Archives de la catégorie “Rencontres”

« El Lado de la luz : Bioy fotografo »

08nov

Au mois d’octobre 2014,

pour la commémoration des 100 ans de la naissance d’Adolfo Bioy Casares (15 septembre 1914 – 8 mars 1999)

_ notre cousin béarno-argentin Adolfito _,

se tint au Centro Cultural San Martin,

à Buenos Aires,

une grande exposition intitulée El Lado de la luz : Bioy fotógrafo,

consacrée à l’activité de photographe passionné de cet immense écrivain singulier ;

lui, l’auteur, entre autres récits, de Un Photographe à La Plata.

En voici un compte-rendu d’époque _ octobre 2014 _ :

Se inauguró la muestra inédita de fotografías de Adolfo Bioy Casares

Se inauguró la muestra inédita de fotografías de Adolfo Bioy Casares

Se presenta en el Centro Cultural San Martín la exposición « El lado de la luz : Bioy fotógrafo« . Con entrada libre y gratuita, se exhibe en el marco de « Fantástica Buenos Aires« , un importante catálogo de reproducciones de fotos del notable escritor. Incluye retratos de Julio Cortázar, Manuel Mugica Láinez, Alejandra Pizarnik y Silvina Ocampo, además de textos inéditos de Bioy sobre la fotografía.

Jueves 25 de septiembre de 2014

Se inauguró oficialmente este jueves 25 en Antesalas C y D y Hall y salas A B del Centro Cultural San Martín, Sarmiento 1551, la muestra El lado de la luz: Bioy fotógrafo, que revelará una faceta prácticamente desconocida del arte creativo de este escritor, a través de una selección de sus mejores fotografías.

El público podrá visitarla de lunes a domingo hasta el 11 de octubre de 14 a 21, con entrada libre y gratuita.

Al acto de apertura asistieron el Ministro de Cultura porteño, Hernán Lombardi ; la Subsecretaria de Patrimonio Cultural, María Victoria Acaraz, y la Directora General del Libro, Bibliotecas y Promoción de la Lectura, Alejandra Ramírez, entre otras personalidades.

La muestra se exhibe en el marco de Fantástica Buenos Aires, un evento con actividades que abarcan cine, teatro, conferencias, narraciones, mesas redondas y música.

Bioy fotógrafo


Respondiendo a un íntimo impulso, que veía en la imagen fotográfica un mecanismo para la detención del tiempo y para la preservación fáustica del momento, y a la vez tomando como modelos al insigne aficionado Jacques-Henri Lartigue y a escritores-fotógrafos como Lewis Carroll y Samuel Butler, Bioy Casares desarrolló entre fines de la década de 1950 y principios de la de 1970 una incesante actividad fotográfica.

El resultado fue una producción de extraordinaria calidad artística : un tesoro visual que constituye no sólo un valioso testimonio de la sociedad de su época, de su círculo íntimo y de los paisajes que frecuentaba, sino también una maravillosa galería que incluye retratos, hasta ahora inéditos, de figuras públicas tales como Julio Cortázar, Manuel Mujica Lainez, Alejandra Pizarnik y Silvina Ocampo.

La muestra se completará con un importante catálogo que, además de unas 50 reproducciones, reunirá varios textos, en su mayoría inéditos, dedicados por Bioy Casares a reflexionar sobre la fotografía como arte y sobre su relación con la literatura.

Adolfito, un curieux du réel,

comme la plupart d’entre nous tous,

les Bioy…

Ce jeudi 8 novembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa 

Découvrir « Le Sillon » de Valérie Manteau, aux Editions Le Tripode

07nov

Voici le courriel

que je viens d’adresser à Frédéric Martin

pour le féliciter de l’attribution du Prix Renaudot 2018

au Sillon de Valérie Manteau,

aux Éditions du Tripode

que dirige Frédéric Martin.

Cher Frédéric,
 
me voici très heureux pour vous
de ce prix Renaudot décerné à Valérie Manteau, pour Le Sillon.
 
Déjà,
j’aime beaucoup Istanbul, la ville, le Bosphore,
et, par exemple, les films de Nuri Bilge Ceylan, tel Uzak
 
Et votre talent pour présenter Le Sillon,
ainsi que celui de Valérie Manteau, aussi pour en parler,
donnent très grande envie de le lire,
en dépit des réserves générales que nous pouvons ressentir quant aux prix littéraires !
 
