Posts Tagged ‘Société de Philosophie de Bordeaux

Philippe Hamou : « Dans la chambre obscure de l’esprit : John Locke et l’invention de l’esprit », à la Station Ausone le 4 décembre 2018

16déc

Voici le podcast (de 56′)

de la très claire _ et remarquablement éclairante ! _ conférence de Philippe Hamou

pour notre Société de Philosophie de Bordeaux,

à la Station Ausone le mardi 4 décembre dernier,

à partir de son travail sur John Locke,

Dans la chambre obscure de l’esprit : John Locke et l’invention du Mind :

Ce dimanche 16 décembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

A Arcachon : écouter Severin von Eckardstein interpréter « La Maison dans les dunes » de Gabriel Dupont (1907-1909)

09nov

Le compositeur Gabriel Dupont (Caen, 1-3-1878 – Le Vésinet, 1-8-1914),

souffrant de tuberculose chronique,

aima fréquenter l’air marin salubre

des pinèdes d’Arcachon

pour améliorer sa santé.

Après son œuvre pour piano Les Heures dolentes (1903-1905),

il composa un second cycle de pièces,

qu’il baptisa La Maison dans les dunes.


Après Marie-Catherine Girod

qui donne une très belle version de cette œuvre en 1997,

et ré-éditée cette année

_ le CD Mirare MIR 418 _,

le jeune pianiste Severin von Eckardstein

nous en propose à son tour

une très éloquente interprétation

_ le CD Artalinna ATL-A020.

Pour le plaisir,

j’énumère les titres des 10 pièces de ce recueil

où se ressent le doux plaisir

de la survenue,

parmi les pins,

de la brise

et des embruns

océaniques :

Dans les dunes, par un clair matin ;

Voiles sur l’eau ;

La maison du souvenir ;

Mon frère le vent et ma sœur la pluie ;

Mélancolie du bonheur ;

Le soleil se joue dans les vagues ;

Le soir dans les pins ;

Le bruissement de la mer, la nuit ;

Clair d’étoiles ;

Houles.

Et alors que Marie Catherine Girod

appariait cette Maison dans les dunes de Dupont

au Chant de la mer (de 1919) de Gustave Samazeuilh

_ un compositeur bordelais (1877 – 1967) que je me souviens d’avoir cotoyé aux conférences de notre Société de Philosophie de Bordeaux, vers 1966

(et j’en suis un des deux actuels vice-présidents) _,

Severin von Eckardstein, choisit, lui, de l’apparier

aux Images, livres I (1904-05) et II (1907),

de Claude Debussy (1862-1918)…

Une œuvre de très grande sensibilité,

superbement interprétée...

Ce vendredi 9 novembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

Jean-Christophe Bailly à Bordeaux avant-hier samedi pour le Printemps des poètes

05mar

Avant-hier, samedi 3 mars 2018, et à l’occasion de l’annuel Printemps des poètes,

Jean-Christophe Bailly

était présent à Bordeaux, à la Halle des Chartrons,

pour lire une superbe communication _ qu’il aurait dû donner à Bonn, sur les bords du Rhin, et qu’il ne put y donner pour un accident de santé _, intitulée Le Recommencement du poème.

Ce qui m’a permis de l’écouter, d’abord ; et de le rencontrer, ensuite :

tous deux sommes de grands amis de Bernard Plossu ; et je suis un de ses très fidèles lecteurs…

Je me permets de donner ici les deux courriels que je lui ai adressés ensuite,

le premier à 9h 45 hier :

