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Pour présenter synthétiquement les récentes avancées de ma recherche autour des Bonopéra issus de Jean Bonopéra…

04mai

Afin de présenter de manière un peu synthétique les récentes avancées de ma recherche,

voici un courriel un peu explicatif…

Voici d’abord la moisson des récents articles de mon blog (à partir du 29 avril dernier),

consécutive à mes contacts avec votre tante A. B.,
ainsi qu’une plus lointaine cousine (par alliance), Mme C. P., qui vit en Corrèze, près de Brive :
Votre tante A. B. ne m’a pas appris grand chose que je ne sache déjà,
sinon une tradition familiale (?) qui fait de l’ancêtre Luigi-Nicola Bonopéra un sicilien qui serait né à Palerme…
J’ignore sur quel témoignage ou document repose cette tradition…
Surtout, à nul moment, je n’ai eu contact avec votre oncle J.-P. (né le 2 novembre 1934) ; je n’ai eu au téléphone que son épouse A..
J’espère que votre oncle va bien…
La seule personne de cet âge de votre famille avec qui j’ai pu échanger un peu au téléphone, est H. B. (épouse _ séparéede G. D.), et qui vit à Montpellier, l’une des 2 filles jumelles d’Auguste Bonopéra-fils et son épouse Antoinette Gallera, née à Orléansville le 3 mai 1933.
C’est elle, H. B., qui m’a appris le nom de sa grand-mère paternelle : Isabelle Vives, l’épouse d’Auguste Bonopéra-père _ celui que j’appelle le cafetier de la rue d’Isly à Orléansville.
Mais H. B. m’a dit que son père, Auguste Bonopéra-fils, avait été lui aussi cafetier…
Surtout, H. B. m’a dit que son arrière-grand-père Paul Bonopéra (Miliana, 1er octobre 1856 – Orléansville, 18 janvier 1916),
le père des 6 fils Bonopéra Jean, Paul, Alphonse, Auguste, Julien et Georges Bonopéra,
avait vendu ses propriétés de Rabelais, afin d’aider, par un partage, ses fils à s’installer, au cours de la première décennie du XXe siècle (vers 1905) ;
peut-être au noment de son troisième mariage, probablement à Orléansville _ et après sa brève union avec sa seconde épouse, à Rabelais : Marie-Jeanne-Virginie Claudet, en 1897… _ ;
le mariage avec celle qui deviendra, en 1916, « Madame Veuve Paul Bonopéra », et était née Confex _ dont j’ignore toujours l’identité précise et le parcours de vie…
Mais H. B. n’avait hélas pas souvenir de cette veuve de son arrière-grand-père…
Cette « Mme Vve Paul Bonopéra » était aussi la tante de l’orléansvillois Emile Wachter, fils de sa sœur aînée Elisabeth Confex, épouse Wachter ;
ainsi que la tante de « Madame Veuve Louis Gentet, née Wachter », sœur d’Emile, et fille d’Elisabeth Confex (Marseille, 26 décembre 1836 – Alger, 30 mars 1925) et son époux Jean-Baptiste-Antoine Wachter…
H. B., cependant, était fatiguée, et je n’ai pas voulu abuser de sa gentillesse.
H. B. est aussi la grand-mère de S. D. _ qui vit dans le Var _,
qui m’a très gentiment remercié de lui en apprendre beaucoup sur l’histoire de ses ancêtres Bonopéra.
En revanche, je n’ai pas réussi à joindre au téléphone C. B. (veuve de H. H.), la sœur jumelle de H. B., qui vivait il y a encore peu de temps dans l’Hérault…
J’ignore cependant si C. B. vit toujours…
D’autre part, 
votre tante A. B. m’a aussi parlé d’une lointaine cousine par alliance, Mme Claude Petit (née en 1944), qui l’avait contactée il y a quelques années,
et faisait des recherches à propos de la famille Bonopéra, à la recherche, notamment, de sa  cousine par alliance C. B. : 
Mme Petit, fille d’Eugène-Louis Petit (Orléansville, 3 septembre 1909 – Orléansville, 24 mai 1952) est la nièce de Clémentine Petit (Duperré, 20 janvier 1907 – La Garde, 5 juillet 1980) et de son époux Georges-Paul Bonopéra (Rabelais, 25 juin 1902 – Toulon, 9 janvier 1977)…
Mme Claude Petit a essayé de rétablir le contact avec ses cousins germains Bonopéra, 
le fils, Paul (La Ferme, 31 juillet 1926 – Toulon, 8 juillet 2000), et les 5 filles, Hélène, Jacqueline, Mireille, Stéphanie et Vivianne Bonopéra,
de sa tante _ sœur aînée de son père _ Clémentine Petit et son époux Georges-Paul Bonopéra
_ ce dernier étant fils de Jean Bonopéra (né à Pontéba le 18 juin 1877), 
le fils aîné de Paul Bonopéra (1856 – 1916) et sa première épouse Joséphine Girot (1856 – 1892).
De ces 6 enfants de Georges-Paul Bonopéra (1902 – 1977) et son épouse Clémentine Petit (1907 – 1980),
ne vit plus aujourd’hui _ dans le Lot-et-Garonne _ que M.-G. B. (née en 1947), épouse H.
D’autre part, l’épouse de ce Paul Bonopéra (La Ferme, 31 juillet 1926 – Toulon, 8 juillet 2000) était Jeannine-Adrienne Tudury (Saint-Eugène, 7 septembre 1929 – Toulon, 5 juin 2007) :
Paul Bonopéra et Jeannine Tudury ont eu, eux aussi, 6 enfants Bonopéra _ sans plus de précisions…
Et Mme Claude Petit a établi un contact avec au moins l’un des 6 enfants de Paul Bonopéra et son épouse Jeannine Tudury : P. B., qui vit à La Garde, dans le Var…
Peut-être sont frères de ce P. B., qui vit à La Garde :
G. B., né à Orléansville le 9 mars 1950, assez célèbre producteur parisien ;
R. B., né en 1954 ;
et J.-S. B., né à Orléansville le 5 décembre 1956 _ qui a un domicile au Lavandou ; et qui cherchait lui aussi à entrer en contact avec sa cousine C. B….
Voilà pour ce jour.
Ce mardi 4 mai 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

 

La question des dates et lieux de naissance de l’ensemble des petits-enfants de Paul Bonopéra (et sa première épouse Joséphine Girot) : un point sur la question

12mar

Dans mon essai de reconstitution de la généalogie _ surtout en aval _ de la famille de Paul Bonopéra (Miliana, 1er octobre 1856 – Orléansville, 18 janvier 1916),

demeurent encore pas mal de « taches aveugles » ;

ne serait-ce même _ et pour commencer _, que l’assurance d’avoir correctement repéré _ sans en avoir « oublié » un ! _ l’ensemble exhaustif _ jusqu’ici j’en compte 13 (6 + 2 + 4 + 1)… _ des petits-enfants de Paul Bonopéra et sa première épouse Joséphine Girot (Ténès, 1856 – Orléansville, 11 juillet 1892).

Tel est ce jour le premier objectif que je me fixe,

en espérant que le tableau _ le plus exhaustif possible en l’état présent de mes connaissances, forcément… _ des lieux et dates de naissance des petits-enfants de Paul Bonopéra,

m’aidera un peu dans le repérage de son propre parcours, à lui, de Rabelais _ où Paul Bonopéra était déjà « propriétaire«  _, à Orléansville _ où, également « propriétaire », il siègera constamment au conseil municipal (parmi les membres de la liste républicaine : celle de Paul Robert, Louis Clément et Joseph Robert), élu la première fois, à l’occasion d’une « élection municipale complémentaire » (pour 6 sièges vacants) le 17 juillet 1907.

Et après, j’espère y voir un peu plus clair…

De  la descendance du fils aîné de Paul Bonopéra et sa première épouse, Joséphine Girot,

c’est-à-dire la descendance de Jean Bonopéra (Pontéba, 18 juin 1877 – j’ignore ses date et lieu de décès) et de son épouse Louise-Marie Hulné (Relizane, 5 mai 1881 – Affreville, 1963) _ cf mon article du 15 février dernier :  ; ainsi que la mention, inscrite sur son livret militaire, spécifiant que Jean Bonopéra a pu bénéficier de l’article 48 de la loi du 21 mars 1905, le libérant du service actif en tant que père de famille nombreuse : dans son cas, père de « 6 enfants«  _,

et faute de contact, jusqu’ici, avec aucun de leurs descendants _ et il en existe… _,

je dois dire que la connaissance dont je dispose à ce jour de ces au moins 6 enfants _ d’après l’inscription du livret militaire de Jean, donc, qui en indiquait « 6 de vivants«  à la date du 13 mars 1917 : c’est là une information assurément bien précieuse… _ de Jean Bonopéra et son épouse Louise-Marie Hulné,

demeure hélas incomplète.

