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Le lumineux génie d’arpenteur des villes de Régine Robin : un très profond retour à Berlin, en « Un Roman d’Allemagne » (aux Editions Stock)

30nov

De même que

dans le sublime arpentage de villes de l’hyper-généreuse et infatigable _ de curiosité à la fois ludique, joyeuse et non dénuée de gravité, infiniment perspicace en la profonde lucidité hyper-sensible de son regard de vérité _ Régine Robin,

Le Mal de Paris (en 2014) fait couple, par contraste, avec Mégapolis _ les derniers pas du flâneur (en 2009)

_ cf mes deux articles du 26 mars 2014 et du 16 février 2009 : Régine Robin, formidable exploratrice des méga-villes en mouvement : le cas-malaise de Paris et Aimer les villes-monstres (New-York, Los Angeles, Tokyo, Buenos Aires, Londres); ou vers la fin de la flânerie, selon Régine Robin _,

de même l’époustouflant, parce que très profond, Un Roman d’Allemagne qui vient de paraître ce mois de novembre, et toujours dans la très belle et importante collection Un ordre d’idées de Nicole Lapierre aux Éditions Stock,

fait couple, par approfondissement _ pardon de la répétition, mais nous sommes aussi dans le forage… _, cette fois, et par un amour qui plus que jamais la travaille, avec le si étincelant, déjà, Berlin chantiers _ essai sur les passés fragiles (en 2001),

qui m’avait si fort impressionné à la lecture

_ et si manque pour ce Berlin chantiers un article de ma part, c’est seulement que ce blog-ci (ouvert le 3 juillet 2008 avec l’article programmatique le carnet d’un curieux ) n’existait pas encore.

Et, en ce programmatique article, auquel je demeure plus que jamais fidèle, je citais, sinon Berlin, du moins ce que je nommais déjà des « villes-mondes«  : « Rome, Prague, Istanbul, Lisbonne, Naples, Buenos-Aires, etc… » :

c’est là dire mes affinités avec le regard et l’écriture, qui vont de pair, de cette prodigieuse regardeuse empathique, avec tout le recul de son intelligence si vive et si aigüe, si véloce et plus encore si juste, car on ne la lui fait pas, jamais !, sur fond de son inépuisable culture, qu’est Régine Robin !

C’est l’excellent Patrick Boucheron qui, le 17 novembre dernier, à Sciences-Po-Bordeaux,

en réponse à la question que je suis posais sur ce qui dans Mégapolis de Régine Robin pouvait éclairer sa propre réflexion sur « le projet urbain » pour lequel il est invité cette saison 2016-2017 à la chaire Gilles-Deleuze,

m’a appris la toute récente parution ce mois de novembre de ce magnifique Un Roman d’Allemagne, sur lequel rien n’a semble-t-il paru jusqu’ici dans la presse, du moins celle que que je lis.

A l’exception d’une fort belle recension de Georges-Arthur Goldschmidt, intitulée Une Allemagne vue de si près,

sur le site En attendant Nadeau.fr ;

et que voici :

Une Allemagne vue de si près
par Georges-Arthur Goldschmidt


Dans Un roman d’Allemagne, Régine Robin revient avec toute sa perspicacité et sa sensibilité sur une thématique qu’elle avait traitée avec son érudition et son énergie coutumières dans Berlin chantiers, à savoir la mémoire allemande prise entre national-socialisme et « Wiedergutmachung » (réparation), comme on disait en RFA, la partie occidentale de Allemagne. Le livre de Régine Robin porte essentiellement sur la RDA, cette partie de l’Allemagne anciennement occupée par l’Union soviétique et pour laquelle la question de la réparation ne se posait pas, préservée qu’elle prétendait être de toute « culpabilité » _ à l’égard du fascisme _ du fait de sa nature socialiste.

