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Découvrir la bouleversante « Rhapsodie sur des thèmes moldaves », pour violon et piano Op. 47 n°3 de Mieczyslaw Weinberg, surtout dans l’interprétation d’Ewelina Nowicka et Milena Antoniewicz…

07juil

C’est mon achat impromptu _ en soldes (!) _ du CD « Works for Violin and Piano » de Mieczyslaw Weinberg (Varsovie, 8 décembre 1919 – Moscou, 26 février 1996), par Ewelina Nowicka, violon, et Milena Antoniewicz, piano, le CD RecArt 0006, enregistré à Kalisz, en Pologne, en 2012-2013, dont, en son ultime plage, la « Rhapsodie sur des thèmes moldaves » pour violon et piano, Op. 47 n°3, de Weinberg, m’a transporté de plaisir,

qui m’a incité à aller rechercher en ma discothèque personnelle quelles autres interprétations de cette œuvre, composée en 1949/52 _ en plusieurs configurations : pour violon et orchestre, et pour violon et piano : à creuser… _, je possédais probablement déjà,

sans avoir jusqu’ici été autant bouleversé, ni marqué, par cette œuvre,

qui me touchait tant maintenant, interprétée ainsi par cette pianiste et cette violoniste polonaises…

Et c’est ainsi que j’ai retrouvé au moins deux CDS comportant cet opus 47 n°3 de Weinberg :

_ le CD « Complete Violin Sonatas Volume Two« , par Yuri Kalnits, violon, et Michael Csanyi-Wills, piano, soit le CD Toccata Classics OCC 026, enregistré à Londres en juin 2013 ;

_ et le CD « Weinberg 1945« , par le Trio Khnopff, en en l’occurrence Sadie Fields, violon, et Stéphanie Salmin, piano, soit le CD Pavane ADW 7590, enregistré à Flagey, en Belgique, en 2018-2019 ;

qui ne m’avaient jusqu’alors pas vraiment marqué…

J’ai découvert aussi qu’existait même un enregistrement de cette œuvre magnifique _ et relativement célèbre… _ d’environ 10′, par David Oistrakh et Mieczyslaw Weinberg en personne…

Et ma discothèque ne comporte pas pour l’instant de version de cette œuvre pour violon et orchestre,

comme par exemple, celle du CD CPO 777887, par, à nouveau, la violoniste Ewelina Nowicka et, cette fois, l’Orchestre de chambre Amadeus de la radio polonaise, sous la direction d’Agnieszka Ducmal…

J’ai aussi appris, au passage, en lisant attentivement les notices,  que la mère, Sara Debora Stern, de Mieczyslaw Weinberg _ lui-même est né à Varsovie, en Pologne, le 8 décembre 1919était née, semblait-il, en Moldavie, à Chisinau…

Jusqu’à ce que, sur le site « Lines that have escaped destruction« , un article de Daniel Elphick, en date du 28 mai 2015, intitulé « Biographies of Weinberg’s parents« , corrige la précédente assertion :

ce n’est pas la mère du compositeur, Sonya, née, elle, à Odessa, en Ukraine, le 9 mars 1888, mais son père, Shmuel Vaynberg, qui est né en Moldavie, en 1882 ; ou plutôt en Bessarabie, à Kishinev, Chisinau, aujourd’hui…

Les frontières de cette Europe orientale ont bien souvent été très meurtrièrement bouleversées… _ cf l’ouvrage indispensable (et ô combien d’actualité !) de Timothy Snyder : « La reconstruction des nations : Pologne, Ukraine, Lituanie, Bélarus : 1569-1999« 

Et à propos de ce superbe CD Weinberg RecArt 0006,

cf notamment cet article « Review : Nowicke and Antoniewicz ; « Works for Violin and Piano«  » de Daniel Elphick, paru le 29 décembre 2013 sur son site « Lines that have escaped destruction« …

Pour ma part, c’est bien cette interprétation-ci, heureuse, de la Rhapsodie sur des thèmes moldaves de Mieczyslaw Weinberg, qui emporte mon adhésion enthousiaste !

En attendant, peut-être, d’accéder quelque jour prochain, à l’interprétation de David Oistrakh et Mieczyslaw Weinberg lui-même, au piano, en 1954 : par exemple en le CD Alto ALC 1452, paru tout récemment, le 15 juin 2022 ;

de Mieczyslaw Weinberg, ce CD Alto comporte aussi des interprétations grandioses du Quintette pour Piano Op. 18, par le Quatuor Borodine et Weinberg lui-même au piano _ j’en possède l’enregistrement, en date du 1er mai 1963, dans le CD Melodya MEL CD 10 01998 _,

et du Concerto pour Violon Op. 67, avec Leonid Kogan et l’Orchestre Philharmonique de Moscou sous la direction de Kiril Kondrachine _ j’en possède aussi l’enregistrement, en 1961, dans le CD Melodya MEL CD 10 02315 _, de Mieczyslaw Weinberg (1919 – 1996)… 

Que de merveilles d’interprétations,

pour ce compositeur absolument majeur (!!!) du XXe siècle, mais pas encore tout à fait reconnu à son immense valeur de la part du grand public des mélomanes…

Tant est fabuleuse la qualité d’émotion que porte tout son œuvre :

à découvrir d’urgence !..

