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Le brillant et sensible album « Mirrors » de Jeanine De Bique, chroniqué sur le site Discophilia

22déc

L’album « Mirrors » de Jeanine De Bique

_ cf mon article du dimanche 5 décembre dernier : _

est chroniqué ce mercredi 22 décembre, sous le titre « Début Recital« , par Jean-Charles Hoffelé, sur son site Discophilia.

DÉBUT RECITAL

Une nouvelle Diva Haendel ? Si Jeanine De Bique n’en était pas déjà à l’Agathe du Freischütz, je dirais oui, mais la nacre de la voix, le legato instrumental, et simplement la couleur un peu sombre disent que son royaume est Mozart, jusque dans l’autorité des mots, l’art de dire les textes. Ce voyage chez Haendel est donc comme à rebours de l’évolution naturelle d’une soprano que la fréquentation de l’opéra baroque _ voilà _ aura préservée et embellie, le diapason plus bas ne l’exposant pas.

D’ailleurs, Cleopatra, Rodelinda, Alcina auront attiré dans leurs charmes nostalgiques des mozartiennes, et de son soprano ambré, faussement fragile, Jeanine De Bique n’oublie de faire transparaître, derrière la splendeur liquide de l’instrument, leurs âmes d’abord _ et c’est bien l’essentiel. Ecoutez simplement le Se pieta di me non senti de la Reine d’Egypte. Impossible de ne pas fondre.

Apport majeur de ce récital composé à quatre mains avec Luca Quintavalle, les pages tirées d’opéras des « rivaux » de Haendel, Vinci, Manna, Telemann, Graun évidemment (sa géniale Rodelinda), le plus beau étant gardé pour la fin. Ecoutez le lamento de Morganatiré de L’isola d’Alcina de Riccardo Broschi.

LE DISQUE DU JOUR

Mirrors

Carl Heinrich Graun
(1704-1759)


Cesare e Cleopatra, GraunWV B:I:7 (extrait, Acte 1 : « Tra le procelle assorto »)
Rodelinda regina de’ Longobardi, GraunWV B:I:6 (extrait, Acte 1 : « L’empio rigor del fato »)


Georg Friedrich Haendel(1685-1759)


Giulio Cesare, HWV 17 (extrait, Acte 2 : « Che sento? Oh Dio! … Se pieta di me »)
Agrippina, HWV 6 (extrait, Acte 1 : « L’alma mia fra le tempeste »)
Partenope, HWV 27 (extrait : Ouverture)
Rodelinda, HWV 19 (extrait, Acte 2 : « Ritorna, oh caro e dolce mio tesoro »)
Deidamia, HWV 42 (extrait, Acte 3 : « M’hai resa infelice »)
Alcina, HWV 34 (extrait, Acte 3 : « Mi restano le lagrime »)


Georg Philipp Telemann (1681-1767)


Germanicus (extrait, Acte 1 : « Rimembranza crudel »)


Gennaro Manna (1715-1779)


Achille in Sciro (extrait, Acte 3 : « Chi può dir che rea son io »)


Leonardo Vinci (1690-1730)


Partenope (extrait : Ouverture)


Riccardo Broschi (1698-1756)


L’isola d’Alcina (extrait, Acte 3 : « Mi restano le lagrime »)

Jeanine De Bique, soprano
Concerto Köln
Luca Quintavalle, direction

Un album du label Berlin Classics 0302017BC

Photo à la une : la soprano Jeanine De Bique – Photo : © DR

 

Ce mercredi 22 décembre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

L’émergence d’un significatif office de concepteur de programme thématique de récital d’airs d’opéras baroques : le travail de Yannis François

05déc

Dans mes articles du 17 octobre dernier,  ;

ainsi que du 28 octobre suivant, ,

je relevais, à la fois,

et le caractère « varié, innovant et original » du programme thématique (autour des Amazones de la mythologie) de ce CD « Amazone«  _ un CD Erato, enregistré à Rouen, du 24 au 30 septembre 2020, et Nice, le 14 février 2021 ; Alain Lanceron en étant l’ « Executive Producer«  _ de la brillante mezzo-soprano Léa Désandré ;

mais aussi le fait même que ce programme thématique était le fait d’un « créateur de programme » _ ou « principal musical consultant & Music researcher«  : les deux expressions sont présentes dans le livret de ce CD… _,

puisque c’est sous ce titre-là que, à la page 9 du livret de ce CD, Yannis François justifiait en personne, en sa présentation, le choix des pièces de ce programme, narrant en cette page 9  le détail même du « processus de création du programme » de ce CD par lui-même

