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Ecouter Anne-Charlotte Rémond présenter, en son Musicopolis, « L’Exposition de 1878, un panorama musical de son époque », à partir du passionnant travail d’Etienne Jardin en son « Exposer la musique _ Le Festival du Trocadéro (Paris 1878) »

12nov

En sa décidément bien intéressante, et fort bien préparée et documentée, émission Musicopolis, sur France-Musique,

l’excellente Anne-Charlotte Rémond nous a offfert un bien beau podcast (du format de 25′) intitulé « L’Exposition de 1878, un panorama musical de son époque« ,

à partir du passionnant très riche travail de l’ami Etienne Jardin « Exposer la musique _ Le Festival du Trocadéro (Paris 1878)« ,

paru aux Éditions horizonsd’attente au mois de juin dernier…

Cf mes articles des

19 juin 2022 : «  » ;

22 juin 2022 : «  » ;

1er juillet 2022 : «  » ;

et 5 juillet 2022 : « « …

Ce samedi 12 novembre 2022, titus Curiosus – Francis Lippa

Où se recoupent les perspectives fonctionnelles du Directeur de recherches et publications du Palazzetto Bru-Zane, et celles de l’objet ici ciblé à explorer, « l’exposition de la musique », du livre « Exposer la musique Le festival du Trocadéro (Paris, 1878) » : la féconde et passionnante piste de recherche travaillée par Etienne Jardin, sur un pan jusqu’ici délaissé de la musique française, entre Berlioz et Debussy

05juil

C’est autour du concept  même d’ « Exposer la musique« ,

tel qu’il s’est initialement formé et développé dans l’esprit inventif, patient et à terme efficace, d’Ernest L’Épine (Paris, 12 septembre 1826 – Paris, 4 février 1893), le promoteur finalement heureux de l’intuition originale publiquement exprimée dès 1854, puis rappelée avec énergie en 1863 et 1876 _ « les textes d’Ernest L’Epine réclament, pour la musique, l’équivalent du Salon de peinture et de sculpture« , lit-on  à la page 93 du livre d’Étienne Jardin ; et « sa formulation à la veille de chaque exposition parisienne _ de 1855, 1867 et 1878 _ indique bien que ce type d’événement apparaît à son auteur comme un moment stratégique pour lancer ses auditions périodiques« , qui lui tiennent puissamment à cœur !.. _ d’intégrer à l’Exposition universelle de Paris, qui doit se tenir au Trocadéro, en 1878, une série éminemment spectaculaire pour le public d’auditions de concerts, qui se dérouleront effectivement du 6 juin au 10 novembre 1878, dans une très vaste salle de concerts spécialement édifiée ad hoc pour de telles exhibitions musicales, d’une part,

mais aussi, d’autre part, eu égard aux fonctions mêmes de la très dynamique Fondation du Palazzetto Bru-Zane – Centre de musique romantique française, et du riche travail méthodique, précis et excellemment documenté, d’exploration de son Directeur des recherches et publication qu’est Étienne Jardin, je veux dire, ici, en cette mission d' »exposer la musique« ,

et donc au carrefour-rencontre de perspectives _ naissantes, déjà, au XIXe siècle, et archi-développées aujourd’hui… _ de regards spécialement dynamisés par cet objectif très ciblé d’exposer le mieux possible au public les concerts mêmes de musique _ à une époque où n’existaient bien sûr pas encore les enregistrements discographiques ni radiophoniques… : le grand public ne pouvait donc découvrir-entendre-écouter la musique qu’interprétée effectivement au concert… _,

que prend place aujourd’hui le passionnant et très fécond travail de 384 pages, que vient nous offrir, avec son livre « Exposer la musique Le festival du Trocadéro (Paris, 1878)« , qui vient de paraître aux Éditions horizonsd’attente,

Étienne Jardin.

Et la démarche de recherche d’Étienne Jardin se penche donc aussi, au delà de l’histoire assez récente alors des expositions universelles _ Londres, 1851 ; Paris, 1855 ; Londres, 1862 ; Paris, 1867 ; Vienne, 1873 ; Philadelphie, 1876 ; Paris, 1878 _ sur l’histoire bien intéressante, elle aussi, et bien plus en amont, des concerts publics, dans l’histoire de la musique.

