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Seconde vision enthousiaste du Grâce à Dieu de François Ozon

14jan

Je viens de procéder à une seconde vision,

après celle d’hier

_ cf mon article :  _,

du film Grâce à Dieu de François Ozon.

Mes impressions premières sont amplement confortées.

Je suis ravi aussi d’avoir été plus attentif à de multiples détails

qui m’avaient échappé,

ou que je n’avais pas retenus,

dans le fil syncopé du récit.

Et j’ai été encore plus sensible

à l’humanité profonde

des principaux personnages

par le regard et les souvenirs desquels

passe la focalisation de la caméra de François Ozon.

Des personnages qui sont loin d’être tout d’une pièce _ et donc caricaturaux _,

dont la personnalité, par de très intéressants micro-écarts,

frémit, bouge, « évolue« 

_ parfois, le plus souvent, avance, avec courage et responsabilité,

mais parfois aussi recule, régresse, non sans hésiter, et par un comble de lassitude ;

mais ce cas-là n’est pas celui des trois personnages principaux,

l’élégant et ferme Alexandre (de Melvil Poupaud),

le fort et audacieux François (de Denis Ménochet),

l’éperdu et admirable Emmanuel (de Swann Arlaud),

qui apprennent,

à l’expérience souvent très rude du réel,

et souvent grâce aux autres (des amitiés, dans la lutte commune, se créent),

à dépasser leurs failles….

Un grand film, subtil,

qui marque.

Ce mardi 14 janvier 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Le prenant Grâce à Dieu de François Ozon, en DVD

14jan

Suite à ma veine présente

de prendre connaissance de films

en DVDs,

je viens de découvrir le Grâce à Dieu de François Ozon

_ paru en DVD en 2018 _

qui m’a tenu constamment en haleine

et passionné.

François Ozon est un cinéaste qui m’a beaucoup intéressé,

particulièrement à ses débuts :

Une Robe d’été (en 1996), Sous le sable (en 2000)

_ par de superbes audaces très finement rendues _ ;

mais aussi m’a parfois agacé _ 8 femmes (en 2001) _

par quelques propensions à des affèteries

et maniérismes formels

trop gratuits…

Ici,

en ce superbe et parfaitement abouti Grâce à Dieu,

 

nous, spectateurs, participons aussi à une sorte d’enquête,

menée sur l’écran à travers quelques regards _ et difficultés (douloureuses) de souvenance _ de victimes

_ trois surtout : Alexandre, François, Emmanuel _

d’un prêtre pédosexuel lyonnais ;

et à travers les efforts de chacun d’entre eux

_ d’abord seuls, puis ensemble (et là bien des choses changent !),

via l’Association Libérer leurs paroles qu’ils décident à un moment de former, à Lyon _

pour surmonter,

au-delà de la fragilité virile des adultes qu’ils sont devenus aujourd’hui

plus ou moins fortement éprouvés-meurtris _ voire cassés, certains _ par leur histoire personnelle,

pour surmonter leur traumatisme durablement profond d’enfants violés,

par un prêtre…

Tant le regard du cinéaste

_ sur cette histoire complexe et encore ouverte… _

que l’interprétation-incarnation des personnages

par les acteurs _ vraiment excellents ! tous… ;

à commencer par Melvil Poupaud (Alexandre), Denis Ménochet (François) et Swann Arlaud (Emmanuel),

via les diverses formes plus ou moins torturées et difficiles de leurs efforts de résilience, chacun ;

sans négliger la palette de finesse d’incarnation des comportements de leurs compagnes,

magnifiquement interprétées, elles aussi,

par Aurélia Petit (l’épouse d’Alexandre), Julie Duclos (l’épouse de François) et Amélie Daure (la compagne d’Emmanuel) ;

il faut aussi mettre l’accent sur les interprètes des mères de ces trois personnages principaux :

Laurence Roy (la mère d’Alexandre), Hélène Vincent (la mère de François) et Josiane Balasko (la mère d’Emmanuel)... ;

les personnages des pères, étant, bien sûr (et c’est une donnée cruciale de ces situations !!!), plus fallots… _

participent à la très grande force d’éloquence

en l’intime de chacun des spectateurs de ce film que nous sommes

de ce Grâce à Dieu

magnifiquement prenant…

Ce lundi 13 janvier 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

A propos du Roma de Bernard Plossu : un très bel article de Fabien Ribéry

11jan

Ce jour,

mon ami Bernard Plossu m’a fait parvenir un superbe article de Fabien Ribery

à propos de son superbe album, aux Éditions Filigranes,

Roma.

