Archives de la catégorie “Musiques”

De Marc-Antoine Charpentier à Giacomo Carissimi : aux fécondes sources de l’oratorio, à Rome

18avr

L’écoute du double CD des Histoires sacrées de Marc-Antoine Charpentier (1643 – 1704)

par Sébastien Daucé et son Ensemble Correspondances

_ cf mon article du 15 avril dernier :  _

m’a donné le désir de remonter à l’œuvre du maître romain de l’oratorio,

Giacomo Carissimi (1605 – 1674),

dont le jeune Charpentier

a approché au moins certaines des représentations

lors de son séjour romain de formation.

En ce moment même,

j’écoute avec très un vif plaisir la Jephte de Carissimi,

dans l’interprétation de l’Ensemble Seicentonovecento

de Flavio Colusso,

dans le premier CD du coffret de 9

publié par Musicaimmagine Records, en 1996,

et re-publié en 2013 par Brilliant Classics.

Sans nulle hystérie _ qui serait malvenue _,

Carissimi ainsi interprété par des Italiens

_ dont le ténor Francesco Sclaverano (Jephte)

et la soprano Nunzia Santodirocco (sa fille) _

présente de plus chaudes couleurs

que le pudique et sobre Charpentier

de Sébastien Daucé

et Correspondances.

Carissimi est un compositeur majeur !!!

Et Jephté un chef d’œuvre d’une extraordinaire intensité.

Ce jeudi 18 avril 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

La lumière d’Ysaÿe, Franck, Vierne, par le violon d’Alina Ibragimova et le piano de Cédric Tiberghien

17avr

Eugène Ysäye,

le célèbre violoniste virtuose belge (1858 – 1931)

fut aussi compositeur ;

ainsi que le récipiendaire ou commanditaire

de deux magnifiques pièces pour violon et piano :

la Sonate pour violon et piano n° 1 en la Majeur, de César Franck (1822 – 1890),

en 1886, pour son mariage ;

et la Sonate pour violon et piano opus 23 en sol mineur, de Louis Vierne (1870 – 1937),

en 1905/6.


La violoniste Alina Ibagimova et le pianiste Cédric Tiberghien

ont construit un superbe programme,

merveilleusement interprété,

ouvert par le Poème élégiaque opus 12 (en 1892/3) d’Ysaÿe lui-même ;

et conclu par le très beau Nocturne pour violon et piano (en 1911) de Lili Boulanger (1893 – 1918) :

soit le CD Hyperion  CDA 68204.

Voici le commentaire qu’en a donné Jean-Charles Hoffelé

en son blog Discophilia le 3 avril dernier :

POUR L’ARCHET D’YSAŸE


Susciter des chefs-d’œuvre, Eugène Ysaÿe en fut coutumier, il est le héros du nouvel album qu’Alina Ibragimova et Cédric Tiberghien font paraître après leur grand voyage chez Mozart.

Son Poème élégiaque, inspiré par la scène au tombeau de Roméo et Juliette ouvre ce disque et vient rappeler quel compositeur d’importance il fut, avant même d’être l’inspirateur et l’interprète de génie que l’on sait. Il avait le don de créer un univers poétique hypnotique que l’archet de la violoniste saisit dans toutes ses nuances : le paysage qu’elle compose avec le piano éolien de Cédric Tiberghien à la fin de l’œuvre me poursuit de son long trille fuligineux.

La Sonate de Franck évite toute hystérie, sans pourtant rien perdre de son pouvoir d’émotion, la sonorité creusée du violon, le piano orchestral mais sans tapage, tout conduit à produire une lecture intériorisée qui suspend le temps dans le Recitativo-Fantasia, aux teintes fauréennes ici : quel art du pianissimo !

Vingt ans plus tard, Ysaÿe se tournait vers un autre organiste : Vierne lui écrirait-il une sonate ? Ysaÿe y mit son grain de sel, la partie de violon est étourdissante. Vierne, se prenant au jeu, écrivit une œuvre brillante, capricieuse de rythmes, pleine de surprises harmoniques, avec une magnifique partie de piano – pensée pour Raoul Pugno – que Cédric Tiberghien fait sonner avec des raffinements que peu y auront mis jusque-là alors que le l’archet d’Alina Ibragimova danse avec ivresse ou rêve, nostalgique à souhait. Heureux Vierne dont cette Sonate trop longtemps restée peu courue malgré les efforts de Jean Moulière et de quelques autres, aura suscité récemment deux belles versions, celle-ci et celle d’Elsa Grether et François Dumont.

En postlude, quelle jolie idée d’avoir placé la berceuse en train de s’endormir qu’est le tendre Nocturne de la grande Lili, pur instant de poésie, comme tout ce disque !


