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La tragédie du « bad trip » de Tristan : une lecture acérée et moderne du chef d’oeuvre de Richard Wagner, « Tristan und Isolde », par Dmitri Tcherniakov et Daniel Barenboim, au Staatsoper Unter den Linden de Berlin, en avril 2018, un DVD sombre et lumineux de 254’…

12juin

Le DVD _ Bel Air Classiques BAC 165 _ du « Tristan und Isolde » de Richard Wagner réalisé au mois d’avril 2018 au Staatsoper Unter den Linden de Berlin, sous la double direction de Daniel Barenboim et Dmitri Tcherniakov,

propose une passionnante lecture acérée et moderne, extrêmement lisible _ dépoussiérée et dépourvue de maniérismes _, du magistral chef d’œuvre de Wagner,

avec ces excellents chanteurs et excellents acteurs dramatiques que sont, dans les rôles-titres de Tristan et Isolde, Andrea Schager et Anja Kampe…

Cf, déjà, cet excellent article intitulé « On va jouer à s’aimer » de Laurent Bury, sur ForumOpera.com en date du dimanche 18 février 2018,

non pas à propos de ce superbe DVD,

mais à propos de la représentation de l’opéra lui-même sur la scène (et la fosse d’orchestre) à Berlin, sous la double direction de Dmitri Tcherniakov et Daniel Barenboim. 

On va jouer à s’aimer

5 / 9
<…

Tristan und Isolde – Berlin (Staatsoper)

Par Laurent Bury | dim 18 Février 2018 |

De Dmitri Tcherniakov, on ne pouvait évidemment pas s’attendre à ce qu’il confère à Tristan et Isolde une quelconque dimension mythique ou mystique. Avec le metteur en scène russe, les amours malheureuses ne pouvaient que se dérouler dans un cadre réaliste : salon d’un luxueux navire moderne, dont on peut suivre la trajectoire en direct sur un écran ; salon d’une tout aussi luxueuse demeure, donnant à l’arrière-plan sur une salle à manger et dont la décoration évoque une forêt stylisée ; pièce à vivre défraîchie pour Karéol, avec alcove et buffet faux-Henri II. Mais dans ces décors somme toute conformes à l’esthétique habituelle de ses spectacles, Tcherniakov déconcerte par le traitement réservé à la relation entre les protagonistes. Une fois bu le philtre d’amour, Tristan et Isolde ne tombent pas dans les bras l’un de l’autre, mais à terre, tant ils sont exaltés par une joie irrépressible qui les fait éclater de rire (rire silencieux qui ne les empêche pas de chanter, heureusement). Au deuxième acte, Isolde attend, impatiente, et c’est elle-même qui éteint les lumières du salon pour donner le signal : mais quand Tristan arrive, flûtes de champagne et assiette de petits fours dans les mains, les deux amants s’amusent au jeu de la folle passion, comme si leur grand amour n’était que vaste blague : ils se livrent à un concours de superlatifs, de termes d’affection excessifs, qui les font rire, là encore. Jouent-ils à être des amants légendaires, comme cet été, à Aix-en-Provence, on jouait à être Carmen et Don José ? Autre piste qui apparaît ensuite : Tristan semble hypnotiser Isolde, qui répète après lui les phrases du duo qu’il lui suggère. Et pendant tout cet acte, très statique, ils restent assis, changeant seulement de fauteuil, et ils se touchent à peine ; à la fin, Melot se jette simplement sur Tristan mais ne semble pas lui faire grand-mal. Un peu plus d’action au dernier acte : même si sa blessure paraît mentale ou morale plus que physique, Tristan est en proie aux transports habituels, il a une vision du quotidien de ses parents avant sa naissance (la lumière change et deux figurants en tenue années 1930 apparaissent), mais le pâtre est ici dédoublé entre un chanteur et un instrumentiste qui vient jouer du cor anglais dans l’alcove, apparemment payé par Kurwenal pour berner Tristan avec cette histoire de bateau que l’on guette. A la toute fin, Isolde s’isole avec le cadavre dans la fameuse alcove où s’étaient précédemment isolés le père et la mère de Tristan. Si on ajoute la présence, d’un bout à l’autre de la représentation, d’un tulle noirâtre entre le plateau et la salle, pour permettre de rares instants de vidéo assez inutiles, on comprendra qu’une distance persiste, difficile à surmonter, entre ce spectacle et le spectateur.


© Monika Rittershaus

Heureusement, en parallèle à cette visualisation qui laisse perplexe, le versant musical nous porte sur les sommets. Par le soin prêté au détail autant que par le souffle portant l’œuvre d’un bout à l’autre, Daniel Barenboim montre que Tristan n’a plus guère de secrets pour lui, et tous les membres la Staatskapelle Berlin, montés sur scène pour les saluts, obtiennent un triomphe mérité. On reprochera tout au plus à l’orchestre un goût parfois immodéré pour la production de décibels, qui couvre allègrement les chanteurs à plusieurs reprises.