Voyages à Rome, par Bernard Plossu, photographe

par fabienribery

© Bernard Plossu
« Tout au 50 mm en noir et blanc, effets interdits, vision pure, classique – moderne quoi
Il y a le monde, oui, peut-être, gisant là comme un pantin effondré _ qui se découvre, ainsi donné et surtout saisi, au vol, en marchant voire dansant, en une sorte de sidération émerveillée, mais active et lucidissime : quel œil fantastiquement lucide que celui de Plossu ! _, et le monde _ aussi : quel plus ! délicieusement richissime, instantanément cultivé pluriellement, tout surgit immédiatement en ce regard… _ selon William Klein, Robert Frank, Walker Evans, Pablo Picasso, Jean Siméon Chardin, Giorgio Morandi, et Le Bernin, Borromini, Mimar Sinan _ c’est-à-dire le monde vu par bien d’autres artistes éclaireurs vivaces du regard (sur les espaces) ; et pas des moindres ; et des plasticiens d’abord (photographes, peintres, sculpteurs, architectes), mais pas uniquement ; la culture faite sienne par soi est nécessairement ouvertement plurielle (la musique y a aussi sa part, comme la cuisine, et les odeurs et les parfums, un peu typés ; comme les couleurs). La culture, ce sont des ponts, des voies, et pas des murs ou des remparts et fossés…
Il nous faut Paul Cézanne pour approcher un peu ce qu’est une pomme _ certes ; et l’on connaît l’assidue fréquentation aixoise par Plossu de l’atelier de Cézanne au chemin des Lauves…
Il nous faut Marcel Proust pour comprendre les mystères du temps _ merveilleusement retrouvé, repris, et travaillé, re-travaillé.
© Bernard Plossu
Il nous faut Le Christ voilé _napolitain _ de Giuseppe Sanmartino pour ne plus craindre de mourir totalement.
Il nous faut Ordet de Carl Theodor Dreyer _ là, j’y suis un peu moins : Rome est ultra-catholique… _ pour recommencer à prier.
Et il nous faut maintenant Bernard Plossu pour entrer à Rome _ entrer est magnifiquement choisi ! Entrer, et arpenter, ré-arpenter, joyeusement, à l’infini…
Livre publié par Filigranes Editions – tirages de l’ami italianophile Guillaume Geneste -, Roma _ 1979 – 2009  _ est le fruit de trente ans d’arpentages _ ce mot qui me plaît tant ! cf mes 5 articles sur Arpenter Venise du second semestre 2012 : , , et _, de déambulations, de flâneries amoureuses _ voilà _ dans la ville délicieuse _ on ne le soulignera jamais assez : quelles délectations nouvelles rencontrées à l’improviste chaque fois !
voilà
© Bernard Plossu
Le regard est d’un passionné de cinéma (De Sica), de peinture (La Scuola Romana), de littérature (Andrea Camilleri _ mais plus encore les vraies romaines que sont Rosetta Loy et Elisabetta Rasy ! _), parce que la culture _ plurielle, formidablement, et sans casiers jamais clos : la culture vraie, ce ne sont que des ouvertures et des invites à regarder toujours mieux un peu plus loin et d’abord tout à côté ; et pas toujours fétichistement au même endroit et sous la même sempiternelle focale… _ n’est pas que l’apparat de la domination analysé par Bourdieu, mais un mode d’accès majeur _ voilà : accéder (et surmonter) n’est pas si courant, tant nous en barrent les clichés des copier-coller à l’identique de la comm’ _ à l’autre, à l’être, à soi _ oui : l’autre, l’être, soi : constitué de myriades de pièces s’ajointant (et s’enrichissant ainsi) à l’infini d’une vie vraiment ouverte.
Ici, les ruines ne sont pas abordées comme un spectacle de délectation romantique _ à la Gœthe lors de son long séjour (de plus de deux années) romain : c’est seulement à la fin de son séjour que Gœthe en vient à s’affranchir enfin des clichés partagés ; cf mes articles des 22 et 23 mai 2009 :  et … Et en les relisant, je me rends compte que je m’y entretenais avec Bernard Plossu ! _, mais comme une source de vie _ oui ! _, une puissance _ éminemment constructive de joie bien effective _ existentielle _ à la Spinoza _, des directions sensibles _ à arpenter, step by step, toujours un petit pas plus loin ; cf le regard sur Rome du sublime L’Eclisse d’Antonioni (en 1962)…
A Rome, malgré la vulgarité marchande effrayante (relire les Ecrits corsaires de Pier Paolo Pasolini _ cher à mon ami René de Ceccatty _ ; revoir Ginger et Fred, de Federico Fellini), nous pouvons ne pas être seuls, mais portés, aspirés, exaltés _ oui _, par des siècles de raffinement, de délicatesse _ oui _, de _ très _ haute civilisation.

