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Enfin une interprétation enthousiasmante des Variations Diabelli : par Andreas Staier, enchanteur diabolique, sur un pianoforte

09jan

Je désespérais de trouver enfin une version à mon goût

des Variations Diabelli, de Beethoven :

ni Ronald Brautigam

_ en son coffret Bis de Variations de Beethoven _,

ni Stephen Kovacevich

_ en son coffret Philips repris par Decca de l’intégrale des œuvres pour piano de Beethoven  _

ne m’avaient convaincu.

Ni, non plus, les assez récents CDs de Filippo Gorini et de Martin Helmchen

_ les CDs Alpha 296 et 386.

Etait-ce donc à l’œuvre même que je résistais ainsi ?..

Après tout, il y a tout un monde entre les Goldberg de Bach

_ que je porte au pinacle ! _

et les Diabelli de Beethoven.

Et la forme ludique,

ou même fantaisiste _ ou fantastique _,

du jeu débridé des Variations,

appartient surtout à ce qui se libère dans la pratique d’invention-composition au moment du Baroque…

Même si les diverses Variations de Mozart

et les diverses Variations de Haydn

s’écoutent aussi _ encore _ avec beaucoup de plaisir…

¨¨

Eh bien,

en rangeant une partie de mes piles de CDs,

je suis tombé sur le CD des Diabelli par Andreas Staier

_ dont je n’avais nul souvenir d’écoute… :

un CD Harmonia Mundi, HMC 902091, enregistré en 2010 et publié en 2012 _,

dont venait de me parler, pour me le recommander chaleureusement, Elisabeth, chez Mollat :

une interprétation sur un pianoforte d’après un modèle de Conrad Graf.

Un jeu extrèmement expressif et vivant, et formidablement ludique,

en effet !

Enchanteur !!!

Et diabolique…

Ce jeudi 9 janvier 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Le Beethoven rayonnant et solaire de Lorenzo Gatto et Julien Libeer : les CDs Alpha 240, 407 et maintenant 565, des Sonates pour violon et piano de Ludwig van…

23nov

Quelle rayonnante joie solaire

nous procure l’intégrale des 10 Sonates pour violon et piano de Beethoven,

par Lorenzo Gatto et Julien Libeer,

avec les CDs Alpha 240, 407 et maintenant 565…

J’abonde donc dans le sentiment magnifiquement chaleureux de Jean-Charles Hoffelé

qui a accueilli comme il se doit

les trois volumes de cette intégrale,

enregistrés en janvier 2016 (CD Alpha 240),

décembre 2017 (CD Alpha 407)

et avril et mai 2019 (CD Alpha 565) ;

dont voici les trois chroniques successives de ces trois superbes CDs,

respectivement intitulées

L’Évidence, le 21 juin 2016 ;

Instrumentarium, le 17 octobre 2018 ;

et Printemps, ce 20 novembre 2019 :


L’ÉVIDENCE

La Sonate “Kreutzer” est longtemps restée à mon goût la propriété privée de Bronislaw Huberman et d’Ignaz Friedman : un équilibre désarmant, une fantaisie tour à tour tendre ou rageuse, quelque chose d’une complétude idéale entre un archet chanteur et un piano orchestre qui dépassait la chambre pour s’ébattre au plein air.


Voilà que je retrouve enfin cette sensation de liberté, d’aventure, de brio _ formidables, oui _ et de poésie _ bien sûr, aussi, et c’est capital. Cette capacité à changer de sentiment en une demi-mesure, qui rappelle que le génie de Beethoven est inféodé au principe de l’improvisation _ voilà ! _, Lorenzo Gatto la maîtrise avec une diversité de vocabulaire sciante : il donne à entendre toutes les hardiesses de l’écriture, démultipliant les possibilités physiques de son instrument. Mais ce génie qui vous fera frissonner tout au long de cette Kreutzer anthologique ne serait pas absolu si le piano volatile et sonore de Julien Libeer ne le soutenait avec cette énergie et ce style impeccable _ oui ! _ : la touche tombe pile dans l’archet.


