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Le luth de Bach : deux nouveautés ou ré-éditions discographiques…

30avr

Ici encore,

c’est surtout la curiosité qui m’a conduit à me procurer deux nouvelles parutions discographiques concernant cette fois l’œuvre de luth de Johann-Sebastian Bach :

deux albums doubles,

le premier une nouveauté d’Evangelina Moscardi  _ « Complete Lute Works«  (Arcana A 529), avec des enregistrements de février 2020 à septembre 2021 _ ;

et le second, des rééditions d’Hopkinson Smith _ « Bach Cello Suites » (Naïve E 7385), avec des enregistrements de juin 1980, octobre 1992 et octobre 2012.

A mon goût de profane encore de ce répertoire,

et pour le dire d’entrée carrément et un peu brutalement,

ce n’est pas ce qui sort ici de la plume _ un peu maladroite pour cet instrument qu’il ne pratiquait pas… _ de Bach

que je préfère,

mais bien plutôt les joyaux de souplesse raffinée de la tradition française de luth, comme par exemple les deux Gaultier, Gallot, Dufault, Mouton, etc. _ cf par exemple le CD « A Lute by Sixtus Rauwolf French and German Baroque Music« , de l’excellent Jakob Lindberg, soit le CD BIS-2265, de 2017…

ou bien les mille merveilles flamboyantes de Léopold-Silvius Weiss _ cf par exemple les CDs « Weiss _ Lute Music » et « Silvius Leopold Weiss _ Lute Music II« , toujours par le parfait Jakob Lindberg, soient les CDs BIS-1524 et BIS-1534, de 2006 et 2009… _ ;

ou aussi M. de Losy _ cf par exemple le CD « Jan Antonin Losy _ Note d’oro« , toujours par ce magicien du luth qu’est Jakob Lindberg, soit le CD BIS-2462, de 2019…

Voilà qui d’entrée est dit.

Bien sûr, à suivre…

Ce samedi 30 avril 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Musiques de joie : la joie oxymorique de l’hommage très admiratif au défunt et à son oeuvre : la sublime méditation du « Tombeau sur la mort de M. le Comte de Losy arrivée en 1721″ de Silvius Leopold Weiss, par Jakob Lindberg

14avr

Pour fêter,

au sein du superbe CD Bis CD1534 de l’extraordinaire luthiste suédois Jakob Lindberg,  intitulé Silvius Leopold Weiss Lute Music II,

un CD paru en 2009,

une bouleversante _ et pourvoyeuse d’une intense très profonde joie _ sublime interprétation du sublime lui-même Tombeau sur la mort de M. le Comte de Losy arrivée en 1721

même si la joie de quelque Tombeau que ce soit semble a priori plutôt oxymorique…

Et pourtant l’espèce encore humaine _ pas tout à fait déshumanisée, veux-je dire _ se fait un devoir de donner à ses morts une vraie sépulture,

sous quelque forme tant soit peu méritoire, même humble, que ce soit…

Et un Tombeau de musique, ce peut être vraiment très beau ;

et même sublime.

Et c’est le cas ici,

de l’œuvre de Silvius Leopold Weiss

comme de l’interprétation de Jakob Lindberg.

Parmi les joies ayant donné lieu à de belles, voire sublimes, « musiques de joie« ,

existent ainsi des joies au premier abord oxymoriques,

telles celles, forcément, des « Tombeaux«  …

« Tombeaux » de musique donc, donnés initialement et en tout premier lieu

_ et je commencerai, ici, par cette donnée historique-là _

par quelques luthistes, en France, un peu avant le mitan du XVIIe siècle,

tels Denis Gaultier (1603 – 1672), dit Gaultier le jeune,

pour un Tombeau de Lenclos, soit le luthiste Henri de L’Enclos (1592 – 1631) _ le père de la célèbre Ninon… _,

pour un Tombeau de M. de Blancrocher, soit le luthiste Charles Fleury (1605 – 1652), 

ainsi que pour un Tombeau de Raquetteprobablement Charles Racquet (1598 – 1664), qui fut organiste de Notre-Dame de 1618 à 1643 ; à moins qu’il ne s’agisse du père de celui-ci, Balthazar Racquet (ca. 1575 – 1630),

et Ennemond Gaultier (1575 – 1651), dit le vieux,

pour un Tombeau de Mézangeausoit le luthiste René Mézangeau (1568 – janvier 1638),

Parmi les luthistes français auteurs _ et initiateurs _ de tels Tombeaux

il faut aussi relever les noms de :

François Dufaut (1604 – 1672),

Jacques de Saint-Luc (1616 – 1708) _ bruxellois, mais qui séjourna un moment à Paris _,