Ce jeudi 7 juillet 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Le menu complément de 2 Entretiens podcastés avec les historiens Bénédicte Vergez-Chaignon et Olivier Wieviorka, plus à un article que j’ai consacré au très important « Terres de sang _ L’Europe entre Hitler et Staline » de Timothy Snyder, au très remarquable Dossier bibliographique que Nicolas Patin consacre à « La Destruction des Juifs d’Europe : histoire et mémoire »

11avr

À l’excellente bibliographie que le toujours parfait et très brillant Nicolas Patin consacre, en un dossier Mollat tout à fait remarquable daté du 6 avril dernier, à « La Destruction des Juifs d’Europe: histoire et mémoire« ,

je me permets de proposer ici,

en menu complément-ajout,

un lien au podcast (de 59′) de mon Entretien du 13 octobre 2015, au « 91 de la rue Porte-Dijeaux », avec l’historienne Bénédicte Vergez-Chaignon, à propos de son très intéressant ouvrage, publié aux Éditions Perrin, « Les Secrets de Vichy« .

On peut aussi se reporter à l’article de ce blog « En cherchant bien » en date du 30 septembre 2015, que j’avais consacré à ce même travail :

« « …

Avec cet autre complément-ajout, qu’est le lien au podcast (de 54′) à cet autre Entretien, en date du 8 mars 2017, cette fois à la Station Ausone, avec l’historien Olivier Wieviorka,

à propos de son éclairant travail « Histoire de la Résistance en Europe occidentale 1940 –  1945« , publié lui aussi aux Éditions Perrin…

Et aussi, et peut-être surtout,

le conseil de se reporter à mon article détaillé du 30 juin 2012, « « ,

à propos du très important _ et plus que jamais hélas ! indispensable… _ « Terres de sang _ l’Europe entre Hitler et Staline » de Timothy Snyder…

Ce lundi 11 avril 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

L’Ukraine une fois de plus dévastée : revenir au regard lucide de Timothy Snyder

04mar

Pour aider peut-être un peu à mieux comprendre les dévastations à répétition que subit en son Histoire la malheureuse Ukraine,

nous pouvons revenir lire les lucidissimes travaux du très remarquable Timothy Snyder,

tels que j’ai pu m’en faire l’écho à quelques reprises, à propos de ses livres :  « Terres de sang _ l’Europe entre Hitler et Staline« , « Le Prince rouge _ les vies secrètes d’un archiduc de Habsbourg« , « Terre noire _ l’Holocauste et pourquoi il peut se répéter » :

relire mes articles des 26 juillet 2012 « chiffrage et inhumanité (et meurtre politique de masse) : l’indispensable et toujours urgent « Terres de sang _ l’Europe entre Hitler et Staline » de Timothy Snyder » ;

30 décembre 2013 : « La place du « rêve ukrainien » d’un Habsbourg, dès 1912, dans l’Histoire de notre Europe : le passionnant « Le Prince rouge _ les vies secrètes d’un archiduc de Habsbourg », de Timothy Snyder : sur les modalités de la faisabilité de l’Histoire  » ;

et 30 novembre 2016 : «  » ;

voire celui, encore, du 22 octobre 2018 : « « …

De Timothy Snyder, lire aussi l’indispensable « La Reconstruction des nations : Pologne, Ukraine, Lituanie, Belarus« …

Nous subissons bien trop, notamment nous Français, notre endémique et indécrottable profond dédain de la géographie ;

mais aussi l’indigence chronique de la superficialité de notre curiosité bien trop hédoniste à l’égard de l’histoire ;

face au Tragique du Réel…

Ce vendredi 4 mars 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Timothy Snyder : un observateur bien pertinent

22oct

Ce jour,

dans El Pais semanal,

une observation bien informée

Timothy Snyder: “A Internet se le da bien manipular a las personas”

de l’historien Timothy Snyder :

Timothy Snyder
22 OCT 2018 – 11:14 CEST

Pocas voces hay más autorizadas para hablar de Europa Central y Oriental que la de Timothy Snyder. En su nuevo libro, este catedrático de Yale de 49 años hace un retrato demoledor de los presidentes de EE UU y de Rusia. Snyder afirma que Donald Trump y Vladímir Putin están absolutamente preocupados por su riqueza personal y la de su círculo más cercano. Y ambos han encontrado un medio para preservarla: la manipulación de las emociones a través de Internet.

Autor de Sobre la tiranía (2016), un manifiesto en el que alerta contra las fake news que llevaron a Donald Trump a la presidencia de su país, ahora publica en España El camino hacia la no libertad (como todos sus libros, en Galaxia Gutenberg), en el que junta a los dos demonios contemporáneos a quienes combate con más ahínco, el citado Trump y el presidente ruso, Vladímir Putin.

