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Début de l’expérience de lire le nouveau frémissant Cixous « MDEILMM _ Parole de taupe »…

10nov

Ce jeudi 10 novembre,

début de ma lecture du tout nouveau Cixous « MDEILMM _ Parole de taupe« …

Et comme à chaque lecture d’un livre d’Hélène Cixous _ c’est presque un rituel, pour moi me livrant à la lecture de son livre ; ainsi que, et surtout, probablement pour elle aussi, en amont, se livrant, et comme sacralement, du moins je l’imagine, à l’écriture de ce nouveau livre _,

je lis et déchiffre avec soin et assez lentement ce qui s’est d’abord livré à elle qui a écrit sous la dictée frémissante et toute tremblante, foncièrement accueillante, d’une forme de Grâce, puis à moi qui maintenant vient lire le plus attentivement possible _ même si ce n’est, je ne le sais que trop bien, jamais assez à cette première lecture : sachant bien que, comme à chaque fois, il me faudra à nouveau vraiment beaucoup mieux tout relire afin d’être beaucoup plus perspicace, une fois lu, une première fois, le livre jusqu’au bout : le Livre n’étant pas seulement pour elle qui l’écrit, éblouissante mystérieuse révélation progressive, mais pour le lecteur, en aval, lui aussi… ; the work is in progress .. _ ce que vient, au moins en puissance, sinon en effectivité, livrer et plus encore délivrer-là le Livre _ ainsi qu’elle écrit ce mot avec ce L majuscule _ de papier qui est là, gisant sur mon bureau, généreusement offert à mon humble lecture-décryptage, ici et maintenant sous mes yeux ;

et me voici à nouveau, exactement comme à chaque fois, absolument fasciné par ce qui dans l’écrire d’Hélène Cixous est advenu, mot à mot, ligne à ligne, page à page, une série de jours d’été _ 2021 _, au calme, parmi les arbres _ chênes, pins, et peut-être mimosas… _, et avec quelques animaux _ pas seulement ses chats ; aussi les oiseaux… _, en sa maison d’écriture et même plus précisément son bureau, à l’étage, en haut de l’escalier _, des Abatilles _ sur les hauteurs d’Arcachon _ cette fois-ci à nouveau, pour ce nouvel opus, au mois de juillet 2021,

advenu afin, aussi, de se donner et partager avec d’éventuels lecteurs hyper-attentifs éperdument ouverts à pareil advènement et révélation de sens, par le Livre ainsi miraculeusement, à nouveau, livré cet été 2021-là…

J’en suis à la page 41…

Ce jeudi 10 novembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Les Villas Kypris (1926), au Moulleau, et Téthys (1927), au Pyla, des cousines germaines Mme Jules Guérin, née Marie-Catherine Dorlet, et Mme Georges Droin, née Marie-Amélie Lourreyt

24sept

Les commanditaires des deux superbes villas art-déco Kypris, au Moulleau (en 1926), et Téthys, au Pyla (en 1927) _ cliquer ici sur Kypris et Téthys pour accéder à quelques photos de ces deux villas… _,

dessinées toutes deux par l’architecte Roger-Henri Expert (Arcachon, 18 avril 1882 – Cérons, 13 avril 1955),

et bâties par l’entrepreneur grenoblois Marius Dotto _ « Jules Guérin connaissait Roger-Henri Expert et Marius Dotto pour les avoir choisis précédemment comme architecte et entrepreneur pour la construction de l’agence de la Banque de France de Grenoble«  _,

sont les époux de deux cousines germaines issues des familles bordelaises de médecins, Oré et Bitôt,

soient Jules Guérin (Bordeaux, 24 mai 1876 – j’ignore le lieu et la date de son décès), alors directeur de la Banque de France à Grenoble,

et Georges Droin (Paris, 4 avril 1885 – Paris, 22 avril 1943), docteur en droit, administrateur de sociétés, et alors domicilié à Paris, au 10 Boulevard Malesherbes, 