Pourtant, c’est surtout sur le plan vocal que ce Tristan berlinois atteint un niveau devenu hélas bien rare, y compris là où Wagner devrait être le mieux servi. Le Staatsoper a réussi à réunir pour les rôles-titres deux des meilleurs titulaires actuels, et ils ne sont pas légion. Il n’est pas certain qu’il existe aujourd’hui un Tristan plus complet qu’Andreas Schager, il est en tout cas bien agréable d’entendre enfin dans ce rôle un vrai ténor, un chanteur au timbre claironnant de héros, et qui ne donne pas la sensation de devoir s’économiser pendant deux actes en prévision du troisième. Ce que la production refuse de lui accorder en prestance physique est plus que compensé par l’éclat de la voix et par la qualité du jeu de l’acteur _ les deux, en effet _, qui se livre aux bonds les plus insensés lors de sa folie du dernier acte. Quant à Anja Kampe, il semble bien que madame Stemme doive désormais partager le titre d’Isolde du siècle avec sa consœur native de Thuringe. Ni mezzo péniblement changée en soprano dramatique, ni virago terrifiante, ni gentille jeune personne gênée par l’ampleur du personnage, Anja Kampe assume avec bonheur toutes les facettes du rôle, capable de pianos admirablement maîtrisés autant que de véhémence dans les imprécations. Et chez elle comme chez son partenaire, on ne perd pas un mot du texte _ voilà, et c’est très important ! _, parfaitement articulé _ et les sous-titrages de la vidéo du DVD ajoutant à cette lisibilité… Malgré une légère impression de fatigue à la fin du deuxième acte, son Isolde revient ensuite en force, avec une superbe Liebestod prise à un tempo très retenu.

Autour d’eux, l’excellence caractérise aussi la Brangäne d’Ekaterina Gubanova, au timbre riche et au personnage moins protecteur que ce n’est souvent le cas, ou le roi Marke de Stephen Milling, même si la mise en scène prive cette somptueuse voix de basse d’atteindre le degré d’émotion dont elle serait sans doute capable. Kurwenal plus à l’aise en treillis et rangers qu’en costume-cravate, Boaz Daniel se situe un cran en dessous en termes de qualité vocale. De la séduction sonore, le matelot de Linard Vrielink n’en manque pas, en revanche. On rêve dès lors à ce qu’aurait donné un tel cast dans une production plus à même d’émouvoir.

Un avis très intéressant.

Puis maintenant,

et cette fois à propos du DVD _ du label Bel Air Classiques _ de ce passionnant spectacle de 254′,

cet article « Dmitri Tcherniakov : la Mort d’amour de Tristan » de Jean-Luc Clairet, sur le site de ResMusica :

Dmitri Tcherniakov : la Mort d’amour de Tristan

Dmitri Tcherniakov remonte à la source de l’amour impossible de Tristan et Isolde. Un formidable travail d’équipe _ voilà ! _ que ce spectacle venu du Staastoper unter den Linden.

L’Acte I séduit sans temps mort dans le salon Grand Voyageur du paquebot de luxe où Marke a convié les premiers de cordée de son entreprise. La météo de type Mer calme et heureux voyage s’affiche sur un écran de contrôle… Tout commence sous les meilleurs auspices pour les héros wagnériens magnifiés _ oui _ par les costumes griffés par Elena Zaytseva. Puissamment investis dans une direction d’acteurs millimétrée, les interprètes fascinent d’emblée _ oui. L’absorption du philtre, inédite, est un grand moment de jubilation : les héros sous substance, délestés de tout tabou, rient à gorges déployées, prêts au grand amour.

Le II, dans le salon de Marke tapissé de papier peint sylvestre, n’est pas moins captivant : Tristan joue comme un enfant surexcité avec Isolde qu’il finit par mettre sous hypnose ; Mark, environné de figurants tchernakoviens bien glaçants, adresse les premiers mots de son monologue à Melot et non à Tristan, lequel n’est même pas mortellement blessé plus loin par le traître. Alors de quoi Tristan va-t’il mourir ?

Le III répond : Tcherniakov a lu attentivement _ voilà ! et lire ainsi très attentivement est absolument nécessaire ! _ le monologue le plus long du héros, celui de l’alte ernste Weise (la vieille chanson grave), celui où Tristan raconte comment le Désir a donné la Mort. Tcherniakov plonge Tristan dans un autre papier peint, celui de Karéol, afin de faire remonter à la surface son enfance endeuillée : le père engendra et mourut ; la mère enfanta et mourut. Tcherniakov a bien lu : Tristan est de fait inapte à l’amour _ telle est donc la clé de Tristan. Même sans Marke, même sans philtre, ça n’aurait pas marché. On parle de la Liebestod d’Isolde. Tcherniakov met en scène la Liebestod de Tristan _ voilà i