A este último lo retrata como el sátrapa que, a caballo de la mentira, invadió Ucrania para apropiársela, simulando que la invasión que él mismo diseñó estaba protagonizada por ucranios. Como el propio Snyder, este último libro es minucioso, está lleno de datos que no admiten controversia.

Snyder es un intelectual tímido al que le cuesta posar para las fotografías. Cuando llega a la entrevista, viene de llevar al colegio a su hijo de ocho años. En la primera línea de este nuevo libro, ese chico acababa de nacer. Y por ahí empezamos a conversar.

Cuando los periodistas se van, sobre todo los locales, se crea una oportunidad para que los autoritarios gobiernen desde la desconfianza”

No vuelve a mencionar a su hijo en el libro, pero parece que escribe sus obras para que los que ahora son muchachos no se dejen engañar en el futuro…

Empecé por esa escena del nacimiento de mi hijo bajo una sensación de shock: comenzaba una nueva vida, pero gente a la que conocía se estaba muriendo. Era alrededor de 2010, había muchas cosas que cambiaron de forma muy crucial: ocurrió la crisis financiera, Internet se convirtió en las redes sociales. La historia es una continuación de cosas que ya sucedieron. Así hay que entenderla. Para explicar la historia tienes que saber también qué te pasa en el momento de escribir.

Tierras de sangre trata de los asesinatos masivos del siglo XX. Y en este siglo la invasión de Ucrania es una prolongación de aquellas barbaries… Dice Mary ­McMillan, la historiadora, que usted avisa porque conoce la historia…

Es cierto, mis libros conversan entre ellos. Tierras de sangre muestra que aquellas masacres fueron incluso peores, que hubo más políticas de matanzas que las que recordamos. No ocurrieron en virtud de la existencia de misteriosas máquinas industriales. Sucedieron porque personas mataron a otras personas. Lo que advierto en Sobre la tiranía y ahora en El camino hacia la no libertad es que todo eso ha sido posible por individuos como nosotros mismos. Y Ucrania es un punto importante de conexión entre el siglo XX y el XXI a ese respecto. Para saber qué paso en el siglo XX hay que acudir a Ucrania. Allí ocurrió el gran crimen de Stalin, y es un territorio que a Hitler le importaba mucho. Ucrania está en el corazón de las razones por las que se libró la Segunda Guerra Mundial. Muchas de las cosas que comprendí para escribir Sobre la tiranía acerca de la verdad e Internet las supe gracias a Ucrania. Y aquí, en El camino hacia la no libertad, las documento. En 2010 ya sucedieron con Putin en Ucrania las cosas que pasaron con Trump en 2016. Internet ya se había utilizado allí para engañar. Y porque no lo comprendimos la primera vez, fuimos víctimas de ello la segunda vez.

Aquí insiste en que las víctimas que se producen tienen nombre propio.

La historia trabaja sobre estructuras que debemos explicar para entender cómo son posibles los asesinatos en masa. Pero trata siempre acerca de individuos. Por tanto, sobre moralidad. La historia nos ayuda a diagnosticar problemas y nos recuerda que cada víctima es un individuo. Las fotos y el cine nos estremecen, pero luego nos entumecen, vemos masas. Los asesinatos se producen sobre personas que tuvieron una vida y dejaron de tenerla.

Timothy Snyder: “A Internet se le da bien manipular a las personas”

STEFAN FUERTBAUER

En sus libros trata de conceptos que se repiten hoy: exterminio, eliminación, persecución, expulsión…

La historia del mundo moderno es una historia de imperialismo. Y el imperialismo está relacionado con esos conceptos. La historia de mi país, como la del suyo, está llena de crónicas así. Mis libros son sobre lo que pasa cuando el imperialismo o el colonialismo vuelven a la propia Europa. Lo raro de Hitler fue que viera otras partes de Europa como territorio colonial. Ve Ucrania como África, lo dice tal cual. Y luego dice Stalin: a diferencia de Inglaterra o de Francia, yo no tengo un imperio marítimo, así que debo tratar mi propio territorio como un territorio colonial. Así que dos libros míos, Tierras de sangre y Tierras negras, son historias imperiales de Europa. Formas imperiales de pensar y de tratar a seres humanos vuelven a Europa y causan matanzas masivas muy deprisa, porque el continente está muy poblado y los alemanes y los soviéticos andan detrás de los mismos pedazos de territorio. La guerra ruso-ucrania de 2014 fue un poco así: un país muy grande, con un ejército muy grande, ataca a un país muy pequeño en un momento de debilidad.

En los libros anteriores usted habla del pasado. Cruel, violento. Cruel fue Hitler, lo fue Stalin, ahora lo es Putin. La cantidad de bajas es diferente, pero el ensañamiento cruel se parece.

