Archives de la catégorie “Musiques”

Et écouter Walter Gieseking jouer si divinement Ravel ; ou le triomphe de la ligne claire…

26nov

Dans le magique coffret « Walter Giesking _ His Columbia Gramophone Recordings » de 48 CDs que vient maintenant nous proposer  Warner Classics (0190296245596)

_ Walter Gieseking, Lyon, 5 novembre 1895 – Londres, 26 octobre 1956 _,

j’ai désiré commencer par l’écoute de ses deux CDs entièrement consacrés à Ravel,

soient les volumes 34 et 35.

Ou le triomphe merveilleusement tranquille et rayonnant de la ligne claire…

 

Ce samedi 26 novembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Découvrir et savourer enfin Valentin Silvestrov par le piano de Boris Berman, en un double CD du Palais des Dégustateurs _ du cher Eric Rouyer…

22nov

Cela fait déjà quelque temps que j’ai reçu l’envoi du cher Éric Rouyer du « Valentin Silvestrov Boris Berman« , soit le double CD PDD030 du Palais des Dégustateurs, sans avoir osé, jusqu’ici , seulement l’écouter une première fois :

tant me retenait l’intuition d’avoir à faire là l’expérience de découvrir rien moins qu’un continent majeur de la création musicale contemporaine ;

au milieu de diverses activités prenantes qui ne me laissaient pas assez, à mon goût, le loisir de m’y prêter avec assez de la disponibilité qui m’apparaissait nécessaire pour une parfaite qualité d’écoute-découverte assez respectueuse de ce que j’allais ainsi enfin rencontrer…

Et de fait, je continue d’attendre encore un peu d’obtenir enfin cette qualité de pleine disponibilité pour recevoir comme il le faut pareille fête rare de découverte…

Mais voici qu’un tout récent article de ResMusica, en date du 18 novembre dernier, et sous la plume de Jean-Luc Caron, en l’espèce d’un article intitulé « Le piano de Boris Berman à découvrir et savourer dans Silvestrov et Brahms« , vient un peu débroussailler mes approches de ce terrain, de cette fête musicale à venir très prochainement.

Enfin ! Il aura fallu attendre si longtemps pour que l’art du pianiste russe Boris Berman soit dignement présenté _ en concert du moins, car en CDs, Éric Rouyer s’y est déjà fort bien employé… _ en France.

Après le concert mémorable offert au public de la salle Cortot à Paris le 22 octobre dernier, le Palais des Dégustateurs nous propose deux enregistrements à ne manquer sous aucun prétexte tant l’artiste nous y dévoile ses interprétations solides, sincères et brillantes consacrées à Johannes Brahms et à Valentin Silvestrov. Deux univers dissemblables mais réconfortants lorsque l’on songe combien chaque créateur peut et doit trouver sa place dans le cœur des mélomanes de tous bords.

Le volume consacré à Brahms se situe autour de la variation. Thème avec Variations, un arrangement du deuxième mouvement du Sextuor à cordes op. 18 (1860) du natif de Hambourg, offert à son impossible amour Clara Schumann, est parfaitement décortiqué par Berman qui garde le cap entre la rigoureuse lecture respectueuse et les intonations personnelles, amplifiant le charme du discours. La dextérité technique du pianiste et sa recherche d’une vision ou d’un supplément d’âme le positionne parmi les interprètes les plus précieux. Pas question cependant de sombrer dans quelque pathos inadéquat comme le démontre son extraordinaire vélocité dans les Variations sur un thème original et les Variations sur un thème hongrois (qui au passage n’en est pas un) parties de l’opus 21 composé en 1857. Il y révèle sa maîtrise de l’architecture, de l’enchaînement et du raffinement, qualités que l’on retrouve logiquement dans un arrangement pour la main gauche de la fameuse Chaconne en mineur de Jean-Sébastien Bach. La séance s’achève avec l’Allegro con espressione (dit Albumblatt) datant du tout début de la carrière de Brahms où se perçoit déjà son habileté à se singulariser entre une écriture ferme et l’expression d’une émotion non masquée.

