Archives de la catégorie “Littératures”

Aux enchères, à Bordeaux, un « Plutarque » de Montaigne vendu 369 000 Euros…

17oct

Pour trouver la conclusion _ chiffrée ! _ à mon article du 8 octobre dernier « « ,

et en parallèle _ indicatif _ à mon article d’hier « «  _ et en sachant que 10 millions de dollars correspondent à 8 536 066 Euros _,

voici un article de Sud-Ouest paru le 16 octobre,

et intitulé « Bordeaux : un livre ayant appartenu à Montaigne vendu 369 000 Euros« ,

donnant le montant atteint _ 369 000 Euros _ par les enchères

pour la vente d’un exemplaire des « Vies parallèles des hommes illustres » de Plutarque ayant fait partie _ au second étage de son extraordinaire tour _ de la bibliothèque de Montaigne :

Bordeaux : un livre ayant appartenu à Montaigne vendu 369 000 euros

Lecture 2 min
Bordeaux : un livre ayant appartenu à Montaigne vendu 369 000 euros
Le livre convoité était issu de la bibliothèque de Montaigne. © Crédit photo : Emmanuel Commissaire
Par Emmanuel Commissaire
Publié le 16/10/2020
Mis à jour à 17h39

Jeudi 15 octobre, un ouvrage de Plutarque ayant été la propriété de l’écrivain de Dordogne _ au château de Montaigne… _ a été vendu aux enchères.

Il n’a pas chanté « I will survive », l’hymne des Bleus en 1998. Cela ne se fait pas. Ou alors dans sa tête. Un hôtel des ventes n’est pas un stade de football. Il n’empêche qu’il y a des points communs : la tactique, le suspense, la joie du vainqueur.

>> À lire aussi. Bordeaux : un rare ouvrage ayant appartenu à Montaigne aux enchères

« On laisse partir la salle et on part au dernier moment », dévoile celui qui a eu le dernier mot. Il s’agit d’un intermédiaire, venu spécialement de Paris. Amoureux fou des livres, c’est un expert des plus pointus et, au vu de ce qui s’est passé, jeudi 15 octobre, à Bordeaux, un as de la stratégie. Assis discrètement dans un coin, il a longtemps observé sans rien dire.

Mise à prix : 30 000 euros

Il y avait 85 lots avant d’arriver à l’objet star de cette vente aux enchères, « Les vies des hommes illustres grecs et romains », un ouvrage de Plutarque issu de la bibliothèque de l’écrivain Michel de Montaigne, né _ à Bordeaux, rue de La Rousselle… _ et mort en Dordogne _ en son château de Montaigne _ au XVIe siècle _ bonjour la précision ! _, et portant la signature, ainsi que cinq annotations, de l’auteur des « Essais ».

« On laisse partir la salle et on part au dernier moment »

Après une heure et demie d’achats littéraires oscillant entre 30 et 1 700 euros, pour une œuvre de Francis Bacon _ lequel ? le philosophe ? ou bien le peintre ? _, le commissaire-priseur Éric Lacombe, pince-sans-rire, est passé, si l’on peut dire, aux choses sérieuses : « On va commencer gentiment à 30 000 euros ». Aucune comparaison avec les mises à prix précédant cet « exemplaire qui n’a vraisemblablement pas quitté l’Aquitaine ».

D’entrée ont été offerts 40 000 euros. Par sauts de 5 000 euros, c’est monté jusqu’à 100 000 euros, puis au même rythme jusqu’à 155 000 euros, avec un palier à 170 000. Tout s’était passé _ exclusivement _ par téléphone. Les clients intéressés donnaient à cet instant leurs ordres à distance. Aucun n’était présent _ voilà  _ dans l’hôtel des ventes des Chartrons. Mais d’un coup, d’autres acteurs sont entrés dans le jeu, en particulier deux présents physiquement. « Oh, si près du but… », a murmuré délicatement le maître de cérémonie à 300 000 euros, histoire sans doute de faire repartir ce duel.

