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Entre recherche de la vérité et souci de la délicatesse : en préparant un article sur « Mes années japonaises » de René de Ceccatty

19avr

Désirant que l’article que je vais écrire sur Mes années japonaises de René de Ceccatty _ le livre est à paraître le 2 mai prochain au Mercure de France _soit à peu près à la hauteur de celui que j’ai composé pour Enfance, dernier chapitre

j’en suis à ma quatrième relecture minutieuse de ces Années japonaises de René de Ceccatty.
Et je trouve que la personne de Ryôji _ de leur rencontre au mois de mai 1978, à leur séparation en juillet 1994, puis la fin de leur collaboration, en 2014 ; Ryôji étant rentré au Japon en 2011
y est un peu (trop ?) escamotée ;
Ryôji étant plutôt caractérisé ici par quelques (très brefs) épisodes de son ironie un peu froide _ mais non agressive _ à l’égard de son ami René
que par des éléments sentimentaux de leur attachement réciproque durable de plus de quinze années, de 1978 à 1994 _ sans compter la continuation de leurs travaux communs de traduction, jusqu’en 2014.
C’est d’ailleurs une des principales raisons de cette quatrième relecture de ma part : et bien des choses _ tapies dans des détails _ m’échappent probablement encore…
Et je me demandais aussi pourquoi _ hormis un persistant et répété masochisme, peut-être _ René avait quitté si brutalement Ryôji, en 1994, pour sa si calamiteuse histoire avec Hervé, comme cela est narré dans Aimer
Tout cela, René de Ceccatty le laisse ici à nouveau dans le flou… Il ne s’y attarde pas.
Je comprends donc les irritations que pourrait éprouver Ryôji Nakamura à la lecture de ces Années japonaises de René de Ceccatty,
qui sont aussi et d’abord, et profondément, Les années Ryôji de René !!!
Lire vraiment René de Ceccatty
exige toujours une attention patiente et sans relâchement aucun : un mot unique au sein des volutes d’une phrase développée pouvant constituer une clé décisive de l’intelligence du réel vécu évoqué… Mieux vaudrait ne pas le manquer…
Et j’aime que la sagacité du lecteur soit ainsi un peu rudement _ par jeu avec le lecteur, ainsi provoqué à la vigilance, et sans la moindre lourdeur, évidemment ! _ sollicitée !!!
Montaigne agissait ainsi, lui aussi ! « Indiligent lecteur, quitte mon livre ! », prévenait-il en ouverture ironique de ses Essais...
Et cela, alors que la mère de René, confidente particulièrement lucide, était très critique sur les situations amoureuses à éviter :
notamment à propos de ses propres sœurs Solange et Colette.
René l’avait bien souligné _ probablement trop rétrospectivement pour lui-même. 
D’où un assez persistant sentiment de culpabilité…
Je peux donc fort bien comprendre ce que pourrait être le point de vue de Ryöji Nakamura lecteur aujourd’hui de ces Années japonaises de René de Ceccatty ; qui sont pour beaucoup aussi ses Années Ryôji


Ryôji rejoindrait ainsi le point de vue du Raphaël réel parvenant à faire retirer de la parution, in extremis, Un Père, qui livrait son portrait même crypté et flouté.
Même si ce Raphaël réel demeure in fine assez épisodique et peu profond _ me semble-t-il _ au sein du parcours de René de Ceccatty ; à la différence, précisément, de Ryôji Nakamura…
Et même dans la saga d’Hervé, ouverte par Aimer, René s’est efforcé de flouter le mieux possible les personnes réelles qu’il évoque ;
et il faut bien de la ténacité un peu sagace pour parvenir à percer à jour pas mal de ces floutages…
Il n’empêche, les années japonaises de René sont, via (et très fondamentalement) la personne de Ryôji, les Années Ryôji de René de Ceccatty.
Alors, il me semble que René de Ceccatty expose le moins possible _ comme il le fait aussi de son frère Jean dans Enfance _ la personne même de Ryôji ;
et de toutes les façons, la longue collaboration suivie (ne serait-ce que par leurs traductions) de René de Ceccatty avec Ryôji Nakamura, est suffisamment publique ;
sans compter ce qui transparaît aussi déjà de lui à travers bien des romans matinés de romanesque de René ;
ainsi qu’à travers la saga de Hervé, du moins son premier volume, Aimer.
Déjà là, la rupture avec Ryôji avait été assez étrangement _ pour le lecteur, du moins _ escamotée…
A nul moment la personne de Ryôji n’y avait été surexposée ; au contraire son nom seulement pouvait apparaître, à l’occasion,
mais vraiment très rarement sa personne, qui était floutée.
Ici, forcément, il est bien difficile de se taire totalement sur Ryôji, personne-pivot tout au long de ces années japonaises – années Ryôji de René de Ceccatty : au Japon, dans le Devon, à Paris et à Brosses…
Ainsi Ryôji demeure-t-il quasiment transparent aux yeux du lecteur : d’où mon point de vue premier…
René de Ceccatty a été vraiment très discret sur lui ; et leur attachement…
C’est toujours la vérité _ la plus honnête _ du réel que recherche en son écriture rétrospective de sa vie, René de Ceccatty,