La capacidad humana para la crueldad es una característica que se mantiene en el tiempo. Y también se mantiene la capacidad de la gente para creer que la crueldad sirve a un bien superior. Es grande la habilidad de algunos para disfrutar de la crueldad y no denunciarla ni criticarla, y en este apartado está el presidente de Estados Unidos, que es una persona muy cruel que disfruta de la malicia por sí misma. Disfruta engañando a sus propios seguidores como un placer en sí mismo, no le sirve para nada superior. El dolor en sí es el objetivo. Podemos mirar humildemente al pasado para aprender de él. O podemos escoger mentir sobre el pasado. Es lo que hace Putin. Y él sabe que está mintiendo.

Sobre su propia historia.

Sí, sobre los crímenes soviéticos. Aquello de lo que creía que se debía hablar, ahora ha decidido que no se puede ni citar porque es un crimen hacerlo. La política exterior rusa sigue ese mandato. Por otra parte, igual que pasó con Hitler y Stalin, que despreciaron fronteras y Estados, Putin se apropió de Ucrania. Utilizando razones étnicas, como sus antecesores.

Trump resucita el supremacismo blanco, levanta muros. Putin resucita a un filósofo adepto a Hitler. Invade Ucrania. Van juntos en la utilización de las noticias falsas. Es una gran coalición, como las del pasado de guerra en Europa.

Es cierto. Y es muy importante recordar que, en su tiempo, el fascismo tuvo un desarrollo internacional. Unos aprendieron de otros. Tendemos a acordarnos solo de Alemania y pensamos en los nazis como el único enemigo. Pero a la URSS la intentaron invadir en 1941 no solo los alemanes, sino voluntarios italianos, españoles, rumanos… Hoy pasa algo similar, sí. Lo que está sucediendo en Hungría, en Polonia, en Estados Unidos, en Rusia, en Italia, en Suecia… amenaza en esa dirección. No solo hay similitudes, hay relaciones. Y esas relaciones las permite Internet sobre todas las cosas. Internet ha resultado ser un instrumento de derechas mucho más que de izquierdas, hasta ahora por lo menos. Pero una cosa que es diferente y especial, sobre todo si miramos a los señores Putin y Trump, es que ese tipo de política de derechas tiene que ver absolutamente con la riqueza. Opine uno lo que opine sobre Mussolini o Hitler, a ellos realmente la riqueza personal no les importaba demasiado, mientras que Putin está obsesivamente preocupado por la riqueza personal, la suya y la de sus colaboradores y familiares inmediatos. Y Trump está también obsesionado por la riqueza de las personas que llevan su apellido. ¿Cómo se gobierna Rusia? Unos cuantos hombres que controlan la mayoría de los recursos controlan también la televisión, y de ese modo pueden controlar una realidad alternativa muy efectiva. ¿Cómo logra Trump ser elegido? Esos pocos hombres de Rusia que controlan la riqueza usan un poquito de esa riqueza para influir en los flujos de información dentro de Estados Unidos. Y lo hacen, desafortunadamente, con mucho éxito.

Una de las formas más fáciles de manipular a las personas es dividir el mundo entre ellos y nosotros. En esa dualidad se basa el fascismo

Se juntan para manipular, pues.

Robert Mercer y Steve Bannon y la empresa Cambridge Analytica usan la riqueza de una persona para entrar en Internet e intentar influir en las emociones y conseguir que algunos voten o no voten, según los intereses. Es una especie de matrimonio entre la riqueza extrema y el deseo de preservarla a través de la manipulación de las emociones en Internet, con fake news u otras cosas. Una de las formas más fáciles de manipular a las personas, de mantenerlas lejos de los datos, es dividir el mundo entre ellos y nosotros. Y a Internet eso se le da fenomenal: haz clic en esta dirección y te sentirás estupendamente. Eso, por supuesto, nos devuelve al fascismo, que se basa en esa idea de ellos y nosotros.

En Sobre la tiranía usted alerta del peligro que corre el periodismo. ¿Por qué quieren matar el periodismo?

Tendemos a pensar que mientras digamos algo por radio o televisión o en los periódicos hay libertad de expresión y, por tanto, democracia. Pero eso no es cierto. Lo que Putin y Trump comprenden es que puedes rellenar el espacio informativo enteramente con cosas que no son verdad. Así que puede parecer que está teniendo lugar una conversación porque ­alguien diga algo diferente a lo que dice otro. Puede estar esa conversación llena de aire malo: el aire bueno son los hechos, y eso es lo que ha de buscar el buen periodista. Es evidente que es más fácil llenar el aire de falsas verdades. Putin y Trump tienen miedo de los periodistas y los odian porque comprenden algo que nosotros también hemos de entender: que los hechos son los que hemos de contar para ser libres. Si no contamos los hechos, si no creemos en ellos, no somos más que víctimas de cualquier basura que haya por ahí que nos guste más.

¿Por qué le preocupa tanto el periodismo?

