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Deux nouveaux absolument merveilleux petits livres de presque rien de l’ami Plossu : « Pneus » et « A day with the Creeleys », qui viennent de paraître aux Editions Filigranes

14mai

Un excellent article de Fabien Ribery,

intitulé « Métaphysique du pneu, grâces de l’amitié, par Bernard Plossu, photographe« , paru sur son blog L’Intervalle le 12 mai 2022,

vient très opportunément, et à nouveau, souligner l’inestimable intérêt _ absolument désintéressé ! gratuitissime !!! _ des merveilleux petits livres pas chers de l’ami Bernard Plossu,

en l’occurrence « Pneus » et « A day with the Creeleys« ,

qui viennent tout juste de paraître presque confidentiellement aux Éditions Filigranes de Patrick Le Bescont.

Métaphysique du pneu, grâces de l’amitié, par Bernard Plossu, photographe

le 12 MAI 2022

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©BERNARD PLOSSU

« LA NATURE SAUVAGE, L’INATTENDU À QUELQUES CENTIMÈTRES DE NOUS. DES MOMENTS IDYLLIQUES, NOTRE SUBSISTANCE, NOS PRÉPARATIFS, NOTRE MOTIVATION. NOUS ÉTIONS AMIS. NOUS LE SOMMES TOUJOURS. L’ATTRAIT DE L’AVENTURE, DES DÉFIS, DE L’EXOTISME ENCORE ET TOUJOURS LÀ. » (PENELOPE CREELEY)

IL FAUDRAIT UN TERME POUR DÉSIGNER CES PETITS LIVRES DE BERNARD PLOSSU D’UNE VINGTAINE DE PHOTOGRAPHIES NE SE MONTANT PAS DU COL, MAIS ADORANT LA VIE DANS SES MOINDRES CAILLOUX.

DEUX PÉPITES TOMBENT CES TEMPS-CI DE L’ESCARCELLE DE PATRICK LE BESCONT (FILIGRANES EDITIONS), PNEUS ET A DAY WITH THE CREELEYS.

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©BERNARD PLOSSU

QUOI DE PLUS BANAL QU’UN PNEU, ET POURTANT QUOI DE PLUS MERVEILLEUX EN SA ROTONDITÉ À LA FOIS MOLLE ET RÉSISTANTE ?

ELLES SAUVENT DES VIES (LES BOUÉES), ÉVITENT AUX NAVIRES QUELQUES CHOCS MAJEURS AU MOMENT DE L’APPONTEMENT, AMUSENT LES ENFANTS SANS LE SOU.

ELLES SYMBOLISENT LA BEAT GENERATION, LE MACADAM BRÛLANT, LES FILLES AUX LARGES SOURIRES PORTANT DES ROBES À FLEURS DANS DES DÉCAPOTABLES RUTILANTES, OU MORDUES PAR LA POUSSIÈRE DU DÉSERT MEXICAIN.

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©BERNARD PLOSSU

« LES PNEUS EN PHOTO, DÉCLARE BERNARD PLOSSU, ÇA N’A PAS VRAIMENT D’INTÉRÊT, C’EST POUR CELA QUE ÇA M’INTÉRESSE ! C’EST PEUT-ÊTRE ÇA LA PHOTOGRAPHIE, CES PETITES NÉVROSES D’EXPÉRIENCE UTILE, CETTE PULSION NARRATIVE D’ENVIE UTOPIQUE… COMME UNE PRATIQUE NATURELLE D’EXPRESSION UBUESQUE. »

OUI, ILS SONT DRÔLES CES BOUTS DE CAOUTCHOUC PENDUS SUR DES MURS EN PISÉ, COMME DES TOTEMS MALADROITS, OU DES PIÈGES MÉTAPHYSIQUES.

ILS ATTIRENT TOUT L’ESPACE DANS LEUR CERCLE VIDE, CE SONT DES BOUDDHAS DE COMPASSION FLOTTANT SUR LE FLEUVE DU TEMPS.

ON LES JETTE, ON LES MÉPRISE UNE FOIS USÉS, ON LES ENTASSE NÉGLIGEMMENT, EN OUBLIANT TOUTE LA NOBLESSE DE CES ÊTRES DE PEU POUVANT BEAUCOUP.

QUOI DE PLUS POIGNANT QU’UN PNEU ABANDONNÉ CONTRE DES BRIQUES BLANCHES UN JOUR DE PLEIN SOLEIL ?

BERNARD PLOSSU CRÉE DES ENSEMBLES, ASSOCIE, ET SAUVE DE L’OUBLI LES FRAGMENTS D’UN CONTINENT À LA DÉRIVE APPELÉ RÉALITÉ.

NOUS SOMMES AVEC LUI, À BREST, À COIMBRA, À LISBONNE, À TAOS, À MARSEILLE, À ALMERIA OU À CHARLEROI, ENTRE 1978 ET 2009.