Même si l’admirable Lambeau de Philippe Lançon
en fournit un merveilleux et magnifique contre-exemple !
 
Bien à vous,
depuis notre entretien du 25 novembre 2015 :
 
Bravo pour votre talent de premier grand lecteur de bons et grands livres !
   
 
Francis Lippa, à Bordeaux

Frédéric Martin : un éditeur audacieux

et très talentueux !

Et on notera encore

que Valérie Manteau a travaillé elle aussi,

comme Philippe Lançon,

à Charlie-Hebdo.

Ce qu’elle aborde

en ce roman témoignage qu’est Le Sillon,

bien que se déroulant sur les rives du Bosphore,

donc apparemment assez loin de nous,

nous concerne de très près…



Ce mercredi 7 novembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

 

Ce jour, cérémonie d’obsèques

06nov

Très simplement,
le programme des obsèques de ce jour :
1 Entrée : Musique : Josquin des Prez : In principio erat Verbum (1º partie : 2’ 41 ; sur Jean 1, 1-14)
Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement tourné vers Dieu.
Tout fut par lui, et rien de ce qui fut, ne fut sans lui.
En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes,
Et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point comprise.
2 Mot de F. : Maman
Témoignages-hommages familiaux et de proches 
3 Musique : In principio erat Verbum (2º partie : 4’ 35)
Il y eut un homme, envoyé de Dieu : son nom était Jean.
Il vint en témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous croient par lui.
Il n’était pas la lumière, mais il devait rendre témoignage à la lumière.
Le Verbe était la vraie lumière qui, en venant dans le monde illumine tout homme.
Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu.
Il est venu dans son propre bien, et les siens ne l’ont pas accueilli.
Mais à ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en son nom,
Il a donné le pouvoir de devenir des enfants de Dieu.
Ceux-là ne sont pas nés du sang, ni d’un vouloir de chair,
Ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu
4 Lecture : Béatitudes, Matthieu 5, 1-12  (« Heureux les pauvres de cœur… »)
Quand Jésus vit toute la foule qui le suivait, il gravit la montagne.
Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent.
Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
« Heureux les pauvres de coeur : le royaume des cieux est à eux !
Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise !
Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés !
Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde !
Heureux les coeurs purs : ils verront Dieu !
Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu !
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le royaume des cieux est à eux !
Heureux serez-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux !
C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédé. »
5 Musique : César Franck : Panis angelicus (4’ )
Le pain des Anges devient le pain des hommes.
Le pain du ciel met un terme aux symboles.
Ô chose misérable, il mange son Seigneur,
Le pauvre, le serviteur, le petit.
 
Dieu, Trinité et Un, nous te le demandons,
Daigne par ta visite répondre à nos hommages.
Par tes voies, conduis-nous au but où nous tendons,
A la lumière où tu demeures.
6 Lecture : Prière pour la paix de saint François d’Assise : « Là où est la haine, que je mette l’amour… »
« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix :

Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à
être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant que l’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve soi-même,
c’est en pardonnant que l’on obtient le pardon,
c’est en mourant que l’on ressuscite à la Vie.
 
Amen »
suivie d’un silence.
7 Lecture : Prière universelle, intentions
Remerciements 
8 Bénédiction avec Ave Maria de Gounod (3’ 14)
Je vous salue Marie
pleine de grâces ;
le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous, pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
9 Musique : In principio erat Verbum (3º partie : 1’ 46)
Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous
Et nous avons vu sa gloire, cette gloire que, fils unique
Plein de grâce et de vérité, il tient du Père.
10 Départ vers la crémation : chanson Vous qui passez sans me voir (3’ 03) 
Vous qui passez sans me voir.
Vous, qui passez sans même me dire bonsoir,
Donnez-moi un peu d’espoir ce soir…
J’ai tant de peine.
Vous, dont je guette un regard,
Pour quelle raison, ce soir passez-vous sans me voir.
Un mot, je vais le dire « je vous aime » :
c’est ridicule, c’est bohème,
c’est jeune, et c’est triste aussi.

