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Une seconde étape du périple discographique du répertoire de ténor chanté en français, par Benjamin Bernheim : un passionnant « Boulevard des Italiens »…

01mai

Après son inaugural magnifique et marquant récital _ soit le CD Deutsche Grammophon 481 6078 _ tout simplement intitulé « Benjamin Bernheim« , constitué d’airs pour ténors de Massenet, Donizetti, Gounod, Verdi, Tchaikovsky, Godard Berlioz et Puccini,

que le superbe Benjamin Bernheim _ cf mon article du 24 novembre 2019 : « «  _ nous a donné en 2019,

voici que celui nous livre maintenant une seconde magnifique étape de son périple de ténor chantant en français,

consacrée cette fois à des airs de compositeurs italiens ayant composé, ou bien tout spécialement pour des scènes fraçaises d’opéra, ou bien des œuvres ayant très vite rencontré le plus vif et large et durable succès en France,

en un récital très judicieusement intitulé cette fois « Boulevard des Italiens« , en un nouveau très réussi CD Deutsche Grammophon, numéro 486 1964.

Cf l’article que, sur le site de ResMusica, et le 27 avril dernier, Steeve Boscardin, a consacré à ce CD, sous le titre de « Benjamin Bernheim rend hommages aux Italiens à Paris« …

Benjamin Bernheim rend hommage aux Italiens à Paris

Ce nouvel enregistrement de Benjamin Bernheim sort des sentiers battus et apparaît beaucoup plus original que les traditionnels récitals de ténors, grâce à la collaboration du Palazzetto Bru Zane qui a concocté un programme autour de l’engouement des compositeurs italiens pour Paris.

L’avantage de ce programme est d’éviter la succession de « tubes » archi-connus, et d’aborder les compositeurs italiens dans leurs compositions en langue française. L’’intitulé, « Boulevard des Italiens », rappelle que Paris et sa « grande boutique » était un pôle d’attraction important pour les compositeurs italiens qui ont été amenés à écrire des opéras en français pour un public avide : on retrouve ainsi le traditionnel Don Carlos de Verdi, mais aussi des pages de son Jérusalem et des Vêpres Siciliennes, ainsi que La Vestale de Spontini ou La fille du régiment et La favorite de Donizetti, et des raretés de Cherubini et Mascagni. Enfin, le programme du disque s’ouvre et se referme avec deux airs de Puccini (extraits de Tosca et Madame Butterfly) dont la simple traduction en français – comme cela se faisait encore jusque dans les années 60 avant l’apparition du sur-titrage – apporte une écoute renouvelée et quasiment « exotique ».

Reconnaissons toutefois que l’enchainement de ces cavatines et romances où la « démonstration » technique semble mesurée quels que soient les styles abordés (romantisme, vérisme et classicisme), manque un peu de variété et aboutit à une absence de relief qui peut susciter une relative monotonie. Relative, car l’élégance suprême _ voilà ! _ domine, et toutes ces pages sont magistralement défendues et interprétées. Et puis quel plaisir d’entendre une telle évidence _ oui _ entre un répertoire et un interprète, car Benjamin Bernheim semble ici sans rival dans la domination naturelle de la prosodie, la clarté d’émission, le legato ondulant prétexte à de longues phrases lancées sur un souffle _ absolument…

A ce titre la cavatine de Dom Sébastien de Donizetti est peut-être le bijou, le point d’acmé de cet album qui résume toutes les qualités du ténor, ici tout en intériorité et raffinement pour peindre le portrait d’un monarque solitaire et mélancolique. Justesse du phrasé, belles dynamiques, maitrise absolue de la demi-teinte et de l’aigu puissant _ oui, oui, oui. L’extrait de la Favorite est du même acabit avec cette ligne de chant ondulante et si, pour donner plus de contrastes, on aurait aimé que Bernheim aborde le personnage de Tonio de La fille du régiment du côté de sa virtuosité, reconnaissons que la romance « Pour me rapprocher de Marie » abordée ici expose là encore une diction parfaite et une émission d’une grande clarté conférant beaucoup de fraîcheur _ oui _ à son interprétation.