puisque la mission de fond qu’il conçoit de l’écriture et de la littérature est celle-là 
(par le style singulier le plus adéquat possible à la vérité de ce réel vécu à laquelle l’écriture et la littérature seules permettent, par-delà le temps écoulé, d’essayer d’atteindre vraiment,
et avec la plus grande finesse du rendu des sensations éprouvées alors, 
au-delà de la banalité des clichés sur les situations communément partagées : des lieux communs au sens propre…) ;

et toujours avec la plus grande délicatesse possible, afin de ne pas blesser ceux qui s’y reconnaitraient (ou reconnaîtront) à la lecture
de ce à quoi René de Ceccatty est parvenu à cerner et développer dans le détail subtil et magnifique de sa remémoration de ce vécu passé.
Et toujours René de Ceccatty, auteur, recherche la plus juste balance possible entre le souci de la vérité et celui de la délicatesse…
À suivre…
Ce vendredi 19 avril 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Admirables variations sur la grisaille (de grès) du pays de Brive : la transfiguration du « Lundi » de Pierre Bergounioux

01avr

En 42 pages à peine,

Lundi de Pierre Bergounioux _ qui paraît aux Éditions Galilée _

résume, une nouvelle fois,

et admirablement,

en une magnifique concision,

la métamorphose _ ou métempsycose, le mot est prononcé _ de son esprit,

au sortir de toutes ces longues années passées

au milieu de _ dans _ la grisaille _ poissante _ du pays de grès de Brive,

grisaille tout particulièrement sensible

_ et c’est sur les nuances extra-fines de cette sensibilité exacerbée

que fait merveille l’écriture prodigieuse,

absolument vierge du moindre pathos,

de Pierre Bergounioux _

le lundi.

 

Le lundi, le jour de fermeture des commerces à Brive,

quand le garçon se rendait à _ ou revenait de _, comme chaque jour de classe,

son lycée :

quatre fois une demi-heure pour parcourir les deux kilomètres

entre chez lui et le lycée…

Mais c’est précisément la différence

du lundi

avec les autres jours de classe,

qui rendait sensible,

en en accentuant,

par contraste avec le ressenti des autres jours,

la qualité _ ici décortiquée, comme à la plume plongée dans l’encrier, sur la page _ des sensations éprouvées.

Et c’est la variation

qui précipite

_ poétiquement comme chimiquement (quant à l’alchimie complexe du système nerveux) d’abord _

cette métamorphose

à peine ressentie pourtant _ c’est infra-infinitésimal _

de ce qui est _ passivement d’abord _ physiquement éprouvé. 

Et c’est par contraste

forcément toujours un peu brutal

que s’effectue _ sobrement, humblement, extrêmement discrètement _ la prise de conscience…

Au moment de quitter _ se séparer de _ cette grisaille

_ noyante et asphyxiante, en la transparence de son imprégnation de tout _

du pays,

en venant, après le bac, à Bordeaux _ en classe préparatoire au lycée Montaigne.

Même si un avant-goût d’un envers

de cette grisaille _ épuisante _ du pays de grès de Brive,

était déjà un peu ressenti,

par infra-contraste, déjà,

les dimanches de pêche sur la rivière Dordogne,

au plus riant pays

_ soixante kilomètres plus au Sud que le bassin de Brive _

des environs de Beaulieu _ le nom de Beaulieu n’étant, lui, pas prononcé.

il en révèlerait probablement trop !

Beaulieu-sur-Dordogne : un des plus coins du monde, en effet.

L’écriture de Pierre Bergounioux

est absolument admirable ;

en dépit de _ ou plutôt par

l’extraordinaire contraste, dénué du moindre pathos,

avec _

l’épuisante _ colossale, monstrueuse _ tristesse de ce qui a été vécu,

et est ici et maintenant narré ;

et dont la personne de l’auteur, quant à elle, et hors-texte,

ne s’est probablement toujours pas remise,

tant celle-ci, tristesse, continue de l’accabler…

Mais que transcende _ et comment ! _ la sublime (de sobriété)

écriture

de Pierre Bergounioux :

c’est par elle,

patiente et ultra-précise

en son parfaitement humble cisèlement _ ultra-classique _,

que lui

est parvenu

à ne pas se laisser noyer-asphyxier.

Quel décidément magnifique écrivain !

en ces modestes et humblissimes variations

de ce transfiguré Lundi

Une merveille !