Quant à l’usage ici, par Étienne Jardin, du terme de « festival » pour cette dense succession de 105 concerts donnés lors des cinq mois de cette exposition universelle de Paris en 1878, s’il n’est jamais prononcé par quiconque pour cette manifestation de 1878 : de fait, « les observateurs de l’époque se bornent à ne considérer que des séries de concerts, entremêlées certes, mais tout à fait dissociées. (…) La notion de festival telle que nous la connaissons aujourd’hui n’est pas encore forgée en 1878. Le mot se voit d’ailleurs encore utilisé pour désigner une grande réunion d’artistes, un concert monstre unique. Faute de terme pour le penser, l’unité de ces auditions échappe aux commentateurs« , lit-on page 298.

Et il faut attendre 1881, avec le « Rapport administratif sur l’Exposition universelle« , pour obtenir « le premier document à traiter le festival dans son unité. Au chapitre « Notice sur les auditions musicales », après une nouvelle description par séries, le rapporteur considère le phénomène dans son ensemble et calcule tous les concerts pour donner une idée de l’ampleur de la tâche accomplie : « Ces auditions musicales, dans les 108 séances qui se sont données, dont 65 pour la France et 43 pour l’étranger (…) ont fait connaître les écoles et les interprètes de tous les pays. Quels rapprochements curieux, quelles comparaisons fécondes… », lit-on encore page 301. Voilà.

La venue et le rassemblement en un laps de temps limité _ au moins une journée au cours des cinq mois allant du 6 juin au 10 novembre 1878 _ et en un même lieu _ au Trocadéro, à Paris _ d’une énorme foule, tant nationale qu’internationale _ les moyens de transport ont connu un formidable essor au XIXe siècle _, fournissait ainsi une formidable occasion à saisir de mettre en présence, aux yeux aussi des très nombreux spectateurs, et pas seulement à leurs oreilles, ce qui se donnait à connaître en matière de composition musicale à leur époque _ depuis 1830 surtout, et après la précédente exposition universelle à Paris, en 1867 _ et en les diverses nations représentées pour l’occasion à l’exposition ;

et cela en une période de l’histoire de la musique plutôt négligée jusqu’ici par les historiens de la musique en France, disons entre les noms majeurs de Berlioz et de Debussy…

Étienne Jardin précisant, à ce sujet, que le choix des œuvres présentées à écouter interprétées aux concerts donnés à ce « festival » du Trocadéro de 1878, selon la sélection de la commission réunie ad hoc lors de multiples séances de préparation, privilégiait le point de vue des compositeurs demandeurs de présentation-exposition de leurs œuvres, plutôt que celui des attentes supposées de la part du public, très divers, susceptible d’assister à ces auditions de musique interprétées par les instrumentistes de l’orchestre et les chœurs de chanteurs, voire au grand orgue Cavaillé-Coll construit expréssément pour l’événement :

« Le concert montre les interprètes. Son public vient entendre des pièces dont il contemple l’exécution. (…) La musique, au concert, est exhibée pour elle-même« , lit-on ainsi page 33…

Ce mardi 5 juillet 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

« Ut pictura musica », une clarissime recension du passionnant et très riche « Exposer la musique _ Le festival du Trocadéro (Paris, 1878) » d’Etienne Jardin, par Laurent Bury, sur son Wanderersite.com…

01juil

En répose à mon vœu que son « riche « Exposer la musique » trouve son chemin effectif auprès de son lectorat potentiel…« ,

Étienne Jardin vient de me faire parvenir une très belle première recension, intitulée « Ut pictura musica« , de ce passionnant « Exposer la musique _ Le festival du Trocadéro (Paris 1878)« , rédigée par Laurent Bury, sur son site wanderersite.com,

que je m’empresse bien sûr de relayer ici _ avec mes propres menues farcissures, en vert…