C’est enivrant à force de perfection, irrésistible, assez magnifiquement enregistré (Aline Blondiau), et laisse augurer de ce qui semble être une intégrale _ en effet. Les Quatrième et Deuxième Sonates, subtilement brossées, semblent l’indiquer. Et maintenant, s’il vous plaît, vite le second volume, qui je l’espère, s’ouvrira _ mais oui !  _ avec Le Printemps.


LE DISQUE DU JOUR

cover gatto libeer alphaLudwig van Beethoven(1770-1827)
Sonate pour violon et piano No. 2 en la majeur, Op. 12
No. 2

Sonate pour violon et piano No. 4 en la mineur, Op. 23
Sonate pour violon et piano No. 9 en la majeur, Op. 47 « Kreutzer »

Lorenzo Gatto, violon
Julien Libeer, piano

Un album du label Alpha Classics 240

Photo à la une : © DR…

INSTRUMENTARIUM

Un premier volume m’avait transporté, le second itou. Tant d’intégrales des Sonates pour violon et piano de Beethoven excellent parmi une discographie si abondante, mais Lorenzo Gatto et Julien Libeer sont bien les seuls à m’emmener aussi loin que ne le firent Joseph Szigeti et Claudio Arrau à chaque fois que je reviens à leur enregistrement justement légendaire.


Le nouvel album est dominé par une version solaire _ oui ! _, uniment heureuse _ en effet ! _, de la 10e Sonate. Son sol majeur radieux resplendit dans l’archet miellé de Lorenzo Gatto, qui épanouit le ton de confidence rêvée de l’Adagio, merveille où le piano de Julien Libeer est comme un second personnage. Et leurs échanges de trilles au début de la sonate !


Admirable tout du long, leur Printemps n’a pas la sombre profondeur que voulait y entendre Enesco, mais impose comme dans l’ensemble de l’album un classicisme _ oui _ un rien hautain qui libère Beethoven de ses tempêtes _ annonciatrices du romantisme _, y compris dans la Première Sonate où enfin il s’émancipe _ cette fois _ de Mozart, non par la révolte, mais par l’éclosion soudaine d’un nouveau style.

C’est décidément bien vu pour ce qui est déjà la grande intégrale du cahier _ oui _ en ce nouveau siècle, soucieuse de s’approprier également les apports de l’interprétation historiquement informée et d’en dépasser _ avec une fantaisie pleine de grâce _ les dictats. Le magnifique Stradivarius « Joachim » à lui seul est exemplaire par la plénitude de sa sonorité, le fruité de ses harmonies, mais le piano que joue Julien Libeer l’est tout autant, création du facteur Chris Maene qui l’a réalisé sur un plan de cordes parallèles, mettant dans un piano moderne l’esprit et les couleurs d’un piano de l’époque de Beethoven : écoutez seulement avec quelle plénitude il s’accorde avec le violon de Lorenzo Gatto.


LE DISQUE DU JOUR


Ludwig van Beethoven(1770-1827)
Sonate pour violon et piano No. 1 en ré majeur,
Op. 12 No. 1

Sonate pour violon et piano No. 10 en sol majeur, Op. 96
Sonate pour violon et piano No. 5 en fa majeur, Op. 24
« Le printemps »

Lorenzo Gatto, violon
Julien Libeer, piano

….

Un album du label Alpha 407

Photo à la une : © Alpha Classics

PRINTEMPS

Voilà, le voyage _ des 10 Sonates pour violon et piano _ est déjà fini, et cet ultime volet de l’intégrale la plus juvénile _ oui ! à la Mendelssohn… _ des Sonates pour violon et piano de Beethoven sonne comme un printemps en plein automne.


Quel entrain encore un peu mozartien _ oui _ les deux amis mettent à l’Allegro (très) con spirito de la Troisième Sonate, petit bijou dont l’Adagio pris leste, respectant à la lettre le « con molta espressione », roule tout un paysage ombrageux. Merveille, le violoniste et le pianiste ont le même cantabile souple _ absolument ! quelle grâce ! _, et Julien Libeer, je ne sais comment, transforme son clavier en ondes _ oui.