LA VIE EST BELLE, TOUT ROULE, IL FAUT LAISSER LA BILE NOIRE AUX ACRIMONIEUX, EN CHANTANT AVEC TOUS CEUX QUI CRISSENT ET VROMBISSENT À PLEIN TUBE (BONJOUR HERBERT LIST).

SAVOIR VIVRE, C’EST SAVOIR REMERCIER, PARVENIR À TRANSMETTRE, CÉLÉBRER SES AMIS.

Oui ! ! Cf, retrouvé le 26 avril 2016, ce texte auquel je tiens beaucoup, intitulé « Pour célébrer la rencontre« ,

écrit en 2007, inspiré par ma rencontre _ dans les rayons de livres de la Librairie Mollat, en décembre 2006 _ avec Bernard Plossu : 

«  « …

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©BERNARD PLOSSU

A DAY WITH THE CREELEYS, DEUXIÈME CARNET PLOSSU, EST À CETTE AUNE, ET C’EST UNE NOUVELLE FOIS TRÈS BEAU, TRÈS TOUCHANT, DANS LA MODESTIE MÊME DE LA FORME NE CILLANT PAS.

« IL FAISAIT AGRÉABLEMENT BEAU, CE JOUR OÙ NOUS SOMMES DESCENDUS DE SANTA FE À ALBUQUERQUE POUR VOIR NOS AMIS LES CREELEYS, PENELOPE ET BOB, CONFIE LE PHOTOGRAPHE. LE SOLEIL EN HIVER EST PLUS DOUX QU’EN ÉTÉ, DANS CET IMMENSE OUEST AMÉRICAIN. WILL, LEUR FILS, AVAIT TROIS ANS, ET SHANE, LE NÔTRE, EN AVAIT CINQ. DANS LA MAISON, LE FEU DU POÊLE RONRONNAIT. ON EST RESTÉS SURTOUT DEHORS, SUR LE PATIO, À BAVARDER, À ÊTRE SIMPLEMENT BIEN ENSEMBLE ! ON A SÛREMENT PARLÉ DE NOTRE AMI COMMUN DENIS ROCHE, LOIN LÀ-BAS À PARIS. C’ÉTAIT LE GENRE DE JOURNÉE OÙ LE TEMPS GLISSE DÉLICIEUSEMENT, D’OÙ ON SORT HEUREUX DE PARTAGER DES INSTANTS DE LA VIE… »

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©BERNARD PLOSSU

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CES INSTANTS DE VIE DÉLICIEUX, LES VOICI MAINTENANT REVENUS PAR LA GRÂCE DU BOÎTIER MÉDIUMNIQUE.

ROBERT CREELEY (1926-2005), POÈTE AMÉRICAIN MAJEUR AYANT CONNU SON HEURE DE GLOIRE DANS LES ANNÉES 1950, EST SANS NUL DOUTE, EN NUANCE DE GRIS, EN APPROCHE SENSUALISTE ET SANS AFFECTATION DE LA VIE BRUTE, UN FRÈRE EN INSPIRATION DE BERNARD PLOSSU.

PENELOPE CREELEY TENANT SON ENFANT DANS LES BRAS, C’EST FRANÇOISE TENANT JOAQUIM SUR UNE ÎLE GRECQUE, C’EST LA FIGURE ARCHÉTYPIQUE DE LA JOIE ET DE LA FIERTÉ D’ÊTRE MÈRE JUSQU’AU BOUT DU MONDE.

A DAY WITH CREELEYS EST UN OPUSCULE, MAIS C’EST UN MOMENT DE BONHEUR ENTRE AMIS OFFERT À TOUS ALORS QUE LA SIXIÈME EXTINCTION DES ESPÈCES S’INTENSIFIE.

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©BERNARD PLOSSU

UN HOMME ÉCRIT, UN ENFANT JOUE, UNE FEMME SOURIT.

UNE FEMME ÉCRIT, UN ENFANT JOUE, UN HOMME SOURIT.

DANS LA RONDE KARMIQUE DE NOS EXISTENCES, DANS L’ÉTERNEL RETOUR DU MÊME, IL Y A LA TENDRESSE ET L’AMOUR, COMME DES POINTS IRRÉDUCTIBLES.