Les Verdi sont aristocratiques et d’un grand raffinement _ comme il leur convient. Bernheim y apparait souverain, d’une ligne de chant et d’un legato flottants, et le duo jeune et plus « viril » du Don Carlos avec Florian Sempey (Posa) atteint des sommets dans de superbes harmoniques. La délicatesse des romances de Jérusalem et des Vêpres siciliennes donnent à admirer une grande qualité du phrasé et le souffle infini du ténor ainsi qu’une parfaite maîtrise de la voix mixte.

Le programme donne l’occasion au ténor d’aborder le répertoire plus « classique » – avec notamment le très rare Ali Baba de Cherubini – qui se révèle plein de promesses, même si l’extrait de la Vestale de Spontini nous semble encore manquer un peu de mordant, d’urgence et de drame.

Enfin, Amica, seul opéra en français que Mascagni a composé (1905), est une belle découverte qui nous permet de savourer cette voix duveteuse et moelleuse associée à une clarté d’émission qui sonne avec beaucoup de finesse dans ce répertoire vériste souvent plus trivial chez d’autres artistes.

A la tête de l’Orchestra del Teatro Comunale di Bologna, le chef français Frédéric Chaslin aborde avec la même élégance les divers styles qui composent le programme. Si on aurait parfois aimé – comme pour le ténor – un peu plus de mordant dans certaines pages, l’orchestre offre une belle variété de couleurs et une valorisation des pupitres qui enrichissent l’écoute de ces œuvres que l’on prend plaisir _ oui _ à découvrir ou redécouvrir.

Giacomo Puccini (1858-1924) : « Adieu, séjour fleuri » extrait de Madama Butterfly ; « Ô de beautés égales dissemblance féconde ! » extrait de Tosca.

Gaetano Donizetti (1797-1848) : « Pour me rapprocher de Marie » extrait de La Fille du régiment ; « Ange si pur que dans un songe » extrait de La Favorite ; « Seul sur la terre » extrait de Dom Sébastien, Roi de Portugal.

Giuseppe Verdi (1813-1901) : « Fontainebleau ! forêt immense et solitaire », « Je l’ai vue », « Le voilà ! c’est l’enfant ! – Ô mon Rodrigue ! », « Dieu, tu semas dans nos âmes » extraits de Don Carlos ; « L’Emir auprès de lui m’appelle » et « Je veux encore entendre ta voix » extrait de Jérusalem ; « Ô toi que j’ai chérie » extrait des Vêpres siciliennes.

Gaspare Luigi Pacifico Spontini (1774-1851) : « Qu’ai-je vu ! … Julia va mourir ! » extrait de La Vestale.

Luigi Cherubini (1760-1842) : « C’en est donc fait, plus d’espérance ! » et « C’est de toi, ma Délie, que dépendait mon sort » extrait d’Ali Baba.

Pietro Mascagni (1863-1945) : « Amica ! Vous restez à l’écart … » et « Pourquoi garder ce silence obstiné ? » extrait d’Amica.

Benjamin Bernheim, ténor ;

Orchestra del Teatro Comunale di Bologna, direction : Frédéric Chaslin.

1 CD Deutsche Grammophon réalisé en coopération avec le Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française.

Enregistré au Teatro auditorium Manzoni de Bologne en avril 2021.

Texte de présentation en français, anglais et allemand.