De ces 6 enfants-là de Jean Bonopéra, j’ignore, déjà, et pour commencer, le prénom de l’un d’entre eux ! ainsi que _ forcément _ tout le reste de lui !!!

Cela fait déjà beaucoup !

Ensuite, j’ignore quasiment tout de celui (ou celle ; je pense qu’il s’agit d’un garçon) qui se prénomme Claude, Claude Bonopéra,

à commencer par sa place dans la fratrie _ est-il (ou elle), ou non, l’aîné(e) ?.. Je l’ignore aussi.

Cela fait décidément beaucoup d’ignorances…

Pour les quatre autres enfants _ qui étaient vivants à cette date du 13 mars 1917, et dont l’existence a permis à Jean Bonopéra de quitter le service militaire d’active, et de regagner ses foyers : d’abord à Orléansville, rue de Rome (et peut-être, provisoirement, alors, en un domicile de M. Morand de la Genevraye…), est-il noté ;

mais à peine un mois plus tard, à la date du 12 avril 1917, le livret militaire relève que c’est maintenant à Oued Fodda que se trouve alors domicilié Jean Bonopéra… _,

et qui sont Joséphine, Georges-Paul, Aimée, et enfin Jeanne,

voici l’état présent de mes connaissances.

De Joséphine Bonopéra, j’ignore le lieu et la date de naissance _ je sais seulement qu’elle épousera, à Duperré, le 30 janvier 1923 (quel âge pouvait-elle donc avoir ce jour-là ?) Kléber Défillon ; probablement, et vue la date de ce mariage en 1923, Joséphine est-elle née un peu avant Georges-Paul (né, lui, en 1902, et qui se marie, à l’âge de presque 23 ans, en 1925) et Aimée (née, elle, en 1905, et qui se marie, à l’âge d’environ 20 ans, en 1925, elle aussi) ; j’ignore aussi les date et lieux de décès de Joséphine Bonopéra, épouse Défillon… ;

à propos de cette famille Défillon, j’ai apprécié de pouvoir lire un intéressant avis de décès (de M. Fidèle Défillon, en date du 24 juin 1934), qui situe la place de Mme Kléber Défillon (née Joséphine Bonopéra), son époux, Kléber, ainsi que leurs enfants, au sein de cette famille Défillon… ; famille à laquelle appartient aussi (et c’est important de le découvrir !) le directeur du Progrès d’Orléansville, M. Camille Gajac, fils de Marie Défillon et son époux Michel Gajac… J’y reviendrai quand je me focaliserai sur l’histoire politique, un peu agitée, des maires successifs d’Orléansville : ainsi le maire Paul Robert (progressiste) sera-t-il tué en duel à Alger- Hussein Dey par un adversaire politique, André Houbé (réactionnaire), le 7 avril 1910… _ ;

Georges-Paul Bonopéra est né à Rabelais le 25 juin 1902 _ il épousera, le 25 mai 1925, à La Ferme, Clémentine-Eugénie-Hélène Petit ; et il décèdera, à Toulon, le 9 janvier 1977, à l’âge de 74 ans _ ;

Aimée Bonopéra est née à Rabelais le 13 novembre 1905 _ en 1925, elle épousera Dominique Villanova ; puis, le 2 septembre 1950, à Orléansville, André-Kléber Riquier ; Aimée Bonopéra décèdera à Fréjus le 22 novembre 1993, à l’âge de 88 ans _ ;

et enfin Jeanne Bonopéra _ apparemment la benjamine de Jean Bonopéra (qui, à sa naissance, le 10 mars 1913, avait 35 ans) et de son épouse Louise-Marie Hulné (qui, à sa naissance, avait 31 ans) _ est née à Orléansville le 10 mars 1913 _ elle épousera à Oued Fodda le 22 septembre 1934 Marcel-Auguste Louyot ; et elle décèdera à Kindsbach (en Allemagne) le 25 mai 1949, à l’âge de 36 ans _ ;

Ensuite,

de la descendance de Paul Bonopéra _ le second des fils de Paul Bonopéra et son épouse Joséphine Girot _ (Pontéba, 19 septembre 1878 – Orléansville, 3 novembre 1930) et de son épouse Marie Cathébras (Saint-Sauveur-de-Ginestoux, département de la Lozère, 12-1-1881 – j’ignore son lieu et sa date de décès),

leurs deux enfants sont bien connus :

Pauline Bonopéra (Rabelais, 5 juin 1901 – Nice, 8 février 1974), demeurée célibataire ;

et Marcel Bonopéra (Renault, 10 janvier 1907 – Nice, 1er décembre 1992) _ le 6 juillet 1932, à Orléansville, Marcel Bonopéra épouse Odette Sanchez, née à Orléansville le 23 novembre 1911, fille de M. Antoine Sanchez, et son épouse née Marie-Françoise (dite Jeanne) Gays.

Marcel Bonopéra et son épouse Odette auront deux fils, tous deux nés à Orléansville : Paul-Jean-Antoine Bonopéra, né le 5 mai 1933 ; et Jean-Pierre, né le 2 novembre 1934.

Après,

de la descendance d’Auguste Bonopéra (Orléansville, 3 avril 1883 – j’ignore le lieu et la date de son décès), et de son épouse Isabelle Vivès (je n’en sais pas davantage sur elle ; ni sur la date de leur mariage…),

le livret militaire d’Auguste Bonopéra indique que « père de 4 enfants vivants » à la date du 19 février 1915, et en vertu de l’article 48 de la loi du 21 mars 1905, Auguste Bonopéra a pu quitter l’armée d’active pour les services de réserve de l’armée territoriale, et regagner Orléansville, et son domicile de la rue d’Isly _ cf mon article du mardi 16 février :  … 

Ces « 4 enfants vivants » _ en février 1915 _ d’Auguste Bonopéra et son épouse Isabelle Vivès,

sont, et probablement nés dans cet ordre :

Hélène-Isabelle (née à La Ferme le 20 mai 1905),

Auguste-fils, dit Yoyo (??),

Yvonne (née à Orléansville le 9 avril 1912)

 

et le petit Georges (tout juste né, à Orléansville, au tout début du mois de février 1915).  

Enfin,

Julien Bonopéra (Charon, 9 juillet 1887 – après 1943) et son épouse Lucie Besse (??) _ leur mariage a eu lieu à Alger le 29 juillet 1913 ; cf mon article du jeudi 18 février :  … _,

ont eu un seul enfant :

Paulette-Charlotte Bonopéra (7 juillet 1914 – Auterive, 29 mars 2007) _ dont je ne sais pas grand chose, à vrai dire, jusqu’ici… 

À suivre…

Ce vendredi 12 mars 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

Ce que nous apprend, à propos de Joséphine Girot, la mère des six fils de Paul Bonopéra, l’arbre généalogique réalisé par son petit-fils, Marcel Bonopéra…

07mar

Et voici que ce dimanche matin,

je reçois un courriel de la petite-fille de Marcel Bonopéra (Renault, 6 octobre 1907 – Nice, 1er décembre 1992),

qui, très aimablement, m’adresse une copie d’un arbre généalogique de ses ancêtres Bonopéra, réalisé par son grand-père Marcel.

C’est un très précieux _ et très émouvant _ document.

Que voici :

Généalogie des Bonopéra

 

1ère génération : 1a Nicolas Louis Bonopéra

                                    1a1 Jacinta Minguella

 

2e génération :      2a : Juan Dionis Francisco Bonopéea

                                    né en 1814 à Tarragone (Catalogne), décédé 

                                    à Pontéba (près d’Orléansville) en 1876, époux de

                                    2a1 : Marguerite Saura, dcédée à Pontéba en 1876

 

3e génération :      3a : Marguerite Bonopéra

                                     3b : Paul Bonopéra, né à Miliana le 10-1-1856

                                     décédé à Orléansville le 18-1-1916

                                     3c : Jean Bonopéra,, décédé à Alger

 

4e génération :      3b : Paul Bonopéra, époux de

                                    3b1 : Joséphine Giraud, née à Ténès, décédée à

                                        Orléansville le 11-7-1892 ; ont eu six enfants :

                                    4a : Jean ; 4b : Paul ; 4c : Alphonse ; 4d : Auguste ;

                                    4e : Julien ; 4 f : Georges.