_ au passage, je relevais aussi, en mon article, une fâcheuse étrange erreur d’attribution de compositeur pour un extrait (de 2′ 40 ) de la « Mascarade des Amazones« , à la plage 9 du CD, avec la confusion de deux Danican Philidor, le père et le fils :

cette « Mascarade des Amazones« , représentée à Marly, en 1700, n’étant pas, en effet, l’œuvre du père, André Danican Philidor, dit Philidor l’aîné (1652 – 1730), mais bien plutôt de son fils Anne Danican Philidor (1681 – 1728)…

Un détail qui semble avoir échappé au concepteur signataire du programme de ce CD Erato.

Dans mon article du 10 novembre dernier, ,

un article consacré au superbe CD des Grands Motets de Pierre Robert, dirigé par Olivier Schneebeli,

je notais, mais très vite, seulement au passage, et sans m’y attarder, puisque comptant y revenir ultérieurement _ je cite : « Le 30 octobre dernier, alors même que je me procurais le merveilleux CD « Händel-Scarlatti » du toujours admirable Pierre Hantaï et le plus décevant CD « Anima Æterna » du contre-ténor Jakub-Józef Orlinsky«  _ma relative déception _ comparée à ma satisfaction de ses deux précédents CDs de récitals d’airs d’opéras et oratorios baroques _ à l’écoute du CD « Anima Æterna«  _ un CD Erato _ du contre-ténor Jakub Jozef Orlinski :

une impression de recyclage de pièces écartées de précédents enregistrements…

Or il se trouve que j’avais bien relevé, aux pages 10 et 11 du livret de ce CD « Anima Æterna« , enregistré en septembre 2020, que le signataire de cette double page, qui intervenait ici, et, à nouveau, comme le concepteur de ce programme (l’expression, à la page 15 du livret de ce CD est, en effet, à nouveau « Principal Music consultant & Musical Researcher« ), n’était autre que ce même Yannis François ;

lequel avait ouvert son texte de présentation, à la page 10 du livret, par cette on ne peut plus claire affirmation :

« Anima Æterna est ma troisième collaboration avec Jakub, après Anima Sacra et Facce d’amore« . À l’aune de toutes les pièces découvertes pour Anima Sacra, mais non retenues dans la conception finale de l’album, il était tout de suite évident pour moi que nous devions faire un autre programme de ce type« .

Pour conclure, à la page 11 de ce livret :

« Avec Anima Æterna, nous avons voulu créer un voyage différent du premier volume sacré, Anima Æterna, tout en conservant ce même parfum de spiritualité« . 

Pour le CD « Anima sacra« , enregistré donc en novembre 2018, Yannis François, « Principal music consultant, musical research and critical editions » _ selon la mention de la page 22 du livret, caractérisant ainsi ses fonctions dans la réalisation de ce premier CD pour (et avec) Jakub Jozef Orlinski _, indiquait aussi, en tête, page 6, des 4 pages de sa présentation détaillée du programme de ce marquant CD « Anima sacra » de 2018, ceci :

« Quand Jakub Jozef Orlinski m’a contacté pour l’aider à bâtir (sic) le programme de son premier album solo (…), il fallait quelque chose de singulier. (…) Nous allions creuser en terre inconnue » :

soit le répertoire très largement ignoré du milieu musical d’aujourd’hui des compositeurs d’opéras (ou oratorios) contemporains de Händel,

 

tels, par exemple, et au fil des programmes de ces 3 CDs,

Nicola Fago (1677 – 1745), Domenic Terradellas (1711 – 1751), Domenico Sarro (1679 – 1744), Francesco Feo (1691 – 1761), Gaetano-Maria Stassi (1684 – 1755), Giovanni-Antonio Boretti (c. 1638 – 1672), Giuseppe-Maria Orlandini (1676 – 1760), Luca-Antonio Prederi (1688 – 1767), Francesco-Bartolomeo Conti (1681/82 – 1732), Francisco-Antonio de Almeida (1702 – 1755), Bartolomeo Nucci (fl. 1717 – 1749), Gennaro Manna (1715 – 1779) :

soit une magnifique brochette de compositeurs bien peu fréquentés aujourd’hui par les chanteurs, directeurs d’orchestre, producteurs de spectacles d’opéras, ou producteurs de CDs ;

des compositeurs largement méconnus qui ont pourtant à leur actif de bien belles partitions d’opéras baroques (et beaux airs !) parfaitement disponibles pour les chanteurs d’aujourd’hui de ce merveilleux répertoire…