Durée : 59:13

La profondeur du charme _ tant de la splendeur du timbre de ténor que de cette conduite admirable, si aisée, de l’art maîtrisé du chant en français _ emportant tout…

Ce dimanche 1er mai 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

 

Eloge de Jelyotte aujourd’hui…

29jan

Alors que le lundi 18 octobre dernier,

en mon article ,

je faisais l’éloge du magnifique  CD « Jéliote, haute-contre de Rameau «, soit le CD Alpha 753,

voici que, hier 28 janvier 2021,

Jean-Charles Hoffelé a consacré sa chronique de son site Discophilia à ce même CD superbement interprété  par Reinoud van Mechelen,

en un article intitulé, lui, « Ténor à la française« … 

Le voici donc :

TÉNOR À LA FRANÇAISE

Une carrière _ celle d’un chanteur : Pierre Jélyotte _, voilà bien ce que Reinoud van Mechelen veut illustrer au long de cet album groupant dans l’ordre chronologique les rôles _ voilà _ qui auront porté le plus fameux ténor de son temps _ Pierre Jélyotte, donc _ à l’empyrée de la tragédie lyrique _ soit l’opéra à la française…

Ce ne sera pas faire injure à notre ténor d’aujourd’hui _ Reinoud van Mechelen, en l’occurrence _ de le trouver mieux accordé aux incarnations de l’apogée – à commencer par l’inclassable grenouille _ de « Platée«  _ que Rameau imagina afin de dévoyer _ avec humour… _ sa voix et de flatter ses multiples talents _ voilà ! comiques, aussi _ d’acteur – qu’à celles des débuts _ de Pierre Jélyotte _ : il n’a pas les aigus glorieux de l’Air pour les coureurs des Fêtes grecques de _ Colin deBlamont, mais du moins l’élan. Pourtant sa Platée _ de l’opéra éponyme _ est irrésistible, car sans charge, tout dans le détail, avec des falsettos caressés là _ voilà _ où tant les coassent.

Cette élégance _ oui _ qui signe toujours l’art de Reinoud van Mechelens’accomplit dans les airs de la fin de la carrière : magique la rossignolade du Temple de la Gloire, délicieux les airs occitans du Daphnis et Alcimadure de Mondonville, dont j’aimerai tant _ et nous donc !!! _ enfin tenir une intégrale digne de ce nom.

Au crépuscule, une fois la cour regagnée, le temps des airs tendres et nostalgiques sera _ certes _ venu, magnifiant des textes complexes qui exigent du chanteur un art _ subtil et délicat _ des affects _ voilà _ dont le ténor se régale : écoutez le sublime _ oui !« Que l’amour embellit la vie » des Boréades, ou ce quasi air de cour si nostalgique _ oui _ signé par Jean-Benjamin de La Borde, Pourquoi cruel amour ?.

Le temps serait-il venu de découvrir ce compositeur lettré que Jean-François Parot aura ressuscité au long de ses romans ?

LE DISQUE DU JOUR

Jéliote, haute-contre de Rameau

Airs et extraits instrumentaux, de Jean-Philippe Rameau (Hippolyte et Aricie, Dardanus, Platée, Le Temple de la Gloire, Castor et Pollux, Les Boréades), François Colin de Blamont (Les fêtes grecques et romaines), François Rebel et François Francœur (Scandeberg), Charles-Louis Mion (Nitétis), Pierre de Jélyotte (Zelisca), Jean-Marie Leclair (Scylla et Glaucus), Antoine Dauvergne (Les amours de Tempé), Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (Daphnis et Alcimadure), Pierre-Montan Berton (Erosine), Jean-Benjamin de La Borde (Ismène et Isménias)

Reinoud van Mechelen, ténor
A Nocte Temporis

Un album du label Alpha Classics 753

Photo à la une : le ténor Reinoud van Mechelen – Photo : © DR

Bravo !

Ce samedi 29 janvier 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Comment devons-nous prendre la question « Michael Spyres : baryton ou ténor ? » du magazine ResMusica ?..

15déc

Voilà que hier 14 décembre,

je découvre sur le site de ResMusica, et sous la plume de Patrice Imbaud, avec le titre punchy « Michael Spyres : baryton ou ténor ?« ,

cette malicieuse question posée à la revendication de Michael Spyres de « barytenor » ;

cf mes précédents articles sur le sujet ; par exemple celui du 23 octobre dernier :

Voici donc le questionnement quasi inquisiteur de cet article bien détaillé de ResMusica :

Michael Spyres : baryton ou ténor ?

