La chance de se livrer pour l’arpenter-parcourir au labyrinthe des calli de Venise

— Ecrit le mardi 4 septembre 2012 dans la rubriqueRencontres, Villes et paysages”.

Ma déambulation de presque six jours à Venise _ du mercredi 16 (à 13 heures, où je débarquai, Piazzale Roma, en descendant avec mon bagage-à-roulettes, du bus-navette de l’aéroport : il pleuvait assez dru) au lundi 21 février 2011 (10 heures, où je remontai dans le même bus-navette, avec mon bagage-à-roulettes à peine un peu plus lourd, au même Piazzale Roma : il faisait très beau), pour être très précis _ résultait d’une invitation reçue à donner deux contributions au colloque « Lucien Durosoir (1878-1955) : un musicien moderne, né romantique« , qui se tiendrait les samedi 19 et dimanche 20 février au Palazzetto Bru-Zane _ à la limite du Sestiere San Polo et du Sestiere Santa Croce : le rio San Giacomo dell’Orio, là, les sépare, dans le prolongement du rio Marin. La proposition initiale (en l’espèce d’un tout premier « Avant-projet« ) m’avait été adressée par un courriel de Georgie Durosoir le 24 février, à 20h 33 ; et je l’avais agréée par retour de courriel ce même 24 février 2009 à 21h 02) : entre le 24 février 2009 et le 19 février 2011, deux ans, à cinq jours près venaient de s’écouler… Et, pour des raisons d’opportunité de frais de transport, il avait été décidé que je prendrais un avion au départ de Roissy-Charles-De-Gaulle, le mercredi 16 (l’avion décollant à 9h 55 et atterrissant à Venezia-Marco-Polo à 11h 35. L’avion du retour à Roissy décollant de Marco-Polo le lundi 21, à 12h 20. Le colloque débuterait le samedi à 9h et se clôturerait le dimanche, vers 17h – 18h… Un concert (avec au programme les Aquarelles de Lucien Durosoir) par Vanessa Szigeti, violon, et Lorène de Ratuld, piano, ouvrirait _ en beauté ! _  les festivités, le vendredi soir, à 20h : rendez-vous au Palazzetto à 19h30… Indépendamment du stress _ éminemment jouissif ! _ de mes interventions _ la première à 10h 30 et la seconde, à 14h 30, le samedi _, je disposais de deux belles journées et demi vénitiennes : le mercredi après-midi, le jeudi et le vendredi jusqu’à 19h30, juste avant le concert _ magnifique ! en un lieu éclatant de beauté : le salon de musique du palazzetto ! ; concert suivi d’un délicieux et très sympathique buffet au Palazzetto pour les intervenants-invités au Colloque, afin de faire agréablement connaissance _, plus un petit bout de matinée le lundi, jusqu’à 10h, pour « arpenter » de long en large le plus indéfiniment possible (!) les Sestieri de Venise, et tout particulièrement ceux que je connaissais pas du tout et désirait apprendre à découvrir, indépendamment de tout programme tant soit peu « culturel« … : c’étaient la ville de Venise et la vie qu’y vivaient les simples Vénitiens qui faisaient l’objet de ma curiosité…

Enfant, j’étais venu trois fois à Venise avec mes parents (et mon frère) _ mes parents (qui aimaient beaucoup voyager en Italie) étaient déjà venus, et à plusieurs reprises, à Venise : je les entends encore raconter avoir entendu pour la première fois la chanson « Bambino » qu’allait bientôt populariser Dalida (ensuite ce serait « Gondolier« …), à la terrasse d’un café : le Florian ? le Quadri ? place Saint-Marc, par une chanteuse qui les avait impressionnés… Ainsi font (et vont) les souvenirs ! ma première « image«  de Venise était une chanson ; pas la lecture des Pierres de Venise de Ruskin, pour le petit Marcel… _ ; mais nous ne logions pas à Venise même ; et nos « passages » dans la ville manquaient par là du minimum de la « profondeur » et continuité de durée requise pour une vraie déambulation, quasi infinie : celle-là même dans le labyrinthe égarant des calli… Car les voies un peu trop rectilignes des calli boutiquières (à-touristes) des Mercerie, entre la tour de l »Horloge de la Piazza San Marco et le pont du Rialto, ne sont pas représentatives de la vraie vie de Venise, pas plus que de la vraie vie des vrais Vénitiens ; sinon de la bien réelle « touristification » de la cité…