 

5e génération :      4b : Paul Bonopéra, né à Pontéba le 13-9-1878,

                                     décédé à Orléansville le 2-11-1930 et

                                    4b1 : Marie, Marguerite, Léonie Cathébras, née 

                                       le 12-1-1881 à Saint Sauveur de Ginestoux (Lozère) ;

                                        ont eu deux enfants :

                                     5a : Pauline Bonopéra, née à Rabelais (Alger)

                                      le 5-6-1905, décédée à Nice le 8-2-1974.

                                      5b : Marcel Bonopéra, né à Renault (Oran) le 10-1-1907.

 

6e génération :        6a : Paul Jean Antoine Bonopéra, né à Orléansville le 5-5-1933

                                       6b : Jean Pierre Bonopéra, né à Orléansville

                                       le 2-11-1934

                                       sont les enfants de Marcel Bonopéra et de Odette

                                       Sanchez, née à Orléansville le 23-12-1911, et décédée à Nice                                     

Ce sont principalement les données qui concernent Joséphine Girot, la première épouse de Paul Bonopéra, qui attirent, bien sûr, pour commencer, ma première attention.

Car dorénavant je connais, sinon la date exacte de la naissance _ je savais que c’était durant l’année 1856 _ de Joséphine Girot (orthographiée ici Giraud), du moins le lieu de la naissance de celle-ci : Ténès _ mais Rabelais faisait aussi partie, administrativement, de la commune mixte de Ténès…

Ce qui cadre _ même si rien n’y fait ici explicitement référence _ avec mon hypothèse de la très probable filiation de Joséphine Girot avec la famille _ alsacienne _ de Jean-Claude-Girot et son épouse, Marie-Catherine Herbelin, famille venue de Menoncourt, un village alsacien, situé alors dans le département du Haut-Rhin (et qui fera partie, après 1970, du nouveau département, créé tout spécialement alors, du Territoire de Belfort).

Et mieux encore, Joséphine Girot semble bien être la fille _ née, donc, à Ténès, en 1856 _ de Jean-Pierre Girot _ le second fils de Jean-Claude Girot et son épouse Marie-Catherine Herbelin _, qui, alors qu’il était dit (dans l’acte de son mariage) être domicilié, en 1854, à Orléansville, a épousé à Ténès le 1er août 1854 la demoiselle _ orpheline de mère (sa mère, Claire-Marguerite-Pascale Hermite, était, en effet, décédée à Ténès le 24 janvier 1846), et déclarée « née de père inconnu«  _ Marie-Magdelaine-Augustine Hermite (née à Alger, le 18 février 1838). 

Et je découvre aussi le lieu : Orléansville ; ainsi que la date : le 11 juillet 1892, du décès de Joséphine Girot_ soit assez peu de temps après la naissance (moins de six mois), à Rabelais (centre qui faisait partie de la commune de Ténès), de son sixième et dernier fils, Georges Bonopéra : il était né, à Rabelais, le 21 février 1892.

Au passage, j’apprends aussi le lieu : Pontéba ; et la date des décès des parents de Paul Bonopéra _ né à Miliana le 1er octobre 1856 _ et de sa sœur Marguerite _ née à Miliana le 22 janvier 1849 _,

soient Juan-Dionis-Francisco Bonopera (né à Tarragone le 9 mars 1814), et son épouse Marguerite Saura (née à Santa-Maria-de-Mahon, dans l’île de Minorque, le 21 mars 1820) :

durant l’année 1876.

Paul Bonopéra, devenu donc veuf ce 11 juillet 1892, s’est ensuite remarié, une première fois, à Rabelais, avec Marie-Jeanne-Virginie Claudet ;

dont il a eu un fils, Marie-André, né à Rabelais le 5 juin 1897, et décédé vingt jours plus tard, le 25 juin, toujours à Rabelais, au domicile de son grand-père César-Florentin-Armand Claudet-Fricand _ né le 27 août 1844 à Bannans (département du Doubs) ; et qui décèdera en 1913. Son épouse était Marie-Séraphine-Julie Laignier, née le 7 mai 1873, elle aussi à Bannans ; et décédée avant 1882.

De cette seconde épouse, Marie-Jeanne-Virginie Claudet,

Paul Bonopéra a très vite _ un mois tout juste après le décès de leur fils, le petit Marie-André Bonopéraobtenu le divorce, « aux torts exclusifs de son épouse« , par un jugement du tribunal de première instance d’Orléansville, en date du 25 juillet 1897 _ aidé en cela par les services de l’avoué, résidant à Orléansville, Georges d’Apreval, neveu par alliance de Paul Bonopéra (car Georges d’Apreval a été l’époux, successivement, des deux filles de Marguerite Bonopéra, sa sœur, et de son mari Auguste Morand de la Genevraye, son beau-frère : Augustine, puis Angèle Morand de la Genevraye)…

Puis, après ce divorce de 1897, Paul Bonopéra s’est à nouveau remarié _ j’ignore à quelle date _ :

avec cette future « Madame Veuve Paul Bonopéra » (« née Confex« ) qui m’intéresse _ cf mon article d’hier : _,

parce qu’elle est apparentée, via le mariage d’une de ses parentes _ côté Confex… _, née demoiselle Wachter _ fille de Jean-Baptiste-Antoine Wachter (natif de Rougemont : tout près de Menoncourt…) et de son épouse Elisabeth-Joséphine-Baptistine Confex (native de Marseille) _, avec Louis Gentet (Orléansville, 1853 – Orléansville, 9 août 1906) _ dont, devenue veuve de son époux Louis Gentet, cette ancienne demoiselle Wachter est devenue « Mme Vve Louis Gentet, née Wachter« .

Or ce Louis Gentet n’est autre que l’oncle maternel _ puis tuteur, à Orléansville à partir des décès successifs, à Oran, de leurs parents, la sœur de Louis Gentet, Adélaïde Gentet (Orléansville, 1855 – Oran, 5 juillet 1886) et son beau-frère Anatole Rey (Le Grand Serre, 11 juin 1845, Oran, 28 janvier 1890) ; Anatole Rey, pharmacien, avait été maire d’Orléansville en 1880-1881, puis, au moment de son décès, il était un très remarqué adjoint au maire d’Oran… _ des petites Marie-Louise et Aimée-Laurence Rey :

Marie-Louise, l’épouse (Orléansville, 1879 – Agen, 20 septembre 1933) ainsi que Aimée-Laurence, la belle-sœur _ future « Mme Vve Gadel » à la date du 30 mars 1930, la date du décès de son mari (et cousin germain) Victor Gadel, à Alger _ d’Amédée Ducos du Hauron (Agen, 9 février 1866 – Alger, 15 juillet 1935), l’aîné des trois neveux de Louis Ducos du Hauron (Langon, 8 décembre 1837 – Agen, 31 août 1920), ce génial inventeur de « la photographie de couleurs« , qui a suscité mon enquête sur l’importance _ affective, intellectuelle et matérielle _ de son entourage familial…

Je poursuivrai demain l’inventaire des apports à ma recherche de ce très précieux document généalogique,

œuvre de Marcel Bonopéra (Renault, 6 octobre 1907 – Nice, 1er décembre 1992),

instituteur de son métier ;

fils de Paul, le boulanger d’Orléansville _ rue d’Isly _ (Pontéba, 19 décembre 1878 – Orléansville, 3 novembre 1930)

et de son épouse Marie-Marguerite-Léonie Cathébras (Saint-Sauveur-de-Ginestoux, Lozère, 12 janvier 1881 – j’ignore le lieu et la date de son décès ) ;

 

et petit-fils de Paul Bonopéra (Miliana, 1er octobre 1856 – Orléansville, 18 janvier 1916)

et son épouse Joséphine Girot (Ténès, 1856 – Orléansville, 11 juillet 1892)…

À suivre…

Ce dimanche 7 mars 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. Et maintenant, des images avec vue sur la mer

11nov

Et pour en terminer aujourd’hui avec les images d’extérieur de ce « Tirages Fresson« 

de septembre 2020, aux Éditions Textuel, de Bernard Plossu,

mon choix se porte maintenant sur 3 images « avec _ discrète _ vue sur la mer » :

aux pages 73 ( »Nice, France, 2008« )

et 98 (« Île de Ventotene, Italie, 2010« ),

pour ce qui concerne ma liste d’images préférées, au nombre de 13 ;

et à la page 42 (« Ligurie, Italie, 2008« ), dans ma liste complémentaire de 22.