Cher ami,

 
au sein des manifestations du Printemps des poètes à Bordeaux,
je participerai ce lundi soir à 19 heures à la librairie Olympique, aux Chartrons,
à la présentation _ avec lectures des textes par leurs auteurs _ du livre de mon ami photographe Alain Béguerie Mythes d’alios (aux Éditions Marges en pages),
en y lisant mon petit poème Chiron éducateur d’Achille enfant .
Alain Béguerie, photographe, a ramassé divers morceaux d’alios sur certains rivages de l’océan, au nord du Médoc,
les a réunis, et en a photographié le résultat ;
puis il a demandé à une cinquantaine des ses amis de choisir une photo
et de bien vouloir écrire un poème (ou autre texte, à discrétion) lié à la mythologie, inspiré par cette image…
Voici donc le poème inspiré par elle (et la mythologie),
signé Francis Lippa.
Chiron éducateur
d’Achille enfant 
Les sabots dans la glaise, et la tête dans les étoiles,
ainsi courent les vastes plaines herbeuses
les centaures-archers sagittaires.
Ici, le vieux Chiron, éducateur d’Achille enfant,
le buste encore droit bien cambré vers le ciel,
incline avec douceur un bienveillant visage
prodiguant à l’élève, regard aidant,
quelque sage conseil.
Un éclat de soleil lustre sa face patiné par les ans
….
Francis Lippa
P. s. : j’ai retrouvé tout ce qui concerne Thomas Jones
_ peintre paysagiste gallois (1742 – 1803), qui sera présent dans le prochain livre de Jean-Christophe Bailly : Walles x 4, à paraître à la rentrée de septembre aux Éditions du Seuil _
dans ma bibliothèque,
avec, entre autres, son passionnant Journal de voyage à Rome et Naples, 1776-1783 (aux Editions Gérard Montfort).
Mais aussi et surtout plusieurs beaux livres _ avec reproductions de paysages _ en partie à Jones consacrés,
sur la naissance de la peinture de paysage à la fin du XVIIIe siècle, en particulier en Italie _ Jean-Christophe Bailly a longtemps enseigné à l’École nationale supérieure de la nature et du paysage de Blois…
Voici aussi un article (du 22 mai 2009) de mon blog Mollat En cherchant bien 
où _ et en y redonnant des courriels à l’ami Plossu ! _
je citais, à propos de ce que j’appelle « le regard étranger sur Rome », le nom du gallois Thomas Jones (« un génie ! à découvrir !!! », disais-je…) ;
ainsi qu’un article du Monde, sous la double signature de Philippe Dagen et Michel Guerrin, associant les noms de Valenciennes (1750-1819), Jones (1742-1803) et Corot (1796-1875)…
Voici aussi l’article qui, le 23 de ce mois de mai 2009, suivait immédiatement celui-ci :
Et aussi ceci (article + podcast de mon entretien avec François Jullien, en avril 2014),
à propos de son Vivre de paysage :
 
Et ceci encore (en octobre 2012), à propos de l’émergence _ toujours en Italie _ du tourisme :
suite à mon séjour (et arpentages dans les calli) à Venise en février 2011, lors du colloque Lucien Durosoir au Palazzetto Bru-Zane, où j’avais donné, le 19 février, deux contributions :
_ cet article de mon blog, en date du 31 octobre 2012, se référait aussi au passionnant livre de Sylvain Venayre, Panorama du voyage (1780-1920)

et le second courriel , toujours hier, à 10h 30 : 

Cher Jean-Christophe Bailly,


d’abord et à nouveau bravo pour votre superbe conférence d’hier, Le Recommencement du Poème :
la Garonne à Bordeaux,
le Rhin à Bonn (ou un peu plus en amont)
et les chutes de Paterson, New Jersey
se trouvent ainsi magnifiquement réuni(e)s par la double (ou triple) médiation
de vous-même et de William Carlos Williams (+ Jim Jarmusch, aussi), d’une part et d’abord,
et de Hölderlin, d’autre part et ensuite…
 
Oui, tout poème
à la fois
commence (ou plutôt recommence, en tant que résultat _ cf les : (d’ouverture de son Paterson) de William Carlos William _,
déjà, d’une autre expérience, antérieure : poétique elle-même ?.. ;
et à partir de quelles conditions le devient-elle, poétique ?..)
et inaugure comme jamais :
en même temps ;
ou plutôt en rassemblant _ voilà ! _ hic et nunc, en un terrible geste d’urgence _ d’écriture, de l’écrire _,
divers morceaux de temps
(ainsi que de lieux _ cf ici le concept de télétransportation de René de Ceccatty en son merveilleux Enfance, dernier chapitre
+ mon (très détaillé, et long !) article sur ce chef d’œuvre :
ainsi que mes remarques sur ce mot (décisif) et cette chose (décisive) de télétransportation ) :
dans le registre d’une éternité issue _ avec gratitude au moins due, sinon effectivement rendue…de ces divers temps,
par ce geste (d’écriture du poème) réunis…
Sur ces liens _ charnels _ entre temps et éternité, relire, bien sûr, Spinoza.
(…)
….