Ce lundi 1er avril 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

L’immense plaisir de la lecture de l’Intégrale de la Correspondance de Maurice Ravel ; et l’entretien de la curiosité…

17mar

Achevant à l’instant, page 1352, l’Intégrale de la Correspondance (1895-1937), écrits et entretiens

de Maurice Ravel,

je tiens à souligner le plaisir que je prends

à pénétrer un peu, 

par un Journal, une Autobiographie, ou une Correspondance

_ aussi partiels et tronqués fussent-ils : bien des lettres manquent… _,

l’intimité  _ les arcanes _ du vécu

_ même celui qui semble le plus transparent et anodin ; mais c’est dans le détail que le diable est caché. Qui cherche un peu risque d’en apprendre beaucoup. C’est là, dans le cheminement secret et ouvert de l’enquête, la vertu et la fécondité de la sérendipité… _

ainsi que de l’œuvrer

d’un auteur, un écrivain, un artiste…

Quelques remarques, et questions, au passage :

Je m’interroge en effet sur les parentés de Ravel à Ciboure – Saint-Jean-de-Luz
_ les notes, pourtant copieuses, de Manuel Cornejo manquant, parfois, même si c’est très rarement, de précision.
Et Maurice Ravel demeurant lui-même fort discret sur tout cela.
A Saint-Jean-de-Luz
_ où Ravel éprouvait un très fort désir de venir se ressourcer : au moins dix-sept fois entre août 1901 et l’été 1935 _,
Ravel avait pour amies les plus proches les sœurs Marie Gaudin (1879 – 1976)
et Jane Gaudin (1880 – 1979) _ cette dernière épouse de Henri Courteault (Pau, 26-8-1869 – Saint-Jean-de-Luz, 2-11-1937) ;
Jane et Henri étant les parents d’Annie Courteault (née semble-t-il en 1909) et Pierre Courteault (21-4-1910 – 15-12-2006).
Ainsi que leur belle sœur, Magdeleine Gaudin-Hiriart (1875 – 1968), veuve de leur frère aîné Charles Gaudin (1875 – 1910). 
La maison des Bibal-Gaudin _ elle appartenait à Victoire Dupous, épouse Bibal, la mère d’Annette Bibal, épouse Gaudin _ se situait au 41 de la rue Gambetta ; puis, en 1923, après le décès d’Edmond Gaudin _ survenu le 28 décembre 1920 _, sa veuve Annette Gaudin-Bibal et sa fille Marie Gaudin déménagèrent non loin de là à la maison « Mirentxu », située 14 rue du Midi _ aujourd’hui rue du 17 Pluviôse ou Place Ramiro Arrue.
Les parents de Marie et Jane Gaudin, (St Martin) Edmond Gaudin (né le 17 novembre 1844, et décédé le 28 décembre 1920)
et Annette Bibal (née le 28 avril 1845 et décédée en 1936), 
se sont mariés à Saint-Jean-de-Luz le 27 janvier 1875 ;
et ont eu 7 enfants, dont Charles, l’aîné (né en 1875, et décédé début octobre 1910 _ disparu noyé dans le fleuve Congo… _),
et Marie (née en 1879) et Jane (née en 1880), parvenues presque centenaires toutes deux.
On peut remarquer que Maurice Ravel appelle « ma cousine » Magdeleine Gaudin-Hiriart (11 mars 1875 – 15 juin 1968), épouse de Charles Gaudin,
et mère d’Edmond Gaudin (30 mai 1903 – 28 décembre 1988) ; et que celle-ci signe sa correspondance avec lui  « votre cousine » :
j’ignore selon quels liens de parenté _ côté Delouart, forcément, et probablement avec les Hiriart, plus qu’avec les Gaudin…
Un tel cousinage entre Maurice Ravel et Magdeleine Gaudin-Hiriart est indirectement évoqué deux fois : dans la lettre de condoléance du 8 octobre 1910 de Maurice Ravel à Madeleine Gaudin-Hiriart, pour la disparition tragique de son mari Charles Gaudin (1875 – 1910) _ mort noyé dans le fleuve Congo _, donnée à la page 246 ; ainsi que dans la lettre de Madeleine Gaudin-Hiriart du 24 novembre 1914 informant Maurice Ravel de l’état de ses beaux-parents Gaudin _ « Nous sommes bien affligés ; et surtout ces pauvres parents aterrés ! à 70 ans une douleur pareille ! comment vont-ils pouvoir la supporter ? » _, après le double décès, au front, et ensemble _ « les pauvres Pierre et Pascal ont été tués, l’un à côté de l’autre pendant leur repos dans les tranchées, par une automobile canon qui passait à 100 mètres d’eux » _, le 12 novembre 1914, de leurs deux derniers fils, Pierre (né en 1878) et Pascal Gaudin (né en 1883) _ les deux beaux-frères, donc, de Magdeleine, veuve de leur frère aîné Paul (1875-1910) _, donnée à la page 403 : Magdeleine signant « votre cousine » ;