Vous, qui passez sans me voir,
Me donnerez-vous ce soir
Un peu d’espoir?
Les souvenirs sont là pour m’étouffer
De larmes, de fleurs, de baisers
Oui, je revois les beaux matins d’avril.
Nous vivions sous les toits tout en haut de la ville.
Vous qui passez sans me voir.
Vous, qui passez sans même me dire bonsoir,
Donnez-moi un peu d’espoir ce soir…
J’ai tant de peine.
Vous, dont je guette un regard,
Pour quelle raison, ce soir passez-vous sans me voir ?
Un mot, je vais le dire : « je vous aime » :
c’est ridicule, c’est bohème,
c’est jeune, et c’est triste aussi.
Vous, qui passez sans me voir,
Sans me donner d’espoir,
Adieu, bonsoir !
Sortie : Musique : à nouveau le In Principio erat Verbum de Josquin des Prez
Ce mardi 6 novembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

Réécouter le podcast de l’entretien de Philippe Lançon et Yves Harté à propos de ce récit sublime qu’est « Le Lambeau » : un chef d’oeuvre !!!

05nov

Le Prix Femina décerné ce lundi à 13 heures au Lambeau de Philippe Lançon _ livre sublime à tous égards !!! _

nous offre une excellente occasion,

outre de relire cet immense chef d’œuvre qu’est Le Lambeau,

de ré-écouter le podcast (de 46 ‘)

_ si profondément émouvant : pour aller si magnifiquement à l’essentiel de l’humain et de l’inhumain _

de l’entretien donné à la Station Ausone le 6 juin 2018

par Philippe Lançon

à son ami Yves Harté,

à propos de ce sublime livre.

Cf mon précédent article du 13 juillet dernier :

Ce prix ainsi décerné à cet extraordinaire livre

lui offrira de très nombreux nouveaux lecteurs

qui en seront assurément comblés !

Ce lundi 5 octobre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

Timothy Snyder : un observateur bien pertinent

22oct

Ce jour,

dans El Pais semanal,

une observation bien informée

Timothy Snyder: “A Internet se le da bien manipular a las personas”

de l’historien Timothy Snyder :

Timothy Snyder
22 OCT 2018 – 11:14 CEST

Pocas voces hay más autorizadas para hablar de Europa Central y Oriental que la de Timothy Snyder. En su nuevo libro, este catedrático de Yale de 49 años hace un retrato demoledor de los presidentes de EE UU y de Rusia. Snyder afirma que Donald Trump y Vladímir Putin están absolutamente preocupados por su riqueza personal y la de su círculo más cercano. Y ambos han encontrado un medio para preservarla: la manipulación de las emociones a través de Internet.

Autor de Sobre la tiranía (2016), un manifiesto en el que alerta contra las fake news que llevaron a Donald Trump a la presidencia de su país, ahora publica en España El camino hacia la no libertad (como todos sus libros, en Galaxia Gutenberg), en el que junta a los dos demonios contemporáneos a quienes combate con más ahínco, el citado Trump y el presidente ruso, Vladímir Putin.

A este último lo retrata como el sátrapa que, a caballo de la mentira, invadió Ucrania para apropiársela, simulando que la invasión que él mismo diseñó estaba protagonizada por ucranios. Como el propio Snyder, este último libro es minucioso, está lleno de datos que no admiten controversia.

Snyder es un intelectual tímido al que le cuesta posar para las fotografías. Cuando llega a la entrevista, viene de llevar al colegio a su hijo de ocho años. En la primera línea de este nuevo libro, ese chico acababa de nacer. Y por ahí empezamos a conversar.

Cuando los periodistas se van, sobre todo los locales, se crea una oportunidad para que los autoritarios gobiernen desde la desconfianza”

No vuelve a mencionar a su hijo en el libro, pero parece que escribe sus obras para que los que ahora son muchachos no se dejen engañar en el futuro…

Empecé por esa escena del nacimiento de mi hijo bajo una sensación de shock: comenzaba una nueva vida, pero gente a la que conocía se estaba muriendo. Era alrededor de 2010, había muchas cosas que cambiaron de forma muy crucial: ocurrió la crisis financiera, Internet se convirtió en las redes sociales. La historia es una continuación de cosas que ya sucedieron. Así hay que entenderla. Para explicar la historia tienes que saber también qué te pasa en el momento de escribir.