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BERNARD PLOSSU, PNEUS, CONCEPTION GRAPHIQUE PATRICK LE BESCONT, TIRAGES FRANÇOISE NUNEZ, FILIGRANES EDITIONS, 2022 – 600 EXEMPLAIRES

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BERNARD PLOSSU, A DAY WITH THE CREELEYS, CONCEPTION GRAPHIQUE PATRICK LE BESCONT ASSISTÉ DE CÉLESTE ROUGET, TIRAGES FRANÇOISE NUNEZ, TEXTE DE PENELOPE CREELEY, POÈME DE ROBERT CREELEY, JOCELYNE BOURBONNIÈRE ET GARY SUTHERLAND, FILIGRANES EDITIONS, 2022 – 500 EXEMPLAIRES

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Se procurer ces deux ouvrages – Filigranes Editions

Ce samedi 14 mai 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Un entretien avec Martin Fröst, autour de la musique, que faire de sa vie, et la maladie de Ménière…

06mai

Ce vendredi matin 6 mai, à l’aube, je découvre sur ResMusica, cet intéressant entretien-ci _ d‘Alexandra Ivanoff, du magazine Papageno _ avec Martin Fröst, un musicien que j’apprécie beaucoup

_ cf mon article du 26 avril dernier « « , à propos de son superbe récent CD « Night Passages«  _ :

Le Prix « ICMA Artiste de l’année » 2022 a été décerné au clarinettiste et chef d’orchestre suédois Martin Fröst pour sa carrière internationale innovante, son impressionnante discographie et sa philanthropie. Notre confrère Alexandra Ivanoff du magazine Papageno, membre du jury, s’est entretenue avec lui.

ICMA : Que signifie pour vous le Prix de l’Artiste de l’année des ICMA ?

Martin Frös : Cela signifie beaucoup, parce que l’histoire des représentations et des enregistrements est très spéciale dans la vie des musiciens, et je pense que dans mon cas, il y a toujours eu un équilibre intéressant, parce que je voulais rendre le répertoire de base _ voilà _ aussi bon que possible – quelque chose qui m’a toujours obsédé. En même temps, j’étais attiré par l’idée de développer quelque chose de nouveau dans la musique classique, de la présenter sous de nouvelles formes et d’enregistrer de la musique nouvelle _ voilà aussi. J’ai attendu longtemps avant de sortir des sentiers battus ; c’est pourquoi j’ai un catalogue d’enregistrements assez varié. C’est une partie importante de ma vie, surtout lorsque je propose des enregistrements de Messiaen, de Vivaldi, de « Roots » et de « Night Passages » – des disques si différents les uns des autres. Alors à présent, je pense que je fais vraiment ce que je crois être _ voilà _ mon meilleur travail.

ICMA : Comment les deux années de chaos avec le Covid ont-elles affecté votre quotidien et votre vision de l’avenir ?

MF : Je dois être honnête avec vous parce que j’ai ce problème dans mon oreille interne, une inflammation qui s’appelle la maladie de Ménière. C’est comme un vertige, un problème d’équilibre qui va et vient par épisodes. Tous les deux ans _ rien moins… _ , j’avais un épisode, ce qui signifie que vous êtes totalement déséquilibré, que vous perdez l’ouïe et que vous êtes par terre avec des nausées, tandis que le monde entier tourne autour de vous ! Mais, après ne pas l’avoir eu pendant quelques années, je ne l’ai eu que pendant six ou sept mois d’affilée pendant la pandémie _ tiens donc… J’ai donc été alité pendant longtemps, et je n’ai pas donné de concerts pendant cette période. D’une certaine manière, cela tombait bien, car je n’ai pas eu à annuler quoi que ce soit. Je me débats encore avec cela ; parfois, j’ai des malaises pendant un mois ou six mois, puis je suis à nouveau déséquilibré.

Je suis toujours créatif, que je donne des concerts ou non _ voilà. Donc, pendant cette période, je souffrais davantage pour mes confrères, pour les danseurs et les acteurs, pour les techniciens et toutes sortes de personnes liées aux arts qui ont vraiment souffert. J’ai souffert d’autres choses, mais pas tellement de la pandémie. J’ai pu rencontrer mon orchestre, et je leur ai dit et redit que cette époque allait apporter du changement. Ne vous préparez pas à revenir à la situation antérieure après trois semaines ou un mois ; nous devons nous forcer à ouvrir une nouvelle porte vers l’avenir _ voilà.

ICMA : Votre spectre musical est extraordinairement large : quand et pourquoi votre esprit a-t-il eu besoin de se détacher de l’orthodoxie ?

MF : J’étais récemment à Miami pour une convention de clarinettes, et j’ai rencontré des collègues du Philharmonique de Berlin, du Philharmonique de New York et d’autres. Bien qu’ils soient un peu plus jeunes que moi, ils m’ont dit que je suivais une voie différente, avec un concept totalement différent de ce que l’on peut faire avec cet instrument. C’est une chose à laquelle je n’avais jamais réfléchi auparavant – que c’était différent des milieux musicaux américains ou allemands. D’une certaine manière, j’ai été très heureux d’entendre cela, car cela a amené beaucoup de jeunes générations à dire : « Oh, vous pouvez faire ceci, ou cela aussi, avec la clarinette ! »

J’ai toujours, toujours été obsédé, avant tout, par le fait de participer à un changement _ c’est tout à fait intéressant. Je dirais sans aucun doute que si je pouvais contribuer à faire évoluer la musique _ voilà _, ce serait vraiment énorme pour moi – plus que toute autre chose, en fait. Très tôt, j’ai toujours pensé à ouvrir de nouvelles portes vers l’avenir ; même si j’interprétais un répertoire standard, j’étais secrètement sur un nouveau terrain dès le départ. Je ne le montrais pas tellement, car j’étais toujours préoccupé par le fait que je devais _ professionnellement _ interpréter le grand répertoire standard aussi bien que possible.

