Archives de la catégorie “Rencontres”

L’immense plaisir de la lecture de l’Intégrale de la Correspondance de Maurice Ravel ; et l’entretien de la curiosité…

17mar

Achevant à l’instant, page 1352, l’Intégrale de la Correspondance (1895-1937), écrits et entretiens

de Maurice Ravel,

je tiens à souligner le plaisir que je prends

à pénétrer un peu, 

par un Journal, une Autobiographie, ou une Correspondance

_ aussi partiels et tronqués fussent-ils : bien des lettres manquent… _,

l’intimité  _ les arcanes _ du vécu

ainsi que de l’œuvrer

d’un auteur, un écrivain, un artiste…

Quelques remarques, et questions, au passage :

Je m’interroge en effet sur les parentés de Ravel à Ciboure – Saint-Jean-de-Luz
_ les notes, pourtant copieuses, de Manuel Cornejo manquant parfois de précision.
Et Maurice Ravel demeurant lui-même très discret sur tout cela.
A Saint-Jean-de-Luz
_ où Ravel éprouvait un très fort désir de venir se ressourcer : au moins seize fois entre août 1901 et l’été 1935 _,
Ravel avait pour amies les plus proches les sœurs Marie Gaudin (1879 – 1976)
et Jane Gaudin (1880 – 1979)
_ cette dernière épouse de Henri Courteault (26-8-1869 – 2-11-1937) ;
Jane et Henri étant les parents d’Annie Courteault (née semble-t-il en 1909) et Pierre Courteault (21-4-1910 – 15-12-2006).
Ainsi que leur belle sœur, Magdeleine Gaudin-Hiriart (1875 – 1968), veuve de leur frère aîné Charles Gaudin (1875 – 1910). 
La maison des Gaudin, « Mirentxu », se situe au 41 de la rue Gambetta.
Les parents de Marie et Jane Gaudin, (St Martin) Edmond Gaudin (né le 17 novembre 1844, et décédé le 28 décembre 1920)
et Annette Bibal (née le 28 avril 1845 et décédée en 1936), 
se sont mariés à Saint-Jean-de-Luz le 27 janvier 1875 ;
et ont eu 7 enfants, dont Charles, l’aîné (né en 1875, et décédé début octobre 1910),
et Marie (née en 1879) et Jane (née en 1880), parvenues presque centenaires toutes les deux.
Maurice Ravel appelle Magdeleine Gaudin-Hiriart (11-3-1875 – 15-6-1968), épouse de Charles Gaudin,
et mère d’Edmond Gaudin (30 mai 1903 – 28 décembre 1988),
« ma cousine »
_ cf la lettre de Maurice Ravel donnée à la page 246 ; ainsi que celle de Madeleine Gaudin-Hiriart, donnée à la page 403. J’ignore selon quels liens précis de parenté _ côté Delouart, forcément, et probablement avec les Hiriart, plus qu’avec les Gaudin…
Mais à nul moment Ravel ne qualifie Marie ou Jane Gaudin de ses « cousines »…
En revanche, Ravel qualifie Gachoucha Billac, qui vivra toute sa vie à demeure chez les Gaudin à Saint-Jean-de Luz (41 rue Gambetta) _ elle aida à élever leurs sept enfants _
de sa « grand-tante maternelle » ;
celle-ci était née à Ciboure en 1825 _ sans plus de précision : ses parents, Jacques Billac, 40 ans, et Marie-Baptiste Delouard, 32 ans (sic) lors de leur mariage, s’étaient mariés à Ciboure le 4 septembre 1814. Une ambiguïté demeure donc sur la date exacte de naissance à Ciboure de Marie-Baptiste Delouart…
… 
Et c’est _ fait éminemment notable ! _ Gracieuse Billac qui déclara la naissance de Maurice Ravel à la mairie de Ciboure le 8 mars 1875 _ le père de l’enfant se trouvant alors à Paris.
Ici encore quels sont les liens de parenté précis entre Marie Delouart et Gracieuse Billac ?..
Mais au passage, je m’interroge :
comment cette « tante Bibi » (dite ainsi en une lettre du 20 octobre 1921, page 764),
que Maurice Ravel ne manque encore pas d’inclure en ses vœux de bonne année à la maisonnée Gaudin du 41 rue Gambetta à Saint-Jean-de-Luz, le 3 janvier 1933,
peut-elle être celle-là même qui, née en 1825, alla déclarer sa naissance à la mairie de Ciboure le 8 mars 1874 ?..
En 1874, Gachoucha avait déjà 50 ans.
Et en 1921, cette Gachoucha-là aurait eu 96 ans ; et en 1933, 108 ans !
Peut-il s’agir de la même personne ?..
