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Un nouvel enthousiasmant CD de Zefiro et Alfredo Bernardini : « Grand Tour a Venezia _ Heinichen Lotti Pisendel Veracini Vivaldi Zelenka », le CD Arcana A 534

22déc

Alfredo Bernardini, hautboïste _ je l’avais découvert et admiré vivement lors de Masterclasses, chez Philippe Humeau, à Barbaste _, dirige avec brio, panache, vivacité et élégance son toujours excellent Ensemble : Zefiro.

Et voici que, de Zefiro et Alfredo Bernardini, paraît un nouveau CD Arcana, A 534,

qui nous offre un très beau programme autour des rapports entre la cour de Saxe (et ses musiciens : Pisendel, Heinichen, Zelenka)

et la Cité de Venise (avec Vivaldi, Veracini, Lotti).

 

Voici ce que dit de ce très beau CD, sur le site de Crescendo, Christophe Steyne,

en un article du 17 décembre dernier, intitulé « Influence croisée entre Venise et la cour de Dresde : Zefiro tire un feu d’artifice » :

Influence croisée entre Venise et la Cour de Dresde : Zefiro tire un feu d’artifice !

LE 17 DÉCEMBRE 2022 par Christophe Steyne

Grand Tour a Venezia.

Francesco Maria Veracini (1690-1768) : Ouverture no 6 en sol mineur. Georg Pisendel (1687-1755) : Concerto pour violon no 2 en ré majeur JunP I.7. Antonio Lotti (1667-1740) : Sinfonia de l’opéra Ascanio. Johann David Heinichen (1683-1729) : Concerto pour deux hautbois en mi mineur Seibel 222. Jan Dismas Zelenka (1679-1745) : Ouverture a 7 concertanti en fa majeur ZWV 188. Antonio Vivaldi (1678-1741) : Concerto per l’orchestra di Dresda en sol mineur RV 577.

Zefiro. Alfredo Bernardini, direction et hautbois. Paolo Grazzi, hautbois. Lorenzo Cavasanti, Emiliano Rodolfi, flûte à bec. Alberto Grazzi, basson. Cecilia Bernardini, Claudia Combs, Ayako Matsunaga, Monika Toth, Rossella Croce, Ulrike Fischer, Isotta Grazzi, Matilde Tosetti, violon. Stefano Marcocchi, Teresa Ceccato, alto. Gaetano Nasillo, Sara Bennici, violoncelle. Riccardo Coelati Rama, violone. Francesco Corti, clavecin, positif. Evangelina Mascardi, luth.

Mai 2021. Livret en anglais, français, italien. TT 66’11. Arcana A534

Survivance et prolongement de la peregrinatio academica, le voyage d’initiation que les jeunes gens de l’aristocratie _ d’abord anglaise, puis, plus largement, européenne _ devaient effectuer dans les hauts-lieux de la culture européenne _ en Italie, tout particulièrement… _ contribuait à la formation politique et artistique des élites. C’est dans ce cadre pédagogique que Frédéric-Auguste Ier de Saxe (1670-1733) envoya en 1716 son fils à Venise pour son Cavaliertour, qui dura six mois. L’orchestre de la Cour de Dresde attirait les meilleurs musiciens de l’époque ; Frédéric-Auguste II (1696-1763) en emmena quelques-uns lors de son séjour dans la cité sérénissime, qui accueillait quelques compositeurs natifs (comme Vivaldi ou Lotti) ou de passage (Veracini, né à Florence et devenu organiste de la Basilique San Marco, Heinichen arrivé de Leipzig). Ce brassage marqua les œuvres, tant leur style que leur facture, stimulée par les brillants virtuoses de la Cour saxonne, tel le hautboïste Johann Christian Richter qui inspira au Prete rosso ses créations pour anches les plus ardues _ voilà. Certains compositeurs se plièrent au goût de cette Cour _ polono-saxonne… _, que séduisait le style français. D’autres y furent même ensuite invités, comme Heinichen que le fils ramena avec lui, mais aussi Lotti convié par Auguste le Fort l’année suivante, puis Veracini en 1720.

C’est cet extraordinaire réseau d’échanges et d’émulation qu’illustre le présent album _ voilà _, lançant un pont entre Dresde et Venise, et révélant les influences croisées entre ces deux majeurs foyers artistiques. Parfois sous forme d’hommage revendiqué, ainsi le Concerto per l’orchestra di Dresda où l’auteur des Quatre Saisons exploite un vertigineux laboratoire a molti strumenti (deux flûtes, deux hautbois, basson, cordes) conclu par un impétueux allegro. La même ivresse s’empare de l’étourdissante Folie qui parachève l’Ouverture a 7 concertanti de l’excentrique _ génialissime _ Zelenka, le fantasque Bohémien !