Il y a longtemps que je vous lis, cher Jean-Christophe,
et vous suis, comme lecteur très assidu _ au moins quinze de vos livres sont à portée de directe de ma main en ma bibliothèque _,
avant même de savoir votre amitié avec Bernard Plossu,
dont j’ai fait la connaissance, en personne, chez Mollat, le vendredi 22 décembre 2006 seulement, dirais-je ;
mais je connaissais déjà ses photos _ notamment L’Europe du Sud contemporaine.
Sur cette étonnante rencontre (de 45’) avec Bernard _ il s’est mis à me tutoyer au bout d’un quart d’heure, à propos de littérature et d’écrivains italiens (dont Elisabetta Rasy, que j’avais tout récemment rencontrée à Rome ; et Rosetta Loy…) _,
j’ai écrit un petit Pour célébrer la rencontre, paru un moment sur le site de Bernard Stiegler en 2007 :
Ce texte était, à l’origine, une préface pour une publication de 3 mois d’échanges frénétiques de courriels entre Bernard Plossu et moi-même,
mais le projet éditorial a avorté ; demeure mon texte sur le rencontrer…
Mais je veux vous dire surtout que je me sens vraiment très proche de votre forme de curiosité
à la fois si ouverte et si exigeante en sa précision d’enquête dans le détail le plus infime du réel,
et la variété des objets de cette curiosité, à la condition que ceux-ci méritent, bien sûr, votre intense attention !
Outre, bien sûr, cette alliance en vous des approches poétiques et philosophiques.
Ce n’est pas sans raison que je signe les articles de mon blog Titus Curiosus…
 
Si vous disposez d’un peu de temps parmi vos diverses activités,
voici aussi des liens _ via podcasts et vidéos + les articles de mon blog Mollat En cherchant bien : http://blogamis.mollat.com/encherchantbien/ _
à diverses rencontres de vrais amis : René de Ceccatty, Marie-José Mondzain, Bernard Plossu
qui m’ont passionné ces derniers mois :
_ d’abord,
ce long et dense article sur Enfance, dernier chapitre de René de Ceccatty :
avec, pour le compléter, ce lien au podcast (de 82’) de mon entretien avec René chez Mollat
autour de ce chef d’œuvre qu’est en effet Enfance, dernier chapitre, ainsi que sur sa traduction de La Divine Comédie de Dante :
Sur l’œuvre de René de Ceccatty,
cf aussi ce lien à mon article du 24 mai 2016 sur son magnifique, encore, Objet d’amour :
_ ensuite,
un lien à la vidéo de mon entretien (de 65’) avec Marie-José Mondzain, au Théâtre-du-Port-de-la-Lune le 7 novembre dernier,
à propos du mot de Paul Klee, repris par Deleuze : « Vous savez, le peuple manque », ainsi que de son livre  Confiscation _ des mots, des images et du temps (Pour une autre radicalité) :
Sur Marie-José Mondzain,
cf aussi ces articles :
et
Puis celui-ci du 26 octobre 2011, à propos du livre précédent de Marie-José Mondzain, Images (à suivre) _ de la poursuite au cinéma et ailleurs :
ainsi que cet autre, le 20 mai 2012 :
_ enfin,
cet article à propos de Bernard Plossu et de son exposition A boire et à manger à la galerie Arrêt sur l’Image, cours du Médoc, de Nathalie Lamire-Fabre :
avec ce lien à une courte séquence filmée (de 2’) par FR3 :
Sur Plossu,
cf aussi ces 2 autres articles _ avec photos _ de mon blog, en 2010 et 2014 :
à propos de Plossu-Cinéma
Et voici encore
ceci, rédigé en 2007, en forme de proclamation : Pour célébrer la rencontre
Si jamais, bien sûr, vous disposez de temps pour ces formes de promenades de conversations _ voilà _ avec des amis… 
Bien à vous, cher ami, dont je me sens très proche par la curiosité _ tous azimuts, ou presque _ et la pensée _ tant poétique et philosophique _,