Je relève en effet aussi,
dans une lettre de Maurice Ravel du 18 septembre 1916,
et à propos d’une sienne indigestion de melon,
l’utilisation du passé
pour évoquer sa « chère tante Gachuch » (expression de la lettre du 16 octobre 1902, page 82) :
« Plus de 2 semaines de dysenterie (…) J’ai voulu réaliser le vœu de ma pauvre tante Gachucha qui souhaitait (sic) mourir d’une indigestion de melon ».
La Gachoucha Billac bien vivante en 1921 et 1933
ne serait-elle pas plutôt la fille de la Gachoucha Billac née en 1825 ?..
Une difficulté demeure donc…
Je note aussi
que la mère de Maurice Ravel, née Marie Delouart (le 24 mars 1840),
avait été déclarée à la mairie de Ciboure « née de père inconnu » ;
elle dont la mère, Sabine Delouart (11 mars 1809 – 22 décembre 1874), avait été, elle aussi déclarée « née de père inconnu » ;
Sabine Delouart dont la mère se nommait elle aussi Marie Delouart :
Marie Delouart, fille de Sabine Delouart, petite-fille de Marie Delouart…
Voilà les raisons pour lesquelles je désire en apprendre un peu plus sur ces relations de parenté cibouro-luziennes de Maurice Ravel…
il est en effet indiqué
qu’Étienne Rousseau-Plotto a recueilli les témoignages directs de la famille Gaudin _ notamment de Charles-Paul, le fils (sic) d’Edmond et Annette. Edmond et Annette ?.. Ou bien plutôt le fils d’Edmond et Angela ; et le petit-fils de Charles et Magdeleine ?..
Ce Charles-Paul Gaudin-ci, qu’a donc rencontré Etienne Rousseau-Plotto, n’est pas le Charles Gaudin fils d’Edmond et Annette Gaudin, et décédé en 1910 !!
… 
S’il est bien le fils d’un Edmond Gaudin
(né, lui, le 30 mai 1903, et décédé le 28 décembre 1988),
ce Charles-Paul Gaudin avait une mère qui ne se prénommait pas Annette, mais bien Angela :
Et son père, Edmond, était le fils unique de Magdeleine Hiriart (11 mars 1875 – 15 juin 1968),
l’épouse de Charles Gaudin, qui était lui le fils aîné d’Edmond Gaudin et son épouse Annette Bibal.
Et cette Magdeleine Hiriart avait, non loin d’elle, une sœur ainsi que ses parents (Hiriart) quand elle est tombée veuve de Charles, début octobre 1910 _ cf la lettre du 8 octobre 1910, page 246.
Et cet Edmond Gaudin-là, né, lui, le 30 mai 1903, a épousé Angela Rossi, née le 12 septembre 1905 ;
dont les enfants sont Maylen Gaudin, épouse et veuve Lenoir,
et Charles-Paul Gaudin.
… 
Edmond Gaudin (3-5-1903 – 28-12-1988) a, en effet, eu pour épouse Angela Rossi (12-9-1905 – 18-12-1999) ; tous deux reposent désormais au cimetière d’Aïce Errota, à Saint-Jean-de-Luz ;
et ils ont eu 2 enfants :
Maylen Gaudin (épouse de Michel Lenoir : né en 1935 et décédé en 2012) _ ils ont eu quatre enfants _
et Charles-Paul Gaudin,
lui-même père de Jean-Bernard Gaudin, qui vit à Madrid ;
et qui est lui-même père d’un petit Baptiste.
… 
Et je relève que
le 4 mai 2016, aux obsèques de Maritxu Rossi, née Larregain (âgée de 90 ans, et donc née en 1926),
étaient notamment présentes ses parentes :
sa sœur Hélène Larquier, née Larregain (1922 – mai 2018), veuve d’Auguste Larquier (né en 1925 et décédé en avril 2015),
sa belle-sœur Maïté Larregain, née Ducasse (1925 – décembre 2017), veuve de son frère Jean Larregain (né en 1921 et décédé en juin 2013)
sa nièce Maylen Lenoir (fille d’Edmond Gaudin et Angela Rossi, et veuve de Michel Lenoir, né en 1935 et décédé en 2012 ; et mère de 4 enfants)
et Francine Gaudin, peut-être l’épouse de Charles-Paul Gaudin _ j’ignore jusqu’ici ses liens de filiation.
Voilà qui peuvent être les parents Gaudin
qu’Étienne Rousseau-Plotto a pu rencontrer en son enquête sur les témoignages à propos de Maurice Ravel à Saint-Jean-de-Luz et Ciboure, pour son Ravel, Portraits basques
Bien des mystères entretiennent donc encore notre curiosité… 
Ce dimanche 17 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