Charles Mouton (1617 – 1710),

Jacques Gallot (1625 – 1696),

Jean de Sainte-Colombe (1640 – 1700),

Laurent Dupré, dit Dupré d’Angleterre (1642 – 1709),

Robert de Visée (1650 – 1725)…

Le genre du Tombeau

est très vite repris, des luthistes, par leurs amis clavecinistes

tels

le grand Johann-Jakob Froberger (1616 – 1667) _ présent à Paris en 1652 _,

auteur d’un célébrissime et merveilleux Tombeau de M. de Blancrocher ;

de même que, tout aussi beau, son ami Louis Couperin (1626 – 1661) ;

ainsi que Jean-Henri d’Anglebert (1629 – 1691),

et Jean-Nicolas Geoffroy (1633 – 1694)

Puis, ce sont les violistes qui s’emparent à leur tour du Tombeau, tels

Marin Marais (1656 – 1728),

Sainte-Colombe le fils (1660 – 1720),

Charles Dollé (1710 – 1755).

L’immense luthiste silésien Silvius Leopold Weiss

(Breslau, 12 octobre 1687 – Dresde, 15 octobre 1750)

a composé un bouleversant

et sublimissime

Tombeau sur la mort de M. le Comte de Losy arrivée en 1721

_ Johann Anton Losy von Losinthal (Steken, 1650 – Prague, 3 septembre 1721) _

qu’interprète idéalement le luthiste suédois Jakob Lindberg

en un admirable CD Bis 1534 _ enregistré et publié en 2009.

Jakob Lindberg vient de publier, en 2019 cette fois, toujours chez Bis,

un magnifique CD _ Bis 2462 _ intitulé Jan Antonin Losy note d’oro

qui nous donne à savourer la merveilleuse délicatesse de l’art du Comte Losy,

en 6 Suites, un Menuet et une Chaconne.

L’oxymore consiste en l’intensité _ sublime ! _ de joie intensément profonde

que donne un tel Tombeau,

ainsi interprété, aussi.

Voilà.



Ce mardi 14 avril 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

En hommage à George Steiner _ contemporain essentiel ! _, décédé hier 3 février, écouter en boucle le « Tombeau sur la mort de M. Comte de Losy », de Silvius Leopold Weiss

04fév

En hommage au très grand George Steiner

qui vient de décéder hier 3 février 2020,

chez lui à Cambridge

_ il était né le 23 avril 1929 à Neuilly-Sur-Seine _,

et qui est _ pour jamais _ un des auteurs essentiels du XXème siècle

_ j’ai lu presque tout son œuvre entier :

de Tolstoï ou Dostoïevkï (en 1963, au Seuil)

à Fragments (un peu roussis) (en 2012, chez Pierre-Guillaume de Roux),

en passant par Après Babel, ou une poétique du dire et de la traduction (chez Albin Michel, en 1978 : le livre qui me l’a fait découvrir !),

Réelles présences _ les arts du sens (chez Gallimard, en 1991),

et Errata, récit d’une pensée (chez Gallimard, en 1998),

etc. _,

j’écoute en boucle

le sublime _ merveilleusement paisible ! _ Tombeau de M. Comte de Logy, de Silvius Leopold Weiss

(composé en 1721)

dans l’admirable CD de Jakob Lindberg Silvius Weiss Lute Music II (CD Bis 1534)

_ cf mon article d’hier : 

Et cette interprétion de Jakob Lindberg, je viens de la comparer avec plusieurs autres, est au-dessus de tout éloge !!! _,

au cœur, lui aussi, de la civilisation européenne.

Ce mardi 4 février 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Rencontrer la paix avec Jakob Lindberg jouant Jan Antonin Losy sur son luth Sixtus Rauwolf : l’album « note d’oro »

03fév

Jakob Lindberg est un merveilleux luthiste

dont je suis les parutions discographiques.

Ce jour,

l’album note d’oro _ Album Bis 2462 _,

comprenant 6 Suites, un Menuet et une Chaconne

pour le luth

_ en l’occurrence un luth de Sixtus Rauwolt,

d’Augsburg, vers 1590 _,

de Jan Antonin Losy (Štěkeň, c. 1650 – Prague, 1721),

comte de Losinthal _ en Bohème.

Une musique de paix,

d’une profonde poésie.


Ajoutons que la pièce probablement la plus célèbre

du grand Silvius Leopold Weiss (Breslau, 1687 – Dresde, 1750)

est le Tombeau sur la mort de Mr. Compte de Logy arrivée 1721

_ une pièce sublime de 12′ présente sur le CD Silvius Weiss Lute Music II, de Jakob Lindberg

(le CD Bis 1534).

Ce lundi 3 février 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

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