L’altérité de la personne de l’autre : pourquoi un tel abîme entre pratique et discours ?..

Posté dans la catégorie Histoire, Littératures, Rencontres par Titus Curiosus

24mai

A l’occasion du colloque à Bordeaux L’Âge classique dans les fictions du XXIe siècle,

ce matin au Studio Ausone,

deux communications d’universitaires auxquelles j’ai assisté :

La Carte de Tendre dans L’Eveil de Line Papin (2016), par Frédéric Briot ;

La Chine dans La Blessure et la soif  (2009), par Laurence Plazenet.


La communication de Frédéric Briot m’a au moins appris l’existence d’au moins trois Cartes de Tendre au sein de l’œuvre de Madeleine de Scudéry

_ dont la plus célèbre, la seconde, se trouve dans son roman Clélie (10 volumes, publiés de 1654 à 1660) _ ;

alors que l’usage qui est fait de cette fameuse Carte, dite _ de façon bien erronée ! _ « du tendre« ,

est d’un extraordinaire succès à travers les siècles ;

et toujours aujourd’hui…

Il faudrait aussi s’interroger sur le succès, en 1668, des Lettres de la religieuse portugaise,

et du thème des Bérénice de Racine et de Corneille…












La communication de Laurence Plazanet porte, elle, sur son propre roman, La Blessure et la soif, de 2009.

Et nous y apprenons que son goût, ici, pour la très grande estrangeté _ ou estrangèreté ? _ de la Chine (au XVIIe siècle,

au moment très précis de la violente disparition de la dynastie des Ming ; en 1644, Pékin est conquise par les Mandchous)

fonctionne, en la singularité de son imaginaire d’auteur de fictions _ à distinguer de ses fonctions (annexes) d’universitaire, prend-elle bien soin de préciser… _,

comme un analogue de son goût pour l’estrangeté profonde _ et fascinante _ de l’augustinisme _ et du jansénisme de Port Royal _,

exactement au même moment en France (sous la Fronde et ses suites) : de 1648 à 1662…

Et la conférencière de citer comme exemple d’écrivain admiré par elle

en ses méthodes comme en ses goûts d’écriture,

Pascal Quignard _ dont elle a rencontré l’œuvre au moment du film Tous les matins du monde ; avant de la lire goulûment in extenso très vite…

Il se trouve que j’ai moi aussi lu presque tout Quignard,

du moins jusqu’à un certain moment _ celui (2009) du film Villa Amalia

Film et livre m’ont profondément agacé. Le charme était rompu.

Cf mon article du 26 avril 2009 : 

De même que j’ai fini par m’agacer de la thématique (de l’altérité _ sacralisée en paroles _) de François Jullien,

que j’avais fait inviter à de nombreuses reprises chez Mollat et à la Société de Philosophie de Bordeaux,

avant de m’apercevoir de la très profonde cécité _ narcissique ; et en actes… _ à l’autre de cet auteur…

Les yeux se décillent. 

A ma question sur les rapports entre son goût de la passion et le masochisme _ un mot électrique ! _, le sadisme _ qui évoque déjà le raffinement (extatique ! ) de cruauté de certains supplices chinois, au moins dans nos imaginaires… _, la pulsion de mort et les pulsions de vie _ et autres concepts freudiens ! _,

Laurence Plazanet a choisi de botter immédiatement en touche,

en avançant que toute référence postérieure au XVIIème siècle

tombait forcément hors de propos _ pour profond anachronisme ; et incapacité d’approcher la singularité historique et civilisationnelle visée par son approche documentaire extrêmement rigoureuse et poussée, mais aussi fictionnelle… _ pour elle…

Dont acte.

Son dolorisme se trouve ainsi placé comme au-dessus de toute approche, et par conséquent hors d’atteinte.

Dogmatiquement : il n’a pas à être _ confusément et hors de propos _ discuté.

J’ai trouvé cette position archi-romantique…

J’ai relevé aussi l’aveu de la conférencière de sa vive passion des ruptures…

Ah ! bon…

Pour ma part, je préfère Montaigne à Pascal _ et Augustin et l’augustinisme _,

et j’aime la subtilité sobre et infiniment fine de Marivaux.