Le titre intrigue tout d’abord _ en effet ! _ : que peut bien vouloir dire « exposer la musique » ? Exposer des instruments, comme cela se fait dans la plupart des capitales européennes ? Et le sous-titre rend plus perplexe encore : on croit se rappeler qu’il y eut bien, dans l’édifice qui précéda l’actuel Trocadéro, une gigantesque salle de concerts, mais qui a jamais entendu parler d’un « festival » en 1878 ? _ et ce terme, en effet, ne fut pas alors employé… Il y a une quinzaine d’années, la Cité de l’architecture et du patrimoine avait publié, en partenariat avec Actes Sud, un volume intitulé Le Palais de Chaillot, où le texte signé Pascal Ory était accompagné d’un CD-ROM permettant la visite virtuelle du bâtiment conçu par Gabriel Davioud, architecte du Théâtre du Châtelet, et dû à l’ingénieur Jules Bourdais, pour la troisième Exposition universelle organisée par la France _ après celles de 1855 et 1867, sous le Second Empire. Autrement dit, le livre que fait paraître Étienne Jardin aux éditions Horizons d’attente est consacré au rôle _ oui _ qu’a pu jouer la musique lors de cette manifestation, et l’on comprend très vite que son curieux titre est parfaitement justifié _ mais oui ! _, dans la mesure où les organisateurs dudit événement et leurs contemporains ont eux-mêmes employés l’expression très inhabituelle d’ « exposition musicale » (par exemple dans le journal Le Temps, en juin 1878), pour désigner ce que l’on qualifierait bien plutôt aujourd’hui de festival.

La formule apparaît d’autant plus judicieuse que, dans les discours de l’époque, un rapprochement ne cesse d’être fait entre deux arts fort diversement traités par l’État : les défenseurs de la musique invoquent en effet l’exemple des musées et des salons annuels, institutions financées par les autorités, qui estiment donc nécessaire d’encourager les « beaux-arts ». La musique semble alors être le parent pauvre _ voilà _, dans la mesure où, jusqu’au milieu du XIXe siècle, elle doit se contenter de l’initiative privée _ voilà _ pour subsister ; c’est surtout vrai des compositions non scéniques, mais même l’Académie royale ou impériale de musique n’a pas toujours été aussi soutenue que son nom pourrait le laisser penser. Autrement dit, il était urgent que le gouvernement consacre des fonds à aider la musique selon ses modalités spécifiques d’exposition : auditions périodiques permettant de découvrir la production des compositeurs vivants (équivalent du Salon annuel de peinture _ voilà _) et concerts historiques permettant de faire entendre les grandes œuvres du passé (équivalent du musée _ oui _). A l’approche des deux premières Expositions universelles parisiennes, celles de 1855 et de 1867, l’écrivain et dramaturge Ernest l’Épine remettait sur le tapis son projet, sans jamais trouver une oreille favorable. La troisième _ celle de 1878, donc _ allait lui accorder une revanche, puisqu’il fut décidé qu’une série de concerts accompagnerait l’exposition des arts, de l’artisanat et de l’industrie. Il ne manqua pas de journalistes hostiles à cette manifestation pour dénoncer le Salon des Refusés que constituaient ces auditions, où avaient trouvé place des compositeurs jugés « ratés » ou contaminés par l’école allemande.

Et si, comme l’annonce modestement Étienne Jardin à la fin de son livre, il reste à écrire une histoire musicale de la Salle des fêtes du Trocadéro de son inauguration 1878 jusqu’à sa démolition en 1937, son volume pose magnifiquement la première pierre de cette entreprise _ oui. Grâce à ses recherches exhaustives _ tout à fait : car il se trouve que des œuvres qui n’ont jamais été publiées par leurs auteurs, et dont les partitions manuscrites ou bien ont disparu, ou bien sont ne sont pas publiquement répertoriées _ dans les archives du Ministère de l’agriculture et du commerce, le musicologue attitré du Palazzetto Bru Zane propose en effet une vision panoramique _ oui ! _ de cette « Exposition musicale » injustement dédaignée (alors que l’Exposition de 1889 et ses gamelans balinais ayant influencé Debussy a bien davantage attiré l’attention). Après avoir montré que le terme « festival » _ utilisé d’abord et depuis longtemps en Angleterre _ était alors encore peu usité en France, et réservé aux exécutions musicales réunissant une foule _ parfois même « monstrueuse«  _ d’exécutants, Étienne Jardin retrace _ avec minutie, et c’est passionnant à suivre… _ les différentes étapes d’un processus qui fut, en lui-même, étonnamment rapide – le président MacMahon annonça en avril 1876 une manifestation qui ouvrirait le 1er mai 1878 et durerait cinq mois –, non sans remonter _ aussi, et c’est là aussi éclairant _ jusqu’aux origines de la forme du concert public et « savant » en France.