© Bernard Plossu
Pour Plossu, Rome est un aimant, un amer, un amour : « Rome m’attire sans arrêt, j’y vais presque chaque année et je photographie en désordre _ oui _, surtout rien de systématique ni d’organisé ! _ bien sûr : en parfaite ouverture à l’inattendu du plus parfait cadeau de l’imprévu non programmé, qu’il va falloir saisir au vol de sa marche dansée, quand il va être croisé… Divin Kairos ! Quartier par quartier _ bien sûr : aux frontières-passoires étranges, par exemple celles du Ghetto du Portico d’Ottavia, avec sa fantastique pâtisserie… _, n’écoutant que mon instinct et surtout ma passion _ pour Rome _ : je suis amoureux fou de cette ville et, en même temps _ c’est un autre pan essentiel du goût de Bernard pour quelque chose d’essentiel de l’Italie _, de toutes les petites îles italiennes où je vais le plus souvent possible » _ et je suis impatient aussi de la publication à venir de ses regards sur les îles (surtout les plus petites : les plus îliennes des îles !) de la Méditerranée.
A Rome, il y a les amis, installés ou de passage _ les Romains de longtemps, c’est tout de même mieux… _, le couple Ghirri, l’architecte Massimiliano Fuksas, Jean-Christophe Bailly, Patrick Talbot qui lui fait découvrir l’intégralité du _ sublime _ palais Farnèse _ pas seulement la galerie des Carrache _ (un cahier de plus petit format est inséré dans l’ouvrage), tant d’autres.
Toute occasion, invitation, proposition, est _ certes _ bonne _ utile _ à prendre _ pour le photographe voyageur _, qui permettra d’effectuer _ voilà : œuvrer, et s’accomplir, en photographe de la plus pure et simple, non banale (à qui sait la percevoir et la capter), quotidienneté... _ de nouvelles photographies, de faire des découvertes _ voilà le principal ; en tous genres, et à foison !

© Bernard Plossu
Non pas d’épuiser le lieu _ ce qui est bien heureusement impossible : quel fou rêverait de cela ? _, mais de l’ouvrir toujours davantage _ et l’attention aux détails les plus particuliers des instants intensément ressentis, au passage si furtif du présent, mais ainsi saisis (par le pur instantané de l’acte photographique) en leur éternité, est ici tout particulièrement d’une richesse incroyablement profonde et infinie pour qui les regarde, ne serait-ce qu’un instant, ainsi vivifié-magnifié, maintenant… Voilà ce qu’apporte le regard sur le livre.
Aucune grandiloquence _ superficiellement décorative et extérieure, répétitive _ ici _ non : rien que du singulier délicieux raffiné _, mais de l’intimité _ oui _, de la familiarité _ mieux encore _, du simple _ comme le plus chaleureux et fraternel de ce qu’offre une vie, notamment dans les rues _, comme dans un tableau du maître Camille Corot.
Le sublime est un kiosque à journaux inondé de soleil, une devanture de magasin, un tunnel de périphérique, une moulure de cadre, une chaise, les longues jambes d’une passante, un pavé luisant, un if _ l’un après l’autre, et en une telle diversité : à l’infini de ce qui se prodigue si généreusement à qui passe ; tels les si incroyables merveilleusement imprévisibles, et surtout plus délicieux les uns que les autres, parfums des glaces de Giolitti, Via degli Uffici del Vicario, 40, peut-être le centre même du monde. A fondre de bonheur sous la langue… Il y a aussi les restaurants romains que connaît si bien ma fille Eve, pour avoir été romaine une année…
Venant de Santa Fe, passé par le désert _ oui : le contraste est assez impressionnant, mais pas tant que ça, à un peu y réfléchir : il y a en chaque vie un côté de Guermantes et un côté de chez Swann… _, Bernard Plossu découvre à Rome _ et s’en réjouit à l’infini _ un summum de présence _ voilà : fémininine, généreuse, maternelle ! _, une énigme métaphysique _ offerte _ à sa mesure, une joie de Nouvelle Vague _ cinématographique aussi, en effet _ poursuivie jusqu’à aujourd’hui _ sauf que le cinéma italien a, lui aussi, maintenant, pas mal hélas décliné. Bernardo Bertolucci est décédé le 26 novembre 2018.