ICMA : Mais à quel stade – enfance, années d’études ou autre – avez-vous ressenti le besoin d’aller vers des univers musicaux différents tout en gardant toute votre technique classique ?

MF : Ce développement va de pair avec toutes ces techniques traditionnelles. Lorsque je donne des masterclasses, les gens me demandent : « Comment pratiquez-vous la double langue, ou la respiration circulaire ? », et j’étais du genre à pratiquer les choses difficiles ou nouvelles uniquement lorsque j’en avais besoin. Aujourd’hui, les gens les pratiquent généralement, mais j’avais besoin d’apprendre la respiration circulaire parce que certaines phrases durent deux minutes et demie sans respirer ! J’ai appris la double langue parce que c’était une chose horriblement difficile, et j’étais l’un des premiers à utiliser ces techniques. Je suis allé du côté sauvage, puis je suis revenu au traditionnel avec une version plus riche _ musicalement enrichie ainsi  _ de moi-même et de mon jeu _ les deux étant intimement liés…

En ce moment, j’ai un nouveau projet appelé « Xodus » et j’en suis totalement ravi. Il sortira dans un mois et demi. Il a un très bon titre – de plus en plus pertinent aujourd’hui. Il est lié au projet « Genesis », qui portait sur les débuts de la musique. Nous avons donné des concerts avec ces projets en Allemagne, aux États-Unis et en Suède. Nous avons ensuite créé « Retrotopia » qui s’inscrit dans le prolongement de « Genesis » et porte sur le thème « Où allons-nous maintenant ? », en utilisant la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle dans la musique. Nous les avons joués en Allemagne, et le répertoire de « Xodus » est donc plus ou moins un mélange de ces deux projets. Il y a toujours le concept de commencer avec de la musique ancienne et tout est toujours entremêlé _ voilà _ car je parle entre les accords – il n’y a donc pas de silence dans le concert. « Xodus » dit _ voici l’explication de ce terme _ « la sortie se trouve à l’intérieur » : qu’il s’agisse de sortir de la salle de concert, ou de la sortie d’une addiction à l’alcool, ou d’une guerre – quel que soit le problème _ sortir par l’intérieur, donc, en creusant… Je travaille avec un artiste et un poète suédois. Cela me permet de raconter des histoires que je trouve intéressantes, en plus de mes enregistrements.

ICMA : Une grande partie de votre travail comporte un élément d’improvisation. Avez-vous étudié l’improvisation jazz ?

MF : Non, pas vraiment, mais mon bassiste _ Sébastien Dubé _ dans « Night Passages » est un grand joueur de jazz, et nous avons fait des projets d’enregistrement ensemble. Lorsque je réalise des projets avec lui, il m’apprend l’improvisation. Ainsi, lorsque je joue les rappels, j’improvise – c’est ainsi que j’ai appris à le faire. Il m’a dit : « Si tu veux apprendre à improviser, monte sur scène et essaie _ voilà ! _, car c’est la seule façon d’apprendre. Vous ne pouvez pas rester dans votre salon ou chez vous, et espérer le maîtriser. » J’ai beaucoup de respect pour cela, et nous le faisons sur cet enregistrement – dans l’air [« It Never Entered My Mind » de R. Rodgers] que Miles Davis et moi avons joué ensemble, et le morceau [« Good-bye » de G. Jenkins] que Benny Goodman jouait à la fin de chaque concert.

ICMA : Qu’est ce qui est le plus marquant dans tout votre travail ?

MF : Je le ressens, bien sûr, dans mon contact avec le monde de la clarinette, mais maintenant je développe un instrument avec Buffet Crampon et trois collègues en France. Nous avons commencé il y a cinq ans, en partie parce que j’étais comme ailleurs (comme vous l’avez dit) lorsque je jouais, mais je ne me suis jamais soucié de ce sur quoi je jouais. Je prenais simplement mon instrument et j’en jouais. Au cours des cinq dernières années, j’ai utilisé les clarinettes que j’avais – comme la vieille clarinette de l’album Vivaldi, par exemple. Mais cette nouvelle Buffet crée de nouvelles formes, de nouveaux sons. Elle a de nouveaux doigtés, une nouvelle perce et un son plus chaud _ voilà ! _, et comme elle est un peu plus longue, elle a de nouvelles notes basses. Je le joue sur l’enregistrement _ si réussi ! _ « Night Passages ». J’en suis très fier et je pense que c’est un grand changement pour le monde de la clarinette.