Anja Kampe et Andreas Schager sont étonnants de naturel _ et d’évidence ultra-éloquente _ dans ce Tristan et Isoldecertainement le plus humain vu à ce jour. Paysages à eux seuls, ils sont constamment émouvants _ oui. Outre qu’ils possèdent les écrasants moyens de leur rôle respectif (lui Heldentenor incontesté ; elle, de type incendiaire jusqu’au-boutiste), loin des époux Schnorr von Carosfeld, ils balaient tous les stéréotypes _ oui. Les sauts de cabri du premier font oublier que la performance est en principe surhumaine. L’émotion subtile de la seconde, dans le droit fil de celle d’Iréne Theorin à Bayreuth avec Marthaler, touche au cœur. D’une santé vocale soyeuse, d’une beauté fascinante, la Brangäne d’Ekaterina Gubanova capte tous les regards : on passe une partie de son temps à se demander quelle partie cette fausse suivante joue dans l’histoire. Jusqu’à ce que Tcherniakov réponde d’un plan sur le bras qu’au finale, elle a passé sans crier gare sous celui de Marke, incarné avec l’effroi glacial qui sied aux patrons d’entreprises, par un Stephen Milling proche de l’idéal. Boaz Daniel, Kurwenal prêt à tout (engager sur le plateau, à peu près tout l’acte durant, un hautboïste de l’Orchestre de la Staatskapelle Berlin pour accompagner de son cor anglais le spleen de son ami handicapé de l’amour), complète cette magnifique distribution où l’on remarque aussi le Melot gorgé de jalousie de Stephan Rügamer et déjà, avant Aix 2021, le Jeune marin et le Pâtre de Linard Vrielink.

Le DVD permet d’être au plus proche _ mais oui, et c’est bien sûr capital !!! _ de la dramaturgie questionneuse de Tcherniakov, menée au sommet _ oui _ par Daniel Barenboim. Plus de quarante années de travail (les Tristan de Ponnelle, de Müller, de Chéreau !) ont abouti à cette direction patiente (plus de quatre heures), enveloppante et incandescente, d’une profondeur inouïe _ c’est parfaitement exprimé ici. La Staatskapelle Berlin, magnifiquement captée, soulève la noire houle du chef-d’œuvre dévastateur _ oui… Le voyage en sac à dos du Parsifal de Tcherniakov ne nous avait pas donné envie de reprendre la route avec lui. Il en ira différemment avec le voyage en bateau qu’il a imaginé pour Tristan et Isolde.

Richard Wagner (1813-1883) : Tristan und Isolde, action en trois actes sur un livret du compositeur.

Mise en scène et décors : Dmitri Tcherniakov.

Costumes : Elena Zaytseva.

Lumières : Gleb Filshtinsky.

Avec : Andreas Schager, ténor (Tristan) ; Stephen Milling, basse (le roi Marke) ; Anja Kampe, soprano (Isolde) ; Boaz Daniel, baryton (Kurwenal) ; Stephan Rügamer, ténor (Melot) ; Ekaterina Gubanova, mezzo-soprano (Brangäne) ; Linard Vrielink, ténor (un Berger/un Jeune marin) ; Adam Kutny, baryton (un Timonier) ;

Chœur du Staatsoper (chef de chœur : Raymond Hughes)

et Staatskapelle Berlin, direction : Daniel Barenboim.

Réalisation : Andy Sommer.

2 DVD Bel Air Classiques.

Enregistrés en avril 2018.

Notice de 24 pages en anglais, français et allemand.

Durée totale : 254:00

 

Un DVD indispensable !!!

Ce dimanche 12 juin 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Ecouter Julia Varady chanter les « Wesendonk Lieder »…

14jan

Dans le coffret de 10 CDs « The Orfeo Recordings » (C210090) tout récemment sorti,

consacré à des pièces de Verdi, Puccini, Tchaikovsky, Richard Strauss, Spontini, Meyerber, Mozart, Louis Spohr,

c’est vers le CD Wagner _ le CD n° 5 _ que je me suis spontanément en priorité dirigé.

Et d’abord, vers les 5 « Wesendonk Lieder » ;

puis vers la scène de la mort d’Isolde, à l’Acte 3 de « Tristan und Isolde » _ et sous la direction de Dietrich Fischer- Diskau, en un enregistrement de 1998.

Eh bien ! C’est tout simplement parfait !

Nous planons…

Le 17 octobre 2021, Jean-Charles avait consacré sa chronique de Discophilia à ce coffret Orfeo  de Julia Varady,

sous le titre de « La Soprano de Munich » :

LA SOPRANO DE MUNICH

Ce fut Munich qui offrit à Júlia Várady mieux qu’un théâtre où construire son répertoire, une troupe où trouver sa place _ voilà _ et une tradition de chant à laquelle sa voix pouvait se plier et grandir à mesure _ oui. L’art lui était donné de naissance, et le caractère aussi, l’aisance d’un instrument immense en terme d’étendue et d’intensité _ oui _ allait lui permettre d’aborder tous les personnages qu’elle rêvait d’interpréter._ remarquable _

Commencé chez Mozart, son parcours guidé par autant d’affinités électives la mènera jusqu’à Wagner, mais l’essence de son art, et la nature même de sa vocalité l’inclinait _ probablement _ aux Italiens. L’ambre de son timbre la destinait aux héroïnes de Puccini, l’ardeur de son art, et l’aigu impérieux lui ouvriront les grands rôles verdiens où la pureté de son style et l’engagement de son chant se sublimèrent. Finalement, Munich lui donnera aussi un mari _ voilà _, Dietrich Fischer-Dieskau, rencontré en scène pour une Houppelande de Puccini encore chantée en allemand (Der Mantel).