Je me souviens d’avoir visité, avec eux et mon frère, et en écoutant les explications savantes d’un guide, la basilique Saint-Marc et le palais des doges, ainsi que la Ca’ d’Oro ; je me souviens aussi des trajets en vaporetto : la première fois, arrivée par le parcours (royal !) du Grand Canal, en son entier ; la seconde fois, raccourci par la Canal Nuovo et jusqu’à la Ca’ Foscari, pour rejoindre là le Grand Canal _ ce trajet de vaporetto a été depuis supprimé : il occasionnait trop de dégâts aux fondations des bâtiments sur les rives de ces rii… _ et atteindre, à nouveau, le débarcadère du môle de la Piazzetta. La fois suivante, depuis le parking du Tronchetto _ qui ne cessait, à chaque retour en voiture à Venise, de gagner en extension : je me souviens de m’en être fait la remarque alors _, nous prîmes la ligne de vaporetto qui contourne Venise par la zone maritime de Santa Marta au sud-ouest, et emprunte le Canal de la Giudecca pour atteindre _ en traversant splendidement ! le Bassin de Saint-Marc, devant l’île de San Giorgio Maggiore _ le palais des doges sur la Piazzetta, toujours.  Nos parents appréciaient un peu trop à notre goût les boutiques (de verroterie et bijoux plus ou moins de pacotille) des Mercerie ; et je ne me souviens pas d’avoir mis le moindre pied, avec eux, à l’Accademia, ni, encore moins, à la Scuola San Rocco, lors de ces promenades vénitiennes un peu trop rapides (et succinctes) -là…

La fois où, en voyage pour la Yougoslavie et la Grèce _ à quatre en 2 CV : l’été 1972  _, j’étais adolescent, et nous campions _ pas nécessairement en plantant la tente : que de délicieuses nuits à la belle étoile, le long de la côte dalmate ; en Chalcidique (avec des tortues sauvages…) ; sous un olivier entre Delphes et Perachora ; en face de Corinthe, dans les ruines d’un temple de Médée ; ou sur une plage non loin de Nauplie… Ayant passé le début de la matinée à visiter Milan (Sant’Ambrogio…) sous la conduite d’une amie étudiante, nous ne fîmes que consacrer une (bonne) après midi à arpenter _ en débarquant (depuis le Tronchetto) à la Piazzetta _, la Place Saint-Marc, le Rialto, le Sestiere San Polo : et je me souviens, en ayant longé la Scuola San Rocco, avoir fort pensé alors au Tintoret ; et nous être « égarés«  pas mal dans les calli de San Polo et de Dorsoduro _ il y a pourtant bien pire à Venise pour se perdre en un dédale !.. _, faute d’un plan auquel plus sûrement nous repérer, pour gagner la pointe de la Dogana et la Salute (sinon les Zattere : je n’avais pas encore lu le Dorsoduro _ traduit en français De Venise à Venise _ de Pier-Maria Pasinetti) ; et retour depuis le Rialto en vaporetto par le Grand Canal pour rejoindre notre 2 CV au Tronchetto : le soir même, nous passâmes la frontière italo-yougoslave, juste au nord de Trieste _ à hauteur de Duino _, et dormîmes en Slovénie dans un si beau pré, tout près de Lipizza _ nous allions visiter, le lendemain matin les très vastes grottes de Postojna, dans le Karst, avant de rejoindre la côte de l’Istrie (Piran, Porec, Rovinj, Pola, etc. : des cités qui avaient été, et demeuraient, profondément vénitiennes…) _, que, lors de notre voyage de retour de Grèce, via Skoplje et Belgrade, nous parcourûmes énormément de kilomètres le soir tombé et la nuit bien entamée, depuis Zagreb et Ljubljana, rien que pour le plaisir de planter notre tente de nouveau dans un si sublime _ tel celui de Francis Ponge au Chambon-sur-Lignon ; lire sa Fabrique du Pré, dans la merveilleuse collection des Sentiers de la Création, chez Skira… _ ; dans un si sublime pré, donc ; nous avions plein loisir d’attendre et contempler des étoiles filantes parmi le firmament de la douce nuit étoilée de notre jeunesse…