Vengo de provincias, hubo allí periódicos locales que competían. Eso ya no existe. Cuando mueren las noticias locales, muere la democracia. Observar a Rusia en este sentido es también útil. Allí mueren las noticias locales antes que en otros países. Cuando mueren las noticias locales, la gente empieza a hablar de “los medios”, y cuando la gente habla así es que la cosa se ha ido de las manos, porque nadie se fía de “los medios”. ¿Por qué, sentado en Nebraska, he de fiarme de un reportero de Los Ángeles o Nueva York que nunca viene a Nebraska? No me fío, pues. Rusia nos enseña lo que pasa después: la gente desconfía de lo que le cuentan los medios, entonces las autoridades hacen que desconfíe a la vez de todo el mundo. Y eso es lo que hace Trump, llevar a la gente a la desconfianza general. Y dice: desconfiad de los medios, odiad a los reporteros, fíense de los sentimientos. Y luego él te descubre cuáles son tus sentimientos: el miedo, el odio, la arrogancia. Parte de la razón por la que pienso que los reporteros son tan importantes es porque veo lo que pasa cuando desaparecen. Cuando los periodistas se van, sobre todo los locales, se crea una oportunidad para que los autoritarios gobiernen desde la desconfianza. Gracias a los reporteros sabemos de la guerra global, de la desigualdad global. Para combatir la desigualdad global nada hay mejor que periodismo de primera mano.

Dice usted en su último libro que cuando las cosas se rompen, virtudes que se habían perdido reaparecen…

En El camino hacia la no libertad me pareció necesario escribir sobre ética. Mostrar que hemos heredado instituciones como el periodismo o la cooperación europea, instituciones que nos ayudan a ser más decentes. Y cuando se desafía a esas instituciones, la penumbra ética se hace más clara, por lo menos durante un momento, antes de desaparecer por completo. Esas instituciones que he citado han de permanecer, pero debemos crear nuevas.

En Europa ahora hay dos amenazas, el Brexit y lo que sucede con Cataluña. ¿Cómo lo ve usted?

Primero, un principio general : no puedes forzar a la gente a que esté junta cuando no quiere. Lo entiendo. Otra cosa : lo que aprendimos de la Segunda Guerra Mundial es que esta cosa a la que llamamos Estado-nación europea es, en gran medida, inexistente, y cuando sí existió se derrumbó y acabó en nada : Polonia, Checoslovaquia, Estonia, Lituania… Existe una historia de los imperios y de Europa… Y la función de Europa es ayudar a los Estados. Donde la gente puede equivocarse mucho, y hablo ahora de Reino Unido, es en no comprender que Europa te ayuda a ser un Estado. Ese es el gran error. Casi nadie en Reino Unido reconoce eso. Y el riesgo ahí es que cuando las cosas se derrumban, luego siguen derrumbándose. No es solo que Reino Unido abandone Europa, es que Reino Unido entonces deja de existir e incluso Inglaterra deja de parecerse a la Inglaterra que la gente espera que sea. Es diferente cuando se enfrenta a solas a Rusia, a Estados Unidos, a China, que cuando es asistida por Europa en la idea de agradable globalización que esta ha hecho posible.

¿Y con respecto a Cataluña?

No sé lo suficiente para tener una posición clara. Creo que algo muy importante sobre el separatismo ahora, sea escocés o catalán, es asegurarnos de que la discusión no esté bajo control de factores externos. Si a los rusos les interesa Cataluña como les interesa Escocia, como les interesa cualquier cosa que debilite a España o a Europa en general, eso no significa que los catalanes no tengan derecho a decidir por sí mismos. Pero a la hora de decidir, la gente ha de ser consciente de que no hay adónde ir excepto a un lugar mayor. O te vas al mundo donde están Rusia, América o China y la globalización, o te vas a Europa. Es imposible estar solo, eso es un sueño. No quiero hablar de Cataluña porque no he vivido allí, no siento que comprenda la historia, pero mi idea general es que, si te vas de algún sitio, tienes que saber adónde vas, porque si no alguien va a terminar diciendo dónde acabas.

Utiliza a Eliot y a Orwell para hablar de las sombras del siglo XX. Este es también tiempo de sombras…

Por eso son necesarios los hechos, la verdad. Gobernar desde las sombras es decirle a la gente lo que quiere oír, mantenerla en un cierto lugar emocional. Mientras que perseguir la verdad ensancha y profundiza, porque el hallazgo es sorprendente. Y esa capacidad de ser sorprendidos nos convierte en mejores ciudadanos.

Ce lundi 22 octobre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

 

 

Les conditions de la survie : « Terre noire » de Timothy Snyder, un fort livre inquiet

30nov

Du magnifique historien américain Timothy Snyder,

après l’admirable Terres de sang _ L’Europe entre Hitler et Staline, en 2012,

et le passionnant et intrigant Le Prince rouge _ Les Vies secrètes d’un archiduc de Habsbourg, en 2013

_ cf mes articles du 26 juillet 2012 et du 30 décembre 2013 : chiffrage et inhumanité (et meurtre politique de masse) : l’indispensable et toujours urgent « Terres de sang _ l’Europe entre Hitler et Staline » de Timothy Snyder  et La place du « rêve ukrainien » d’un Habsbourg, dès 1912, dans l’Histoire de notre Europe : le passionnant « Le Prince rouge _ les vies secrètes d’un archiduc de Habsbourg », de Timothy Snyder : sur les modalités de la faisabilité de l’Histoire _,

voici que paraît cet automne 2016 le très important Terre noire _ L’Holocauste et pourquoi il peut se répéter,

tous aux Éditions Gallimard.