À compter des années 1980, Orfeo entreprit d’illustrer son art. Non pas des captations live – elles viendront plus tard – mais expressément des disques, et des plus soignés _ oui : presque trop… _, de prise de son comme de réalisation artistique. Figure centrale de deux opéras que son nom seul suffisait à réhabiliter (Olympie de Spontini, Jessonda de Spohr) et d’une rareté de Meyerbeer (Les Amours de Teolinde), cela aurait fait un début en quelque sorte marginal, mais un plein album de mélodies de Tchaikovski enregistré à la même période est autrement révélateur _ sans doute _ d’une part _ en effet remarquable _ de son art : ce chant, comme celui des Lotte Lehmann ou Sena Jurinac, dit _ voilà ! _ autant qu’il chante.

Les années passant, Orfeo documenta scrupuleusement ses prises de rôle successifs, les assemblant en des albums monographiques, un pour Puccini, deux pour Verdi, pures merveilles _ oui _ restées immaculées. Richard Strauss suivra, tout Arabella pour Sawallisch avec Dietrich Fischer-Dieskau et un plein récital qu’on trouvera ici avec son incroyable monologue de Danae, une Scène finale de Capriccio plus passionnée que nostalgique, ses sombres Ariadne et Salome, Fischer-Dieskau lui dirigeant le tout ; puis ensuite un album Wagner où elle effleurera Isolde et Brünnhilde, mais dont le vrai trésor _ oui !!! _ reste ses Wesendonck-Lieder beaux comme des nocturnes.

Mais savourez aussi le doublé lieder de Strauss (ce Schlagende Herzen !) et Mozart (Abendempfindung), et perdez-vous dans le moins connu de ses albums, dévolu aux héroïnes de Tchaïkovski _ le CD n° 4 de ce coffret de 10… _ ; écoutez sa « Lettre de Tatiana », éperdue, et le vertige des aigus au long des deux airs de Lisa ! _ de La Dame de Pique

LE DISQUE DU JOUR

Júlia Várady
The Orfeo Recordings

CD 1


Giuseppe Verdi (1813-1901)


Airs, extraits de Nabucco, Il trovatore, La traviata, Un ballo in maschera et La forza del destino
Lothar Odinius, ténor – Bayerisches StaatsorchesterDietrich Fischer-Dieskau, direction (enr. les 23, 25, 26 et 28 janvier 1995)

CD 2


Giuseppe Verdi (1813-1901)


Airs extraits de Macbeth, Don Carlo, Aida et Otello
Stella Doufexis, mezzo-soprano – Bayerisches StaatsorchesterDietrich Fischer-Dieskau, direction (enr. les 9, 22-24 octobre 1995)

CD 3


Giacomo Puccini (1858-1924)


Airs, extraits de La Rondine, La Bohème, Gianni Schicchi, Manon Lescaut, Suor Angelica, Tosca, Madama Butterfly et Turandot
Rundfunk-Sinfonieorchester BerlinMarcello Viotti, direction (enr. en mars, avril et juin 1993)

CD 4


Piotr Ilyitch Tchaikovski (1840-1893)


Airs, extraits d’Eugène Onéguine, La Pucelle d’Orléans, Mazeppa, L’Enchanteresse, La Dame de Pique et Yolanta
Daphne Evangelatos, mezzo-soprano – Münchner RundfunkorchesterRoman Kofman, direction (enr. les 8-10 juin et 19-21 septembre 2000)

CD 5


Richard Wagner (1813-1883)


5 Gedichte für eine Frauenstimme, WWV 91 « Wesendonck-Lieder » (version pour orchestre : Félix Mottl et Richard Wagner)
Tristan und Isolde, WWV 90 (2 extraits : Prélude de l’Acte I, Isoldes Liebestod)
Götterdämmerung, WWV 86d (2 extraits : Siegfrieds Rheinfahrt, Brünnhildes Schlussgesang)
Deutsches Symphonie-Orchester BerlinDietrich Fischer-Dieskau, direction (enr. les 26 février-1er mars 1997)

CD 6


Richard Strauss (1864-1949)