La rencontre de notre regard avec la mer est

la plupart du temps _ mais il existe aussi de rares exceptions ; et, pour ma part, le paysage déchiqueté de rochers et falaises noirs de Suances, en Cantabrie, est représentative de ce genre répulsif pour moi… Alors que j’apprécie tant, et Santander, et la Cantabrie…magnifiquement bienfaisante ;

ne serait-ce que l’espace d’une brève seconde, par exemple lors d’un trajet en voiture ou en train _ j’en ai maintes fois fait l’expérience, par exemple au pays basque aimé, sur la côte entre Hendaye et Biarritz : que ce soit dans mes trajets (pour le travail) entre Saint-Jean-de-Luz et Bayonne, du côté de Bidart ; ou (pour le pur plaisir) le long des quelques kilomètres de la sublime corniche, entre Ciboure-Socoa et Hendaye ! Et chaque fois, j’exulte sur cette route de corniche, promise à probable prochaine disparition ! quand elle domine l’océan ; cf l’article de Sud-Ouest le 31 octobre dernier : Une partie de la corniche basque s’est effondrée _ :

une formidable bouffée d’énergie joyeuse nous est alors donnée, sans compter, par la simple vision de l’océan…

Ainsi l’œuvre de photographie _ et tout spécialement ses « tirages Fresson » en couleurs ; et peut-être, cela, pour le bleu tendre que ces tirages subliment si merveilleusement… _ de Bernard Plossu

comporte-t-il pas mal d’images fascinantes avec _ le plus souvent discrète _ « vue sur la mer«  ;

mais sans rien, jamais, de particulièrement pittoresque, spectaculaire, ni même décoratif ; surtout pas.

La mer se passe très bien de publicité…

Simplement ce bleu-là de la mer,

que l’image vient jusqu’à nous, qui la regardons, par quelque magique télétransportation en quelque sorte au carré,

 nous donner-transformer-augmenter, nous aussi

_ pour ce terme de « télétransportation« , cf l’usage que j’en fais, à la suite de René de Ceccatty en son magnifique « Enfance _ dernier chapitre« , en mon article du 12 décembre 2017 :

L’image référencée comme « Nice, France, 2008« , à la page 73,

présente pour l’essentiel,

et au-dessus d’un sol légèrement mouillé de pluie, qui en reflète _ et multiplie, par diffraction _ quasi imperceptiblement le bas,

le portique délicieusement suranné (en 2008), mais soigneusement conservé tel quel,

d’une plage privée de Nice, sur la Promenade des Anglais : la « PLAGE BEAU RIVAGE » ;

un portique _ un peu tarabiscoté _ qui s’élève, se dresse, à la fois fier et désuet _ d’où son étrange charme, indéniable _, au-dessus d’une mer uniforme, dépourvue de vagues,

et surtout sur le fond d’un ciel gris-bleu, lui aussi, tout embrumé ;

un portique _ de gloire balnéaire ! _ dont une fine rampe blanche propose de descendre jusqu’à la plage _ de galets de Nice _, qu’on ne voit pas, en contrebas…

Tout se présente ici à nous en un infiniment tendre _ quasi virginal et céleste _ camaïeu bleu et blanc.

Quant à l’image référencée « Île de Ventotene, Italie, 2010« , à la page 98 (et dernière de l’album)

Ventotene 2010 photo B.Plossu

 

et déjà présente dans l’album « Couleurs Plossu« , de 2013 aux Éditions Hazan, à la page 79,

c’est un très émouvant chef d’œuvre _ notablement marquant : on ne l’oublie certes pas ! _,

et lui aussi, bien évidemment ici, « avec vue sur la mer« ,

ici la mer Tyrrhénienne _ entre Campanie et Sardaigne _ :

Ventonene est une petite île volcanique,

située au large de la Campanie, au nord-ouest de l’île d’Ischia et au sud-est de l’île de Ponza ;

et qui, depuis l’empereur Auguste qui y exila, en l’an 2 ap. Jésus-Christ, sa propre fille Julia l’aînée, a servi maintes fois de prison de relégation et exil, suffisamment éloignée de la terre ferme, notamment pour des opposants au fascisme sous Mussolini.

Et c’est surtout une des îles préférées de Bernard Plossu, en Méditerranée.

Au premier plan, et en une prise de vue légèrement oblique,

au pied d’un muret de pierres qui le sépare de la mer et du ciel _ d’un bleu qui se confondent presque _, avant l’emprise, au haut de l’image, de gros nuages blancs,

un intrigant carrelage géométrique ocre et rose, désormais à ciel ouvert, d’une ancienne villa _ peut-être, ou peut-être pas, romaine (?) _, que vient doucement coloniser l’herbe,

et sur lequel est déposé, près du muret, en son coin gauche, un gros rouleau de ce qui pourrait être (?) du foin…

Une indicible harmonie du jeu du temps et de l’éternité dynamise discrètement l’espace sonore _ musical _ de ce paisible lieu de bout du monde…

La troisième des images choisies ici, fait partie, elle, de ma liste supplémentaire de 22.

Discrète _ elle aussi : c’est décidément un trait paradoxalement marquant de l’œuvre plossuien _, à la page 42 de l’album,

son référencement « Ligurie, Italie, 2008« , n’a pas eu besoin de retenir le lieu précis de cette plage ligure ;

comparable à bien d’autres, similaires…

Sa particularité est d’être beaucoup plus sombre que la plupart des autres images ;

il s’agit là d’une plage privée, comme bien d’autres, en Italie, sous un ciel noir assez menaçant,

et, comme souvent, sans la moindre figure humaine.

Une sorte de contrepoint ligure sombre _ mais tout de même en couleur ! _

au portique céleste _ assez lumineux lui _ de la « Plage Beau Rivage » de Nice…

Ce mercredi 11 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Quignard versus Simenon au schibboleth de la vraisemblance (du « monde » créé) : « Villa Amalia » / « La fuite de Monsieur Monde »

26avr

Je vais être forcément (très) injuste, pour n’avoir lu _ ce qui s’appelle lire : vraiment ; les livres (d’encre et de papier) _ ni le roman de Pascal Quignard « Villa Amalia » ; ni le roman de Georges Simenon « La fuite de Monsieur Monde » ;

mais seulement vu les réalisations filmiques tirées de ces deux romans-là.

Et encore pas dans les mêmes conditions :

le film « Villa Amalia » (sorti en avril 2008), dans une vaste salle de cinéma ;

le téléfilm « La Fuite de M. Monde » (tourné en 2003, diffusé pour la première fois le 24 novembre 2004), rediffusé hier soir sur France-3 ;


et, au passage, on voudra bien noter la transformation de la forme « Monsieur » (du titre du roman : « Monsieur Monde« ) en l’abrévation « M. » (du titre du téléfilm « M. Monde« )

_ là-dessus, consulter, et en urgence même (!), la belle acuité (et même magnifique ! :

cela ne se dit pas assez !!! autre phénomène d’époque (celle du nihilisme…), que l’oubli de l’essentiel au profit de misérables « leurres » médiatiques…)

de Renaud Camus, éminent « sondeur d’âme » derrière les épaisseurs de fard des « toiletteurs« , tant professionnels qu’amateurs, en tous genres : son « Répertoire des délicatesses du français contemporain« , paru en mars 2000 aux Éditions POL, vient d’être très opportunément réédité en février 2009 en format de poche, aux Éditions Points, en devenant « Répertoire des délicatesses du français contemporain : charme et difficultés de la langue du jour« ) _ fin de l’incise sur l’historicité de la langue (selon Renaud Camus, ou d’autres)… _

le téléfilm « La Fuite de M. Monde«  _ je reprends le fil et l’élan de ma phrase _ sur le petit écran de mon poste de télévision, hier soir, à 20 h 30, sur France 3 ;

soient les films _ éponymes _ des cinéastes (de grande qualité, tous deux) Benoît Jacquot et Claude Goretta.

Avec deux interprètes

(dans le « premier rôle« , chacun d’eux, et portant , également, tous deux, le film sur leurs « épaules«  : c’est-à-dire les « traits », comme un paysage, de leur visage frémissant _ en de nombreux tout à fait sobres (c’est un art ; et très français !) gros plans des cinéastes _ à toute la palette, ou gamme, vibrante d’infra-émotions !)

excellentissimes : Isabelle Huppert et Bernard Le Coq ;

lequel Bernard Le Coq a reçu pour ce rôle le « Prix d’interprétation masculine » au « Festival de la fiction TV » de Saint-Tropez, en 2004 ;

en attendant les récompenses qui ne manqueront _ très vraisemblablement pas _ de pleuvoir sur la (comme quasiment toujours) « parfaite » Isabelle Huppert : quel somptueux talent !..