Le double CD consacré à l’œuvre pour piano seul de l’Ukrainien Valentin Silvestrov, 85 ans, et récemment exilé en Allemagne en raison de la guerre russo-ukrainienne, consacre un catalogue, somme toute hétérogène au regard de l’évolution stylistique générale mais parfaitement justifiable si l’on considère chaque œuvre individuellement. A l’instar de nombre de ses contemporains, Silvestrov a initialement composé des pièces avant-gardistes avant d’évoluer peu à peu vers une manière de néoromantisme pour atteindre finalement un langage dépouillé mais puissamment riche en suggestions et réflexions. Boris Berman qui connait personnellement Silvestrov et qui a travaillé avec lui les pièces de cet album a bénéficié de ses commentaires et souhaits.

Le dernier opus composé à Berlin en mars 2022 a été travaillé en présence du compositeur et créé par Boris Berman tout récemment. Les Trois Pièces qui le composent, Elégie, Chaconne et Pastoral, illustrent parfaitement la dernière manière de Valentin Silvestrov.

Une pièce antérieure datant de 1977, et baptisée Kitsch-Music, affiche un franc attachement aux grandes lignes de l’histoire classico-romantique, tonale et euphonique qui ont illustré le XIXe siècle occidental principalement. C’est tout simplement beau et l’émotion et les sentiments l’emportent sur les considérations novatrices.

En remontant encore dans le temps, des pièces comme Triade (1962) et Elegy (1967) confirment une certaine sécheresse, un rejet de la consonnance et une volonté assumée de refouler l’héritage d’un passé lointain.

Entre ces extrêmes esthétiques, Silvestrov a exploré un certain entre-deux beaucoup plus expressif et sage, mais néanmoins d’immense qualité avec sa Sonate 1 (1975) et sa Sonate 2 (1977). Elles recèlent de magnifiques et individuelles pages.

Un tel parcours, on l’a dit, concerne d’innombrables compositeurs issus de toutes les latitudes.

Boris Berman, à n’en point douter, avec son jeu solidement teinté de perspicaces nuances, défend merveilleusement et généreusement ce parcours exceptionnel, qui, on peut l’espérer, devrait éveiller l’intérêt de nombreux mélomanes curieux.

Johannes Brahms (1833-1897) :

Thème avec variations (arrangement du Sextuor à cordes op. 18, mouvement I) ; Variations sur un thème original op. 21 n° 1 ; Variations sur une chanson hongroise op. 21 n° 3 ; Chaconne de J.S. Bach, arrangée pour la main gauche seule ; Allegro con espressione (« Albumblatt »). Boris Berman, piano. 1 CD Palais des Dégustateurs. Enregistré au Couvent des Jacobins, Beaune (France) du 5 au 7 décembre 2021. Notice en français et anglais. Durée : 56:55

Valentin Silvestrov (né en 1937) :

Triade ; Elegy ; Sonate n° 2 (CD 1) ; Kitsch-Music ; Postludium op. 5 : Cinq Pièces op. 306 ; Trois Pièces (CD 2). Boris Berman, piano. 2 CD Palais des Dégustateurs. Enregistrés du 6 au 9 juin 2022 au Couvent des Jacobins, Beaune (France). Notice en français et anglais. Durée totale : 103:27

Une approche un peu trop factuelle et un peu trop sèche à mon goût ; et qui ne risque pas d’influencer ma découverte-écoute à venir…

Mais c’est du moins, et au moins, comme un appel à oser enfin pareille découverte-écoute de ce continent Silvestrov…

Ce mardi 22 novembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Décès de Ned Rorem (1923 – 2022), compositeur américain attachant…

20nov

C’est un article du ResMusica de ce jour qui m’apprend la nouvelle du décès de Ned Rorem (Richmond, 23 octobre 1923 – New-York, 18 novembre 2022).