Largement autobiographique, issu pour une grande part de son destin personnel de rescapée _ l’auteur est née en 1939 à Paris, de parents Juifs polonais réfugiés _, ce livre est édifié sur le « trébuchement « de la mémoire allemande. Dans la moindre ville où résidait une victime du nazisme (juif, communiste, sinti, homosexuel, etc.), de petits pavés gravés en rappellent _ désormais _ le souvenir. Régine Robin y situe sa propre mémoire, prise entre le yiddish, le français, sa langue maternelle, et l’allemand. Comme elle le dit elle-même, elle « a traversé plus de soixante-quinze ans des XXe-XXIe siècles, partagé les enthousiasmes de l’après-guerre et les désenchantements qui les ont suivis ; a vu les idéologies du siècle tourner, le communisme disparaître, se couvrir d’opprobre, alors qu’il avait représenté l’horizon et le principe espérance _ selon l’expression d’Ernst Bloch, en 1954, à laquelle fit face, en 1979, le principe responsabilité, de Hans Jonas… _ au lendemain de la guerre ».

D’où les déambulations, les errances, les dénégations et les retournements berlinois qui habitent ces pages denses et précises _ oui. On voit surgir des personnages souvent inconnus et des itinéraires qui en disent long sur l’état de choses en RDA finissante et sur la façon d’aborder ce passé toujours présent. Il en surgit des inconnus qui auraient tout aussi bien pu prendre place dans l’Histoire, tels cette Eve et ce Peter que le mur _ dressé le 13 août 1961 (cf page 40 du livre) _ séparera à jamais, ou cette Eva Platz d’abord échouée à Cuba au lendemain de la Nuit de Cristal, et qui, après être passée par l’Allemagne de l’Ouest, finit sa vie en RDA. Ce sont de multiples apparitions qui, toutes, ramènent à cette présence souterraine _ oui, et à divers titres _ dans la mémoire de la terreur nazie ; ainsi la ligne S3 de la S-Bahn, ce chemin de fer intérieur qui dessert Berlin et passe par des lieux historiques comme le cimetière où est enterrée Rosa Luxemburg, et qu’empruntèrent aussi deux tueurs de femmes de l’époque hitlérienne. L’anecdotique fait la substance de l’historique.
Régine Robin capte tous ces aspects de Berlin et les donne à voir avec toute la pesanteur de l’époque nazie, où le peuple était mêlé au crime, à celle de la RDA, paralysée par la stupidité de ses gouvernants. On se demande ce qu’avaient bien pu faire ces vieillards qu’elle croise dans les rues de Berlin ; peut-être l’un d’eux avait-il connu ce jeune musicien juif Konrad Latte qui avait, de planque en planque, pu survivre à Berlin, aidé entre autres par le pianiste Edwin Fischer, ou comme Marie Jalowicz Simon, une jeune juive, elle aussi cachée par des Berlinois. C’est, en effet, la Shoah qui est le fond de voix _ voilà ! _ de ce livre, cette survie toujours miraculeuse où régnaient la terreur absolue et le crime absolu érigé en morale nationale. En RDA, où tous étaient antifascistes, surtout les anciens nazis, « on exalta la libération grâce aux Soviétiques, et toutes les dates qui pouvaient s’y raccrocher, mais on occulta la spécificité du génocide des Juifs, qui fut classé dans la même catégorie générique que toutes les autres victimes du fascisme ». Tel est bien le fond sur lequel s’édifie la conscience allemande, sur ce qui ne fut jamais commis encore et reste en filigrane irréparable.

Le parcours historique que ce livre reconstitue est décrit au travers des éléments les plus caractéristiques. L’ouvrage célèbre _ dirigé par Harald WelzerGrand-papa n’était pas un nazi, auquel le livre fait référence, le montre bien : personne, parmi les témoins interrogés, n’a participé en rien au génocide juif… À chaque instant Régine Robin s’est heurtée à cette dénégation de fond _ oui _ si nette, et qui est de même nature _ probablement oui _ que le consentement initial qui a rendu la Shoah possible [1]. Un roman d’Allemagne est une anthologie passionnante des tours et détours des exercices mémoriels au travers de divers personnages qui ont eu un rôle politique ou littéraire.