époux respectifs, donc _ Jules Guérin et Marie-Catherine Dorlet se sont mariés à Bordeaux le 14 janvier 1914 ; et Georges Droin et Marie-Amélie Lourreyt se sont mariés à Dax le 1er août 1910 _, de ces deux cousines germaines que sont Marie-Catherine Dorlet (Bourges, 27 février 1892 – ? 11 avril 1994) et Marie-Amélie Lourreyt (j’ignore jusqu’ici les lieux et dates de naissance

_ éventuellement à Dax : mais j’ignore à quelle date précise Alfred Lourreyt est venu s’installer notaire à Dax (au plus tard en 1895) ; je sais que c’est à Dax que se sont mariées ses trois filles : Charlotte, en octobre 1901, avec le médecin et professeur de médecine bordelais le Dr André-Jean-Baptiste Venot, d’après une publication de mariage parue dans La République nouvelle, journal de Bordeaux, le 13 octobre 1901, indiquant que si le Dr André Venot est domicilié à Bordeaux, Cours Tourny, n° 8, sa fiancée, Charlotte Lourreyt, elle, est domiciliée à Dax  ; puis ce sera le tour de Pauline, épousant le parisien Raoul-Simon Gallié, le 27 février 1905, selon un long compte-rendu de la cérémonie de mariage à la cathédrale de Dax, paru le 13 mars 1905 dans Gil Blas ; et enfin de Marie-Amélie, donc, avec l’avocat parisien Georges Droin, le 1er août 1910… ; Alfred Lourreyt se trouve donc en poste notarial à Dax à l’étude des successeurs de Me Campet, même si j’ignore de quel précédent notaire il a pris là la succession ; et aussi et surtout qu’il a été élu, « notaire à Dax« , membre titulaire de la Société de Borda, à Dax, lors de la séance du jeudi 7 novembre 1895, présenté par MM. Dufourcet et Alphonse Campet ; et que l’Annuaire administratif, judiciaire et industriel du département des Landes du 1er janvier 1901 mentionne à la page 49 de l’édition de cette année-là, entête de la liste des notaires du département des Landes MM. « Lourreyt, Darracq et Borie«  à Dax, probablement associés et successeurs de Me Campet…  _

et de décès de Mme Georges Droin en tout cas après le 22 avril 1943 : car elle survit à son époux décédé à cette date _),

filles des deux sœurs Bitôt Thérèse-Marie (Bordeaux, 21 mai 1867 – Bordeaux, 24 novembre 1915) et Valentine (Bordeaux, 4 juin 1852 – Bordeaux, 1931) ;

elles-mêmes filles du couple formé de Catherine-Pauline Oré (?, 2 novembre 1825 – Bordeaux, 19 octobre 1898) et _ mariés à Bordeaux, vers 1848 _ son époux Pierre-Anselme Bitôt (Podensac, 12 mars 1822 – Bordeaux, 2 février 1888), médecin et professeur d’anatomie à la Faculté de Médecine de Bordeaux ;

Catherine-Pauline Oré, leur commune grand-mère,

étant elle-même fille du bordelais Jean Oré (Bordeaux, 29 décembre 1791 – Bordeaux, 5 novembre 1850), directeur d’une pension de jeunes à Bordeaux, et de son épouse _ à Figeac, le 16 août 1814Marie-Joséphine Loureyt (Figeac, 7 août 1796 – Bordeaux, octobre 1878) _ l’ascendance d’Alfred Lourreyt (La Guerche sur l’Aubois, 31 août 1855 – Bordeaux, 5 janvier 1914), notaire à Dax, et son frère Paul Lourreyt, notaire à Bordeaux, remontant à ces Loureyt originaires, via Figeac dans le Lot, à ces Lourreyt de Maurs, dans le Cantal…