Depuis cette année 1972, mes voyages en Italie ne m’avaient plus ramené à Venise… En Toscane et en Ombrie _ j’aime tant Sienne et sa campagne sublime, Pérouse, Assise, Orvieto… _ ; et à Rome et dans le Latium, à plusieurs reprises ; mais jamais à Venise, depuis lors…

Je décidai que le temps qui me serait disponible à Venise, en dehors du Colloque de musicologie, serait consacré à la découverte surtout des quartiers de la ville, et de la vie qui s’y menait, indépendamment des musées, palais et autres lieux dévolus à l’Art (ou au tourisme) : à l’exception, cependant des églises, chaque fois que j’en trouverais une d’ouverte ; ce qui fut le cas, dès ce mercredi après-midi, pour San Nicolo dei Tolentini, tout proche de l’Hôtel Al Sole _ un palazzo de la famille Marcello ! _, où beaucoup d’entre les intervenants du colloque étions (superbement, au moins dans mon cas !) logés _ mais ce ne fut pas le cas pour San Giobbe, trouvé deux fois, deux jours de suite, fermé ! et je ne visitais pas non plus les synagogues du Ghetto, que je traversais pour la première fois, ce mercredi après-midi-là _ ; Sant’ Alvise ; la Madona dell’Orto ; San Giovanni Crisostomo ; San Giacomo di Rialto, pour le premier après-midi (de pluie importante, quasi incessante depuis notre arrivée)… Revenant, passé le pont du Rialto, par le Campo San Polo, le Campo San Agostin et le Campo San Stin _ ces deux derniers déserts : à un point qui me surprenait ! _, je découvrai la Corte sur laquelle donne le jardin du Palazzetto Bru-Zane ; ainsi que le merveilleux _ ou sublime _ portail de Pietro Lombardo, entre San Giovanni Evangelista et sa Scuola. Et je regagnai l’Hôtel Al Sole, au premier pont, sur la Fondamenta Minotto, en longeant Santa Maria Gloriosa dei Frari et San Rocco (et sa Scuola). Le soir, dîner entre amis au restaurant Ribot, sur le même quai que l’hôtel, et à moins de cent mètres ; et, juste après le dessert, acqua alta ! Les sirènes qui n’avaient pas servi depuis l’hiver précédent, étaient en panne, et, n’ayant pas retenti, n’avaient pu prévenir personne… Le restaurant nous distribua de grands sacs-poubelles en plastique noir pour y protéger nos pieds et jambes : l’un des deux sacs s’est troué ; et je suis me retrouvé mouillé jusqu’un peu plus haut que la cheville : un joyeux souvenir vénitien !..