« Nous sommes tous des Juifs allemands », conclut Régine Robin à l’issue de ce remarquable ensemble d’études qui touchent au cœur de la réalité de ce pays désormais réunifié et fort loin de ces passés [2].

1. Cf. Patrice Loraux, Consentir, Le Genre Humain. Éditions du Seuil, nº 22, novembre 1990

2. Voir Gérard Noiret, Poésie du monde. Berlin, dans EaN n°20.

Je reprends ici  le fil de mon discours, et le récit de ma découverte, grâce à Patrick Boucheron, de la parution toute récente de ce si beau et si important Un Roman d’Allemagne :

et voici pour cela mon courriel du 25 novembre dernier à Régine Robin :

Chère amie,

venant juste d’achever ma première lecture de votre magnifique (et troublant) Un Roman d’Allemagne,
je me propose de suggérer à la librairie Mollat _ ainsi qu’au Goethe Institut de Bordeaux _ de vous inviter à nouveau
pour venir présenter à Bordeaux ce très fascinant travail,
qui fait couple au moins avec Berlin Chantiers,
de même que Le Mal de Paris fait couple avec Mégapolis

C’est l’excellent Patrick Boucheron,
venu à Sciences-Po Bordeaux jeudi il y a 8 jours, à propos du « projet urbain » auquel il a été sollicité d’apporter sa réflexion d’éminent historien,
qui, à ma question post-conférence _ c’était la toute première question _ comparant ce qu’il venait de brillamment proposer, à votre si riche Mégapolis,
a indiqué que venait de paraître _ et je l’ignorais ! _ de vous ce nouvel opus, Un Roman d’Allemagne ;
que me suis empressé d’aller acheter et lire (dévorer) !

Ensuite, et en aparté, au moment des petits-fours, Patrick Boucheron _ nous correspondons par courriels à l’occasion _ m’a confié n’avoir pas lu Mégapolis,
à la différence de Berlin Chantiers, La Mémoire saturée _ sur lequel il a insisté dans sa réponse à ma question _ et Le Mal de Paris.

Je l’ai vivement incité à se plonger, pour approfondir sa réflexion sur « les projets urbains », dans votre Mégapolis !

J’ai pas mal de questions à vous poser concernant votre très vive fascination pour Berlin (et la RDA),
alors que vos parents venaient de Pologne (Kaluszyn, à l’est de Varsovie),
et parlaient yiddish et polonais surtout
_ mais allemand aussi, comme mon père (né en mars 1914, à Stanislawow, à l’extrême sud de la Galicie, lui).

Ce tropisme (de quasi Ossie) envers Berlin et la RDA
est-il surtout dû au fait prégnant des convictions communistes de votre père ?

Mais je me suis posé aussi de semblables questions
à propos de l’attachement à Berlin _ au point de choisir d’y vivre plutôt qu’à Budapest _ d’Imre Kertesz,
qui n’était certes pas (et n’avait jamais été) communiste, lui _ cf son superbe Le Refus.
Quel immense écrivain !
Mais je me suis aussi interrogé sur sa durable absence de critiques envers la société occidentale, lors de ses divers témoignages _ Sauvegarde, journal 2001-2003, Dossier K., L’Holocauste comme culture, L’Ultime auberge ; mais nul regard critique de sa part… _ sur sa durable vie quotidienne à Berlin,
alors que j’y étais très attentif…

De toutes façons, Un Roman d’Allemagne est un chef d’œuvre !!!
C’est proprement éblouissant.

Je vous embrasse,
en vous supposant parisienne en ce moment…

Francis

D’autre part, Régine Robin, ayant été l’épouse du metteur en scène, berlinois, Wolfgang Epstein _ mais j’ignore tout de lui _,

a vécu aussi, et assez longtemps à Berlin… 

Voilà, pour commencer…

Titus Curiosus, ce mercredi 30 novembre 2016 

la flânerie stambouliote très attentive d’une chaleureuse : « Istanbul Carnets curieux » de Catherine Izzo

10oct

Sur un livre merveilleux

d’attention chaleureuse

à une ville _ sublime ! _,

et à sa vie, ses habitants _ c’est une ville-monde ! _ :

Istanbul.