Avec ce nouvel enregistrement « Baryténor » Michael Spyres n’en finit pas nous étonner par son exceptionnelle facilité vocale lui permettant d’assumer indifféremment tous les emplois de ténor ou de baryton, de Mozart à Korngold.

Particularité vocale rare, mais non exceptionnelle comme nous le rappelle Michael Spyres dans une notice où sont évoqués nombre de « baryténors » qui ont marqué l’histoire du chant, de l’opéra baroque à nos jours…. Il s’agit en fait de voix centrale, anciennement appelée « taille », dotée d’un grave profond (« basse taille » ou baryton) et d’aigus lumineux (« haute taille » ou ténor), bénéficiant d’un large ambitus (3 octaves pour Michael Spyres) dont on peut rapprocher les barytons Verdi et les barytons Martin, dotés également d’aigus faciles, plus ou moins puissants. Mais ce large ambitus autorise-t-il autant d’aisance dans les deux tessitures ? Ce florilège d’airs d’opéra, avec lequel il a donné un concert en novembre à Strasbourg, nous fournit une esquisse de réponse.

Si l’on est d’emblée séduit par le timbre, la technique, la puissance, la diction et la souplesse de la ligne _ en effet ! _, il faut bien reconnaitre que la voix ne semble pas aussi épanouie et homogène _ tiens donc… _  dans les deux tessitures. Dans les airs de ténor : « Fuor del mar » (Idomeneo), « ô Dieux ! Ecoutez ma prière » (Ariodant), « Qu’ai-je vu ? » (La Vestale), « Mes amis, écoutez l’histoire » (Le Postillon de Longjumeau), « Ah ! mes amis, quel jour de fête » (La Fille du régiment), le chant parfois se tend dans le haut du registre, les aigus se serrent, tandis qu’apparait un léger vibrato serré mal contenu. A l’inverse les airs de baryton rayonnent de facilité, de legato, d’aigus filés nous paraissant en général plus convaincants qu’il s’agisse de l’air du Comte Almaviva : « Hai gia vinta la causa » des Noces, de la sérénade de Don Giovanni : « Deh, vieni alla fenestra », ou de celui du Comte de Luna du Trouvère : « Il balen del suo sorriso ». Pagliacci de Leoncavallo, La Veuve joyeuse de Lehár ou Carmina Burana de Orff confirment largement cette préférence.

Cet excellent enregistrement, admirablement soutenu par Marko Letonja à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg, permettra à chacun de se faire une opinion…

Airs de

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Idomeneo ; Le Nozze di Figaro ; Don Giovanni.

Etienne-Nicolas Méhul (1763-1817) : Ariodant.

Gaspare Spontini (1774-1851) : La Vestale.

Gioachino Rossini (1792-1868) : Il Barbiere di Siviglia ; Otello.

Adolphe Adam (1803-1856) : Le Postillon de Longjumeau.

Gaetano Donizetti (1797-1848) : La Fille du regiment.

Giuseppe Verdi (1813-1901) : Il Trovatore.

Ambroise Thomas (1811-1896) : Hamlet.

Jacques Offenbach (1819-1880) : Les Contes d’Hoffmann.

Richard Wagner (1813-1883) : Lohengrin.

Ruggero Leoncavallo (1857-1919) : Pagliacci.

Franz Lehar (1870-1948) : Die lustige Witwe.

Maurice Ravel (1875-1937) : L’Heure espagnole.

Carl Orff (1895-1982) : Carmina Burana.

Erich Wolfgang Korngold (1897-1957) : Die tote Stadt.

Michael Spyres, baryténor ; Chœur de l’Opéra National du Rhin ; Orchestre Philharmonique de Strasbourg, direction : Marko Letonja.

