Archives du mois de août 2019

Un superbe concert baroque de l’Ensemble Diderot (direction Johannes Pramsohler) à Saint-Pée-sur-Nivelle : Telemann et le concert français

11août

Me trouvant ce week-end à Saint-Jean-de-Luz et Ciboure, et m’apprêtant à prendre ma voiture pour rejoindre, à Ciboure, la Tour de Bordagain, où se tenait exceptionnellement une présence de l’Association Jakintza,

je trouve, samedi matin, vers 10 heures trente, sur le pare-brise de ma voiture, à peine déposé, un flyer informant de la tenue _ le soir même _ d’un concert de l’Ensemble Diderot, avec son chef, le violoniste baroque Johannes Pramsohler _ excellentissime ! _, à Saint-Pée-sur-Nivelle, à la salle Larreko, à 21 heures,

avec pour intitulé du programme : « Telemann et le concert français« , œuvres de Telemann, Leclair, Aubert, Corrette et Boismortier.

J’en informe bientôt mes amis Sylvie et Bernard _ de Bidart _, fervents mélomanes, et abonnés au Kursaal de Saint-Sébastien : le concert _ je l’ai noté _ est placé sous les auspices de la Quincena Musical de San Sebastian _ Bernard va s’informer sur la réservation possible des places.

Juste au sortir de La Cidrerie de Biriatou _ où j’aime venir déjeuner quand je me trouve à Saint-Jean-de-Luz ; et je n’en suis jamais déçu ! _, et allant reprendre ma voiture, coup de fil de Bernard qui m’informe avoir appris _ sur le site du Kursaal _ que le concert est déjà complet !

Je lui réponds que la loi française, à ma connaissance, impose qu’un certain volant de places doit demeurer disponible jusqu’au dernier moment pour tout concert, ou représentation de théâtre ou d’opéra ;

et que de retour chez moi à Saint-Jean je vais à mon tour m’aviser de la réalité de la situation _ étonnante : pourquoi les organisateurs du concert de Saint-Pée auraient-ils pris la peine de venir déposer ces flyers ce matin même à Saint-Jean-de-Luz, sinon ?..

Sur Internet, je découvre le nom et les coordonnées téléphoniques de l’organisateur, à Saint-Pée, Jean-François Clément ;

et je lui téléphone aussitôt.

Bien sûr, le concert n’est pas du tout complet,

et il m’avise qu’après le concert, la municipalité de Saint-Pée a prévu de fêter les musiciens comme il convient : pour la soif et une petite faim.

Il est aussi très sympathique.

Je rappelle aussitôt mon ami Bernard : nous nous retrouverons donc à Saint-Pée ce soir pour le concert de l’Ensemble Diderot dont je connais la plupart (excellentes ! toutes…) réalisations discographiques, chez Audax Records ;

Audax Records dont je possède à ce jour onze CDs ; je suis très curieux de tout ce que produit la marque de CDs Audax, fondée par Johannes Pramsohler lui-même, musicien et producteur, d’une immense curiosité musicale et d’une qualité d’interprétation à chaque fois enthousiasmante : rien moins ! Et les disquaires de la librairie Mollat ne manquent pas d’approvisionner en ces CDS Audax leurs rayons !


Le concert « Telemann et le concert français » a pour programme :

de Jean-Marie Leclair (1697 – 1764), un concerto pour violon en mi bémol majeur ;

de Georg Philipp Telemann (1681 – 1767), le concerto pour 3 violons en fa majeur (TWV 53:F1) extrait de la Tafelmusik ;

de Michel Corrette (1707 – 1795), le concerto comique Les Sauvages et La Furstemberg _ avec aussi des variations sur Quand on sçait aimer et plaire _ ;

de Joseph Bodin de Boismortier ( 16989 – 1755), un concerto pour violoncelle ; 

et de Jacques Aubert (1689 – 1753), le concerto pour 4 violons op. 26 N°3.

En bis,

les 7 musiciens de l’Ensemble Diderot,

soient Johannes Pramsohler, violon et direction,

Roldan Bernabé et Simone Pirri, violons,

Mario Konaka, alto et violon,

Gulrim Choi, violoncelle,

François Leyrit, contrebasse,

et Philippe Grisvard, clavecin,

donneront Le Carillon, du même Jacques Aubert, et à 4 violons.