La remarquable acuité philosophique de Barbara Stiegler en son « Il faut s’adapter : un nouvel impératif politique »

16mar

Le mardi 5 mars dernier,

eut lieu à la Station Ausone,

la quatrième et dernière séance de la saison 2018-2019

de notre Société de Philosophie de Bordeaux,

avec la présentation par notre collègue Barbara Stiegler

de son récent _ et lumineux et brillant _ essai de philosophie politique :

Il faut s’adapter : un nouvel impératif politique,

paru aux Èditions Gallimard.

En voici le podcast (de 69′) ;

ainsi que la vidéo.

En voici aussi la quatrième de couverture :

D’où vient ce sentiment diffus, de plus en plus oppressant et de mieux en mieux partagé, d’un retard généralisé _ des personnes, des citoyens _, lui-même renforcé par l’injonction permanente _ et massive _ à s’adapter au rythme des mutations d’un monde complexe ? Comment expliquer cette colonisation progressive du champ économique, social et politique par le lexique biologique _ voilà _ de l’évolution ? La généalogie _ selon une méthode nietzschéenne _ de cet impératif nous conduit dans les années 1930 aux sources d’une pensée politique, puissante et structurée, qui propose un récit très articulé sur le retard _ ou néotonie _ de l’espèce humaine par rapport à son environnement _ culturellement mouvant _ et sur son avenir _ à construire. Elle a reçu le nom de « néolibéralisme » : néo, car, contrairement à l’ancien _ libéralisme (classique) _ qui comptait sur la libre régulation du marché pour stabiliser l’ordre des choses, le nouveau en appelle _ lui _  aux artifices de l’État (droit, éducation, protection sociale) afin de transformer l’espèce humaine _ voilà _ et construire ainsi artificiellement le marché : une biopolitique _ pour reprendre le terme foucaldien _ en quelque sorte. Il ne fait aucun doute pour Walter Lippmann _ 1889 – 1974 _, théoricien américain de ce nouveau libéralisme, que les masses sont rivées à la stabilité de l’état social (la stase, en termes biologiques), face aux flux qui les bousculent. Seul un gouvernement d’experts peut tracer la voie de l’évolution des sociétés engoncées dans le conservatisme des statuts. Lippmann se heurte alors à John Dewey _ 1859 – 1952 _, grande figure du pragmatisme américain _ voilà _, qui, à partir d’un même constat, appelle à mobiliser l’intelligence collective des publics, à multiplier les initiatives démocratiques, à inventer par le bas _ lui _ l’avenir collectif. Un débat sur une autre interprétation possible du sens de la vie et de ses évolutions au cœur duquel nous sommes plus que jamais.

Ce samedi 16 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

L’élégance et l’éclat de l’exposition « Renversant ! » à la Cité du Vin de Bordeaux : le dialogue bien vivant du verre et du vin…

15mar

Hier soir, jeudi 15 mars, à 18 heures,

vernissage de la 5éme exposition thématique

de la Cité du Vin de Bordeaux :

sur les noces

des contenants en verre

_ verres, bouteilles et carafes… _

et le vin à déguster !