Le livre

(aux Éditions le bec en l’air)

s’intitule Istanbul _ Carnets curieux ;

son auteur est la photographe (marseillaise depuis longtemps : elle est l’épouse du regretté Jean-Claude Izzo _ cf par exemple son Vivre fatigue_)

Catherine Izzo ;

elle est aussi une amie

de mon ami Bernard Plossu.

Ici,

et en guise d’introduction en image à l’article,

on pourrait regarder la photo Bosphore IV, page 73 _ soit la numéro 1 de la page « Istanbul«  du site Passevue de Catherine Izzo…

Hier, une fois achevée la lecture du texte (des Carnets Curieux) _ superbe ! _

qui accompagne les 91 _ admirables ! _ photos

_ les 24 chapitres (avec plans !) de ces Carnets vont de la page 114 à la page 209 ; et sont datés « Istanbul, Marseille, Lille, Carnac, 2006-2010 » ;

ils se terminent, page 209, par ces mots :

« Je reviendrai.
Hosça kal ! (Adieu ! Restez joyeux !)« _,

j’ai adressé ce message à Bernard :

De :  Titus Curiosus

Objet : Mail de Catherine Izzo
Date : 9 octobre 2010 08:36:41 HAEC
À :   Bernard Plossu

J’aimerais témoigner à Catherine Izzo
du très grand plaisir
que m’a donné son Istanbul _ Carnets curieux

dont je viens à l’instant d’achever la lecture…

C’est un livre
qu’on aimerait (humblement !) avoir écrit,
tant il est juste en sa finesse
et en la profonde délicatesse (= légère !) de sa curiosité
à tant de singularités
_ en son approche humblement caressante (sublime !) de la beauté vraie de l’altérité (aimée)

C’est ainsi qu’il faut apprendre à voyager, séjourner _ regarder, (essayer de, s’essayer à) contacter : hors tourisme, si tant est que cela soit possible ! et avec tout le temps nécessaire… _,

dans l’amitié de qui

_ ici Ergül

(« jeune stambouliote solide, le visage ensoleillé, elle porte toujours ses cheveux très courts : « c’est plus simple ! »..« , page 149 ;

elle « a vécu dix-sept ans en France _ son père fabriquait des automobiles chez Peugeot«  ;

et « maîtrise parfaitement le français et l’anglais« , page 167 ;

s’intéressant, peut-être professionnellement à l’archéologie, « Ergül voudrait découvrir les grands sites grecs de la Sicile. Mais la Turquie n’appartient pas à l’Europe, et même si l’on sait qu’Istanbul est plus près de Rome, de Naples ou de Palerme que de Bagdad, les tracasseries administratives d’une Europe frileuse et tatillonne freinent toute spontanéité. Il faut des semaines pour obtenir une autorisation de transiter« , page 167 aussi…) ;

mais aussi les égards rencontrés du « gardien du petit hôtel de bois« ,

des « serveurs des jardins de thé«  ;

et encore les mouvements des « tortues des cimetières« ,

ainsi que ceux des « barques des pêcheurs du Bosphore » ;

et encore « la douce lumière sous les treilles«  :

à laquelle, Ergül, (et auxquels, aussi) est dédié, page 7 ce merveilleux livre… _

dans l’amitié de qui

vous fait partager ses sentiers…


Aussi,
j’aimerais que tu me fasses parvenir son adresse Internet.

Titus

P.s. : je n’ai rien dit des photos,
parce qu’elles sont merveilleuses de justesse et beauté,
tout simplement…


J’ai l’intention de consacrer à ce livre _ rare à ce degré de beauté _ un article de mon blog
_ le voici !