Un superbe concert de concertos français du XVIIIeme siècle,

à la jointure d’une forme italienne _ le concerto _ et d’une expression française ;

que le très curieux et très ouvert Georg Philipp Telemann a eu très à cœur de diffuser

en ses admirables Ouvertures-Suites _ à la française : les chefs d’œuvre du genre, tout simplement ! très variés : quelle sublime inventivité chez le généreux Telemann _ comme en sa somptueuse Tafelmusik (publiée en 1733)…

Telemann effectuera en 1737-1738 un très fécond séjour à Paris de huit mois _ avec concerts de sa musique : à la cour comme au Concert Spirituel _ dont sortiront ses somptueux Quatuors parisiens _ j’aime beaucoup la version, en 3 CDs, de l’ensemble Florilegium…

L’enregistrement Archiv de 1988 de la Tafelmusik par Reinhard Goebel et son Musica Antiqua Köln

tient toujours magnifiquement la route.

La réception par Jean-François Clément,

comme par le maire de Saint-Pée, Pierre-Marie Nousbaum

_ et la salle de concert Larreko est superbe _,

a été très amicale et festive : avec un très fort goût de revenez-y…

En parfaite harmonie avec le festivité musicale

de l’Ensemble Diderot 

et le dynamisme et la musicalité de Johannes Pramsohler,

et ses CDS Audax…

Sur Johannes Pramsohler

musicien-interprète ainsi que producteur des toujours passionnants Audax Records,

outre les nombreux articles de mon blog à son sujet,

lire son excellent entretien du 13 juin dernier avec Maciej Chizynski sur le site de Res Musica :

Johannes Pramsohler, violoniste pour sortir des sentiers battus… 

On notera aussi que de puis 2008 Johannes Pramsohler joue un violon Pietro Giacomo Rogeri (1665 – 1740) de 1713 (Brescia)

que lui a cédé Reinhard Goebel…

 

Une petite remarque néanmoins,

à destination, non pas des organisateurs _ parfaits ! _ de Saint-Pée,

mais des éditeurs _ guipuzcoans de Donostia, dans le cadre de leur Quinzaine musicale _ du programme distribué au début du concert :

le troisième violon, d’une très grande expressivité, ne se nomme pas Simone Perrin,

mais Simone Pirri :

natif, en octobre 1994 de Pescara,

cet excellent violoniste de vingt-trois ans est domicilié à Londres ;

élève de Rachel Podger,

Simone Pirri joue fréquemment avec l’excellentissime _ lui aussi _ Concerto 1704, de Vaclav Luks… 


Ce dimanche 11 août 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Un récapitulatif à ce jour de mes recherches sur les cousinages cibouro-luziens de Maurice Ravel

09août

Pour qui aura un peu le temps

de parcourir le cheminement de mon enquête

sur les cousinages cibouro-luziens de Maurice Ravel (1875-1937),

entrepris le 17 mars dernier,

ce tableau récapitulatif :



Ce vendredi 9 août 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Grandeur d’Igor Markevitch : ici dans Rimsky-Korsakov

08août

Igor Markevitch (Kiev, 27 juillet 1912 – Antibes, 7 mars 1983)

fut un chef extraordinaire.


Le remarquable éditeur australien Eloquence

re-publie un superbe CD de ce chef

conduisant le London Symphony Orchestra, en 1962,

dans deux œuvres de Nicolaï Rimsky-Korsakov :

le Capriccio espagnol et Shéhérazade.

RimskyMark

Ce jeudi 8 août 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

La joie de ré-écouter Mendelssohn : par Jan Lisiecki

07août

Mendelssohn fait partie des compositeurs dont je me lasse pas.

J’ai fini par me laisser tenter par le CD Mendelssohn de Jan Lisiecki et l’Orpheus Chamber Orchestra,

le CD Deutsche Grammophon 00289 483 6471.


Eh bien, l’expérience est heureuse.

La jeunesse de l’interprétation

est en parfaite adéquation avec la jeunesse for ever de Felix Mendelssohn (1809 – 1847).


Jeunesse est d’ailleurs le titre par lequel,

sur son site Discophilia, le 28 mai dernier,

Jean-Charles Hoffelé

a chroniqué ce beau CD.


On écoutera aussi les interprétations de mon cher Roberto Prosseda.

JEUNESSE



Le charme ? _ voilà le mot juste ! Qui le contesterait aux Concertos de piano de Mendelssohn comme au jeu ailé _ sur les ailes de la musique… _ de Jan Lisiecki ? S’il est bien un pianiste de la jeune génération à qui ces musiques étaient destinées, c’est lui _ mozartien et chopinien comme il est…

Clavier fin et souple, doigt d’elfes, les allegros sont sur les pointes dans les deux concertos, avec pour le Finale du sol mineur cette allégresse contenue _ oui _, ce ton fusant _ oui _ que seul y aura mis Rudolf Firkušný _ un très grand ! _ dans un de ses rares Vox.


La virtuosité sans fard du jeune homme sait aussi se transmuer en cantilène dans les mouvements lents, mozartien en diable _ en effet ! _ là où Rudolf Serkin s’abstenait d’une telle tentation. Mais comme y céder avec tant d’art délivre justement le modèle que Mendelssohn avait en tête ! Pour une fois plus J. S. Bach, mais bien Mozart.