Or, autant je me suis agacé à (et de) ce que « Villa Amalia« , le film de Benoît Jacquot, souffre en invraisemblance, de ce qu’il doit à l’ahurissant mépris de la vraisemblance du récit originaire de Pascal Quignard

quand il veut, à tout crin, endosser la « livrée » de « romancier« ,

qui lui convient comme une chasuble d’évêque à un cheval !!! ;

défaut assez endémique chez cet auteur :

autant sont admirables sa « Vie secrète » et ses « Petits traités » ;

autant sont (comme « romans« …) manqués (et comment !) ses romans ;

depuis « Le Salon du Wurtemberg » et « Les Escaliers de Chambord« 

_ et cela, en dépit de figures obsessionnelles de départ passionnantes (l’incapacité des personnages, issus de l’idiosyncrasie même de leur auteur, de nouer quelque vraie relation que ce soit, à commencer d’amitié comme d’amour, avec quelque autre : ce que figurent admirablement, en effet, les escaliers à double volée de marches qui se croisent sans pouvoir, ou vouloir, chercher à, se rencontrer jamais (!) au centre, névralgique, même du château de Chambord, sur une « idée« , et dessin, géniaux, de Léonard de Vinci _

jusqu’à ce difficultueux « Villa Amalia« -là _ bien que je ne l’ai, donc, pas (encore) lu… _, dont l’intrigue se déroule sur quatorze (infiniment) longues années (de la vie d' »Eliane« , « Ann« , ou « Anna« , sa protagoniste et « héroïne » principale) : de vide abyssal ;

« vide » (ou « abysse« ) qui rappellerait Moravia, « L’Ennui » ;

le célébrissime film de Godard, d’après le roman « Le Mépris » de ce même Alberto Moravia,

eut quelques scènes fameuses filmées dans l’île toute voisine (de celle d’Ischia ; où est sise la « Villa Amalia » du roman de Quignard ; dans la sublime « baie de Naples« ), je veux dire l’île de Capri : à la Villa « Come me » de Curzio Malaparte ;

Villa « Come me« , à propos de laquelle vient de paraître, aux excellentes Éditions _ bordelaises _ « Finitude« , un admirable récit du bordelais Raymond Guérin : « Du côté de chez Malaparte » ;

tellement impressionné, Raymond Guérin, par son séjour de trois semaines là-bas, en cette Villa « Come me« , en mars 1950, que, gravement malade, il écrivit, « le 7 mai 1955 dans son jounal (publié sous le titre « Le Pus de la Plaie« , Éditions « Le Tout sur le Tout », 1982) : « Si je meurs _ et il est mort le 12 septembre 1955, âgé de 50 ans, un mois et dix jours _, je voudrais non seulement être incinéré mais qu’on obtint par faveur spéciale que (Sonia _ son épouse _) pût disposer l’urne contenant mes cendres, l’emporter et aller disperser ces cendres dans la mer, en haut de la terrasse de Curzio Malaparte à Capri où j’ai passé, sans doute, les jours divins de mon existence » :

ce texte-là conclut, aux pages 117-118, ce magnifique (avec 23 photos de Raymond Guérin lui-même) « Du côté de chez Malaparte« …

Fin de l’incise « Villa Come me » / « Du côté de chez Malaparte » de Raymond Guérin _

jusqu’à ce difficultueux « Villa Amalia« -là, dont l’intrigue se déroule sur quatorze infiniment longues années : de vide abyssal

au moins le film de Benoît Jacquot ne semble pas, lui, probablement à la différence du roman,

_ la durée de ce qui y est cinématographiquement « narré » est, en effet, laissée dans le vague d’une sorte de « plage d’intemporalité«  ; mais assez vide ; et vaine (hélas, à mon goût, du moins !..) ; quasi « suicidaire« , me semble-t-il… _

se dérouler sur une aussi longue « durée » (de 14 ans !) : ce qui rendrait plus invraisemblable encore le « rien » auquel se contraint

_ masochistement ?.. pour se punir (?) elle, d’avoir été trahie par un partenaire veule, lâche, en tout médiocre : chercher l’erreur !.. ;

alors qu’elle se dérobe, par une fuite implacablement (et froidement) organisée, à toute « explication » avec le « traître » ; d’où le luxe de détail des « soins » (magnifiquement rendu à l’image !) apportés par la « fugueuse«  à détruire le moindre indice (données bancaires, carte bleue, téléphone portable, etc… jusqu’à ses bagages successifs…) qui permettrait de la re-pérer, re-trouver, re-joindre, re-nouer avec elle : c’est la partie « flamboyante de justesse » du film, déjà (il faudrait bien sûr lire aussi, afin de les comparer, l’art de le dire de Pascal Quignard dans le roman ! lui si habile, aussi, à la fermeture et pareil mutisme…) ; et le mutisme frondeur d’Isabelle Huppert (sur son visage, comme en sa gestique ; son art de bouger, se déplacer) y fait merveille, avec une gamme (ou palette) de nuances vraiment très belle (et juste)… _

ce qui rendrait plus invraisemblable encore le « rien » auquel se contraint _ je poursuis ma phrase _

à faire de sa vie l’héroïne, en son séjour prolongé à la « Villa Amalia » d’Ischia

(artiste _ musicienne : compositrice, qui plus est !!! hors de la parole ! _ créatrice d’œuvres jusqu’alors, pourtant !!! et qui arrête aussi TOUT cela !!!) ;

au point que l’on finit par se demander dans quelle mesure il n’y aurait pas, en cette figuration-là de ce personnage-là (= Éliane Hidelstein, devenant l’artiste Ann Hiden, puis Anna tout court, à la « Villa Amalia« , à Ischia, pour les Italiens qu’elle y fréquente ; et en changeant aussi de langue…), comme une transposition de la propre « dépression » _ au bord de la « mélancolie«  _ de l’auteur lui-même, soit Pascal Quignard en personne, si je puis dire, depuis quelque accident _ que j’ignore _ de sa vie privée _ telle que quelque « rupture« , d’avec une autre ; ou d’avec soi : je me livre ici à de pures conjectures…)…

autant je me suis agacé, donc

_ j’en ai enfin terminé de mes trop longues incises quignardesques _

à ce que « Villa Amalia« , le film de Benoît Jacquot, souffre en invraisemblance, de ce qu’il doit à l’ahurissant mépris de la vraisemblance du récit originaire de Pascal Quignard

quand il veut, à tout crin, endosser la « livrée » de romancier,

autant, a contrario, me suis -je délecté de ce que « La Fuite de M. Monde« , le téléfilm de Claude Goretta (adaptant pour les années de la décennie 2000 une intrigue et des décors d’il y a plus de cinquante ans : ceux du roman « La fuite de Monsieur Monde«  de Georges Simenon _ roman écrit à Saint-Mesmin, en Vendée _ ;

lequel roman fut achevé de rédiger le 1er avril 1944 ; et a paru l’année suivante, aux Éditions de la Jeune Parque, l »achevé d’imprimer » étant du 10 avril 1945, très précisément ;

et le prénom du « héros« , « M. Monde« , de « Norbert » qu’il était en 1944-45, pour Georges Simenon, devenant « Lionel » en 2003, pour Claude Goretta…)

autant me suis-je délecté, donc,

de ce que « La Fuite de M. Monde« , le téléfilm de Claude Goretta,

doit

à la justesse (= vérité !) du regard (de romancier) de Georges Simenon en sa « Fuite de Monsieur Monde« …

Telle est ici ma thèse !