Airs et scènes, extraits de Salome, Ariadne auf Naxos, Die Liebe der Danae et Capriccio
Dietrich Fischer-Dieskau, baryton (Haushofmeister) – Bamberger SymphonikerDietrich Fischer-Dieskau, direction (enr. les 26-29 avril 1999)
Arabella, Op. 79, TrV 263 (2 extraits : « Er ist der Richtige nicht für mich » (Acte 1) ; « Das war sehr gut, Mandryka » (Acte )
Helen Donath, soprano (Zdenka) – Dietrich Fischer-Dieskau, baryton (Mandryka) – Bayerisches StaatsorchesterWolfgang Sawallisch, direction (enr. les 6-14 janvier 1981)

CD 7


Raretés lyriques


Giacomo Meyerbeer (1791-1864)


Gli amori di Teolinda, cantate scénique pour soprano, clarinette, chœur et orchestre
Jorg Fadle, clarinette – RIAS-KammerchorRadio-Symphonie-Orchester BerlinGerd Albrecht, direction (enr. les 4, 5 & 29 septembre 1981)

Gasparo Spontini (1774-1851)


Olympie (4 extraits)
Stefania Toczyska, mezzo-soprano – Franco Tagliavini, ténor – George Fortune, basse – Radio-Symphonie-Orchester BerlinGerd Albrecht, direction (enr. les 1er-9 février 1984)

Louis Spohr (1784-1859)


Jessonda (3 extraits)
Renate Behle, soprano – Thomas Moser, ténor – Dietrich Fischer-Dieskau, baryton – Kurt Moll, basse – Chor der Hamburgischen StaatsoperPhilharmonisches Staatsorchester HamburgGerd Albrecht, direction (enr. les 4-8 juin 1990)

CD 8


Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)


Ridente la calma, KV 152/210a
Oiseaux, si tous les ans, KV 307/284d
Dans un bois solitaire, KV 308/295b
Das Veilchen, KV 476
An die Einsamkeit, KV 391/340b
Der Zauberer, KV 472
Als Luise die Briefe ihres ungetreuen Liebhabers verbrannte, KV 520
Un moto di gioia, KV 579
Abendempfindung, KV 523
Die Alte, KV 517


Richard Strauss (1864-1949)


Schlagende Herzen, Op. 29 No. 2
Ich wollt’ein Sträußlein binden, Op. 68 No. 2
Säusle, liebe Myrthe, Op. 68 No. 3
Befreit, Op. 39 No. 4
Meinem Kinde, Op. 37 No. 3
Waldseligkeit, Op. 49 No. 1
Schlechtes Wetter, Op. 69 No. 5
Frühlingsfeier, Op. 56 No. 5

Elena Bashkirova, piano (enr. les 12-17 janvier et 21-22 juillet 1991)

CD 9


Piotr Ilyitch Tchaikovski (1840-1893)


Ich wollt’ meine Schmerzen ergössen sich all’
Glaube nicht, mein Freund, Op. 6 No. 1
Warum sind denn die Rosen so blaß?, Op. 6 No. 5
Warum?, Op. 28 No. 3
Wenn ich das gewusst hätte, Op. 47 No. 1
Die Seele schwebt langsam gen Himmel, Op. 47 No. 2
6 Romances sur des poèmes de Daniil Rathaus, Op. 73, TH 109
6 Mélodies françaises dédiées à Désirée Artôt de Padilla, Op. 65, TH 108

Aribert Reimann, piano (enr. les 21-23 septembre 1981)

CD 10


Louis Spohr (1784-1859)


6 Mélodies pour baryton, violon et piano, Op. 154
Schottlisch Lied, Op. 25 No. 2
Zigeunerlied, Op. 25 No. 5
Lied beim Rundetanz, Op. 37 No. 6
Vanitas ! Vanitatum vanitas, Op. 41 No. 6
Schlaflied, Op. 72 No. 6
An Mignon, Op. 41 No. 3
6 Mélodies pour soprano, clarinette et piano, Op. 103

Júlia Várady, soprano (Op. 103) – Hartmut Höll, piano – Dmitry Sitkovetsky, violon (Op. 154) – Hans Schöneberger, clarinette (Op. 103)
Enregistré les 3-4 avril 1984 à la Musikhochschule (Op. 154 & 25), et les 25-27 juillet 1984 (Op. 37, 41, 72 & 103) à la Herkulessaal, de Munich

Júlia Várady, soprano

Un coffret de 10 CD du label Orfeo C210086

Photo à la une : la soprano Júlia Várady – Photo : © Deutsche Grammophon

Un aperçu tout à fait intéressant…

Ce vendredi 14  janvier 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

La soie charnelle des Wesendonck Lieder de Jessye Norman en concert à Salzbourg, le 6 août 1991

05sept

Le 22 août dernier, sur son site Discophilia, Jean-Charles Hoffelé chroniquait,

sous le titre JESSYE CHEZ MOZART (MAIS SANS MOZART),

le CD Orfeo C 926 161 B,

d’un récital, à Salzbourg, le 6 août 1991, de la superbe Jessye Norman,

accompagnée au piano par le chef James Levine.