Mais pour répondre à votre question, lorsque je donne des masterclasses, j’ai de plus en plus le sentiment que nous devrions partager _ voilà _ beaucoup de choses, car c’est ainsi que nous nous développons _ vraiment : par de nouvelles « hybridations« , pour reprendre un mot de Karol Beffa dans le passionnant entretien que j’ai eu avec lui à la Station Ausone à Bordeaux le 25 mars dernier ; cf aussi mon article du 10 avril dernier : « « . Je suis très fier de la nouvelle génération qui arrive, car elle change les choses. Ils peuvent jouer d’une manière différente de ce qu’ils faisaient en Allemagne, il y a même vingt ans, par exemple.

ICMA : J’ai été très frappé par votre ligne de chant pleine d’âme lorsque vous jouez. Avez-vous étudié le chant ?

MF : Je viens d’une famille qui chantait beaucoup, et j’ai chanté dans des chorales d’enfants, des chorales de garçons, et j’ai pris des cours. Mais vous savez, je suis très lié à mon instrument – son côté mélancolique – il est proche de mon cœur.

ICMA : Qu’est-ce qui a inspiré la Martin Fröst Foundation ?

MF : Le texte que j’ai écrit pour les « Night Passages » est basé sur mes rêves du passé – des souvenirs très peu orthodoxes – et sur des réflexions concernant « ce que vous devriez faire du reste de votre vie », combien de temps vous devriez travailler et avec quoi… C’est à cette époque que j’ai eu la maladie de Ménière et que j’ai pris deux décisions importantes : J’ai commencé à diriger un orchestre, et j’ai créé la fondation. Je me suis dit que c’était le moment de faire quelque chose de totalement différent _ l’imageance est véritablement fondamentale en toute vie ; et tout particulièrement pour tout artiste, quel qu’il soit : en l’occurrence ici tant interprète que compositeur... Cette fondation est liée avec Buffet parce que j’ai conçu cette clarinette pour eux ; ils m’ont aidé pour elle et le financement de la fondation. Ils participent aux projets à Madagascar, au Kenya et en Afghanistan, où nous envoyons des instruments et de l’enseignement. Nous sommes en train de construire une école de musique à Madagascar.

ICMA : Que pensez-vous de l’éducation musicale, quel que soit le pays, pour le développement de l’esprit humain ?

MF : Oui, c’est absolument important ! Notre école de musique à Madagascar, par exemple, se trouve dans l’un des trois pays les plus pauvres du monde. Nous accueillons des gens de la rue au sein de son système éducatif, en leur donnant un repas par jour, un instrument et une éducation musicale. J’ai toujours pensé : pourquoi ne donner qu’une éducation musicale et pas de nourriture ? C’est un excellent système pour eux.

ICMA : En utilisant une machine à remonter le temps, avec quelles personnalités musicales du passé aimeriez-vous dîner ?

MF : Je reviendrais au début du XXᵉ siècle, lorsque l’Europe _ en pleine effervescence créative _ comptait tous ces compositeurs et artistes. C’était une époque fantastique. Nijinsky, Chaplin, Picasso, c’est difficile de choisir. Comme le dit Woody Allen dans son film Midnight in Paris, on pense toujours que tout était mieux avant… Je veux dire que c’est toujours un grand défi de rester _ aussi _ dans son propre temps _ celui imparti par le temps non infini d’une vie… Je suppose que je n’ai jamais pensé à cela parce que je fais toujours attention à ce que je fais ici et maintenant.

Mais pour répondre à la question, j’irais avec un large éventail de personnes, comme Chaplin, Stravinsky, Nijinsky, Gertrude Stein… (rires) bien sûr, avec une telle compagnie à table on disparaitrait totalement ! Il serait tellement intéressant de ressentir _ activement, sans se laisser trop intimider, voire inhiber _ l’énergie _ formidablement créative, d’imageance bouillonnante  _ de toutes ces personnalités, car elles ont participé au changement. C’est ainsi que je pense : vivre tel un artiste qui essaie d’apporter du _ fécond _ changement. Je pense que la scène classique souffre d’être extrêmement conservatrice _ probablement trop pauvrement répétitive seulement… Il n’y a pas que les musiciens, il y a aussi les maisons de disques, les agences _ mues par la préoccupation systématique des seuls intérêts, profits, gains… _, tout le monde essaie de protéger ce qu’il pense être juste et ce qui lui permet de gagner de l’argent _ nous y voici _, etc. _ sans passion ni générosité. Puis dès que quelqu’un arrive et crée quelque chose de différent, et s’il a du succès, le système veut en faire partie également _ en se contentant bassement, le plus souvent, de seulement copier… Je pense qu’il est important d’avoir des discussions _ vraiment ouvertes _ pour essayer de créer _ vraiment : voilà ! _ de nouvelles choses.