Car Simenon a essentiellement le souci du « monde« 

de ses personnages,

ainsi que de l’intrigue de ce qui s’y produit, y survient ;

intrigue « romanesque« , voire intrigue de « roman policier » : mais ici l’enquête du commissaire est sans cadavre, et peut-être sans crime : la « disparition » (de Norbert-Lionel Monde, président-directeur général d’une grosse entreprise de transports, l’entreprise « Monde » : le nom « Monde » apparaissant bien en gras sur les carlingues des camions) ne résultant, ici, ni d’un meurtre, ni d’un suicide (avec cadavre restant sur la carreau ; ou, du moins, non « retrouvé« ) ; non, simplement on recherche un « disparu » ; quelqu’un qui vient de « disparaître«  le jour même de son quarante-huitième anniversaire (est-ce là un « détail » ? tout à fait « anodin » ?..) :

relire ici les admirables réflexions que prête Jean Giono à ses personnages (une cohorte de paysans du Trièves _ dans le Dauphiné _, et l’hiver, dans la décennie 40 du XIXème siècle) d’un « Roi sans divertissement« 

_ un des chefs d’œuvre majeurs de la littérature du XXème siècle (!) : écrit en 1945 (au printemps, de mars à juin, lors d’un séjour de quatre mois de Giono chez ses amis marseillais Pelous : à l’extrémité du Boulevard Baille ; il en fait le récit dans « Noé« …), écrit en 1945, justement, lui aussi !, je veux dire « Un Roi sans divertissement« , de même que « La fuite de Monsieur Monde« , le « Simenon« , paraît au mois d’avril 45…) ; fin de l’incise sur la concomittance _,

lors de la succession de disparitions de villageois, trois hivers durant (les hivers 1843-44-45) en un village du Trièves, donc, isolé sous la neige, et « sans cadavres« , avant la découverte, vers la fin de l’hiver 1845 (et dans la neige), et des cadavres, et de l’assassin (domicilié, lui _ et en « bourgeois » _, à Chichilianne) par le « héros« , lui-même merveilleusement complexe, le « capitaine de gendarmes » (puis « commandant de louveterie« ) Langlois…

Fin de l’incise de la « disparition« sous le regard très ironique et humoristique à la fois de Jean Giono ; et retour au « monde » simenonien !

Quant au « monde » quignardien,

il n’est tout bonnement pas « romanesque » ! Mais que veulent les lecteurs, sinon encore et toujours davantage de « romans » ? Et Pascal Quignard ne résiste, alors, pas assez aux sirénes

(sur les « Sirènes« , cf son « Boutès » ; et mon article du 19 novembre 2008 sur ce livre : « Ce vers quoi s’élance Boutès ; et la difficulté d’harmoniser les agendas« ) ;

aux sirènes éditoriales ; et succès promis des chiffres de vente de « romans » en librairie s’ensuivant…

Le « monde » de Georges Simenon _ m’y voici !!! _,

et en l’occurrence (très précise !), le « monde » de « La fuite de Monsieur Monde« ,

est très précisément (et « réalistement » : pour nos imaginaires, du moins) dessiné par l’écriture de « romancier » de Georges Simenon ;

ainsi, aussi, que parfaitement adapté, de 1945 (ou avant) à 2003, à son tour, « filmiquement« , par l’excellent « cinéaste » Claude Goretta :

ainsi la transformation du « personnage » de « Norbert _ ou plutôt « Lionel«  dans le film…  _ Monde » en « Simon » X

est-elle magnifiquement rendue _ d’autant plus remarquablement que c’est en une admirable sobriété (dépourvue du moindre maniérisme) _ par la caméra à la fois ultra-légère et ultra-sensible de Claude Goretta ;

comme par le jeu, « au quart de poil » (!), de celui qui l’incarne si excellemment, Bernard Le Coq.

Par exemple, peu après l’ouverture du film consacrée à la phase d’inquiétude exaspérée de la « disparition » de son mari pour son épouse Séverine

(= la « seconde épouse« , interprétée par Nathalie Nell ; Norbert (Lionel) Monde a dû, lors d’un scandale, « monté » ou « amplifié » par des « concurrents« , se séparer, « à son corps défendant« , de sa première épouse, Sophie, interprétée par Sylvie Milhaud)

auprès du commissaire de police (interprété par Frédéric Pierrot),

peu après l’ouverture (angoissée) du film, donc,

dans la succession des séquences du départ de son bureau, le jour de son quarante-huitième anniversaire (on dirait un vieillard !), du pdg de l’entreprise de transports « Monde« , Norbert (Lionel) Monde, dont Bernard Le Coq fait ressentir toute la pesanteur ;

puis avec l’image (fugitive, mais très clairement perceptible cependant) de son allure, immédiatement, beaucoup plus juvénile l’image d’après !

suivie des séquences du « rasage de la moustache » ;

puis du changement de toute la panoplie des vêtements ;

juste après la séquence(-pivot) du poivrot, au zinc d’un bar parisien, s’autorisant à palper l’étoffe _ belle _ du veston de costume du président-directeur général d’une entreprise cossue et florissante que, le voisin de comptoir de bar, Norbert-Lionel, pas tout à fait encore « Simon« , continuait de porter, au sortir de son entreprise ; en prenant un troisième café de la matinée…

« Simon« , après passage-éclair en « boutiques de mode » pour hommes,

étant, lui, « Norbert » (« Lionel« …) est déjà presque « oublié« .., désormais vêtu, ainsi que coiffé _ le réalisateur nous a fait grâce de la séquence du passage chez le coiffeur _, à la mode (davantage « couleur de muraille« , ou « passe-partout« ) de 2003… Le personnage de « M. Monde«  qu’incarne avec une superbe finesse de sobriété Bernard Le Coq prenant alors (2003 – 1945 =) 58 ans de moins d’un coup…

Et la Marseille et la Nice où le nouveau « Simon » se retrouve par hasard

_ il s’enquiert auprès du contrôleur du train dans lequel il vient de s’engouffrer très précipitamment sans passer par le guichet de la gare (et donc sans billet), de la destination terminale du train : « Marseille !«  ; va donc pour Marseille !.. Pétaouchnok ou Tataouine seraient pareil ! _,

sont,

pour la première,

la Marseille d’aujourd’hui ;

je me suis trouvé moi-même récemment à quatre reprises, l’année 2008 (en juillet en en décembre), sur le parvis de la gare Saint-Charles où débarque _ de nulle part _ « Simon » ; et du haut duquel il découvre la ville, tout en contre-bas, au pied de hauts et longs escaliers ;

de même que je suis passé par l’Estaque ce beau dimanche de juillet, quand mes amis Michèle Cohen et François Cervantès m’ont « présenté » panoramiquement « leur » Marseille, le long de la corniche, via le Vieux Port et Endoumes ; de l’Estaque, précisément (de cézanienne mémoire aussi !) au restaurant des Goudes où nous avons merveilleusement déjeuné, en la (festive) compagnie de Patrick Sainton et Laure Lerallut. Fin de l’incise marseillaise ;

..

Soit parfaitement et exclusivement la ville d’aujourd’hui, pour Marseille ;

et un mélange un peu plus subtil de l’ancienne (des années trente et quarante ; avec ses mondialement célèbres grands-hôtels et casinos et boîtes de nuit plus ou moins « de luxe » qui en demeurent) et de l’actuelle Nice,

pour la seconde (Nice-la-belle) de ces destinations de hasard…

Mais c’est là tout un monde précis qui,

et par la plume de Georges Simenon, et par la caméra de Claude Goretta,

nous est alors détaillé :

par exemple dans le contraste des petites pensions et hôtels pour touristes moyennement fortunés dans le Vieux-Nice ; et les résidences des « grand-fortunés » sur la « Promenade des Anglais » _ où résidait la richissime et « fêtarde » protectrice (qui vient d’être retrouvée morte d’une overdose en sa suite de « palace« ) de Sophie, la première épouse de Norbert (Lionel) ;

Sophie, par un bien complexe concours de hasards, « retrouvée« -là (et en bien piètre état !), sur les galets de la plage que vient rouler la mer, par « Simon » ; à moins qu’alors ce ne soit, dès à présent, et à nouveau, « Norbert«  (ou « Lionel« )

Voilà ces « mondes« 

et d’un « Simon« , « en fuite » durant trois mois et demi, très exactement (et pas quatorze ans !) : en un pays « étranger » à son « monde _ grand-bourgeois _ d’origine » (où il rencontre ; et suit, en ses « errances« , la jeune Leïla, qu’incarne Nozha Khouadra ; qu’il n’aurait jamais croisée sinon…) ;

et d’un « Norbert (Lionel) Monde« , qui va revenir « changé » chez lui (en sa riche demeure _ à étages _, des beaux quartiers de l’Ouest parisien) ;

après cette parenthèse probablement formatrice : la fin du téléfilm est « ouverte« , pour d’abord s’occuper comme il vient (= faire soigner comme il se peut) sa première épouse en clinique ad hoc : la « fugue » (de « Simon« ) a porté des fruits ; rien ne va plus être tout à fait comme avant, ni avec sa seconde épouse, Séverine Monde ; ni avec chacun de ses enfants, Stéphane et Agathe (et leurs « problèmes » respectifs)… _,

que nous font vraiment découvrir, en « artistes » justes » (dans les détails sobres et efficaces de leur art respectif…),

et Georges Simenon,

et Claude Goretta

(ainsi que, au tout premier chef, l’interprète magnifiquement « humain » que sait être Bernard Le Coq, pour ce « Monsieur Monde« , qui un moment s’est quitté (de « Norbert« , ou plutôt « Lionel« , dans le film ; et s’est métamorphosé, si peu que ce soit,  en « Simon » ; sinon « Simon-Pierre« …) ;

et ce qu’a sans doute manqué, pour l’essentiel, du moins, Benoît Jacquot, en « Villa Amalia« ,

en prenant trop vite une « option cinématographique » sur un roman de Pascal Quignard qui n’était même pas encore fini d’écrire (!) ;