Mais après quatre minutes et demie de suspense digne d’une séance de tirs au but, le coup de marteau a retenti : « Adjugé  ! ».

« Le livre redisparaît… »

On n’en saura pas plus. Secret professionnel. Le vainqueur de l’enchère n’opérait pas pour lui-même. « Silence absolu » sur le profil de l’acheteur. Même pas sa nationalité _ même pas…

Très émue à titre personnel, la personne qui _ dans la salle des vente des Chartrons _ a enchéri pour lui pouvait quand même laisser filtrer sa fibre littéraire : « Le livre disparaît. Il a émergé pendant peu de temps. Il redisparaît ». Un tour de magie à 369 000 euros. « C’est un prix juste. C’est beaucoup d’argent, mais c’est ce que ça vaut. »

Un chef d’œuvre d’humour involontaire…

Ce samedi 17 octobre, Titus Curiosus – Francis Lippa

Un précieux (et rare) exemplaire d’un recueil de 36 pièces de Shakespeare, de 1623, vendu aux enchères à New-York

16oct

Hier, 15 octobre,

Le Figaro a annoncé « Un recueil de pièces de William Shakespeare vendu 10 millions de dollars aux enchères » organisées par la maison Christie’s de New-York.

Voici l’article, informatif :

Un recueil de pièces de William Shakespeare vendu 10 millions de dollars aux enchères

L’exemplaire, publié en 1623, est désormais l’une des œuvres littéraires les plus chers jamais vendues.

Par Le Figaro et AFP agence
Publié hier à 09:17, mis à jour hier à 10:06
Le livre a permis à des pièces majeures, comme Macbeth, de subsister.
Le livre a permis à des pièces majeures, comme Macbeth, de subsister. CARLO ALLEGRI / REUTERS

Il était estimé entre 4 et 6 millions de dollars, son acquéreur a finalement déboursé près du double pour se l’offrir. Un exemplaire du premier recueil de pièces de William Shakespeare a été vendu pour 9,97 millions de dollars lors d’enchères organisées par la maison Christie’s de New York.

Publié en 1623, sept ans après la mort de l’auteur _ le 23 avril 1616, à Stratford-upon-Avon _, le livre est le résultat du travail de collecte de deux amis du dramaturge anglais, John Heminge et Henry Condell. Il contient 36 pièces, dont certaines majeures, qui auraient vraisemblablement été perdues sans cette publication («Macbeth» et «La nuit des rois»). Il est considéré par certains comme la plus grande œuvre littéraire en langue anglaise. L’exemplaire vendu mercredi, qui fait partie des six aujourd’hui détenus par des collectionneurs privés, a établi un nouveau record pour un ouvrage littéraire. Plusieurs livres ont déjà été au-delà, notamment le Codex Leicester de Léonard De Vinci, qui a été acheté 30,8 millions de dollars par Bill Gates en 1994, un record. Mais il s’agit de travaux de recherche, comme le Codex, d’ouvrages religieux, de livres illustrés ou de documents officiels _ et pas d’une œuvre littéraire…

Le mois dernier, un exemplaire rarissime de la pièce Les Deux Nobles Cousins – écrite conjointement par William Shakespeare et John Fletcher en 1613 – a été retrouvé en Espagne. Le livre, publié _ lui _ en 1634, était classé sans étiquette _ c’est-à-dire égaré… _ au milieu d’ouvrages de philosophie _ parmi lesquels personne n’avait pensé jusqu’alors aller le rechercher (et dénicher)… _, dans un rayon de la bibliothèque du Collège royal écossais de Salamanque.

Dont acte.