Et pour le CD suivant « Facce d’amore« , enregistré en mars 2019, pour sa seconde collaboration à un CD solo de Jakub Jozef Orlinski, Yannis François est à nouveau qualifié, à la notice de la page 8 du livret du CD, de « Principal music consultant & Musical researcher« … 

Or voici qu’aujourd’hui, ce 5 décembre 2021,

en un article que ResMusica, sous la plume de  Catherine Scholler, et sous le titre « Miroir, dis-moi que je suis la plus belle » _ un titre qui reprend, d’ailleurs, le titre « Miroir, mon beau miroir, dis-moi quelle est la plus belle [des musiques] ? » d’un article antérieur d’Yvan Beuvard, paru le 18 novembre 2021 sur le site de ForumOpera.com… ;

et celui-ci ouvrait très significativement son article par ces fort explicites phrases :

« Pour le premier récital qu’elle _ Jeanine De Bique _ enregistre, quelle riche idée a-t-elle eue de penser semblable programme, avec Yannis François !

Cleopatra, Agrippina, Rodelinda, Deidamia, et bien sûr Alcina, ont inspiré la plupart des contemporains de Haendel, illustrant parfois les mêmes livrets.

Aussi, mettre en miroir certains airs composés par Haendel avec les réalisations de Graun (Cleopatra et Rodelinda), de Telemann (Agrippina), de Manna (Deidamia) et de Broschi (Alcina) est-il aussi instructif que passionnant.

La réalisation couvre plus de trente ans de la production du Saxon (de 1709 à 1741) et se double de la découverte de trois airs jamais enregistrés auparavant. « . Voilà… Et fin ici de cette incise _,

consacre au CD « Mirrors« 

_ CD qui est aussi « Diapason d’or«  du magazine Diapason de ce mois de décembre 2021 (avec un lien à la plage du CD consacrée à l’air « Tra le procelle assorto« , extrait de l’opéra Cesare e Cleopatra, de Carl-Heinrich Graun) ; lire, à la page 99 du magasine, l’article que consacre à ce CD « Mirrors«  le critique Denis Morrier ; lequel ne dit rien, toutefois, du concepteur, Yannis François, du programme de ce « généreux«  récital d’airs, autour des airs d’opéra de Handel, dont « toute la diversité d’inspiration est bien au rendez-vous«  _

de la soprano Jeanine De Bique,

je découvre que c’est à nouveau ce même Yannis François qui est le concepteur du programme original de ce CD « Mirrors«  _ du label Berlin Classics, cette fois _ :

« Pour le premier enregistrement de Jeanine de Bique, le musicologue Yannis François a alors eu l’excellente idée d’apporter quelque chose de neuf _ en contrepoint en quelque sorte pertinent et tout à fait significatif _ à la musique de Haendel, que la soprano a déjà beaucoup chanté sur scène, en la confrontant _ cette belle et rayonnante musique de Händel _ avec celle de ses contemporains, d’où son intitulé « Mirrors »  » :

ainsi ouvre donc son article Catherine Scholler…

Et cf ici un lien au bel air extrait de l’opéra de Händel Deidamia : « M’hai resa infelice« .

À suivre…

Ce dimanche 5 décembre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

Un récapitulatif commode de mes 106 « Musiques de joie » pour situation de confinement : du dimanche 15 mars au dimanche 28 juin 2020

29juin

Sous forme de courriels à certains de mes amis

avec lesquels je me suis initié à la recherche (et découverte !) de circonstances extra-musicales méconnues de la création musicale,

voici un récapitulatif commode de liens à mes 106 articles de « Musiques de joie« ,

au départ du dimanche 15 mars, premier tour des Élections Municipales 2020,

au dimanche 28 juin, second tour ;

pour temps de confinement…

Chers vous,
 
cette collection de 106 « Musiques de joie »
_ d’un dimanche d’Élections à un autre dimanche d’Élections,
avec cette expérience rare de confinement prolongé, qui m’a permis de mettre mieux (ou enfin !) à profit le trésor désordonné des piles de CDs de ma discothèque personnelle _
constitue, bien sûr, et forcément, un choix partiel et subjectif,  que j’espère cependant pas trop arbitraire.
 