Pour la fin du parcours, ils auront gardé tout l’Op. 30, triptyque où la pensée de Beethoven se radicalise, cahier novateur qui désarçonna les mélomanes : c’est le chant intérieur, et une certaine dolence qui parcours les trois Sonates, Beethoven essayant d’y fuir cette surdité qui l’assaille.

Entendre autrement, et faire entendre tout un nouveau monde, c’est bien ce à quoi Julien Liebeer et Lorenzo Gatto parviennent, éclairant avec un lyrisme déchirant ces pages sublimes d’un musicien perdu qui concentre son art, l’exauce en quelque sorte vers une dimension spirituelle. Je ne les avais pas entendues aussi émouvantes, aussi pleines de caractère et d’interrogations _ voilà _, depuis la gravure de Josef Szigeti et de Claudio Arrau.

Et maintenant, quoi pour demain ? Mozart ?

LE DISQUE DU JOUR

Ludwig van Beethoven(1770-1827)
Sonate pour violon et piano No. 3 en mi bémol majeur,
Op. 12 No. 3

Sonate pour violon et piano No. 7 en ut mineur,
Op. 30 No. 2

Sonate pour violon et piano No. 6 en la majeur,
Op. 30 No. 1

Sonate pour violon et piano No. 8 en sol majeur, Op. 30 No. 3

Lorenzo Gatto, violon
Julien Libeer, piano

Un album du label Alpha 565

Photo à la une : le pianiste Julien Libeer et le violoniste Lorenzo Gatto – Photo : © DR

Une musique qui vit pleinement

et fait du bien…

L’année du 250ème anniversaire de Beethoven (1770 – 1827)

s’annonce merveilleusement.

Ce samedi 23 novembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

De merveilleux Haydn et Mozart au pianoforte, par un très ludique Jérôme Hantaï

05mai

Ce n’est pas la première réalisation discographique sur pianoforte de Jérôme Hantaï

_ connu d’abord comme violiste ;

en plus d’être le frère aîné des excellents Pierre Hantaï, claveciniste, et Marc Hantaï, flûtiste. .

Au moins deux CDs Haydn :

un de sonates, chez Ambroisie, en 2005 ;

et un premier de trios, avec Philippe Couvert et Alix Verzier, chez Astrée en 1999…

Eh! bien, ce CD Haydn-Mozart de Sonates sur pianoforte par Jérôme Hantaï

_ un CD Mirare MIR 456 à paraître le 17 mai à venir  _

est merveilleusement réussi,

en la plénitude de son bonheur ludique…

À placer tout à côté du tout récent CD Haydn de Kristian Bezuidenhout,

le CD Harmonia Mundi HMM 902273 ;

cf mon article du 24 avril dernier :

C’est comme si nous découvrions enfin la grâce de claviériste, aussi, de Joseph Haydn (1732 – 1809) !

Celle de Mozart (1756 – 1791) nous étant depuis pas mal de temps un peu mieux familière…

Jérôme Hantaï a toujours eu beaucoup de fantaisie !

Et nous sommes très heureux de l’entendre ainsi à nouveau au disque !

Ce dimanche 5 mai 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Un nouvel article sur le Haydn novateur et fantasque de Kristian Bezuidenhout

24avr

Kristian Bezuidenhout

est un musicien que j’apprécie tout particulièrement

_ cf mon article du 11 avril dernier :  … _ ;

et dont j’ai salué à diverses reprises les superbes incarnations discographiques, 

dans Mozart, tout spécialement

_ cf mon article du 11 janvier 2016 :  … ;

et celui du 28 février 2015 :   _ ;

mais aussi maintenant dans l’œuvre de Joseph Haydn.

Et voici que ce jour,

sur le site de Res Musica,

sous la plume du critique Alain Huc de Vaubert,

et à propos du très beau CD Piano Sonatas de Joseph Haydn, par Kristian Bezuidenhout

_ soit le CD Harmonia Mundi HMM 902273 _

paraît un article intitulé Le Haydn novateur et fantasque de Kristian Bezuidenhout.

LE HAYDN NOVATEUR ET FANTASQUE DE KRISTIAN BEZUIDENHOUT


….

