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Le confondant ravissement du Bach « à la française » de Benjamin Alard en son intégrale des oeuvres pour claviers de Johann Sebastian Bach

13oct

Ayant enfin sur ma platine

les 3 CDs du troisième coffret « À la française » de l’intégrale des œuvres pour claviers de Johann Sebastian Bach,

j’admire toujours davantage _ depuis ses prodigieux débuts, déjà ! _ la formidable intelligence de jeu de Benjamin Alard ;

et cela en tous ses aspects, y compris le choix de ses instruments (ici deux clavecins et un orgue).

L’article de Frédéric Muñoz sur le site de ResMusica le 21 septembre dernier,

intitulé « Troisième volet très français pour l’intégrale Bach de Benjamin Alard« ,

rendait parfaitement justice à l’art raffiné, tout de légèreté profonde,

d’une infinie justesse,

du jeune interprète.

Troisième volet très français pour l’intégrale Bach de Benjamin Alard

Le talent d’évidence dansée de l’interprétation de Benjamin Alard est une fête !!!

Ce mardi 13 octobre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Musiques de joie : les très festives Partitas de la Clavier-Übung 1. Teil : un chef d’oeuvre dynamisant de Johann-Sebastian Bach

08juin

L’œuvre de Bach a, presque toujours, quelque chose de la perfection artisanale absolue ;

vierge de tout déchet,

ou trace de travail préliminaire

_ ad majorem Gloria Dei.

Parmi les Suites pour clavier de Bach,

le chef d’œuvre en est probablement la série des 6 Suites BWV 825 à 830,

luxueusement réunies pour une publication complète, par le compositeur, en 1731,

sous le titre de « Clavier-Übung 1. Teil« …

La musique en est tout particulièrement festive.

Alors, quelle interprétation choisir ?

L’interprétation, en 2014 et 2015, de Jean-Luc Ho

_ en un triple album NoMadMusic NMM016 _,

superbement méditative,

manque un peu, à mes oreilles, de cette qualité de festivité que j’en attends

du moins ici aujourd’hui.

L’interprétation, en 1986, de l’immense Gustav Leonhardt,

est absolument magnifique,

avec tout l’allant nécessaire,

et l’intensité et profondeur de la contemplation

_ en un double album EMI Reflex 7 47996 8 _,

et a failli l’emporter dans ma prédilection…

… 

Mais au final,

et pour cette circonstance de visée

de « festivité« ,

je me décide in extremis

pour l’interprétation, en 1988, au Temple de Sommières, dans le Gard,

de Scott Ross

_ en un double album Erato 2292 45345-2.

Qu’on en juge soi-même par ces trois exemples de la Première Partita BWV 805 :

cette vidéo par Jean-Luc Ho ;

ce podcast par Gustav Leonhardt ;

et ce podcast par Scott Ross.

Une fête, vous-dis-je.

Ce lundi 8 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Musiques de joie : la grâce lumineuse et tendre des Suites anglaises de Johann-Sebastian Bach, par l’évidence du jeu d’un parfait Christophe Rousset

02juin

Depuis mon article du 25 mai dernier

Musiques de joie : la sérénité heureuse des Suites françaises, de Johann-Sebastian Bach, pour sa jeune épouse Anna-Magdalena, à Coethen, en 1722

j’avais hâte de poursuivre l’exploration-jouissance

des délices des Recueils de Suites pour clavier de Johann-Sebastian Bach ;

et passer de ses Suites dites françaises (BWV 812 à 817) _ présentes pour cinq d’entre elles dans le Petit Livre de Clavier d’Anna-Magdalena Bach, en 1721 _

aux antérieures Suites dites anglaises  _ car « pour les Anglois« , selon une inscription ajoutée de la main de Bach lui-même... _ (BWV 806 à 811),

un peu plus développées et ornementées

et donc un peu plus complexes à jouer pour Anna-Magdalena…

Après un peu d’hésitation pour le choix des CDs

et de l’interprète :

entre Christophe Rousset et Pierre Hantaï,

et, bien sûr, après écoute exhaustive des CDs,

j’ai préféré

à l’interprétation un peu cérébrale _ à mon goût tout du moins : pardon ! _ de l’ami Pierre Hantaï,

en son CD Mirare MIR 251, en 2014, des Suites anglaises n° 2 et n° 6 (BWV 807 et 811),

l’interprétation plus chaleureuse et lumineuse _ à mon goût ! _,

plus tendre et rayonnante _ sans excès : à la Couperin !

