Une pensée pour le départ de Jean-Marie Amat

— Ecrit le mardi 6 mars 2018 dans la rubriqueMusiques, Rencontres”.

Le prestigieux et très aimable et accessible créateur du Saint-James _ Cours de l’Intendance, à Bordeaux, puis à Bouliac _, le chef Jean-Marie Amat, vient de nous quitter, ce lundi 5 mars, après une terrible maladie.

Ayant tout récemment rencontré _ c’était le 7 février dernier, il y a tout juste un mois, à la galerie Arrêt sur l’Image (de Nathalie Lamire-Fabre), pour une petite séquence filmée (de 2′) qui fut amplement diffusée sur FR3 _ son actuel successeur au Saint-James de Bouliac, le très talentueux _ et fort sympathique ! _ Nicolas Magie,

je m’étais enquis auprès de ce dernier de ce que devenait Jean-Marie Amat ;

et Nicolas Magie m’avait informé de l’état de santé de celui-ci… J’en étais navré.

Et j’avais raconté à Nicolas Magie mon extraordinaire souvenir d’avoir dîné avec Jean-Marie Amat et ses assistants, dans la cuisine même où était préparé, au CAPC de Bordeaux, un somptueux repas de gala, le jeudi 12 novembre 1992, pour l’anniversaire des 400 ans de la mort de Montaigne _ le plus prestigieux titulaire, à jamais, de la mairie de Bordeaux _ ;

un repas de 20 (ou plutôt 30) convives _ je ne me souviens pas s’il y avait deux ou trois tables de dix convives chacune : trois, me semble-t-il _, autour de Jacques Chaban-Delmas (et des personnes de la Mairie) et de Jacques Valade (et des personnes du Conseil Régional d’Aquitaine, afin de célébrer _ en musique ad hoc aussi _ le plus illustre des maires de Bordeaux.

Quant à moi, pour ce concert privé, j’avais fait des recherches sur la totalité des références à la musique et aux musiciens présentes dans les Essais de Montaigne : pour n’en découvrir que fort peu _ à l’exception d’usages métaphoriques ! _ ;

à part l’anecdote bien connue de la coutume instituée par le père de Montaigne de faire réveiller son fils aîné par le son harmonieux de la flûte…

Mais Montaigne ne cite jamais un seul nom de compositeur, ni de musicien-interprète.

En France, le premier écrivain à le faire, sera, un demi-siècle plus tard, La Fontaine _ profondément mélomane, ainsi qu’auteur de chansons, et surtout du livret de l’opéra (de Collasse) L’Astrée, créé le 28 novembre 1691, à l’Académie royale de Musique, à Paris _ ; cf mon texte de présentation dans le livret du CD (en 1995) Un Portrait musical de Jean de La Fontaine (CD EMI-Virgin 7243 5 45229 2 5).  

 

A cette époque de Montaigne, en France, en effet,

ni les musiciens-interprètes, ni les musiciens-compositeurs, n’étaient quasiment jamais cités dans les compte-rendus des cérémonies officielles :

ainsi ceux qui accompagnèrent la cérémonie de mariage de Louis XIII et Anne d’Autriche à la cathédrale saint-André de Bordeaux, le 28 novembre 1615, demeurent-ils anonymes pour nous…

On ne peut re-trouver trace de leur présence qu’en recoupant avec beaucoup de patience les documents qui demeurent les plus divers…

Conseiller artistique de la Simphonie du Marais (et son chef, Hugo Reyne),

je filmais, donc, au camescope les 4 musiciens _ dont Hugo Reyne et Pierre Hamon _ qui accompagnaient, au rez-de-chaussée, dans l’immense salle du CAPC, avec de la musique du temps de Montaigne, ce très brillant repas, servi, lui, sur trois très grandes tables rondes, dans une des galeries de l’étage…

Ensuite, j’ai dîné à plusieurs reprises au Bistroy du Saint-James, à Bouliac…

Je me souviens donc avec pas mal d’émotion de Jean-Marie Amat.

Ce mardi 6 mars 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

Par ce lien à cet article-ci : Gastronomie : disparition à Bordeaux du chef Jean-Marie Amat

on peut écouter l’hommage ému de Nicolas Magie à Jean-Marie Amat.

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