Le programme compte aussi un Concerto pour deux hautbois d’Heinichen, qui abondera le répertoire de la Cour par divers opus poly-instrumentaux, auxquels Reinhard Göbel consacra un remarquable double-album (Archiv, 1992). Le style français prisé par August der Starke est sensible dans la Sinfonia de l’opéra Ascanio ; or l’on s’étonne un peu que ce CD ait choisi celle des six Ouvertures de Veracini qui corresponde le moins à cette dilection. Le Concerto pour violon de son industrieux rival Georg Pisendel (une dissension qui poussa son confrère italien à se défenestrer !) révèle certes la diversité des faveurs musicales en vogue dans la « Florence de l’Elbe », dont témoigne le Gemischter Stil.

Depuis les vinyles de Nikolaus Harnoncourt, la discographie et les concerts viennent périodiquement enrichir l’hommage à cette Hofkapelle qui, jusque la Guerre de Sept ans, put resplendir aux oreilles des Princes-Électeurs de Saxe et souverains de Pologne _ voilà. Un récent _ superbe ! _ CD d’Alexis Kossenko à l’Abbaye de Royaumont _ le CD Aparté AP 258 _ en revigorait le faste par des moyens gargantuesques. Peut-être moins gourmand, d’un trait plus sec qui resserre la trame rythmique et aiguise les lignes, Alfredo Bernardini et son incisif _ oui : ultra-vivant ! _ ensemble Zefiro font ici assaut de tout le zèle imaginable. Des phrasés expressifs quoique drus arment une interprétation aussi précise que chatoyante. Des vertus augurées dans un récital « Dresden » enregistré en novembre 2016 pour le même éditeur _ le CD « Dresde 1720«  Arcana A 438 _, dans une veine chambriste. Tous les coups sont permis pour faire revivre l’éclat et le théâtre _ voilà _ de ces pages. On ne saurait distinguer un pupitre ou un moment tant le travail d’équipe signe un triomphe collectif _ oui, comme il se doit pour ces concerti con  molti istromenti On en sort épaté. La captation dynamique et haute en couleurs _ oui _  achève de nous combler. Admirable de bout en bout _ tout à fait ! Il y a deux ans au Réfectoire des moines, l’attelage Les Ambassadeurs / La Grande Écurie dressait une table de rois. Zefiro tire aujourd’hui le feu d’artifice qui magnifie ce festin.

Son : 9 – Livret : 9,5 – Répertoire : 9-10 – Interprétation : 10

Christophe Steyne

À comparer aussi avec les très récentes étincelantes réussites de Julien Chauvin (et son Concert de la Loge) et Amandine Beyer (et ses Gli Incogniti) en ce même brillantissime répertoire…

Ce jeudi 22 décembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

 

En puisant encore et encore dans le trésor Vivaldi : la belle réussite du CD « Il Mondo al rovescio » d’Amandine Beyer et Gli Incogniti…

17déc

Mon article d’avant-hier 15 décembre « « 

_ ainsi que celui, abondamment cité, de Jean-Charles Hoffelé intitulé « Ordre de désordre« … _,

me conduit à porter attention au CD Harmonia Mundi HMM 902688 « Il Mondo al rovescio » d’Amandine Beyer et ses Incogniti :

et alors que je craignais une pente un peu trop « symphonique » de ces divers « Concerti con molti istromenti » d’Antonio Vivaldi, voici que la découverte attentive de ce CD non seulement me rassure pleinement, mais surtout m’enchante et me ravit…

Et me permet d’abonder dans le commentaire qu’en a donné, sur le site de Crescendo, le 12  octobre dernier, Jean Lacroix,

sous le titre « Amandine Beyer et les Gli Incogniti : un tourbillon vivaldien« …

Le voici donc :

Amandine Beyer et les Gli Incogniti : un tourbillon vivaldien

LE 12 OCTOBRE 2022 par Jean Lacroix

 

Antonio Vivaldi (1678-1741). Il Mondo al rovescio. Concerti con molti istromenti.

Concerto en ré majeur RV 562 ; Concerto pour flûte en mi mineur RV 432 ; Concerto en do majeur RV 556 ; Concerto en fa majeur RV 571 ; Concerto pour violon et hautbois en sol mineur RV 576 ; Concerto pour violon en la majeur RV 344 ; Concerto pour deux hautbois en la mineur RV 536 ; Concerto en fa majeur « Il Proteo ò sia il Mondo al rovescio » RV 572.

Gli Incogniti, violon et direction Amandine Beyer. 2021. Notice en français, en anglais et en allemand. 76.34. Harmonia Mundi HMM 902688.

Amandine Beyer et ses Gli Incogniti nous entraînent dans une nouvelle aventure vivaldienne, avec un Mondo al rovescio (un « Monde à l’envers ») plein de vitalité, d’imagination et de sonorités audacieuses. On ne va pas se priver du plaisir de savourer plusieurs « concerti con molti istromenti » du Prêtre Roux que la virtuose française décrit, dans un texte de présentation, comme un mage, qui se transforme, et qui nous transforme. Amandine Beyer le considère comme un compositeur contemporain, de tous les instants, il nous accompagne au fil des siècles, il est là pour nous soutenir, nous faire rêver, pour nous encourager, nous proposer de nouveaux défis ou des essais impromptus […]. 