Ce vendredi 16 octobre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Issu de la bibliothèque de Montaigne, un exemplaire jusqu’ici inconnu (et unique) des « Vies parallèles des hommes illustres » de Plutarque, mis en vente à Bordeaux jeudi prochain 15 octobre

08oct

La lecture matinale du site de « Sud-Ouest » m’apprend la très prochaine _ jeudi 15 octobre _ mise en vente aux enchères à Bordeaux _ à l’Hôtel des vente des Chartrons, à 14 heures _ d’un exemplaire jusqu’ici non répertorié (et unique, au moins à ce jour), et, surtout, annoté de la main de Montaigne, des Vies parallèles des hommes illustres de Plutarque…

Ainsi que la tenue d’une conférence de la Société des Bibliophiles de Guyenne, autour de ce très précieux ouvrage, lundi 12 octobre prochain, à 17 heures, à l’Auditorium de la Bibliothèque municipale de Bordeaux,

avec la participation (sous réserve) d’Alain Legros, membre du Centre d’études supérieures de la Renaissance de Tours et co-responsable de l’édition électronique des « Essais« 

_ Alain Legros, né en 1947, est aussi, et d’abord, l’auteur de ces inestimables livres-bibles pour les montanistes, que sont, aux Éditions Klincksieck, paru en 2000, son magnifique et extraordinaire Essais sur poutres : peintures et inscriptions chez Montaigne ; et, aux Classiques Garnier, paru en 2010, son absolument indispensable Montaigne manuscrit;

cf mon article du 30 septembre 2011 :  _,

d’Olivier Guerrier, professeur à l’université de Toulouse,

et de Mathieu Gerbault, conservateur à la Bibliothèque municipale de Bordeaux…

Voici donc cet article paru hier soir, sous la signature d’Isabelle de Montvert-Chaussy, sur le site de Sud-Ouest,

intitulé « Enchères : un rare ouvrage ayant appartenu à Montaigne mis en vente » :

Enchères : un rare ouvrage ayant appartenu à Montaigne en vente

Lecture 1 min
Enchères : un rare ouvrage ayant appartenu à Montaigne en vente
Un restitution en 3D de la « librayrie » de Montagne a été réalisée par Archéovision. © Crédit photo : ARCHEOVISION
Par Is. de Montvert-Chaussy
Publié le 07/10/2020
Mis à jour à 19h34

Plutarque _ ca. 46 – ca. 125 _ est l’auteur le plus cité _ dont acte ! _ des “Essais” de Montaigne. Pourtant cet exemplaire des “Vies parallèles des hommes illustres”, dans une traduction d’Amyot, était jusque-là inconnu _ voilà ! _ et n’apparaissait pas dans la maigre liste de 105 livres connus de sa bibliothèque _ à ce jour ! _ comme, d’ailleurs, aucune œuvre de Plutarque _ ce qui ne laisse pas d’étonner tout lecteur un peu assidu de Montaigne…

Des annotations de Montaigne

Sud Ouest
 …
© Crédit photo : scp bordeaux chartrons enchères

La maison de ventes Blanchy-Lacombe présentera dans sa vente du 15 octobre (14 h) ce rare volume portant la signature et plusieurs annotations de la main de Montaigne. La dernière apparition d’un ouvrage ayant appartenu à Montaigne est un exemplaire de Térence, réapparu en 2009 alors qu’il avait été « perdu de vue » depuis 1938. Plutarque a un intérêt particulier car il crée un lien _ en effet passionnant ! _ entre les œuvres de Montaigne _ 1533 – 1592 _ et de Shakespeare _ 1564 – 1616 _, le second ayant pressenti _ immédiatement ! _ l’importance de Plutarque en en lisant les ”Essais”. L’influence de Plutarque sur Montaigne, est telle qu’une thèse (Isabelle Konstantinovic _ Montaigne et Plutarque, aux Éditions Droz, en 1989 _) a même été consacrée au répertoire des emprunts à cet auteur qu’il considérait comme un témoin de la sagesse antique.

 …

Une conférence lundi 12 octobre

La Société des bibliophiles de Guyenne organise une _ très prometteuse _ conférence autour de cet exemplaire, avec la participation (sous réserve) d’Alain Legros _ un montaniste essentiel  ! _, membre du Centre d’études supérieures de la Renaissance de Tours et coresponsable de l’édition électronique des « Essais« , d’Olivier Guerrier, professeur à l’université de Toulouse, et de Mathieu Gerbault, conservateur à la Bibliothèque municipale de Bordeaux, dans l’auditorium de cette bibliothèque le lundi 12 octobre à 17 h.