Tu sais combien j’aime Istanbul, moi aussi ;
et combien je souhaite retourner y vagabonder…

Fin du courriel à Bernard Plossu ;

et début du corps de l’article :

Parmi les photos disponibles sur le net

_ en l’occurrence sur le site personnel (Passevue) de Catherine Izzo _,

voici une sélection, mienne :

D’abord,

l’arrivée idéale à Istanbul

est par bateau : en contournant la pointe de Topkapi, étrave à la rencontre du Bosphore, depuis la mer de Marmara, pour débarquer

_ tel le Michel-Ange du Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, au printemps 1506, dans le récit de Mathias Enard ;

cf mes articles des 2 et 11 septembre 2010 :

Au menu du (bon) ogre Enard : le géant Michel-Ange, le pouvoir, le sexe et l’effroi, en un Istanbul revisité à l’ére du tourisme “culturel” mondialisé…

et : Mathias Enard, ou le creuseur pudique : face à l’énigme de l’oeuvre et les secrets du coeur (à partir de l’exemple de Michel-Ange à Rome _ et Istanbul !!!) ;

ainsi que mon entretien avec Mathias Enard, le 8 septembre : le podcast dure 62 minutes… _

pour débarquer

à l' »échelle«  _ le quai, depuis si longtemps que la ville, Constantinople, existe… _ d’Eminönü…

Et ce, par quelque temps que ce soit :

la brume et la pluie n’étant certes pas les moins appropriés à l’émerveillement de la découverte ;

de l’approche _ celle-ci ne finissant, d’ailleurs, jamais !

La gloire de son mystère s’enrichit !..

Voici, parmi la moisson d’images captées par Catherine Izzo,

une arrivée_ stambouliote _ possible :

la photo Bosphore VI, page 106… _ soit la numéro 16, en comptant de gauche à droite et de haut en bas, de la page « Istanbul«  du site Passevue de Catherine Izzo…

Même par gros temps ;

on peut encore y pêcher…

Ici on pourrait regarder la photo Pêche à Üsküdar _ rive asiatique, page 105 _ soit la numéro 30 de la page « Istanbul«  du site Passevue de Catherine Izzo…

On trouve toujours un débarcadère :

ici on pourrait regarder la photo Débarcadère, page 104… _ soit la numéro 27 de la page « Istanbul«  du site Passevue de Catherine Izzo…

Puis, on pénètre en la ville, aux sept collines, elle aussi ;

et il nous faudra toujours grimper un peu : les rues et ruelles _ avec platanes _ affrontent vaillamment les pentes herbeuses, et se glissent, en se faufilant, dans ce qui fut peut-être autrefois un ruisseau, sinon une cascade ;

il y a aussi bien des escaliers…

© courtesy Catherine Izzo : Pasaj II _ Istiklal, page 50.

Et viennent de merveilleuses maisons de bois,

dans certains quartiers _ par exemple, et tout particulièrement, encore,

à Fener, et Balat ;

elles risquent cependant de bientôt disparaître, face à la spéculation immobilière galopante, ici comme ailleurs ;

sur ce sujet,

cf le très beau film du réalisateur italo-turc, Ferzan Oztepec : Hammam (en 1998 : avec Alessandro Gassmann)…

Ici on pourrait regarder la photo Galerie supérieure de Vezir hane _ Beyazit, page 40… _ soit la numéro 10 de la page « Istanbul«  du site Passevue de Catherine Izzo…

Et les intérieurs, orants _ après s’être déchaussés (et nettoyés aux fontaines) _, des mosquées :

par exemple, la photo Prière II, page 88 _ soit la numéro 20 de la page « Istanbul«  du site Passevue de Catherine Izzo…

Et encore, en suivant, la photo Arabesque I, page 90 _ soit la numéro 8 de la page « Istanbul«  du site Passevue de Catherine Izzo…

Et le lacis labyrinthique des ruelles et rues

des multiples quartiers :

© courtesy Catherine Izzo : Cankurtaran I, page 26.

et

aussi la photo Samatya, page 47 _ soit la numéro 14 de la page « Istanbul«  du site Passevue de Catherine Izzo…

Et, bien sûr, Aya Sofya,

toujours magique :

ici, par exemple, la photo Aya Sofya II, page 43 _ soit la numéro 6 de la page « Istanbul«  du site Passevue de Catherine Izzo…