Décès du compositeur Ned Rorem

 …

Originaire de Richmond (Indiana), né en 1923, le pianiste, écrivain, compositeur et song-writer américain s’est éteint à son domicile de Manhattan le 18 novembre 2022, à l’âge de 89 ans. Sa fréquentation de personnalités telles que Leonard Bernstein, Samuel Barber, Virgil Thomson et d’autres encore ne modifie pas son écriture musicale reposant sur un idiome musical tonal revendiqué, éloigné et étranger des habitudes expérimentales et atonales majoritaires à son époque. Élève d’Aaron Copland _ mais aussi de Nadia Boulanger… _, sa Symphonie n° 3 de 1958, créée à Carnegie Hall par Bernstein avec le New York Philharmonic, constitue un excellent exemple de son écriture orchestrale riche et  généreuse, brillante héritière revendiquée du passé classico-romantique de ses prédécesseurs. Néanmoins sa notoriété indéniable n’a qu’épisodiquement bénéficié à la diffusion de son catalogue riche de plusieurs opéras (huit), de symphonies (trois), de concertos pour piano (quatre) entre autres, de pièces orchestrales avec ou sans chœur, de musique de chambre et de pièces pour piano. Ses œuvres et son inspiration française _ via Nadia Boulanger… _, prolixe, sont redevables également de ses séjours parisiens _ oui _, de son intérêt profond pour la mélodie, de l’élégance de son inspiration qu’il destinait au grand public et nullement à quelque cénacle élitiste. (J.L. C)

Cf aussi cet article plus détaillé de Léopold Tobisch paru sur le site de Radio-France dès le 18 novembre :

« Mort de Ned Rorem, compositeur américain majeur du XXe siècle » :

Mort de Ned Rorem, compositeur américain majeur du XXe siècle

Par Léopold Tobisch
Le compositeur et écrivain américain Ned Rorem est mort

Le compositeur et écrivain américain Ned Rorem est mort

© Getty – Arnold Newman

Le compositeur et célèbre « diariste » américain Ned Rorem, prix Pulitzer de la musique en 1976, est décédé ce vendredi à New York. Il avait 99 ans.

C’était un nom incontournable de l’horizon musical américain. Tant connu pour ses œuvres orchestrales et ses mélodies que pour ses journaux intimes, ses « diaries », le compositeur Ned Rorem est décédé ce 18 novembre à New York, a annoncé son éditeur Boosey & Hawkes. Figure atypique de la musique américaine, Ned Rorem restera fidèle aux principes de la tonalité chromatique tout au long de sa carrière, ne souhaitant pas suivre les forces dominantes du sérialisme et de l’atonalisme. Ce choix de s’écarter et d’avancer à contre-courant fera de lui le vilain petit canard de l’avant-garde musicale américaine.

Au cours d’une carrière qui recouvre presque trois quarts de siècle, il laisse un répertoire d’œuvres conséquent dont dix opéras et plusieurs dizaines d’œuvres pour orchestre et notamment trois symphonies et onze concertos. Sa composition Air Music : Ten Etudes of Orchestra (1975), commandée pour le bicentenaire des États-Unis par le Cincinnati Symphony Orchestra, lui vaudra le prix Pulitzer de la musique l’année suivante. Mais la réputation de Ned Rorem repose principalement sur plus de 500 mélodies _ oui ! _ qui feront de lui l’un des grands compositeurs américains du XXe siècle.

Ned Rorem naît à Richmond dans l’Indiana, le 23 octobre 1923. Sa famille s’installe ensuite à Chicago. Musicien précoce, il est d’abord initié au piano et aux œuvres de Debussy et de Ravel. La musique de ces derniers sera une révélation pour le compositeur en herbe.

En 1940, il est inscrit à l’Université de Chicago Laboratory School, puis à l’American Conservatory of Music. Il poursuit ses études à la Northwestern University avant de rejoindre le Curtis Institute de Philadelphie, où il étudie aux côtés du célèbre compositeur d’opéras Gian Carlo Menotti _ et c’est à relever. Il rejoint ensuite Bernard Wagenaar à la Juilliard School de New York. Au cours de ses études, Ned Rorem reçoit plusieurs bourses prestigieuses, dont la bourse Fullbright en 1951 et la bourse Guggenheim en 1957.

