Pour célébrer Ravel, décédé il y a 82 ans ce 27 décembre

— Ecrit le vendredi 27 décembre 2019 dans la rubriqueNon classé”.

En manière de célébration de l’anniversaire des 82 ans du décès de Maurice Ravel,

le 27 décembre 1937 à Paris,

écoute de 2 CDs ravéliens :

_ les 2 Concertos pour piano et orchestre (de 1929-30 et 1931)

par François Dumont

et l’Orchestre National de Lyon, dirigé par Leonard Slatkin ;

ainsi que Tzigane pour violon et orchestre

_ soit le CD Naxos 8.573572 _ ;

et le CD Ravel voyageur

_ soit le CD Mirare MIR 416 _

par les sœurs Nathalia (piano) et Maria Milstein (violon),

comportant

la Sonate pour violon et piano n°1, dite posthume ;

Cinq Mélodies Populaires Grecques (en un arrangement pour violon et piano de Maria Milstein) ;

Berceuse sur le nom de Gabriel Fauré ;

la Sonate pour violon et piano n°2 ;

Kaddish (en un arrangement pour violon et piano de Lucien Garban) ;

Tzigane ;

et Pièce en forme de Habanera.

Le 30 octobre 2019 dernier,

sur son site Discophilia,

Jean-Charles Hoffelé a consacré un article

intitulé Le jour et la nuit

au CD Naxos des 2 Concertos pour piano et orchestre de François Dumont et Leonars Slatin.

LE JOUR ET LA NUIT


Brillant, le Concerto en sol ? Du Mozart oui ! François Dumont le joue avec une simplicité déconcertante, sans les effets et le motorisme que tant y mettent, éclairant les mouvements extrêmes sans les brusquer, chantant avec une pudeur qui est bien le secret de Ravel, et ce sens de demi-caractère préfèrant l’allusion à l’appui.


Leonard Slatkin lui fait un orchestre fauve de couleurs, et félin de rythmes, quelque chose de très souple où tout peut chanter : même le grand récitatif de l’Allegramente, avec ses ponctuations jazzies, s’octroient des parts de rêve. L’Adagio est un modèle, intemporel et tendre, avec cette ligne de chant qui se réalise dans le più piano, et comme cette sonorité de clavier est belle, profonde, modelée, si pleine, si mélodieuse.


La sonorité naturellement ombrée de Dumont s’accorde avec les teintes de ténèbres du Concerto pour la main gauche auquel il refuse tout expressionisme, le jouant implacable et quasi-classique, dans la battue presque froide de Slatkin : c’est dans cette simplicité fluide que l’essence sinistre de l’œuvre prend tout son sens, et le contraste avec les cadences étoilées, aux sonorités magiques, où le pianiste crée un autre univers, est d’autant plus saisissant.


Doublé impeccable qu’assaisonne entre les deux opus un Tzigane abrasé par l’archet virulent de Jennifer Gilbert, et qui me donne envie de réécouter tout le piano de Ravel comme François Dumont l’avait enregistré voici quelques années (Piano Classics).


LE DISQUE DU JOUR


Maurice Ravel (1875-1937)


Concerto pour piano et orchestre en sol majeur,
M. 83

Concerto pour piano et orchestre en ré majeur,
M. 82 « Concerto pour la main gauche »

Tzigane, M. 76 (version pour orchestre)

François Dumont, piano
Jennifer Gilbert, violon
Orchestre National de Lyon
Leonard Slatkin, direction

Un album du label Naxos 8.573572

Photo à la une : le pianiste français François Dumont – Photo : © Jean-Baptiste Millot


Et hier, 26 décembre,
sur ce même site Discophilia,
le même Jean-Charles Hoffelé
a consacré sa chronique quotidienne 
au CD Ravel Voyageur des sœurs Maria et Nathalia Milstein :
……

 


LE VIOLON DE RAVEL


Outre qu’elles soient belles comme des Modigliani, Maria et Nathalia Milstein ont un autre charme peut-être plus décisif encore : elles s’adonnent à leur tropisme Ravel.


Voici deux ans, la pianiste des deux sœurs, Nathalia, mettait en regard les rares Pièces, Op. 12 d’un tout jeune Prokofiev alors étudiant au Conservatoire et Le Tombeau de Couperin de Maurice Ravel : passerelle entre ces deux cahiers qui sont d’abord deux suites dans l’esprit des suites françaises de clavier ou de viole, l’évocation stylisée du Siècle d’Or des clavecinistes. Son Tombeau, beau et simple comme une épitaphe, avait les vertus d’un haïku : la netteté et la suggestion.


Revoici son piano clair et évident, transformé en orchestre : il faut entendre comment elle tend le discours de la Sonate des années vingt, permettant au violon de sa sœur de s’envoler puis d’aller gronder l’orage qui s’en va dans les ultimes pages de l’Allegretto.

En plus des deux sonates, l’album violon-piano contient Tzigane joué avec une franchise, une pureté, une absence justement de gitanerie, ainsi que des arrangements, précieux comme le KaddishLucien Garban enrubanne dans l’archet les mots d’une prière, ou réjouissant lorsque Maria Milstein s’approprie les Mélodies populaires grecques, y chantant avec quelques éclats, faisant paraître des personnages. Quelle beauté d’intonation et de caractère dans cet archet, quelle plénitude dans ce violon, un Bergonzi de 1750 d’une profondeur assez vertigineuse.

Magnifique album qui ne veut plus quitter ma platine, il a raison !


LE DISQUE DU JOUR

Sergei Prokofiev (1891-1953)


Sonate pour piano No. 4,
Op. 29

10 Pièces, Op. 12
Toccata, Op. 11


Maurice Ravel (1875-1937)


Le Tombeau de Couperin,
M. 68

Nathalia Milstein, piano


Un album du label Mirare MIR350

Maurice Ravel


Sonate pour violon et piano No. 1, M. 12
Cinq mélodies populaires grecques (arr. pour violon et piano : Maria Milstein)
Berceuse sur le nom de Gabriel Fauré, M. 74
Sonate pour violon et piano No. 2, M. 77
Kaddisch, extrait des
« 2 Mélodies hébraïques, M.A 22 » (arr. pour violon et piano : Lucien Garban)

Vocalise-Étude en forme de habanera, M. 51
Tzigane, M. 76

Maria Milstein, violon
Nathalia Milstein, piano


Un album du label Mirare MIR416

Photo à la une : la pianiste Nathalia Milstein – Photo : © DR

Ce vendredi 27 décembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

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