Et afin de préciser le lien adventice, indirect, qui relie ces Guérin et ces Droin bâtisseurs des Villas Kypris, au Moulleau, et Téthys, au Pyla, à Raphaël Vialard, de l’Avenue de l’Eden au Pyla, via sa mère « Bébelle » Leuret (Bordeaux, 3 mars 1910 – Pessac, 13 décembre 2001), pharmacien laquelle « Bébelle » Leuret est fille de Marie-Marc « Eugène«  Leuret (Châteauneuf-sur-Loire, 22 mai 1878 – Bordeaux, 22 juillet 1965), professeur de médecine à la Faculté de Médecine de Bordeaux et médecin-directeur des thermes de Barbotan, et son épouse (à Bordeaux le 6 mars 1902) Marthe Daurel (Bordeaux, 16 janvier 1883 – Bordeaux, 4 décembre 1959) _,

il me faut ici rappeler que c’est par l’oncle François Leuret (Orléans, 12 juin 1890 – Lourdes, 8 mai 1954), médecin, président du bureau d’études scientifiques à Lourdes et directeur du bureau des constatations médicales à Lourdes, et par son épouse _ François Leuret et Geneviève Dorlet se sont mariés, peut-être à Bordeaux, le 12 janvier 1920 _ la tante Geneviève Dorlet (Bourges, 4 novembre 1894 – Bordeaux, 26 mars 1977), oncle et tante de « Bébelle » Leuret, et grand-oncle et grand-tante du fils de « Bébelle » Leuret, Raphaël Vialard (né en 1941) François Leuret étant, en effet, le plus jeune des frères de cet « Eugène » Leuret qui est le père de « Bébelle«  Leuret, ainsi que le grand-père maternel de Raphaël Vialard ; et son épouse Geneviève Dorlet étant une des filles de Victor-Jean-Pierre-Charles Dorlet (Chantenay-Saint-Imbert Nièvre, 23 décembre 1858 – ?, 3 juin 1918), et son épouseà Bordeaux le 28 décembre 1889, Thérèse-Marie Bitôt (Bordeaux, 21 mai 1867 – Bordeaux, 24 novembre 1915) _, que Raphaël Vialard _ sans ascendance, lui, ni Dorlet, ni Bitôt, ni Oré, ni Loureyt _ se trouve de fait apparenté et aux Guérin de la Villa Kypris, au Moulleau, et aux Droin, de la Villa Téthys, au Pyla, qui sont issus eux de ces ascendances Dorlet, Bitôt, Oré et Loureyt.

Le vif goût d’Arcachon et du Bassin en ces familles aux puissantes attaches bordelaises et girondines, étant très probablement issu de la fréquentation _ pionnière _ très appréciée par le Dr Emile Bitôt (Bordeaux, 5 mai 1861 – Bordeaux, mai 1932), frère de Valentine Bitôt – Lourreyt et Thérèse-Marie Bitôt – Dorlet, de la Villa, sise sur le rivage, à Arcachon, ou Chalet Servantie _ du nom de son premier propriétaire… ; Edouard Manet (Paris, 23 janvier 1832 – Paris, 30 avril 1883) y avait séjourné et peint au mois de mars 1871… _, dans laquelle Emile Bitôt et sa famille avaient pris l’habitude et le plaisir de venir séjourner, en location balnéaire, à Arcachon… 

Voilà donc ces précisions

afin d’apporter quelques compléments et un aperçu un peu panoramique aux diverses relations de parenté abordées en mes articles «  » du dimanche 18 septembre dernier _ je voulais ici bien sûr évoquer et Raphaël Vialard et sa Villa de l’Avenue de l’Eden, et Nikita Droin et la Villa Téthys de l’Avenue de la Plage, au Pyla-sur-Mer… _concernant les heureux et heureuses proprétaires de ces si belles Villas art-déco (œuvres toutes deux, Kypris et Téthys, du très talentueux architecte _ à l’élégance et prestance proverbiales… _ Roger-Henri Expert, en 1926 et 1927) de la sortie du Bassin, sur les Passes vers l’Océan, au Moulleau, pour la Villa Kypris, et au Pyla, pour la Villa Téthys

Ce samedi 24 septembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

La lumineuse magie de la Villa Téthys au Pyla-sur-Mer en cette superbe journée du Patrimoine…