Jeune compositeur fraichement diplômé, il travaille en tant que copiste pour le compositeur et critique américain Virgil Thomson. Il rejoint également le compositeur Aaron Copland au Tanglewood Music Center, avant de quitter les États-Unis en 1949 pour s’installer en France pendant neuf ans _ voilà.

Ned Rorem, célèbre « diariste »

Largement applaudi à travers les Etats-Unis et à l’étranger pour ses créations musicales, Ned Rorem se fera autant connaitre pour ses écrits que sa musique. En 1966, il publie Le Journal de Paris de Ned Rorem, suivi par Later Diaries 1951–1972 (1974) et The Nantucket Diary of Ned Rorem, 1973–1985 (1987), où il retrace notamment ses années en tant que jeune compositeur parmi les figures artistiques majeures de l’Europe d’après-guerre _ notamment auprès de Nadia Boulanger.

Dans un style aussi drôle qu’incisif, les écrits de Ned Rorem ne manquent de séduire par leur sincérité et leur honnêteté. Il évoque librement son homosexualité, sujet encore peu discuté ouvertement, et notamment ses relations avec plusieurs célébrités dont Leonard Bernstein, Samuel Barber, Virgil Thomson et le dramaturge Noël Coward. Ses écrits feront de lui notamment l’un des hérauts de la Gay Liberation américaine de la fin des années 1960.

Il signe également de nombreux écrits sur la musique, tous aussi francs et incisifs que ses journaux intimes, n’hésitant pas à prendre pour cible des figures telles que Pierre Boulez. Mais c’est dans ses écrits autobiographiques que Ned Rorem évoque sa relation la plus intime de toutes, celle avec la musique :

« Pourquoi est-ce que je compose la musique ? Parce que je veux l’entendre – c’est aussi simple que ça. D’autres sont peut-être plus talentueux, ont un plus grand sens du devoir. Mais moi je compose uniquement par nécessité _ et c’est bien là l’essentiel ! _, et personne d’autre ne produit ce que je cherche », confie le compositeur dans son livre A Ned Rorem Reader, publié en 2001.

Cf aussi cet article de Dean Olsher :

« Ned Rorem, major American composer and diarist, has died at age 99 » :

November 18, 2022 11:10 AM ET

 …

American composer Ned Rorem has died at age 99. The Pulitzer Prize winner was best known for his art songs — and his controversial diaries. Rorem died Friday morning at his home in Manhattan. His publisher, Boosey & Hawkes, confirmed his death from natural causes to NPR.

Ned Rorem was quietly defiant, in more ways than one. The first was through the music he chose to write. While he did compose symphonies, concertos and operas — the kinds of pieces that will win you a Pulitzer — his reputation rests on his enormous body of more than 500 art songs.

The song « The Lordly Hudson » won Ned Rorem his first award. The composer got an early start with a scholarship to study at Philadelphia’s prestigious Curtis Institute of Music when he was just 19. Then came a Fulbright, then a Guggenheim and, in 1976, the Pulitzer for his orchestral work Air Music: Ten Etudes for Orchestra.

Air Music was an exception when it came to the composer’s musical language — something that marked another bit of defiance on Rorem’s part. In general, he held on to a conservative approach at a time when the prevailing style was academic and atonal « serial music » in which practitioners did away with traditional tonality and favored series of notes that were meant to seem unfamiliar.

And as Rorem told NPR in 2003 with his typical wit, his defiance meant nobody paid any attention to him.