Dans cette même vacation, 13 exemplaires des “Essais”, dont la seconde édition, éditée par Simon Millanges, publiée au retour de son voyage en Italie, plus soignée que la première édition et rare. Estimation : 20 à 30 000 euros.

Jeudi 15 octobre à 14 h à l’hôtel des ventes des Chartrons et en live sur www.interencheres.com. Exposition la veille de 14 h à 17 h et le jour même de 9 à 10 h. Rens. 05 56 11 11 91.

Sud Ouest
 © Crédit photo : scp bordeaux chartrons enchères

Ce jeudi 8 octobre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

 

Avoir lu « Refus de témoigner » de Rüth Klüger

07oct

Aujourd’hui,

nouvelle _ un peu froide _ de la disparition, à l’âge de 88 ans, de Rüth Klüger,

dont j’avais lu, à sa parution en traduction française, chez Viviane Hamy, en 2010,

Refus de témoigner.

Voici l’article de ce jour du Figaro,

sur cette disparition de l’auteur d’un livre qui nous a marqué :

Mort de Ruth Klüger, romancière et survivante de la Shoah, à 88 ans

DISPARITION – L’auteur américaine d’origine autrichienne est décédée en Californie, a-t-on appris ce mercredi 7 octobre auprès de sa maison d’édition viennoise.

Par Le Figaro avec AFP
Publié il y a 5 heures
«Ce n'est pas à nous, survivants, d'être responsables du pardon», disait Ruth Klüger, survivante des camps, qui vient de s'éteindre à 88 ans.
«Ce n’est pas à nous, survivants, d’être responsables du pardon», disait Ruth Klüger, survivante des camps, qui vient de s’éteindre à 88 ans. JOHN MACDOUGALL / AFP

Née en octobre 1931 à Vienne dans une famille juive, Ruth Klüger avait été déportée alors qu’elle n’avait pas 11 ans au camp de concentration de Theresienstadt, dans le protectorat de Bohême-Moravie dépendant de l’Allemagne nazie, aujourd’hui Terezin en République tchèque.

À 14 ans, elle rejoint Auschwitz, en Pologne, avant d’être envoyée dans un autre camp où elle fut victime du travail forcé. Immigrée aux États-Unis à l’âge de 15 ans, elle fera ses études à New York et à l’université de Berkeley en Californie.

Devenue professeur, spécialiste de littérature germanique, elle se consacra d’abord à ses travaux de recherche, et ce n’est qu’après un grave accident de la route en Allemagne dans les années 1980 qu’elle évoqua son expérience des camps.

Dix ans plus tard _ en 1990 donc _, l’universitaire publiait Refus de témoigner, où elle portait un regard critique sur le travail de mémoire. «La torture n’abandonne pas le torturé, jamais, de toute sa vie», écrivait-elle.

À la presse autrichienne, Ruth Klüger avait confié son «ressentiment pour une injustice qui ne pourra jamais être réparée». «Ce n’est pas à nous, survivants, d’être responsables du pardon», disait-elle.

Dans un discours émouvant devant le Bundestag à Berlin, elle avait salué en janvier 2016 la politique «héroïque» de la main tendue aux réfugiés d’Angela Merkel.

 …

«Ce pays qui, il y a 80 ans, fut responsable des crimes les plus atroces du siècle, a aujourd’hui gagné les applaudissements du monde entier grâce à l’ouverture de ses frontières et la générosité avec laquelle il a pris et prend encore en charge le flot de réfugiés syriens et d’autres nationalités», avait lancé l’intellectuelle.

Ruth Klüger avait reçu de nombreux prix littéraires, dont le prix Mémoire de la Shoah en 1998, ainsi qu’en 2011 le prix autrichien Theodor Kramer, qui récompense des écrivains en résistance ou en exil.