ICMA : Inversement, de quoi aimeriez-vous parler dans une interview dans cinq ans ?

MF : S’imaginer dans cinq ans est très difficile. J’ai toujours un plan. Je planifie mes concerts quatre ans à l’avance. En réalité, nous n’avons aucune idée de ce qui se passera dans cinq ans – nous ne savons même pas ce qui se passera dans un an. Nous n’avons pas vu venir la pandémie, nous n’avons pas vu venir la guerre, nous n’aurions pas pu la prédire…

Un jeu d’enfant que je faisais souvent était exactement le contraire : Je faisais semblant d’avoir 80 ans et je regardais en arrière pour savoir de quoi je pouvais être fier, et peut-être de quoi je ne serais pas si fier. Si vous posez cette question aux gens – peu importe que vous soyez Nelson Mandela – qui que vous soyez, vous regretterez certaines choses et serez fier de certaines autres dans votre vie professionnelle ou personnelle. La plupart des gens diraient « J’aurais aimé passer plus de temps avec ma famille », par exemple. Quand je me pose cette question, je ne serais pas fier d’avoir joué des centaines de concerts de Rossini – c’est ce que tout le monde fait. Je pense plutôt que je serais très fier des nouvelles choses que j’ai essayées _ voilà, avec audace, vaillance et courage… Mais la question devrait être : « Que changeriez-vous maintenant ? » C’est-à-dire, faites comme si vous aviez 80 ans, que vous regardiez en arrière, que vous soyez fier de ceci mais pas de cela… alors, peut-être devriez-vous tout changer maintenant ?

ICMA : Comment faites-vous avec toutes vos casquettes ?

MF : Mon objectif artistique est de connaître mes limites, car je pense qu’il est très bon d’avoir des limites. Ainsi, si je donnais 150 concerts par an, je ne devrais plus en donner que 60 ou 70 – en faisant ce qui est important… important pour la fondation, mon orchestre, Buffet Crampon, mes projets et mes résidences _ mesurer ce qui est vraiment important, et ne l’est pas ; en essayant de se centrer sur le vraiment essentiel ! J’ai une résidence avec le Royal Concertgebouw Orchestra qui arrive, et avec d’autres formations aussi. Il est important de créer des projets avec des orchestres. Et puis faire attention à la façon _ la meilleure si possible _ dont les choses évoluent.

Il est important de s’entraider _ certes. Les solistes d’aujourd’hui sont _ hélas la plupart _ trop centrés sur eux-mêmes _ et leurs profils calculés de carrière... J’ai vu le film Imitation Game, sur un homme qui a vécu pendant la Seconde Guerre mondiale [ndlr : Alan Turing]. Il pouvait donner l’impression d’être autiste, et il a aidé à déchiffrer le code Enigma qui révélait où les Allemands allaient bombarder. Il y a une scène à la fin où une femme lui dit : « Vous avez raccourci la guerre de deux ans ! Je vis dans un village et je vais dans une école qui n’existerait pas aujourd’hui sans votre aide. » Il était sous couverture, donc personne ne savait ce qu’il faisait _ ainsi en cachette du public. La beauté de la chose, c’est qu’il était tellement reconnaissant et heureux de ce qu’elle lui a dit, et que quelqu’un a vu qui il était et a compris ce qu’il avait fait. Aujourd’hui, c’est exactement le contraire : dans les réseaux sociaux, on doit tout dire _ narcissiquement _ sur soi-même _ cf la prolifération stupidissime des selfies... Les artistes postent : « Je joue ici et là, et voici mon dîner… » C’est une évolution un peu _ c’est trop gentil ! _ triste, car je pense que nous devrions nous concentrer sur l’entraide plutôt que sur le « Regardez-moi, regardez-moi… »

ICMA : Y a-t-il une question que personne ne vous a jamais posée ? Ou, une question « et si »…

MF : Lorsque j’étais malade pendant quatre mois, la question que je me posais était « Que vais-je faire si je ne peux plus jouer ? Devrais-je quitter le pays et acheter un chien ? ». C’est en fait rafraîchissant d’avoir ces pensées maintenant, car quand j’étais plus jeune (et même maintenant) je ne me posais jamais cette question. Je n’aurais pas pu faire autre chose que ce que je faisais. C’est effrayant, mais vous devriez vous la poser _ oui, sortir un peu de soi et son étroit présent narcissique.