Joseph Haydn (1732-1809) :

Sonate en ut mineur Hob XVI : 20 ;

Variations sur le thème « Gott erhalte Franz, den Kaiser’ » Hob. I, 430, poco adagio en sol majeur d’après le Quatuor à cordes Hob III : 77 (op. 76 N° 3) ;

Partita (divertimento) en sol majeur Hob. XVI :6 ;

Sonate en ut majeur Hob. XVI : 48 ;

Variations (Sonate, un piccolo divertimento) en fa mineur Hob. XVII : 6.

Kristian Bezuidenhout, piano forte.

1 CD Harmonia Mundi.

Enregistré en septembre 2017 au Doopsgezinde Kerk à Haarlem.

Notice en français, anglais et allemand.

Durée totale : 68:22

Bezuidenhout Haydn HM




















Moins immédiatement séductrices à l’écoute que celles de Mozart, les sonates pour piano de Haydn semblent _ de loin _ avoir peu intéressé les pianistes pendant de longues années.

Hormis les pionniers que furent Lili Kraus, Alfred Brendel et Paul Badura-Skoda sur piano forte, les quarante dernières années ont apporté _ tout de même _ de beaux témoignages avec Glenn Gould _ Hum !!! _, dont ce fut le dernier enregistrement en 1982, Catherine Collard, Patrick Cohen, Marc-André Hamelin, Rudolf Buchbinder _ existe de lui une intégrale des Sonates de Joseph Haydn, chez Teldec _, Ronald Brautigam _ que j’apprécie ! _, Andreas Staier, Paul Lewis, sans oublier la passionnante somme de Christine Schornsheim _ chez Capriccio. Haydn composait au clavier, utilisant son instrument comme un laboratoire, avec un talent certain d’improvisateur. Et si un critique du XIXe siècle qualifiait ses sonates pour piano de « jouet musical », d’autres ont considéré plus tard qu’il avait écrit quarante ans à l’avance les coups de génie d’un Schubert.

Dans son texte de présentation, Kristian Bezuidenhout avoue lui-même son peu d’attrait _ au départ _ et sa méconnaissance de la musique pour piano de Haydn jusqu’à cet enregistrement : « … la musique de Haydn est indissolublement associée dans son esprit avec sa façon de la jouer. Haydn est sa musique, sa musique est Haydn ». Oubliant _ c’est-à-dire les mettant à distance _ ses succès dans Mozart, il s’est mis au travail, et le résultat est des plus enthousiasmants. Parmi les 62 sonates pour clavier de Haydn, Kristian Bezuidenhout a choisi quelques unes des plus connues dans un agencement de programme toutefois original. Il commence par la « grande » Sonate n° 20 en ut mineur de 1771 avec ses coups de boutoir vers quelque-chose de nouveau selon les recherches de Carl Philipp Emmanuel Bach _ et l’Emfindsamkeit. Composée par fragments et publiée seulement en 1780, cette sonate constitue le pendant pianistique des sombres symphonies Funèbre n°44 et Les Adieux n°45.

Les Variations sur le thème de l’hymne impérial Gott erhalte Franz, den Kaiser, dans la version pianistique réalisée par Haydn lui-même d’après le troisième mouvement du Quatuor op. 76 n°3, s’imposent par leur simple rigueur et leur invention. La Sonate n° 6 en sol de 1760, judicieusement placée en milieu de programme, est jouée avec élan et clarté avec la bonne dose d’ornements et d’arpèges. Destinée à quelque élève néanmoins virtuose, cette sonate constitue en quelque sorte un hommage à Domenico Scarlatti _ l’enchanteur ! _ avec les brusques modulations de majeur en mineur, les extravagances rythmiques et les guirlandes virtuoses.

En deux mouvements, la Sonate n°48 en ut majeur de 1789 n’obéit plus à un schéma formel traditionnel. Peut-être l’une des plus personnelles de Haydn, elle s’apparente plus à une fantaisie, voire à une improvisation dans laquelle Krisitan Bezuidenhout se révèle magistral _ oui _, particulièrement dans le fulgurant Rondo presto du second mouvement. Enfin, le disque s’achève par les célèbres Variations en fa mineur de 1793 dans lesquelles le pianiste orne à plaisir avec de subtiles variations de tempo. Il s’agit d’un cycle de doubles variations que Haydn affectionnait et qui a été qualifié par un critique de l’époque d’ « un Andante mélancolique en fa mineur, varié comme seul un maître sait le faire, tant est si bien qu’il s’écoute comme une fantaisie libre ».