Une Commission des auditions musicales se réunit pour la première fois neuf mois _ seulement _ avant l’ouverture de l’exposition _ le 1er mai 1878 _, les deux mamelles de ses délibérations étant donc précipitation et confusion. Certaines problématiques alors primordiales sembleront aujourd’hui bien désuètes, comme ces débats sur la nationalité des compositeurs (fallait-il considérer comme françaises les œuvres crées à Paris mais écrites par des étrangers ? Ne fallait-il tolérer que les musiciens naturalisés ?), mais ce serait oublier que la capitulation de Sedan était encore présente dans tous les esprits, c’est pourquoi l’Allemagne ne fut évidemment pas conviée à participer à la fête musicale _ en effet ; de même que la chute de l’Empire napoléonien, en 1815, a déchaîné l’expansion des nationalismes en Europe, et en ses colonies. Il était hors de question d’interpréter le moindre morceau de Wagner, mais, non sans une certaine ironie, ce sont des Teutons qui dominèrent les programmes symphoniques _ via le off du Festival, et les iniatives des institutions invitées… _, le tiercé gagnant étant Mendelssohn-Bach-Haendel, suivis de loin, chez les vivants, par Verdi, Saint-Saëns et Gounod.

Faute de moyens financiers _ ainsi qu’au vu de la brièveté des délais impartis, aussi _, très peu d’orchestres étrangers purent faire le déplacement, certains pays devant se contenter d’envoyer un contingent de choristes, ou des représentants de cette « Musique pittoresque » _ censée intéresser (et drainer à l’Exposition) un plus large public… _, catégorie dans laquelle auraient dû se trouver réunis les chants bretons ou corses (grands absents en fin de compte), les tziganes et autres danseurs folkloriques.

Sur l’immense scène du Trocadéro, il fallait un orchestre doublé, mais comme l’immense salle (4700 places) ne devait servir que l’été et en plein jour, il ne parut pas nécessaire d’y installer éclairage ou chauffage – mais le système de ventilation fut complimenté. L’acoustique posait quelques problèmes de réverbération, et le grand orgue Cavaillé-Coll ne fut _ un peu tardivement _ livré qu’en août _ mais avec un grand succès de foule… Une programmation jugée trop sérieuse explique peut-être les résultats médiocres en termes de fréquentation, une fois passée l’excitation de l’inauguration. En marge des concerts officiels, un « festival off » comme on ne disait pas encore, sut davantage attirer les foules, en proposant une offre plus diversifiée _ ou éclectique _ mêlant théâtre parlé, fanfares militaires et musique légère.

