la clarinette et le cor de Johannes Brahms dans sa splendide musique de chambre

— Ecrit le vendredi 22 mars 2019 dans la rubriqueMusiques”.

Lundi dernier, 18 mars,

je consacrai un _ bref _ article enthousiaste

au magnifique double album _ B Records LBM 015 _

de l’équipe de dynamiques musiciens constituée autour de Pierre Fouchenneret et Eric Le Sage.


Or, ce jour,

je découvre un commentaire très élogieux, lui aussi, de ce double album Brahms,

des œuvres de musique de chambre avec instruments à vents,

sur le site de Res Musica, et sous la plume de Jean-Luc Caron,

intitulé

Musique de chambre pour vents de Brahms, quand le travail paie.

Le voici,

assorti de quelques remarques de commentaires miens…

MUSIQUE DE CHAMBRE POUR VENTS DE BRAHMS, QUAND LE TRAVAIL D’ÉQUIPE PAIE

Johannes Brahms (1833 -1897) :

Quintette pour clarinette et cordes op. 115 ; Trio pour clarinette, violoncelle et piano op. 114 ; Sonates pour clarinette et piano, op. 120 n° 1 et 2 ; Trio pour cor, violon et piano op. 40.

Pierre Fouchenneret, violon. Déborah Nemtanu, violon. Lise Berthaud, alto. François Salque, violoncelle. Florent Pujuila, clarinette. Joël Lasry, cor. Eric le Sage, piano.

2 CD B-records.

Enregistrés à la Chapelle musicale Reine Élisabeth, Waterloo, en octobre 2017 et mars 2018.

Notice bilingue : français et anglais.

Durée : 128:00

 

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Le pari, lancé par quelques musiciens de grande valeur réunis par Eric Le Sage, d’enregistrer en live la totalité de la musique de chambre de Johannes Brahms, connaît un nouvel épisode, le troisième. Remarquable ! _ voilà !

Ce nouveau volet aborde les œuvres avec instruments à vent du maître allemand. Il réunit des interprètes manifestement soudés et passionnés _ oui ! c’est capital ! _, complices et adeptes d’un jeu collectif _ parfaitement _ dont le résultat gravé sur deux CD s’avère royal _ en effet ! _  et idéal pour découvrir ou retrouver ce répertoire parsemé de pépites intemporelles _ mais oui !

Dans quatre des cinq partitions retenues, Brahms offre une place de première importance à la clarinette qu’il venait de reconsidérer plutôt tardivement (à 57 ans) grâce à sa rencontre _ voilà ! _ avec Richard Mühlfeld, le somptueux clarinettiste de l’orchestre de Meiningen dont la maîtrise technique, timbrique et expressive fascina le compositeur _ oui _ au point de lui consacrer ses derniers opus majeurs _ c’est cela. Le Quintette en si mineur op. 115, associant la clarinette aux cordes du quatuor traditionnel, fut composé au cours du printemps et de l’été 1891 à Bad Ischel _ en villégiature _ , en même temps que le Trio pour clarinette, violoncelle et piano, op. 114 _ autre chef d’œuvre. Le clarinettiste Florent Pujuila _ magnifique ! _ et ses complices soulignent admirablement _ mais oui ! _ les qualités du Quintette impressionnant et original. Le premier mouvement, Allegro, repose sur un thème initial frémissant confié aux deux violons qui sera repris ensuite par la clarinette. L’Adagio et sa mélodie ardente et émouvante confiée à la clarinette s’oriente ensuite vers une sorte de musique folklorique hongroise, brillante et ponctuée d’arpèges. Le mouvement suivant (Andantino) conduit avec ses traits actifs au dernier mouvement, Con moto, qui bénéficie d’un très  beau traitement du thème gémissant suivi de cinq variations et s’achève par un retour surprise du thème de l’Allegro initial.