On ne se privera pas non plus, avant audition, d’une lecture attentive de la notice éclairante rédigée par le violoniste et musicologue Olivier Fourés, auteur d’une thèse à Lyon en 2007 sur l’œuvre pour violon du maître italien, et collaborateur de l’Institut Vivaldi de Venise. Le signataire détaille des options choisies ici au niveau de l’interprétation, qu’il est bon d’assimiler pour apprécier la qualité de la recherche et de la réalisation. Fourés précise que ces « concerti con molti istromenti » sont des précurseurs de la symphonie _ un peu, mais pas tout à fait encore… _, et qu’ils avaient pour but principal d’exhiber les instruments qu’on avait à sa disposition _ oui. Il n’en manquait _ certes _ pas à l’Ospedale della Pietà de la cité des Doges : l’une des plus célèbres pupilles de l’orphelinat, Anna Maria (c. 1696-1782) jouait aussi bien du clavecin, du luth ou du théorbe que de la mandoline, de la viole d’amour et du violoncelle.

Le programme propose un éventail de huit concertos, aux timbres brillamment diversifiés _ en effet. Dès le RV 562 « per la Solennità di S. Lorenzo » qui ouvre la série, on est accueilli par de joyeuses timbales, deux cors, deux hautbois se joignant au violon dans cette page de jeunesse pour en souligner la vie trépidante _ oui. Fourés a raison de souligner que ce concerto a été conçu par Vivaldi pour montrer son « inimitable » façon de jouer du violon. On en trouve un autre exemple dans le virevoltant RV 571, aux acrobaties parfois échevelées. Lui aussi s’ouvre par des timbales démonstratives. On écoute tout cela avec jubilation _ parfaitement ! Amandine Beyer, comme à son habitude, déploie sa facilité d’archet, à la fois précise, acérée et suprêmement racée ; les Gli Incogniti font valoir la qualité de leurs pupitres chaque fois que l’opportunité leur en est donnée _ oui, oui, oui.

Les occasions ne manquent pas, par exemple dans le RV 576 où deux solistes principaux, violon et hautbois, rivalisent d’effets et d’inventivité. Ou encore dans le RV 536, avec deux hautbois, dont on salue la souplesse teintée de sensualité, ou dans le très bref RV 432, qui laisse la part belle à l’improvisation. Quant au RV 572 qui clôture le tout avec verve et donne son titre l’album, Il Mondo al revescio, il fait participer à la fête le violon et le violoncelle qui, dans le cas présent, peuvent intervertir leur partie. C’est bluffant à tous égards, dans une atmosphère débridée, Vivaldi ayant fait lui-même un arrangement du RV 544, auquel il a ajouté flûtes, hautbois et clavecin. L’allusion à Protée, fils de Poséidon, qui vient s’ajouter au titre initial, définit bien les capacités d’un dieu marin fluctuant pour de multiples et ludiques changements et modifications.

Voilà un disque à goûter avec délices _ oui. On le placera, comme d’autres dont Amandine Beyer et ses Gli Incogniti nous ont déjà gratifiés, parmi les _ infinies _ merveilles vivaldiennes auxquelles on revient sans jamais se lasser _ parfaitement ! On y ajoutera le choix judicieux, pour la couverture de l’album, de la reproduction de la superbe huile sur bois La Gomera de la jeune artiste Cinta Vidal, née à Barcelone en 1982. Elle est tout à fait dans l’esprit de ce « monde à l’envers » qui nous fait tourner la tête.

Son : 9  Notice : 10  Répertoire : 10  Interprétation : 10

Jean Lacroix

Avec ou après le CD « Vivaldi Concerti per violino X ‘Intorno a Pisendel’« 

de Julien Chauvin et son Concert de la Loge,

..

un nouveau somptueux CD vivaldien que ce CD « Il Mondo al rovescio« 

d’Amandine Beyer et ses Incogniti.

Ce samedi 17 décembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

 

Retour sur l’éblouissant CD Vivaldi (et Pisendel) du somptueux Julien Chauvin et son Concert de la Loge : le CD Naïve OP 7546…

15déc

Avec l’article « Ordre et désordre » _ ou Apollon et Dionysios _ publié ce jour par Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia,

l’actualité des médias consacrés à la discographie me donne l’occasion d’enfoncer encore un peu plus le clou de mon enthousiasme de mélomane, exprimé sur ce blog le 2 novembre dernier en mon assez dithyrambique article « « .

Voici donc cet article « Ordre et désordre » :

ORDRE ET DÉSORDRE

Pisendel, devenu le premier violoniste de la cour du Prince héritier de Saxe, aura accentué _ en effet _ le goût transalpin déjà si célébré _ oui _ par le Prince Electeur qui faisait volontiers le voyage de Venise, s’y faisant accompagner de ses musiciens _ voilà.

