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Un flamboyant Art de la fugue de Bach interprété à l’orgue de Naumburg par Samuel Kummer : un double CD « pour l’île déserte »…

29août

Le 22 août dernier, sur le site de Discophilia, l’excellent Frédéric Muñoz a présenté, en un article parfaitement détaillé,

un enregistrement « flamboyant » de L’Art de La Fugue de Johann-Sebastian Bach, interprété à l’orgue de Naumburg par Samuel Kummel,

soit le double CD Aeolus AE 11291 :

Un Art de la fugue flamboyant par Samuel Kummer à l’orgue de Naumburg

Dans une discographie plus qu’abondante, L’Art de la fugue de Bach trouve ici une approche tout à fait exceptionnelle de l’organiste Samuel Kummer porté par un orgue historique aimé du compositeur et une prise de son sans nul doute la meilleure depuis la restauration de l’instrument de Naumburg en 2000.

Ce nouvel enregistrement de L’Art de la Fugue suscite de la part de l’auditeur diverses réactions positives chargées d’émotion et d’émerveillement _ voilà. L’orgue tout d’abord, qui est l’un des plus mythiques du baroque allemand, construit par Zacharias Hildebrandt en 1746 pour l’église principale de Naumburg (Allemagne). Ce facteur d’orgue, élève de Gottfried Silbermann, avait conservé le somptueux buffet de 1705 édifié par son prédécesseur Zacharias Thayssner pour livrer un nouvel instrument, expertisé conjointement par Johann Sebastian Bach et Gottfried Silbermann _ rien moins… Le rapport d’expertise, conservé, montre côte-à-côte leurs élégantes signatures agrémentées de sceaux en cire rouge. Ayant subi diverses transformations inévitables au cours du temps, c’est le facteur Hermann Eule qui en 2000 apporta une restauration radicale par un retour à l’état de 1746 _ voilà. Certains jeux disparus furent alors reconstitués à l’identique, selon la tradition de la facture ancienne, ce qui aboutit alors à une grande réussite sonore, éloignée de toute conception moderne du son. L’harmonie générale repose sur le principe de la « Gravität » chère à Bach, avec de multiples jeux de 16 pieds, à chaque clavier et une anche de 32 pieds au pédalier, développant une assise grave très puissante de l’orgue.

Samuel Kummer est organiste titulaire à la Frauenkiche de Dresde. Détruite durant les bombardements alliés de février 1945, cette église fut reconstruite à l’identique et achevée en 2005, retrouvant en copie, buffet compris, l’orgue prestigieux de Gottfried Silbermann. Daniel Kern reprit la composition originale augmentée d’un grand récit symphonique. Très connaisseur de la facture saxonne du XVIIIe siècle, Samuel Kummer a étudié et approfondi l’Art de la fugue durant une dizaine d’années. Il propose une version très personnelle répartissant les différentes voix des contrepoints de manière variée sans esprit de système. L’usage de la pédale en particulier est savamment dosé, abandonnant l’emploi de la partie de basse de manière obligatoire.

Tous est ici guidé par l’écriture même, en grande intelligence _ voilà. Le choix des registrations est lui aussi remarquable : les beautés de l’orgue et des lignes musicales sont hautement mises en valeur, soit de manière individuelle par voix séparés sur des jeux solistes, ou ailleurs par grands blocs utilisant la sonorité de « l’Organo pleno » cité par Bach lui-même. On note une panoplie de timbres annonçant déjà une forme de pré-romantisme : jeux gambés, ondulants, quintoyants et autres anches pouvant se mêler harmonieusement aux jeux de fonds. Certaines fugues à 3 voix sont proposées en trio, utilisant un timbre différent par voix, ce qui apporte une écoute orchestrale et assez inédite à l’orgue dans ce répertoire. Le jeu de Samuel Kummer est très inspiré et éloigne tout côté aride ou pesant. Au contraire, la musique chez lui coule de source avec des tempi « giusto » et se déroule comme différents tableaux ou chacun représente tour à tour un monde fascinant et universel.

Commencé aux alentours de 1740, l’Art de la fugue fut présenté en 1745 contenant alors 12 fugues et 2 canons en vue d’une édition future. En 1751, juste après la mort de Bach, un nouvel ensemble est présenté rajoutant deux fugues dont la fameuse Fuga a tre sogetti et 2 canons supplémentaires. L’édition supervisée par Carl Philipp Emanuel Bach rajoute le choral « Vor deinen Thron tret ich hiermit » (BWV 668), bien que celui-ci n’ait pas de lien thématique apparent avec le reste de l’œuvre. Ce fut sans doute une manière de compenser l’inachèvement de la fugue à trois sujets dont on pense que Bach prévoyait un quatrième thème, sans doute celui du début qui sert de fil conducteur à tout l’Art de la fugue. Cet arrêt brutal demeure très troublant, jusqu’à se demander si Bach ne l’a voulu ainsi, mettant en scène et en musique sa propre mort, ou pour laisser le champ libre à la postérité pour terminer d’une manière ou d’une autre cette géniale proposition. C’est ce que fait Samuel Kummer, en enregistrant cette dernière fugue une deuxième fois, cette fois-ci en proposant une fin dont il est l’auteur, incluant le fameux quatrième thème. Le contrepoint s’achève alors en plénitude sur un grand accord de majeur sur toute la force de l’orgue.

