Posts Tagged ‘piano

Le choc du piano de Leos Janacek sous les doigts de magicien de Benedek Horvath, en un concert rien moins que parfait…

19oct

C’est sur la foi de l’enthousiasme communicatif du très fiable Jean-Charles Hoffelé en son article du 3 octobre dernier « Paysages imaginaires« ,

PAYSAGES IMAGINAIRES

Il faut bien plus que des doigts _ et comment ! _ pour saisir le presque-rien _ voilà _ qui ouvre dans un regret onirique les Improvisations que Bartók tissa sur les chants de paysans hongrois notés lors de ses voyages dans les villages de la puszta. La matière sonore éthérée que suscite le toucher immatériel _ unique… _ de Benedek Horváth est déjà emplie de ce sfumato qui tissera tant de mystères au long de _ ce chef d’œuvre sans égal qu’estDans les brumes, cette esquisse quasi abstraite coulée de la plume de Janáček, dont la Sonate rythme un peu plus loin le programme de ce concert parfait _ absolument !

Couleurs, pesées, pédale économe mais efficace – elle ne dissout jamais les attaques ou les rythmes chez Bartók _ comme il est absolument nécessaire, bien sûr _, écoutez la précision du tambour qui ouvre la première des deux Danses roumaines. Ce piano est une pure machine à imaginaire, qui impose jusque dans les irisations de Játékok – hélas seulement une sélection – des visions entre rêve et cauchemar que Kurtág aura notées dans sa calligraphie arachnéenne. Merveille _ oui ! _ qui exige une science de faire sonner l’instrument que j’aimerais entendre s’employer _ aussi _ à Debussy.

Aussi raffiné et complexe que soit le jeu de Benedek Horváth, dont j’avais tant aimé le premier album _ en 2016 _ où déjà s’affirmait la fusion KurtágBartók, et paraissait sous masque le compositeur de Jenůfa (l’opus de Kurtág, Les Adieux, est noté « à la manière de Janáček »), c’est la nature même de sa sonorité, ample, boisée, profonde, abolissant les marteaux à force de timbres – cela est sensible dans les écarts d’Éclats, l’autre opus de Kurtág présent au programme – qui me rend ce pianiste si physiquement proche _ oui, oui, oui.



Magnifique disque _ vraiment !!! _, dont la perfection ne laisse pas croire qu’il a pu être capté en public _ si : il fallait cette vie…

LE DISQUE DU JOUR

Béla Bartók (1881-1945)


Improvisations sur des chants paysans hongrois, Op. 20,
Sz. 74, BB 83

2 Danses roumaines, Op. 8a, Sz. 43, BB 56


Leoš Janáček (1854-1928)


Dans les brumes, JW 8:22
Sonate pour piano « 1.X.1905 », JW 8:19


György Kurtág (né en 1926)


Szalkak (Éclats), Op. 6d
Játékok (selection : Livre VI, Nos. 18, 6 ; Livre IV, No. 3b ; Livre II, Nos. 21, 5, 37 ;
Livre I, No. 57)

Benedek Horváth, piano

Un album du label Artalinna ATL-A027

Photo à la une : le pianiste Benedek Horváth – Photo : © DR

..

 

que je me suis empressé de commander le CD Artalinna « Bartok, Janacek & Kurtag« , le CD Artalinna ATL 027,

que je viens de recevoir ce jeudi, et qui immédiatement m’enchante,

tout spécialement dans le piano si singulier de Leos Janacek, « I-X-1905 » et « Dans les brumes« …

Avec pour conséquence mon intention de commander aussi, et au plus vite, le précédent CD Artalinna « Liszt, Bartok« , ATL 013,

dont voici ce que l’excellent Jean-Charles Hoffelé disait, déjà, en un article intitulé « Hungaria« , paru sur son site Discophilia le 11 octobre 2016,

il y a tout juste 7 ans déjà :

HUNGARIA

Le lent carillon qu’égrène dans le vent du soir György Kurtág au long de sa pièce inspirée par La Vierge de Frydek de Janáček et qu’il aura nommée « Les Adieux » ouvre et referme ce disque dédié à l’âme hongroise par Benedek Horváth, vingt cinq ans _ en 2016. Il en prolonge l’écho avec En rêveLiszt fait entendre à la reprise un glas que tant de pianistes oublient de faire sonner ; pas lui. Musiques de cloches _ et à quand Ligeti ?.. _, art de la résonance, mise en espace des claviers divers que savent susciter un emploi savant de la pédalisation, déjà rien qu’en cela, du grand art _ voilà.