LE DISQUE DU JOUR












Eugène Ysaÿe (1858-1931)
Poème élégiaque, Op. 12 (version pour violon et piano)


César Franck (1822-1890)
Sonate pour violon et piano en la majeur, FWV 8


Louis Vierne (1870-1937)
Sonate pour violon et piano en sol mineur, Op. 23


Lili Boulanger (1893-1918)
Nocturne pour violon et piano


Alina Ibragimova, violon
Cédric Tiberghien, piano


Un album du label Hypérion CDA68204

Photo à la une : le pianiste Cédric Tiberghien et la violoniste Alina Ibragimova – Photo : © DR


Ce mercredi 17 avril 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

 

La dernière des grandes Messes de Jan Dismas Zelenka : la Missa Omnia Sanctorum, nouveau chef d’oeuvre discographique

16avr

Jan Dismas Zelenka (1679 – 1745)

est un musicien au plus haut sommet de la musique au XVIIIème siècle,

à Dresde.

Avec le CD GCD 924103,

le label Glossa

nous propose la toute dernière de ses Grandes Messes,

la Missa Omnium Sanctorum, donnée en 1741,

par l’ensemble La Barocca, dirigé par Ruben Jais,

le LaBarocca Vocal Ensemble,

que dirige Gianluca Capuano,

et avec, pour les chanteurs solistes,

Carlotta Colombo, soprano,

Filippo Minaccia, alto,

Cyril Auvity, tenor

et Lukas Zeman, basse.


C’est un chef d’œuvre.



Ce mardi 16 avril 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Les Histoires Sacrées de Marc-Antoine Charpentier par Sébastien Daucé et l’Ensemble Correspondances

15avr

Sébastien Daucé

poursuit son très beau travail discographique

en faveur, tout spécialement, de l’œuvre musical de Marc-Antoine Charpentier (1643 – 1704),

chez Harmonia Mundi,

par un magnifique double album _ + un DVD Bonus _ HMM 902280.81,

intitulé Histoires sacrées,

et comportant 9 œuvres :

Cæcilia, virgo et martyr octo vocibus H. 397,

Motet pour les trépassés à 8 H. 311,

Dialogus inter Magdalenam et Jesum H. 423,

Judith, sive Bethulia liberata H. 391,

Mors Saülis et Jonathae H. 403,

Dialogus inter Christum et homines H. 417,

Élévation Famem team H. 408,

et Pestis Mediolanensis H. 398 & 398a.

Marc-Antoine Charpentier est le seul compositeur du Grand Siècle _ pas trop bien en cour auprès de Louis XIV et Versailles (cf ses démélés avec Lully ; et sa collaboration avec le tout dernier Molière…) _ à s’être aussi remarquablement illustré dans le genre de l’histoire sacrée, livrant plus d’une trentaine d’œuvres _ d’une profonde spiritualité _ toutes conçues après son séjour en Italie _ oui. De ce corpus exceptionnel, Sébastien Daucé et l’Ensemble Correspondances ont extrait avec soin quelques joyaux _ l’œuvre de Charpentier est vaste _ reflétant à la fois l’expérience romaine de Charpentier (probablement auprès de Carissimi, le maître de l’oratorio _ voilà : ce n’est, en effet, pas absolument avéré, mais c’est plus que probable !!! _) et les préoccupations humanistes d’une époque. À la manière d’un petit opéra _ c’est un peu vite résumé ainsi… _, chaque pièce nous raconte l’histoire _ à destination d’édification du fidèle (de la Contre-Réforme romaine, après le concile de Trente) _ de destins exemplaires, comme ceux de femmes illustres (Judith, Cécile, Madeleine), ou celui d’une amitié profonde mise à l’épreuve (Mors Saülis et Jonathæ).


Une nouvelle très belle pièce

_ empreinte de toute la tendresse et gravité sobre qui conviennent à la musique sans hystérie baroquissime de Charpentier _

à l’édifice discographique de Sébastien Daucé.


Ce lundi 15 avril 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Superbe et indispensable coffret « Vers le Nord » de l’intégrale de l’oeuvre pour clavier de Bach, par le toujours parfait Benjamin Alard

13avr

Le volume 2 _ en un coffret de 4 CDs _ de l’intégrale _ qui débute _

de l’oeuvre pour clavier(s)

de Johann Sebastian Bach,

tient déjàn toutes les promesses du volume premier,

sous les doigts véloces et justes

du superbe Benjamin Alard

_ en ce coffret Harmonia Mundi HMM 902453.56 de 4 CDs.


Parmi cette initiation _ magistrale ! _ du jeune Bach

au Stylus fantasticus

des maîtres de l’Allemagne du Nord,

Buxtehude et Reincken,

je veux mettre l’accent à la fois

sur le 3ème CD tout entier :

un choix de 16 chorals,

où intervient le soprano merveilleusement souple et chantant

de Gerlinde Sämann ;

et aussi

à la place réservée,

soit à des œuvres, soit à des adaptations par le jeune Bach, d’œuvres

de Dietrich Buxtehude,

mais encore de l’immense Johann Adam Reincken (1643 – 1722) ;

en l’occurrence le grandiose choralfantasie An Wasser flüssen Babylon,

dans le CD n°2,

ainsi que le tendrissime adagio d’après une sonate de Reincken, dans le CD n°4

_ Reincken, un génie musical bien trop méconnu…

Voici dès maintenant un indispensable !


Ce samedi 13 avril 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

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