Sa rencontre avec Vivaldi affermira encore une technique et un goût musical tout italien formé par Torelli et Pistocchi. Vivaldi, émerveillé par sa technique imparable, ira jusqu’à lui confier quelques manuscrits que Pisendel conservera précieusement à Dresde _ voilà ! _, et qui pourraient constituer un portrait resté vivant de son art brillant et profond à la fois _ mais oui !!! _, ressuscité avec autant de caractère que de perfection _ parfaitement ! _ par Julien Chauvin _ tant au violon qu’à la direction de son orchestre _ au long de son bel album.

De son violon il marie à égalité les humeurs virtuoses et l’aspiration à une élévation du discours _ mais oui ! _ qui regarde déjà vers un certain classicisme _ il existe bien ainsi toute une vraie filiation, via leur commun mécène bohème le Comte Morzin, entre Antonio Vivaldi et Joseph Haydn… _ : les œuvres sont magnifiques, de grande parade, elles arborent des décors d’orchestre somptueux dont Le Concert de la Loge se régale, célébrant une harmonie rayonnante où transparaît la perfection corellienne _ c’est très justement dit.

À l’autre bout _ oui _ de la planète Vivaldi, Amandine Beyer et ses Incogniti nous entraînent dans les folies des concerti con molti stromenti, paradis ou enfer (c’est selon) où Vivaldi bouscule tout comme dans les trompes de chasse et de combat qui ouvrent le premier (ici) des deux concertos « Per la Solennità di S. Lorenzo », rappelant jusque dans ses fêtes religieuses comme Venise se régalait de pompes profanes.

Les _ audacieux et très inventifs _ alliages instrumentaux les plus capricieux _ oui _ bariolent les opus réunis ici, osant jusqu’au charivari ravageur dont sont capables les cors naturels. Vivaldi exulte dans ces outrages à l’harmonie dont l’impertinente bande se régale, signant un disque joliment iconoclaste _ bien différent des CDs de virtuosité de solistes….

LE DISQUE DU JOUR

Vivaldi Edition, Vol. 69


Concerti per violino X
« Intorno a Pisendel »

Antonio Vivaldi (1678-1741)


Concerto pour violon en sol majeur, RV 314
Concerto pour violon en
ré majeur, RV 226

Concerto pour violon en
si bémol majeur, RV 369

Concerto pour violon en ré mineur, RV 237
Concerto pour violon en ré majeur, RV 225
Concerto pour violon en la majeur, RV 340

Le Concert de la Loge
Julien Chauvin, violon, direction
Un album du label naïve classique OP7546

Il mondo al rovescio
Concerti con molti strumenti

Antonio Vivaldi (1678-1741)


Concerto en ré majeur, RV 562 « Per la Solennità di
San Lorenzo »

Concerto pour flûte en
mi mineur, RV 432

Manuel Granatiero, flûte

Concerto en ut majeur, RV 556 « Per la Solennità di San Lorenzo »
Concerto en fa majeur, RV 571
Concerto pour violon et hautbois en sol mineur, RV 576
Neven Lesage, hautbois – Amandine Beyer, violon

Concerto pour violon en la majeur, RV 344
Amandine Beyer, violon


Concerto pour 2 hautbois en la mineur, RV 536
Neven Lesage, Gabriel Pidoux, hautbois
Concerto en fa majeur, RV 572 « Il proteo o sià Il mondo al rovescio »

Gli Incogniti
Amandine Beyer, violon, direction
Un album du label harmonia mundi HMM902688

Photo à la une : le violoniste Julien Chauvin – Photo : © Maro Borggreve

Ce jeudi 15 décembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

 

Un passionnant travail sur les Quatuors à cordes (autour de Purcell) avant le Quatuor à Cordes de Haydn : le CD « ’tis late to be wise » du Kitgut Quartet

24jan

Amandine Beyer et ses amis du Kitgut Quartet,

Naaman Sluchin, Josèphe Cottet et Frédéric Baldassare, 

viennent nous offrir

en un CD _ Harmonia Mundi HMM 902313 _

intitulé Tis too late to be wise,

et sous-titré String Quartets before the String Quartet,

un magnifique et très intriguant _ et plus encore convainquant ! et, cerise sur le gâteau, ravissant, et même éblouissant !!! _ programme

autour des origines musicales,

ici dans l’Angleterre autour de Purcell (et Locke, et Blow) _ dans la seconde moitié du XVIIIe siècle _,

du genre du Quatuor à cordes, 

en l’occurence celui élaboré par Joseph Haydn (1732 – 1809)

_ mais ils auraient aussi bien pu choisir celui élaboré par Luigi Boccherini (1743 – 1805).

L’excellence du choix des (12) œuvres choisies par eux

est telle

qu’à ne pas trop suivre de près

le déroulé même des œuvres _ superbes ! _ se succédant sur la platine,

on ne perçoit nul saut temporel marquant

_ ni a fortiori choquant ! _

entre la Sarabande

de la Suite n°2 du Consort of Four Parts

de Matthew Locke (1621/23 – 1677)

et le premier mouvement Adagio

du Quatuor à cordes opus 71 n°2

de Joseph Haydn (1732 – 1809) _ une œuvre qui date de 1795, à Vienne…

C’en est même bluffant !