Et ses alentours :

ici on pourrait regarder la photo Tombe II _ Divan Yolu _ Vers Beyazit, page 94 _ soit la numéro 9 de la page « Istanbul«  du site Passevue de Catherine Izzo… ;

ou

la photo Eminönü III, page 60 _ soit la numéro 11 de la page « Istanbul«  du site Passevue de Catherine Izzo…

Aya Sofya, toujours, toujours, si puissante :

© courtesy Catherine Izzo : Aya Sofya I, page 29

Puis, les escapades vers les périphéries tentaculaires,

en constante continuelle expansion :

ici on pourrait regarder la photo « Bonne année » _ Kandili _ Rive asiatique, page 45 _ soit la numéro 4 de la page « Istanbul«  du site Passevue de Catherine Izzo…

Et encore :

© courtesy Catherine Izzo : Vers Tekirdağ II _ Hommage à Fellini _ Grande banlieue d’Istanbul, page 54…

Ou les quartiers d’affaires et de commerces, hyper-animés ;

Istanbul est une de ces mégapoles

dont parle si bien Régine Robin, en son Mégapolis

_ cf mon article du 16 février 2009 : Aimer les villes-monstres (New-York, Los Angeles, Tokyo, Buenos Aires, Londres); ou vers la fin de la flânerie, selon Régine Robin _ ;

dont le sous-titre est les derniers pas du flâneur… :

ici on pourrait regarder la photo « Kanyon » _ Saryer, page 20 _ soit la numéro 21 de la page « Istanbul«  du site Passevue de Catherine Izzo…

Puis l’on revient toujours, ici,

vers les rivages,

tellement enchanteurs :

le flot y clapote…

© courtesy Catherine Izzo : Vers Tekirdağ IV _ Grande banlieue d’Istanbul, page 81 ;

Ou

la photo Kumpkapi I, page 15 _ soit la numéro 2 de la page « Istanbul«  du site Passevue de Catherine Izzo…

Et sans cesse on prend

et reprend

le ferry

d’une rive

(l’une, européenne et, l’autre, asiatique, ainsi que cela se dit…)

à l’autre,

le temps,

à peine,

de déguster à bord un délicieux thé

tout brûlant :

ici on pourrait regarder la photo Bosphore V, page  75 _ soit la numéro 3 de la page « Istanbul«  du site Passevue de Catherine Izzo…


et

la photo Bosphore II, page 23 _ soit la numéro 19 de la page « Istanbul«  du site Passevue de Catherine Izzo…
;


et puis,

d’où partent les trains pour Bagdad :

ici on pourrait regarder la photo Hayderpaşa I _ Rive asiatique, page 14 _ soit la numéro 29 de la page « Istanbul«  du site Passevue de Catherine Izzo…

Et de saluer,

en guise d’au revoir au lecteur,

la vista _ avec la mouette _ de l’ami Bernard Plossu :

ici on pourrait regarder la photo Hommage à Bernard Plossu III, page 111 _ soit la numéro 28 de la page « Istanbul«  du site Passevue de Catherine Izzo…

Avant de repartir (d’Istanbul),

encore par bateau ;

mais avec l’idée (chère au cœur) de revenir

sur ce rivage du Bosphore

et des Eaux douces d’Europe _ l’autre nom de la Corne d’Or…

Ici on pourrait regarder la photo Bosphore IX, page 109 _ soit la numéro 15 de la page « Istanbul«  du site Passevue de Catherine Izzo…

Un livre merveilleux, chaleureux,

en la délicatesse de sa justesse,

que cet Istanbul _ Carnets curieux

de Catherine Izzo…

Titus Curiosus, le 10 octobre 2010

Post-scriptum :

Catherine Izzo cite aussi,

et à plusieurs reprises,

les beaux films de Nuri Bilge Ceylan :