17sept

Un courriel de l’ADPPM (Association de Défense du Patrimoine et de Promotion de Pyla-sur-Mer) reçu le 13 septembre dernier informant que son Exposition « Patrimoine pylatais, hier, aujourd’hui, demain« , présentée durant cinq jours au mois d’août dernier, sera de nouveau présentée au public, pour les journées nationales du patrimoine, les 17 et 18 septembre 2022, Salle Pierre Dignac, de 9 heures à 18 heures au Pyla-sur-Mer,

m’a aussitôt donné envie de venir la découvrir ;

je connais bien le merveilleux travail qu’a réalisé Raphaël Vialard en ses très riches quatre livres successifs sur le patrimoine du Pyla ;

et je l’ai joint hier au téléphone ; et quand je lui ai demandé quelles Villas seraient ce samedi accessibles au public, il m’a dit que la Villa Téthys et la Villa Casa Sylva le seraient…

Aussitôt, j’ai pensé à me rendre à cette Exposition avec mes amis Marie-Claude et Philippe Trouvé.

Et tout de suite j’ai pensé aussi à essayer de visiter enfin la splendide Villa Téthys, 14 Avenue de la Plage, au Pyla,

à propos de laquelle j’avais écrit le 27 février 2017 un article intitulé «  » ;

et aussi, le 16 août 2018, cet autre article, « « ,

qui m’avait valu cette très belle réponse de Nikita Droin, postée sur mon blog « En cherchant bien » le 30 août suivant :

« Merci pour votre témoignage émouvant. Olivier nous laisse de merveilleux souvenirs et de très beaux devoirs. Bibliophile averti, il était comme son grand père _ Georges Droin _ membre des Amis du Livre Contemporain (Georges Droin 1885-1943 _ j’avais dit dans l’article que je n’avais réussi jusqu’ici à découvrir les lieux et dates de naissance et décès de celui-ci, le commanditaire de la merveilleuse Villa Théthys de 1927…_). Sa mémoire nous sera précieuse pour poursuivre la transmission » _ la transmission, voilà !

Je pense aussi au cher Nicolas Joly, autre petit-fils, par sa mère née Denise Droin (Bordeaux, 11 avril 1915 – Savennières, 26 décembre 2012), de Georges Droin,

avec lequel je me suis entretenu, le 17 juin 2016, de son somptueux vin de la Coulée de Serrant, à la Cité du Vin, à Bordeaux ;

cf mon article du 28 janvier 2017 :  «  » ;

et celui _ avec accès à la vidéo de l’entretien ! _ du 27 avril 2017 : « Deux merveilleux entretiens à l’Auditorium de la Cité du Vin, à Bordeaux, avec Nicolas Joly et Stéphane Guégan« …

Non seulement cette Exposition de l’ADPPM est absolument passionnante et mérite qu’on lui consacre tout le temps nécessaire à suivre et méditer très en détail ce qu’elle propose généreusement à ses visiteurs,

mais elle nous a donnés l’occasion d’échanger très amicalement avec Anne-Lise Volmer, présidente de l’ADPPM, et fille du philosophe Georges Gusdorf (Caudéran, 10 avril 1919 – La Teste-de-Buch, 17 octobre 2000)),

dont parlait si souvent mon amie Simone Gipouloux (Toulon, 25 mars 1914 – Talence, 2014), qui fut mon professeur de philosophie en Terminale _ cf mes articles du 7 décembre 2008 : «  » ; du 10 décembre 2008 : «  » ; et du 26 octobre 2016 : «  « 

Puis, en début d’après-midi  _ et le soleil resplendissait sur le Bassin, Le Pyla, et les Passes vers l’Océan… _,

la présentation-commentaire très détaillée et tout à fait passionnante (!), trois-quart d’heure durant, de Nikita Droin d’une Villa Téthys somptueuse, éclatante, sous le si beau soleil de ce superbe septembre tendre au bord du Bassin,

fut un moment de très précieuse joie intense.

De même, il me faut l’ajouter, que notre succulent déjeuner, auparavant, sur la terrasse ensoleillée, avec ses hauts pins élancés, de l’Hôtel Ha(a)ïtza _ sur un conseil, le matin, vers 9 h 30, de Nikita Droin _ contribua à faire de ce splendide lumineux samedi de septembre rayonnant au Pyla _ m’évoquant quelques chaleureuses vues d’Albert Marquet et de Pierre Bonnard _ un moment comme hors du temps, en un Pyla remarquablement vert, en dépit de la canicule _ et sécheresse _ de ce torride été brûlé…

Merci ! Merci !