Francis Lippa
P. s. : comme je vous l’ai dit très vite,
je suis aussi vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux
_ le 4 mai prochain, chez Mollat, je recevrai ainsi Frédéric Gros pour son Dés-obéir (et pour son édition des Aveux de la chair de Michel Foucault).
Je me suis entretenu avec lui l’an dernier pour son roman Possédées ;
_ cf le podcast de cet entretien :
Et en dehors de la Société de Philosophie,
je m’entretiendrai aussi avec Hélène Cixous _ qui n’est jusqu’ici jamais venue chez Mollat présenter aucun de ses livres _ le 17 mai prochain,
Voici aussi un lien vers l’ensemble des podcasts de mes entretiens depuis que ceux-ci sont enregistrés et mis en ligne :
Ces entretiens me sont très chers ;
ils sont la partie émergée de mon œuvre, le reste étant non publié…
 
Certains de ces entretiens _ outre ceux avec Bernard Plossu, Marie-José Mondzain et René de Ceccatty, cités ici plus haut _ sont tout simplement merveilleux !
Par exemple, celui (le 20 mai 2011) avec Jean Clair, à propos de son Dialogue avec les morts :
ou celui (le 9 mars 2017) avec Michel Deguy, à propos de son La Vie subite :
Et encore celui (le 18 septembre 2013) avec Denis Kambouchner, à propos de son L’Ecole, question philosophique :

Ce lundi 5 mars 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

La cohérence du blog : Jocelyn Benoist, Martine de Gaudemar et le statut de réalité des personnages de fiction (ou pas)

04fév

Ecoutant jeudi dernier 1er février, au Studio Ausone, Jocelyn Benoist

présenter en une superbe passionnante conférence de nouvelles réflexions-analyses à partir de son plus récent ouvrage, L’Adresse du réel

(qui vient de paraître aux Éditions Vrin, et dans l’horizon _ et critique ! _ des thèses de son collègue Markus Gabriel : cf de celui-ci Pourquoi le monde n’existe pas !),

_ de ce L’Adresse du réel, voici le texte de la Quatr!ème de couverture : « Le début du XXIe siècle a été marqué par le retour du réalisme en philosophie. Sous ce nom, on trouve cependant des doctrines et attitudes variées. Ce livre en propose une évaluation critique et développe une interrogation sur la signification de cette exigence réaliste. Il défend l’idée que, s’il faut maintenir la fonction critique, donc de départage, de la notion de « réalité », son sens n’implique pas qu’on doive ou puisse lui attribuer une adresse fixe, mais au contraire l’exclut. Il faut faire droit au caractère intrinsèquement contextuel du réel. Il faut également lui reconnaître une irréductible pluralité de dimensions, qui fait des expériences esthétique – requalifiée comme poétique – ou morale aussi bien qu’épistémique autant d’épreuves essentielles du réel.«  _,

me vient assez vite à l’esprit le beau livre que Martine de Gaudemar_ que nous avions reçue, toujours pour notre Société de Philosophie de Bordeaux, dans les salons Albert-Mollat le 11 décembre 2012 _, avait consacré à La Voix des personnages (le livre était paru aux Éditions du Cerf le 11 mai 2011).

Me souvenant très clairement que j’avais consacré un article _ voici un lien à celui-ci : Le chantier de liberté par l’écoute du sensible, de Martine de Gaudemar en son justissime « La Voix des personnages » _ à cet ouvrage qui m’avait captivé,

je recherche cet article mien dans l’archivage bien commode de mon blog En cherchant bien _ sur le site de la librairie Mollat _,

et le trouve instantanément, à la date du 25 septembre 2011.