Koza, Kasaba, Uzak, Les Climats, Nuages de mai, Les Trois singes

J’aime aussi beaucoup, beaucoup

les deux photos

_ à végétation plantureuse : ce pourraient presque être des vignes… _

qui se font face aux pages 18 et 19 :

Tombe I _ Jardin de Küçük _ Aya Sofya Camii ;

et 

Yeni Valide Camii, cour intérieure _ Üsküdar, rive asiatique


De l’ami Plossu,

j’ai appris à (re-)connaître aussi l’art de la mise en page…

En conclusion,

et pour donner aussi quelque échantillon de sa belle écriture fine, précise, juste et subtile,

ces deux extraits-ci, aux pages 132 et 133 :

« Istanbul sous la pluie… La ville se rapproche _ de la focale du regard _, se resserre, intime, sensible, feutrée. Une dimension nouvelle se dessine, inconnue et voilée, secrète et délicate. Les paysages se diluent, le ciel et les mers s’embrassent. Istanbul se métamorphose en une palette de gris subtils et raffinés, nuancier infini, d’une grâce exceptionnelle pour qui prend le temps de les contempler _ et de les ressentir et saisir alors.

Gris argenté des dômes des mosquées, gris cendré des coupoles des medrese, gris anthracite et mat de l’asphalte, gris porcelaine des marbres des türbe, gris bleu des fumerolles échappées des frêles cheminées tortueuses, gris brun des fumées des bateaux, gris éteint et lourd des silhouettes des cargos qui remontent lentement le Bosphore, gris vert de la colline d’Eyüp, gris tourterelle des fontaines, gris perle de la tour de Galata, gris rosé de la façade du Patriarcat orthodoxe grec à Fener, gris sombre de Teodos Suru.

La pluie lave les toits de plomb, souligne l’envol des minarets, adoucit le jaune des taxis, assombrit les façades des maisons de bois. Les bateaux ne sont plus que de simples contours fantomatiques, les mosquées de gros animaux fantastiques.

On pourrait imaginer ce tableau triste, voire sinistre.
C’est juste doucement mélancolique
_ voilà.

Les terrasses des çay bahçesi disparaissent, parfois simplement enfouies à la hâte sous des bâches de plastique translucides.
À l’abri des petits auvents ou des larges toits des marchés restent quelques tabourets sur lesquels les plus téméraires sirotent le thé éternel.

Un ruisseau, au milieu de la rue, dégringole vers les Eaux. J’ai toujours eu l’envie _ sans jamais le faire _ d’y déposer un petit bateau de papier et de suivre son chemin brinquebalant vers Marmara.
À l’intérieur des lokanta les vitres s’embrument. Derrière la buée les rues deviennent des no man’s land mystérieux et lointains, paysages propices à toutes les rêveries »…

Et juste neuf lignes, plus loin, page 133 :

« Plus j’y reviens, moins je suis convaincue qu’Istanbul est méditerranéenne.

L’œuvre de Nuri Bilge Ceylan s’impose tout à coup. Derrière des fenêtres brouillées de gouttes d’eau qui tracent des chemins improbables et fantaisistes, la caméra suit le regard des personnages. Leurs yeux se noient dans la ville devenue imperceptiblement _ presque à leur insu _ intime et charnelle » _ voilà encore…

Voilà ce qu’est un regard fin et juste :

d’artiste

pudique

vrai…

J’aurais aimé donner plus (ou mieux) encore le goût de contempler les quatre-vingt onze images d’Istanbul

que le livre _ de Catherine Izzo : Istanbul _ Carnets curieux, aux Éditions le bec en l’air _ propose

_ afin de goûter le plaisir de feuilleter le papier des 244 pages de ce livre _,

mais il m’a fallu restreindre l’enthousiasme de mon choix

_ au départ de vingt-quatre images… _

à cinq d’entre elles… :

j’ai donc choisi celles

que je préférais…

Les dix-neuf autres _ dont je cite le titre et la page dans le livre _ sont cependant accessibles

_ en veuillant bien compter… _

sur le site personnel de Catherine Izzo : Passevue

Qu’on aille y jeter un coup d’œil…

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