Ce samedi 17 septembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Quand la forêt de l’Eden, ou quasi elle, brûle… Si près du Pyla et ses villas parmi les pins…

15juil

La forêt de l’Eden,
ou plutôt la partie de la forêt usagère de La Teste, qui la jouxte, à peine plus au sud, et qui, elle, est bel et bien encore en train de brûler,
à peine plus au sud, aussi, juste derrière, que les belles villas du Haut-Pyla, à La Teste,
m’évoque bien sûr l’Eden de la famille de René et Marcel Dulas dont parle Hélène Cixous dans les livres qu’elle écrit, non loin de là, dans sa maison d’écriture des mois de juillet-août, des Abatilles-Arcachonvoir, par exemple, et entre plusieurs autres, « Défions l’augure« , ou encore « Nacres _ cahier«  _ :
une fermette de résiniers.
Cf le détail sur cet Eden-ci en mon article du 17 octobre 2019 : «  ».
Et regarder/écouter la vidéo de notre entretien à la Station Ausone le 23 mai 2019 à propos de son magistral « 1938, nuits« …
L’Eden est en effet le nom de cette partie juste au nord de la forêt usagère de La Teste (-de-Buch) où sont nés et où ont vécu les Dulas,
amis (ou hommes-à-tout-faire bienveillants et efficaces) d’Hélène quand elle réside non loin de là, tout près, aux Abatilles (d’Arcachon)…
Cf par exemple ce passage, à la page 83 du « Nacres » d’Hélène Cixous, à propos de René Dulas, dit Tontus, et des promenades avec les enfants d’Hélène au Natus-de-Haut :
« 17 octobre 2017
Tontus est mort. En apparence. Pif Pierre-François, le fils d’Hélène _ me raconte longuement la légende de Tontus René Dulas et le royaume d’Éden (l’habitation des onze Dulas dans la forêt des Landes, hommes des bois, sans école, qui ne vont dans la société extérieure et hostile que pour le service militaire). Mes enfants, élevés _ c’est dit _ par ces forts de la nature, sur le Natus. Natus, nom propre du Bourrier.
Aller au Natus, expression conservée telle quelle  _ de leur enfance.
Au lieu-dit Natus-de-Haut, le Bourrier créé en juillet 1916 au cimetière national de La Teste, tout ça mes enfants, sous les ordres des Dulas, Chef Tontus, l’ignorent, ils vont au Natus comme à l’Éden, l’Éden des enfants sauvages est un mont de débris immondices de la ville, écharnures, morceaux de carcasses d’avions, casques de guerre. »
Et il se trouve aussi qu’une avenue très discrète, presque secrète _ il est très aisé de la manquer, outrepasser son embranchement sans la repérer pour la prendre, et y monter… _, aux splendides villas parmi les magnifiques pins, s’appelle, et en hommage à cette jungle perdue située à son sud-est quelques kilomètres plus loin, Avenue de L’Eden
_ c’est en vérité un chemin sinueux et étroit qui serpente, ne cesse de grimper et redescendre, parmi les pins ; et dessert ses diverses villas ; et c’est aussi un paradis… _,
dont je connais un heureux propriétaire, Raphaël Vialard, de l’une de ces superbes villas, qui s’en fait le très intéressant et exhaustif, passionnant, historien, au Pyla.
Et très souvent je pense à tout cela, si fragile, avec ces pins, dès que la chronique évoque quelque incendie de forêt, même ailleurs qu’en Gironde…
Et voilà que maintenant c’est quasi cet Eden-là même qui brûle, en la forêt usagère de La Teste, à peine plus au sud que la majestueuse grande dune du Pyla, sans qu’on parvienne jusqu’ici à en circonscrire l’incendie…
Et donc je me demande si l’amie Hélène Cixous réside cet été, aussi, en sa chère maison d’écriture, aux Abatilles ;
et bien sûr comment elle va…
Je pense aussi à mes amis Dumora, Florence et Jean-Pierre, et à leur si belle maison du Haut-Pyla : quasi en surplomb de l’Eden… Et guère loin, donc, de l’incendie présent en la forêt usagère : à peine un peu plus plus au sud, derrière l’extrémité méridionale de la grande dune du Pyla…
À cette heure-ci, il ne fait que 34° à Bordeaux, au lieu des 38° d’hier.
Ce vendredi 15 juillet 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa
P.s. :
ce samedi matin, à 8h, le maire de La Teste, interviewé à la télévision, fait le point sur l’extension du feu de la forêt usagère de La Teste, et donne le nombre de 3 150 hectares à cette heure brûlés…