Le programme de ce récital est excellent,

mais son clou est sans conteste l’interprétation par la grande Jessye Norman

des cinq sublimes Wesendonck Lieder, de Richard Wagner.

Voici l’article :

JESSYE CHEZ MOZART (MAIS SANS MOZART)

All mein Gedanken qui ouvre ce récital salzbourgeois _ chez Mozart, donc… _ est une surprise : la grande voix essaie de s’y faire légère, mais non, même surveillée, la petite vocalise manque du piquant qu’une Hilde Güden lui donnait. Pourtant, comment ne pas entendre que les gloires du timbre, la pulpe des mots, les lignes radieuses _ oui, oui, oui _ trouvent aussi toute la lyrique de Richard Strauss ?

Le plus beau de ce concert _ oui !!! _ reste les Wesendonck-Lieder, James Levine infusant dans son piano des sortilèges maritimes qui inspirent à Jessye cette Isolde qu’elle n’osa pas.

Pour elle comme pour lui, des retrouvailles avec le Festival de Salzbourg qui les avait déjà accueillis pour une autre soirée placée sous le signe de Wolf, mais égrénant aussi quelques Debussy : c’est que Jessye ne résistait pas au plaisir de chanter en français, et cette fois, elle aura été chercher le très rare avec cinq des six mélodies de l’Opus 65 de Tchaikovski, merveille si peu courue.

Puis elle ose les charges et les fantaisies salées des Brettl-Lieder du Schönberg de cabaret, cycle qu’elle chérissait, et il faut entendre comment Levine lui accompagne cela ! Deux bis, Zueignung, radieux, puis façon ogresse, la Habanera de Carmen.

On en redemande ! _ oui.

LE DISQUE DU JOUR


Richard Strauss
(1864-1949)


All mein Gedanken, mein Herz und mein Sinn, Op. 21 No. 1
Nachtgang, Op. 29 No. 3
Du meines Herzens Krönelein, Op. 21 No. 2
Allerseelen, Op. 10 No. 8
Ständchen, Op. 17 No. 2
Zueignung, Op. 10 No. 1

Piotr Ilyitch Tchaikovsky (1840-1893)


6 Mélodies, Op. 65, TH 108 (4 extraits : Nos. 1-3, 6)


Richard Wagner (1813-1883)


5 Gedichte für eine Frauenstimme, WWV 91 “Wesendonck-Lieder”


Arnold Schönberg (1874-1951)


Brettl-Lieder


Georges Bizet (1837-1875)


L’amour est un oiseau rebelle (extrait de « Carmen, WD 31 »)

Jessye Norman, soprano
James Levine, piano


Enegistré à Salzbourg le 6 août 1991

Un album du label Orfeo C926161B

Photo à la une : la soprano Jessye Norman – Photo : © DR

 

Ce samedi 5 septembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Lise Davidsen, ou le déchaînement du calme au milieu de la tempête

10juin

Découvrir une voix _ son timbre, son souffle _ peut être merveilleusement jouissif.

Ainsi en va-t-il du charme totalement prenant

de la voix de la jeune sopano norvégienne Lise Davidsen,

menée ici par le gant de velours d’Esa-Pekka Salonen

à la tête de l’Orchestre Philharmonia

en un programme Wagner – Richard Strauss

qui déroule somptueusement :

il s’agit du CD Decca Lise Davidsen _ Decca 483 4883.

Voici ce qu’en chronique The Guardian :

Davidsen: Wagner and Strauss review – powerhouse soprano’s stunning debut


Davidsen/Philharmonia/Salonen
(Decca)



Her voice is the calm at the centre of a storm of music by Wagner and Strauss in Davidsen’s worth-the-wait album


Wonderfully dark and dramatic … Lise Davidsen in Ariadne auf Naxos, Glydebourne, 2017...
Wonderfully dark and dramatic … Lise Davidsen in Ariadne auf Naxos, Glydebourne, 2017. Photograph: Robbie Jack/Corbis via Getty Images



N
o emerging soprano has made quite the same stir recently as Lise Davidsen. Here, finally, is her first solo CD. It covers Wagner and Strauss repertoire recorded by many of the greatest voices – and yet several of Davidsen’s versions go straight towards the very top of the playlist.


Lise Davidsen album artwork.

Lise Davidsen album artwork. Photograph: AP


It’s not just the voice – though that is special in itself, gleaming and electric in tone, and buoyed by a seemingly endless supply of breath. It’s also the way she is able to create a still fulcrum even while all Wagner and Strauss’s orchestral manoeuvres churn around her.


First we hear two big scenes for Elsa, heroine of Wagner’s Tannhäuser, the full-beam excitement she switches on for Dich, Teure Halle turning to dignified resignation in Allmächt’ge Jungfrau. Then it’s Strauss: a powerhouse performance of Es gibt ein Reich from Ariadne auf Naxos, half a dozen orchestral songs, and the Four Last Songs.