Et après les expositions

Bistrot ! De Baudelaire à Picasso,

la Géorgie, berceau de la viticulture,

le Vin et la Musique : accords et désaccords,

et Douro : l’air de la terre au bord des eaux

Cf mon article du 5 octobre 2018 :

Et celui de la veille, le 4 octobre :

Tous deux permettant

de retrouver la série de mes propres interventions à la Cité du Vin,

depuis son inauguration :

celle du 17 juin 2016 :

celle du 28 juin 2017 : 

 

celle du 27 avril 2017 :

 

celle du 23 mars 2018 :

  

Hier soir,

j’ai retrouvé avec très grande joie

l’esprit de sensibilité et d’intelligence qui a si bien animé l’équipe de la Cité du Vin

en ses deux précédentes _ splendides ! _ expositions thématiques ;

ainsi que la saine et très vive réussite des Géorgiens

qui avaient tant à cœur

de nous faire connaître _ et partager _ leurs vins, leurs vignobles,

ainsi que leur pays, la Géorgie, au pied du Caucase…

Jusqu’ici, dans la presse, je n’ai repéré qu’un article, celui du Figaro :

À Bordeaux, dialogue entre le verre et le vin

Le voici :

À Bordeaux, dialogue entre le verre et le vin


À travers une centaine d’œuvres d’artistes et de designers, la Cité du vin, à Bordeaux, mène, avec «Renversant !», une réflexion sur les contenants et leurs contenus. Un parcours 100 % contemporain.

L’architecture spectaculaire et résolument contemporaine de la Cité du vin de Bordeaux mérite sans doute à elle seule le déplacement. Mais les 700 m2 dédiés à «Renversant !», illuminés de grands aplats jaune d’or qui jouent, comme des rayons de soleil, avec la transparence du verre, offrent une autre bonne raison de s’y rendre. Depuis ce matin, et jusqu’au 30 juin 2019, la fragile matière est l’invitée star de cette troisième exposition temporaire, portée par la Fondation pour la culture et les civilisations du vin. «Après “Bistrot! De Baudelaire à Picassoen 2017 etLe Vin et la Musique, accords et désaccords en 2018, nous avions envie d’aborder le domaine du design», confie Bettina Tschumi, la commissaire de la manifestation. Et plus particulièrement d’évoquer la relation entre le verre et la culture de la vigne.

«L’idée était de s’inscrire dans le XXIe siècle, de bousculer les codes. Nous sommes partis de l’objet utile pour aller vers l’artistique, le symbolique, souligne Marion Eybert, responsable des expositions temporaires. À travers ce type d’événements, nous avons une approche très différente de ce qui existe déjà à la Cité.» Un lieu riche en propositions pour appréhender l’univers du vin sous de multiples facettes.

6. Bouteille Estomac de Fabrice Hyber, 1993.

Installations, objets, dessins, vidéos…

Cette fois, ce sont près d’une centaine de créations et pour ainsi dire autant de designers et d’artistes français et internationaux qui interpellent à travers quatre thématiques fortes: «Fonctions», «Symboles», «Détournements», «Images du vin». L’occasion de découvrir tour à tour les productions du design industriel, telle l’élégante carafe, élancée comme une flamme, de Riedel, les trouvailles ingénieuses ou décalées d’étudiants d’écoles belge et allemande autour du décanteur, les bouteilles coupées à froid avant d’être transformées en verres à boire de Laurence Brabant. La section «Symboles» s’intéresse à l’addiction, avec une œuvre signée Berdaguer & Péjus, dont les serpents de verre dressés semblent tendres aux visiteurs, des fioles aux bouchons pointus comme des seringues. Elle aborde aussi le rapport à la religion. Un propos illustré par le Kit de vocation de Joël et Stéphane Rivoal – un ciboire et une couronne d’épines qui s’illumine quand on glisse un euro dans le tronc qui les supporte -, la série de carafes en verre translucide Les Minarets ou encore la carafe Crâneuse, dont le crâne intérieur, telle une vanité, évoque la fragilité de la vie. En préambule, trois œuvres de Nicolas Boulard, dont une pyramide de flacons de romanée-conti d’un millésime qui n’a jamais existé, le DRC 1946. La vigne, cette année-là avait été dévastée par le phylloxera! Au rang des détournements, voir la suspension en bouteilles de couleur réalisée pour Lasvit en 2013, ou encore le service à vin Distiller d’Octave de Gaulle pour trinquer en apesanteur. Avec Eat Me, Fabien Verschaere a laissé esprits malins, elfes et farfadets s’inviter à table sur un service de 24 pièces. Une diablerie qui accompagne une certaine image du vin.