1 CD Erato.

Enregistré du 25 au 29 aout et du 14 au 15 octobre 2020 au Palais de la Musique de Strasbourg. Notice trilingue : anglais-français-allemand. Durée : 84:30

 

Chacun pourra juger en bonne connaissance de cause…

Mais nous connaissons bien aussi l’histoire du parcours de la voix de Michael Spyres, baryton,

qui n’a certes en rien ménagé ses efforts afin de devenir aussi à l’aise dans le registre de la voix de ténor que dans le registre qui était d’abord le sien, de la voix de baryton…

Et il faut être rudement inquisiteur pour dénicher, à l’écoute, ce qui peut distinguer l’aisance d’interprétation de sa voix, et de ses efforts, dans sa tenue, à la scène comme au disque, de chacun de ces registres de voix… 

Lui faisant tout pour rendre le moins perceptible possible par l’auditeur de son art d’interprétation des rôles, ce passage de l’un à l’autre de ces deux registres ;

cf par exemple mon article du 22 octobre dernier :  ;

ou bien, aussi, mon article du 25 octobre suivant, qui reprenait quelques articles bien antérieurs : 

Admirable Michael Spyres !

Chanter est un art qui s’apprend et se cultive sans cesse…

Ce mercredi 15 décembre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

 

Et retrouver aussi « Stranonice », opéra-comique de Méhul en 1792…

28oct

Et en continuant de fouiller dans les recoins peu fréquentés de ma discothèque,

voici qu’aujourd’hui je retrouve le CD « Stratonice » (un CD Erato de 1996),

un opéra-comique d’Etienne-François Méhul, de 1792…

Avec, dans le rôle du mélancolique Antiochus, le ténor Yann Beuron,

que j’apprécie pour son art de chanter

parfaitement idoine à ce beau répertoire français…

Ce jeudi 28 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

Le travail de composition du programme du CD « Baritenor » par Michael Spyres, eu égard à l’histoire de l’opéra et des chanteurs, entre 1781 et 1937 : l’intelligence de la dynamique souple des voix, de Michael Spyres…

23oct

Comme envisagé dans mon article d’hier vendredi 22 octobre ,

je désire me pencher ce jour sur le minutieux et approfondi travail de composition, par Michael Spyres, de son programme anthologique _ de 18 plages (et 84′ 30) _ du CD « Baritenor « , tel qu’il le présente dans le livret de son CD,

avec 18 airs,

extraits de 18 opéras de 15 compositeurs

et je mets en rouge et en gras les chanteurs nommément cités par Michael Spyres en la présentation de son travail d’anthologie, dans les 5 pages de na notice du CD ; les autres créateurs des rôles sont Michal Spyres chante ici un air représentatif de la voix de baryténor, sont seulement cités ici par moi _ :

_ de Mozart (1756 – 1791) :

     Idomeneo, créé à Munich le 29 janvier 1781), dont Michael Spyres retient ici l’air (pour ténor) d’Idomeneo « Fuor del mar« , chanté lors de la création par Anton Raaf (Gelsdorf, 1714 – Munich, 1797) ;

     Le Nozze di Figaro, créé à Vienne le 1er mai 1786, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour baryton) du Comte Almaviva « Hai gia vinta la causa« , chanté lors de la création par Stefano Mandini ;

     Don Giovanni, créé à Prague le 29 octobre 1787, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour baryton) de Don Giovanni « Deh, vieni alla finestra« , chanté lors de la création par Luigi Bassi ;

_ de Méhul (1763 – 1817) :

     Ariodant, créé à Paris le 11 octobre 1799, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour ténor) d’Edgard « Ô Dieux ! Ecoutez ma prière« , chanté lors de la création par Jean-Pierre Solié (Nîmes, 1755 – Paris, 1812) ;

_ de Spontini (1774 – 1851) :