Alors que nous sommes dans une même semblable configuration musicale,

à quasi un siècle de distance…

Et je dois ajouter que l’interprétation de ce Quatuor opus 71 n°2 de Joseph Haydn

est absolument magnifique ;

de même que celles des œuvres, en ce CD, de Henry Purcell (1659 – 1695), Matthew Locke (1621/23 – 1677) et John Blow (1649 – 1708)

_ qui n’ont certes pas été écrites comme constituant des Quatuors à cordes,

pour 2 violons, 1 alto et 1 violoncelle !..

L’intelligence musicale d’un tel programme

ainsi que la perfection de sa réalisation

nous comblent de joie…

Ce vendredi 24 janvier 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa 

Les origines du quatuor selon la famille des Kitgut

Il est facile de prendre son instrument et de se mettre à jouer avec trois amis. Ou sept. Ou plus… Prendre la plume à quatre ou parler en même temps serait beaucoup plus confus. C’est ce qui fait la magie de la musique, qui surmonte tous les obstacles des différents idiomes et la cacophonie des discours superposés.
Pour parler des Kitgut, de nos espoirs et de nos enjeux, nous avons donc choisi de demander à deux personnages emblématiques de notre famille musicale, Jeanne Roudet et Olivier Fourés, d’écrire quelques mots sur notre formation et sur notre programme “’Tis too late to be wise”. Nous vous laissons en leur compagnie…

AMANDINE BEYER

Interroger les origines du quatuor à cordes c’est renouer avec une pratique sociale aux antipodes de l’académisme figé des salles de concerts et des enregistrements en studio. C’est en effet comme métaphore de la conversation que la musique de chambre se développe au xviiie siècle, dans le même contexte privé des salons. Comme divertissement, elle revêt la même part d’imprévu et d’improvisation qui garantit l’interaction entre les protagonistes et la participation active des auditeurs. Ainsi, à l’heure où le quatuor n’a pas encore fixé sa forme, il est déjà fortement goûté, non pour l’intellectualité et l’abstraction qu’on lui prêtera plus tard comme parangon de la musique pure, mais comme substitut d’un dialogue animant des voix individuelles qui réagissent les unes aux autres dans la spontanéité de l’instant.

JEANNE ROUDET, musicologue à la Sorbonne

Time over

Ainsi, ce sont bien nos ancêtres qui sont à l’origine de nos mauvaises passions !”– CHARLES DARWIN, Carnet de notes, 1838

Faute de savoir où l’on va, on regarde d’où l’on vient. On n’y voit guère mieux, certes, mais on aperçoit tout de même des choses, qui, lorsqu’elles éveillent quelque passion, sont vite prises pour des repères dans tant de brume. On les agence, les conserve, les protège, les ordonne comme on peut, chronologiquement, génériquement, dans l’espoir de retrouver le fil qui les unirait, d’expliquer en somme leur existence, donc la nôtre. On construit ainsi l’Histoire.

Ce n’est pas simple. Car d’abord on ne voit pas tous les mêmes choses, car ensuite on n’a pas la même façon de les voir, car enfin, le plus gênant, on les voit souvent avec les yeux d’autrui ; un “autrui” qui peut parfois, pris de motivations quelque peu douteuses, les modifier, en camoufler, en faire disparaître et même en inventer de toutes pièces. Méfiance !

Prenons le cas du quatuor à cordes. Voici une formation/forme des plus définies, des plus “classiques” : deux violons, un alto et un violoncelle qui se rassemblent sur quatre mouvements, un vaste, un lyrique, un rythmique et un enlevé. Comme la symphonie. Le concept est clair aussi : Goethe, à l’aube du xixe siècle, parle de “discussion entre quatre personnes intelligentes” et quand Beethoven étire la forme dans tous les sens, on commence à voir quatre solistes qui aspirent à n’avoir qu’une voix, une espèce de piano à huit mains en somme, paradoxe apparemment nécessaire à la tension inhérente au genre. On n’hésite alors guère à brandir cette musique “pure” face aux élucubrations descriptives trouvées chez Liszt ou Berlioz. Ne parlons même pas de l’opéra. Bartók parvient néanmoins à éloigner le quatuor de cet étendard en le portant vers ce que certains considèrent un “laboratoire de formes”. Il pousse si loin l’expérimentation instrumentale et l’expression intimiste qu’il déconseillait vivement l’interprétation de ses six quatuors en public, tant ils reflétaient une grande souffrance. Bref, “le” quatuor, c’est sérieux ! Et même ceux qui, comme Fauré, Debussy, Chostakovitch, Messiaen ou Ligeti, y recherchent des atmosphères plus impressionnistes, ne peuvent que composer en contrepoint de l’imposant modèle. Boulez allègera d’ailleurs son catalogue du seul Livre pour quatuor, sentant le genre trop fortement lié à une époque révolue, un genre prêt pour le musée.