La grande réussite de cet album tient aussi en grande partie à la technique d’enregistrement qui délivre la plus belle prise de son _ rien moins _ réalisée pour cet orgue depuis sa dernière restauration. L’orgue est très haut placé dans la nef sur une troisième tribune et l’atteindre n’est pas simple. Pas moins de neuf micros furent nécessaires sur sept hautes perches pour une captation SACD multichannel. La version CD stéréo disponible sur le même support est déjà impressionnante de vérité et d’équilibre sonores. Quatre éléments de premier rang sont ainsi ici réunis : compositeur, interprète, instrument et captation sonore, aboutissant à une production qui s’inscrit désormais en référence. Reprenant l’expression quelque peu surfaite : « Quel disque pour l’île déserte ? » On sera tenté de répondre : « Celui-ci assurément » !

Johann Sebastian Bach (1685-1750) : L’Art de la fugue BWV 1080 :

treize contrepoints, quatre canons, fuga a 3 soggetti ; Choral « Wenn wir in hoechsten Noethen » BWV 668a ; Fuga a 4 soggetti complétée par Samuel Kummer.

Samuel Kummer à l’orgue Zacharias Hilbebrandt (1746) de la Wenzelskirche à Naumburg (Saxe-Anhalt Allemagne).

2 SACD hybrides Aeolus.

Enregistrés en octobre 2020.

Livret bilingue anglais et allemand.

Durée totale : 105:51

Ce dimanche 29 août 2021, Titu Curiosus – Francis Lippa

Le confondant ravissement du Bach « à la française » de Benjamin Alard en son intégrale des oeuvres pour claviers de Johann Sebastian Bach

13oct

Ayant enfin sur ma platine

les 3 CDs du troisième coffret « À la française » de l’intégrale des œuvres pour claviers de Johann Sebastian Bach,

j’admire toujours davantage _ depuis ses prodigieux débuts, déjà ! _ la formidable intelligence de jeu de Benjamin Alard ;

et cela en tous ses aspects, y compris le choix de ses instruments (ici deux clavecins et un orgue).

L’article de Frédéric Muñoz sur le site de ResMusica le 21 septembre dernier,

intitulé « Troisième volet très français pour l’intégrale Bach de Benjamin Alard« ,

rendait parfaitement justice à l’art raffiné, tout de légèreté profonde,

d’une infinie justesse,

du jeune interprète.

Troisième volet très français pour l’intégrale Bach de Benjamin Alard

Le talent d’évidence dansée de l’interprétation de Benjamin Alard est une fête !!!

Ce mardi 13 octobre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Jean-François Dandrieu (1681 – 1738) : l’élégance radieuse et tendrissime du Baroque français, par Jean-Baptiste Robin aux Grandes Orgues de la Chapelle Royale de Versailles

04jan

Après un très beau CD Jean-François Dandrieu Pièces de caractère,

par Marouan Mankar-Bennis, au clavecin 

_ un CD Encelade ECL 1702 ;

cf mon article du 22 mai 2018 : _,

en des œuvres extraites de ses trois grands Livres de Clavecin (de 1724, 1728 et 1734),

et un superbe _ éblouissant ! quelle découverte ! _ CD Opus 1 de Dandrieu (et Corelli),

soit les 6 Sonates en trio de Jean-François Dandrieu, publiées _ ce fut sa première œuvre à l’être _ en 1705

_ soit le CD Alpha 542 ;

cf l’article très élogieux de mon blog le 16 août 2019 : _,

par Le Consort

_ constitué de Théotime Langlois de Swarte, Sophie de Bardonnèche, Louise Pierrard, Hanna Salzenstein et Justin Taylor,

un merveilleux ensemble ! _,

voici que nous arrive

un merveilleux (!) CD Dandrieu Magnificats,

sur les Grandes Orgues de 1710 de la Chapelle Royale de Versailles,

par l’organiste titulaire de cet orgue, Jean-Baptiste Robin

_ soit le CD Château de Versailles Spectacles CVS 023

(intitulé Volume 1 !) _ :

pour nous faire pénétrer en toute beauté

l’idiosyncrasie ravissante _ quelle sublime tendresse ! _

de ce magnifique compositeur (Paris, 1681 – Paris 17 janvier 1738)

du premier tiers

de l’élégantissime Baroque français.

Un pur ravissement !

Ce samedi 4 janvier 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Je rejoins ici l’article fouillé et justissime de Frédéric Muñoz

le 29 décembre dernier sur le site de Res Musica,

intitulé Premier volet Dandrieu par Jean-Baptiste Robin à Versailles :

Premier volet Dandrieu par Jean-Baptiste Robin à Versailles

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