Ce jeudi 24 mai 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

 

Philip Roth nous a quittés

Posté dans la catégorie Littératures, Non classé par Titus Curiosus

23mai

Philip Roth nous a quittés.

En un article d’hommage, Mort de Philip Roth : les cinq livres incontournables du romancier,

Le Monde nous propose un premier choix-repérage de moments jugés importants en son œuvre :

Portnoy et son complexe,

Ma Vie d’homme,

Le Théâtre de Sabbath,

La tache,

et Exit le fantôme.

Pour ma part,

outre le merveilleusement désopilant Ma Vie d’homme (My Life as a man !),

je retiendrai aussi 

Patrimoine

et Un Homme.

Ainsi que

Les Faits _ autobiographie d’un romancier.

Qui m’ont, chacun, beaucoup, beaucoup marqué !

Cf aussi cet autre article d’hommage du Monde :

Mort de Philip Roth : la presse américaine salue une « figure prééminente de la littérature du XXe siècle »

Philip Roth : un auteur libre.

Parfaitement politiquement incorrect.

Et donc non nobelisable : ouf !

Jeune _ et non d’jeun !.. _ à jamais : de la jeunesse vraie,

et véridique,

celle qui ne sait pas _ et ne saura définitivement jamais _ vieillir…

De ceux qui auront su se hisser,

du plan du temps et de la vie,

au plan

_ temporel et vital, aussi : forcément !

Merci la vie ! La vie mortelle, celle qui tire au final son chapeau !

Et avec un grand rire (aux larmes !..) _

de l’éternité.

Merci aussi le merveilleux humour vital…

Ce mercredi 23 mai 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

Un jubilatoire CD de clavecin : les « Pièces de caractère » de Jean-François Dandrieu, par Marouan Mankar-Bennis

Posté dans la catégorie Musiques par Titus Curiosus

22mai

De jeunes générations d’instrumentistes viennent très heureusement re-visiter le répertoire, et le faire merveilleusement sonner _ et chanter, et danser.

Ainsi ce jour, Marouan Mankar-Bennis, pour un CD Jean-François Dandrieu, intitulé Pièces de caractère, empruntées aux trois Livres (de 1724, 1728 et 1734) de ce musicien (1682-1738) : le CD L’Encelade ECL 1702.

Ce mardi 22 mai 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

Une magnifique initiative : le coffret de 10 CDs « Debussy Ses Premiers Interprètes »

Posté dans la catégorie Histoire, Musiques par Titus Curiosus

21mai

Parmi les judicieuses initiatives de l’anniversaire des cent ans de la mort de Claude Debussy (Saint-Germain-en-Laye, 22 août 1862 – Paris, 25 mars 1918),

Warner nous propose un passionnant et très riche coffret de 10 CDs

comportant les premières performances de la musique de ce compositeur singulier, génial et atypique :

Claude Debussy 1862-1918 Ses premiers interprètes (Warner 0190295665425).

Les CDs 1 & 2 proposent la musique de piano

par Claude Debussy lui-même, Alfred Cortot, Walter Giesekind, Marguerite Long, Marcelle Meyer et Ricardo Vines.

Le CD 3 concerne la musique de chambre

par le Quatuor Calvet, Maurice Maréchal et Alfred Cortot, Marcel Moyse, Eugène Ginot et Lily Laskine, et Jacques Thibaud et Alfred Cortot.

Les CDs 4, 5 et 6 présentent la musique d’orchestre

par l’Orchestre des Concerts Lamoureux et Camille Chevillard, Marcel Moyse et l’Orchestre des Concerts Straram dirigé par Walther Straram, l’Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire dirigé par Philippe Gaubert, le Chœur et l’Orchestre des Festivals Debussy dirigé par Désiré-Emile Ingelbrecht, l’Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire dirigé par Charles Munch, l’Orchestre de la Suisse romande dirigé par Ernest Ansermet, l’Orchestre des Concerts Colonne dirigé par Gabriel Pierné, l’Orchestra dirigé par Piero Coppola, seul et avec Lily Laskine, l’Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire dirigé par Piero Coppola, le BBC Symphony Orchestra dirigé par Arturo Toscanini, l’Orchestre de la Radiodiffusion Française dirigé par Henri Büsser, le Chœur des Women of the Berkshire Fetival et le Boston Symphony Orchestra dirigé par Pierre Monteux, le London Symphony Orchestra dirigé par Pierre Monteux, et l’Orchestre National de France dirigé par Pierre Monteux.