Tierras de sangre trata de los asesinatos masivos del siglo XX. Y en este siglo la invasión de Ucrania es una prolongación de aquellas barbaries… Dice Mary ­McMillan, la historiadora, que usted avisa porque conoce la historia…

Es cierto, mis libros conversan entre ellos. Tierras de sangre muestra que aquellas masacres fueron incluso peores, que hubo más políticas de matanzas que las que recordamos. No ocurrieron en virtud de la existencia de misteriosas máquinas industriales. Sucedieron porque personas mataron a otras personas. Lo que advierto en Sobre la tiranía y ahora en El camino hacia la no libertad es que todo eso ha sido posible por individuos como nosotros mismos. Y Ucrania es un punto importante de conexión entre el siglo XX y el XXI a ese respecto. Para saber qué paso en el siglo XX hay que acudir a Ucrania. Allí ocurrió el gran crimen de Stalin, y es un territorio que a Hitler le importaba mucho. Ucrania está en el corazón de las razones por las que se libró la Segunda Guerra Mundial. Muchas de las cosas que comprendí para escribir Sobre la tiranía acerca de la verdad e Internet las supe gracias a Ucrania. Y aquí, en El camino hacia la no libertad, las documento. En 2010 ya sucedieron con Putin en Ucrania las cosas que pasaron con Trump en 2016. Internet ya se había utilizado allí para engañar. Y porque no lo comprendimos la primera vez, fuimos víctimas de ello la segunda vez.

Aquí insiste en que las víctimas que se producen tienen nombre propio.

La historia trabaja sobre estructuras que debemos explicar para entender cómo son posibles los asesinatos en masa. Pero trata siempre acerca de individuos. Por tanto, sobre moralidad. La historia nos ayuda a diagnosticar problemas y nos recuerda que cada víctima es un individuo. Las fotos y el cine nos estremecen, pero luego nos entumecen, vemos masas. Los asesinatos se producen sobre personas que tuvieron una vida y dejaron de tenerla.

Timothy Snyder: “A Internet se le da bien manipular a las personas”

STEFAN FUERTBAUER

En sus libros trata de conceptos que se repiten hoy: exterminio, eliminación, persecución, expulsión…

La historia del mundo moderno es una historia de imperialismo. Y el imperialismo está relacionado con esos conceptos. La historia de mi país, como la del suyo, está llena de crónicas así. Mis libros son sobre lo que pasa cuando el imperialismo o el colonialismo vuelven a la propia Europa. Lo raro de Hitler fue que viera otras partes de Europa como territorio colonial. Ve Ucrania como África, lo dice tal cual. Y luego dice Stalin: a diferencia de Inglaterra o de Francia, yo no tengo un imperio marítimo, así que debo tratar mi propio territorio como un territorio colonial. Así que dos libros míos, Tierras de sangre y Tierras negras, son historias imperiales de Europa. Formas imperiales de pensar y de tratar a seres humanos vuelven a Europa y causan matanzas masivas muy deprisa, porque el continente está muy poblado y los alemanes y los soviéticos andan detrás de los mismos pedazos de territorio. La guerra ruso-ucrania de 2014 fue un poco así: un país muy grande, con un ejército muy grande, ataca a un país muy pequeño en un momento de debilidad.

En los libros anteriores usted habla del pasado. Cruel, violento. Cruel fue Hitler, lo fue Stalin, ahora lo es Putin. La cantidad de bajas es diferente, pero el ensañamiento cruel se parece.

La capacidad humana para la crueldad es una característica que se mantiene en el tiempo. Y también se mantiene la capacidad de la gente para creer que la crueldad sirve a un bien superior. Es grande la habilidad de algunos para disfrutar de la crueldad y no denunciarla ni criticarla, y en este apartado está el presidente de Estados Unidos, que es una persona muy cruel que disfruta de la malicia por sí misma. Disfruta engañando a sus propios seguidores como un placer en sí mismo, no le sirve para nada superior. El dolor en sí es el objetivo. Podemos mirar humildemente al pasado para aprender de él. O podemos escoger mentir sobre el pasado. Es lo que hace Putin. Y él sabe que está mintiendo.

Sobre su propia historia.

Sí, sobre los crímenes soviéticos. Aquello de lo que creía que se debía hablar, ahora ha decidido que no se puede ni citar porque es un crimen hacerlo. La política exterior rusa sigue ese mandato. Por otra parte, igual que pasó con Hitler y Stalin, que despreciaron fronteras y Estados, Putin se apropió de Ucrania. Utilizando razones étnicas, como sus antecesores.