Contactée en 2016, à la suite du travail accompli sur l’exposition «Ceci n’est pas une bouteille», Bettina Tschumi a mis deux bonnes années pour écumer la création européenne – en France, mais aussi en Italie, Suisse, Espagne, Angleterre, République tchèque… et américaine. «J’ai rassemblé une sélection d’œuvres de ces vingt dernières années. Mais, avec matali crasset, que je connaissais déjà, nous avons également intégré le processus de création.» La designer a planché pour la circonstance autour d’un «buvant» en se penchant sur l’art de la dégustation, un domaine de prime abord réservé aux spécialistes par ses rituels et son vocabulaire. Elle y a vu l’occasion d’interroger nos pratiques actuelles, de réfléchir à la dégustation en tant qu’expérience collective pour aboutir à l’objet. «C’est assez compliqué de proposer de nouvelles logiques, parce que nous avons tous peur de la nouveauté, a-t-elle confié à Marion Eyber lors d’un entretien. Mais, en proposant des logiques centrées sur l’humain, nous arrivons à donner un fondement à ce processus. J’essaie de trouver les choses les plus universelles ou celles que nous avons oubliées. Par rapport à ce projet, le vin, c’est quelque chose de très fort. Le vin et le contenant, d’ailleurs. Depuis la nuit des temps, l’homme a voulu contenir pour conserver.» Il en est résulté Vino sospesole vin suspendu»), un objet rond, à la fois verre et carafe, que l’on accroche, comme une boule de Noël, à un arbre… Pour goûter, sentir différemment, en osmose avec la nature qui produit le vin. Et pas n’importe lequel. «Très vite, nous avons envisagé la culture du vin en biodynamie, que nous voulions associer à une autre culture du verre», précise Bettina Tschumi.

7. Verres Cold Cuts de Laurence Brabant, 2008.

Pendant un an – le temps nécessaire à l’élaboration d’un millésime et d’un objet -, le cinéaste Jérôme de Gerlache a filmé matali crasset et Stéphane Derenoncourt, propriétaire d’un domaine _ situé à Sainte-Colombe (Côtes de Castillon) _ qu’il cultive en biodynamie. Il a enregistré leurs analyses sur les métiers de vigneron et de designer ; et s’est aussi attaché aux gestes des souffleurs du CIAV de Meisenthal, qui ont œuvré sur Vino sospeso. Cela a donné naissance à Saison[s], l’histoire d’une création, un court-métrage d’une trentaine de minutes duquel se dégagent des portraits sensibles, des parallèles et des points communs : la passion, le rapport à l’homme, l’importance de la main, de la transmission aussi. Dans le cadre de «Renversant !», le film est présenté en séquences de cinq minutes sur des écrans disséminés tout le long du parcours. Pour mieux comprendre _ voilà : et c’est crucial pour les visitants _ , à chaque étape thématique, que, dans le vin et le verre qui l’accompagne, c’est le partage, le travail d’équipe, qui compte.

Exposition Art et Design Renversant
Une exposition de la Cité du Vin de Bordeaux du 15 mars au 30 juin 2019.