Aujourd’hui, à une époque où fonder un quatuor engage plus qu’un mariage doublé d’un crédit à long terme (en Antarctique !), il est normal qu’on ait des difficultés à concevoir l’origine de cette forme autre que fantastique. On a donc besoin d’un Créateur. On en a trouvé deux. Il y a le violoncelliste Luigi Boccherini : six quatuors op. 2, 1761 – il en composera quatre-vingt-onze. De plus, Boccherini forme en 1764 le “premier” quatuor avec les violonistes Filippo Manfredi et Pietro Nardini, ainsi que l’altiste Giuseppe Cambini. Mais, le jeu “fol et désordonné” de Manfredi et les sons “aigres aux oreilles” de Boccherini, qui blessent les tympans délicats du Tout-Paris, juste avant que Boccherini ne parte rejoindre sa chère Clementina en Espagne, ne peignent pas le tableau le plus noble qu’on aurait souhaité. Heureusement, à Vienne il y a Joseph Haydn (auteur de soixante-huit quatuors, premiers spécimens vers 1757-1762) qui a été en contact direct avec Mozart et Beethoven, c’est-à-dire avec ceux par qui passera la grande ligne évolutive du genre dans cette même ville.

Haydn et Boccherini se connaissaient, puisque vers 1780, Haydn cherchait désespérément à se mettre en contact avec l’émigré italien, alors perdu à Las Arenas de San Pedro. Mais s’ils ont tous deux créé de leur côté la même chose sans s’être fréquentés, on se doute qu’ils ont dû bénéficier de quelques modèles communs. Il suffit de regarder en amont de ces deux personnages pour découvrir des quatuors de Giovanni Battista Sammartini, de nombreuses pièces à quatre parties sans continuo ou des pièces de contrepoint à quatre voix, du répertoire d’orchestre joué en quatuor, des petites danses improvisées insérées avant les troisièmes mouvements de sinfonie ou concertos ; il existe même une Suonata a 4 pour cordes, sacrée, de Vivaldi. En fait, on passait déjà pas mal de bons moments avec seize cordes, surtout chez les amateurs ! Mais tout ceci reflète un tel mélange de pratiques, formes et types d’interprètes qu’on préfère ne pas trop approfondir ; “le” quatuor ne saurait avoir quelque lien de famille avec une telle bacchanale d’impuretés.

Kitgut présente ici des compositions à quatre parties, anglaises, de la deuxième moitié du xviie siècle, aux côtés du Quatuor op. 71 no 2 de Haydn, composé à Vienne en 1793, entre deux séjours londoniens. Les “curtain music” ou “act tunes”, joués devant les rideaux pendant les changements de décor au théâtre, avaient avant tout pour fonction de ne pas laisser s’échapper l’audience lors des pauses. Il y avait des musiciens spécialisés dans ce genre de besogne et on peut imaginer que l’effectif était le plus souvent réduit au minimum afin que chaque interprète libère le plus possible son charme. On jouait alors souvent des danses sur des basses obstinées (comme ici le Curtain Tune de Purcell), mais aussi des mouvements plus extravagants qui cherchaient à interpeller, surprendre (donc intéresser) l’auditeur : celui de Locke commence avec de grandes gammes qui, guidées par un contrepoint et un chromatisme des plus farfelus, font monter la tension pour aller droit au clash et libérer danse, effets sonores et d’espace, sans oublier les gammes mais cette fois en fusées, avant de revenir, tel Sisyphe, à l’inquiétante atmosphère initiale. L’“Act Tune” de Blow joue également sur les contrastes de genres en projetant une danse lourée dans des méandres contrapuntiques qui la teintent d’inattendues couleurs harmoniques. Il est d’ailleurs curieux de constater, à cette époque où l’harmonie tonale était bien loin d’être l’unique grammaire, que c’est dans les danses qu’on l’utilisait le plus souvent. C’est d’ailleurs par les motifs de danse que l’harmonie tonale s’immisce petit à petit dans les autres genres de compositions. En retour, les danses reçoivent effets sonores et contrepoint comme on l’entend dans ce disque avec celles de Purcell ou de Locke.

En vérité, on devrait parler avec parcimonie de contrepoint dans ce répertoire, car la façon de mener les voix tient encore beaucoup de la polyphonie : les voix se développent souvent sans vraiment prendre en considération ce qui les entoure. Les résultats harmoniques sont plutôt guidés par des choix subjectifs, descriptifs ou pratiques, voire par le hasard, que par des règles d’écriture systématiques ou par un quelconque concept d’équilibre. Les Fantaisies de Purcell illustrent au plus haut degré ce “délire sensible”. La Fantaisie no 5, par exemple, commence avec tellement de chromatisme que cela en devient suspect ; une fugue vient structurer un peu ces torsions avant de céder la place à quelques effets d’espace puis à une danse des plus guillerettes. Même la Fantaisie no 11, plus contemplative, n’échappe pas à son petit bal conclusif. Rien à voir avec “l’art canonique” de Bach.