Le lendemain, jeudi, la pluie s’était calmée, et le temps, d’abord maussade, allait s’améliorer dans la journée. Après un excellent petit-déjeuner à 7h, je repris mes pérégrinations. Le matin, je pris la direction du Campo Santa Margherita, par l’église San Pantalon, puis, après San Barnaba et son ravissant Campiello, et le coin de la Toletta, je gagnai San Trovaso, les Zattere _ toujours cette vue si belle ! sur la Giudecca _ et les Gesuati _ avec ses Tiepolo… _, pour gagner, après la calle del Vento, le quartier presque trop tranquille de San Sebastiano (avec ses Veronese : il y avait des visiteurs !), Sant’ Angelo Raffaello (là, personne !), et, au bout d’un quai désolé _ j’en éprouvais une impression de quasi sinistre… _, le curieux et très intéressant San Nicolo dei Mendicanti (deux visiteurs en même temps que moi). Je rejoignais Santa Maria del Carmini, assez stupéfait du nombre _ vertigineux ! étourdissant ! _ d’immenses toiles peintes couvrant quasi toute la surface des murs _ ce que me fit comparer la situation de la peinture sur toile dans les églises de Venise, avec celle de Rome… Je regagnai l’hôtel par le Campo Santa Margherita : afin de tâcher de trouver une place pour le déjeuner de midi _ qui allait être  succulent ! _ à la trattoria Dalla Marisa, au Ponte dei Tre Archi : vers 13 heures. L’établissement qui n’est pas grand _ sans tables dehors, les mois d’hiver, sur le quai du Canal de Cannaregio à l’approche de sa sortie sur la lagune _, était bondé, comble ! La serveuse me trouva une petite place, non loin de la cuisine et près du bar, sur le fond de la salle _ il y avait quelques autres convives dans une autre petite salle vers la cuisine _, à la table d’un Vénitien, ouvrier sur un chantier, qui approchait de la fin de son repas. J’échangeai quelques mots avec lui. Quand il eut achevé son repas, il fut remplacé à cette petite table (à deux places) par un professeur (de mathématiques) à l’université toute proche, un peu plus loin sur le quai, dans une partie de ce qui était, il n’y a pas si longtemps, les Abattoirs… Un merveilleux repas vénitien : le menu, avec les plats du jour, est inscrit sur une ardoise ; et la serveuse les énonce à toute vitesse : peut-être même en vénitien… Ce jeudi, après des antipasti, les pâtes que je pris « al ragu » !) étaient absolument délicieuses ; un poisson ; un dessert, du vin blanc frizzante, et un café : tout parfait ! Je me promis de revenir le lendemain !

En traversant le pont des Trois Arches, je fis un crochet vers la rive de la lagune, à la Sacca di San Girolamo, puis regagnai, carte à la main, en passant par des venelles à peine publiques, l’église Sant’Alvise, qui était fermée la veille… Je longeai les Rii tranquilles et très beaux della Misericordia, della Sensa, di Sant’Alvise ; et appréciai cette Venise populaire vierge alors de touristes, mais vivante _ venant de me procurer (très récemment ! et a posteriori, donc, de mon séjour à Venise…) le Dictionnaire amoureux de Venise, de Philippe Sollers, je remarque qu’il ne fréquente guère ces coins-là ; son tropisme le portant aux Zattere du côté des Gesuati, et des beaux quartiers, surtout, de Dorsoduro et de San Marco… Avec bien peu d’attention de sa part à la vie des Vénitiens : ce qui orientait ma propre curiosité… Je refis un tour par le Ghetto, où j’avais repéré la veille une pâtisserie juive _ me ressouvenant des délices de celle (fermée hélas une fois sur deux qu’on y passe !) du Ghetto de Rome, au coin occidental de la Via dell’ Portico d’Ottavia… _, Volpe… Je tâchai d’apercevoir, au bout en cul-de-sac _ mais avec un tout petit bout de vue sur la lagune ! _, de la toute petite Fondamenta dell’Abbazia, au coin de Santa Maria della Misericordia ; d’apercevoir, par-dessus la Sacca della Misericordia remplie de bateaux amarrés ; d’apercevoir le Casino degli Spiriti, qui fascinait Nietzsche qui logea non loin des Fondamente Nuove, du côté du Palazzo Dona, où habita Jean Clair… Je revis, de la lagune, ce Casino degli Spiriti quand j’empruntai la ligne 42 (ou 41) du vaporetto. Les perspectives sur la lagune sont raffraîchissantes, en mettant un coin de nez, pour un moment, hors du labyrinthe parfois tellement resserré que très sombre, ombreux même quand il fait grand soleil _ comme entre le Campo San Giacomo dell’Orio et le Campo San Cassiano, vers  l’est du Sestiere de Santa Croce _ des calli : même si ce quartier au nord-est de Cannaregio, est aussi celui de la maladie et de la mort (à Venise), à côté de l’Ospedale du rio dei Mendicanti, et avec l’Oratorio dei Crociferi et la toute baroque Santa Maria Assunta dei Gesuiti _ fermée les deux fois que j’y passai ! _, et juste au face de l’île-cimetière de San Michele ; c’est aussi par ce côté de la lagune que souffle la bora (qui souffle aussi à Burano, un peu au nord-ouest encore, dans la lagune)…