Tout au long de ces trois cent cinquante pages, on suit avec plaisir le récit mené de main de maître _ oui ! _ par Étienne Jardin, truffé d’informations dûment référencées _ oui, Étienne Jardin est un chercheur très scrupuleux _, et émaillé de passages qui montrent un beau sens de la formule, où l’humour a lui aussi _ mais oui ! _ sa place. A une époque où il n’existe à Paris aucune salle véritablement destinée à accueillir les auditeurs, « Tel un bernard‑l’ermite, le concert se trouve des lieux de vie qui n’ont pas été conçus pour lui » (33). Comme le Salon du Livre encore récemment hébergé là où venait de se déroulait le Salon de l’Agriculture, les concerts donnés dans des cirques devaient _ jusqu’alors _ composer avec certains « désagréments olfactifs », mais en cherchant des sites dédiés, « la France tente de sortir du crottin » (119). Les organisateurs des concerts du Trocadéro ne savent bientôt plus où donner de la tête : « Entre les réflexions sur la date à laquelle débute la modernité musicale _ à établir… _ et les réclamations faites afin d’obtenir la gratuité des toilettes pour les artistes, le spectre des interventions de la commission est décidément bien vaste » (179). La manifestation ne vise qu’à édifier le public : « Là réside peut-être la plus grande originalité de l’expérience du Trocadéro en 1878 : l’audace – ou l’irresponsabilité – de penser une série de  concerts sans se soucier de sa rentabilité » (231). Ou encore, à propos du prestige dont jouissent les organistes bien qu’invisibles dans leur tribune, en partie comparable à celui des virtuoses de la première moitié du siècle : « Le compositeur-interprète n’est pas mort : il est simplement caché » (298).

S’il est curieux de désigner le baron Isidore Taylor par son deuxième prénom, d’où une homonyme surprenante avec le claveciniste Justin Taylor (note 28, page 89), le volume est remarquablement dénué de coquilles : tout au plus trouvera-t-on sur la même page 227 deux orthographes pour le compositeur Victor Verrimst, et une étrange féminisation du Théâtre de l’Ambigu-Comique, page 237 _ ainsi que trois autres, aux pages 254, 332 et 334.

On attend désormais _ mais oui ! _les éventuels prochains épisodes de cette riche histoire, mais on se déclare surtout prêt à suivre Étienne Jardin dans toute autre aventure où il lui plaira d’entraîner son lecteur _ voilà…

Cf aussi mon article du 22 juin dernier,

et l’excellente métaphore du sismographe que met si judicieusement en œuvre Rémy Campos, en sa lumineuse Préface au travail d’Étienne Jardin :

« « …

Ce vendredi 1er juillet 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Un premier regard de recul rétrospectif, après une première lecture, sur le passionnant très riche travail de recherche d’Etienne Jardin en son très remarquable « Exposer la musique Le festival du Trocadéro (Paris 1878) », aux Editions horizonsd’attente…

22juin

 

Voici le courriel que je viens d’adresser ce matin à Étienne Jardin,

après un premier regard de lecture sur les 384 pages de son très riche et passionnant « Exposer la Musique Le festival du Trocadéro (Paris (1878) », qui vient de paraître hier, 21 juin _ jour de la Fête de la Musique ! _ aux Éditions horizonsd’attente.

Cher Étienne,

alors que, pour qualifier la brillante singularité de votre enquête, je m’étais proposé à moi-même l’image d’une « carotte géologique à fouiller » dans la musique du XIXe siècle, à partir de l’événement ponctuel _ de cinq mois et quatre jours : les 108 séances (page 301) de concerts « exposés » de ce très riche festival de musique ont eu lieu du 6 juin au 10 novembre (page 233), avec plus de 750 œuvres jouées (page 304) _ de l’Exposition universelle de Paris en 1878,
voici que,
et à côté de votre propre métaphore du « pli à ouvrir » dans l’histoire de la musique (à la page 340 du livre, et à la page 339, l’expression a été en quelque sorte reprise, a posteriori, afin de donner son titre au sous-chapitre qui traite de cela : « Dans un pli à ouvrir dans l’histoire de la musique »), afin de « scruter une génération oubliée, certes, mais pas stérile » _ même si Étienne Jardin applique alors spécifiquement cette métaphore à la question du répertoire, avec toutes ces œuvres (dont le contenu effectif de certaines, non conservé, perdu, manque aujourd’hui !) et tous ces auteurs effacés de notre mémoire collective _,
Rémy Campos, lui, propose, à la page 10 de sa Préface, l’image superbe d’ « un sismographe (fiché dans la société française des débuts de la Troisième République) dont il fallait avoir l’idée d’analyser les mouvements »,
pour beaucoup d’entre eux quasi inaperçus jusqu’alors de la recherche historienne de la musique, assez peu curieuse jusqu’ici de ce moment précis-là, la décennie 1870, de la musique en France…
Fouiller la richesse d’une carotte géologique enfoncée et extirpée de la profondeur historique d’un sol, à la façon dont procèdent, par exemple, les archéologues pour affiner leurs datations,
ouvrir un pli, dans la double acception de ce terme : d’abord et surtout un pli (leibnizio-deleuzien) à déplier dans la richesse de ses multiples (voire infinies) connexions à révéler et comprendre ; mais aussi un courrier à parcourir et explorer dans le menu détail de ce qu’il s’avère receler !,
analyser les différentiels des variations complexes des infra-mouvements saisis d’un sismographe :
trois gestes ou opérations de recherche imaginative et méthodique fondamentalement dynamiques…
Puis savoir en proposer une synthèse ramassée, à la fois précise et éclairante pour le lecteur : ce que le livre réalise parfaitement.