© Bernard Plossu
De la classe _ toujours : et à un point extraordinaire ! _ en pantalon moulant ou robe de soirée, de la piété _ aussi, et aussi populaire _, des palais _ à foison ; des églises aussi, même si le plus souvent fermées au public ; avoir la chance d’y pénétrer quelques instants, à l’occasion furtive de quelque messe ou cérémonie, se prend et reçoit avec gratitude comme un petit miracle…
Des statues ont perdu leur nez, ou leur tête, ou leur phallus, si belles et fortes dans leur vulnérabilité même _ une richesse poétique du temps et de son œuvre ouverte.
Cité du dieu unique des catholiques, Rome est aussi _ bien sûr _ païenne, polythéiste _ oui _, animée de mille entités de grande vigueur _ assurant sa pérennité.
Le photographe la parcourt en tous sens _ bien sûr, Rome, elle aussi, est un labyrinthe : peu de voies qui soient tout uniment droites _ à pied, la regardant aussi de la vitre d’un train, d’un autobus, d’une voiture _ un dispositif très plossuien, intégrant (et surmontant) une dimension de défi à la vitesse, tout en étant protecteur : une distance demeure, hors viol. Et aidant au cadrage…

© Bernard Plossu
Rome est Cinecittà, kinésique, cinétique, cinématographique _ oui.
Vous arrivez à Roma Termini _ ou à Roma Ostiense, parfois aussi : en plein cœur déjà de la Ville… _ mais tout ne fait pourtant que commencer, recommencer, reprendre vie _ voilà, avec éclat, mais sans excès de théâtralité : pas pour quelque galerie extérieure ! juste pour dérouler son propre innocent plaisir, sa joie… Ni vulgarité trash, ni affèterie, jamais, chez Plossu… _ dans la bande passante _ voilà _ de votre regard _ dont témoigneront quelques unes, heureuses, des milliers de photos alors prises.
Un pyramidion, une arche, un parapluie _ oui.
Des voitures, des escaliers, des jardins _ belles spécialités romaines, en effet.
Des empereurs, des cyclistes, des naïades _ voilà ; les fontaines sont aussi une splendeur romaine…
Comme dans ce que donnent à apercevoir de Rome, par exemple, les merveilleux Journal intime de Nanni Moretti (en 1993) et La Luna de Bernardo Bertolucci (en 1979).

© Bernard Plossu

Des rails et des murailles.
Le Colisée _ sans y _ et ses lions.
Les toitures et les chambres d’hôtel _ Bernard m’a fait cadeau d’un tirage d’une magique vue de nuit prise d’une fenêtre de sa chambre d’hôtel près de Sant’Eustacchio… Un quartier que j’idolâtre, moi aussi, autour du sublime Panthéon, et non loin de Navona.
Les anonymes, le peuple, la rue _ si importants ici, en la noblesse sans apprêts de leurs allures chaloupées et rapides.
Roma témoigne du corps de son auteur _ marchant, dansant, lui aussi _, d’un esprit _ ouvert _ sans cesse en mouvement, d’une volonté de voir _ vraiment ce qui passe, se croise, dans le plus vif de l’instant bientôt évanoui _, encore et encore, jusqu’à l’ivresse _ oui, comme en témoignent les photos qui restent. Bref, ce qu’offre Rome à qui s’est dépris des œillères des clichés.
Roma _ le livre que, page après page, nous regardons _ traverse le temps, entre ici et là, regarde un arbre, une place, une foule, un prêtre, une femme.
Roma ? Amor fati bien sûr _ en ayant le malicieux divin Kairos de son côté, avec soi : à la suite du regard de Bernard Plossu…


Bernard Plossu, Roma, 1979-2009, textes Alain Bergala, Patrick Talbot et Bernard Plossu, Filigranes Editions, 2019, 320 pages
Filigranes Editions

© Bernard Plossu

Roma, pour rajeunir dans l’éternité la plus fraîche et vive que peut offir une vie

_ sa vie à soi, ouverte au meilleur le plus réjouissant de la vie des autres,

par la grâce d’un vrai pur regardeur tel que Bernard Plossu _,

ou la joie même.