Environ cent ans séparent ces compositions du Quatuor op. 71 no 2 de Haydn. On sent immédiatement que les règles du jeu ont changé : la forme fait partie de la rhétorique du genre. Mais à bien y regarder l’esprit, les contrastes, les jeux d’espace, les asymétries, les motifs de danse qui aident à structurer les développements les plus libres et expérimentaux, le lyrisme dramatique et théâtral, on se demande _ mais oui ! _ si le joueur ne serait pas le même… Les lignes des parties, bien plus malignes qu’“intelligentes”, montrent combien ce quatuor tardif (Mozart n’était déjà plus là) est avant tout un prétexte à la rencontre de quatre individus, afin qu’ils confrontent et unissent leurs différences.

Le théâtre n’a pas toujours besoin de “curtain”. Une chose est sûre en tout cas : ni Haydn ni Boccherini ne connaissaient notre siècle ; ils n’évoluaient, comme tous, que dans un présent lié à un vague passé. Rendons-nous à l’évidence : le passé nous tourne le dos ! Et si certaines de ses expressions continuent de nous inspirer, c’est parce qu’elles reflètent quelque chose qui ne dépend guère du temps.

OLIVIER FOURÉS

Aucun “oracle” n’aurait prédit la réunion de ces quatre musiciens aux profils si variés et contrastés. Et pourtant, après une première rencontre, Amandine Beyer, Naaman Sluchin, Josèphe Cottet et Frédéric Baldassare créent en 2015 le Kitgut Quartet _ voilà _, sur instruments d’époque et cordes en boyaux. Forts de leurs expériences de chambristes et de solistes dans les grandes formations d’Europe, ils mettent en commun leur désir de faire vivre sous leurs archets les grandes pages du répertoire, ainsi que les curiosités et les œuvres oubliées, dans une tradition empreinte de liberté, d’enthousiasme et de partage.

Leur premier projet interroge les origines du quatuor à cordes et explore les diverses tentatives en Europe, avant la période classique, d’une écriture proprement instrumentale à quatre voix _ c’est passionnant, et très réussi ! En quatre chapitres, autour de Schubert et l’Allemagne, Mozart et l’Italie, Beethoven et la France, Haydn et l’Angleterre, les Kitgut proposent cette autre perspective de la naissance du quatuor, avec l’envie de rendre sur scène ce qui les accompagne en répétition : dialogue, amusement et spontanéité ! _ oui. La musique est d’abord jeu, et joie.

Amandine Beyer _ elle est née en 1974 _ étudie le violon au CNSMD de Paris puis à la Schola Cantorum de Bâle dans la classe de Chiara Banchini. Elle profite également de l’enseignement de Christophe Coin, Hopkinson Smith et Pedro Memelsdorff. En 2001, elle remporte le Premier Prix du concours Antonio Vivaldi à Turin. Depuis, elle donne des concerts dans le monde entier comme soliste et Konzertmeister, mais aussi avec son propre ensemble, Gli Incogniti, qu’elle fonde en 2006. Dans un esprit de liberté, de plaisir et de partage, ils abordent ensemble le répertoire baroque (Bach, Vivaldi, Couperin…) mais aussi, depuis 2017, le répertoire classique avec C. P. E. Bach, Haydn et bientôt Mozart.

En parallèle, Amandine Beyer s’adonne à la musique de chambre avec des partenaires tels que Pierre Hantaï, Kristian Bezuidenhout, Andreas Staier, Giuliano Carmignola, dans un répertoire allant du baroque au romantique. Elle forme aussi un duo avec la pianiste Laurence Beyer.
La discographie d’Amandine Beyer, en soliste ou avec Gli Incogniti, est saluée à l’unanimité par la critique et récompensée par les plus hautes distinctions (Diapason d’Or, Choc de l’année, Gramophone Editor’s Choice, ffff de Télérama). Passionnée de transmission, Amandine Beyer est professeur de violon à la Schola Cantorum de Bâle depuis 2010.

La musique se transmet de génération en génération chez les Sluchin, et c’est tout naturellement que Naaman Sluchin _ il est né le 1er décembre 1978 _ s’est consacré au violon. Sa passion pour la nouveauté et la diversité l’a amené à construire sa technique en étudiant à la fois l’école russe, l’école américaine (à Bloomington et à la Juilliard School) et l’école franco-belge dans la lignée d’Eugène Ysaÿe. Il est par ailleurs diplômé de la Schola Cantorum de Bâle.

Pendant sept ans _ de 2005 à 2011 _, il est membre du Quatuor Diotima _ il est présent en 2007 et en 2010 dans les enregistrements pour Alpha des 3 Quatuors à cordes (CD Alpha 125) et du Poème symphonique Le Balcon (CD Alpha 175) de Lucien Durosoir _, puis continue de développer son répertoire avec notamment l’Ensemble Talisma ou le Kitgut Quartet. Il participe régulièrement aux projets de musique contemporaine de l’Ensemble Cairn et se joint à la compagnie Rosas de Anne Teresa De Keersmaeker pour Achterland autour des Sonates d’Ysaÿe. Par ailleurs, il a été pendant sept ans le violon solo de La Chambre Philharmonique sous la direction d’Emmanuel Krivine et il a rejoint en 2020 l’Orchestre de l’Opéra de Rouen en tant que super soliste.