     La Vestale, créé à Paris le 15 décembre 1807, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour ténor) de Licinius « Qu’ai-je vu ! Quels apprêts !« , chanté lors de la création par Etienne Lainez ;

_ de Rossini (1792 – 1868) :

     Il Barbiere di Siviglia, créé à Rome le 20 février 1816, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour baryton) de Figaro « Largo al factotum« , chanté lors de la création par Luigi Zamboni ;

     Otello, créé à Naples le 4 décembre 1816, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour ténor) d’Otello « Ah ! si, per voi gia sento« , chanté lors de la création par par Andrea Nozzari (Vertova, 1776 – Naples, 1832) ;

_ d’Adolphe Adam (1803 – 1858) :

     Le Postillon de Lonjumeau, créé à Paris le 13 octobre 1836, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour ténor) de Chapelou « Mes amis, écoutez l’histoire« , chanté lors de la création par Jean-Baptiste Chollet (Paris, 1798 – 1892) ;

_ de Donizetti (1797 – 1848) :

     La Fille du régiment, créé à Paris le 11 février 1840, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour ténor) de Tonio « Ah ! mes amis, quel jour de fête !« , chanté lors de la création par Mécène Marié de l’Isle (Chateau-Chinon, 1811 – Compiègne, 1879) ;

_ de Verdi (1813 – 1901) :

      Il Trovatore, créé à Rome le 19 janvier 1853, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour baryton) du Comte de Luna « Il balen de suo sorriso« , chanté lors de la création par Giovanni Guicciardi ;

_ d’Ambroise Thomas (1811 – 1896) :

     Hamlet, créé à Paris le 9 mars 1868, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour baryton) de Hamlet « Ô vin, dissipe la tristesse« , chanté lors de la création par Jean-Baptiste Faure (Moulins, 1830 – Paris, 1914) ;

_ d’Offenbach (1819 – 1880) :

     Les Contes d’Hoffmann, créé à Paris le 10 février 1881, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour ténor) de Hoffmann « Va pour Kleinzach !« , chanté lors de la création par Jean-Alexandre Talazac ;

_ de Wagner (1813 – 1883) :

     Lohengrin, créé à Weimar le 28 août 1850, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour ténor) de Lohengrin « Aux bords lointains« , chanté lors de la création par Karl Beck ;

_ de Leoncavallo (1857 – 1919) :

     Pagliacci, créé à Milan le 21 mai 1892, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour baryton) de Tonio « Si puo ? Signore ! Signori !« , chanté lors de la création par Victor Maurel (Marseille, 1848 – New-York, 1923) ;

_ de Franz Lehar (1870 – 1943) :

     Die lustige Witwe, créé à Vienne le 30 décembre 1905, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour baryton) de Danilo « Da geh ich zu Maxim« , chanté lors de la création par Louis Treumann ;

_ de Ravel (1875 – 1937) :

      L’Heure espagnole, créé à Paris le 19 mai 1911, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour baryton) de Ramiro « Voilà ce que j’appelle une femme charmante« , chanté lors de la création par Jean Périer (Paris, 1869 – Neuilly-sur-Seine, 1954) ;

_ de Carl Orff (1895 – 1982) :

     Carmina Burana, créé à Francfort le 8 juillet 1937, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour baryton) « Dies nox et omnia« , dont je n’ai pas réussi jusqu’ici à découvrir qui en fut l’interprète lors de la création… ;

_ de Korngold (1897 – 1957) :

     Die tote Stadt, créé à Hambourg le 4 décembre 1920, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour ténor) de Paul « Glück, das mir verblieb« , chanté lors de la création par Richard Schubert (Dessau, 1885 – Oberstaufen, 1959).