Mais me plut bien ce quai des Fondamente Nuove, avec quelques cafés et son kiosque bien pourvu en DVD de films italiens : à mon premier passage, je me pourvus de quelques films sur lesquels je ne réussissais pas jusqu’alors à mettre la main, tel La Notte d’Antonioni… Je trouvai ce coin _ du passage obligé du vaporetto vers Murano, Burano et Torcello _ bien animé ; et il me plût : il est vrai que c’est la plaque tournante vers les îles du nord de la lagune ; et vers l’aéroport Marco Polo par la lagune… Je continuai sur cette Fondamenta ouverte sur la lagune jusqu’au Rio dei Mendicanti, le long duquel je pris sur ma droite, pour gagner le Campo dei Santi Giovanni e Paolo, avec la statue du Colleone de Verrochio, la belle façade de la Scuola San Marco ; et où je visitai la très vaste église dominicaine, que les Vénitiens appellent Zanipolo… Nous sommes dès ici dans le Sestiere de Castello. Je pénétrai dans la librairie française ; puis découvrit un marchand de masques, qui accepta de colorier, pour quand j’y reviendrai _ deux jours plus tard _, un masque d’Arlequin, ce personnage qu’aime tant mon petit-fils Gabriel…

Je poursuivis par San Francesco della Vigna, dont je pus jeter un coup d’œil aussi sur les cloitres attenants… Puis je traversai vers le sud l’est de cette partie de Castello avant l’Arsenal, dans des ruelles sombres et qui m’apparurent étrangement désolées, du côté du Campo delle Gatte _ je me souviens d’en avoir relevé le nom, sur une plaque, afin de m’en ressouvenir. De là, je pénétrai dans la sombre Scuola di San Giorgio dei Schiavoni, où je pus découvrir les originaux de ces toiles de Carpaccio qui m’avaient si vivement impressionné dans le beau volume Skira _ Les Créateurs de la Renaissance, par Lionello Venturi _ que m’avait valu le Prix d’excellence en Terminale (en 1964 _ il y aura cinquante ans l’an prochain…) : un livre qui m’a marqué (et initié aux arcanes d’un des sommets de l’art occidental : Giotto, Simone Martini et les Siennois, Mantegna, Piero della Francesca, les Ferrarais, etc. : peut-être jusqu’aux Bellini…), et que je possède toujours… Un peu plus tard, je lus les Esthétiques sur Carpaccio, virtuoses !, de Michel Serres… Je continuai par San Giovanni in Bragora _ où fut baptisé Vivaldi _, et poussai jusqu’à l’entrée monumentale de l’Arsenal et l’extrémité de la Via Garibaldi… Je rentrai vers Santa Croce par le vaporetto qui passe par le Canal de la Giudecca. Le soir, un dîner avec quelques amis du Colloque, à un restaurant tout voisin de notre hôtel, l’Osteria ae Cravate : mais sans acqua alta ce soir-là !