«Il est rare de rencontrer une personne avec autant de magnétisme», lui a rendu hommage son éditeur Zsolnay dans un communiqué.

 

 

Alberto Moravia : 30 ans déjà, le 26 septembre 1990 ; un homme et un auteur d’une magnifique exigence de lucidité et liberté

30sept

Un article du Corriere della Sera _ du samedi 26 septembre dernier _ intitulé Moravia alla 30 anni dalla morte : « Scrittore indispensabile »

vient me rappeler la disparition, il y a 30 ans déjà, le 26 septembre 1990, du grand Alberto Moravia

(Rome, 28 novembre 1907 – Rome 26 septembre 1990).

et vient rafraîchir mes souvenirs tout frais

_ cf mes articles des 21 août, 22 août , 23 août, 24 août, et 19 septembre derniers :

 

 ;

 ;  ;  ;

et _

de ma lecture, le mois dernier, du passionnant Piccola de Rosita Steenbeek,

que vient de traduire René de Ceccatty, aux Éditions Vendémiaire ;

et dans lequel Alberto Moravia (Alberto Pincherle) est très présent dans le récit de souvenirs de la narratrice

sous le nom d’Edoardo Pincrini.

Sans oublier, bien sûr, l’indispensable biographie d’Alberto Moravia, par René de Ceccatty,

parue aux Éditions Flammarion en 1990.

Voici cet article d’anniversaire-hommage, sous la plume d’Ida Bozzi :

Moravia a 30 anni dalla morte: «Scrittore indispensabile»

Nuovi titoli e un’eredità attuale dell’autore che visse l’Italia e la seppe interpretare _ voilà qui est magnifiquement bien vu. Antonio Debenedetti : era la cultura. Giorgio Montefoschi : giovani, leggete «La ciociara»

Moravia a 30 anni dalla morte: «Scrittore indispensabile»
Alberto Moravia (1907-1990) nella spiaggia di Sabaudia

Sono passati trent’anni, oggi _ samedi 26 septembre _, dalla morte di Alberto Moravia, testimone due volte del cambiamento dell’Italia novecentesca : una volta per averlo attraversato tutto — gli umori e le inquietudini del Paese prebellico, la fuga dopo l’8 settembre 1943 vicino a Fondi con Elsa Morante, le trasformazioni del Dopoguerra, le stagioni luminose o buie della società italiana, fino al 26 settembre 1990, quando Moravia morì — e un’altra volta per avergli dato nuovo corpo _ voilà , en son imageance singulière d’artiste extrêmement lucide ! _ in romanzi e racconti.

 Nelle immagini: i titoli di Alberto Moravia, editi da Bompiani per il trentennale: «Racconti 1927-1951» (pp. 520, euro 18)
Nelle immagini : i titoli di Alberto Moravia, editi da Bompiani per il trentennale : «Racconti 1927-1951» (pp. 520, euro 18)

In questi anni, anche per l’avvicinarsi del trentennale, sono tornate in libreria per Bompiani molte opere dello scrittore : quest’anno I racconti (1927-1954), il quinto volume delle Opere e la raccolta di scritti L’America degli estremi, che offre lo sguardo del Moravia «inviato» e poi scrittore sulla società d’Oltreoceano. Ma qual è oggi l’attualità e la forza dell’autore di Agostino, de Gli indifferenti, de Il conformista, in un Paese che non è più lo stesso del secolo scorso e in un momento storico in cui ogni equilibrio geopolitico (ma anche ogni equilibrio interiore, e Moravia fu pure un grande indagatore dell’interiorità) è mutato rispetto al Novecento ? Che cosa può incontrare, oggi, un giovane che legga le opere di Moravia (e quali) ?