Mais surtout je découvre que l’ouverture de cet article mentionne, et à un double titre, le nom de Jocelyn Benoist ! :

« Sur le conseil de l’amie Fabienne Brugère,

je viens de lire _ avec enthousiasme ! _ les 451 pages de l’excellent (dynamisant !) La Voix des personnages de Martine de Gaudemar, paru en mai dernier _ 2011 _ aux Éditions du Cerf,

dans la collection dirigée par Jocelyn Benoist ;

lequel _ d’autre part _ viendra ouvrir la saison 2011-2012 de notre Société de Philosophie de Bordeaux (ce sera le mardi 11 octobre _ 2011 _, à 18 h 00, dans les salons Albert-Mollat, rue Vital-Carles), sur le sujet « Voir, vu, visible«  ;

de Jocelyn Benoist, les derniers travaux parus _ du moins à cette date (de l’article) du 25 septembre 2011 _, aux Éditions du Cerf,

sont,

outre le tout dernier Éléments de philosophie réaliste, paru, lui, le 1-6-2011 aux Éditions Vrin,

Concepts _ Introduction à l’analyse (paru le 28-7-2010), et Sens et sensibilité _ L’Intentionalité en contexte (paru le 12-9-2009)« …

Et en cherchant un peu encore parmi les archives des articles de mon blog En cherchant bien,

je découvre encore,

au sein cette fois de mon article Créer versus s’adapter : l’urgence du comment contrer la logique mortifère du totalitarisme des normes d’existence, selon Roland Gori dans son si juste « La Fabrique des imposteurs » du 25 janvier 2013,

cette incise-ci (à propos des _ décisifs et complexes _ processus de subjectivation des individus humains) :

« Quand je parle _ et c’est ici Roland Gori qui s’exprime _ dans les chapitres précédents de « fabrique des subjectivités », je me réfère essentiellement aux travaux de Foucault qui considère le sujet et l’individu comme un produit des techniques de subjectivation

_ cf aussi (et là c’est moi qui commente), sur les processus de « subjectivation« , le travail passionnant de Martine de Gaudemar, dans son très riche La Voix des personnages cf aussi le podcast de la présentation par elle de ce livre à la librairie Mollat, le 11 décembre dernier (c’est-à-dire le 11-12-2012)ainsi que mon article du 25 septembre 2011 : Le chantier de liberté par l’écoute du sensible, de Martine de Gaudemar en son justissime « La Voix des personnages »… ; mais Martine de Gaudemar envisage elle aussi, comme Roland Gori (et comme Donald Winnicott), le processus de subjectivation (de la personne infiniment en gestation), comme un « jeu » qui doit résolument être ouvert à l’accomplissement en partie aléatoire des personnes ; comme un« jeu » « artiste« … ; à contre-pied d’une quelconque « bovarysation« , dans les rapports du sujet aux « personnages«  (les fictifs comme les réels, mais ces derniers eux aussi toujours en partie fantasmés…) que celui-ci, le sujet, est amené à plus ou moins volontairement, mais d’abord pulsionnellement, forcément, fréquenter… _,

autrement dit des modes de civilisation et de pouvoir qui le font apparaître _ lui, le sujet et l’individu _ autant qu’ils le soumettent« …

Et j’apprends par là-même aussi la date de la réception chez Mollat, et pour notre Société de Philosophie de Bordeaux, de Martine de Gaudemar pour ce beau livre : ce fut le 11 décembre 2012…

Bref, tout cela paraît très cohérent ! Le blog conservant les traces de ce qui fut un jour noté…

Et, au-delà de la question du statut de réalité des personnages clairement de fiction,

le sujet humain comporte, en puissance au moins, une essentielle ouverture-plasticité existentielle empruntant à l’ordre du fantasmatique et du fictionnel…

Ce dimanche, 4 février 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

Pour saluer Charles Ramond et le rayonnement de son action pour la philosophie

25juin

Pour saluer Charles Ramond _ quittant Bordeaux-3 pour Paris-8 _,

et le rayonnement chaleureux de son action _ spinozienne ! _ en faveur de la philosophie à Bordeaux,

et témoigner de la très amicale et chaleureuse fête organisée hier soir à l’UFR de philosophie de Bordeaux-3-Michel de Montaigne,

ce petit message à Céline Spector _ de retour de son semestre passé à Chicago ; et présidente actuelle de notre « Société« … _,

pour « marquer » à ma façon, et à mon tour, la fête et les services rendus, avec élégance, panache et une générosité efficientes, communicatives, par Charles, du temps de sa présidence (et impulsions magnifiques), à la tête de notre « Société de philosophie de Bordeaux« , et aussi ensuite _ Charles a promis de revenir nous rendre visite de temps en temps à Bordeaux !