et comme il convient à des œuvres de style fondamentalement français, comme celui de ces Suites _,

et dans l’évidence du plus parfait naturel  _ soit, bien sûr, le comble de l’Art ! _

de Christophe Rousset,

magistral en l’élégance somptueuse, vierge de la moindre mièvrerie et maniérisme, de ce style éminemment français d’inspiration…

Pour en apprécier l’écoute et en juger soi-même,

voici le podcast de la Suite n° 2 ;

et le podcast de la Suite n° 6

en ce double CD Ambroisie AMB 9942, enregistré en février 2003 au Musée d’Art et d’Histoire de Neuchâtel, sur un clavecin signé Johannes Ruckers, daté de 1632 et 1745, et restauré en 1987 par Reinhard von Nagel…

Ce sont là de purs bijoux !


Nous pouvons compléter cette confrontation de jeux d’interprétation de ces Suites BWV 807 et 811 par Christophe Rousset et Pierre Hantaï

par cette vidéo

de l’interprétation de la Suite anglaise n° 2 (BWV 807) par Pierre Hantaï, prise lors d’un concert donné à l’abbaye de Fonfroide, au mois de juillet 2015 ;

et par cette autre vidéo,

de l’interprétation, toujours par Pierre Hantaï, de la Suite anglaise n°6 (BWV 811)

_ précédée, comme en son CD Mirare de 2014, enregistré à Haarlem, aux Pays-Bas, du Choral Wer nur den lieben Gott lässt walten BWV 691 _

prise lors d’un concert donné à la Cité de la Musique, à la Villette (date non spécifiée)…

Quelle qualité de joie nous offrent ces Suites

en pareilles interprétations !

Ce mardi 2 juin 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Musiques de joie : les sublimes Lamentos de la famille Bach par le sublime Henri Ledroit, en 1984

01juin

Pour poursuivre _ encore un instant Monsieur le bourreau ! _

avec l’inépuisable joie que continuent de nous donner, à profusion,

et pour l’éternité,

l’art et la voix sublimes du regretté Henri Ledroit (Villacourt, 11 mars 1946 – Nancy, 10 mai 1988),

je mets sur ma platine, ce matin du lundi de Pentecôte,

le CD,

enregistré en l’église Saint-Jean, de Beaufays, en Belgique, les 1er, 2 et 3 décembre 1984,

sobrement intitulé Solokantaten

_ le CD Ricercar 020002 _

qui nous permet de continuer  _ encore un instant, Monsieur le bourreau !à nous réjouir si intensément _ à dimension transcendante d’éternité _

de cet art, et de cette voix,

incroyablement sublimes

_ les anges eux-mêmes ne nous enchanteraient pas mieux !!! _

d’Henri Ledroit ;

dans un récital parfait de merveilleuses Cantates de la famille Bach :

non seulement

de Johann-Sebastian Bach (Eisenach, 21 mars 1695 – Leipzig, 28 juillet 1750),

mais aussi de Johann Bach (Wechmar, 26 novembre 1604 – Erfurt, 13 mai 1673),

de Johann-Michael Bach (Arnstadt, 9 août 1648 – Gehren, 17 mai 1694), le beau-père de Johann-Sebastian,

et Johann-Christoph Bach (Arnstadt, 6 décembre 1642 – Eisenach, 31 mars 1703), un des cousins germains du père de Johann-Sebastian ;

tous compositeurs magnifiques.