à noter aussi l’absence de toute nouvelle correspondance, du moins parvenue à nous à ce jour, entre Maurice Ravel et Magdeleine Gaudin-Hiriart. Cette dernière semble ainsi n’avoir pas fait partie de la maisonnée Gaudin-Bibal, ni au 41 de la rue Gambetta, ni à la maison « Mirentxu », rue du Midi, à partir de 1923. J’aimerais bien sûr en savoir davantage sur elle.
Mais on doit aussi remarquer qu’à nul moment Ravel ne qualifie Marie et Jane Gaudin de ses « cousines »…
Ses liens avec la famille Gaudin passant semble-t-il surtout _ du moins au départ de ces liens _ par la médiation de sa « chère » grand-tante Gachucha Billac _ sa presque grand-mère _, qui faisait office de gouvernante _ indispensable et adorée _ de toute la maisonnée Gaudin-Bibal, 41 rue Gambetta _ de même que, après le 24 décembre 1874, Gachucha Billac fit en quelque office, dirais-je, de mère de remplacement pour sa nièce Marie Ravel-Delouart après le décès ce 24 décembre-là de la mère de Marie et la propre demi-sœur de Gachoucha, Sabine Delouart… D’où le vif et vivace attachement de Maurice à sa grand-tante cibourienne, attachement passé en quelque sorte ensuite à Jane et Marie Gaudin, de la maisonnée du 41 de la rue Gambetta à Saint-Jean-de-Luz ; puisque c’était désormais là que se trouvait le domicile de résidence de sa très vieille grand-tante Gachucha…
Car Maurice Ravel qualifie Gachoucha Billac, qui vivra toute sa vie à demeure chez les Gaudin à Saint-Jean-de Luz (41 rue Gambetta) _ elle aida à élever leurs sept enfants, nés entre 1875 (l’aîné Charles) et 1886 (le petit dernier Louis, décédé en 1899 à l’âge de treize ans)… _
de sa « grand-tante maternelle » ;
celle-ci était née à Ciboure, probablement en 1819 _ sans plus de précision : ses parents, Jacques Billac, 40 ans, et Marie-Baptiste Delouart, 32 ans (sic) ont-ils déclaré lors de leur mariage, à Ciboure le 4 septembre 1814. Mais Marie-Baptiste Delouart (épouse de Jacques Billac à partir du 14 septembre 1814) est née, en fait, le 17 juin 1784, comme en témoigne son acte de naissance à la mairie de Ciboure ; de Gratien Delouart (1748 – 1798) et Sabine Laxague (1758 – 1821)…
… 
Et c’est _ fait éminemment notable ! _ Gracieuse Billac qui alla déclarer la naissance de son petit-neveu Maurice Ravel à la mairie de Ciboure le lundi 8 mars 1875 _ Joseph Ravel, le père de l’enfant, se trouvant alors chez lui à Paris.
Ici encore quels sont les liens précis de parenté exacts entre Marie Ravel-Delouart et Gracieuse Billac ?.. Nous allons le découvrir.
Mais au passage, je m’interroge :
comment cette « tante Bibi » (dite ainsi en une lettre du 20 octobre 1921, page 764 _ si c’est bien là de Gracieuse Billac qu’il s’agit ! Et nous verrons que non… _), que Maurice Ravel ne manque pas d’inclure _ encore… _ en ses vœux de bonne année à la maisonnée Gaudin de la maison « Mirentxu », du 14 de la rue du Midi, à Saint-Jean-de-Luz, le 3 janvier 1933,
pourrait-elle être celle-là même qui, née en 1819, alla déclarer la naissance du petit Joseph-Maurice Ravel à la mairie de Ciboure le 8 mars 1875 ?..
En 1875, Gachoucha avait _ et cela si l’on en croit sa déclaration orale à la mairie de Ciboure _ déjà 50 ans _ en fait, née en 1819, elle avait 56 ans.
Et en 1921, cette Gachoucha-là aurait eu 96 ans _ en fait, 102 ans _ ; et en 1933, 108 ans _ 114 ans !
Peut-il s’agir de la même personne ?.. Bien évidemment non !!!
Et les biographes récents de Ravel _ ceux du moins ayant connaissance de ces diverses correspondances _ auraient dû y faire attention.
Je relève aussi _ et cela me paraît l’indice décisif ! _,
dans une lettre de Maurice Ravel du 18 septembre 1916 _ à Marie Gaudin _,
et à propos d’une sienne indigestion _ au front _ de melon,
l’utilisation du passé
pour évoquer sa « chère tante Gachuch » (je reprends ici l’expression de Maurice Ravel en la lettre du 16 octobre 1902 à Jane Gaudin, page 82) :
« Plus de 2 semaines de dysenterie (…) J’ai voulu réaliser le vœu de ma pauvre _ voilà ! _ tante Gachucha qui souhaitait (sic) mourir d’une indigestion de melon ».
