de la dimension de profondeur _ et avec intensité ! _ dans la musique française ; et son interprétation : le magnifique exemple Claude Debussy / Nelson Freire

— Ecrit le vendredi 16 janvier 2009 dans la rubriqueHistoire, Musiques, Rencontres”.

En prolongement, en quelque sorte de mon précédent article, sur le tout aussi (grandiosement) magnifique « exemple » Jean-Marie Leclair / John Holloway (« dans » l’exceptionnel CD Sonatasde Jean-Marie Leclair _ CD ECM 2009 n° 476 6280) : « une merveilleuse “entrée” à la musique de goût français : un CD de “Sonates” de Jean-Marie Leclair, avec le violon de John Holloway« ,

je viens ici « partager » la joie profonde que donne le CD Decca 478 1111 « Debussy Nelson Freire« , qui vient tout juste de paraître, avec un programme _ tout aussi merveilleusement « choisi » ! _ d’interprétations du Livre I des « Préludes« , « D’un cahier d’esquisses« , « Children’s corner » et « Clair de Lune«  (extrait de la « Suite bergamasque« ) de Claude « de France« ,

je veux dire Claude Debussy (né le 22 août 1862 à Saint-Germain-en-Laye et mort le 25 mars 1918 à Paris : « Tirili, tirila, je suis tout bonnement de Saint-Germain-en-Laye, à une demi-heure de Paris« )… ;

CD enregistré à la Friedrich-Ebert-Halle, Harburg, Hambourg, les 11-15 juin 2008…

La musique requiert,

pour qui ne se contente pas de la « lire » sur partition,

la médiation d’une interprétation _ inspirée !!! _ d’un artiste, qui sache la rendre _ elle, la musique ! _ avec humilité et inspiration (« génie de l’auteur, es-tu là ? fais- nous la grâce de venir nous visiter !..« , sous ses doigts, sous sa voix, dans la tension tendre, et très intensément, d’un « jeu »,

et en un lieu et un instant donnés ;

la qualité de l’enregistrement offrant, ensuite, la disposition

_ technologique : commode ! vive le disque ! _

d’une « répétition » infiniment prolongée :

répétée donc, à volonté ; mais différente, et à son meilleur « enrichie »

_ cf ici les analyses irremplaçables de Deleuze (1925-1995) en son (très grand !) « Différence et répétition« , en 1968 ;

mais aussi le principe des « variations » (baroques), et de « diminutions » (juste avant…) ;

lire ici « L’Altération musicale » de l’ami Bernard Sève (en 2002) _,

la qualité de l’enregistrement offrant la disposition d’une « répétition », et à son meilleur « enrichie », donc,

de la « rencontre » avec l’attention (« requise »), et, « quand ça vient« , souvent, sinon à chaque fois, émerveillée, et non émoussée

_ et c’est là, sinon à terme (à Dieu ne plaise ! pas trop vite, pas trop tôt, prématurément !..), du moins au fil des écoutes (elles murissent !…), un critère de la valeur des divers éléments placés en « connexion »… _

d’une écoute qui « doit » _ c’est là son requisit propre ! _ se hisser, elle aussi, à ce niveau de « beauté » des précédents « sens » (en action) des précédents « intervenants » (en la « chaîne » du « donné-rendu » de l’œuvre…) :

au premier chef desquels _ of course ! _ le compositeur (« auteur » premier : à la source…) et l’interprète sont les « maillons » principaux, mais non exclusifs…

Chacun « amenant »

_ sinon « convoquant » (= « faisant venir » ; comme érotiquement : in english, to come !) _,

au jour « J »