Le piano forte construit par Paul Mac Nulty _ le mari de Viviana Sofrontisky _ en 2009, d’après un Anton Walter de 1805, révèle une agréable sonorité incisive. Avec ce beau disque, Kristian Bezuidenhout s’inscrit dans la filiation d’un Paul Badura-Skoda, bien qu’il n’en fut pas l’élève.


Un enregistrement enchanteur,

superbement dynamique.



Ce mercredi 24 avril 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Découvrir Jan Ladislas Dussek (1760 – 1812) par Viviana Sofronitsky, sur pianoforte

21avr

Jean-Charles Hoffelé nous propose  en son article Son temps est venu

de prêter une oreille fine au CD Brillant 95598

des Sonates opus 9  et opus 75 de Jan Ladislas Dussek (1760 – 1812),

par la pianiste Viviana Sofronitsky, sur un pianoforte de Paul Mc Nulty :

SON TEMPS EST VENU


Johann Ladislav Dussek ou la métamorphose de la sonate classique en sonate romantique ? Beethoven admirait ses œuvres, il y trouvait certainement ce sens de l’humeur, ces atmosphères capricieuses, ce discours ardent _ héritier de l’Empfindsamkeit ? _ qui à force d’essayer _ c’est le propre de l’esprit de la Fantaisie… _ excédaient les structures classiques, les noyant sous l’affect. Comme pour Beethoven, le pianoforte, instrument en constante mutation, fut le lieu de la libération de son imaginaire. La série initiée par Brilliant m’aura jusque-là échappée _ pas à moi : les musiciens de Bohème m’intéressent… _, elle confie chaque volume à un interprète différent mais les associait jusque-la à un même instrument, un Longman-Clementi.

Viviana Sofronitzky lui préfère le pétillant, l’alerte pianoforte de son cher _ épouxPaul McNulty d’après un Walter de 1792, si vert et si fusant, au clavier irrésistiblement mobile : les trois Sonates de l’Opus 9, charmantes et capricieuses, lui sont à peu près contemporaines, leurs contredanses spirituelles où passe encore le sourire de Mozart, « croquées » avec esprit par la fille _ en effet _ du grand Vladimir, qui a hérité de son père cette fantaisie naturelle, le goût des audaces – écoutez comme tout cela danse et fuse dans la Première Sonate et aussi ce cantabile ombré de tragique qui saisit à l’écoute du Larghetto con espressione de la Deuxième Sonate : Beethoven décidément n’est pas loin.

L’instrument de McNulty, avec ses registres contrastés et son clavier naturellement chantant, donne toute son ampleur à la « Grande Sonate » Op. 75. Nous sommes en 1811, Dussek est revenu à Paris et tire le diable par la queue, il écrit cette vaste sonate pour redorer son blason devant le public de l’Odéon.

Adieux Beethoven et le franc discours des années passées, l’œuvre est une immense guirlande de thèmes et d’effets à la Weber, d’un lyrisme capiteux, qui devait plaire aux mélomanes parisiens. Mais l’œuvre est complexe, surprend par des audaces inattendues jusque dans l’harmonie qui montre des tensions certaines. Viviana Sofronitzky saisit tous les enjeux de cette partition fascinante, posée entre deux mondes.

Quel dommage que le principe de la série n’octroie qu’un disque à chaque interprète !


LE DISQUE DU JOUR
















Jan Ladislav Dussek
(1760-1812)


3 Sonates pour clavier, Op. 9
Sonate pour clavier No. 27 en mi bémol majeur, Op. 75

Viviana Sofronitsky, pianoforte

Un album du label Brilliant Classics 95598

Photo à la une : la pianofortiste Viviana Sofronitsky – Photo : © Majka Votavova

Un CD passionnant.


Ce dimanche 21 avril 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

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