A Chantal Thomas, en souvenir d’avant 1968 à Bordeaux

17juin

 

Chère Chantal,
C’est mon ami – et désormais voisin – Philippe T. qui m’a appris hier votre réception à l’Académie française.
Et j’ai aussi découvert que parmi ceux qui ont assisté à cette réception se trouvait Denis Mollat.
J’ai alors pensé à ouvrir le « Dictionnaire amoureux de la Librairie Mollat « , pour m’apercevoir que nous avions tous deux tiré au sort la lettre « O « .
J’ai choisi le mot « Oasis « (« Oasis versus désert « ), et vous le mot « Ouvrir « ; et nos contributions se suivent donc, aux pages 173 à 177, et 179 à 182 de ce joli Dictionnaire, paru en 2016.
Et bien sûr votre « Ouvrir «  fait respirer le grand large vivifiant de l’Océan, via les sables d’Arcachon, et la lecture de livres bien ouverts sur le monde et les autres, en leur singularité voyageuse passionnante…
Fidèlement,
et à la joie de vous lire, chère Chantal,
Francis Lippa, à Bordeaux
Ce vendredi 17 juin 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa
OASIS versus désert
… 
Sans anticiper le réchauffement qui nous promet le climat de l’Andalousie ou celui du Sahel, et même si manquent en ses vastes espaces, lumineux, tout de plain-pied et d’équerre dans leur agencement, les palmiers-dattiers, fontaines-cascatelles et bassins à nénuphars de l’Alhambra de Grenade, l’image de l’Oasis sied admirablement à la librairie Mollat, et aux usages que j’en fais : face au désert qui gagne. Et cela, dans le style du classicisme français, en une ville dont le siècle d’accomplissement est celui des Lumières, et sur le lieu même où un temps habita Montesquieu.
… 
Oui, la librairie Mollat est bien une luxuriante oasis de culture vivante, résistant au désert (d’absence de culture vraie)D’où mon attachement à elle, comme à la ville de Bordeaux, dont elle est le foyer irradiant de culture qui me convient le mieux : car par elle, en lecteur et mélomane toujours curieux d’œuvres essentielles, j’ai un contact tangible immédiat avec un inépuisable fonds (recelant des pépites à dénicher) d’œuvres de vraie valeur, à lire, regarder, écouter, avec lesquelles je peux travailler, m’entretenir-dialoguer dans la durée. Un peu comme Montaigne s’essayait en sa tour-librairie à ces exercices d’écriture qui feront ses Essais, par l’entretien avec les auteurs dont les voix dans les livres venaient conférer à demeure avec lui, leur lecteur, une fois qu’il fut privé de la conversation sans égale de La Boétie.
En son sens propre bio-géographique, le désert ne cesse de bouger : il avance-recule en permanence, mais si peu visiblement au regard ordinaire que la plupart de nous n’y prenons garde. Alors quand « le désert croît » (Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra), l’oasis foyer de résistance à la désertification, est-elle d’un vital secours – nourricier, mais aussi succulent ! –, pour tous les vivants dont la vie (et la vie vraie, la vie de culture : à cultiver !) dépend. Contribuer à faire reculer le désert en aidant les oasis à résister, se renforcer-développer, resplendir, est l’essentielle mission de civilisation. A l’envers de (et contre) tout nihilisme, c’est à cette fin que Nietzsche appelle à ce sursaut qu’il nomme « le Sur-humain ».