It’s not my responsibility to interpret. I am just the messenger” says Davidsen of her approach to Strauss, and it serves her well, though some interpretation has certainly gone into her wonderfully dark and dramatic Ruhe, meine Seele. There is, however, perhaps room for a little more individuality if she wants to make the iconic Four Last Songs truly her own – there’s a weightiness to her singing here that means they don’t soar quite as freely as they could.


It was the Philharmonia that gave the premiere of the Four Last Songs, in 1950. Here, conducted by Esa-Pekka Salonen, they give Davidsen solid support throughout, even if the textures can be murky. The soprano at the 1950 premiere was Davidsen’s fellow Norwegian Kirsten Flagstad. But I’d say a better comparison is with Janet Baker, who said so much by seemingly doing so little, and who would create an awed sense of vulnerability by paring her big voice down to the point where it risked cracking – as Davidsen does here in Strauss’s Morgen !, dancing with heart-stopping delicacy around Zsolt-Tihamér Visontay’s violin solo. The Baker mention alone should tell you how much this disc has been worth the wait.


Ce lundi 10 juin 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Pour se repérer un peu dans le récent très riche coffret Birgit Nilsson de 31 CDs de Sony

20nov

Afin de se repérer

un peu

dans le récent très riche coffret Birgit Nilsson _ the great live recordings de 31 CDs de Sony,

ce fort bienvenu article de Resmusica, hier,

sous la plume de Pierre Degott :

BIRGIT NILSSON EN LIVE, 25 ANS DE SOMMETS LYRIQUES EN UN COFFRET


« Birgit Nilsson : the great live recordings ».

Béla Bartók (1881-1945) : Le Château de Barbe-Bleue ;

Richard Wagner (1813-1883) : Lohengrin, Tristan et Isolde (trois versions), extraits de La Walkyrie, Siegfried, Le Crépuscule des dieux et Tristan et Isolde ;

Giacomo Puccini (1858-1924) : Turandot ;

Richard Strauss (1864-1949) : Salomé, Elektra (deux versions), La Femme sans ombre.

Birgit Nilsson, soprano.

De multiples solistes dont Théo Adam, Régine Crespin, Dietrich Fischer-Dieskau, Jess Thomas, Leonie Rysanek, Astrid Varnay, Jon Vickers, Wolfgang Windgassen, etc.

Orchestre symphonique de la radio suédoise, directions : Ferenc Fricsay et Sergiu Celibidache ;

orchestre du festival de Bayreuth, direction : Hans Knappertsbusch, Eugene Jochum, Wolfgang Sawallisch et Otmar Suitner ;

orchestre du Metropolitan Opera, direction : Leopold Stokowski, Karl Böhm, Herbert von Karajan ;

orchestre du Wiener Staatsoper, direction : Karl Böhm ;

orchestre symphonique de la RAI de Rome, direction : Leonard Bernstein ;

orchestre national de l’O.R.T.F., direction : Karl Böhm ;

orchestre de l’Opéra d’État de Bavière, direction : Wolfgang Sawallisch ;

orchestre philharmonique royal de Stockholm, direction :Stig Rybrant ;

orchestre de l’Opéra de Sydney, direction : Charles Mackerras.

31 CD. Sony Classical. 88985392322.

Enregistré de 1953 à 1976.

Notice de présentation trilingue (anglais, allemand et français)


Birgit Nilsson a enchanté la scène lyrique internationale pendant près de trente-cinq ans. Cette compilation de ses plus beaux enregistrements sur le vif _ voilà _ était la meilleure façon de célébrer _ oui _ le centième anniversaire de la naissance de l’immense soprano wagnérienne.