Crédits photographiques : © Jonas Holthaus / Sony

Propos recueillis par Alexandra Ivanoff du magazine Papageno, membre du jury des ICMA

Ce vendredi 6 mai 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Pour aller un peu plus loin dans le magique répertoire du luth : revenir aussi au merveilleux CD d’Eduardo Egüez «  »L’Infidèle » _ Lute works by Sylvius Leopold Weiss » (en 2009), avec le magistral « Tombeau sur la mort de M. Comte de Logy arrivée 1721″

03mai

En complément _ ultra-nécessaire ! _ à mon article du 30 avril dernier « « , qui se tournait vers l’œuvre de luth de Sylvius-Leopold Weiss (et à l’interprétation qu’en donne, en particulier, Jakob Lindberg,

je me suis mis à repenser aux CDs de ma discothèque comportant des œuvres de ce génialissime Weiss,

pour constater, et avec un étonnement rétrospectif qui me surprend _ et même me révolte _ moi-même, que je n’ai pas consacré jusqu’ici d’article au sublimissime CD d’Eduardo Egüez publié en 2009 par le label MA Recordings _ le CD M087A _ et enregistré en juin 2005 en l’église San Bernardino da Siena, à Piano Audi, commune de Corio, dans le Piémont, intitulé « « L’Infidèle » _ Lute works by Sylvius Leopold Weiss« …

Un CD qui, lui aussi, comporte le merveilleux, somptueux, magique « Tombeau sur la mort de Mr Comte de Logy arrivée 1721 » (d’après l’intitulé du manuscrit de Londres Add 30387).

Et voici le commentaire bien éloquent que, en la notice de ce très précieux CD de 2009, en donnait Edward Martin :

« Le « Tombeau sur la mort de Mr Comte de Logy arrivée 1721 » est aussi présent dans le manuscrit londonien _ qui comporte, en effet, la Suite « L’Infidèle«  qui a donné son titre à ce CD… Cette poignante pièce est la composition la plus profonde jamais composée pour le luth _ pas moins ! Comme son titre l’indique, le dédicataire est le comte Johann Anton Losy von Losimthal (1650 – 1721) ; sa position était légendaire, autant par sa noblesse que pour son inspiration musicale. Le Tombeau est composé en Si bémol mineur, une des clés les plus sombres pour le luth baroque. Les moyens artistiques mis en œuvre ici par Weiss sont profondément empreints de tristesse et de regrets, avec des basses lourdes, des dissonances, des accords descendants, des structures par gammes diminuées, des basses gémissantes, et des notes lentes et vibrantes évoquant le glas funèbre d’une procession. Vers la fin de la pièce, une phrase lente, chromatique et ascendante laisse entendre l’ascension au paradis. Il est certain que l’influence de Losy sur Weiss était profonde si l’on en juge par le caractère si émouvant et évocateur de ce Tombeau« .

Un CD admirable !

En complément aussi, par conséquent, à mes articles des 3 février et 14 avril 202o :

« « 

et « « …

Ce mardi 3 mai 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

La riche vidéo d’un lumineux entretien de René de Ceccatty sur son « Avec Pier-Paolo Pasolini » : un regard lucidissime sur l’oeuvre entier de ce créateur polyforme visionnaire

27avr

Voici la très remarquable riche vidéo, tout juste mise en ligne hier, d’un lumineux entretien de René de Ceccatty sur son « Avec Pier-Paolo Pasolini » (aux Éditions du Rocher) :

 

soit un regard lucidissime sur l’œuvre entier de ce créateur polyforme visionnaire qu’a été Pasolini…

Et qu’il me soit permis d’ajouter ici qu’alors que j’avais vivement incité _ depuis début janvier 2022 _ la Librairie Mollat à procéder à un tel entretien avec René de Ceccatty à propos de l’œuvre, si riche et complexe, polyforme, de ce foncièrement poète qu’est Pasolini, nul ne connaissant mieux, et de si près, cet œuvre si vaste, et en toutes ses facettes, de Pier-Paolo Pasolini, que René de Ceccatty,

voici que cet entretien, enfin obtenu, a été excellemment préparé et réalisé _ le 19 avril dernier  _ par Jérémy Gadras, posant de très pertinentes questions, suscitant de lucidissimes très éclairantes réponses détaillées, de René de Ceccatty.

Dont nous espérons de nouvelles explorations : à suivre…

Ce mercredi 27 avril 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

P. s. :

Mais René de Ceccatty est aussi, il faut le rappeler, l’auteur d’un troisième volume de sa propre autobiographie _ passionnante, magnifique ! _après les superbes « Enfance, dernier chapitre« , paru le 2 février 2017 aux Éditions Gallimard, et « Mes Années japonaises« , paru le 2 mai 2019 au Mercure de France :

le très intéressant « Le Soldat indien« , paru le 4 février 2022 aux Éditions Le Canoë _ cf mes articles des 25 janvier : « «  et 3 février derniers : « « 

René de Ceccatty mérite assurément que l’on porte aussi attention à cette autre facette, plus personnelle, de son si remarquable travail d’écrivain.