La « tante Bibi » bien vivante en 1921 et encore 1933
ne serait-elle pas plutôt _ hypothèse à laquelle je ne tarderai pas à renoncer un peu plus tard : nous le verrons bientôt... _ quelque fille de la Gachoucha Billac née en 1819 ?..
Une difficulté demeure donc… Qu’il va falloir résoudre.
Je note aussi
que la mère de Maurice Ravel, née Marie Delouart (à Ciboure, le 24 mars 1840),
avait été déclarée à la mairie de Ciboure « née de père inconnu » ;
elle dont la mère, Sabine Delouart (Ciboure, 11 mars 1809 – Ciboure, 22 décembre 1874), avait été, elle aussi, déclarée « née de père inconnu » ;
Sabine Delouart dont la mère se nommait elle aussi Marie Delouart _ ou plutôt Marie-Baptiste Delouart, qui deviendra épouse Billac en 1814 _ :
Marie Delouart, fille de Sabine Delouart, petite-fille de Marie Delouart…
Voilà les raisons pour lesquelles je désire vivement en apprendre un peu plus sur ces relations de parenté cibouro-luziennes de Maurice Ravel…
il est en effet indiqué
qu’Étienne Rousseau-Plotto a recueilli les témoignages directs de la famille Gaudin _ notamment de Charles-Paul Gaudin, le fils (sic) d’Edmond et Annette.
Edmond et Annette ?.. Ou bien plutôt le fils d’Edmond Gaudin et Angela, née Rossi ; et petit-fils de Charles Gaudin et Magdeleine, née Hiriart…
Ce Charles-Paul Gaudin-ci, qu’a donc rencontré Etienne Rousseau-Plotto, n’est pas, en effet, le Charles Gaudin fils d’Edmond et Annette Gaudin-Bibal, né en 1875 et décédé en 1910 _ noyé lors d’une expédition sur le fleuve Congo…
… 
S’il est bien le fils d’un Edmond Gaudin
(né, lui, le 30 mai 1903, et décédé le 28 décembre 1988),
ce Charles-Paul Gaudin avait une mère qui ne se prénommait pas Annette, mais Angela :
Et son père, Edmond, était le fils unique de Magdeleine Hiriart (11 mars 1875 – 15 juin 1968),
et de Charles Gaudin, le fils aîné (né en 1875 et décédé en 1910) d’Edmond Gaudin (17 septembre 1844 – 28 décembre 1920) et son épouse Annette Bibal (28 avril 1845 – 1936).
Et cette Magdeleine Hiriart avait, non loin d’elle _ à Saint-Jean-de-Luz ? _, une sœur, ainsi que ses deux parents (Hiriart) quand elle est tombée veuve de Charles, début octobre 1910 _ cf la lettre de condoléance, en date du 8 octobre 1910, de Maurice Ravel évoquant nommément  la sœur et les parents Hiriart de Magdeleine, page 246.
Et cet Edmond Gaudin-là, né, lui, le 30 mai 1903, a épousé Angela Rossi, née le 12 septembre 1905 ;
dont les enfants sont Maylen Gaudin, épouse Lenoir,
et Charles-Paul Gaudin.
… 
Edmond Gaudin (3 mai 1903 – 28 décembre 1988) a, en effet, eu pour épouse Angela Rossi (12 septembre 1905 – 18 décembre 1999) ; tous deux reposent désormais au cimetière d’Aïce Errota, à Saint-Jean-de-Luz ;
et ils ont eu 2 enfants :
Maylen Gaudin (épouse de Michel Lenoir : né en 1935 et décédé en 2012) _ ils ont eu quatre enfants _
et Charles-Paul Gaudin,
lui-même père de Jean-Bernard Gaudin, qui vit à Madrid ;
et qui est lui-même père d’un petit Baptiste.
… 
Et je relève que
le 4 mai 2016, aux obsèques de Maritxu Rossi, née Larregain (âgée de 90 ans, et donc née en 1926),
étaient notamment présentes ses parentes :
sa sœur Hélène Larquier, née Larregain (1922 – mai 2018), veuve d’Auguste Larquier (né en 1925 et décédé en avril 2015),
sa belle-sœur Maïté Larregain, née Ducasse (1925 – décembre 2017), veuve de son frère Jean Larregain (né en 1921 et décédé en juin 2013)
sa nièce Maylen Lenoir (fille d’Edmond Gaudin et Angela Rossi, et veuve de Michel Lenoir, né en 1935 et décédé en 2012 ; et mère de 4 enfants)
et Francine Gaudin, peut-être l’épouse de Charles-Paul Gaudin _ j’ignore jusqu’ici ses liens de filiation.
Voilà qui peuvent être les parents Gaudin
qu’Étienne Rousseau-Plotto a pu rencontrer, à Saint-Jean-de-Luz, en sa quête de témoignages à propos des séjours de Maurice Ravel à Saint-Jean-de-Luz et Ciboure, pour son Ravel, Portraits basques
Bien des mystères entretiennent donc encore notre curiosité… 
Ce dimanche 17 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Cette mine d’intuitions passionnantes qu’est le « Dictionnaire amoureux de l’esprit français », du turco-suisse Metin Arditi