Un bien bel article de Fabien Ribery.

Pour un nouveau chef d’œuvre de l’ami Bernard Plossu.

Ce samedi 11 janvier 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

la magie singulière du merveilleux « Roma » de Plossu (aux Editions Filigrane)

28nov

Découvrant l’information de la parution

toute récente _ le 15 novembre _

du Roma de Plossu aux Éditions Filigranes,

je cours me procurer le bel album de 320 pages.

Et la magie opère :

nous avons là, sur ces pages

qui défilent au rythme de notre regard qui les parcourt, émerveillé,

la quintessence de l’univers de Plossu !

D’où mon courriel de ce début d’après-midi

à l’ami plo-plo :

Je n’ai pas pu m’empêcher de courir ce matin chez Mollat,

pour en ramener ton Roma.
Et ta magie opérant,
nous voici, contemplant ces images multiples, instantanément transportés
et en la vraie Rome 
_ celle dont chacun d’entre nous avons maintes fois arpenté à plaisir les labyrinthes, jusqu’à l’ivresse de nos divers sens _,
et en la Rome singulière _ en même temps qu’universelle _ de Plossu :
double enchantement !
Quel regard ! Quelle vista !
Ce jeudi 28 novembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Les visions d’Istanbul de 40 ans de photographie d’Ara Güler

03juin

Ara Güler,

40 années durant,

a été le photographe magique d’Istanbul.

Il nous a quittés, à l’âge de 90 ans, le 17 octobre 2018.

Et voici que la galerie Polka,

12 rue Saint-Gilles à Paris 3e

nous offre l’occasion

_ jusqu’au 15 juin _

de nous replonger dans la magie de son regard

sur une des villes les plus magiques du monde :

Istanbul.

Cet article, ce jour, du Figaro :

Ara Güler, l’œil d’Istanbul et «Maître du Leica», mis à l’honneur à Paris

sous la plume de Valérie Duponchelle,

rend hommage à cet événement

du regard :

Ara Güler, l’œil d’Istanbul et «Maître du Leica», mis à l’honneur à Paris


Ara Güler, l’œil d’Istanbul et «Maître du Leica», mis à l’honneur à Paris











  • PORTRAIT – Cet Arménien de Turquie a été, selon l’annuaire britannique du livre de la photographie, l’un des photographes majeurs de sa génération. La Galerie Polka l’accueille dans le IIIe arrondissement parisien, après Londres.

Ara Güler est une légende de la photographie turque, le «Maître du Leica» (titre obtenu en 1962), dont la Galerie Polka veut retracer la longue carrière, commencée dans les années 1950. Fils d’un pharmacien arménien, Ara Güler naît l’été 1928 à Beyoglu, quartier d’Istanbul sur la rive européenne du Bosphore et séparé de la vieille ville (péninsule historique de Constantinople) par la Corne d’Or. Sa photo trouve là son décor naturel.


Son père a changé son patronyme arménien originel, Derderian, pour celui de Güler, plus propice à l’intégration. Il a fait ses études à l’école arménienne de Getronagan. Comme l’artiste de Paris Sarkis, né Zabunyan à Istanbul en 1938, qui représenta la Turquie à la Biennale de Venise 2015, Ara Güler est le fruit d’une somme de civilisations et l’observateur aigu d’une société complexe. Photoreporter à 22 ans pour le journal Yeni Istanbul, alors qu’il est encore étudiant en économie, il fut aussi le premier correspondant au Proche-Orient pour Time à son implantation en Turquie en 1958.


Un vrai souffle épique court dans ses photos où le facteur humain l’emporte sur tout. Du Kazakhstan à l’Iran, de Winston Churchill à Picasso, il a laissé un fonds de 800 000 photos à sa mort, à 90 ans, dans sa ville, le 17 octobre 2018.


Galerie Polka12 rue Saint-Gilles, IIIe arrondissement de Paris, Téléphone : 01 76 21 41 30, Horaires : de mardi à samedi, de 11h à 19 h. Jusqu’au 15 juin.

Catalogue : Ara Güler’s Istanbul: 40 Years of Photographs, 2009, Thames & Hudson.

Ce lundi 3 juin 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

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