Ré-écouter de Frederic Mompou (1893 – 1987) les quatre « Cuadernos » (1959, 1962, 1965 et 1967) de sa sublime « Musica callada »… Et le génie de l’interprétation du merveilleux Josep Colom…

23avr

De l’extraordinaire Frederic Mompou (Barcelone, 13 avril 1893 – Barcelone, 30 juin 1987),

le couronnement de l’œuvre si singulier _ et si profondément émouvant, en sa lumineuse sobriété _,

est probablement réalisé par les quatre « Cuadernos » (de 1959, 1962, et 1967) _ en vingt-huit (9 + 7 + 5 + 7) pièces brèves… _, de sa prodigieuse « Musica callada » _ sous l’inspiration fulgurante du « Cantique spirituel entre l’âme et le Christ, son époux«  de Saint-Jean-de-la-Croix (1542 – 1591).

J’en étais jusqu’ici resté aux interprétations magiques, d’abord de Frederic Mompou lui-même, enregistrées en 1974 au Casino de l’Alianca del Poblenou, disponibles au sein d’un coffret de 4 CDs Brilliant 6515 ;

mais aussi du magnifique pianiste catalan _ lui aussi _ Josep Colom _ né à Barcelone le 11 janvier 1947 _, enregistrées en décembre 1991 et février, mars et juin 1992, disponibles au sein d’un coffret de 4 CDs Mandala MAN 5021/24…

Or voici que je m’aperçois qu’est assez récemment paru un nouveau CD de cette sublimissime « Musica callada« , par ce même Josep Colom, cette fois enregistrée les 16 et 17 avril 2019, à l’Auditorio de Zaragoza, publié pour le label Eudora, le CD Eudora SACD 2101.

Sur l’œuvre si singulière et si intensément vibrante et touchante, en sa terrible discrétion, de Mompou,

je ne veux surtout pas manquer de renvoyer ici au merveilleux « Le Message de Mompou » de Vladimir Jankélévitch,

aux pages 157 à 172, de son excellentissime « La Présence lointaine _ Albeniz, Séverac, Mompou » paru en 1983 aux Éditions du Seuil, et qui vient de reparaître, le 12 mai 2021, en Points-Seuil…

Une finesse d’analyse d’une justesse indispensable !

Et à propos de cet admirable interprète qu’est décidément Josep Colom,

il me faut ajouter que c’est lui qui, en 1995, m’a fait découvrir _ en une écoute impromptue absolument émerveillée sur mon auto-radio, sur la route en partant au travail, d’une émission de France-Musique qui diffusait un extrait de cette musique, dont je n’avais hélas pas perçu le nom du compositeur, qu’il m’avait ensuite fallu rechercher ; et que j’avais heureusement trouvé alors ! Et j’avais donc pu commander ce CD à ma chère libraie Mollat ; et Vincent Dourthe ne l’a pas oublié !… _, ce tout à fait extraordinaire compositeur, si singulier, lui aussi, qu’est Manuel Blasco de Nebra (1730 – 1784).

Ce qui, consécutivement, a aussi fait de la librairie Mollat _ et sur une très longue durée : tant que ce stupéfiant CD a été distribué et disponible… _, le meilleur vendeur en France de ce magistral CD _ écoutez-le ici ! Il est miraculeux de poésie… _ des « Pièces pour clavier » de Manuel Blasco de Nebra par Josep Colom, enregistré à Paris en 1995, le CD Mandala MAN 4847 :

tellement la diffusion au magasin du moindre extrait de cette merveilleuse musique sur la platine du magasin, avait pour immédiat effet (de séduction !) de déclencher l’achat, ou la commande, de ce CD par quiconque l’entendait et l’écoutait et tombait sous son charme si prenant…

Le charme idéalement conjugué de la rencontre enregistrée de l’œuvre du compositeur, Manuel Blasco de Nebra, et de son interprète ici, le tout simplement merveilleux Josep Colom !

Cf, dans la série de mes articles consacrés à des »musiques de joie » _ durant la période de confinement de la pandémie de Covid _mon article du 10 avril 2020, qui s’en faisait l’écho toujours ébloui :

« « …

Cette « quintessence acérée et voluptueuse de l’intime« , écrivais-je ce jour-là,

et alors que j’ignorais, et pour cause, les formulations si heureuses, de cet extraordinaire si juste « écouteur de musique« , qu’est l’incomparable Vladimir Jankélévitch…

De Manuel Blasco de Nebra (1730 – 1784) à Frederic Mompou ()1893 – 1987),

l’interprète splendide qu’est Josep Colom (1947) est bien le plus magique passeur…

Écoutez et ré-écoutez pour votre propre joie la joie rayonnante et discrète que l’interprétation, en ces CDs _ tant de Frederic Mompou, par deux fois, en 1991-92 et 2019, que de Manuel Blasco de Nebra, en 1995 _ de Josep Colom, nous donne si généreusement à recevoir et partager…

Ce samedi 23 avril 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

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