 

Une très remarquable exposition,

élégante, éclatante, splendide…

Ce vendredi 15 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

En parcourant l’Intégrale de la Correspondance de Maurice Ravel…

14mar

En parcourant,

avec un vif plaisir,

l’Intégrale de la Correspondance (1895-1937), écrits et entretiens,

 

je m’attache à y relever

tout ce qui y concerne

Saint-Jean-de-Luz et Ciboure…

Les séjours qu’y fit Maurice Ravel,

bien sûr _ et ce qu’il y fit, composa _ ;

mais aussi toutes les personnes _ et correspondances _

ayant un lien _ affectif fort _ avec 

ce coin de son « pays natal« ,

ainsi qu’il se plaît à l’écrire à maintes reprises…

En commençant par les membres de la famille Gaudin

_ dont la « tante Gachuch« , ou Gachoucha, c’est-à-dire Gracieuse Billac,

qui veillait sur les enfants de la maisonnée Gaudin, en leur domicile du 41 rue Gambetta à Saint-Jean-de-Luz ; 

Gachoucha Billac étant la grand-tante maternelle de Maurice Ravel… ;

et quand Maurice Ravel et Magdeleine Gaudin-Hiriard s’écrivent

(cf les lettres du 8 octobre 1910 et du 24 novembre 1914),

il lui écrit « ma chère cousine« , page 246 ;

et elle, elle signe « votre cousine« , page 403… _ :

surtout Marie Gaudin (1879 – 1976)

et sa sœur Jane Gaudin-Courteault (1880 – 1979),

qui furent les amies de toute la vie de Maurice Ravel.

Et je remarque que ses séjours-là

sont, pour Ravel,

comme un très salutaire baume de jeunesse ;

et de reviviscence…

À suivre…

Ce jeudi 14 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Stephane Degout, plus que jamais au sommet : le CD « Enfers _ Famous Opera Scenes by Jean-Philippe Rameau »

09mar

Un nouvel article, Inferno,

de Jean-Charles Hoffelé sur son blog Discophilia, du site Artamag,

m’a conduit

à mieux écouter

le CD Enfers _ Famous Opera Scenes by Jean-Philippe Rameau  

de Stéphane Degout

avec l’Ensemble Pygmalion que dirige Raphaël Pichon :

Soit le CD Harmonia Mundi HMM 902288.


J’avais été déçu par un récital Bach

de Pygmalion et Raphaël Pichon

à l’Auditorium de Bordeaux, le 5 février 2018 :

pas assez soigné

 et avec trop de coupures dans les cantates données.

Le CD Enfers avait donc fait les frais

du souvenir tenace de cette mauvaise humeur mienne à l’égard de Pichon. 

Et alors même que sur un programme _ en partie ramélien _ assez proche,

j’avais filmé au caméscope,

du haut de la chaire _ baroquissime _ de Sainte-Walburge, à Bruges,

La Simphonie du Marais, de Hugo Reyne,

avec le baryton Thierry Félix ;

c’était le 7 août 1993 _ le soir même des obsèques, à Bruxelles, du roi Baudouin.

Bruges peu à peu allait sortir du deuil qui l’anesthésiait jusque là.

Lors du Festival des Flandres de 1993 _ il y a déjà 26 ans.


J’ai sous les yeux le programme de ce concert de 1993

que Hugo Reyne avait intitulé

_ par un parfait hasard eu égard à la spécificité (tellement singulière !) de telles circonstances de deuil profond ! _

« Des Ténèbres aux Lumières » !

Je mets ici en gras ce qui est commun

entre le récital de Thierry Félix et La Symphonie du Marais

et le CD de Stéphane Degout et Pygmalion :

_ Jean-Fery Rebel : le chaos (extrait des Éléments)

_ Jean-Philippe Rameau : « Profonds abîmes du Ténare » (extrait du Temple de la Gloire)

_ Ouverture de Zaïs

_ « Monstre affreux, monstre redoutable » (extrait de Dardanus)

_  Ouverture de Hippolyte et Aricie

_ « Puisque Pluton est inflexible » (extrait de Hippolyte et Aricie)

_ Ouverture de Zoroastre

_ « Éveillez-vous ! » (extrait de Zaïs)

_ Ouverture du Temple de la Gloire

_ La Fête du Soleil (extraite des « Indes Galantes« ) :

… « Soleil, on a détruit tes superbes asiles »

… Adoration du Soleil : « Brillant Soleil ! »

… Dévotion au Soleil : « Clair flambeau du Monde »

Georg Frideric Händel : Ouverture des Royal Fireworks.