Depuis 2010, Naaman Sluchin enseigne au Conservatoire royal de Bruxelles. Il joue selon les répertoires et les envies sur un violon Tononi de 1725 ou sur un violon américain fabriqué pour lui par John Young en 2008.


Après avoir étudié l’alto moderne au Conservatoire de Versailles dans la classe de Jacques Borsarello, ainsi que l’Art dramatique dans la classe de Danièle Dubreuil, Josèphe Cottet poursuit ses études en violon et alto baroque au Conservatoire d’Aubervilliers-La Courneuve dans la classe d’Hélène Houzel. Elle complète sa formation instrumentale par des master classes avec Odile Édouard, Patrick Bismuth, Amandine Beyer, Enrico Onofri ou Stéphanie Paulet. Elle se spécialise alors en musique ancienne et joue dans différentes formations, notamment Pygmalion, Les Ombres, Les Musiciens du Paradis, l’Ensemble Correspondances, Les Cris de Paris, Les Traversées Baroques ou Mensa Sonora.

La musique de chambre lui permet d’aborder des répertoires très différents : la Renaissance avec La Bande de violons et la Compagnie Outre-Mesure ; le répertoire baroque avec L’Escadron Volant de la Reine (dont elle est l’un des membres fondateurs et avec lequel elle remporte le Concours international du Val de Loire en 2015) ; et les styles classique et romantique avec notamment le Kitgut Quartet et Les Curiosités Esthétiques.

Titulaire d’un premier prix de violoncelle moderne au CNSMD de Paris et d’un diplôme de musique ancienne au Conservatoire à rayonnement régional de Paris en violoncelle baroque, Frédéric Baldassare développe ses activités musicales dans plusieurs directions complémentaires. Il est membre de différents ensembles de musique contemporaine (2e2m, Cairn, Alternance, Court-Circuit) et joue aussi avec le Quatuor Onyx ainsi qu’avec beaucoup d’ensembles sur instruments d’époque (Les Arts Florissants dirigés par William Christie, l’Orchestre Révolutionnaire et Romantique dirigé par John Eliot Gardiner, entre autres). Il est continuiste dans des ensembles comme Les Musiciens du Louvre dirigés par Marc Minkowski, Les Nouveaux Caractères dirigés par Sébastien d’Hérin ou Les Cris de Paris dirigés par Geoffroy Jourdain.

 

Haydn et Vivaldi : le CD « Joseph Haydn Concerti per Esterhazy » des Incogniti, Amandine Beyer et Marco Ceccato

27oct

Le très réussi,

et même assez jubilatoire,

CD Joseph Haydn Concerti per Esterhazy

de Marco Ceccato, Amandine Beyer & Gli Incogniti

le CD Harmonia Mundi HMM 902314

vient,

par sa magnifique finesse,

très justement nous rappeler

tout ce que

_ et spécialement dans le genre du Concerto _

Joseph Haydn (1732 – 1809)

_ disons le Viennois _

doit à Antonio Vivaldi (1678 – 1741)

_ disons le Vénitien _ :

via leur passage, tous deux, en Bohème,

The Morzin palace in Dolní Lukavice

au domaine des Comtes Morzin,

à Dolni Lukavice :

soient le Comte Ferdinand Maximilan Franz Morzin (1693–1763),

puis son fils et successeur

_ en mélomanie et mécénat aussi _,

le Comte Karl Joseph Franz Morzin (1717–1783).

En 1757, 58 ou 59, pour ce qui concerne Joseph Haydn ;

pour Antonio Vivaldi _ mort à Vienne le 28 juillet 1741 _,

les traces et dates précises de sa venue en Bohème sont plus floues ;

mais son durable travail pour le Comte Morzin, lui, est très bien connu :

et c’est à lui, en effet; que sont dédiées

rien moins que les célébrissimes Quatre saisons

Les partitions d’Antonio Vivaldi étaient, en tout cas,

bel et bien présentes au château de Dolni Lukavice,

et lors de son séjour en ce château de Bohème

Joseph Haydn eut tout le loisir de les connaître de très près

et s’en imprégner

durablement

_ tout particulièrement pour le genre du Concerto.

Et le jeu, ici

_ en cet aérien CD,

à la fois léger, profond et grave ;

de même que la musique de Vivaldi ! _,

d’Amandine Beyer

et de ses superbes Incogniti

nous fait écouter ces deux très beaux Concerti pour violon de Joseph Haydn,

comme jamais nous eûmes à les recevoir-percevoir-apprécier…

Chapeau les artistes !

Ce samedi 27 octobre, Titus Curiosus – Francis Lippa

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