« When the serial killers came along, a lot of very tonal composers defected to the other camp, and they wrote what was being written in those days, » he said.  » A few still do. But some defected, and came back. I felt like the prodigal son’s older brother — I’d always been a good boy. »

A lot of people saw things quite differently when it came to things non-musical. In fact, Rorem was « licentious » and « highly indiscreet, » in the words of The New Yorker writer Janet Flanner. She was talking about his prose, and she meant it as a compliment. Over the years, Rorem became known for his diaries — perhaps even more than for his music. It started in 1966 with his Paris Diary, which included an explicit chronicle of gay life long before such a thing became routine.

Tim Page, a Pulitzer Prize-winning music critic himself, is a fan of Rorem’s prose. « Even though I admire his compositions a lot, » Page says, « I would say that in some ways, the diaries and the criticism are the things which mean the most to me. The bracing thing about Ned is that even when you disagree with him, he gets you thinking — and I think that’s one sign of a real master critic. »

Rorem, who was born Oct. 23, 1923 in Richmond, Ind., shared different parts of himself depending on which medium he was working in. The written word is where he shared the details of his personal life. In his music, not so much.

« Ned almost prided himself on a certain emotional detachment, on a certain sort of craftsmanship. His diaries were where he kept his diary — his music was something else, » Page says.

Here’s how Rorem himself put it in one of his books, called Lies:

« I don’t believe that composers notate their moods, they don’t tell the music where to go. It leads them … Why do I write music? Because I want to hear it. It’s simple as that. Others may have more talent, more sense of duty. But I compose just from necessity, and no one else is making what I need. »

 

De ce compositeur en effet attachant _ cf mon article du 28 mars 2022 : «  » … _et auteur d’un très intéressant « Journal parisien (1951 – 1955)« ,

ma discothèque possède 12 CDs :

6 du label Naxos, série American Classics (dont un avec les « Flute Concerto » et « Violin Concerto« , par le Royal Liverpool Philharmonic Orchestra, sous la direction de José Serebrier) ;

3 du label New World Records (dont l’album double de l’opéra « Our Town« ) ;

1 du label Erato (« Songs of Ned Rorem« , par Susan Graham et Malcom Martineau) ;

1 du label Linn (« On an echoing road« , par l’ensemble vocal the prince consort) ;

et 1 du label Deutsche Grammophon (le « String Quartet n°4« , par l’Emerson String Quartet)…

Un esprit libre et créateur !

Ce dimanche 20 novembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

A propos de deux ou trois inédits discographiques d’opéras ramelliens enfin accessibles aux mélomanes par le disque…

19nov

Peu à peu, vient, même si c’est un peu lentement, se remplir et compléter, CD après CD, l’incarnation discographique de la riche et si passionnante production musicale opératique de Jean-Philippe Rameau

Car voici 2 nouvelles très attendues _ cf mon article du 18 décembre 2021 «  » d’après le point que faisait alors l’ami Patrick Florentin en son « Rameau’operas on disc« , dans le très récent livre « The Operas of Rameau _ Genesis, Staging, Reception » de Graham Sadler, Shirley Thompson et Jonathan Williams, paru le 10 septembre 2021 aux Éditions Routledge… _ parutions discographiques raméliennes  :

_ d’une part le CD Alpha 876 « Rameau chez la Pompadour Le Retour d’Astrée Les Sybarites« , de l’Ensemble Les Surprises sous la direction de Louis-Noël Bestion de Camboulias ;

_ et d’autre part le coffret de 3 CDs Alpha 891 de la version de 1749  de « Zoroastre« , des Ambassadeurs-La Grande Écurie sous la direction d’Alexis Kossenko.

Et si je me permets ici un récapitulatif, de cette liste discographique d’opéras de Rameau élaborée par Patrick Florentin en septembre 2021, ne restent donc plus à produire au disque que des enregistrements de

_ la version de 1739 de « Dardanus » (créé à l’Académie Royale de Musique le 19 novembre 1739),

_ « Les Fêtes de Ramire » (créé à Versailles le 22 décembre 1745),

_ « Io«  (jamais représenté à la scène) 

_ et l’intégralité, enfin, de « La Princesse de Navarre » (créé à Versailles le 23 février 1745)…

Et pour aborder pour le moment très succinctement mes toutes premières impressions d’écoute de ces deux réalisations discographiques raméliennes,

je dois mettre bien au-dessus le travail d’interprétation-incarnation musicale d’Alexis Kossenko pour le coffret Alpha 891, par rapport au travail de Louis-Noël Bestion de Camboulas pour le CD Alpha  876.