Une sorte de vagabondage heureux à travers l’histoire, assez hiératique et imprévue, non calculée en tout cas, de la formation assez variée de mes goûts de mélomane vraiment curieux,
à défaut d’être effectivement musicien ;
ou comment retourner (un peu) à son profit les insuffisances rédhibitoires de sa formation…
 
Ce qui m’a offert d’étonnantes et bien belles rencontres, totalement imprévues et improgrammées, que j’ai appris aussi à cultiver avec passion en même temps que recul, de cette place un peu étrange et atypique, me semble-t-il, de mélomane inlassablement curieux, ouvert et …passionné !
 
Voilà pourquoi je tenais à inclure en ce bouquet de « Musiques de joie » ce qui a aussi marqué ce parcours personnel _ et atypique _ de réelles découvertes,
à travers l’attention méthodique que j’ai pu porter par exemple à La Fontaine et Marc-Antoine Charpentier, ou à Lucien Durosoir…
 
Ce qui a enrichi considérablement ce que j’ai naguère nommé « l’aventure d’une oreille »…
Et qui est aussi le charme d’une vie (un peu philosophique) épanouie à sa façon…
 
Avec reconnaissance,
 
Francis
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
10) mardi 24 :  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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         73) mardi 26 :    

 
 
 
 
 
 
 
  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Réjouissez-vous !

Ce lundi 29 juin 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Musiques de joie : les jubilatoires Suites-Ouvertures de Johann-Friedrich Fasch, par Paul Dombrecht et Il Fondamento

21mai

Dans la lignée des SuitesOuvertures pour orchestre (à 8) de l’ami Georg-Philipp Telemann
(Magdebourg, 14 mars 1681 – Hambourg, 25 juin 1767),
voici ce jour les jubilatoires, à leur tour,
Ouvertures de Johann-Friedrich Fasch
(Büttelstadt, 15 avril 1688 – Zerbst, 5 décembre 1758) ;
et dans l’interprétation idéale de Paul Dombrecht
dirigeant son _ parfait en tous points _ Ensemble Il Fondamento ;
soit, ici, le CD Fuga Libera FUG 502, de 2004 ;
comportant les Ouvertures
à 3 hautbois, basson, cordes et continuo, en sol mineur, FWV K: g 2 ; 
à 2 hautbois, basson, cordes et continuo, en ré mineur, FWV K: d 4 ;
et à 3 hautbois basson, cordes et continuo, en Sol Majeur, FWV K: G 15.
La musique _ de style français _ de Fasch, en ces SuitesOuvertures,
est tout aussi ouverte et lumineuse que celle de Telemann ; 
ce qui n’est pas un mince compliment !
Ce dont permet de se rendre merveilleusement compte, en ce CD
comme en ce podcast-ci,
l’interprétation idéale de fantaisie
et parfaite justesse tant d’esprit que de réalisation _ au cordeau ! _
de l’Ensemble Il Fondamento,
sous la direction épatante du chef et hauboïste Paul Dombrecht.
Ce samedi 2 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Musiques de joie : la joie du Concerto italien, de Jean-Sébastien Bach, par Benjamin Alard, ou Pierre Hantaï

21mai

J’avais dans l’idée de poursuivre

par Johann-Sebastian Bach

ma série d’écoute de Suites à la française pour l’orchestre,

selon la pratique festive inaugurée par l’ami Telemann, à Leipzig, au Café Zimmermann…
Mais la joie bachienne me paraît bien moins festive et jubilatoire,
au moins dans le style français de ces Suites pour orchestre,
que la joie ouverte telemannienne :
ainsi les interprétations, pourtant excellentes, des 4 Ouvertures BWV 1066-1069,
tant par le Café Zimmermann de Pablo Valetti et Céline Frisch
que par le Zefiro d’Alfredo Bernardini (et des frères Grazzi),
ne m’enthousiasment-elles pas autant
que les si déliées et délurées et tellement festives Ouvertures de l’ami Telemann,
telles qu’interprétées par Zefiro dans le CD Arcana A 371...
Serait-ce le style français qui convient moins bien à Bach ?
Je change donc mon fusil d’épaule ;
et me tourne, chez Bach, vers son emploi du style italien,
qui me paraît lui convenir mieux que le style français :
et j’opte pour la fantaisie plus accomplie du Concerto italien en Fa Majeur BWV 971.
Soit dans l’interprétation de Benjamin Alard, dans le CD Alpha 180, en 2011 ;
soit dans celle de Pierre Hantaï, dans le CD Mirare MIR 251, en 2014…
Ce vendredi 1er mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa
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