Réception d’un envoi de Silvia Baron Supervielle : « Promenade _ parisienne et littéraire _ avec Adolfo Bioy Casares »

— Ecrit le mardi 3 décembre 2019 dans la rubriqueLittératures, Rencontres”.

Dans le cadre d’un projet de publication de contributions de témoignages sur _ mon cousin l’écrivain argentin (Buenos Aires, 15 septembre 1914 – Buenos Aires, 8 mars 1999) _ Adolfo Bioy Casares_ sa vie et son œuvre _,

Silvia Baron Supervielle vient de m’adresser par courrier papier

le récit d’un passionnant entretien qu’elle a eu, dans les années 90, à Paris, avec Adolfito Bioy,

dont elle fut toutes leurs vies, la sienne, celle de Bioy, celle de Silvina Ocampo, celle de Borges, celle de Victoria Ocampo,

une amie proche.

Le récit de cet entretien, Silvia me disait l’avoir égaré.

Et venant de le retrouver, elle a l’immense gentillesse de me l’adresser :

il pourra ainsi faire partie des contributions d’amis de Bioy,

l’ayant fréquenté lui, de son vivant,

ou de lecteurs passionnés de son œuvre,

que j’avais priés de bien vouloir nous faire connaître, chacun d’entre eux, leur Bioy.

Ce texte paraîtra donc dans le recueil de contributions à la connaissance de la vie et de l’œuvre de Bioy, auquel, nous Les Amis de Bioy Casares, travaillons.

Cet envoi de Silvia, une fois lu, a donné lieu à quelques recherches de chronologie de ma part sur les séjours de Bioy en France _ à Paris, à Cagnes-Sur-Mer, mais aussi à Biarritz, à Pau et à Oloron-Sainte-Marie, en Béarn : le berceau de notre famille Bioy (de même que celui de la famille Supervielle : nos tombeaux de famille, au cimetière haut de la rue d’Aspe, sont voisins ; et nous sommes lointainement apparentés !)…

En attendant de diffuser la Promenade avec Adolfo Casares que Silvia Baron Supervielle a rédigée dans le courant des années 90 du siècle dernier,

voici mon questionnement :

Je viens de recevoir ce matin et de lire les 7 pages _ sur papier _ de Promenade avec Adolfo Bioy Casares de Silvia Baron Supervielle.

Un texte passionnant !
 