Ce livre plus qu’inquiet sur la possibilité de nouveaux génocides au XXIe siècle,

s’inscrit à mes yeux dans le prolongement de l’extraordinaire Persécutions et entraides dans la France occupée _ Comment 75 % des Juifs en France ont échappé à la mort, de l’immense Jacques Semelin, paru en 2013 aux Éditions Les Arènes et Le Seuil

_ cf mon article du 30 juin 2013 : Un monumental chef d’oeuvre de micro-histoire : « Persécutions et entraides dans la France occupée » de Jacques Semelin .

Fort de son travail si précieux sur les faits dans son plus qu’indispensable Terres de sang,

et rejoignant, aussi, les analyses de Hannah Arendt dans son essentiel Les Origines du totalitarisme,

Timothy Snyder met ici l’accent sur l’importance présente et à venir de l’existence effective d’institutions étatiques, capables, seules, de défendre l’existence de droits eux-mêmes effectifs et efficaces,

indépendamment et en plus, aussi, de la réalité, elle-même très effective et nécessaire !, mais plus rare et plus difficile en l’absence de l’existence d’États et de droits, quand ils sont détruits,

de la bonne volonté de « sauveteurs » des pourchassés

(cf le chapitre, immédiatement avant la Conclusion, significativement intitulé « La poignée de Justes« ) ;

et je pense aussi à l’admirable chef d’œuvre qu’est L’Allemagne nazie et les Juifs _ Les Années d’extermination _ 1939-1945, de Saul Friedländer

_ cf ici mon article récent, le 29 septembre 2016, à propos de Où mène le souvenir _ ma vie :

Saul Friedländer : la construction chahutée (par la vie) de l’oeuvre et de l’homme _ émergence et accomplissement d’une « vocation »

En cela, Timothy Snyder tente d’éclairer sur ce que des « leçons de l’Histoire » pourraient enseigner aux citoyens d’aujourd’hui que nous sommes, à l’heure de l’ultra-libéralisme et des critiques contre l’État…

Cf à ce sujet le récent retentissant article de Timothy Snyder, publié, entre autres journaux, par Le Monde :

20 Lessons from the 20th Century on How to Survive in Trump’s America

Americans are no wiser than the Europeans who saw democracy yield to fascism, Nazism or communism. Our one advantage is that we might learn from their experience. Now is a good time to do so. Here are 20 lessons from across the fearful 20th century, adapted to the circumstances of today.

1. Do not obey in advance. Much of the power of authoritarianism is freely given. In times like these, individuals think ahead about what a more repressive government will want, and then start to do it without being asked. You’ve already done this, haven’t you? Stop. Anticipatory obedience teaches authorities what is possible and accelerates unfreedom.

2. Defend an institution. Follow the courts or the media, or a court or a newspaper. Do not speak of “our institutions” unless you are making them yours by acting on their behalf. Institutions don’t protect themselves. They go down like dominoes unless each is defended from the beginning.

3. Recall professional ethics. When the leaders of state set a negative example, professional commitments to just practice become much more important. It is hard to break a rule-of-law state without lawyers, and it is hard to have show trials without judges.

4. When listening to politicians, distinguish certain words. Look out for the expansive use of “terrorism” and “extremism.” Be alive to the fatal notions of “exception” and “emergency.” Be angry about the treacherous use of patriotic vocabulary.

5. Be calm when the unthinkable arrives. When the terrorist attack comes, remember that all authoritarians at all times either await or plan such events in order to consolidate power. Think of the Reichstag fire. The sudden disaster that requires the end of the balance of power, the end of opposition parties, and so on, is the oldest trick in the Hitlerian book. Don’t fall for it.

6. Be kind to our language. Avoid pronouncing the phrases everyone else does. Think up your own way of speaking, even if only to convey that thing you think everyone is saying. (Don’t use the Internet before bed. Charge your gadgets away from your bedroom, and read.) What to read? Perhaps The Power of the Powerless by Václav Havel, 1984 by George Orwell, The Captive Mind by Czesław Milosz, The Rebel by Albert Camus, The Origins of Totalitarianism by Hannah Arendt, or Nothing is True and Everything is Possible by Peter Pomerantsev.

7. Stand out. Someone has to. It is easy, in words and deeds, to follow along. It can feel strange to do or say something different. But without that unease, there is no freedom. And the moment you set an example, the spell of the status quo is broken, and others will follow.

8. Believe in truth. To abandon facts is to abandon freedom. If nothing is true, then no one can criticize power because there is no basis upon which to do so. If nothing is true, then all is spectacle. The biggest wallet pays for the most blinding lights.

9. Investigate. Figure things out for yourself. Spend more time with long articles. Subsidize investigative journalism by subscribing to print media. Realize that some of what is on your screen is there to harm you. Bookmark PropOrNot and other sites that investigate foreign propaganda pushes.