D’autres chanteurs susceptibles d’intégrer eux aussi cette catégorie nouvelle de « baryténors » _ que conçoit ici Michael Spyres _

sont cités dans cette notice de présentation,

sans qu’ils aient été présents lors de la création des opéras dont les airs cités ici, sont, surtout, interprétés en ce CD par Michael Spyres :

_ Jean-Baptiste Martin (Paris, 1768 – Ternand, 1837) : celui qui a donné son nom à la voix de baryton-martin, et qui « fut décrit tour à tour comme un ténor au timbre extrêmement sombre, ou, à l’inverse, comme un baryton aux aigus clairs et faciles. On disait de la voix de Martin qu’elle avait la profondeur d’un baryton-basse avec des aigus de ténor » ;

_ Manuel Garcia père (Séville, 1775 – Paris, 1832) : ténor très célèbre, qui « a non seulement interprété le comte Almaviva de la création du Barbier de Séville de Rossini, mais aussi l’Almaviva des Noces de Figaro de Mozart, dans toute l’Europe, pouvant se targuer d’avoir incarné les tout premiers Almaviva » ; soient des rôles initialement conçus pour des voix de baryton ;

_ Giovanni Matteo (Mario) de Candia (Cagliari, 1810 – Rome, 1883) : ténor ;

_ Adolphe Nourrit (Montpellier, 1802 – Naples, 1839) : ténor ;

_ Giovanni-Battista Rubini (Romano di Lombardia, 1794 – Romano di Lombardia, 1854) : ténor ;

dont la postérité a volontiers retenu les noms de tous trois, pour la célébrité de leurs performances tout particulièrement dans leurs interprétations du rôle (pour baryton) de Don Giovanni, du Don Giovanni de Mozart…

Je dois aussi ajouter ici que ma découverte personnelle de l’art de chanter de Michael Spyres, date de la parution, en 2017, pour le label Opera Rara, de son magnifique et marquant CD « Espoir » (ORR 251)

_ cf le compte-rendu détaillé de ce CD « Espoir« , le 28 septembre 2017, par Forumopera.com, sous la plume de Laurent Bury : l’article était intitulé « Si ce n’est lui, c’est donc... » _ ;

or il se trouve que ce très beau et passionnant CD  »Espoir » était _ déjà ! _ conçu comme un hommage à un des plus grands chanteurs d’opéra du XIXe siècle : le ténor Gilbert-Louis Duprez (Paris, 6 décembre – Paris, 23 septembre 1896),

qui est «  célèbre pour avoir été le premier chanteur à émettre en scène un contre-ut (do4) en voix de poitrine, lors de la première reprise italienne de Guillaume Tell _ créé à l’Opéra de Paris, en français, le 3 août 1829 _ de Gioachino Rossini, à Lucques, en 1831. Cette technique « forcée » aurait usé prématurément sa voix, ce qui expliquerait la retraite du ténor à seulement 43 ans« 

La curiosité intelligente extrêmement précise _ et très empathique _ du généreux Michael Spyres envers les parcours plus ou moins singuliers des chanteurs tout au long de la modernité _ depuis les XVIIe et XVIIIe siècles, qui ont vu la naissance (avec l’Orfeo de Monteverdi, créé en 1607 à Mantoue) et les premiers développements (Lully, Rameau, Haendel ; puis Mozart…) du genre musical de l’opéra _,  est donc en quelque sorte consubstantielle à son propre parcours singulier et magnifique de chanteur, baryton et ténor (et « baritenor« )…

….

Voilà.

Et c’est son expérience même de baryton à l’origine, mais conquérant peu à peu, et par admiration pour les ténors _ ses compatriotes américains de l’Amérique profonde… _ Chris Merritt (né en 1952, à Oklahoma City – Oklahoma) et Bruce Ford (né en 1956, à Lubbock – Texas) _ ainsi que par désir (travaillé…) de suivre leurs pas... _, en les faisant siennes, les capacités de chanter aussi les rôles appartenant aux registres de ténor,

qui a révélé, à l’expérience réalisée _ après cinq années de travail assidu, sur le tas, de 2000 à 2005 _, cette capacité vraiment plurielle de sa voix et de son art même de chanter, à Michael Spyres (né en 1979, à Mansfield – Missouri) ;

et lui a suggéré ce projet merveilleux de « baryténor » que vient de réaliser au disque, outre, bien sûr, de très nombreuses prestations scéniques de par le monde entier, ce magnifique CD « Baritenor« .