07mar

Le mardi 26 février dernier,

et suite à mon écoute, le dimanche 24, de l’émission Musique émoi, d’Elsa Boublil,

qui lui était consacrée

_ cf mon article  _,

j’avais brièvement présenté

mon très vif plaisir de l’entame

_ jusqu’à la page 167 / 661, ce premier soir de lecture : j’en arrivais à l’article Debussy, après l’article Dada _

de ma lecture de ce très riche travail

_ de l’helvéto-turc Metin Arditi (né à Ankara le 2 février 1945) _,

sur un sujet qui de très loin, moi aussi, et depuis très longtemps,

me travaille :

je veux dire

les mystères et arcanes de ce « esprit français« 

auquel je suis tellement sensible, moi aussi, dans les Arts

_ et sans nationalisme aucun (ni encore moins de sourcilleuse exclusivité !), est-il utile que je le précise ?!

Il s’agit seulement du simple constat renouvelé chaque fois

et non sans surprise

_ je ne le recherche en effet pas du tout ! Non, mais cela vient me tomber dessus,

et me ravir et combler… _

de ce qui vient au plus profond secrètement me toucher,

et me fait fondre de délectation :

telle la reconnaissance d’affinités intenses comme congénitales…

Voici,

pour aller d’emblée à l’essentiel de ce que vais un peu discuter,

le résumé

Dans ce dictionnaire, l’écrivain sélectionne des traits selon lui exemplaires de la culture française, comme le culte de l’élégance, le sens de l’ironie et l’art de la conversation _ rien à redire, bien sûr, à cet excellent choix-ci. Les entrées abordent aussi bien les institutions, les personnalités et des aspects historiques, de l’Académie française à Louise de Vilmorin, en passant par la haute couture, l’impressionnisme et Jacques Prévert.

puis la quatrième de couverture de ce Dictionnaire amoureux de l’esprit français, de Metin Arditi,

publié aux Éditions Plon et Grasset :

Dictionnaire amoureux de l’Esprit français :

« Je voudrais bien savoir, dit Molière _ plaidant ici pro domo _, si la grande règle de toutes les règles n’est pas de plaire. » Partant de ce constat, Metin Arditi examine d’une plume tendre _ en effet _ les formes dans lesquelles s’incarne cet impératif de séduction _ oui… _ : le goût du beau _ davantage que du sublime _, le principe d’élégance _ oui, toujours ! a contrario de la moindre vulgarité _, le sens de l’apparat _ un peu survalorisé par l’auteur, selon moi _, mais aussi le souci de légèreté _ fondamental, en effet _, l’humour _ oui, avec toujours un léger décalage… _, l’art de la conversation _ très important : civilisateur _, un attachement historique à la courtoisie _ parfaitement ! _, l’amour du trait _ d’esprit et parole, seulement _ assassin, la délicatesse _ c’est très, très important aussi !!! l’égard et ses formes, envers l’autre _ du chant classique « à la française » _ la quintessence peut-être du goût français _, un irrésistible penchant pour la théâtralité _ surévalué à mon goût, à contresens de la délicatesse et de la discrétion, selon moi _, l’intuition du bon goût _ oui ! _, la tentation des barricades _ à l’occasion, faute de parvenir à assez se bien faire entendre _, une obsession du panache _ surévaluée, elle aussi, comme le penchant à la théatralité : le panache de Cyrano illustrant la couverture du livre ! _, et, surtout, une _ sacro-sainte et irrépressible ! _ exigence de liberté _ oui, cela, c’est incontestable : ne jamais être comdamné à emprunter des voies toutes tracées, ou disciplinaires ; mais disposer d’une capacité permanente d’invention, et de singularité. En un mot, le bonheur à la française _ oui : à savourer assez paisiblement et durablement en sa profonde et somme toute discrète intensité. À l’heure où chacun s’interroge sur la délicate question de l’identité _ mais non assignable à des traits fermés et une fois pour toutes donnés, invariants… _, ce dictionnaire rappelle que l’esprit français est, surtout, un inaltérable cadeau _ d’ouverture et fantaisie. Une lecture qui fait plaisir… et pousse à réfléchir _ et discuter, entamer le dialogue.