De :   Titus Curiosus

Objet : A Stanford, en 1983, Philippe Muray
Date : 25 juin 2010 06:16:21 HAEC
À :   Céline Spector

Cc :   Charles Ramond, Barbara Stiegler, Valery Laurand, Emmanuel Bermond, Layla Raid, Jean-Philippe Narboux, Cédric Brun, Brigitte Geonget, Denis Roux

Voici le témoignage de Philippe Muray dont je t’ai parlé hier soir,
paru dans le cahier Livres de Libération du jeudi :
les remarques sur le calvinisme US sont réjouissantes !


La petite fête a été très réussie (amicale, chaleureuse !) ;
et je suis particulièrement reconnaissant à Charles
de tout ce qu’il a fait pour le rayonnement de la Société de philosophie ;
et qu’a fort bien illustré son discours sur la _
derridéenne (La carte postale : de Socrate à Freud et au-delà : aux Éditions Flammarion, en 2004 _ carte postale (et la bouteille à la mer).

Cf mon plus récent article
qui a dans son titre cette métaphore de « la bouteille à la mer » :

Retour de bouteille à la mer : (passionnante !) réponse de Christophe Pradeau à ma lecture de sa “Grande Sauvagerie”
et qui fait suite à celui-ci
(qui commente la réponse de l’auteur (du livre commenté : le superbe La Grande Sauvagerie de Christophe Pradeau) à mon précédent article (sur ce roman)) :
Cultiver (en son regard !) la lumière de la luciole et subvertir la carole magique : l’enchantement de l’écrire de Christophe Pradeau

Merci aussi à toi
et à Barbara !
_ présidente par interim de notre « Société » durant le semestre américain de Céline, à Chicago…

La philosophie a besoin de « passeurs » enthousiastes
(et un peu moins de carriéristes égocentrés…)…

A mercredi 7 juillet !

Titus


24/06/2010 à 00h00

«C’est fini, réglé, raté»

Extrait d’une lettre inédite, écrite en Californie

En 1983, Philippe Muray enseigne la littérature un semestre à l’université de Stanford, en Californie. Il y infusera les textes qui lui permettront d’écrire le Dix-neuvième Siècle à travers les âges. Muray n’est pas heureux à Stanford : il découvre l’empire non-fumeur du bien et du politiquement correct à l’état naissant, et l’explique à sa femme dans une lettre, inédite, dont voici un extrait _ confondant de lucidité décapante ! Lire tout Philippe Muray !..