Un jeune pianiste ? Un maître _ oui. Écoutez seulement l’orchestre qu’il déploie de son piano dans la plus littéraire, la plus habitée version d’Après une lecture du Dante que j’ai entendue depuis celle(s) de Claudio Arrau. Il y faut un clavier profond et des doigts héroïques, une armure de virtuose, une âme de poète ; il les a toutes deux. Voilà pour la preuve.

Mais pour l’esprit, qui se ressent et ne se prouve pas, la cantilène fragile qui ouvre En rêve de Liszt – une apparition juste inquiète comme il faut, un Füssli en sons –, la sélection si sentie opérée principalement dans les Deuxième et Troisième Cahiers de Pour les enfants de Bartók, vous en diront plus : ce piano en timbres, ces phrasés tendres mais sans sucre, cette grâce d’une suspension de l’harmonie au détour d’un accord, quelle grammaire, quel style à vingt-cinq ans !

Et si vous préférez le virtuose, l’Allegro barbaro de Bartók, la Sixième Rhapsodie de Liszt, tous deux dits à plein clavier, hantés par des verbunkos guerriers, déclamés, vous en apprendront plus, sans que jamais le musicien ne s’absente.

Pourtant, le sommet du disque reste selon moi la Sonate de Bartók, partition complexe que seul jusqu’alors Dino Ciani aura su incarner, motoriste et crâneur à la fois. Horváth y met une touche de grand fauve, creusant le clavier, jouant non d’un piano mais quasi d’un gamelan. Ce que faisait aussi Ciani, mais il lui en coûtait. Secret du hongrois _ un héritage de la langue ? _ : le tempo, qui lui donne tout le temps de glorifier le corps harmonique. Mais au fond, voilà le secret de son art : il joue non pas à deux mains mais à dix doigts. Cette plénitude du son ne s’explique pas autrement que par cette pratique qui transmue l’horizontalité du clavier en un orchestre.

Vite, une suite que je verrais bien chez Beethoven.

LE DISQUE DU JOUR

Bartok_Lisszt_Cover1110György Kurtág (né en 1926)


Les Adieux (in Janáceks Manier) (2 versions)


Franz Liszt (1811-1886)


Im Traum, S. 207
Après une lecture du Dante (No. 7, des Années de pèlerinage II,
S. 161)

Rhapsodie hongroise No. 6
en ré bémol majeur, S. 244/6


Béla Bartók (1881-1945)


Allegro Barbaro, Sz. 49, BB 63
Sonate pour piano, Sz. 80, BB 88
Pour les enfants, Sz. 42, BB 53 (sélection)

Benedek Horváth, piano

Un album du label Artalinna ATL-015

Photo à la une : © Jean-Baptiste MillotCDs Artalinna, 

Quel choc !

Jamais je n’avais aussi bien perçu, chez de merveilleux interprètes pourtant, le génie si singulier et vraiment extraordinaire de l’immense Leos Janacek _ le morave _ en ces 2 sonates pour piano,

que sous ces doigts magiques de Benedek Horvath !

Et voici, aussi, une vidéo (de 13′ 23) d’une interprétation de ce même magique « Dans les brumes » de Janacek, par Benedek Horvath, enregistré en concert le 10 novembre 2018

_ sur ce CD Artalinna AT L, la pièce dure 14′ 04 ; et le CD a été enregistré à l’église évangélique Saint-Marcel, à Paris, les 11-13 et 14 novembre 2018 ! Juste après cette prise en concert du 10 novembre 2018…

Chapeau bien bas, l’artiste !