Voici aussi le texte accompagnant le podcast de l’émission Musique émoi du dimanche 24 février dernier,

qui reprend ces diverses thématiques :

Metin Arditi, amoureux  comme personne de  l’esprit français, examine d’une plume légère et souvent espiègle les  diverses formes dans lesquelles s’incarne en France le désir de plaire.

« On ne considère en France que ce qui plaît », dit Molière, « C’est la grande règle, et pour ainsi dire la seule ».


Partant de cet indiscutable constat, l’auteur de ce dictionnaire,  lui-même amoureux  comme personne de l’esprit français, examine d’une  plume légère et souvent espiègle les diverses formes dans lesquelles  s’incarne en France le désir de plaire : au fil des siècles se sont  développés le goût du beau, bien sûr, mais aussi le principe d’élégance,  le sens de l’apparat, le souci de légèreté, l’humour, l’art de la  conversation, un attachement historique à la courtoisie, la délicatesse  du chant classique « à la française », le penchant pour la théâtralité,  l’amour du juste, le goût des barricades, du panache, oui, du panache,  et, surtout, une exigence immodérée de liberté. Ce dictionnaire parle de  Guitry et de Piaf, de Truffaut et de Colette _ oui _, mais aussi de Teilhard de  Chardin, Pascal, Diderot, Renan, Péguy, les prophètes qui ont nourri  les artistes de leur pensée et les ont libérés dans l’exercice de leurs talents.


L’esprit français a aussi ses interdits. Ne jamais être lourd…  Ne pas faire le besogneux… _ c’est en effet capital ! Et Nietzsche vénérait tout spécialement cet aspect-là de l’esprit français… Comment plaire, sinon ?


Au fil des pages, ce dictionnaire rappelle que le goût des belles choses a _ aussi _ un prix _ économique, financier _, qu’un tel bonheur ne vient pas sans facture _ à régler in fine ! À défaut,  l’esprit français ne serait pas ce qu’il est… _ assez impécunieux…  Sans vouloir  transformer un pays qui, c’est heureux, n’est pas transformable, on  pourrait peut-être imaginer, ça et là _ mais c’est bien un vœu pieux ! une pure vue de l’esprit… _, quelques mesures aptes à diminuer _ mais est-ce vraiment réaliste ? _ le montant de l’addition.


À l’heure où chacun s’interroge sur la délicate question de l’identité du pays, ce dictionnaire rappelle combien l’esprit français est un  cadeau _ sans prix, eu égard au bonheur (d’être vraiment d’esprit français).

 

Je regrette aussi que manquent en ce Dictionnaire amoureux

certaines entrées

que pour ma part je trouve bien plus essentielles

que Sacha Guitry ou Edmond Rostand,

telles

Joachim du Bellay, Montaigne, Marivaux, Chardin, Monet, Paul Valéry, Pierre Bonnard, Charles Trenet, par exemple,

qui,

les uns comme les autres,

ont si merveilleusement _ et idiosyncrasiquement : un trait lui aussi bien français ! _ su chanter

l’incomparable douceur de notre France.

En tout cas,

j’éprouverais un très vif plaisir à dialoguer de tout cela

avec Metin Arditi,

s’il venait à Bordeaux.

Ce jeudi 7 mars, Titus Curiosus – Francis Lippa

Sur l’expression « Croce e delizia » : de la Traviata (I, 5) au film « Croce et delizia » de Simone Godano

02mar

L’expression « Croix et délice« 

qu’utilise Virginie Despentes

en son article du Monde des livres d’hier vendredi 1er mars

_ cf mon article _

a continué de me travailler.

Et voici que ce samedi matin,

en ma revue de presse _ quotidienne _ sur le web,

sur la page de La Repubblica, 

à la page Spettacoli,

je tombe _ par serendipité de ma curiosité vagabonde et ouverte, et boulimique aussi _

sur ceci :

Gassmann: « Il cinema deve raccontare questo clima di paure e diritti calpestati »

Repzine L’attore innamorato di Bentivoglio in ‘Croce e delizia’, già in sala

di ROCCO GIURATO

Soit

l’information on ne peut plus factuelle

de la sortie ce 28 février sur les écrans italiens

d’un film,

de Simone Godano,

portant précisément ce titre

de Croce e delizia !!!

Et peu après,

toujours par la Repubblica,

j’apprends aussi _ car je l’ignorais jusqu’alors _ que cette expression intriguante

de « Croce et delizia« 

provient du livret de Francesco Maria Piave

pour l’opéra de Verdi La Traviata,

à la scène 5 de l’Acte premier :

Et c’est Alfredo qui chante :

« Un dì felice, eterea,

mi balenaste innante,

e da quel dì, tremante,

vissi d’ignoto amor.