_ jour de la création de l’œuvre par son auteur-créateur ;

jour de l’interprétation de l’œuvre par l’interprète (à l’enregistrement _ ou au concert ; ou à « l’audition ») ;

jour de l’audition (= acte æsthétique _ cf le si merveilleux et nécessaire (de lire) !L’acte esthétique” de Baldine Saint-Girons _

de l’auditeur-écouteur (qui en « jouit »…) _

chacun amenant, donc,

tout ce qui peut concourir _ poïétiquement ! _ au miracle du meilleur de la « rencontre » æsthétique, donc…

Bref,

et même si je découvre ce matin sur le site de Channel Classics les quelques « réserves » d’écoute _ ou plutôt d' »audition » (acoustique !) _, quant au travail d’ingénierie du son (pour Decca) de Philip Siney, de Christophe Huss

_ dont c’est en quelque sorte un « dada » ; et au point, hélas pour lui, de s’en gâcher totalement, et combien souvent, le plaisir !!! _,

en son article (débutant par un « Et un autre massacre, un !« ) ;

et même si je découvre les quelques « réserves » d' »audition » (acoustique !) de Christophe Huss

quant à la « réalisation » de Nelson Freire,

Christophe Huss use, tout de même _ ouf ! _ des expressions « le toucher miraculeux«  _ oui ! _

et « la science de la respiration _ absolument : quelle qualité d’écoute de la musique de la part de l’interprète ! _ de Nelson Freire«  ;

ainsi que « un des plus grands pianistes de notre temps » !..


Sur la qualité de l’écoute de Nelson Freire,

je relèverai, encore, cette remarque du livrettiste Olivier Bellamy, page 6 du livret du CD Decca :

« Le grand Claude-Achille (…) suggère au lieu d’évoquer. (…) Debussy écoute le vent du monde lui rapporter, d’est en ouest, rumeurs anciennes et sons nouveaux (…). Nul autre que Nelson Freire ne se sent plus proche de cette pudeur féconde _ une belle expression _, de ce raffinement silencieux _ c’est on ne peut plus juste ! Il adore aussi la délicatesse de la dédicace de « Children’s corner«  : « A ma chère petite Chouchou, avec les tendres excuses de son père pour ce qui va suivre ». Après la mort de Debussy, Alfred Cortot était venu jouer quelques « Préludes«  à sa fille chérie _ Claude-Emma (30 octobre 1905 – 14 juillet 1919), dite « Chouchou«  _ (qui rejoindra un an plus tard son père dans la tombe _ au cimetière de Passy _ ). Il avait demandé à l’adolescente : « Est-ce ainsi que ton père jouait ? » Chouchou avait répondu : « Oui, mais papa écoutait davantage… »

Ecouter et laisser s’exprimer la musique, voilà le secret.« 

Et Olivier Bellamy ajoute encore, à la suite :

« Chopin ne faisait pas autre chose _ en effet… _ : écoutant ce que lui confiait le piano sous la caresse de ses doigts habiles. » Oui ! 

Bref, ce CD « Debussy Nelson Freire » est un cadeau des Dieux…

Faites-vous en, déjà, une « petite idée »

_ même si rien ne convient moins bien à l’écoute musicale qu’une « idée »,

fût-elle « petite » !… _

en allant l’écouter :

car rien ne remplace l’écoute personnelle ; même si, aussi, il vaut mieux « écouter » (vraiment) plusieurs fois…

Bonne écoute !

Bon « enchantement » !

Bon « Debussy Nelson Freire » ! pour vous…

Titus Curiosus, le 16 janvier 2009

Commentaires récents

Posté par colbert
Le 17 janvier 2009

Aux antipodes : Deep Purple, 1975, Firehorse, écouté plein pot dans les oreillettes, et le vieux que je suis de se trémousser sur son siège radio. Ceux que nosu étions continuent leurs destinées avec l’avenir qu’ils s’étaient promis : nous changerons le monde et notre façon de le sentir… Je dois changer toute la literie. Secouer les couvertures, les remplacer, retaper les oreillers… Puis charrier quelques feuilles mortes… du moins, les déplacer… Ô mélancolies des corvées bien faites !

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