Bravo !
La richesse de votre moisson est passionnante.
Francis
À suivre, bien sûr !
Ce mercredi 22 juin 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

« Exposer la musique » : une très riche passionnante enquête d’Etienne Jardin sur le Festival du Trocadéro, lors de l’Exposition universelle de 1878 à Paris, pour pénétrer et mieux connaître les arcanes de la vie musicale au XIXe siècle…

19juin

Étienne Jardin est directeur de la recherche et des publications du Palazzetto Bru-Zane, à Venise, c’est-à-dire le très actif et très fécond Centre d’études de la musique romantique française.

Je connais et apprécie Étienne Jardin depuis l’année 2011, à Venise,

quand il a été chargé de relire, en vue de leur publication, mes deux contributions au Colloque des 19 et 20 février 2011, au Palazzetto Bru-Zane, à Venise, « Un Compositeur moderne né romantique : Lucien Durosoir (1878 – 1955)« ,

« Une poétique musicale au tamis de la guerre : le sas de 1919 – la singularité Durosoir« 

et « La Poésie inspiratrice de l’œuvre musical de Lucien Durosoir : romantiques, parnassiens, symbolistes, modernes« .

Or voici que le 21 juin prochain paraît en librairie « Exposer la musique Le festival du Trocadéro (Paris 1878) » qu’Étienne Jardin publie aux Éditions horizonsd’attente,

un volume de 384 pages,

qu’il m’a très aimablement adressé.

Voici donc, à titre documentaire, et avant, bien sûr, un compte-rendu circonstancié de ma lecture de ce passionnant très riche essai d’histoire musicale _ telle une très éclairante carotte fouillée dans la géologie riche de la musique du XIXe siècle _, le courriel que ce matin même je viens de lui adresser,

en forme d’accusé de réception…

Cher Étienne,

une fois mon devoir électoral accompli _ à l’ouverture du bureau de vote : 8h 00 _ je me suis remis à ma première lecture, débutée hier à la réception de votre « Exposer la musique le festival du Trocadéro (Paris 1878) » ,
qui me passionne,
en me confirmant _ mais était-ce nécessaire ? _ le magnifique intérêt historique et musical de votre recherche, tout à fait éclairante sur les divers cadres de fond _ entremêlés, et dont il faut comprendre, en leur riche détail même qu’il fallait rechercher et analyser, les multiples significatives interconnexionsde l’histoire de la musique (en France, mais pas seulement), depuis le XVIIIème siècle…
Avec l’attention fondamentale portée sur les concepts mêmes, cruciaux, de « concert » et de « festival »…
Pour ma part, je le compare à ce que m’avait apporté le travail de Martin Kaltenecker, « L’Oreille musicale », en 2011 _ que vous citez d’ailleurs à plusieurs reprises…
Ce matin, donc, j’entame, page 127, le chapitre « La Règle du jeu »…
Et ce dimanche, à 16h 22, j’en suis à la page 202, du chapitre « Organiser les concerts officiels »…
J’espère que vous allez bien, cher Étienne,
et que votre livre aura  l’insigne joie, qu’il mérite superbement, de rencontrer son public…
Bien à vous,
Francis,
à Bordeaux
Ce dimanche 19 juin 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa
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