Ainsi,

reportons-nous à cette forte et éclairante déclaration _ citée en mon article du 19 décembre 2019 :   _ du très intelligent Michael Spyres en un _ excellent _ entretien, le 4 octobre 2018, avec la fine Emmanuelle Giuliani, à propos de la nécessité, selon lui, pour un chanteur, de ne cesser de varier, tout le long de sa carrière, l’étendue et la dynamique _ extension-expansion… _ de ses capacités vocales singulières, dans la variation la plus souple possible des registres de voix des rôles qu’il interprète et endosse, afin de les incarner vraiment le mieux… :

« Au fil de mon parcours _ de chanteur _, j’ai appris quelque chose d’absolument essentiel _ voilà ! _, que _ trop _ peu de gens _ du métier _ ont la chance d’intégrer :

la voix et la technique ont _ grandement _ besoin de ces variations _ de répertoire et de registres… _ pour _ d’abord _ rester performantes, ne pas devenir rigides _ voilà. Je dois avouer qu’il est de plus en plus difficile _ physiquement, pour la voix, en son évolution _ de maintenir certains rôles à mon répertoire, comme les Rossini les plus légers, mais je chanterai toujours du Rossini et du Mozart, tout en continuant, dans les années à venir, à m’essayer _ aussi _ aux répertoires plus lourds : Verdi, Wagner et le grand opéra français« 

Les classifications nominales _ ici des registres des voix _ sont forcément secondaires et postérieures par rapport aux réalisations factuelles des performances très effectives (et singulières) des chanteurs,

fussent-elles, au départ, celles-ci, improbables et difficiles à déterminer et classer…

_ le compositeur, lui-même, de l’œuvre devant être créée, ayant aussi, bien sûr, et forcément, à tenir grandement compte des capacités plastiques dynamiques des voix des chanteurs ayant à incarner éventuellement ses rôles sur la scène et face au public, lors de la création de chaque opéra à réaliser par lui, en son écriture de la partition, d’abord, afin d’assurer le plus grand succès possible de ce nouvel opus sien, auprès du public ; de même, aussi, qu’à éventuellement changer certains de ses airs, lors de reprises de l’opéra, pour les adapter aux capacités et à la convenance du nouvel interprète pressenti du rôle, en cette reprise de l’œuvre originale (l’opéra étant une réalisation particulièrement collective…).

Ainsi que cela, d’ailleurs, s’est très longtemps pratiqué lors de reprises d’opéras, du moins du vivant des compositeurs…

La classification, théorique, des voix, a ainsi toujours quelque chose d’un peu artificiel, voire d’arbitraire _ ou même, au pire, de sectaire… _ ;

même si elle est, bien sûr, et d’abord, fort utile et commode _ et même nécessaire, au moins pour commencer ; l’expérience pouvant aider à ajuster et approprier ensuite les choses… _ pour l’orientation et les décisions à prendre _ très vite, si ce n’est même sur-le-champ… _ des praticiens mêmes de la voix : compositeurs et chanteurs, au premier chef ; puis, en suivant, producteurs et décisionnaires de spectacles d’opéras, etc.

Le premier mérite de Michael Spyres est donc d’avoir osé essayer, et d’avoir surtout travaillé _ et travailler encore et toujours _,  jusqu’à l’admirable obtention de ses merveilleuses réalisations musicales, si variées, si vivantes, et si réussies, tant sur la scène, qu’au disque…

Un travail _ et un « parcours« , comme lui-même l’énonce… _ exemplaire ;

et particulièrement jouissif pour les mélomanes

amateurs d’opéras…

Merci !!!

Ce samedi 23 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

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