L’alliage avec les Orpheus est d’une limpide simplicité, et Lisiecki a la bonne idée d’ajouter quelques opus pour piano seul : Variations sérieuses lyriques et sobres, Rondo capriccioso plein d’elfes, et en coda un Gondolier mystérieux. Il devrait continuer _ oui _ chez Mendelssohn !


LE DISQUE DU JOUR


Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847)


Concerto pour piano et orchestre No. 1 en sol mineur, Op. 25, MWV O7
Variations sérieuses, Op. 54, MWV U156
Concerto pour piano et orchestre No. 2 en ré mineur, Op. 40, MWV O11
Rondo capriccioso en mi majeur, Op. 14, MWV U67
Chant de gondolier vénitien (No. 6 en sol mineur, extrait des « Lieder ohne Worte, Livre I, Op. 19 »)

Jan Lisiecki, piano
Orpheus Chamber Orchestra

Un album du label Deutsche Grammophon 002894836471

Photo à la une : le pianiste Jan Lisiecki – Photo : © Deutsche Grammophon

Ce mercredi 7 août 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Un Egon Schiele découvert dans un dépôt-vente du Queens, à New-York…

06août

Ce soir,

je découvre cet article-ci _ non signé _ dans le Figaro :

Un dessin original d’Egon Schiele découvert dans un dépôt-vente du Queens


Un dessin original d’Egon Schiele découvert dans un dépôt-vente du Queens


Un dessin original d’Egon Schiele découvert dans un dépôt-vente du Queens


Promis à la décharge, le petit croquis, estimé entre 100.000 et 200.000 dollars, a été découvert par un amateur _ un peu éclairé déjà… Selon l’experte américaine qui l’a authentifié, il a été réalisé dans les derniers mois avant la mort de l’artiste autrichien _ Egon Schiele : Tull an der Donau, 12 juin 1890 – Vienne, 31 octobre 1918.


La découverte a de quoi faire rêver _ certes ! en effet ! En juin 2018, la marchande d’art Jane Kallir, spécialiste de l’expressionnisme allemand et autrichien, reçoit un e-mail intrigant. Un homme prétend avoir trouvé un petit dessin dans le bazar d’un dépôt-vente solidaire du Queens, à New York. Sur la photo très floue jointe au mail, la directrice de la Galerie St. Etienne devine une jeune femme allongée sur le dos, nue. Le style rappelle celui d’Egon Schiele, mais Jane Kallir reste prudente. «Dans 90% des cas, les gens se trompent. Ce sont de méchantes copies», raconte l’experte à The Art Newspaper. Pour en avoir le cœur net, elle demande cependant une photo de meilleure qualité à l’acheteur. Son mail restera longtemps sans réponse.


Près d’un an plus tard, en mai dernier, Jane Kallir reçoit une nouvelle photographie de bien meilleure qualité cette fois. Et ce qu’elle voit l’intrigue au point qu’elle demande à son correspondant de venir lui présenter la découverte à sa galerie. Devant le dessin, plus de doute possible _ voilà _ pour l’experte. Il s’agit, explique-t-elle, d’un dessin authentique et original. Après quelques recherches, elle reconnaît l’un des modèles réguliers du peintre, une adolescente qui posait «parfois seule, parfois en venant avec sa mère en 1918», juste avant la mort de Schiele. Le croquis appartiendrait même, selon elle, à une série de 22 dessins, dont deux autres pourraient provenir de la même séance. L’ensemble aurait constitué le travail préparatoire à une lithographie bien référencée de l’artiste autrichien intitulée Mädchen (Fille), imprimée quatre ans après sa mort.


Le dessin est maintenant proposé à la vente. Son acheteur, qui souhaite rester anonyme, n’a pas précisé combien il l’avait payé. Mais Jane Kallir l’estime, maintenant qu’elle l’a authentifiée, entre 100.000 et 200.000 dollars (entre 90.000 et 180.000 euros). Selon elle, une partie de la vente sera reversée à Habitat for Humanity qui gère le dépôt-vente où la découverte a eu lieu. Contactés par The Art Newspaper, les responsables de l’association ont fait part de leur «excitation». «Je ne peux pas m’empêcher de penser que ce morceau d’histoire de l’art aurait pu finir dans une décharge, perdu à jamais, si nous n’avions pas organisé cette vente», témoigne la présidente de l’antenne new-yorkaise.


Egon Schiele : un génie.


Ce dessin me rappelle l’admirable poème de Gottfried Benn, en 1912 :

Morgue.

La lecture des commentaires des lecteurs du Figaro se passe, elle, de commentaire…

Ce mardi 6 aoûtt 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

 

 

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