Le CD 7 est celui des Mélodies

par Mary Garden et Claude Debussy, Ninon Vallez et Gustave Cloëz, Ninon Vallin et le Grand Orchestre dirigé par Gustave Cloëz, Claire Croiza et Francis Poulenc, Claire Croiza et George Reeves, Camille Maurane et l’Orchestre des Concerts Lamoureux dirigé par Jean Fournet, Hugues Cuénod et Jacqueline Blancard, Maggie Teyte et Alfred Cortot, Jane Batori, et Charles Panzéra et l’Orchestra dirigé par Piero Coppola.

Les CDs 8, 9 et 10 sont consacrés à l’opéra

avec Jacques Jansen, Irène Joachim, Henri-Bertrand Etcheverry, Germaine Cernay, Paul Cabanel, Leïla Ben Sedira, Emile Rousseau et Armand Narçon, les Chœurs Yvonne Gouverné, l’Orchestre Symphonique dirigé par Roger Désormière, Marthe Nespoulos, Hector Dufrane, Claire Croiza et Armand Narçon, l’Orchestre Symphonique dirigé par Georges Truc, et Yvonne Brothier, Charles Panzéra, Vanni-Marcoux et l’Orchestre des Concerts Pasdeloup dirigé par Piero Coppola.

La notice du livret, intitulée Le Nouveau Monde, est de la plume de Jean-Charles Hoffelé.


Bref un monument musical du patrimoine national,

au plus près de ce qu’étaient les intentions du compositeur. 

 

12 heures 20′ de remontées aux sources debussystes.

Qui voudrait s’en priver ?

Ce lundi 21 mai 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

Explorer des variations d’instrumentation dans l’interprétation de Johann Sebastian Bach

Posté dans la catégorie Musiques par Titus Curiosus

20mai

L’œuvre de Johann Sebastian Bach parvenue jusqu’à nous

est un peu moins copieuse que celle d’autres compositeurs,

par exemple _ je l’abordais hier même _ celle de Georg Philipp Telemann ;

ou celle d’Antonio Vivaldi _ merveilleusement conservée à Turin.

D’où la tentation pour les interprètes de Bach

d’oser varier l’instrumentation de ses œuvres,

avec, bien sûr, les accommodations adjacentes nécessaires _ aux œuvres elles-mêmes…

C’est ce séduisant jeu-là que suivent dans leur très belle réalisation qu’est le CD Glossa intitulé Cross-dressing Bach,

les excellents Enrico Gatti, violoniste, et Rinaldo Alessandrini, clavecin ;

en un très jouissif CD Glossa GCD 921210.

Ces métamorphoses affectent ici

la Sonate pour violon et clavecin en ré majeur BWV 1028,

la Partita en sol mineur pour flûte traversière seule BWV 1013,

la Sonate en ré mineur pour clavecin seul BWV 964,

le Trio en ré mineur BWV 583,

la Sonate en sol mineur pour violon et clavecin BWV 1029,

et la Fugue en sol mineur pour violon et basse continue BWV 1026 ;

toutes _ à l’exception de la Partita, transposée pour le violon seul _ transformées ici

en œuvres pour violon et clavecin.

Des métamorphoses parfaitement réussies.


Il faut dire que les interprètes et transcripteurs,

Enrico Gatti et Rinaldo Alessandrini,

sont _ à mon goût du moins _ parmi les meilleurs _ et plus sérieux, sans esbroufe en leur imageance même _ des musiciens du Baroque… _ j’apprécie tout particulièrement la justesse de jeu d’Enrico Gatti.


Chapeau, Messieurs !

Un récital de gala.

Qui chante avec jubilation _ et sans hystérie.



Ce dimanche 20 mai 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

Chercher sur mollat

parmi plus de 300 000 titres.

Actualité
Podcasts
Rendez-vous
Coup de cœur