Et j’ai choisi ici l’intensité lumineuse et profonde, incomparable !, de l’interprétation d’Henri Ledroit et du Ricercar Consort,

avec, notamment, le premier violon de François Fernandez, et Bernard Foccroulle à l’orgue positif,

dans deux merveilleux Lamentos _ qu’on en juge ici par les podcasts ! _

qui nous tirent des larmes de bonheur :

la cantate Ach, dass ich Wassers genug hätte, de Johann-Christoph Bach,

et la cantate BWV 53 Wiederstehe doch der Sünde, de Johann-Sebastian Bach.

Dans le livret de ce CD Ricercar 020002,

et concernant ces deux Cantates,

William Hekkers indique ceci :

« Rien d’étonnant à ce que le Lamento de Jean-Christophe Bach et la Cantate de Jean-Sébastien Bach soient proches parentes par leur écriture : dissonances omniprésentes dans les harmonies hypertendues, dans les intervalles diminués et le chromatisme des lignes mélodiques.

Le thème qu’illustrent les deux œuvres est le même : le péché, source de souffrance, qui « décentre » l’être humain et le fait entrer dans le monde de la « pathopoiia », l’éloigne de l’« Harmonia » universelle en l’éloignant de ses semblables et de son Dieu.

Dès le début de la Cantate BWV 54, nous sommes d’emblée décentrés sans aucune préparation, par une dissonance qui ne retrouvera, très provisoirement, sa résolution et son point d’appui sur un accord parfait de tonique, qu’après dix mesures.

Ici, le figuralisme et la rhétorique baroques se font les serviteurs de la théologie avec une puissance dramatique et expressive rarement atteinte.

Luther n’écrivait-il pas que « Dieu a aussi prêché l’Evangile par la musique ? » »…


C’est cette extraordinaire « puissance dramatique et expressive »  que le génie si idiosyncrasique _ unique ! irremplacé… _ de l’interprétation d’Henri Ledroit,

par la souplesse merveilleuse de son art et le timbre _ à la fois fragile et considérablement portant.. _, si émouvant de sa voix,

unique,

sait nous faire si jubilatoirement ressentir

et partager.

A chaque écoute,

et comme à la fraîcheur innocente de la toute première fois,

l’élévation du chant d’Henri Ledroit nous fait frémir et transcender de joie.

Un grand merci aussi à Jérôme Lejeune,

le directeur artistique de ces CDs Ricercar,

pour la qualité transcendante, elle aussi, de son travail…

Ce lundi 1er juin 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Musiques de joie : le délicieux Aria « Bist du bei mir » (de Gottfried-Heinrich Stölzel) du second Petit Livre de Clavier d’Anna-Magdalena Bach, en 1725, par Sibylla Rubens et Michael Behringer

27mai

Parmi les musiques de joie pures et fondantes de tendresse

_ et marquantes, dans le souvenir du mélomane un peu familier de quelques riches recoins de l’œuvre multiforme de Bach _,

sonne toujours en la mémoire _ reconnaissante _

le délicieux petit Aria Bist du bei mir,

noté en 1725 dans le second Petit Livre pour le Clavier d’Anna-Magdalena Bach ;

longtemps attribué à Johann-Sebastian Bach sous le numéro de catalogue BWV 508 

_ c’est seulement en 2000 qu’un exemplaire de la partition d’origine, considérée jusqu’alors comme comme perdue, a été retrouvé …au conservatoire de Kiev _,

il est, en fait, extrait de l’opéra de Gottfried-Heinrich Stölzel (Grünstädtel, 13 janvier 1690 – Gotha, 27 novembre 1749)

Diomède, ou l’innocence triomphante,

représenté le 16 novembre 1718 à Bayreuth _ Stöltzel et Bach se sont rencontrés et ont tissé des liens d’amitié musicale…

Bist du bei mir, geh’ ich mit Freuden
zum Sterben und zu meiner Ruh’.
Ach, wie vergnügt wär’ so mein Ende,
es drückten deine schönen Hände mir die getreuen Augen zu !
Si tu restes avec moi, alors j’irai en joie
Vers ma mort et mon doux repos.
Ah ! comme elle serait heureuse, ma fin,
Tes jolies mains fermant mes yeux fidèles !