«L’America degli estremi» (in libreria dal 7 ottobre, pp. 528, euro 22)
«L’America degli estremi» (in libreria dal 7 ottobre, pp. 528, euro 22)

«Se Roma è stata negli anni dopo la Seconda guerra mondiale — inizia lo scrittore Antonio Debenedetti — una capitale culturale mondiale come Londra e Parigi, si deve a Moravia e al suo modo anche fisico di esserci, di essere presente. Era presente quando si parlava di cinema, di arte, anche di musica». Debenedetti ricorda quella presenza, lo rivede nelle case romane, in cui «si entrava — racconta — e c’era Gadda vicino alla porta, Ungaretti in una stanzina più in là, e poi Moravia : ci si sentiva in mezzo agli dèi»; e rammenta l’edizione del premio Strega del 1952, «che aveva due grandi concorrenti quell’anno : Moravia e Gadda. Hanno votato Moravia, perché per tutti loro lui era, in quel momento, la cultura italiana».

 «Opere/5» (pp. 1650, euro 50). Bompiani sta preparando una serie di iniziative sull’autore in collaborazione con il Fondo Moravia
«Opere/5» (pp. 1650, euro 50). Bompiani sta preparando una serie di iniziative sull’autore in collaborazione con il Fondo Moravia

«Moravia è indispensabile — continua Debenedetti — per capire la Roma del Dopoguerra : lui è riuscito a scrivere nei suoi racconti il mutamento dei volti, delle facce delle ragazze romane, dalla Liberazione a quando, pochi anni dopo, le vedevi passare sul sedile della Vespa con i capelli al vento».
Proprio i Racconti romani (1954) restano secondo Debenedetti un testo insostituibile anche per i giovani del post-pandemia, e ne spiega il motivo : «I ragazzi di oggi, che sono impegnati ad esempio nella battaglia di questi giorni per andare a scuola, stanno comprendendo tutto quello che hanno fatto le generazioni precedenti. Si sentono impegnati contro il virus, che è come un esercito d’occupazione, che avanza con il passo dei soldati : questa generazione vuol sentirsi degna di questa battaglia, dicono : “Noi combattiamo il virus”. Questo è importantissimo : e Moravia, il Moravia dei Racconti romani, ha dato il senso di una società che muta e che deve lottare per mutare».

Sull’attualità dell’opera moraviana, lo scrittore Giorgio Montefoschi risponde, sulle prime, con una battuta : «Siamo quasi tutti non attuali, in questo momento, quindi anche Moravia…». Poi continua : «Guardandomi intorno, vedo che la letteratura di oggi è molto “commissariata”. Cioè, è attuale se nel tuo romanzo hai un commissario di pubblica sicurezza. Quindi dico : Moravia è un grande scrittore. Punto».

E per quanto riguarda il romanzo che i giovani di oggi dovrebbero leggere, Montefoschi non ha dubbi, indica in primo luogo un’intera stagione della produzione moraviana (dall’esordio nel 1929 fino al 1960) e poi si ferma con sicurezza su un titolo : «Oltre a Gli indifferenti, e a tutte le altre opere di Moravia fino a La noia, io consiglio in particolar modo la lettura de La ciociara, romanzo bellissimo cui deve molto La Storia di Elsa Morante. Perché devono leggerlo ? Perché qui i giovani possono trovare un grande racconto della guerra, la storia di questa madre e di sua figlia, trovano un’epoca che non è tanto lontana dalla nostra, e soprattutto trovano un bel romanzo. Non trovano, invece, il commissario…».

Un riche et très intéressant article,

qui marque bien l’importance, aujourd’hui, pour les Italiens et en Italie,

de l’œuvre _ tant d’essais (et d’articles) que de romans _ qu’a laissée Alberto Pincherle,

ou plutôt l’auteur qu’est devenu, par son travail inlassable d’imageance lucide, Alberto Moravia.

On aimerait bien que les médias français de 2020

offrent aux Français d’aujourd’hui, et en France,

des articles de cette lucidité-là ;

à destination, aussi, des lecteurs de journaux aujourd’hui,

et tout particulièrement ceux des jeunes générations : apprendre à vraiment mieux comprendre le présent, comme le passé _ pour mieux construire l’avenir _, est tellement capital

pour notre liberté !

Ce mercredi 30 septembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

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