à la seule « idée » d’un excellent rôle

pour Isabelle Huppert, avec laquelle il désirait beaucoup « tourner » à nouveau, a-t-il dit à maintes reprises dans les médias,

de femme « en fuite« , de femme « rompant » (sur trahison) _ du moins le croit-elle _ avec TOUT le « monde » de son passé ;

qui la rattrape quand même, mais en une « explication » déterministe un peu trop lourde, en la figure du « personnage » de son propre père, lui-même musicien (même si c’est à un niveau pas aussi « haut » que le sien : le niveau de la « création« ) : « La musique permet de mangeoter partout. Il y a toujours des funérailles et des noces. Moi je fais de la muzak, toi tu fais de la musique« , page 258) ; mais surtout, juif (roumain) ; et « être de fuite » : « S’en sortir, c’est partir. Toute ma vie je fus ainsi. Je suis ainsi. Je m’enfuis« , (même page) ; lors de la cérémonie des obsèques en Bretagne, à Erquy, de la mère d’Éliane, bretonne et catholique, et épouse il y a bien longtemps abandonnée ; et qui vient, à cette ocasion-là, des obsèques, parler à sa fille _ au chapitre premier de la quatrième (et dernière partie) du roman, pages 257 à 263…

Le vieux père a plus de quatre-ving-dix ans ; et vit à Los Angeles : « C’est vrai que je vis à Los Angeles, que je suis riche, que je fais de la muzik-muzak-muzok, que maintenant que ta mère est partie je vais pouvoir me remarier mais, en ce temps-là, les morts _ comprends-moi, je parle des vrais morts _, je les avais affreusement trahis en épousant ta mère. Ce n’était pas sa faute. J’avais grâce à elle des papiers. Je vivais. J’avais chaud. Je mangeais. J’enseignais la musique. Je luttais contre le vent sur ma bicyclette, la casquette enfoncée jusqu’aux yeux, pour donner de-ci, de là, des cours de piano aux Bretons. Et tout le monde criait sur moi« , page 262)…


Titus Curiosus, ce 26 avril 1009


Post-scriptum :


Sur la place du détail (et des « détails« ) en Art ; et comment ils font « vraiment » (ou pas !) « monde » !

je viens de découvrir de remarquables analyses, et qui concernent, justement, la place du détail (et des détails) dans le « roman moderne » (= des XIXème et XXmes siècles)

dans le chapitre d’introduction, intitulé « L’Exposition de l’intime dans le roman moderne« , du dernier opus « La Conscience au grand jour« , qui vient tout juste de paraître le 25 ; il y a trois jours) du très perspicace et fin Jean-Louis Chrétien, premier volet d’un opus « Conscience et roman » : « Conscience et roman, 1 _ La Conscience au grand jour » :

je cite, page 31 : « Il y a aussi le détail en régime d’omnisignifiance, le détail révélateur, le détail qui n’a rien de contingent, lequel soulève la question de savoir s’il a vraiment quelque chose comme des détails. C’est lui _ précise alors Jean-Louis Chrétien _ qui hérite de l’omnisignifiance chrétienne en la métamorphosant : dans la lumière de l’humain, il n’est rien qui ne fasse sens. (…) Mais il y a des récits qui posent que tout fait sens dans le monde, et d’autres qui le nient. » En prenant cet exemple-ci : « Ceux qui se lassent des descriptions balzaciennes méconnaissent que voir une demeure et les choses qui s’y trouvent, c’est déjà explorer _ oui, activement _ l’âme et l’histoire de ceux qui l’habitent. L’importance croissant du concept de « milieu », si bien étudié par Léo Spitzer et par Eric Auerbach, va dans le sens de cette omnisignifiance. Tout étant signifiant, il n’y a plus de détails« … A l’artiste, au romancier, d’abord, en l’occurrence de choisir des focalisations plus et mieux perspicaces que d’autres ; et qui, en « montrant » (et avec son « génie« ), aident à mieux faire voir (= à vraiment regarder et à vraiment comprendre) …

Ici un excellent exemple civilisationnel : « Un lieu réel d’omnisignifiance est la ville, et plus particulièrement la grande ville«  _ et je renvoie au très important « Mégapolis » de Régine Robin (ainsi qu’à mon article de présentation de ce livre le 16 février 2009 : « Aimer les villes-monstres (New-York, Los Angeles, Tokyo, Buenos Aires, Londres); ou vers la fin de la flânerie, selon Régine Robin« )…« Tous les historiens du roman ont montré son rôle essentiel dans le développement du roman, de sa production, de sa diffusion, et elle en est aussi, dans la modernité, un des grands thèmes » _ pages 31-32 : certes ; lire ici Walter Benjamin pour commencer… « C’est que se promener dans une ville, c’est se livrer à l’interprétation infinie d’un livre dont ce sont nos pas qui tournent les pages. D’où _ aussi ! _ notre saisissement devant l’inintentionnel, de l’herbe qui pousse entre les pavés, un oiseau qui niche dans le trou d’un mur » _ page 32. Avec cette arrivée : « Une ville est un lieu de saturation du sens, même si les formes de cette saturation et la nature de ce sens varient selon les temps » _ le concept de saturation intéressant aussi, à d’autres titres, Régine Robin : cf son étude « La Mémoire saturée« , aux Éditions Stock, en 2003… A nous d’apprendre à « défaire« , à « désaturer » (en apprenant à nous en « libérer« ), cette « saturation du sens« -là…  « C’est aussi le lieu de la prolifération des détails signifiants.«  Et « c’est aussi le lieu qui, par excellence, dans le croisement perpétuel des regards et des vies, me révèle la finitude et la solitude de mon point de vue, me montre sans cesse que je ne vois midi qu’à ma porte, et la rue que depuis ma fenêtre«  _ page 32. D’où la nécessité d’apprendre à se décentrer _ par un magnifique lapsus sur le clavier, j’avais écrit « déventrer«  ! c’est tout à fait de cela qu’il s’agit ; sortir de sa bulle, de son cocon, de la poche ventrale du kangourou ! qui ne permettent pas la clarté perspicace de l’intellection _ ; apprendre à se décentrer de soi-même, à mieux se faire attentif vraiment à l’altérité (de ce qui n’est pas nous, ni notre angle de vue (ou point de vue), notre focale : changer de « focales«  et de  « focalisation«  afin de mieux comprendre _ et sans mépris _, et l’altérité profonde de l’autre, et l’altérité profonde du réel).

Sur l' »intime« , cf déjà « La Privation de l’intime » de Michaël Foessel (ainsi que mon article du 11 novembre 2008 : « la pulvérisation maintenant de l’intime : une menace envers la réalité de la démocratie  » ; et aussi « Les Tyrannies de l’intimité » et « La Conscience de l’œil » de Richard Sennett (ainsi que mon article du 21 avril 2009 : « Du devenir des villes, dans la “globalisation”, et de leur poésie : Saskia Sassen « .


En appendice, enfin,

j’ai plaisir à citer

_ et sans commentaire de ma part (du moins limité au maximum), j’ai assez exprimé ma « thèse » sur le travail de ce film-ci (= celui de Benoît Jacquot), _

cette « critique » de Jean-Michel Frodon, « Le Grand arbre de la réduction« ,

moins négative que la mienne, sur le rapport entre le film « Villa Amalia » de Benoît Jacquot, et le roman de Pascal Quignard, « Villa Amalia » :

C’est la nuit, la pluie. Les phares des voitures aveuglent et s’évanouissent. Elle conduit, elle est comme dans un état second. Tout à l’heure Georges parlera de fantômes, on dirait un rêve. Tout le film est-il un rêve, un rêve d’Ann ? Ou Ann elle-même est-elle le rêve d’Anne-Éliane, comme elle s’appelait avant ? Elle découvre comme en songe son compagnon depuis quinze ans dans les bras d’une autre ; aussitôt après tombe sur Georges, l’ami d’enfance perdu de vue depuis des lustres. Il y a une apesanteur, une manière pour les images et les sons, les situations et les personnages, de se manifester à la limite de la réalité. C’est le « prologue« , qui annonce un des motifs du film à venir. La mère de Georges vient de mourir. Sur un parking, seule, enclose dans sa voiture, Ann hurle. On ne l’entend pas. Fin du « prologue« .