Les autres œuvres connaissent, à l’égal du Quintette, des exécutions que l’on est en droit de qualifier de superlatives _ en effet ! _, sans omettre de dire que le cor de Joël Lasry _ parfait, lui aussi ! _ impressionne tour à tour par sa précision, son timbre et son discours souriant et résigné dans le Trio en mi bémol majeur op. 40 daté de 1865. Après tant de satisfactions, d’aboutissements et de transports, il nous semble inutile de préciser que nous attendons avec impatience _ mais oui _ la sortie du prochain volume de l’intégrale, qui en comptera huit.

L’article ajoute ici un renvoi à un précédent commentaire _ en date du 3 juillet 2018 _ du volume 1 de cette intégrale en cours de la musique de chambre de Johannes Brahms

_ et déjà sous la plume de Jean-Luc Caron ;

qui n’a cependant pas consacré d’article au volume 2, des Quintettes et Sextuors à cordes de Brahms, je le remarque…

Le voici :

AUTOUR D’ÉRIC LE SAGE, LE RÉGAL DES QUATUORS AVEC PIANO DE BRAHMS


Johannes Brahms (1833 -1897) :

Quatuors pour piano et cordes n° 1 en sol mineur op. 25 ; n° 2 en la majeur op. 26 ; n° 3 en ut mineur op. 60.

Pierre Fouchenneret, violon ; Lise Berthaud, Alto ; François Salque, violoncelle ; Eric Le Sage, piano.

2 CD La Belle Saison Live 011, B Records.

Enregistré en public à la Maladrerie Saint-Lazare de Beauvais le 5 mars 2017.

Notice bilingue : français et anglais.

Durée : 67:41 et 46:48

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« Nous avons en commun la passion de ce musicien hors-pair, qui a aimé comme personne les formations de chambre… » Ainsi s’expriment les formidables _ oui ! toniques et justes ! _ musiciens de cet enregistrement qui définissent leur réunion comme « soudée par une envie inextinguible, une certaine idée de l’audace, une vision de la musique de chambre, et un amour du répertoire ». Promesse tenue !

L’écoute débute avec une énergie et un enjouement absolument contagieux _ mais oui ! Cet Allegro du Quatuor pour piano et cordes en sol majeur (n° 1) repose sur trois thèmes inspirant aux interprètes un jeu d’unité, de liberté et d’expansion _ c’est cela. Cette lecture domine _ probablement : par sa juvénilité enthousiasmante ! _ le palmarès des remarquables exécutions du passé. Les musiciens s’adaptent avec un vrai talent et une aisance apparente au climat mystérieux de l’Allegretto, tout comme ils brossent un très beau tableau romantique de l’Andante con moto suivant, qui repose sur une marche fantasque et contagieuse. Le rondo final Alla zingarese, virtuose, échevelé et virevoltant, s’inspire sans doute aucun du Rondo à la hongroise du Trio en sol majeur n° 39 composé par Joseph Haydn en 1795.

Le Deuxième Quatuor, en la majeur, se rapproche plutôt de Schubert dans l’Allegro non troppo initial, et de Schumann dans l’Allegro final sans parvenir à retrouver totalement la magie du précédent ; pour autant il ne manque pas d’intérêt. Le Troisième Quatuor pour piano et cordes en ut mineur gagne en indépendance, en pages dramatiques, en confession intime et spirituelle qu’exacerbe le discours prégnant et désespéré, impressionnant et troublant, du troisième mouvement noté Andante.

Par une alchimie bien rarement rencontrée, les quatre musiciens de ces lectures géniales nous convainquent, s’il en était besoin, que les trois Quatuors avec piano de Brahms, créés respectivement en 1861 (Hambourg), 1862 (Vienne) et 1875 (Ziegelhausen), font partie de ses plus hautes réalisations _ oui ! _, placées dans la descendance de Beethoven et dans la proximité de génies romantiques de la trempe de Schubert, Mendelssohn et Schumann certes, mais toujours hautement individuelles _ c’est-à-dire singulières, de la part de Johannes Brahms : tout à fait !

Puisse le projet de jouer toute la musique de chambre de Brahms déboucher sur d’aussi précieux enregistrements _ à suivre !!!


Ce vendredi 22 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

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