Nous te suivrons désormais…

Ce jeudi 19 octobre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

Francesco Piemontesi une fois encore au sommet : en un magistral double album Pentatone « Liszt Transcendantal Etudes & Piano Sonata » _ ou la perfection de l’interprétation la plus subtilement incarnée d’un immense compositeur…

19sept

Le merveilleux pianiste Francesco Piemontesi _ né à Locarno le 7 juillet 1983  _ nous conduit à nouveau au sommet en un magique magistral double album Pentatone PTC 5187 052 « Liszt Transcendantal Etudes & Piano Sonata« , enregistré à Lugano en avril-mai 2021,

et tout juste paru le 1er septembre dernier…

Les titres de mes 6 précédents articles sur le génie _ mais oui ! _ d’interprétation de Francesco Piemontesi témoignent de ma constante superlative admiration pour son piano, dans Mozart, Schubert, comme Liszt _ et aussi Debussy _ :

_ le 26 décembre 2018 : «  » ;

_ Le 6 juin 2019 : «  » ;

_ le 27 juin 2019 : «  » ;

_ le 25 septembre 2019 : «  » ;

_ le 29 octobre 2019 : «  » ;

_ et le 24 octobre 2020 : «  » ;

C’est l’article de Jean Lacroix, très justement intitulé « Franz Liszt et Francesco Piemontesi : des affinités qui coulent de source« , paru avant-hier 17 septembre, sur le site de Crescendo, qui m’a appris l’existence _ ignorée jusqu’alors ! _ de ce double CD publié par l’excellent label Pentatone ; et m’a fait me précipiter chez mon disquaire préféré  pour me le procurer _ ce double CD « Liszt – Transcendantal Etudes & Piano Sonata – Francesco Piemontesi«  du label Pentatone, d’ailleurs, ne se trouvait pas sur la table des nouveautés, mais était tout simplement rangé, et en tête, sur une étagère au rayon « Liszt«  ; je n’ai donc pas eu de peine à le dénicher…

Voici donc cet article efficace et très juste, « Franz Liszt et Francesco Piemontesi : des affinités qui coulent de source« , de Jean Lacroix :

Franz Liszt et Francesco Piemontesi : des affinités qui coulent de source

LE 17 SEPTEMBRE 2023 par Jean Lacroix

Franz Liszt (1811-1886) :

Études d’exécution transcendante S. 139 ; Sonate pour piano en si mineur S. 178.

Francesco Piemontesi, piano. 2021.

Notice en anglais et en allemand.

96.00.

Un album de deux CD Pentatone PTC 5187 052.

Depuis sa troisième place au Concours Reine Elisabeth 2007, remporté cette année-là par Anna Vinnitskaya, le pianiste suisse Francesco Piemontesi (°1983) a fait son chemin, ô combien ! Né à Locarno, il a étudié à Hanovre avec Arie Vardi, mais a aussi pu travailler avec Alfred Brendel, Murray Perahia ou Alexis Weissenberg. Crescendo a suivi son parcours de façon régulière (lire l’entretien avec Pierre-Jean Tribot du 21 octobre 2020 _ publié sous le titre « Francesco Piemontesi, pianiste réflexif et discophile« … _). Piemontesi a enregistré pour plusieurs labels (Avanti, Naïve, Claves), notamment des pages de Mozart, Debussy, Dvořak ou Schumann. Pour Pentatone, il a gravé des œuvres de Schubert, un « Bach Nostalghia », ou un programme qui regroupait Schoenberg, Messiaen et Ravel. Avec ce dernier label, il prolonge son exploration du répertoire de Liszt, entamée avec brio pour Orfeo en 2017 _ cf mes propres articles des 26 décembre 2018 et 6 et 27 juin 2019 auxquels je viens de donner ci-dessus les liens… _ par les deux premières Années de pèlerinage et Deux Légendes, deux albums élégants agrémentés par des DVD, dont un documentaire aux superbes images, signé par Bruno Monsaingeon. Le nouveau programme Pentatone est non seulement alléchant, il est aussi audacieux.