Di quel amor che è palpito

del universo entero

misterioso altero

croce e delizia al core« .

Sur une page de présentation de ce film,

j’ai découvert en effet ceci :

L’espressione « Croce e delizia » si riferisce all’amore, che, come in molti sanno, è spesso tormento e nello stesso tempo motivo di gioia.
A definirlo per la prima volta così è stato Francesco Maria Piave nel libretto de La Traviata, una delle opere più famose di Giuseppe Verdi.
In particolare è Alfredo a cantare, nella quinta scena del primo atto: « Di quell’amor che è palpito/dell’universo intero/misterioso, altero/croce e delizia al cor« , descrivendo l’emozione che lo lega a Violetta, che non è certo un buon partito.

Anche nel film Croce e delizia, diretto Simone Godano, c’è una persona che non è esattamente la migliore da sposare, visto che è un po’ « ruspante » ed è dello stesso sesso dell’individuo che desidera portarla all’altare, cosa che taluni ritengono sconveniente.
Variante delle commedie matrimoniali in cui le famiglie tentano di osteggiare le nozze dei loro cari, l’opera seconda del regista di Moglie e marito è stata accostata da alcuni a Ferie d’agosto di Paolo Virzi, perché parla di una vacanza e perché mette a confronto due nuclei diversi che più diversi non si può: i Castelvecchio, che sembrano avere una mentalità aperta ma in realtà sono vanitosi e narcisisti, e i Petagna, più tradizionali, conservatori e « semplici« .
La risata, nel film, nasce dalle differenze fra i due gruppi, e anche dalle tenute di Alessandro Gassmann, tutto canotte, tute acetate e ciabatte. L’attore, che ha amato la maniera scanzonata in cui il film affronta il tema della diversità, ha fatto una bella scoperta sul set: la verve comica di Jasmine Trinca, che dal canto suo ci tiene a dire che non è snob come il personaggio che interpreta, venendo da una famiglia normalissima. Se l’attrice premiata con il David di Donatello per Fortunata interpreta la figlia di uno dei due « piccioncini« , il suo possibile fratello acquisito ha il volto di Filippo Scicchitano. Quest’ultimo è al suo secondo sodalizio artistico con Fabrizio Bentivoglio, con cui ha condiviso il set del film che l’ha lanciato: Scialla!, di Francesco Bruni. Bentivoglio ha già lavorato anche con Gassmann: ne Gli ultimi saranno ultimi, di Massimiliano Bruno.

Croce e delizia è un film che non prende le parti di nessuno (« Non ci sono buoni e cattivi« , dice il regista), ma va contro l’omofobia. A firmare il copione è stata Giulia Steigerwalt, che di pregiudizio aveva parlato anche in Come ti mi vuoi. La sceneggiatrice ha già collaborato con Godano per Moglie e marito. E’ anche la compagna di Matteo Rovere, che ha prodotto il film. Completano il cast Lunetta Savino, volto noto soprattutto della nostra tv (Un medico in famiglia) e Anna Galiena, apparsa nel 2016 ne La pazza gioia.

Et j’apprends aussi que cette expression est même devenue proverbiale pour tous Les Italiens…

Voici donc le Trailer officiel (de 1′ 38″) de ce film

Croce e delizia

de Simone Godano.

Et voici aussi

cette interview _ bien intéressante _ de cet excellent acteur

qu’est Alessandro Gassmann

_ je l’avais découvert dans le très beau film de Ferzan Ozpetek Hammam, en 1997, il y a vingt-deux ans déjà ! ;

Alessandro Gassmann (né en 1965 ; il a 54 ans) est le fils des acteurs Vittorio Gassman (1922 – 2000) et Juliette Mayniel (née en 1936, elle vit toujours) _

à propos de ce même film :

Repzine, 

Alessandro Gassmann : « Oggi si ha paura delle diversità, il cinema ha il dovere di raccontarlo« 

Cf aussi cette double interview

d’Alessandro Gassmann et Fabrizio Bentivoglio,

toujours sur le site de La Repubblica, le 22 février :

‘Croce e delizia’, Gassmann e Bentivoglio coppia gay :

« Le nuove famiglie sono fabbriche d’amore« 

Voilà

assez probablement _ j’ignore son degré de familiarité avec la langue italienne _

ce qui a conduit Virginie Despentes,

écrivaine et cinéaste,

a utiliser cette expression de « Croix et délices« 

pour caractériser sa lecture maintenant des Carnets _ si puissants, en effet _

de la sublime Goliarda Sapienza…



Une ultime remarque _ de bienheureuse sérendipité _  :

Le film « Croce e delizia » de Simone Godano

a été tourné, devinez où ? :

À Rome et Gaeta :

lieux éminemment goliardiens !!!

Il y a bien un génie des lieux !

Ce samedi 2 mars, Titus Curiosus – Francis Lippa

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