L’interprétation _ adorable ! _ de Sibylla Rubens, soprano, avec le clavecin de Michael Behringer,

dans le double CD Clavier-Büchlein für Anna Magdalena Bach, 1725,

de l’édition bachakademie, du label Hänssler 106, en 1999,

me paraît convenir admirablement,

en son émouvante sobriété et parfaite justesse d’expression,

à ce que pouvait être la pratique, au quotidien, d’Anna-Magdalena _ qui était cantatrice _, et des siens, au domicile des Bach, en 1725, à Leipzig :

c’était le 22 mai 1723 que la famille Bach s’était installée à Leipzig, où Johann-Sebastian Bach avait obtenu, le 22 avril 1723, le poste de Kantor à l’église Saint-Thomas ; poste laissé vacant par le décès du Kantor précédent, Johann Kuhnau, le 5 juin 1722…

Et Anna-Magdalena Wilcke (Zeitz, 22 septembre 1701 – Leipzig, 27 février 1760),

cantatrice, donc,

était devenue le 3 décembre 1721, à Köthen, la seconde épouse de Johann-Sebastian Bach,

veuf, au mois de juillet 1720, de sa première épouse Maria-Barbara Bach, à Köthen le 3 décembre 1721.

Anna-Magdalena Bach eut alors à élever les 4 enfants orphelins de leur mère Maria-Barbara :

Catharina-Dorothea (Weimar, décembre 1708 – Leipzig, 14 janvier 1774),

Wilhelm-Friedmann (Weimar, 22 octobre 1710 – Berlin, 1er juillet 1784),

Carl-Philipp-Emanuel (Weimar, 8 mars 1714 – Hambourg, 14 décembre 1788)

et Johann-Gottfried-Bernhard (Weimar, 11 mai 1715, Iéna, 27 mai 1739) ;

 

et Anna-Magdalena Bach eut elle-même 13 enfants, nés de 1723 à 1742,

parmi lesquels les compositeurs Johann-Christoph-Friedrich (Leipzig, 21 juin 1732 – Bückeburg, 26 janvier 1795) et Johann-Christian (Leipzig, 5 septembre 1735 – Londres, 1er janvier 1782) ;

son aînée a été Christiana-Sophia-Henrietta (Leipzig, printemps 1723 – Leipzig, 29 juin 1726) ;

et sa petite dernière _ la treizième _ est Regina-Susanna (Leipzig, 22 février 1742 – Leipzig, 14 décembre 1809).

On trouve sur le web plusieurs vidéos

à divers titres intéressantes _ ou à divers titres frustrantes _

de ce délicieux Bist du bei mir :

j’apprécie particulièrement

l’interprétation sobre et émouvante _ sans maniérisme aucun, comme il se doit _, du ténor anglais _ très heureusement familier du répertoire (et interprétations) baroques _ Charles Daniels, en 2018 ;

ou celle _ probablement assez proche de ce que devait être la pratique, au quotidien, des enfants Bach, chez eux, à Leipzig, en 1725 _ du petit garçon tchèque David Cizner, âgé de 10 ans _ il est né le 12 février 2002 à Prague _ en 2012 ;

et un peu moins, celle, un peu trop opératique à mon goût, de la grande Janet Baker, en 1973 ;

ou celle, un peu trop lente et doloriste, de la si souvent merveilleuse Aafje Heynis, en 1956 

_ ces deux interprétations-là antérieures à ce qu’a permis d’apprendre le revival baroque des Deller, Leonhardt, Harnoncourt…

Mais aucune de celles-ci n’a la fraîcheur et la merveilleuse évidence _ de Hausmusik , en 1725, à Leipzig… _

de l’interprétation du CD Hänssler

par Sibylla Rubens et Michael Behringer :

à écouter ici

Comparer des interprétations est aussi assez intéressant ;

cela aide à se former le goût…

Ce mercredi 27 mai 2020, Tituss Curiosus – Francis Lippa

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