Trump resucita el supremacismo blanco, levanta muros. Putin resucita a un filósofo adepto a Hitler. Invade Ucrania. Van juntos en la utilización de las noticias falsas. Es una gran coalición, como las del pasado de guerra en Europa.

Es cierto. Y es muy importante recordar que, en su tiempo, el fascismo tuvo un desarrollo internacional. Unos aprendieron de otros. Tendemos a acordarnos solo de Alemania y pensamos en los nazis como el único enemigo. Pero a la URSS la intentaron invadir en 1941 no solo los alemanes, sino voluntarios italianos, españoles, rumanos… Hoy pasa algo similar, sí. Lo que está sucediendo en Hungría, en Polonia, en Estados Unidos, en Rusia, en Italia, en Suecia… amenaza en esa dirección. No solo hay similitudes, hay relaciones. Y esas relaciones las permite Internet sobre todas las cosas. Internet ha resultado ser un instrumento de derechas mucho más que de izquierdas, hasta ahora por lo menos. Pero una cosa que es diferente y especial, sobre todo si miramos a los señores Putin y Trump, es que ese tipo de política de derechas tiene que ver absolutamente con la riqueza. Opine uno lo que opine sobre Mussolini o Hitler, a ellos realmente la riqueza personal no les importaba demasiado, mientras que Putin está obsesivamente preocupado por la riqueza personal, la suya y la de sus colaboradores y familiares inmediatos. Y Trump está también obsesionado por la riqueza de las personas que llevan su apellido. ¿Cómo se gobierna Rusia? Unos cuantos hombres que controlan la mayoría de los recursos controlan también la televisión, y de ese modo pueden controlar una realidad alternativa muy efectiva. ¿Cómo logra Trump ser elegido? Esos pocos hombres de Rusia que controlan la riqueza usan un poquito de esa riqueza para influir en los flujos de información dentro de Estados Unidos. Y lo hacen, desafortunadamente, con mucho éxito.

Una de las formas más fáciles de manipular a las personas es dividir el mundo entre ellos y nosotros. En esa dualidad se basa el fascismo

Se juntan para manipular, pues.

Robert Mercer y Steve Bannon y la empresa Cambridge Analytica usan la riqueza de una persona para entrar en Internet e intentar influir en las emociones y conseguir que algunos voten o no voten, según los intereses. Es una especie de matrimonio entre la riqueza extrema y el deseo de preservarla a través de la manipulación de las emociones en Internet, con fake news u otras cosas. Una de las formas más fáciles de manipular a las personas, de mantenerlas lejos de los datos, es dividir el mundo entre ellos y nosotros. Y a Internet eso se le da fenomenal: haz clic en esta dirección y te sentirás estupendamente. Eso, por supuesto, nos devuelve al fascismo, que se basa en esa idea de ellos y nosotros.

En Sobre la tiranía usted alerta del peligro que corre el periodismo. ¿Por qué quieren matar el periodismo?

Tendemos a pensar que mientras digamos algo por radio o televisión o en los periódicos hay libertad de expresión y, por tanto, democracia. Pero eso no es cierto. Lo que Putin y Trump comprenden es que puedes rellenar el espacio informativo enteramente con cosas que no son verdad. Así que puede parecer que está teniendo lugar una conversación porque ­alguien diga algo diferente a lo que dice otro. Puede estar esa conversación llena de aire malo: el aire bueno son los hechos, y eso es lo que ha de buscar el buen periodista. Es evidente que es más fácil llenar el aire de falsas verdades. Putin y Trump tienen miedo de los periodistas y los odian porque comprenden algo que nosotros también hemos de entender: que los hechos son los que hemos de contar para ser libres. Si no contamos los hechos, si no creemos en ellos, no somos más que víctimas de cualquier basura que haya por ahí que nos guste más.

¿Por qué le preocupa tanto el periodismo?