Ce sont presque vingt-cinq de la carrière de Birgit Nilsson qui sont documentés dans ce formidable coffret, lequel propose des enregistrements sur le vif peu connus de la grande soprano dramatique. Des années de jeunesse suédoises, Sony aura retenu une intéressante version chantée en allemand du Château de Barbe-Bleue de Bartók, qui annonce déjà tout le potentiel d’une voix à la solidité et la fiabilité hors du commun. Les débuts à Bayreuth, qui remontent à l’été 1954 après que Birgit eut fêté ses trente-six ans, permettent de faire entendre une juvénile mais déjà héroïque Elsa de Lohengrin, flanquée des formidables Astrid Varnay, Hermann Uhde et Wolfgang Windgassen ; on reconnaîtra dans le rôle anecdotique du Héraut le tout jeune Dietrich Fischer-Dieskau, partenaire qui sera également une génération ans plus tard un émouvant Barak de La Femme sans ombre. La première Isolde de 1957, dans laquelle la grande Birgit presque quadragénaire était entourée des trois Wolfgang wagnériens de l’époque – Windgassen en Tristan, Sawallisch à la baguette et Wagner à la mise en scène – marque les débuts glorieux de la soprano suédoise dans un rôle où nous la retrouverons à Vienne en 1967 face à l’élégant Jess Thomas, puis à Orange en 1973 aux côtés du Tristan véritablement halluciné de l’immense Jon Vickers. La comparaison des trois versions atteste à la fois la maîtrise absolue des moyens, mais également l’accroissement de l’implication dramatique _ oui _ dans un rôle dont Nilsson était la seule véritable titulaire dans les années 1960 et 1970. On gardera néanmoins une petite préférence pour la célèbre version de Bayreuth de 1966, disponible ailleurs, qui bénéficie également de la direction de Böhm mais qui permet en outre d’entendre l’extraordinaire Brangäne de Christa Ludwig, à l’époque où la grande mezzo rêvait de s’illustrer dans le rôle-titre de l’opéra. Des incarnations de Nilsson en Brünhild, Sony permet d’entendre trois scènes finales du Crépuscule des dieux, enregistrées à près de vingt ans d’intervalle, ainsi que la fin du troisième acte de Siegfried. Pour ce rôle emblématique de la carrière de Nilsson, la pièce de résistance est fournie par la remarquable Walkyrie du Met, dans laquelle Rudolf Bing avait imposé à Karajan une Brünhild dont le chef allemand ne voulait guère ; Régine Crespin, qui avait triomphé dans le rôle à Salzbourg peu de temps avant, retrouve donc à New York la Sieglinde chère à son cœur. De la propre Sieglinde de Nilsson, le coffret propose de larges extraits enregistrés à Bayreuth en 1957 – quelques jours après la première Isolde – face au Siegmund encore ténor de Ramón Vinay. Des rôles straussiens de Nilsson, Elektra fut sans doute le plus mémorable, la perversité adolescente de Salomé ne convenant guère aux grandes sopranos wagnériennes, Gwyneth Jones et Leonie Rysanek incluses. Avec la teinturière de La Femme sans ombre, Nilsson trouva en fin de carrière un nouveau rôle entièrement à sa mesure, autant sur le plan dramatique que vocal.

Si le coffret ne privilégie pas le versant italien, non négligeable, de la carrière de Birgit Nilsson, ce dernier est néanmoins représenté par ce qui fut pour la grande soprano, avec Isolde et Brünhild, le rôle des rôles : la Turandot de Puccini. De toutes les versions disponibles sur le marché, Sony a choisi celle dirigée par Léopold Stokowski qui propose en prime le partenaire attitré de l’époque, Franco Corelli, juste après ses propres débuts retentissants au Met. À leurs côtés la délicieuse et délicate Liu d’Anna Moffo, elle aussi presque débutante. Soirée de rêve, magnifiée par un orchestre incandescent !

Si le live a souvent le défaut de mettre à nu les faiblesses des chanteurs, cela est tout le contraire pour Birgit Nilsson, à qui le studio d’enregistrement inspirait souvent une certaine froideur. Sur le vif, la vaillance légendaire de ce pur airain n’est à aucun moment prise en défaut, et si la robustesse de la quinte aiguë laisse l’auditeur pantois, ce dernier se laissera également envelopper par la richesse des nobles phrasés inspirés à la cantatrice par l’urgence et la magie de la représentation _ voilà. Nilsson était l’une des rares sopranos de l’époque à tenir, sans s’époumoner dans les aigus, la tessiture relativement grave de la Léonore de Fidelio. Les fureurs d’Elektra, les émois de Brünhild devant la naïve candeur de Siegmund, le fléchissement de Turandot au troisième de l’opéra face aux ardeurs de Calaf sont autant de moments d’exception qui marqueront à jamais la mémoire de tout amateur d’opéra qui se respecte.

L’environnement musical est de surcroit de la première qualité de bout en bout, et avec des chefs comme Karajan, Böhm, Jochum, Sawallisch et d’autres, l’auditeur sera à la fête tout au long de cet indispensable coffret. Sans doute en raison de la moindre qualité de son orchestre, Leonard Bernstein n’atteint pas dans Fidelio les sommets qu’il allait atteindre à l’Opéra de Vienne quelques années plus tard. Jochum, en revanche, est suprême dans Lohengrin, et Karajan nous gratifie, avec Crespin, Vickers et Martti Talvela, d’un des plus beaux troisièmes actes de La Walkyrie. Et quand les autres partenaires s’appellent Rysanek, Windgassen, Resnik, Theo Adam, on savoure son bonheur. Un quart de siècle de sommets lyriques en un seul coffret, cela ne se refuse pas _ en effet !

 


On ne peut que regretter l’absence,

ces vingt dernières années-ci,

de guides discographiques sérieux et complets _ je veux dire, bien sûr, assez exhaustifs… _,

pour aider un peu _ à les parcourir, lire, chercher, fouiller un peu en profondeur et derrière les fagots, au calme chez eux _ les mélomanes curieux et passionnés

à un peu _ mieux _ se repérer

de manière à la fois analytique

_ assez précise et fouillée _

et synthétique

_ à titre de quelque chose comme un premier débrousaillage qui soit à la fois relativement fiable ainsi que presque complet…

Ce mardi 20 novembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

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