La genèse des Études d’exécution transcendante s’étend sur près de vingt-cinq ans, cinq lustres au cours desquels, au fil du temps, Liszt a creusé la technique, fait des choix et insisté sur le développement. La vision aboutit en 1851 à un résultat fascinant : ces douze pages sont devenues un redoutable exercice de virtuosité, nourri du bagage littéraire et poétique que le génie hongrois du piano a accumulé. Tout ici est de haut vol _ et pas seulementent l’exécution qu’a en donner l’interprète… _, des frénétiques et mystérieux Feux follets (n° 5), à une valeureuse Chasse sauvage (n° 8) aux rythmes syncopés, ou encore, aux Harmonies du soir (n° 11). C’est l’étude la plus célèbre du recueil, une véritable incarnation poétique remplie de paix, de bonheur spirituel, de cohérence contemplative qui fait penser à la plénitude lamartinienne ; une musique d’une grande pureté _ voilà. On n’oubliera pas non plus la quatrième étude, Mazeppa, dédicacée à Victor Hugo, magistrale _ oui _ évocation d’un poème des Orientales ; très dramatique, c’est la substance du futur poème symphonique du même titre, et d’une version pour deux pianos et à quatre mains. Avant la découverte de l’ensemble sous les doigts de Piemontesi, il faut aller en plage 11 du premier disque et s’enivrer de ces Harmonies du soir pour se persuader que le pianiste suisse, technicien impeccable, possède le sens de la couleur, la fluidité des accents habités, l’élégance généreuse et la capacité expressive, le tout mêlé à une concentration de jeu phénoménale _ tout cela est de la plus haute justesse.

En 1964, lorsqu’il écrivait sa biographie sur Liszt pour les éditions Seghers (n° 5 de la collection « Musiciens de tous les temps »), Alfred Leroy avait souligné à quel point les Études d’exécution transcendante sont redoutables pour ceux qui s’affrontent à ce monument d’une durée dépassant l’heure : Elles doivent être exécutées avec un art fait de sensibilité, de nuances, de demi-teintes habilement ménagées, de grandioses orchestrations et de colorations délicates. Point d’acrobaties spectaculaires et vaines, point d’inutiles et fausses apparences, mais une pénétration de tout ce que ces Études enclosent de raffinement et de subtilité _ oui. À cette ligne directrice, qui convient tout à fait _ parfaitement _ à la vision de Piemontesi, le musicologue aurait pu ajouter, s’il avait connu le Suisse, des qualités qui sont les siennes : l’art des contrastes qui apparaît dès le Prélude et le Molto vivace qui suit, le dépouillement tendre ou rêveur _ c’est là un trait de jeu très présent chez ce subtil et magistral interprète _ qui parcourt le Paysage (n° 3) ou la Vision (n° 6), l’atmosphère entre ombre et lumières, proche de l’improvisation _ oui _, qui saupoudre la Ricordanza (n° 9). Piemontesi invite l’auditeur à un parcours exaltant, avec un piano très présent, capté à Lugano au printemps 2021 dans l’Auditorium Stelio Molo de la Radio Suisse Italienne (RSI). Lorsque le voyage s’achève sur le Chasse-neige, ce tableau d’un lyrisme si parfait qui marque la fin d’une aventure vécue intensément avec un artiste à la sensibilité épanouie _ oui ! _, on éprouve une vraie tristesse à le quitter… On n’oublie pas les versions déjà historiques de Claudio Arrau, Lazar Berman, Alfred Brendel ou György Cziffra, pour ne citer qu’elles, ni des signatures plus récentes, celles de Bertrand Chamayou, Marie-Claire Le Guay, Vesselin Stanev ou Gabriel Stern. Mais la vision de Francesco Piemontesi ne peut que susciter d’absolus éloges _ parfaitement ! Notre plaisir d’écoute est de cette hauteur d’intimité et grandeur à la fois…

Autre monument, autre réussite, la Sonate en si mineur, achevée à Weimar le 2 février 1853, qui occupe seule le deuxième disque _ écouter et regarder aussi cette superbe prise vidéo (d’une durée de 29′ 35) de Francesco Piemontesi interprétant cette célèbre Sonate en si mineur en concert à Prague le 1er novembre 2020, au magnifique Rudolfinum ; le double CD Pentatone, lui, a été enregistré, 6 mois plus tard, à l’Auditorio Stelio Molo de la Radiotelevisione Svizzera (RSI) à Lugano en avril et mai 2021… La dimension introvertie _ assez stupéfiante ! _ avec laquelle Piemontesi entame _ et l’oreille et le goût doivent aussitôt s’y adapter !.. _ ce long propos met en place une architecture qui va peu à peu _ oui _ installer un climat où la virtuosité, la véhémence, la dynamique et la netteté _ elle est très importante, et m’enchante dans le jeu d’interprète ultra-exigeant envers le respect le plus grand de la partition qui est celui de Francesco Piemontesi… _ vont s’imposer. Cette musique à couper le souffle _ en effet _ prend sous les doigts du pianiste suisse un caractère qui allie la sidérante beauté plastique _ voilà _ imaginée par le génie lisztien à une tension qui ne se relâche pas _ voilà. Ce piano peut se nimber d’une grande pudeur _ oui, et tendresse _, comme se réclamer d’un appel à une dimension grandiose _ vers le sublime _ au sein de laquelle la démesure _ aussi _ se laisse libre cours. Mais Piemontesi n’oublie jamais, et c’est en cela qu’il nous séduit, de veiller à conserver une sonorité qui sait combiner le murmure (Andante sostenuto) à une intense réflexion _ oui. Il manie les plans sonores avec une habile science des contrastes _ jamais artificielle ni poussée _ et une noble sensibilité _ c’est essentiel ! _, qui va conclure la sonate comme si elle s’effaçait, à la manière d’un baisser de rideau.