Eh bien !

à la ré-écoute de ce CD Degout,

je réévalue complètement mon appréciation,

au moins des interprétations de ce génial baryton qu’est Stéphane Dégout :

quelle superbe intelligence des textes,

quel art de la diction la plus juste qui soit !

quel timbre !

_ mais oui ! et cest bien sûr fondamental !!! _

et quel merveilleux art du chant !

Tout tremble ici !!!

en ces Enfers…

Voici, maintenant, l’article Inferno de Jean-Charles Hoffelé :

INFERNO

Sujet, le Ténare, objet la métaphore de la tragédie lyrique entre Rameau et Gluck, ses gains et surtout ses pertes. On ne voit guère ces dernières tant le baryton noir _ voilà _, l’ardeur vocale _ oui _, l’intensité lyrique et dramatique _ oui _, la splendeur des mots _ tout cela est parfaitement cerné ici ! _ qu’y déploie Stéphane Degout dessine des personnages qui semblent _ voilà : quelle extraordinaire puissance de présence ! _ émaner du disque comme jaillis _ oui _ de la scène _ même _ : cet Anténor plein de douleurs et de craintes dans l’attente du monstre, cet Oreste parricide qui hurle sa conscience, se voient _ et s’imposent à nous _ autant qu’il s’entendent.

Ce disque quasi parfait _ mais oui _ en six stations, entre théâtre – beaucoup – et église (un peu, et moins convaincant à vrai dire _ et c’est tout à fait juste ! _), célèbre Stéphane Degout dans son répertoire de cœur _ voilà ! quel royal interprète ! _, et cet opulent drame imaginé avec Pygmalion et Raphaël Pichon, réserve quelques moments d’anthologie, comme le _ redoutablissime _ “Trio des Parques” d’Hippolyte et Aricie _ les musiciens de l’Académie royale avaient carrément refusé de le jouer lors de la première ! _ ou l’Hostias et preces tibi rebrossé _ dans la Messe de Requiem _ de Castor et Pollux selon Reinould van Mechelen magnifique chanteur, lui aussi : ténor.

Lorsque résonne « Quelle plainte en ces lieux m’appelle », c’est Rita Gorr ! Non, Sylvie Brunet, Phèdre impérieuse, qui remet Rameau dans le ton de la Grande Tragédie, instant saisissant où Stéphane Degout, avec admiration, se sera laissé voler la vedette.

Album splendide _ oui _ à l’édition particulièrement soignée.

LE DISQUE DU JOUR





Enfers
Scènes extraits d’opéras de :

Jean-Philippe Rameau(1683-1764)
Zoroastre, RCT 62 (4 extraits)
Dardanus, RCT 35 (1 extrait)
Messe de Requiem sur des thèmes de “Castor et Pollux
(4 extraits : Requiem aeternam, Kyrie eleison, Domine Jesu Christe, Hostias et preces tibi)

Hippolyte et Aricie, RCT 43 (5 extraits)
Les Surprises de l’amour, RCT 58 (1 extrait : Loure)
Les Boréades, RCT 31 (extrait : Entrée de Polymnie)


Jean-Féry Rebel (1666-1747)
Les Elémens (extrait : Le Chaos)


Christoph Willibald von Gluck (1714-1787)
Iphigénie en Tauride, Wq. 46 (1 extrait)
Armide, Wq. 45 (1 extrait)
Orphée et Eurydice, Wq. 30 (3 extraits : Sinfonie infernale, Danse des furies, Ballet des ombres heureuses)


Stéphane Degout, baryton
Avec aussi :
Emmanuelle de Negri, soprano
Sylvie Brunet-Grupposo, mezzo-soprano
Stanislas de Barbeyrac, tenor
Reinould van Mechelen, ténor
Mathias Vidal, ténor
Thomas Dolié, baryton
Nicolas Courjal, basse

Pygmalion
Raphaël Pichon, direction

Un livre-CD du label harmonia mundi HMM902288
….

Photo à la une : le baryton Stéphane Degout – Photo : © Julien Benhamou

 

Ce samedi 9 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

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