Ainsi en va-t-il des mouvements d’une oasis de culture vraie – expression pléonastique : l’oasis n’existant que d’être, et inlassablement, mise en culture par une minutieuse et très entretenue, parce que fragile en sa complexité, irrigation ; la barbarie s’installe dans l’Histoire quand et chaque fois que sont détruits sans retour les systèmes d’adduction aux fontaines et jardins – comme à Rome ou Istanbul. Et ce qui vaut à l’échelle des peuples vaut à celle des personnes, en leur frêle (improbable au départ) capacité de singularité de personne-sujet, qu’il faut faire advenir contre les conformismes, et aider à s’épanouir. La singularité suscitant la rage de destruction expresse des barbares.
… 
Je parle donc ici de la culture vraie (authentique, juste, probe, vraiment humaine) face aux rouleaux-compresseurs – par réalisation algorithmique, maintenant, de réflexes conditionnés panurgiques – de la crétinisation marchande généraled’autant plus dangereuse que l’imposture réussit – par pur calcul de chiffre de profit, sans âme : les âmes, elle les stérilise et détruit – à se faire passer auprès du grand nombre pour culture démocratique ; et à caricaturer ce qui demeure – en mode oasis de résistance – de culture authentique, en misérable élitisme passéiste, minoritaire, dépassé (has been), comme le serinent les médias inféodés aux marques.
… 
Ainsi, en ma ville aimée de Bordeaux – cité classique -, la librairie Mollat – sise le long du decumanus tiré au cordeau de l’antique Burdigala – est-elle cette vitale oasis de culture vraie, tant, du moins, et pour peu qu’elle résiste assez à l’emprise des impostures des livres (et disques) faux ; et il n’en manque pas, de ces leurres jetés aux appétits formatés et panurgiques des gogos consommateurs ! Et là importe la présence effective de libraires-disquaires qui soient de vraies capacités de conseils de culture authentique, et par là, passeurs d’enthousiasmes – quand il y a lieu –, autant que de vigilants traqueurs d’imposture de produits promis à rapide et méritée obsolescence. Cette médiation-là constituant un crucial atout de la dynamique de résistance et expansion de pareille oasis de culture vraie. Mes exigences d’usager sont donc grandes.
… 
Sur un terrain plus large, celui du rayonnement plus loin et ailleurs qu’à Bordeaux, de l’Oasis Mollat, j’ai l’insigne chance de disposer, sur son site, d’un blog ami : En cherchant bien _ Carnets d’un curieux, signé Titus Curiosus, ouvert le 3 juillet 2008, où j’exprime et partage en parfaite liberté, mes enthousiasmes – l’article programmatique « le carnet d’un curieux », qui reprenait mon courriel de réponse à Corinne Crabos me proposant d’ouvrir ce blog, n’a pas vieilli.
 
Parfois sur ma proposition, parfois à sa demande, la librairie m’offre de temps en temps, aussi, la joie de m’entretenir vraiment, une bonne heure durant, dans ses salons, avec des auteurs de la plus haute qualité : ce sont les arcanes de leur démarche de création, leur poïétique, qu’il me plaît là d’éclairer-explorer-mettre au jour, en toute leur singularité – dans l’esprit de ce que fut la collection (Skira) Les Sentiers de la créationPodcastables, et disponibles longtemps et dans le monde entier sur le web, ces entretiens forment une contribution patrimoniale sonore consistante qui me tient très à cœur. Pour exemples de ces échanges nourris, j’élis la magie de ceux avec Jean Clair _ lien au podcast _, Denis Kambouchner, Bernard Plossu _ en voici un lien pour l’écoute.
A raison de deux conférences-entretiens quotidiens, la librairie Mollat constitue une irremplaçable oasis-vivier d’un tel patrimoine de culture : soit une bien belle façon de faire reculer, loin de Bordeaux aussi, le désert.
 …
Voilà pour caractériser cette luxuriante Oasis rayonnante qu’est à Bordeaux et de par le monde entier, via le web, ma librairie Mollat.
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