Ici aussi, la discographie est riche. On chérit les grandes réussites d’Argerich, Arrau, Brendel, Cziffra, Horowitz et ses sorcelleries, Pogorelich, Pollini, Richter, Rubinstein trop oublié, Zimerman… Mais on s’attarde aussi à de plus proches de nous : Colom _ cet immense pianiste catalan que j’apprécie énormément (c’est lui qui, en 1995, m’a fait découvrir et adorer la merveilleuse musique à nulle autre pareille de Manuel Blasco de Nebra ; et écouter un Mompou aussi beau qu’interprété par Federico Mompou lui-même : cf notamment mon article « «  du 23 avril 2022…) _, Dalberto, Grosvenor, Hamelin, Hough ou Yundi Li. Francesco Piemontesi rejoint cette pléiade qualitative en servant _ voilà ! _ Liszt avec toute la passion et la grandeur qu’il mérite. Pour la petite histoire, on signalera que la notice de ce superbe _ oui, oui, oui _ double album est signée par Nike Wagner, arrière-arrière-petite-fille de Liszt et fille de Wieland Wagner _ en effet.

Son : 9  Notice : 7  Répertoire : 10  Interprétation : 10

Jean Lacroix

À nouveau,

une merveilleuse et indispensable réalisation discographique du décidément parfait, chaque fois, Francesco Piemontesi.

Ce mardi 19 septembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

Pour approcher et apprécier la singularité de l’art du chant de Benjamin Appl, un comparatif de l’art d’interpréter, sur la chanson du folklore traditionnel anglais « I will give my love an apple », qui ouvre le formidable « Forbidden Fruit » de Benjamin Appl et James Baillieu…

01août

Afin d’approcher ce qui fait la singularité marquante _ et très musicalement touchante _ de l’art du chant de Benjamin Appl,

 

je me propose ici un petit comparatif avec d’autres interprètes d’une chanson traditionnelle anglaise « I will give my love an apple » _ collectée dès 1906, dans le Dorset… _,

celle qui, précisément, fait l’ouverture de son formidable CD « Forbidden Fruit » (Alpha 952) _ cf le détail (et les écoutes) donné(es) en mon article d’avant-hier dimanche 30 juillet : « « … 

Voici donc à écouter ici, successivement, les interprétations de cette toute simple chanson traditionnelle du folklore anglais, « I will give my love an apple » :

Alfred Deller, avec Desmond Dupré, au luth, en 1955 (1′ 45),

Peter Pears, avec Julian Bream, à la guitare, en 1963 (1′ 53) l’adaptation pour voix haute et guitare de cette chanson traditionnelle du folklore anglais a été réalisée par Benjamin Britten entre 1956 et 1958, et publiée en 1961 _,

Robert Tear, avec Timothy Walker, à la guitare, en 1975 (1′ 46),

Philip Langridge, avec Carlos Bonell, à la guitare, en 1995 (1′ 20),

Andreas Scholl, avec Andreas Martin, au luth, en 1996 (1′ 46),

                            et avec Tamar Halprin, au piano, en 2012, (2′ 20),

et enfin Benjamin Appl, avec James Baillieu, au piano, en 2020 (1′ 31)…

Il me semble que l’interprétation dont, par son art du chant, s’approche le plus le baryton Benjamin Appl, en 2020 _ avec le piano de James Baillieu : tous deux sont nés en 1982 _,

est celle, bouleversante elle aussi, en sa simplicité expressive, du génialissime haute-contre Alfred Deller (Margrate, 31 mai 1912 – Bologne, 16 juillet 1979) _ avec le luth de Desmond Dupré (Londres, 19 décembre 1916 – Tonbridge, 16 août 1974)…

Chapeaux bien bas, en votre honneur, les artistes !