10. Practice corporeal politics. Power wants your body softening in your chair and your emotions dissipating on the screen. Get outside. Put your body in unfamiliar places with unfamiliar people. Make new friends and march with them.

11. Make eye contact and small talk. This is not just polite. It is a way to stay in touch with your surroundings, break down unnecessary social barriers, and come to understand whom you should and should not trust. If we enter a culture of denunciation, you will want to know the psychological landscape of your daily life.

12. Take responsibility for the face of the world. Notice the swastikas and the other signs of hate. Do not look away and do not get used to them. Remove them yourself and set an example for others to do so.

13. Hinder the one-party state. The parties that took over states were once something else. They exploited a historical moment to make political life impossible for their rivals. Vote in local and state elections while you can.

14. Give regularly to good causes, if you can. Pick a charity and set up autopay. Then you will know that you have made a free choice that is supporting civil society helping others doing something good.

15. Establish a private life. Nastier rulers will use what they know about you to push you around. Scrub your computer of malware. Remember that email is skywriting. Consider using alternative forms of the Internet, or simply using it less. Have personal exchanges in person. For the same reason, resolve any legal trouble. Authoritarianism works as a blackmail state, looking for the hook on which to hang you. Try not to have too many hooks.

16. Learn from others in other countries. Keep up your friendships abroad, or make new friends abroad. The present difficulties here are an element of a general trend. And no country is going to find a solution by itself. Make sure you and your family have passports.

17. Watch out for the paramilitaries. When the men with guns who have always claimed to be against the system start wearing uniforms and marching around with torches and pictures of a Leader, the end is nigh. When the pro-Leader paramilitary and the official police and military intermingle, the game is over.

18. Be reflective if you must be armed. If you carry a weapon in public service, God bless you and keep you. But know that evils of the past involved policemen and soldiers finding themselves, one day, doing irregular things. Be ready to say no. (If you do not know what this means, contact the United States Holocaust Memorial Museum and ask about training in professional ethics.)

19. Be as courageous as you can. If none of us is prepared to die for freedom, then all of us will die in unfreedom.

20. Be a patriot. The incoming president is not. Set a good example of what America means for the generations to come. They will need it.


Les Américains ne sont pas plus avisés que les Européens, qui ont vu la démocratie succomber au fascisme, au nazisme ou au communisme. Notre seul avantage est que nous pouvons apprendre de leur expérience. C’est le bon moment pour le faire. Voici vingt leçons du XXe siècle adaptées aux circonstances du jour.

1. N’obéissez pas à l’avance. L’autoritarisme reçoit l’essentiel de son pouvoir de plein gré. Dans des moments comme ceux-ci, les individus prédisent ce qu’un gouvernement répressif attend d’eux et commencent à le faire de leur propre initiative. Ça vous est déjà arrivé, n’est-ce pas ? Arrêtez. L’obéissance anticipée renseigne les autorités sur l’étendue du possible et accroît la restriction des libertés.

2. Protégez les institutions. Respectez la justice ou les médias, ou bien un tribunal ou un journal en particulier. Ne parlez pas des « institutions » en général, mais de celles que vous faites vôtres en agissant en leur nom. Les institutions ne se protègent pas elles-mêmes. Elles tombent comme des dominos si elles ne sont pas défendues dès l’origine.

3. Souvenez-vous de la déontologie professionnelle. Lorsque des gouvernants montrent le mauvais exemple, les engagements professionnels envers des pratiques justes deviennent très importants. Si les avocats font leur travail, il sera difficile de détruire l’Etat de droit, et si les juges font le leur, de tenir des procès spectacles.

4. Quand vous écoutez des discours politiques, faites attention aux mots. Prêtez l’oreille à l’usage répété des termes « terrorisme » et « extrémisme ». Ouvrez l’œil sur les funestes notions d’« état d’exception » ou d’« état d’urgence ». Et élevez-vous contre l’usage dévoyé du vocabulaire patriotique.

5. Gardez votre calme quand arrive l’inconcevable. Lorsque survient l’attentat terroriste, rappelez-vous que les groupes autoritaires n’espèrent ou ne préparent de tels actes que pour asseoir un pouvoir plus fort. Pensez à l’incendie du Reichstag. Le désastre soudain qui nécessite la fin de l’équilibre des pouvoirs, l’interdiction des partis d’opposition, etc., est un vieux truc du manuel hitlérien. Ne vous y laissez pas prendre.

6. Soignez votre langage. Evitez de prononcer des phrases que tout le monde reprend. Imaginez votre propre façon de parler, même si ce n’est que pour relayer ce que chacun dit. N’utilisez pas Internet avant d’aller au lit. Rechargez vos gadgets loin de votre chambre à coucher, et lisez. Quoi ? Peut-être Le Pouvoir des sans-pouvoir, de Vaclav Havel ; 1984, de George Orwell ; La Pensée captive, de Czestaw Milosz ; L’Homme révolté, d’Albert Camus ; Les Origines du totalitarisme, de Hannah Arendt ; ou Rien n’est vrai tout est possible, de Peter Pomerantsev.

