’oratorio Il Serpente di bronzo ZWV 61, soit le CD Nibiru 0146- 22&&, paru en 2005 ;

Marek Stryncl :

pour pour l’oratorio Sub olea pacis et palma virtutis ZWV 175, soit le double album Supraphon SU 3520-2 232, paru en 2001 ;

et plusieurs autres d’au moins égale qualité :

Masaaki Suzuki

pour les Magnificat ZWV 107 et 108, in le CD Bis CD 1011, paru en 1999 ;

Paul Dombrecht

pour le De Profundis ZWV 50, le Miserere ZWV 57 et le Requiem ZWV 48, soit le CD Passacaille 9528, paru en 1999 ;

Marcel Ponseele

pour des Lamentationes (la première du Jeudi saint et la Seconde du Samedi Saint), in le CD Passacaille 977, paru en 2012 (avec le magnifique Damien Guillon) ;

et aussi la magnifique Jana Semeradova

pour les Lamentationes Jeremiae Prophetae ZWV 53, soit le CD Supraphon SU 4173-2, paru en 2014 (avec le Collegium Marianum, et Damien Guillon, alto, Daniel Johannsen, tenor, et Tomas Kral, basse : tous les trois extraordinaires !) ;

et les Cantates Immisit Dominus Pestilentiam, ZWV 58, Attendite et videte, ZWV 59 et Deus dux fortissime, ZWV 60, soit le CD Supraphon SU 4068-2, paru en 2011.

Face à mon très grand embarras du choix

j’opte

1°)

pour une courte _ et très suggestive _ vidéo de l’enregistrement du si beau CD _ Supraphon SU 4173-2 _ des Lamentationes ZWV 53, à Prague, en l’église de la Vierge Marie sous la Chaîne, au mois de mai 2014, par le Collegium Marianum, Damien Guillon, Daniel Johannsen et Tomas Kral, sous la direction de Jana Semeradova ;

et 2°)

pour un podcast du si émouvant Miserere en do mineur, ZWV 57 _ in le CD Passacaille 9528 _, par Paul Dombrecht, dirigeant son toujours merveilleusement acéré Il Fondamento, en l’église du Béguinage de Lier, en septembre 1998. 

Découvrir la musique de Jan-Dismas Zelenka

est un bonheur absolu

_ autant que quasi inépuisable : au fur et à mesure de la parution de CDs,

ou de la chance de pouvoir assister à quelque concert programmant cette musique enchantée…

Ce jeudi 16 avril 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

La superlative collection des Messes de Josquin des Prez par les Tallis Scholars : un miracle de musique !

20jan

Josquin Des Prez (ca. 1440 – 1521) :

le plus grand, peut-être, de tous les compositeurs de la musique occidentale !

Et dans sa discographie,

la superlative collection de ses Messes à ce jour disponibles en CDs

enregistrées par les Tallis Scholars,

sous la direction _ ultra-exigeante ; et bellissime ! _  de Peter Phillips.

Une merveille !

Soient les 8 CDs suivants, comprenant 16 Messes :

_ en 1986, le CD Gimell CDGIM 009,

comprenant la Missa Pange lingua et la Missa La sol fa re mi ;

_ en 1989, le CD Gimell CDGIM 019,

comprenant la Missa L’homme armé super voces musicales et la Missa L’homme armé sexti toni ;

_ en 2008, le CD Gimell CDGIM 039,

comprenant la Missa Sine nomine et la Missa Ad fugam ;

_ en 2009, le CD Gimell CDGIM 042,

comprenant la Missa Malheur me bat et la Missa Fortuna desperata ;

_ en 2011, le CD Gimell CDGIM 044,

comprenant la Missa De beata vergine et la Missa Ave Maris stella ;

_ en 2016, le CD Gimell CDGIM 048,

comprenant la Missa Di dadi et la Missa Une mousse de Biscaye ;

_ en 2018, le CD Gimell CDGIM 050,

comprenant la Missa Gaudeamus et la Missa L’ami Baudichon ;

_ en 2019, le CD Gimell CDGIM 052,

comprenant la Missa Mater Patris et la Missa Da pacem.

Manquent encore, pour le moment,

au répertoire enregistré de Josquin Des Prez par les Tallis Scholars et Peter Phillips,

la Missa Faisant regretz

la Missa Hercules Dux Ferrariæ,

ainsi que

_ d’attributions moins certaines _

la Missa  Allez, regretz,

et la Missa D’un aultre amer

Ce lundi 20 janvier 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

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