«Palo Alto, 29 janvier 1983. Céline était encore bien optimiste quand il disait qu’il suffisait de rester longtemps quelque part pour que les choses et les gens se mettent à pourrir autour de vous. Moi, quand j’y arrive, tout de suite ça y est ! _ cela, c’est quant à lui… ; à usage interne… C’est fini, réglé, raté. […] Depuis une semaine, les tempêtes succèdent aux tempêtes. Ce pays est si stupide, si ridicule, si profondément sous-développé _ voilà où il veut en venir : il regarde ! _, que la moindre avalanche d’eau se transforme en catastrophe. Les Américains sont des Belges qui n’arrêtent pas de croire qu’ils se soignent _ cela devient très vite assez génial ! _ […] Je n’ai jamais rien vu de plus raté, de plus prostré, que ces suites _ voilà !!! _ d’un lointain débarquement de protestants sur des terres inhospitalières _ comme c’est magnifiquement perçu ! _ […]. N’importe quelle province française _ Bordeaux, par exemple, la Gironde (Cérons)  ; ou la Drôme, les Baronnies, où vient de poser son bagage Barbara ; ou la Provence (La Ciotat), ou le Dauphiné (le Vercors) dont a parlé Brigitte Geonget… _ a des allures de casino chic _ c’est merveilleux de vista ! _, parce que même dans sa plus profonde ignominie _ car cela peut lui arriver… _, elle ne peut pas être tout à fait mauvaise, n’étant pas calviniste _ prosélyte : voilà ! C’est une forme de ce fanatisme dont s’irrite ici, à Stanford, donc (Californie), l’épiderme lucidissime de Philippe Muray… Le calvinisme est un lapsus qui a échappé à l’Allemagne _ via Luther, bien sûr ! : Jean Calvin, l’implacable contempteur d’hérésies genevois, étant natif de Noyon, en Picardie, lui… _ et qui a été entendu jusqu’ici _ c’est grandiose  de perspicacité !.. Enfin, il y a _ pour le consoler, lui, en cet exil en terres dépolluées… _ de grandes promesses _ apocalyptiques ! _ sismiques, comme tu sais, d’engloutissement. Espoir tellurique de justice divine ! _ çà, c’est l’humour de Muray… La faille du Pacifique ! _ ou de San Andreas… Ah ils vont apprendre _ parce que leurs tout petits ego l’ignorent encore : pas assez décentrés ; pas assez généreux ; pas assez aimants et vraiment charitables (à l’altérité de leurs prochains !..)… _ ce que c’est que la faille, tous ces Californiens Réformés et régulièrement inondés ! Ils vont savoir ce que c’est qu’un sujet collectivement schizé sur mille kilomètres, les jungiens d’ici qui croient à l’inconscient collectif !

«Il y a partout ici de charmantes collines où ils ont leurs maisons _ leurs propriétés, avec barrières parfaitement peintes de blanc _, sur des pentes. Eh bien, en ce moment, avec les pluies en torrents, les pentes glissent et leurs villas de sportifs milliardaires (ce n’est pas qu’ils soient milliardaires qui m’est insupportable, c’est qu’ils soient sportifs _ ah ! le souci de la perfection de la santé : ils méconnaissent donc l’un peu plus complexe « grande santé » nietzschéenne !..) _ glissent avec les pentes dans la boue. […] Pour être juste, je crois que Stanford c’était ce qu’il y avait de pire pour moi _ c’est une affaire de compatibilité d’humeurs : comme toujours… Le léché allemand belge néerlandais _ quelle vista, toujours… _, où il faut trois kilomètres pour se débarrasser d’un détritus _ trop polluant = dégoûtant ! ah ! la prophylaxie ! l’hygiénisme !.. Où ils vous sourient tous, tout le temps _ voilà l’american modern way de la bigoterie… Où ils courent partout, tout le temps _ pour la santé de leur si cher petit corps… Berkeley, qui n’est qu’à 80 kilomètres à peu près, c’est tout à fait autre chose. D’abord à l’intérieur d’une ville. Et puis crasseux dans le genre Censier en 68 en beaucoup plus grand. Avec un côté révolte étudiante définitivement compromise, mais traînant encore par impossibilité de trouver une idée de rechange _ quel régal… Ça nous rapproche de l’Europe, du socialisme à visage crasseux, routinier, passé en habitude _ quel humour sur nous, aussi : bien sûr !.. Alors que Stanford, c’est le socialisme à visage suisse, capitaliste _ voilà ! Celui qui a tant prospéré depuis 1983… Deux prostrations différentes pour la même cause (le vouloir-se-soigner _ voilà ! la (toute) « petite santé » de Nietzsche : celle du « dernier homme » (« qui vivra le plus longtemps« ) du sublime Prologue d’Ainsi parlait Zarathoustra : plus que jamais une urgence !.. _, c’est-à-dire le vouloir-être-Belge, c’est-à-dire le vouloir-être-socialiste), c’est beaucoup pour une seule mort, une seule cause de pulsion de mort…» _ comme c’est superbement regardé !

Voilà !

Merci à Charles Ramond.

Merci à Céline Spector, à Barbara Stiegler, et à tous les chers confrères de notre vivante « Société de philosophie de Bordeaux« …

Merci à la philosophie, radicale et éclairante !


Titus Curiosus, ce 25 juin 2010

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