7. Démarquez-vous. Il faut bien que quelqu’un le fasse. Il est facile de suivre, en paroles comme en actes. Il l’est moins de dire ou de faire quelque chose de différent. Mais sans un tel embarras, il n’y a pas de liberté. Dès le moment où vous montrez l’exemple, le charme du statu quo se rompt, et d’autres suivent.

8. Croyez en la vérité. Abandonner les faits, c’est abandonner la liberté. Si rien n’est vrai, personne ne peut plus critiquer le pouvoir, puisqu’il n’y a plus de base pour le faire. Si rien n’est vrai, tout est spectacle. Le plus gros portefeuille paie pour les plus aveuglantes lumières.

9. Enquêtez. Découvrez les choses par vous-même. Passez plus de temps à lire de longs articles. Soutenez le journalisme d’investigation en vous abonnant à la presse écrite. Comprenez que ce que vous voyez à l’écran ne cherche parfois qu’à vous faire du mal. Ajoutez à vos favoris des sites comme PropOrNot.com, qui démystifie les campagnes de propagande en provenance de l’étranger.

10. Pratiquez une politique « corporelle ». Le pouvoir veut que vous vous ramollissiez dans votre fauteuil et que vos émotions s’évanouissent devant l’écran. Sortez. Déplacez votre corps dans des endroits inconnus au milieu d’inconnus. Faites-vous de nouveaux amis et marchez ensemble.

11. Echangez des regards, dites des banalités. Ce n’est pas seulement de la politesse. C’est un moyen de rester en contact avec votre environnement, de briser les barrières sociales inutiles, et d’en venir à comprendre à qui vous fier ou non. Si nous entrons dans une culture de la dénonciation, vous ressentirez le besoin de connaître le paysage psychologique de votre vie quotidienne.

12. Sentez-vous responsable du monde. Remarquez les croix gammées et les autres signes de haine. Ne détournez pas le regard, ne vous y habituez pas. Retirez-les vous-même et donnez l’exemple afin que les autres fassent de même.

13. Refusez l’Etat à parti unique. Les partis qui prennent le contrôle des Etats étaient autrefois autre chose. Ils ont su exploiter un moment historique pour interdire toute existence politique à leurs rivaux. Participez aux élections locales et nationales tant que vous en avez la possibilité.

14. Dans la mesure de vos moyens, faites des dons aux bonnes causes. Choisissez un organisme caritatif qui vous convient et configurez le paiement automatique. Vous saurez alors que vous avez employé votre libre-arbitre à encourager la société civile à aider les autres à faire quelque chose de bien.

15. Protégez votre vie privée. Les dirigeants peu scrupuleux emploieront ce qu’ils savent de vous pour vous nuire. Nettoyez votre ordinateur des logiciels malveillants. Rappelez-vous qu’envoyer un courrier électronique est comme écrire dans le ciel avec de la fumée. Pensez à utiliser des formes d’Internet alternatives, ou, plus simplement, utilisez-le moins. Cultivez les échanges de personne à personne. Pour la même raison, ne laissez pas irrésolus les problèmes juridiques. Les Etats autoritaires sont comme des maîtres chanteurs, à l’affût de tout crochet pour vous harponner. Essayez de limiter les crochets.

16. Apprenez des autres et des autres pays. Entretenez vos amitiés à l’étranger ou faites-vous y de nouveaux amis. Les difficultés que nous traversons ne sont qu’un élément d’une tendance plus générale. Et aucun pays ne pourra trouver de solution à lui tout seul. Assurez-vous que vous et votre famille avez des passeports en règle.

17. Prenez garde aux paramilitaires. Quand des hommes armés se prétendant antisystème commencent à porter des uniformes et à déambuler avec des photos du chef, la fin est proche. Lorsque ces milices paramilitaires, la police officielle et l’armée commencent à se mélanger, la partie est terminée.

18. Réfléchissez bien avant de vous armer. Si vous portez une arme dans un service public, Dieu vous bénisse et vous protège. Mais n’oubliez pas que certains errements du passé ont conduit des policiers ou des soldats à faire parfois des choses irrégulières. Soyez prêt à dire non. (Si vous ne savez pas ce que cela signifie, contactez le Musée du Mémorial américain de l’Holocauste et renseignez-vous sur les formations en éthique professionnelle.)

19. Soyez aussi courageux que vous le pouvez. Si aucun de nous n’est prêt à mourir pour la liberté, alors, nous mourrons tous de l’absence de liberté.

20. Soyez patriote. Le président entrant ne l’est pas. Donnez l’exemple de ce que l’Amérique pourrait signifier pour les générations à venir. Elles en auront besoin.

Timothy Snyder, professeur d’histoire à l’université de Yale, Etats-Unis. Traduit de l’anglais par Olivier Salvatori.

A bons entendeurs, salut !

Titus Curiosus, ce mardi 29 novembre 2016

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