 
Un petit manque cependant _ pour la chronologie (dont je suis un maniaque) _ : Silvia n’a pas noté alors la date de cet entretien (qui a eu lieu à Paris !),
et elle ne se souvient pas, non plus _ ajoute-t-elle _, de sa date :
… 
« Cher Francis,
voici mon interview d’Adolfito.
De quelle année ?
Bien amicalement
Silvia ».
Cet entretien-promenade a toutefois eu lieu
après la publication en France des « deux derniers livres de vous dit-elle à Adolfito _ qui ont été publiés en France, Une Poupée russe et Un Photographe à La Plata »
Une Poupée russe a été publié le 1er janvier 1991, chez Robert Laffont ; et Un Photographe à La Plata le 1er juin 1991, chez Bourgois _,
a indiqué Silvia en ce texte de leur entretien parisien ;
et elle y interroge, en effet, très précisément Bioy sur l’écriture de ces deux livres qu’elle a lus.
Mais peut-être Silvia les avait-elle déjà lus en leurs éditions en espagnol
(en 1991 pour Una muñeca rusa, chez Tusquets ; et en 1985 pour La Aventura de un fotografo en La Plata, chez Emecé) ;
et elle n’évoque _ sans en donner les dates _ leur parution en français qu’à destination de l’éventuel lectorat francophone à venir de cet entretien _ demeuré inédit…
Pensant tout d’abord _ à tort _ que la première publication de la traduction française de Un Photographe à La Plata avait eu lieu le 6 novembre 1998 _ et c’était une erreur ! _
j’avais échafaudé quelques hypothèses afin d’essayer de mieux cerner la date de cet entretien parisien :
peut-être cet entretien-promenade dans Paris avait-il eu lieu au moment de la présence parisienne de Bioy pour assister à la première de la pièce La Lluvia de fuego (de Silvina Ocampo) à Bobigny, le 16 septembre 1997, en une mise en scène d’Alfredo Arias, et avec l’actrice Marilu Marini dans le rôle principal.
C’est la première idée qui m’était venue à l’esprit…
Ce qui posait tout de même un problème de cohérence de la chronologie _ à tenter d’élucider _,
puisque la première de La Pluie de feu (de Silvina Ocampo, l’épouse de Bioy _ Silvina Ocampo : Buenos Aires, 28 juillet 1903 – Buenos Aires, 14 décembre 1993 _) à Bobigny (le 16 septembre 1997 ; et en une traduction de Silvia Baron Supervielle) _ René de Ceccatty en raconte des détails en son superbe Fiction Douce _
précèdait, d’après mes calculs _ erronnés _  de plus d’un an la parution (le 6 novembre 1998, croyais-je ; à tort !) de la traduction en français, par André Gabastou, d’Un Photographe à La Plata
Et Adolfo Bioy, très malade, décèdera à Buenos Aires le 8 mars 1999
Cf aussi le très significatif article de Guillermo Pirro La entrevista más corta del mundo à propos de Bioy recevant chez lui Calle Posadas à Buenos Aires, dans le quartier de La Recoleta, en août 1998, l’écrivain italien Nicola Orengo,
que vient de m’adresser l’ami Edgardo Scott.
Le lendemain de cette brévissime rencontre d’août 1998 à son domicile, Bioy s’envolait vers la France, et Cagnes-sur-Mer
il me semble que Silvina Ocampo n’est jamais venue en cette résidence de Cagnes ; et je me souviens plus de quand date l’acquisition de cette résidence de vacances de Bioy sur la Côte d’Azur… En 1998, Bioy était très fatigué et malade ; les décès successifs de son épouse Silvina Ocampo (Buenos Aires, 28 juillet 1903 – Buenos Aires, 14 décembre 1993) et de sa fille Marta Bioy (New-York (?), 8 août 1954 – Buenos Aires 4 janvier 1994), à à peine trois semaines d’intervalle, ont été deux coup terribles pour lui…
On connaît aussi des photos d’Adolfito à Paris avec son fils Fabian, qui résidait en permanence à Paris.
Voici un extrait d’un article 
publié le 16 février 2006 au moment du décès de Fabian Bioy, dans le journal La Nacion :
« La primera vez en que se los vio _ Adolfito, le père, et Fabian Bioy, son fils _ juntos en público fue en 1997 en París, en la presentación de la obra de teatro Lluvia de fuego, de Silvina Ocampo, cuando un fotógrafo se le acercó para tomarles una foto y Adolfo Bioy Casares presentó a Fabián como su hijo. Al año siguiente, lo reconoció legalmente, y Fabián Ayerza Demaria _adoptó el apellido Bioy Casares »…
Il faudrait pouvoir établir une chronologie précise des divers séjours en France (à Paris et à Cagnes-sur-Mer, tout particulièrement) d’Adolfito…
L’édition (dite abrégée _ celle que je possède ; André Gabastou en possède, lui, la version dite intégrale, qu’il m’a prêtée _) du Borges de Bioy s’interrompt, quant à elle, en 1989,
quand Bioy raconte quelques précieuses confidences que lui a faites Jean-Pierre Bernès (le traducteur de Borges) à propos des derniers jours de l’ami Borges à Genève,
peu avant le décès de celui-ci le 14 juin 1986, et dont Bernès avait été le témoin au jour le jour
ainsi qu’il l’a narré à ma cousine Françoise et moi-même quand il nous a reçus chez lui à Audenge ;
une autre fois, Bernès m’avait reçu à Audenge avec ma mère (née Marie-France Bioy en 1918 ; et cousine au second degré d’Adolfito Bioy, né, lui, en 1914) ;
sa vieille cuisinière argentine (qui avait été auparavant celle de Borges) nous avait préparé de délicieux gâteaux argentins) ;
et Bernès nous a joué des milongas sur un de ses très beaux pianos
En nous montrant de nombreuses photos d’Adolfito, Silvina et Borges…
On ne peut que rêver quand on mesure qu’il reste 18 300 pages (sur les 20 000 qu’il comprend au total) du Journal de Bioy à publier :
les pages du Borges de Bioy (en édition dite complète) ne comportant que 1700 des pages de ce Journal de Bioy… _ cf mon article du 30 novembre dernier : … 
Or voici que par retour de courriel l’ami René de Ceccatty corrige très justement mon erreur sur la date de parution de la traduction française de Un Photographe à La Plata :
non pas le 6 novembre 1998, mais le 1er juin 1991.
Et je rappelle que la parution de la première édition de la traduction française de Une Poupée Russe eut lieu le 1er janvier 1991.
Des dates rapprochées, pour ces parutions des deux traductions, au cours du premier semestre de 1991.
Il ne me restait plus qu’à rechercher la date de parution de la traduction française suivante d’une œuvre de Bioy ;
et je découvre qu’il s’agit de celle d’Un Champion fragile, qui paraît aux Éditions Robert Laffont le 24 août 1995.
Le créneau d’éventualités pour l’entretien-promenade dans Paris entre Bioy et Silvia Baron Supervielle se rétrécit donc :
celui-ci dut avoir lieu entre le mois de juin 1991 et le mois d’août 1995. Et peut-être en 1991 ou 1992, car la lecture de ces deux oeuvres récentes de Bioy par Silvia semble alors assez récente… À préciser…

Il me reste à réaliser _ à fin de large diffusion : en ce livre de contributions à un portrait divers de Bioy, l’homme et l’écrivain, que nous avons en chantier, nous Les Amis de Bioy Casares _ une transcription numérique de ce très riche texte de Silvia Baron Supervielle : Promenade avec Adolfo Bioy Casares

Ce mardi 3 décembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

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