Vengo de provincias, hubo allí periódicos locales que competían. Eso ya no existe. Cuando mueren las noticias locales, muere la democracia. Observar a Rusia en este sentido es también útil. Allí mueren las noticias locales antes que en otros países. Cuando mueren las noticias locales, la gente empieza a hablar de “los medios”, y cuando la gente habla así es que la cosa se ha ido de las manos, porque nadie se fía de “los medios”. ¿Por qué, sentado en Nebraska, he de fiarme de un reportero de Los Ángeles o Nueva York que nunca viene a Nebraska? No me fío, pues. Rusia nos enseña lo que pasa después: la gente desconfía de lo que le cuentan los medios, entonces las autoridades hacen que desconfíe a la vez de todo el mundo. Y eso es lo que hace Trump, llevar a la gente a la desconfianza general. Y dice: desconfiad de los medios, odiad a los reporteros, fíense de los sentimientos. Y luego él te descubre cuáles son tus sentimientos: el miedo, el odio, la arrogancia. Parte de la razón por la que pienso que los reporteros son tan importantes es porque veo lo que pasa cuando desaparecen. Cuando los periodistas se van, sobre todo los locales, se crea una oportunidad para que los autoritarios gobiernen desde la desconfianza. Gracias a los reporteros sabemos de la guerra global, de la desigualdad global. Para combatir la desigualdad global nada hay mejor que periodismo de primera mano.

Dice usted en su último libro que cuando las cosas se rompen, virtudes que se habían perdido reaparecen…

En El camino hacia la no libertad me pareció necesario escribir sobre ética. Mostrar que hemos heredado instituciones como el periodismo o la cooperación europea, instituciones que nos ayudan a ser más decentes. Y cuando se desafía a esas instituciones, la penumbra ética se hace más clara, por lo menos durante un momento, antes de desaparecer por completo. Esas instituciones que he citado han de permanecer, pero debemos crear nuevas.

En Europa ahora hay dos amenazas, el Brexit y lo que sucede con Cataluña. ¿Cómo lo ve usted?

Primero, un principio general : no puedes forzar a la gente a que esté junta cuando no quiere. Lo entiendo. Otra cosa : lo que aprendimos de la Segunda Guerra Mundial es que esta cosa a la que llamamos Estado-nación europea es, en gran medida, inexistente, y cuando sí existió se derrumbó y acabó en nada : Polonia, Checoslovaquia, Estonia, Lituania… Existe una historia de los imperios y de Europa… Y la función de Europa es ayudar a los Estados. Donde la gente puede equivocarse mucho, y hablo ahora de Reino Unido, es en no comprender que Europa te ayuda a ser un Estado. Ese es el gran error. Casi nadie en Reino Unido reconoce eso. Y el riesgo ahí es que cuando las cosas se derrumban, luego siguen derrumbándose. No es solo que Reino Unido abandone Europa, es que Reino Unido entonces deja de existir e incluso Inglaterra deja de parecerse a la Inglaterra que la gente espera que sea. Es diferente cuando se enfrenta a solas a Rusia, a Estados Unidos, a China, que cuando es asistida por Europa en la idea de agradable globalización que esta ha hecho posible.

¿Y con respecto a Cataluña?

No sé lo suficiente para tener una posición clara. Creo que algo muy importante sobre el separatismo ahora, sea escocés o catalán, es asegurarnos de que la discusión no esté bajo control de factores externos. Si a los rusos les interesa Cataluña como les interesa Escocia, como les interesa cualquier cosa que debilite a España o a Europa en general, eso no significa que los catalanes no tengan derecho a decidir por sí mismos. Pero a la hora de decidir, la gente ha de ser consciente de que no hay adónde ir excepto a un lugar mayor. O te vas al mundo donde están Rusia, América o China y la globalización, o te vas a Europa. Es imposible estar solo, eso es un sueño. No quiero hablar de Cataluña porque no he vivido allí, no siento que comprenda la historia, pero mi idea general es que, si te vas de algún sitio, tienes que saber adónde vas, porque si no alguien va a terminar diciendo dónde acabas.

Utiliza a Eliot y a Orwell para hablar de las sombras del siglo XX. Este es también tiempo de sombras…

Por eso son necesarios los hechos, la verdad. Gobernar desde las sombras es decirle a la gente lo que quiere oír, mantenerla en un cierto lugar emocional. Mientras que perseguir la verdad ensancha y profundiza, porque el hallazgo es sorprendente. Y esa capacidad de ser sorprendidos nos convierte en mejores ciudadanos.

Ce lundi 22 octobre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

 

 

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