Ce mardi 1er août 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

 

Dans l’élan de l’exploration du legs discographique du merveilleux Lars Vogt (1970 – 2022), ce jour le CD « Mozart – Sonatas for Piano and Violin », paru en 2012…

26juil

Dans la poursuite de mon élan d’exploration du legs discographique du merveilleux Lars Vogt (1970 – 2022),

un élan entamé le 28 juin 2023, par mon article «  » à propos du CD « Beethoven Sonatas Op. 30 » de Lars Vogt au piano et Christian Tetzlaff au violon _ le CD Ondine ODE 1392-2 _,

et dans la continuité de mon article suivant, du 6 juillet 2023, « « , à propos du CD « Schumann Violin Sonatas » de Christian Tetzlaff au violon et Lars Vogt au piano _ le CD Ondine ODE 1205-2, paru en 2013 _,

il me faut ce jour venir me pencher sur le CD « Mozart – Sonatas for Piano and Violin« , de Lars Vogt au Piano et Christian Tetzlaff au violon, soit le CD Ondine ODE  124-2, paru en 2012 :

un CD tout aussi magnifique !!! _ car Mozart est bien tout entier là ! _ ;

et pour des œuvres _les Sonates pour Piano et Violon K. 454, K. 379 (373a) et K. 526 de Mozart…  _ un peu moins courues au disque _ et bien peu chroniquées alors, à leur parution en 2012, et même ensuite, par les médias…

Mozart :

la vie, le chant, l’élan, la fluidité, la lumière, la délicatesse, l’élégance dépourvue de la moindre mièvrerie, la grâce rayonnante même…

En la conversation enchantée de ces deux instruments sous les doigs vifs et clairs de ces deux interprètes-là :

Lars Vogt et Christian Tetzlaff…

Ce mercredi 26 juillet 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

En continuant l’exploration du legs discographique du merveilleux Lars Vogt (1970 – 2022) : le stupéfiant CD « Schumann Violin Sonatas » de Lars Vogt et Christian Tetzlaff, paru au mois de septembre 2013…

06juil

En poursuivan l’élan d’enthousiasme _ et de curiosité _ de mon article du 28 juin dernier « « ,

je me suis très vite aperçu que dans ma collection personnelle des CDs Ondine de Lars Vogt _ qui sont au nombre de 15 à avoir été enregistrés, entre la séance première du 27 juin 2011, à Brême (pour les deux premiers parus pour le label Ondine, les CDs Ondine ODE 1204-2 (Mozart) et ODE 1205-2 (Schumann), et la dernière séance du 5 novembre 2021, à Paris (pour le tout dernier paru pour le label Ondine, le CD Ondine ODE (Mendelssohn)… _manquaient encore _ sur les 17 CDs Ondine de Lars Vogt parus _ les deux premiers enregistrés par Lars Vogt _ avec Christian Tetzlaff, les deux _ pour le label Ondine.

Soient le CD des « Sonatas for Piano and Violin » de Mozart (ODE 124-2), ainsi que le CD des « Violin Sonatas » de Schumann (ODE 125-2),

qui ont été _ et je m’en suis tout de suite avisé _ enregistrés ensemble, mais toutefois _ et pour des raisons que j’ignore _ en deux temps, à Brême :

une première session avec la sonate K. 454 de Mozart et la sonate n°2 , Op. 121, de Schumann) s’est en effet déroulée du 27 au 30 juin 2011 ;

puis une seconde session avec les sonates K. 379 et K. 526 de Mozart et les sonates n°1, Op. 105 et n°3, WoO 2, de Schumann s’est déroulée du 23 au 25 avril 2012 _ ces enregistements de 2011 et 2012 étant parus en 2 CDs séparés, l’un, le CD Mozart ODE 1204-2, au mois d’octobre 2012, et l’autre, le CD Schumann ODE 1205-2, au mois de septembre 2013.