Mais la qualité même des œuvres de Rameau ici interprétées y est peut-être aussi un peu pour quelque chose…

Charge restant bien sûr à moi de bien bien beaucoup mieux écouter le détail de ces deux réalisations…

Ce samedi 19 novembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Le sublime – sublimissime CD Reynaldo Hahn de Pavel Kolesnikov, une fois encore justement reconnu et admiré comme tel…

15nov

« Sublime« ,

avais-je immédiatement dit pour ce CD « Reynaldo Hahn Poèmes & Valses » de Pavel Kolesnikov paru au mois de juin dernier au label Hyperion _ le CD Hyperion CDA68383 _ en mon article «  » du 2 juiller 2022 ;

et « sublimissime« ,

avais-je aussi dit en mon article «  » du 11 août suivant, en renfort à la chronique, intitulée « Heavenly Hahn from Pavel Kolesnikov« , de ce CD par Jed Distler sur le site de ResMusica…

Or voici que ce jour, ce mardi 15 novembre 2022,

c’est au tour de Jean-Charles Hoffelé, sur son site Discophilia, de prononcer lui aussi ce même adjectif, si parfaitement approprié, de « sublime » pour ce CD…

« Sublime« , cette musique même de Reynaldo Hahn ;

et « sublime » aussi cette interprétation justissime _ quel art parfait !!! _ de Pavel Kolesnikov, en temps méditatif _ idéalement approprié ! pour sa qualité de silence sertissant si magnifiquement cette idéale musique… _ de pandémie de Covid…

Le voici donc, ce nouvel article, joliment intitulé, lui, « Presque rien » :

PRESQUE RIEN

L’entrée du disque, Frontispice, est un murmure, un presque rien de son _ voilà. Les feuillets qui suivront seront joués dans la même discrétion _ oui _, le même son comme éteint. Ces musiques, Pavel Kolesnikov, les a intériorisées au point d’en faire ses fantômes, avec lesquels au long de l’album il dialogue en mots nostalgiques, parfois un peu tourmentés, souvent au bord de l’effacement, comme si les notes de Reynaldo Hahn succédaient à celle de Des pas sur la neige.

Et puis, quand même, Chérubin tragique ramène le grand jeu un peu ironique si cher à l’auteur de La Carmélite. Les Valses, qui font intermède, sont délicieuses _ oui _, et Ninette capricieuse à souhait a des petits airs latino.

La seconde sélection du Rossignol éperdu, commencée par l’impondérable Eros caché dans les bois, emmène loin dans les mystères _ voilà… _ de ce cycle inépuisable, où Pavel Kolesnikov enlève chaque marteau de son piano, faisant son clavier ondiste, lui donnant des visions d’opiomane. Sublime _ nous y voici donc !.. _ , et évidemment après cela, on veut ses Debussy !

Le texte de Camille de Rijck est un régal.

……

LE DISQUE DU JOUR

Reynaldo Hahn (1874-1947)


Le rossignol éperdu (extraits : Nos. 1, 2, 20, 8, 7, 21, 29, 16, 50, 9, 41, 32, 53, 19, 5, 52, 38, 489 & 22)
Premières valses (extraits : Nos. 1, 3, 4, 6, 9 et 10)

Pavel Kolesnikov, piano

Un album du label Hypérion CDA68383

Photo à la une : le pianiste Pavel Kolesnikov – Photo : © Colin Way

Et vient d’être annoncée la parution pour après-demain jeudi 17 novembre, chez Gallimard, du « Journal 1890-1945 » de Reynaldo Hahn…

Ce mardi 15 novembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

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