Je commençais à me familiariser un peu avec le jeu à surprise des calli de Venise, à la recherche, un peu, de la vie vénitienne _ le plus loin possible des touristes ; ou de ceux qui ne fréquentent que les quartiers un peu chics, et surtout avec vue ! Près de l’hôtel, sur le coin du Campo de San Nicolo dei Tolentini, je remarquai un minuscule bar à cheval sur le Campo et le coin du pont du rio dei Tolentini : les verres de spritz et les assiettes de cichetti reposant sur quelques barriques ; et les conversations des convives me paraissant à la fois joyeuses et tranquilles, chaque soir que je passais par là, en revenant, par exemple de la station Ferrovia du vaporetto, en ayant traversé le Ponte dei Scalzi sur le Canal Grande, et la Fondamenta _ joyeusement animée toujours ! _ San Simeone Piccolo. Je regrettais de ne pas parler assez bien italien ; et a fortiori vénitien _ même si j’arrivai à me débrouiller avec les serveuses de la Trattoria Da Marisa, au Ponte dei Tre Archi… De même, j’osais encore moins m’arrêter à la Cantina Do Mori _ toujours bondée _, non loin de la Rugha Vecchia San Giovanni, dans le quartier toujours très animé du Rialto…

Le vendredi matin, toujours après un très copieux et très agréable petit-déjeuner buffet à l’excellent Hôtel Al Sole _ ma chambre était aussi magnifique ! _, je me décidai à explorer le quartier Santa Croce , juste au nord du Palazzetto, en commençant par l’église San Giacomo dell’Orio : dès l’ouverture de l’église à la visite. Et je découvris que le quartier que je parcourus vers le nord ouest, à bonne distance du Grand Canal, formait un extraordinairement sombre et dense dédale _ et alors que ce vendredi, lui, était ensoleillé ! Je passai ainsi par Santa Maria Mater, ouverte, et San Cassiano, ouvert, d’où je rejoins le  Canal Grande sur la Riva dell’Olio, puis la Pescheria et les autres divers marchés, particulièrement animés, les matins, du quartier du Rialto ; puis je passais le Pont, et me dirigeai vers l’adorable marmoréenne Santa Maria dei Miracoli, puis vers Santa Maria Assunta dei Gesuiti _ décidément toujours fermée _, et repassai au Kiosque des DVD, sur les Fondamente Nuove, pour m’apercevoir, en échangeant un peu avec le kiosquier cinéphile, que j’aurais pu commander des DVD : par exemple celui de Prima della Rivoluzione, de Bernardo Bertolucci, film _ avec Adriana Asti ; et un passage, au milieu, en couleurs : le début et la fin étant en noir et blanc _ que j’avais adoré à sa sortie en France… Je repassai par Zanipolo, où mon masque d’Arlequin n’était pas encore terminé, puis la Calle Lunga Santa Maria Formosa _ avec une autre boutique riche en DVDs _, pour découvrir le Campo Santa Maria Formosa et son église.

Je revins à l’hôtel, pour me reposer un peu _ je marchais sans cesse _, avant de repartir déjeuner, toujours royalement, vers midi, à la trattoria Dalla Marisa… L’après-midi, visite de l’Accademia, le seul musée que je m’autorisai, mais avec beaucoup de plaisir : de tous les peintre vénitiens, Giovanni Bellini m’impressionnait décidément le plus, par son calme éminemment vénitien. Je franchissais le pont et gagnais le Sestiere San Marco…

A suivre…

Titus Curiosus, le 23 septembre 2012

 

Commentaires récents

Le 1 novembre 2012

[…] Carnets d’un curieux « La chance de se livrer pour l’arpenter-parcourir au labyrinthe des calli de Venise […]

Vous souhaitez réagir & ajouter votre commentaire ?

XHTML: Vous pouvez utiliser les balises html suivante : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>


*


nine - 3 =

Chercher sur mollat

parmi plus de 300 000 titres.

Actualité
Podcasts
Rendez-vous
Coup de cœur