Aujourd’hui,

je désire simplement me faire d’abord l’écho de l’enchantement très vif éprouvé immédiatement à l’écoute de ce CD Schumann ODE 1205-2 _ paru, donc, au mois de septembre 2013, mais qui avait jusqu’ici échappé à mon  attention…

Lars Vogt et Christian Tetzlaff y sont tout simplement _ et pour l’éternité _ merveilleux !

 

Avec, pour le plaisir d’en partager ici l’écoute,

ce podcast (d’une durée de 13′ 35) du « I. Ziemlich lang sam – lebhaft« , de la Sonate pour violon n°2, Op. 121, de Robert Schumann, mis en ligne par Ondine le 24 septembre 2013 ;

suivi de ce podcast (de 5’18) du « III. Leise, einfach » de cette même Sonate n°2, Op. 121 ;

ainsi que ce podcast (d’une durée de 7′ 12) du « I. Ziemlich langsam – lebhaft » de la Sonate n°3 WoO 2 ;

suivi de ce podcast (de 2′ 23) du « II. Intermezzo: Bewegt, doch nicht zu schnell » de cette même Sonate n°3 Wo02 ;

et ce podcast (de 6′ 47) du « IV. Finale: Markirtes, ziemlich lebhaftes Tempo » de cette même Sonate n°3 WoO2.

Et avec aussi,

mais cette fois seulement pour l’anecdote,

cette vidéo _ d’une durée de 6′ 11 _, de l’incident d’un mémorable « page-turning disaster » lors d’un concert de Lars Vogt et Christian Tetzlaff, à la Sendesaal de Brême avec l’intervention de la merveilleuse Anna Reszniak en tourneuse de pages de luxe ; Anna Reszniack étant aussi l’épouse de Lars Vogt… _, lors de l’interprétation du Scherzo composé par Johannes Brahms pour la fameuse « F.A.E. Sonate«  WoO 2 dédiée à Joseph Joachim (dont les 4 mouvements sont l’œuvre d’Albert Dietrich, pour le premier, Robert Schumann, pour le second et le quatrième, et Johannes Brahms, pour le troisième

_ cette « F.A.E. Sonate«  fut interprétée pour la première fois au domicile de Robert et Clara Schumann le 28 octobre 1853, par Clara Schumann au piano et Joseph Joachim, au violon ; et à ces deux mouvements pour cette « F.A.E. Sonate«  offerte à Joseph Joachim, Robert Schumann en a très vite adjoint deux autres, formant cette désormais cataloguée « Sonate n°3 WoO 2«  de Robert Schumann, qui fut achevée de composer dès le 1er novembre 1853 ; mais qui, un peu étrangement, n’a pas été retenue dans le catalogue des œuvres de Robert Schumann réalisé conjointement par Clara Schumann et Johannes Brahms ;

de fait, cette Sonate pour violon et piano n°3 de Robert Schumann, cataloguée désormais sous l’appellation de « Sonate n°3 WoO 2« , n’a été que très tardivement publiée : en 1956…

Quant au Scherzo de Brahms formant le troisième mouvement de l’initiale « F.A.E. Sonate » composée pour Joseph Joachim en 1853, il figure bien, en conclusion, à la toute dernière plage, la plage n° 11, du merveilleux CD Ondine ODE 1284-2 « Brahms The Violin Sonatas«  de Christian Tetzlaff et Lars Vogt, enregistré à la Sendesaal de Brême du 24 au 26 août 2015 ; mais ce podcast-ci de ce CD Ondine ODE 1284-2 ne comporte hélas pas ce Scherzo du 3ème mouvement de la « F.A.E. Sonate« , qui conclut pourtant le CD Ondine ODE 1284-2 pour accéder ici à ce Scherzo de Brahms interprété par Christian Tetzlaff et Lars Vogt, il faut donc se reporter à la vidéo de la conclusion du concert donné par les mêmes Christian Tetzlaff et Lars Vogt au mois d’octobre 2015, également à la Sendesaal de Brême, avec la violoniste et chef d’orchestre Anna Reszniak en tourneuse de page de luxe : un bien précieux document-vidéo…

 

Ce jeudi 6 juillet 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

Chercher sur mollat

parmi plus de 300 000 titres.

Actualité
Podcasts
Rendez-vous
Coup de cœur