Le premier mouvement, qui dure une heure _ soit les deux tiers du film entier _, est lui tout entier porté par un élan décidé, irrésistible. Ann Hidden, pianiste et compositrice renommée, a décidé de tout quitter. Son Thomas, son travail, son appartement… Elle s’en va, elle disparaît sans laisser de trace. La découverte de l’infidélité de Thomas a été le détonateur, bientôt il est clair que c’est avec toute sa vie qu’elle rompt. Situation romanesque s’il en est, qu’il serait possible de traiter en quelques minutes, on aurait compris. Mais non. Ce sera, pour ce qui est du temps consacré, l’essentiel de « Villa Amalia« . Elle dit : « Je veux éteindre ma vie d’avant », coup de force narratif qui devient étude technique des procédures de disparition dans le monde contemporain.

Ann, et le film avec elle, s’appliquent avec méthode à effacer les traces, à détruire les pistes, à semer les possibles poursuivants. C’est une folie. Il y a de la folie chez Ann, Georges embauché comme assistant pour cette opération d’évanouissement ne manquera pas de lui dire. Il y a surtout de la folie dans le film lui-même, dans sa construction, ses surplaces, son attention _ magnifique _ aux sacs-poubelle remplis des habits qu’on abandonne, aux formulaires de procuration, aux procédures bancaires et douanières, au déménagement des pianos, aux changements de serrures, de trains, d’habits, d’hôtels. D’abord il semble que ce soit une erreur de « construction dramatique » comme on dit ; bientôt il est évident que c’est au contraire le projet même du film. Et qu’ainsi il invente étrange espace, un espace à trois faces, à la fois très réaliste, très romanesque et très onirique. Le film se tient là, invente ça. Tout le cinéma, si varié et inégal pourtant, de Benoît Jacquot tend à ça : cohérence et hétérogénéité d’un cinéaste qui croit très fort au réel, très fort à la littérature, et très fort à l’inconscient. Et qui croit précisément que le cinéma se situe là, dans ce triangle qui serait à la fois celui des Bermudes et celui du démiurge _ disparition et apparition.

Cette déroutante machine descriptive, narrative et invocatrice trouve à fonctionner à la perfection en embrayant sur un autre dispositif magique, d’une tout autre nature. Il s’appelle Isabelle Huppert. Isabelle Huppert est une excellente actrice ; elle a joué remarquablement dans plus de grands films qu’aucune autre actrice européenne de sa génération _ peut-être même aussi des autres générations. On ne va pas faire semblant de découvrir Huppert maintenant. Mais ce qu’elle fait, ou en tout cas ce qui se passe avec elle dans ce film-là, elle ne l’avait encore jamais fait ; ni personne d’autre d’ailleurs. Disparition et apparition d’elle-même et de son personnage, la voici qui d’une séquence à l’autre mute littéralement, change de visage et de corps. Ce n’est pas la virtuosité technique d’une comédienne chevronnée, c’est autre chose qui fait écho à la folie du film et du personnage, lui donne très simplement son apparence. Terrorisée, volontaire, manipulatrice amusée, inquiète, triste, musicienne, petite fille, épanouie, noyée, habitée de voix qui ne sont pas la sienne, amoureuse mais de personne et puis _ enfin _ de la maison qu’annonce le titre. Ce ne sont pas des états psychologiques qu’elle jouerait, ce sont des états physiques où elle est tout entière. Étrange anamorphose où vingt visages paraissent, qui sont tous les siens. Dès lors, les images de Caroline Champetier et le montage de Luc Barnier concourent à l’élaboration de ce dispositif à fabriquer de la présence avec les mouvements de l’absence _ belle et forte analyse : mais quelle présence ? et pour en faire quoi  donc ?.. L’enchaînement de plans très brefs, comme des notes griffonnées sur un geste, un son, un changement d’humeur, compose un univers à la fois très précis et très fluide, qui en dit beaucoup en montrant peu, qui suggère davantage _ ou du vide ? Il faudrait faire une part singulière à l’écriture des dialogues, qui joue en savants agencements sur deux registres contradictoires, quasi dissonants. Certaines répliques sont écrites comme des aphorismes et proclamées comme des devises ou des slogans (« du beurre breton, tiens ! », « il n’y a pas de pourquoi », « pas les secrets, le secret », « c’est comme ça maintenant  : je dis non »…) ; beaucoup d’autres phrases sont à peine prononcées, à demi entendues, comme les plans ultracourts elles entrent dans un assemblage sans s’y distinguer _ comme un kaléidoscope aux figures aléatoires… Tout cela, et le film dans sa totalité, est comme habité par cette musique _ syncopée ? s’interrompant brusquement ? heurtée, car stochastique ? _ qu’est supposée composer Ann Hidden. Musique qu’on la voit jouer brièvement en concert avant de fuir son piano et la scène à la première toux dans le public. Musique qu’on dit « contemporaine« , comme l’est le cinéma joué ici, où l’expressivité des sentiments ne recule pas devant les ruptures de ton, les assonances inhabituelles, les longs silences ou les cataractes de notes _ en effet ! Très belle _ oui ! _, et utilisée avec une judicieuse parcimonie, la bande musicale écrite pour le film par Bruno Coulais en dessine à sa manière le code, moins le sens que les règles de style. On songe alors à un film que firent ensemble il y a dix ans Benoît Jacquot et Isabelle Huppert, « L’École de la chair«  : c’était tout le contraire : l’histoire, l’actrice, l’image, le montage, tout convergeait vers un seul point, tout s’additionnait et semblait finir par s’abolir dans cette surenchère, intensification éperdue et autodestructrice. Ici, en totale connivence, règnent à l’inverse la diffraction, le fragment, l’indice et l’esquisse. Et le film ainsi respire et bouge _ pour quel résultat autre qu’une recherche du vide (ou du hasard) ?..

Enfin, dans une île italienne, Ann trouva sa maison, la « Villa Amalia » : toute rouge devant la mer toute bleue, au sommet d’une montagne comme un lieu mythique ; et elle la conquit de haute lutte affectueuse avec celle qui en avait non les clés, mais la mémoire. Elle s’y installa. Elle mourut, noyée. Puis fut sauvée. Et alors naquit un autre personnage, une autre femme qui est pourtant toujours Ann Hidden, née Anne-Éliane Hidelstein : un autre film commence, qui serait comme les branches, ramifications et feuilles d’un arbre _ probablement zen, en quelque « jardin de pierres«  ; peut-être japonais… _ dont la première et principale partie aurait été le tronc.

On aura jusqu’alors parlé du film « Villa Amalia » comme s’il n’existait pas un livre « Villa Amalia« , paru chez Gallimard en 2006. C’est que, jusqu’alors, si le fil narratif et tous les éléments dramatiques sont bien empruntés au roman de Pascal Quignard, leur élaboration ne suit que les besoins et les enjeux propres au film, dessine ses propres horizons _ en effet… Et puis, entre ciel et eau, ces horizons se rejoignent. Dans son livre, Quignard prêtait à la pianiste et compositrice un génie particulier dans l’art de la réduction musicale. C’est cet art même qui préside à l’écriture de la fin du scénario. La rencontre amoureuse avec Giulia, les mésaventures de Georges, la mort de la mère, le retour du père, l’ami qui va mourir. Bien d’autres choses encore pourraient être contées, grandes ou petites, qui se trouvent ou non dans le livre, cela n’importe guère. Sans doute Benoît Jacquot a surtout fait le film pour sa première heure _ hélas : et la critique est forte ! _ ; il s’y met en place une telle force germinative _ germes de fiction, mais aussi de sensation du monde, et de captation des vibrations intimes, inconscientes et indicibles _ que toute péripétie romanesque comme toute considération plus générale (sur les pères, les Juifs, la musique, la mort…) _ quelle qu’elle soit ? indifféremment ? sans davantage de nécessité que cette force de « germination« -là ?.. _ devient _ vraiment ?.. _ à la fois légitime, concrète et touchante. Cela s’arrête là _ n’est-ce pas aussi, et d’abord, là l’effet du texte (mélancolique) quignardien ?.. A quoi bon une telle « force germinative » pour rien que ces « contiguïtés« -aléatoires-là ?..

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